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Audition parlementaireAssemblée nationale (sur YouTube)· 2 juillet 2025 108 minContradictoireFond programmatiqueNumériqueDéfenseInstitutions & électionsEurope & international

🔴 Présentation d’un rapport sur l’opérationnalisation de la nouvelle fonction stratégique influence

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 60 %Attaque 20 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 94 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 20:00OuverteRéponse directe

    Quel levier identifiez-vous pour le recrutement, la fidélisation et la formation des agents d'influence au sein du ministère des armées ?

  • 24:00OuverteRéponse directe

    Pouvez-vous revenir sur des exemples de manipulation d'information en contexte électoral et le rôle de Viginum ?

  • 30:00RelanceRéponse partielle

    Votre scepticisme sur la notion de fonction stratégique d'influence est-il partagé par vos collègues ?

  • 35:00OuverteRéponse directe

    Quels sont les détails du déploiement opérationnel de l'académie de lutte contre les manipulations ?

  • 0:12OuverteRéponse directe

    Quelles sont vos recommandations 26 et 27 sur l'académie de lutte contre les manipulations de l'information ?

  • 2:00OuverteRéponse directe

    Quel rôle pour le référent élu dans la lutte contre les manipulations ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 2:00Fait
    « Virginum est un outil qui nous est envié et même demandé par certains de nos partenaires européens pour pouvoir transposer, en tout cas les aider à mettre en place un viginume national dans leur pays. »
  • 4:00Delphine BateauFait
    « On manque très clairement aujourd'hui d'une politique puissante d'éducation populaire sur la guerre informationnelle. »
  • 6:00Delphine BateauFait
    « Si il y a des manipulation électorale. Ça veut dire qu'il y a des bénéficiaires des manipulations électorales lesquelles peuvent même siéger à l'Assemblée nationale. »
  • 10:00Anne LeénanfChiffre
    « Nous avons voté des lois pour contrôler et encadrer les plateformes. Je pense à la loi Senine il y a un peu plus d'un an. »

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

de 2022. Face à la multiplication des manipulations d'information et de l'ingérence numérique étrangère, nous devons encore renforcer davantage notre capacité à agir dans les champs hybrides. Ces menaces existent et visent les intérêts français tant sur le territoire national qu'à l'étranger.

Le défi d'identification, mais surtout de la réponse à apporter face à ces nouvelles menaces est immense à l'heure des réseaux sociaux, de la démocratisation, des outils d'intelligence artificielle et cetera. car ces outils sont à la fois des moyens de relais et d'amplification de manœuvre informationnelle et à faible coût. Votre rapport est donc pour nous l'occasion de pouvoir en connaître plus et de comprendre comment cette fonction stratégique majeure puisse devenir opérationnelle.

Alors, mesdames les rapporteurs, euh vous formulez plus d'une trentaine de propositions si je me trompe pas de façon précise. Celle-ci vise d'une part à à l'élaboration stratégique nationale d'influence globale exerçant euh le seul champ, euh pas que le seul champ des armées, mais bien au-delà. Euh en tout cas, vos travaux ont été très nourris et c'est sans plus attendre que nous vous passons la parole et nous allons écouter attentivement vos travaux précieux.

Mesdames, à vous de la parole. Merci monsieur le président. Chers collègues, nous sommes très heureuses de nous trouver devant vous ce matin afin de vous présenter les conclusions de notre mission d'information, l'opérationnalisation de la nouvelle fonction stratégique influence.

En préambule, nous tenions à remercier le président qui nous a permis de décaler la date de rendu de la mission par rapport au à l'agenda du salon du Bourger. Dans le temps qui nous a été imparti pour mener cette mission d'information, nous avons pu conduire plus d'une trentaine d'auditions. Nous nous sommes également déplacés à Bruxelles puis à Londres pour identifier les bonnes pratiques en matière d'influence.

La mission d'information revêté une impartence toute particulière dans un contexte d'augmentation des menaces informationnelles visant la France et également d'actualisation de la revue nationale stratégique. En effet, la mission d'information qui nous a été confiée pose en réalité la question de la manière dont la France peut se protéger face à ses menaces et élaborer une réponse efficace pour gagner la guerre de l'information. Mais tout cela sans se départir de nos valeurs démocratiques.

L'enjeu est crucial puisqu'en l'absence de réponse, le risque consiste à être défait sans être envahi face aux stratégies hybrides de plus en plus désinhibé de nos compétiteurs agissant sous le seuil de la conflictualité. L'objectif recherché n'est pas tant de modifier les perceptions des citoyens que d'instyler le doute généralisé pour discréditer les démocraties libérales. Ainsi, les revers les revers informationnels essuyés par l'armée française au Sahel qui ont abouti au retrait des forces sans qu'elle n'ait véritablement perdue de combat sur le terrain constitue un tournant dans la prise de conscience française.

Face à ce constat, c'est le ministre des armées Sébastien Lecornu lui-même qui devant notre commission le 11 juin dernier nous a appelé à se saisir du sujet. Je le cite, je vous le redis une éème fois. Je reste persuadé que les initiatives doivent venir du Parlement parce que ce ne sera acceptable que dès lors que la représentation nationale à mon avis s'emparera du sujet.

Aussi, nous l'avons prise au mot. Tout d'abord, un mot sur le périmètre de la mission. Nous avons acquis la conviction qu'au-delà des actions d'influence à destination de l'international, il était essentiel de mieux se protéger au niveau national.

Réduire nos vulnérabilités doit ainsi constituer un préalable. En conséquence, nous avons fait le choix de ne pas limiter nos travaux strictement à l'influence, au sens de communication proactive à destination de l'international et d'action visant à modifier les perceptions, mais de s'intéresser également à la protection de notre espace. informationnelle protection vis-à-vis des stratégies d'influence étrangère bien entendu.

Nous nous sommes ainsi attaché à évaluer la mise en œuvre de la fonction influence à l'extérieur des frontières françaises. C'est le volet proactif et sur corolaire la lutte contre les manipulations de l'information sur le territoire national. C'est le volet défensif. aussi dans un premier temps, nous sommes-nous principalement concentrés sur l'analyse de la menace et ses mutations, puis sur celle de l'économie, l'écosystème interministériel mise en place pour décliner la stratégie nationale d'influence.

Enfin, nous avons choisi de mener une réflexion plus large sur la manière d'élaborer une stratégie nationale d'influence globale excédant le seul champ des armées et de renforcer la résistance de la société française face aux stratégies de déstabilisation menée par nos compétiteurs. Tout d'abord, nous avons souhaité nous assurer de la bonne opérationnalisation de la fonction influence. À l'issue de nos auditions, nous faisons le constat de la mise en place d'une organisation interministérielle à l'architecture complexe, mais dont la structuration progresse néanmoins.

La création d'une 6e fonction stratégique influence par la RNS 2022 témoigne en effet d'une prise de conscience salutaire, on peut le dire, et vise à apporter une réponse face à l'augmentation des attaques informationnelles visant la France. Cette prise de conscience a débouché sur la structuration d'une politique interministérielle s'inscrivant dans un cadre européen et international plus largement. Si la création d'une fonction stratégique influence vise à mieux organiser la réponse de l'État et à afficher clairement la volonté française de sortir de la naïveté, la nouvelle fonction stratégique repose en revanche sur un concept relativement flou, le concept d'influence.

Qu'est-ce que l'influence ? Pourquoi cette prise de conscience était-elle nécessaire ? Cela suppose donc avant tout de dresser un constat rapide de l'état de la menace.

Le choix du concept d'influence reflète le caractère polymorphe et évolutif des stratégies hybrides visées qui ne relèvent pas exclusivement du champ informationnel. On peut par exemple penser aux affaires des mains rouges ou des étoiles de David. Ce choix d'un concept plastique mais néanmoins assez vague soulève toutefois des enjeux de définition pour nous.

Selon la définition donnée par la revue nationale stratégique de 2022, la fonction stratégique influence, je cite, vise à promouvoir et à défendre les intérêts et les valeurs de la France. Il s'agit d'un volet essentiel à l'expression de la puissance. Fin de citation.

Dans un contexte militaire, l'influence est définie comme la capacité à agir sur les perceptions pour infiner modifier les attitudes et les comportements dans un sens favorable à nos intérêts. C'est la définition de la doctrine interarmée, influence et lutte informationnelle de 2023. La lutte informationnelle autrement appelée i le terme vous enfin l'acronyme vous le verrez il y a beaucoup d'acronymes là aussi dans ce sujet participe directement aux actions d'influence mais n'en représente qu'une partie elle vise principalement à prendre et à conserver l'ascendant dans le champ informationnel face à un ou plusieurs adversaires désignés afin de produire un ou plusieurs effets préalablement identifiés et validés.

Il convient néanmoins de noter que l'influence militaire ne s'exerce qu'à l'extérieur du territoire national dans un cadre strict et respectueux du droit international. Pourquoi cette prise de conscience était-elle alors nécessaire ? Si le recours à des méthodes de guerre hybrides et notamment à des manœuvres informationnelles ne constitue pas une menace nouvelle, nous le savons tous, la rapidité d'exécution, l'ampleur et l'intensité de celle-ci le sont néanmoins et sont favorisé par l'évolution technologique rapide dans un monde interconnecté.

Les manœuvres informationnelles peuvent ainsi être amplifiées artificiellement, nous y reviendrons, par le recours aux réseaux sociaux et d'orénavant à à l'intelligence artificielle. Il s'agit d'une rupture à la fois qualitative et quantitative qui met en exer en exergue le défi d'une forme d'industrialisation, si on peut utiliser ce terme, de la production de contenus et des modes opératoires de manipulation de l'information. Un risque à moyen et long terme de la massification des contenus erronés générés grâce à l'intelligence artificielle réside néanmoins dans la pollution des espaces informationnels eux-mêmes, mais également dans le risque de pollution et d'autodégradation des modèles d'IA.

À noter également que de nouveaux acteurs émergent et au côté des États. Organisation terroriste, acteurs privés, proxy, société militaire privée, d'autres encore. Cette prise de conscience a débouché sur la structuration d'une politique interministérielle, je l'ai dit, s'inscrivant dans un cadre européen international plus large.

En effet, la revue nationale stratégique de 2022 a désigné le ministère de l'Europe et des affaires étrangères comme chef de fil de la fonction stratégique influence et prévoit, je cite, qu'une une organisation plus agile, réactive et mieux intégrée sera adoptée pour identifier, caractériser, déclencher les mécanismes de protection adaptée et élaborer des réponses dans une approche d'avantage multisectoriel. Un dispositif interministériel a ainsi mis en place selon deux volets. D'une d'un premier côté, un volet défensif assimilable à la lutte contre les opérations d'influence et les manœuvres informationnelles qui ciblent notamment le territoire national et d'autre part un volet plus proactif voire offensif d'influence et de lutte informationnelle à destination de l'international.

Bien que l'organisation retenue et produit des premiers résultats très positifs, nous faisons le constat avec Natalia Pusref, néanmoins d'une architecture qui demeure complexe et peu lisible de l'extérieur. Un grand nombre d'acteurs, en effet sont concernés qui possèdent chacun une compétence partielle en matière d'influence ou de lutte contre les manipulations de l'information, malgré l'existence, je le redis, des forts réels de coordination en interministériel. Ainsi, trois opérateurs principaux concourent à la fonction stratégique influence de manière complémentaire, chacun dans leur champ de responsabilité, viginum, qui constitue l'opérateur de référence pour la protection du débat public numérique français, le ministère de l'Europe et des affaires étrangères et le ministère des armées.

Trois missions principales peuvent être ainsi distinguées. L'analyse, la poste et la réponse proactive appelée aussi communication stratégique et d'influence. La recherche de l'efficacité de la coordination interministérielle doit être poursuivie et suppose des efforts continus pour surmonter l'écueil parfois bien français du travail en silo.

Si à l'origine le ministère de l'Europe et des affaires étrangères était absent de la commitologie, la coordination interministérielle a sensiblement progressé depuis 2022. Elle s'effectue essentiellement via des comités spécialisés dédiés. le comité opérationnel de lutte contre les manipulations de l'information, le colm, on utilisera cet acronyme si vous le permettez et le comité en jeu informationnel.

Au sein de cet écosystème, les armées ont joué un rôle précurseur et contribuent directement à la nouvelle fonction stratégique influence en coordination avec le MEAE qui en assure le pilotage. Ainsi, ériger l'influence en fonction stratégique a permis une prise de conscience plus large des enjeux d'influence. au sein des différentes armées et au-delà du comciber déjà responsable de la lutte informatique d'influence qui s'appelle L2i.

Les armées ont ainsi progressivement structuré une chaîne influence et luttes informationnelles allant de la veille à la RIPoste en passant par des opérations de signalement stratégique mais également une diversification des offres de coopération vis-à-vis de nos partenaires. Toutefois, la création d'une capacité opérationnelle prend du temps. Elle demande de structurer l'action des armées dans une organisation de commandement, dans des infrastructures, une RH formée et entraînée à Lilie et une doctrine.

Le véritable enjeu d'opérationnalisation de cette nouvelle fonction réside dans la bonne articulation en interne, notamment avec la communication stratégique. C'est pourquoi la cellule ASO anticipation stratégique orientation a été créée en 2022 au sein de l'étatmajor des armées pour constituer la tête de pont, la tête de la chaîne au sein des armées pour la fonction influence et lutte informationnelle. La cellule s'assure notamment de la bonne prise en compte de l'influence dans les opérations et sa déc sa déclinaison dans chaque armée.

Ainsi, à ce titre, l'armée de terre semble particulièrement avancée dans la mise en œuvre de cette nouvelle fonction stratégique appuyée par un organisme spécialisé à vocation interarmée, le centre interarmé des actions sur le l'environnement, le CIAE, créé en 2012 et qui se trouve à Lyon. Actuellement, les défis rencontrés dans l'opérationnalisation de la fonction influence sont principalement d'ordre culturel et capacitaire. D'une part, la prise en compte d'un nouveau champ de lutte ne va pas de soi.

Les dimensions doctrinales et de formation sont préignantes sur ce sujet. Il faut continuer à faire évoluer la manière de réfléchir, l'analyse de la mission et la manœuvre qui en découle. D'autre part, il faut aussi générer des viviers de spécialistes capables de gérer un schéma capacitaire complexe au regard du nombre et de la nature très différente des équipements requis du simple canon à son application numérique la plus sophistiquée empruntant l'IA générative.

Merci. La réponse française s'inscrit par ailleurs dans un écosystème européen et international marqué par la profusion des initiatives. Bon, c'est somme tout assez logique car cette lutte reste du ressort de la souveraineté des États.

La coopération en la matière est bienvenue face à une menace qui ne connaît pas de frontière, notamment au niveau de l'Union européenne et de l'OTAN. Le rôle précurseur du SEAE en matière de lutte contre les manipulations de l'information peut notamment être mis en exerge. L'OTAN dispose également d'une organisation efficace mais les avancées réalisées semblent aujourd'hui potentiellement remises en cause sous l'effet de la pression de la nouvelle administration américaine.

Néanmoins, forcé de constater que peu de partenaires sont en réalité dotés d'écosystèmes de lutte contre les manipulations de l'information aussi complet que celui dont dispose la France. Nous avons pu nous en apercevoir lors de nos déplacements que la France joue un rôle central et moteur en la matière. C'est pourquoi nous recommandons d'approfondir la coopération en matière de contrehybité au niveau européen.

La démarche de partenariat doit être poursuivie et intensifiée pour permettre à l'ensemble des partenaires qui le souhaitent de bénéficier de l'expérience de Viginum. Nous pourrons y revenir dans les questions si vous le souhaitez. Au-delà de la structuration de l'écosystème interministériel, j'en viens maintenant aux limites de fonds propre à la stratégie d'influence française que nous avons relevé au cours de nos travaux.

Trois limites principales peuvent être relevées. La première, pleinement assumée, réside d'abord dans l'asymétrie des moyens employés face à nos compétiteurs. La deuxième dans le caractère essentiellement défensif de la stratégie française et la troisème dans l'absence de vision commune et partagée.

Je vais revenir sur chacun de ces points. La première limite de la stratégie d'influence française est une limite assumée qui tient au respect des principes et des valeurs démocratiques. Loin de constituer un obstacle, il convient d'en faire une force pour garantir un cadre équilibré entre régulation et préservation de la liberté d'expression.

Ne pas se RT au procès du ministère de la parole. En effet, si nos compétiteurs cherchent à déstabiliser les démocraties, la meilleure défense à leur opposée consiste à respecter les valeurs démocratiqu sans naïveté mais sans les trahir non plus. L'absence de souveraineté informationnelle accroit également la vulnérabilité du débat public dans les démocraties européennes tandis que les grandes plateformes opèrent un revirement dans leur politique de modération des contenus.

Les médias traditionnels font également état d'une forme d'invisibilisation de leur contenu d'information par certaines plateformes ou réseaux sociaux au profit de contenu de divertissement ou de loisirs qui susciteraient davantage d'engagement de la part des utilisateurs. Dans cette guerre de l'information, il existe donc une iniquité des armes. Pour autant, la solution ne consiste pas à répliquer les mesures attentatoires à la liberté d'expression que prennent des régimes moins scrupuleux.

Deux écueils à éviter ont ainsi été résumés par reporter sans frontières lors de nos auditions. D'une part, tomber dans le piège liberticide tendu par l'adversaire et d'autre part de naïveté ou de molesse dans la riposte. C'est pourquoi nous sommes convaincus que la France doit continuer de privilégier une approche de régulation par le mode de diffusion tel que le fait aujourd'hui Viginum, c'est-à-dire par les méthodes d'amplification ou d'altération et non par le contenu lui-même.

Car elle permet aux États démocratiques de préserver la liberté d'expression et d'éviter les accusations de censure. Censure qui provoque souvent des résultats inverses aux effets recherchés. Ensuite, la deuxième limite réside dans le caractère essentiellement défensif des politiques mises en œuvre.

Bien souvent en réaction aux attaques menées par nos compétiteurs. Les missions de Viginum se limite à la détection et à la caractérisation des ingérences numériques étrangères, je l'ai dit, et n'inclu pas la production de contrediscours. Cette dimension relève avant tout de l'autorité politique.

De la même manière si Viginum produit d'excellents rapports documentant les modes opératoires que nous vous invitons d'ailleurs à consulter. Encore faut-il que ces rapports soient lus et exploités au-delà des personnes déjà convaincues de cercles restreints et acquises au sujet. D'autre part, des efforts ont été réalisés afin de développer des actions de repost et doivent être poursuivies.

Aujourd'hui, la réponse s'appuie sur un spectre d'action allant du démenti à la dénonciation publique assortie éventuellement de sanctions et d'un signalement aux plateformes dans le but de suspendre les comptes concernés. Nous avons d'ailleurs relevé une accélération des dénonciations publiques par le ministre des affaires étrangères. Un des axes de progrès identifié consiste donc en une plus grande opérationnalisation de la fonction repost.

Le maître mot réside dans la systèm systématisation, il y a beaucoup de mots compliqués donc dans la systématisation des repost qui doivent être immédiates, simples, ludique pour toucher une audience plus large possible en donnant un caractère viral au débunage des campagnes de désinformation, en simplifiant les procédures de réponse et en recrutant des personnels plus familiers des réseaux sociaux pour assurer une communication plus efficace. Nous constatons que ces pratiques mériteraient d'être intégrées à une stratégie d'ensemble pour garantir la cohérence de la communication. Ces actions comportent néanmoins des limites importantes dans le cadre d'une stratégie se plaçant essentiellement en réaction à une attaque menée au risque de générer des effets pervers lorsqu'une réposte à une tentative de manipulation de l'information rend en réalité la manœuvre informationnelle plus visible.

Aussi la lutte contre les manipulations de l'information et l'influence ne peuvent-elles pas exclusivement reposer sur une approche essentiellement réactive ? Nous y reviendrons. Enfin, la troisème limite de la stratégie d'influence française tient à l'absence de vision commune et partagée au niveau de l'État.

Alors que la RNS de 2022 prévoyait que la fonction stratégique influence s'incarnerait dans une stratégie nationale d'influence qui, je cite, fixera le cadre général de l'action de l'ensemble des acteurs concernés, déterminera les intentions et permettra d'orienter les stratégies nationales, sectorielles et ou géographiques, fin de citation. Forcé de constater que plus de 2 ans après la publication de la RNS, cette aucune stratégie nationale d'influence n'a été publié à ce jour. L'absence de de stratégie nationale d'influence complexifie l'action des ministères concourant à cette fonction stratégique qui est perçu comme hautement sensible et politique.

Un des reproches régulièrement formulés consiste en l'absence des faits finales recherchés clairement définis pour reprendre le vocable militaire. De la même manière, des disparités ont pu être constatées dans la mise en œuvre de la fonction. faute d'orientation claire.

Par exemple, à l'étranger, certaines ambassades nous ont semblé plus proactives que d'autres. Nous souhaitons donc que l'actualisation de la RNS prévue en 2025, Nous souhaitons donc fortement que l'actualisation de la revue nationale stratégique prévue en 2025 permette de clarifier les objectifs de la les objectifs de la fonction stratégique influence qu'elle avait institué en 2022. La RNS pourrait ainsi servir de cadre, de documents cadre à d'autres stratégies plus sectorielles définissant des objectifs plus précis.

Très bien. Après le constat des limites, j'en viens maintenant au dernier axe de nos travaux. Nous nous sommes employés avec Marie Rical d'adresser des recommandations visantes à élaborer une stratégie nationale d'influence globale excédant donc le seul champ des armées et à renforcer la résistance de la société française face aux stratégies de déstabilisation menée par nos compétiteurs.

Nous avons en effet acquis la conviction que l'influence de la même manière que la lutte contre les manipulations de l'information ne pouvait constituer qu'une politique transversale devant infuser l'ensemble des politiques publiques. À l'image du modèle britannique, il s'agit d'ornavant de faire de l'influence l'affaire de tous. Tout d'abord, il convient de diffuser une véritable culture de l'influence française au-delà des ministères régaliens.

Quatre axes nous sommes nous apparaissent prioritaires en la matière. Élaborer une stratégie nationale d'influence globale assumée excédant le seul champ des armées. Concevoir une doctrine de réponse claire. envisager l'action de manière plus offensive sans renier les valeurs démocratiques et enfin poser la question de l'adéquation entre les moyens et les ambitions.

Premièrement, nous appelons de nouveaux l'élaboration d'une stratégie nationale d'influence visant à coordonner l'action des différentes administrations et partenaires au service de la politique d'influence. En particulier, cette stratégie devra permettre d'envisager l'action de manière plus offensive et de prévoir des moyens à la hauteur des ambitions affichées. Élaborer une stratégie nationale d'influence globale assumée, excédant le seul champ des armées, apparaît en effet essentiel puisqu'il est indispensable d'inscrire l'influence militaire dans un narratif global et positif.

La capacité à produire des effets dans le champ des perceptions dépend de l'intégration de l'action des armées dans une démarche cohérente avec l'action diplomatique et politique au sens large. Celle-ci relève notamment des champs culturels, économiques, diplomatiques, cyber et informationnel. En outre, au-delà de l'action défensive ou réactive déjà mise en place, il convient de proposer un narratif au reste du monde.

Comme l'a résumé une personne auditionnée, si nous ne racontons pas notre histoire en tant que français et européens, d'autres la raconteront pour nous. Ceci m'amène à mon deuxième point. Un axe d'effort réside dans la détermination d'un message unifié et mieux ciblé.

C'est notamment le cas au Royaume-Uni, souvent présenté comme un modèle en matière d'influence. à travers notamment l'importance donnée à la communication stratégique, c'est ce qu'on dénomme sous le terme stratcom et le recours au secteur privé. D'une part, les Britanniques ont pour réputation de posséder une culture de l'influence beaucoup plus intégrée, native, parfois qualifié de décomplexer.

D'autre part, leur capacité à diffuser un message unifié et cohérent de manière coordonnée entre les différents services de l'État a été mise en avant comme un atout de poids tandis que la France semble souffrir en comparaison d'une trop grande dispersion des moyens voire et confronté au défi du travail en silo, mais également à une moindre mobilisation des médias, je dirais les médias de confiance et des ONG, ce qui nuerait à l'efficacité de son message. Par ailleurs, le Royaume-Uni s'emploie à renforcer la cohérence d'ensemble de son dispositif et à mobiliser encore davantage son réseau diplomatique et militaire à l'étranger face à l'accroissement de la menace informationnelle. Tirant les leçons de l'exemple britannique, plusieurs axes d'effort peuvent être dégagés afin de construire une véritable culture de l'influence française.

Au niveau militaire, il convient tout d'abord de poursuivre le renforcement de la mobilisation des attachés de défense, mais également du réseau des officiers insérés de liaison et des coopérants militaires. Un autre axe d'effort réside dans une plus forte mobilisation des relais d'influence et une meilleure valorisation des projets financés par la France dans le domaine culturel ou dans le cadre de l'aide au développement. Il s'agit de privilégier des campagnes de communication beaucoup plus fines, indirectes pour créer de l'engagement et de l'impact sur les réseaux sociaux.

Nous considérons également que les parlementaires pourraient davantage être associés à la déclination déclinaison de la fonction influence d'abord dans son contrôle bien sûr, mais également en mobilisant davantage l'outil que constitue la diplomatie parlementaire. Par ailleurs, et ce sera mon troisième point, il convient de clarifier le pilotage et d'assumer les actions menées. La stratégie nationale d'influence doit ainsi permettre d'orienter et d'intégrer l'action des différentes administrations et d'articuler une approche globale intégrant tous les leviers de l'État et pour certains extérieurs à l'écosystème du Colmi.

Tout d'abord, face aux besoins de rationalisation de l'organisation déjà décrit, nous considérons que le SGDSN gagnerait avoir son rôle de coordination conforté. Le SGDSN, de par son positionnement auprès du Premier ministre, semble effectivement le plus à même de faire la jonction entre les deux stratégies, d'une part d'influence et d'autre part de lutte contre les manipulations d'information. Ensuite, il convient de développer une vision commune déclinable dans tous les champs de l'action publique.

À terme, le risque informationnel, de même que les enjeux d'influence doivent pouvoir être intégrés nativement à chaque politique publique. Pour ce faire, nous sommes favorables à ce que puisse être mené une politique d'acculturation des agents publics dans les enceintes de format type INSP afin de toucher un spectre plus large. L'Idn pourrait également être mobilisé en incluant dans sa formation des modules dédiés.

Une meilleure intégration des ministères au-delà du champ régalien pourrait notamment se traduire par un élargissement du colm qui demeure la principale instance de coordination interministérielle en matière de lutte contre les les manipulations de l'information. Il pourrait être ainsi envisagé d'inclure le ministère de la culture, de l'éducation nationale, voire de la justice. Le lien avec les réseaux de des régulateurs au premier rang desquels l'ARCOM, mériterait également d'être renforcé.

Pour ne pas affaiblir la vocation opérationnelle du Colmi, l'association des autres ministères pourrait être ponctuelle. La convocation du colmie et l'argile n'intervenant que lorsque la thématique traitée le justifierait. D'autres options pourraient également être envisagées pour mobiliser de manière permanente les différents ministères.

La création de référents chargés de l'influence. différencier ou non des fonctions de haut fonctionnaires de défense et de sécurité pourrait constituer une manière d'associer plus largement les ministères non régaliens sur le modèle des travaux menés par le SGDSN en matière de résilience nationale via l'intermédiaire de la commission interministérielle relative à la défense nationale. Au-delà de sa participation à la commutologie interministérielle, le référent influence pourrait mener des actions de formation et de sensibilisation au risque informationnel en interne dans son ministère d'origine.

Toutefois, il conviendrait de veiller à ce que ces personnalités disposent des profils adaptés avec un positionnement leur permettant d'essé dans leur organisation. Ensuite, en cohérence avec la stratégie nationale d'influence avisée proactive, il convient de concevoir une doctrine de réponse claire en matière défensive et partagé au niveau de l'État, s'appuyant sur la définition de seuil de réponse grâce à une meilleure connaissance de la mesure d'impact des stratégies de manipulation de l'information. Dans le cadre de cette doctrine de réponse, la déclassification ponctuelle et limitée donc de contenu par essence issue des des services peut constituer un outil utile pour décrédibiliser l'action d'un compétiteur dans le cadre d'une manœuvre de repost tout en renforçant la connaissance de la menace par le grand public.

Par ailleurs, au-delà des actions de ripost menées dans le seul champ informationnel, il convient de mobiliser tous les leviers à disposition de l'État afin d'augmenter le coût des manœuvres informationnelles pour leurs auteurs. Nous recommandons donc de passer de la lutte contre les manipulations de l'information à la lutte contre les manipulateurs de l'information en renforçant les sanctions. Les efforts pourraient être également réalisés concernant le financement des manœuvres de déstabilisation.

Aujourd'hui, Newsard estime que 2,6 milliards de dollars annuels sont générés chaque année par les sites de désinformation grâce aux recettes publicitaires qu'ils perçoivent des annonceurs. En ce sens, un encadrement et une régulation plus stricte de la publicité en ligne pourrait contribuer à restreindre le financement des campagnes d'influence et des opérations de désinformation. Par ailleurs, au-delà des actions de ripost déjà détaillées, nous sommes convaincus qu'il est d'orina avant nécessaire d'envisager l'action de manière plus proactive voire offensive.

Cela passe notamment par la réhabilitation des concepts de ruse et de déception dans un cadre légal bien délimité. Au regard de la grande sensibilité du sujet, nous appelons de nos vœux la tenue d'un débat associant les parlementaires visant à déterminer les contours de l'aspect offensif de la stratégie d'influence. Un des points qu'il semble notamment prioritaire de trancher réside dans l'éventualité du recours aux entreprises privées, au service de la stratégie d'influence, notamment s'agissant du recours aux outils publicitaires et marketing qui permettrai de rendre plus visible et de diffuser plus efficacement les contenus produits sur les réseaux sociaux à la manière de la stratégie marketing d'une entreprise privée.

Si le recours à des prestataires permettrait d'amplifier les actions menées, il conviendrait néanmoins de veiller à ce que les entreprises concernées bénéficient d'un très haut niveau de confiance et ne travaille pas pour d'autres gouvernements. Enfin, la stratégie nationale d'influence doit surtout clarifier la question de l'adéquation entre les moyens et les ambitions affichées. Alors qu'un des enjeux principaux réside dans le passage à l'échelle des actions qui demeurent aujourd'hui encore trop échantillonnaire, la question des moyens est dimensionnante.

Cela demande des arbitrages clairs qui doivent reposer sur la détermination de priorités géographique et thématique dans un contexte budgétaire contraint. Et ça, j'y tiens, il faut se doter de cibles géographiques et prioritaires. S'il est difficile d'identifier avec précision les moyens actuellement dédiés à la fonction influence du fait de leur dispersion, il ressort des auditions menées que les besoins sont principalement d'ordre humain et capacitaire.

Sur le volet humain, nous appelons à identifier plus clairement une filière influence et lutte informationnelle et à valoriser dans les parcours de carrière militaire ainsi que ainsi qu'à rendre obligatoire un passage dans les organisations internationales pour accéder aux plus hautes fonctions. De la même manière, il paraît absolument nécessaire de de poursuivre le réarmement du réseau diplomatique et de renforcer le nombre d'effectifs dont dispose Viginum. Concernant euh le MAE, cela suppose de renforcer les moyens relatifs à la communication stratégique des services presse des ambassades et de la direction de la communication de la presse en faisant porter les efforts sur le recrutement de profils spécialisés dans les stratégies d'influence afin de passer d'une communication institutionnelle à une véritable communication d'influence.

La France doit également pouvoir s'appuyer sur un audiovisuel public fort à la hauteur des ambitions de la stratégie nationale l'influence. À cet égard, le tournant constitué par le désengagement des États-Unis dans le champ informationnel constitue à la fois un défi mais aussi une opportunité pour la France et l'Europe. Nous avons été alertés sur la nécessité de combler le vide laissé par les États-Unis au risque de voir remplacer l'influence occidentale par celle de nos compétiteurs.

Enfin, en cohérence avec l'augmentation demandée des moyens, nous estimons nécessaire de mieux identifier les moyens financiers et et humains alloués à la fonction stratégique influence. C'est pourquoi nous recommandons d'identifier un patch influence dans la loi de programmation militaire précisant clairement les crédits et les effectifs alloués à l'opérationnalisation de cette fonction et dans le suivi pour être assuré dans les documents budgétaires chaque année. Dans une même logique de contrôle des dépenses publiques, il convient de mieux mesurer l'efficacité des actions menées en matière d'influence, voire d'envisager la création d'indicateurs de performance dédié.

Alors, je vais essayer d'accélérer et euh de vous captiver jusqu'au bout, mais je vous garantis que cette mission a suscité chez nous beaucoup de questionnements au-delà de la commission de la défense et vous avez bien lu le rapport. Je sais tous pour avoir reçu certains de vos messages que vous y avez été attentif. Donc comme nous l'avons indiqué au-delà des actions d'influence à destination de l'international, il nous paraît majeur essentiel de mieux protéger le niveau national pour réduire nos nos vulnérabilités parce que ça constitue un préalable.

En effet, l'existence d'acteurs spécialisés dans le la défense de l'espace informationnel ne doit pas conduire à la déresponsabilisation des citoyens qui sont un acteur majeur. Au contraire, nous sommes convaincus que la société civile doit être placée en première ligne dans la lutte contre les manipulations de l'information. Au-delà de s'attacher à renforcer l'immunité collective de la société française face à ses manipulations, il convient de prendre en compte la guerre cognitive comme une composante majeure de la guerre de demain sans pour autant négliger l'interconnexion entre les champs physiques et les champs informationnels.

Il s'agit donc de renforcer l'immunité collective euh de la société française selon quatre axes prioritaires pour objectiver les conséquences des stratégies des informations et identifier les vulnérabilités. Agir en amont comme le dit euh d'ailleurs David Colomb dans son ouvrage sur la pandémie informationnelle et le parallèle avec la virologie est de ce point de vue extrêmement intéressant. Vous pourrez vous y référer dans le rapport.

Mieux prendre en compte les défis posés par les réseaux sociaux et les médias en matière de lutte contre la désinformation et donc avancer pardon associer davantage la société civile. Il s'agit de ne pas surestimer ni sous-estimer la menace voire risquer d'amplifier l'effet des stabilisateurs de sur nos sociétés des stratégies menées par nos compétiteurs. Je vais peut-être avancer plus rapidement, mais je voudrais faire un petit focus sur l'éducation au médias et l'esprit critique parce que ça a été un point important pour nous de nos auditions qui est de ce qui est devenu impulsif des instruments de la lutte contre la désinformation, mais sa promotion n'en demeure pas moins primordiale.

Le choix de la méthode retenue doit se fonder sur une apport scientifique pour éviter tout effet pervers et ne doit pas s'adresser exclusivement à la jeunesse, mais à l'ensemble des classes d'âge pour bâtir une véritable résistance collective. Il ne s'agit pas d'enseigner, de dire quoi penser mais bien d'apprendre à faire en conscience, d'avoir les réflexes en conscience et avec les bons outils. Donc nous nous recommandons d'évaluer scientifiquement les méthodes d'éducation au médias, à l'information pour en connaître les effets produits sur le public.

Nous recommandons également que soit intégré un volet EMI, éducation au médiale, information au guide de la résilience devant être distribué aux français en 2025. et d'étudier l'opportunité de mettre à profit la journée nationale de la résilience du 13 octobre et la journée de défense de citoyenneté pour mener des actions en ce sens. Tu peux é Ah pardon.

Merci. Oui. Donc je vais passer rapidement.

Je voulais juste souligner euh le que le cadre juridique du Digital Service Act, le DSA au niveau européen semble un cadre juridique euh adapté euh pour euh lutter ou réguler les services numériques. Mais je voulais insister sur le danger que représente les la manipulation de l'information en période électorale et il convient de se prémunir de la réalisation d'un scénario à la Roumaine et on pourra y revenir lors de vos questions sur comment cela s'est déroulé. Mais selon Viginum, la reproduction en France d'un mode opératoire similaire à celui ayant conduit à l'annulation des élections en Roumanie ne sont pas exclu.

Et dans son rapport sur l'opération Storm 1516, Viginum fait d'ailleurs état d'une menace importante sur les processus électoraux y compris français. C'est pour ça que nous nous estimons qu'il convient au maximum d'agir en amont et nous avons été notamment alertés sur la nécessité de renforcer la coordination des services de l'État en période électorale. Euh et notamment nous recommandons que de renforcer la protection des élections euh qui existe pour les élections présidentielles et de l'étendre à aux autres élections. [Musique] Nous formulons également des positions tendant à renforcer le modèle économique des médias traditionnels qui sont mis aujourd'hui en péril par la concurrence des grandes plateformes.

Il faut aussi s'assurer de la valorisation d'un journalisme de qualité. La certification de l'information constitue également une piste de réflexion à étudier tout en veillant à l'objectivité du label. Bien merci.

Donc pour revenir et pour terminer ce cette présentation, mes chers collègues, revenir sur la nécessité de de bâtir cet écosystème de confiance et de renforcer la coordination entre militaire et civil dans ce champ de la lutte contre la désinformation avec, vous l'avez vu dans le rapport, la préconisation de la mise en place et le soutien que nous apportons appuyé à l'académie de la lutte contre les manipulations portées par Viginum. On pourra y revenir. La nécessité de renforcer le lien entre Viginum et le Parlement aussi euh qui fait partie de cet écosystème en créant des référents élus au sein euh de notre au sein de l'académie de lutte contre les manipulations.

S'agissant du secteur privé, nous recommandons de sensibiliser davantage les entreprises, en particulier les PME, PMI au risque informationnel parce que c'est une cible importante et puis de valoriser les compétences à travers la création d'une réserve de spécialistes dans le champ informationnel. Sachez qu'aujourd'hui le ministère des affaires étrangères lance la réserve non demain pardon la demain matin la réserve citoyenne diplomatique. Nous sommes convaincu que il y a une place pour la réserve citoyenne de la lutte contre l'information.

En conclusion, d'abord, je voudrais remercier Graziela de son appui permanent, de son travail énorme, de nombre et remercier l'ensemble des personnes que nous avons auditionné civil comme militaires qui ont chacun apporté leurs pierres à ce à ce rapport. J'aimerais souligner enfin que dans cette nouvelle guerre de l'information, l'enjeu aujourd'hui c'est bien celui de la protection de nos démocraties face au régime moins scrupuleux et plus autoritaire. et nous avons tous un rôle à jouer.

Il s'agit d'un enjeu véritable de résilience de la nation. Je vous remercie pour votre patience et nous en avons terminé. Monsieur le président, merci beaucoup mesdames les rapporteurs pour euh cette présentation euh très nourrie.

Je passe à présent la parole des orateurs de groupe et nous commençons par Florence Goulet pour le Rassemblement national. Merci monsieur le président. Permettez-moi tout d'abord de saluer le travail de nos deux collègues car il n'a pas dû être simple à mener la lutte d'influence au sein du ministère des armées quand elle est assumé et souvent confidentielle et les parlementaires ne peuvent avoir accès à des informations qui sont souvent heureusement d'ailleurs classifiées.

L'influence ne peut pourtant plus être ignorée dans la conduite d'une guerre comme dans la protection du territoire national au quotidien. L'exercice Orion 4 comptait ainsi un volet influence signe de son importance. Je tiens à saluer le professionnalisme de nos armées qui ont déjà enregistré des succès dans cette bataille.

Je pense au démentig singlant et étayés apporté par nos forces sur les accusations de massacre de civils au Mali à Gossi. Grâce à nos moyens satellitaires et à nos analystes, nous avons pu établir qu'il s'agissait là d'une manipulation de paramilitaires russes relayé par des médias et des des réseaux sociaux cherchant à nuire à la France. D'où la nécessité d'avoir des moyens humains, financiers et matériels dignes de ce nom.

Vous évoquez la lutte informatique d'influence, qu'elle soit offensive ou défensive, permettant de détecter, connaître et contrer une attaque adverse. Celle-ci est assumée. Elle repose sur une doctrine et elle est placée sous l'autorité du com cyber.

Mais l'influence ne se résume pas à de la technologie. Le rôle des services de renseignement est crucial. La récente opération menée par Israël en Iran n la preuve avec une mobilisation de moyens humains infiltré au cœur du pays.

Je soulignerai que nos services sont déjà parfaitement opérationnels et de qualité. La question est de savoir s'ils disposent de suffisamment d'effectifs et d'appui. Ce que vous ne pouvez pas établir avec précision.

Au-delà de l'influence exercée par nos services de renseignement militaire, l'influence repose également sur les agents de coopération qui ont longtemps fait preuve de leur efficacité. Je déplore en reprenant un constat opéré par le SEMA que le nombre de ces coopérants s'est considérablement réduit. Cela s'accompagne malheureusement d'une case voulue par Emmanuel Macron du corps diplomatique alors qu'il jouait en amont des armées un rôle crucial dans la guerre d'influence.

Dans ce contexte, mes chers collègues, j'aimerais savoir quel levier vous identifiez pour le recrutement, la fidélisation, la formation et l'accompagnement de l'ensemble des divers agents d'évolu à la lutte d'influence au sein du ministère des armées. Je vous remercie. Merci mesdames les rapporteurs.

La parole est à vous. J'étais un peu euh effectivement, vous l'avez souligné, il y a une forte implication des services dans la lutte, enfin contre les manipulations de l'information et de toute formes d'ingérence bien évidemment. Alors moi, je voudrais souligner l'importance de ce qui est mené par le comm cyber.

Tout à fait. Est-ce qui a permis de bien sûr de dénoncer et et d'endiguer des des des luttes qui nous ciblaient notamment en Afrique ? Mais ce que je voulais dire c'est que sur le renseignement finalement si je me réfère à la LPM, il y a un patch renseignement doté de 5 milliards et donc on peut pas dire que nous n'ayons pas donné des moyens.

Et ensuite concernant le le corps diplomatique, en fait ce que nous voyons c'est que c'est une il s'agit plus de d'avoir les bons profils, des profils spécialisés pour mener cette lutte à bien notamment des personnes rompues à la communication sur les réseaux sociaux. Donc c'est plutôt un changement culturel qu'il faut amorcer. Oui, tout à fait.

Je je complète et je suis tout à fait d'accord avec ce qui vient d'être dit, c'est sur les services de renseignement, on a effectivement des des financements dans prévu. Après, c'est la limite de l'exercice, c'est la confidentialité du système. Mais croyez-moi, on a travaillé.

Nos services travaillent un peu sous la forme britannique, on appelle ça intelligence service puisqueon travaille en transversalité. C'est ce que chercher à montrer notre rapport. Il y a bien sûr les services de renseignement et c'est vrai que on a dit que la limite de l'exercice pouvait aussi être malgré l'importance d'un travail en interministériel la complexité du schéma que vous voyez derrière vous.

Pour autant les services travaillent ensemble. Ce travail est à renforcer par le rôle de la la formation et notamment au sein des plus hauts corps de l'État. Je crois que c'est un sujet beaucoup plus transversal et qui ne se limite pas euh aux actions militaires.

Merci. La parole est à Corine Vignon pour le groupe Ensemble pour la République. Merci monsieur le président.

Euh mesdames les rapporteurs, je tenais tout d'abord à vous saluer pour la qualité de votre travail et l'excellent rapport que vous venez de nous présenter. Avec la multiplication des menaces de désinformation et le retour des conflits de hautre intensité, il est indispensable de réduire nos vulnérabilités face à des compétiteurs désinhibés qui cherchent à nous déstabiliser en permanence car hostile à nos valeurs. Vous l'avez très justement évoqué.

Ce n'est pas chose simple de gagner la guerre de l'information sans trahir nos principes démocratiques. Aborder cette problématique au sein de notre commission alors que les attaques informationnelles visant la France se multiplient et que la revue nationale stratégique est en cours d'actualisation apparaît comme une démarche à la fois nécessaire et opportune pour nourrir notre doctrine. Le président de la République, les ministres des armées et des affaires étrangères ont pris la mesure de l'augmentation de ces différentes menaces.

En 2022, la création de la 6e fonction stratégique d'influence par la RNS en témoigne. Il y a une vraie volonté politique de lutter contre ces menaces de désinformation. D'ailleurs, dans ce domaine, la France est à la pointe et nous pouvons évidemment nous en réjouir.

Notre outil viginom nous permet de détecter et de caractériser les ingérences étrangères. Dans le monde, il existe peu de dispositifs similaires et aussi performants. Les élections sont souvent l'occasion pour des puissances étrangères de distyer de fausses informations auprès de nos concitoyens et de s'imisser dans le scrutin pour l'influencer.

Aussi mesdames les rapporteurs, pouvez-vous revenir sur quelques exemples de manipulation d'information dans un contexte électoral et le rôle de Viginum pour lutter contre les manœuvres de déstabilisation de pays démocratiques alliés. Je vous remercie. Merci mesdames.

Merci. Merci madame la la députée cher Corine. Oui, merci d'avoir aussi souligné cette cette volonté politique de la France et de et de et de montrer que la France est à la pointe et et Viginum est ené par beaucoup de de pays.

Alors bien sûr dans le domaine des élections, on se réfère au cas de l'élection présidentielle en Roumanie. En fait, il y a une campagne menée sur TikTok et il faut savoir que TikTok en Roumanie est suivi par environ 80 % de la population. C'est pas seulement des jeunes, c'est des gens de tous les âges.

Euh et avec une campagne très sophistiquée d'astroturfing qui consistait à manipuler l'algorithme de recommandation pour faire passer toujours devant euh les contenus qui euh favorisaient un candidat qui était par ailleurs inconnu de tous avant le début de la campagne. Et puis il y avait donc l'algorithme de recommandation qui était manipulé. Et puis il y avait aussi des publications massives de vidéos et de commentaires qui reprenait en boucle certains hashtags et certains mots-clés.

Et donc finalement ça a été caractérisé par Viginum et et et c'est encore instruit au niveau de de l'Union européenne, mais ça a conduit à l'annulation de cette élection présidentielle et moi c'est mon avis, c'est quand même une bombe nucléaire quelque part et je peux pas imaginer que on on annule une une élection présidentielle en France. Ça veut dire que pour nous, il faut agir en amont et faire non seulement du debunking, mais du prébunking. Le prébunking, ça consiste à bien suivre tout l'espace, l'environnement et à voir déjà comment sont constitués les réseaux qui sont en étoile, des gens qui nous veulent qui veulent déstabiliser la la société française et à agir en projetant nos propres notre propre communication stratégique.

Bien sûr, il y a eu la campagne contre Maya Sandou aussi en Moldavie. euh en exploitant la l'intelligence artificielle. Et euh je peux dire aussi que Viginum a fait lors des élections législatives les dernières en 2024 état de l'affaire ce qu'on appelle des primes Macron où vous savez qu'un faux site ensemble pour la République avait été créé pour promettant 100 € à chaque personne qui voterait pour pour bah pour les candidats que voilà de d'ensemble pour la République.

En en conclusion, c'est quand même euh une menace qui est bien perçue par l'ensemble des Franciers. Il y a une étude qui montre que euh 62 % des Français euh euh estiment que les attaques informationnelles russes et chinoises représente un pays un un danger pour notre pays et notre démocratie. Pas grandchose à rajeter si ce n'est qu'il faut quand même être très vigilant et que ça va on est très attentif et l'ensemble des des entretiens que nous avons eu sur ce sujet l'ont montré.

Il y a une inquiétude pour les prochaines élections. Alors, les présidentiels, bien sûr, on y pense et on a des acteurs chargés de surveiller les élections présidentielles. C'est moins vrai et c'est même absolument pas vrai.

Euh pour les élections législatives, ce n'est pas vrai non plus pour les élections locales. Et vous savez qu'on a quelques rendez-vous électoraux à venir pour lesquels nous sommes particulièrement inquiets. D'où le rôle de Viginum, la nécessité de renforcer Viginum et l'ensemble du dispositif, y compris le dispositif judiciaire.

Merci. La parole est à Aurélien Saint-oule pour la France insoumise nouveau franc populaire. Merci monsieur le président.

Merci mesdames les rapporteurs pour votre travail de panorama assez exhaustif en réalité de du sujet. Je me dois quand même d'exprimer une forme de scepticisme concernant la notion même de de fonction stratégique d'influence parce que comme vous l'avez dit, elle recouvre tellement de d'aspects que il semble que tout soit de l'influence et que par conséquent à la fin rien ne soit réellement de l'influence. une forme de scepticisme en particulier à l'égard de la notion de euh de de valeur qui a été mobilisée aussi par notre collègue Vignon à l'instant parce que en réalité il me semble que même si effectivement et j'en dis ce qu'on vient pas euh le problème a largement changé d'échelle et probablement se faisant de de nature il est clair que la rumeur la fake news, la déstabilisation ou l'intox ne sont pas des faits nouveaux dans la guerre et hors de la guerre et que ce ne sont pas toujours des grands méchants, même si ce sont aussi des grands méchants parfois qui mobilisent ces instruments et nous sommes bien instruits du fait que la presse économique, les agence de notation, les rumeurs autour de bébés arrachés de coufeus, de charnierara, d'armes de destruction massive au Chili ou encore les manœuvres employées par les États-Unis pour comme le prélude de le du renversement d'Aliendé au Chili, hein, le projet s'appelait le projet Camelo.

Tout ça montre que en réalité nous ne faisons pas face à quelque chose de nouveau où la France a connu aussi une période où les services américains finançaiit des associations voire des syndicats. Donc notre la problématique est loin d'être nouvelle. Ça ne signifie pas qu'il faille renoncer à se protéger.

En revanche, nous sommes totalement hostiles à l'idée de parler de fonction stratégique d'influence [Musique] offensive qui nous paraît de toute façon contradictoire avec les principes que nous défendons. par ailleurs et j'en finis par là. Évidemment, il y a beaucoup à faire pour lutter contre la désinformation en renforçant le qu d'ors en luttant contre la concentration médiatique en ne renonçant pas au principes de neutralité du net.

Évidemment en s'affranchissant de notre dépendance au femme, en développant en protégeant le secret des sources, en en développant des procédures robustes, garantissant la transp. Je vous en prie, vous pouvez répondre. Oui, merci mon cher collègue.

Le scepticisme, c'est bien pour ça qu'il y avait besoin pardon. Je comprends votre scepticisme. Nous, c'était plus des interrogations que du scepticisme en fait.

Parce que quand on a vu cette fonction stratégique influence crée il y a seulement 2 ans quand nous avons commencé nos travaux et je dirais en même temps déjà 2 ans, on a souhaité mettre un peu le pied dans la porte hein, je crois qu'on peut le dire pour savoir ce à quoi ça correspondait l'opérationnalisation et j'aurais réussi à le dire à chaque fois l'opérationnalisation de cette fonction influence. C'est vrai que c'est pas c'est aussi vieux que la guerre ces sujets-là. Ce qui a changé, c'est que ça s'est accéléré, que les fonctions ont été modifiées, que la menace est devenue pas forcément différente et vous l'avez rappelé, mais en tout cas, elle s'est adaptée au temps présent et euh elle est beaucoup plus pernicieuse parce qu'elle elle s'attaque au fondement de notre société.

C'est pour ça qu'il nous semblait que on partait de loin et qu'on avait besoin de ce travail où on allait un peu dans le détail, on avait besoin de ce rapport pour mettre le pied dans la porte. Vous vous avez vu dans le rapport hein, on parle notamment du rôle de l'ARCOM qui pour nous est nécessairement à renforcer. On parle de de du renforcement de viginum encore plus.

On parle de la nécessité de de s'attaquer au manipulateur de l'information et pas seulement à la manipulation de l'information. On propose pas mal de choses mais sur la question de l'offensivité. Euh c'est vrai que c'est un sujet sensible.

On y a beaucoup travaillé. Nous nous pensons que il faut être plus proactif et plus offensif, mais c'est un sujet à débat et c'est la c'est bien la raison pour laquelle on propose un débat sur ce sujet-là parce que et un débat qui soit parlementaire. Oui, tout à fait.

Je pense que il faut insister sur justement l'exemplarité des administrations françaises. Il y a une éthique qui est là. Il y a toujours ce comment dire ce souci de ne pas basculer sur la dénonciation de contenu mais bien de s'en prendre.

C'est pour ça que c'est le cœur de du travail de Viginum. C'est détecté, caractérisé, mais ce n'est pas de juger sur le fond du contenu. Après ça, ça peut appartenir effectivement à Comme donc pas de ministère de la vérité néanmoins dénoncé quand il s'agit de protéger nos intérêts en France comme à l'étranger.

Merci madame, mesdames les rapporteurs. La parole est à Thierry Soter pour le groupe socialiste et apparenté. Monsieur le président, mesdames les rapporteurs, chers collègues, le rôle des sociaux des réseaux sociaux tels qu'on a déjà été évoqué ce matin, mais je vais y revenir est dans notre vie politique en constante croissance.

C'est tout un champ politique presque indépendant avec ses propres mécanismes qui s'est créé depuis quelques années. De la commission d'enquête TikTok aux différents travaux menés depuis plusieurs années sujet, nous le voyons. Les défaillances des plateformes sont des pontslevis abaissés à destination de puissance étrangère et concurrente.

Le mois dernier, l'Assemblée nationale a adopté la PPRE que j'ai porté avec plusieurs collègues visant à lutter contre les ingérences étrangères sur les réseaux sociaux. Elle appelait principalement une application stricte de nos normes européennes, en particulier du DSA, censé responsabiliser les plateformes et dont vous faites par ailleurs mention. Mais alors que le recours à la guerre hybride s'intensifie, tous les leviers doivent être mobilisés.

Le présent rapport livre un état de la menace précise. Par exemple, si gent de la MO Storm 1516 de la campagne RRN, il livre aussi une série de recommandations précises, détaillées, raisonnablement applicables et opérationnelles. C'est donc un travail sérieux qui est livré ici à la représentation nationale et une contribution utile à la souveraineté française que chacun, je l'espère, saluera.

Dans votre rapport, autant que dans vos recommandations, vous mettez à l'honneur Viginum, notre service de protection contre les ingérences numériques étrangères. et nous avons en effet là un service à l'action reconnu dans toute l'Europe et qu'il nous faut saluer pour son action. J'adhère pleinement aux recommandations que vous formuler à son égard et évidemment que ces ETP soient augmentés.

Je suis aussi très intéressé par vos recommandations 26 et 27 et j'aimerais si vous voulez bien que vous nous en disiez plus sur le déploiement opérationnel de l'académie de lutte contre les manipulations de l'information et notamment les initiatives auxquelles vous pensez en matière de formation au renseignement en sources ouvertes ainsi que le rôle du référent élu que vous évoquez. En guise de conclusion, je me permets à nouveau de vous remercier mesdames les rapporteurs pour ce rapport d'une grande utilité et d'une grande qualité. Merci chers collègues, cher Thierry.

Virginum lors de toutes nos rencontres, que ce soit en France ou à l'étranger et particulièrement à l'étranger, je dois le dire, on a salué la mise en place de Virginum et je tiens à le dire parce que le temps fil vite et on l'oublie dans un temps record avec cette fois-ci une capacité à répondre à la menace très très très rapide. Donc, Virginum est un outil qui nous est envié et même demandé par certains de nos partenaires européens pour pouvoir transposer, en tout cas les aider à mettre en place un viginume national dans leur pays. Et du coup, l'académie s'appuie sur la capitalisation de l'expertise de Viginum qui a déjà 2 ans et sa méthodologie afin de la faire partager au plus grand nombre.

Vous avez compris que notre objectif est de faire infuser dans l'ensemble de la société ces méthodes, ses réflexes à l'ensemble des acteurs concernés avec des formations ciblées s'ils le souhaitent et s'ils le demandent euh et euh dans la logique de cercles concentriques qui nous permettent de diffuser et d'avoir un effet viral. Trois missions principales de l'académie. concevoir, produire et mettre à disposition des des ressources pédagogiques adaptées à chaque public, au profil de l'éducation nationale bien sûr, même si des choses ont déjà commencé, mais aussi des médias du grand public et je l'ai dit des acteurs économiques et associatifs auxquels je n'ai pas fait espérance. développer aussi et proposer une offre de capacity building pour les partenaires étrangers puisque ça nous est demandé, c'est aussi le rôle de la France et puis développer et proposer une orme de formation en en la matière docint afin de doter la société civile plus globalement prise en matière de réflexe et de capacité y compris nos administrations d'ailleurs en matière d'investigation numérique appliquée à la lutte contre les manipulations de la formation et j'ajouterai peut-être diffuse usé de façon simple, compréhensible par tout le monde et ludique les rapports de Virginum comme ce fut le cas lors d'une émission l'œil du 20h sur Storm 156 sur France 2 médiia public je le rappelle.

Oui. Pour compléter en fait cette académie a ce rôle de diffusion des bonnes pratiques et y compris de l'exploitation de l'OCINT qui prend une place de plus en plus importante dans le débat public. Et pour répondre à votre question sur le référent élu, nous ce qu'on nous souhaiter avoir, c'est qu'il y ait un député, une députée euh qui puiss être le point de contact de Viginum et qui soit donc le récipient d'air de d'une sensibilisation euh qui puisse le rediffuser vers les collègues, mais aussi euh peut-être d'alerte quand c'est nécessaire et notamment, je reviens toujours en période électorale pour que nous disposions nous parlementaires d'un bon niveau d'information critique sur sur les attaques qui sont qui qui qui existent et qui a pas une saisure si vous voulez entre le parlement et et des choses qui sont effectivement du domaine des administrations régaliennes.

Vous vouliez rajouter quelque chose ? Non non, c'est bon. Merci.

La parole est à Delphine Bateau pour le groupe écologiste et social. Merci monsieur le président. Merci à nos deux rapporteurs pour ce travail.

Euh le constat que la stratégie nationale d'influence ne s'est pas traduite par des choses très concrètes depuis 2 ans et largement partagées. Moi, je crois qu'il faut clairement distinguer en fait ce qui est l'enjeu de la défense dans la guerre informationnelle et ce qui est une stratégie d'influence. Donc sur le volet sur le volet défensif, on manque très clairement aujourd'hui d'une politique puissante d'éducation populaire sur la guerre informationnelle.

On on a besoin de campagne d'information. Euh je veux dire quand quand on veut euh faire passer un un message euh on y met les moyens et avec des exemple donc avec des choses très euh euh j'allais dire sans sans commentaire très éloquente en fait rien qu'en décrivant en fait des manipulations qui ont eu lieu. Je pense que c'est la meilleure manière de faire comprendre à tout le monde ce dont il est question.

Je voulais vous interroger sur la recommandation 26 euh sur la protection de notre démocratie des des ingérences étrangère en période électorale euh puisque c'est maintenant qu'il faut tirer tous les enseignements de ce qui s'est passé en Roumanie et je ne suis pas convaincu de ce que vous vi à l'instant, c'est-à-dire de mettre un député dans la boucle dans le rapport avec Viginum parce que pardon de mettre les pieds dans le plat mais si il y a des manipulation électorale. Ça veut dire qu'il y a des bénéficiaires des manipulations électorales lesquelles peuvent même siéger à l'Assemblée nationale. Euh et donc est-ce que vous avez échangé avec par exemple le Conseil constitutionnel ?

Euh c'est si on est dans ce type de situation, il y a une question de garant de la démocratie. Le garant de la démocratie ultime dans notre pays, c'est le Conseil constitutionnel. Donc j'ai encore du temps ou pas ?

Non. Bon ben d'accord, je reviendrai après. Oui, vous pourrez reposer une question juste après.

Merci en tout cas. La parole est à vous mesdames. Oui.

Tout d'abord chers collègues, madame Bateau, je voudrais revenir sur vos propos. Effectivement, il y a pas eu de stratégie d'influence écrite ou formalisée, mais ça n'a pas empêché tout à tous les étages, je dirais, de nos administrations de de faire des des avancées notamment de façon empirique à s'adaptant à la donne qui changeait tout le temps et mais ça pose bien sûr la question des moyens et il y a certainement des endroits où il faut renforcer. Alors sur les ingérences étrangères, justement le but de notre notre propos, c'est de se dire il convient de s'est préparer avant avant 2027 et même avant les échéances en 2026 et en période électoral, on a bien vu la les vulnérabilités.

Alors, si on n' pas euh auditionné le Conseil constitutionnel, c'est parce qu'il y avait une commission euh d'enquête sur les élections électorales. Bon, voilà, que l'on a parcouru et on a essayé de faire le lien, mais voilà, on a on n' pas euh multiplié, si vous voulez euh cet aspect-là. Euh ensuite notre recommandation 26 euh c'est euh d'staurer une coopération formalisée entre Viginum et la Commission nationale des des élections.

Je pense que c'est important que il y ait euh effectivement des collaborations qui se mettent en place, qui se formalisent véritablement avant les prochaines élections. Il ne faut pas tarder, c'est maintenant qu'il faut le faire. Et concernant le référent à lui, enfin ce dont je parlais, c'était finalement un parlementaire parmi nous qui est informé.

C'est c'est de la bonne information en plus du rôle de contrôle que nous devons avoir. Oui, juste peut-être pour compléter, on peut et d'ailleurs, c'est un prémise de réflexion hein sur ces cette représentation du parlement. D'abord, oui, on a parlé de la diplomatie parlementaire et ça je je tiens à le rappeler parce queon s'est aperçu quand même à quel point ça pouvait être utile.

Mais à l'image de la DPR, la délégation parlementaire du renseignement euh qui elle hein et un certain nombre de critères hein pour être membre de la DPR et bien compte tenu du sujet, on pourrait aussi hein être sur une réflexion de ce style-là, pas forcément un seul parlementaire. En tout cas, ça fait partie plus ouvert. Voilà, en tout cas, ça fait partie des réflexions et sur l'éducation, je partage, nous partageons à 200 %, même s'il faut dire que le ministère de l'éducation nationale s'est rapproché de Virginum, a commencé un travail quand même.

L'année dernière, ce sont près de 350000 jeunes enfants qui ont été formés grâce au Clémi, c'est à élargir et à systématiser à toutes les classes d'âge. Voilà. Et et je pense aussi aux adultes, mais ça je l'ai dit dans mon propos.

Merci. La parole est à Jeuneviève Dario sec pour les démocrates. Merci monsieur le président.

Merci Natalia et Marie pour votre rapport très intéressant. Bien sûr, ce sont des des sujets qui sont graves, qui sont très très graves. Sont des sujets graves parce que ces méthodes en définitive bouleversent les cerveaux, les met sous tutelle et en définitive les met sous tutelle de celui qui a la parole la plus forte ou du moins la parole ou du moins l'intoxication la plus la plus importante.

Alors, on voit bien qu'il y a des des ingérences étrangères qui sont susceptibles et qui souhaitent déstabiliser par exemple un pays et nous avons besoin d'y répondre bien sûr de façon forte et je crois que nous avons des moyens des moyens pour le pour le faire. Mais il y a aussi des ingérences euh dans les partis des organisations politiques euh nous l'avons dit, y compris chez nous en France euh qui euh ben par des fausses nouvelles répétées, par une véritable organisation numérique pour les campagnes électorales et bien déforme la vérité et pour avoir un gain électoral manipule les cerveaux. Donc je crois que là nous avons vraiment un sujet qui est un sujet très important et majeur pour nos démocraties. comment arriver à euh faire en sorte de donner euh à nos à aux électeurs d'une part, il y a pas que les jeunes, c'est aussi les gens qui votent, euh du discernement et euh faire en sorte qu'ils aient un esprit critique et qu'ils aient de l'appréciation, euh une appréciation juste.

Bon, ça c'est une première chose. Et puis deuxième chose, sur le plan international, je m'étais rendu en République tchèque il y a quelques mois, ils avaient les mêmes problèmes que nous, hein. Tous les pays sont ils étaient très inquiets des ingérences étrangères et russes en particulier.

Ce que j'ose souhaiterais savoir, c'est entre les organisations mises en place viginum et compagnie dans notre pays et au niveau européen. Est-ce qu'il y a des liens ? Et est-ce que ces ces organes coopèrent entre eux pour bien sûr cibler les euh bah les origines étrangères de déstabilisation ?

Merci mesdames les rapporteurs. Oui, vous avez raison de le dire madame la députée jeune viec euh tout ça est fait pour intoxiquer les cerveaux et que notamment notre rapport conclu et je vous pris vous y référer sur l'importance de la guerre connective aussi les la guerre psychologique hein qui n'est pas nouvelle et et l'exemple suédois peut être cité en en référence et nous on a retenu l'idée des d'immuniser la société française, c'estàdire expliquer les mécanismes, c'est pas de lutter contre le contenu, c'est toujours on en revient toujours à lutter contre les mécanismes d'amplification, de manipulation. Pour ce qui est les ingérences dans les partis politiques, je crois que c'est le sujet le plus sensible effectivement sur lequel on pourrait avoir un débat suivi au niveau parlementaire parce que il y a de l'entrisme, parfois c'est de façon involontaire, euh parfois c'est c'est bien délibéré au sein des partis politiques et je crois que ça ouvre véritablement un débat et en tout cas c'est à nous d'attirer l'attention en tant que politique de de nos pouvoirs politiques.

C'est à nous de nous de nous en charger aussi quelque part. Ensuite, les coopérations, oui, elles sont étendues. Alors, Veginum, on l'a dit, il fait de la capacity building et notamment on les a pressé de de se préoccuper, mais ils ont déjà un accord en cours, des prochaines élections en Moldavie parce qu'on voit bien que ça peut être la guerre sans la guerre.

Finalement, si une une élection dans un pays comme la Moldavie porte euh au pouvoir un candidat qui est pro Russie, vous avez déjà un un un un pion, je dirais, sur les chiquers qui qui tombent. Euh la Roumanie, ça a failli se faire et en fait l'Union européenne est complètement menacée avant, je pense, euh une guerre physique par cette guerre informationnelle. qui consisterait à faire tomber toutes nos démocraties, à les faire basculer une à une.

On voit bien la montée du populisme dans tous euh les pays et c'est contre ça que nous devons euh nous élever, prémunir et accélérer, accentuer nos coopérations, coopérer entre services européens avec les Britanniques qui sont demandeurs. D'ailleurs, ça doit faire partie des accords de l'encaster House qui sont révisés ces ces jours-ci pour ensuite protéger les pays les plus vulnérables. Juste un tout petit complément.

Effectivement, on a vu on a rencontré le SEE au niveau de l'Union européenne, l'OTAN alors avec les interrogations hein relatives à l'évolution de l'OTAN et la position de du président américain. Mais ce qui est ce qu'il faut souligner aussi, c'est que les concepts ne sont pas toujours abordés de la même façon. Donc la coopération existe mais parfois on a des difficultés à se à parler la même langue.

Alors pas c'est un peu caricatural hein ce que je dis mais voilà sur l'annulation de l'élection, il faut aussi faire très attention parce que c'est un sujet très difficile parce que attention à ne pas servir les intérêts de ceux qui ont lancé ces ces opérations là. Donc tout ça est toujours doit être posé mesuré. Je rejoins ce qui était dit sur le lien avec le Conseil constitutionnel notamment pour notre pays.

Merci. La parole est à Anne Leénanf pour le groupe Horizon et Indépendant. Merci monsieur le président.

Mesdames les rapporteurs, je souhaite vraiment vous féliciter pour la qualité de ventre d'apport. C'est passionnant. Vous soulignez avec justesse que le succès de cette fonction ne repose pas uniquement sur des des outils technologiques, mais surtout sur l'émergence d'une véritable culture de l'influence bien au-delà du seul champ militaire.

La prochaine euh mise à jour de la revue nationale stratégique constituera un levier essentiel pour renforcer cette dynamique et je partage pleinement votre affil exprimé dans la deuxième proposition soulignant la nécessité de la développer dans sa nouvelle édition. Au regard des enseignements du rapport et en particulier du rôle pionnier joué par le ministère des armées et du com cyber dans la lutte informatique d'influence, ma question est la suivante : au-delà de la mise à jour de la RNS, quels autres outils ou dispositifs considérez-vous comme prioritaires pour renforcer la fonction stratégique d'influence, en particulier pour assurer une meilleure intégration des technologies numériques et une coordination efficace entre l'ensemble des acteurs publics ? Je pense précisément dans ma tête à la publication de la revue stratégique cyber qui est très attendue mais mais que nous n'avons pas pour le moment et qui permettra selon moi spécifiquement d'exposer la stratégie française de lutte informatique d'influence de notre pays euh sur le terrain civil.

Pour développer un peu plus, nous avons noté des nous avons voté des lois pour contrôler et encadrer les plateformes. Je pense à la loi Senine il y a un peu plus d'un an. Est-ce devons-nous aller plus loin ?

Si oui, sur quel champ ? Enfin, le parquet cyber joue également un rôle majeur dans la lutte contre les manipulations, la lutte contre l'influence. Avez-vous pu étudier les perspectives d'évolution des moyens de ce parquet et de leur mission éventuellement également ?

Merci beaucoup. Merci mesdames. La parole est à vous.

Alors sur les les outils prioritaires, nous avons insisté notamment sur la coordination entre tous les acteurs les les acteurs, les administrations et y compris après sur une diffusion plus large à travers l'académie qui pourrait être piloté par Viginum. Euh sur l'intégration des technologies, je crois que effectivement la COM Cyber euh s'y emploie, Visinum est au est au cœur mais c'est une course euh de du glève et du bouclier. C'est plus euh plus il y a un niveau de technologie et euh qui augmente chez nos compétiteurs, plus il faut s'y adapter.

Donc l'intelligence artificielle par exemple euh est au est au cœur des réflexions, c'est-à-dire que c'est une arme qui peut être utilisée. Alors aujourd'hui, il faut modérer un peu le débat sur l'intelligence artificielle parce que c'est une arme massive mais qui est peut-être pas suffisamment subtile pour bien cibler. C'est un peu le le constat qui a été fait de de nos auditions, mais en même temps euh c'est c'est intéressant euh pour tous les services de posséder euh ces capacités euh d'intelligence artificielle pour justement aller débanquer pour aller suivre l'écosystème informationnel.

Donc euh bien sûr que on s'en sert euh également et puis euh euh nous avons voté euh plusieurs lois effectivement et ce qui est très important euh c'est la loi de 2024 qui a permis d'aggraver les sanctions euh en cas de d'ingérence étrangère euh et en disposant que chaque agence d'influence devait ou lobbyiste devait s'enregistrer. Donc déjà ça doit donner une visibilité et puis en cas de dérive d'augmenter les sanctions et c'est là où le parquet effectivement le parquet J3 prend le le relais et ce que l'on a dit c'est il faut relever les sanctions contre les manipulateurs de l'information. Euh donc il y a pas mal de dossiers qui sont en en cours d'instruction, je crois plus d'une plus d'une vingtaine.

Euh il s'agit euh de retirer les visas à certaines personnes, de euh démanteler ces ces agences, euh de les fermer, de les faire fermer et je pense qu'il faut encore réhausser le niveau de sanction et la bonne transmission des des informations justement de Viginum vers vers les parquets. Merci beaucoup mes chers collègues. Nous arrivons à présent au temps des questions individuelles.

Donc j'en ai six, je vais en prendre trois dans un premier temps et je vais passer la parole à à Corine Caroline pardon Colombier. Merci monsieur le président. Je peux c'est bien, j'aime bien changer de prénom de temps en temps.

Bizant euh Mesdames les rapporteurs merci pour votre rapport. Mes chers collègues, nous abordons un sujet central pour notre souveraineté, l'influence de et la guerre informationnelle. Comme le rappelle le rapport, nous sommes dans une confrontation permanente qui vise à défaire sans être envahi en fracturant notre société et en sapant la confiance des Français.

Le Rassembl national partage cette prise de conscience. Nous avions dès la LPM proposé proposé d'inscrire l'influence comme fonction stratégique. Si ces choses faites depuis 2022, cette fonction reste en cours d'opérationnalisation et la stratégie française demeure essentiellement défensive.

Face à des compétiteurs offensifs, nous devons dépasser la simple posture défensive. L'influence doit s'arrimer à une politique étrangère de puissance pour peser réellement. Dans ce contexte, j'auraai deux questions.

Quelle mesure offensives concrètes envisagez-vous pour reprendre l'initiative et comment garantir une coordination interministérielle aboutissant à une stratégie unifiée avec des moyens à la hauteur ? Je vous remercie. Merci.

La parole est à Sébastien Saint-Pasteur. Merci monsieur le président. Mesdames les rapporteurs, je souhaite saluer également la qualité des travaux que vous avez porté sur un sujet qui est extrêmement complexe parce que on a des débats un petit peu théoriques sur la qualification des choses, des objets, mais ce que vous avez essayé de traiter est par essence sournois dans la zone grise en essayant de s'affranchir des qualifications et des frontières.

Donc bravo pour votre travail et ça renvoie un des objets de votre rapport qui est en gros la question de l'équilibre qui doit être le nôtre entre le respect des libertés fondamentales et les moyens de lutte. Je crois qu'il y a une expression du chef d'étatmajor des armées qui est assez intéressante à ce sujet. Et donc ce qui est en jeu, c'est peut-être bien plus que la liberté d'expression qui est posé parfois notre liberté de penser.

Et je pense queon on met les personnes dans des canaux en fait désinformationnels qui sont tellement puissants qu'il voient le monde de façon totalement altérée. Et au-delà de la question élective de notre démocratie, c'est presque aussi une vision du monde qui leur est proposée qui est particulièrement néfaste. Donc cet équilibre là et particulièrement Marie en sa qualité d'avocat.

J'aimerais avoir des Merci. La parole est à François Cormier Bouigan. Merci monsieur le président et merci à à Natalia Pusref et Marie Récald pour ce rapport très riche, très passionnant et je pense très utile y compris à commencer par notre commission de la défense.

J'ai été très intéressé par l'évocation du rôle des parlementaires que vous avez faite à un moment donné et notamment sur le contrôle des différents dispositifs mais également sur la question de la diplomatie parlementaire. J'aurais aimé que vous puissiez détailler un peu vos propositions en ce sens et je veux juste partager une anecdote avec vous très rapide. J'étais la semaine dernière, je représentais l'Assemblée nationale à l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe et nous avons dû ferrailler euh contre un rapport rendu par un collègue suisse qui souscouvert de sujets sur euh le dialogue social, la paix sociale a apporté une attaque très vive contre la France sur l'aspect des violences policières en dévoyant totalement ce qui se passe dans notre pays avec des vrais morceaux de d'argumentation d'un parti d'extrême gauche français et euh avec dans le but évident de d'effacer les frontières entre les démocraties libéral et libérale et de porter atteinte à l'unité nationale.

J'aurais aimé entendre votre avis là-dessus. Merci mesdames les rapporteurs. Alors trois questions intéressante sur la madame chers collègues colombier sur la l'opérationnalisation en cours.

Je l'ai dit dans mon propos, ça fait déjà 2 ans mais à peine 2 ans. Et en à peine 2 ans, il faut rendre hommage aux services qui ont se sont structurés en interministériel dans un pays qui n'est pas le champion de l'interministériel. On peut bien le s'accorder les uns et les autres là-dessus.

Euh en tout cas, c'est toujours très difficile de travailler, de sortir du travail en silo. Donc Viginum en est l'exemple, mais il y a beaucoup d'autres sujets, le Comyber, euh les les militaires ont fait euh et sont assez précurseurs d'ailleurs hein et pionniers dans ces dans la matière. Donc on avance, on avance beaucoup et notamment dans notre rapport, nous proposons pour aller encore plus loin ce patch influence auquel il est fait référence, je ve pas être trop longue, euh et et et également des éléments de coordination et d'élargissement et en particulier l'élargissement du Colmi euh ce fameux euh comité euh quand c'est nécessaire à l'ensemble à l'ensemble des sujets.

Bien sûr, la question des budgets, on l' on l'a dit, est importante et c'est pour ça qu'il est important de veiller à à l'augmentation des budgets RH, pas seulement au sein de Virginum, mais aussi au sein des autres organismes. Euh pour revenir Sébastien Saintpasteur sur la l'équilibre entre liberté d'expression et euh et et contrôle de l'information, c'est un enjeu majeur. C'est un enjeu majeur.

Et effectivement, l'avocate que je suis a des réflexes, mais au-delà la parlementaire a des réflexes de démocratie puisque nous avons toujours lutté contre la la tendance qui pourrait finalement être facile d'aller sur le ministère de la parole et en tout cas nous faisons très attention et c'est l'honneur de notre pays. C'est pour ça d'ailleurs que au départ cette politique de lutte contre l'influence et d'opérationnalisation de l'influence s'adressait à l'extérieur et était plutôt défensif que proactif parce qu'on a toujours un peu de mal là-dessus et il faut trouver la limite. Donc c'est l'enjeu aussi de la guerre cognitive.

C'est aussi un enjeu de ce point de vue-là évaluer l'impact réel des dysfonctionnements et des et de la désinformation. Et quant à la diplomatie parlementaire, on on y croit vraiment beaucoup, mais je vais laisser Nathalia poursuivre parce que c'est un peu son dada quand même. Merci Marie.

Oui, tout d'abord, ma chère collègue Caroline Colombier, vous avez raison de nommer que c'est une politique de puissance qui doit être mise en œuvre. Alors le sur l'offensivité des mesures en fait on se rend compte que le réactif réagir n'est pas suffisant et donc c'est là où on en vient à la stratégie de à la communication stratégique enfin ce qui s'appelle le stratcom qui est en fait le narratif dessiné destiné à porter l'image de la France et porter nos valeurs et défendre nos intérêts. Et bien sûr tout cela et je fais le lien avec monsieur son pasteur, c'est ça ne doit pas se faire au prix de voilà de dicter au monde ce qu'ils doivent penser et et encore moins à aux citoyens français.

Néanmoins forcé de constater ce qui s'est passé en en Afrique et je l'illustre par un exemple, c'est que si on a perdu la guerre, la bataille de l'information au Sahel, c'est parce que il y avait cette asymétrie de moyens qui étaient employés et notamment euh Wagner, donc l'officine russe qui euh qui euh s'appuyait sur des influenceurs, sur des médias locaux. Donc il y a tout cette perspective là qu'il faut prendre en compte. Est-ce que nous on doit se priver ?

Alors, même si notre message n'est pas mensongé hein, et ne dicte pas la ce que les autres doivent penser, est-ce qu'on doit se pos se se priver de moyens plus offensif de faire porter la voie de la France ? et et il faut que ce soit diffusé dans des réseaux locaux forcément et c'est toutes les questions qui nous sont revenues et et ça je je dois dire qu'il faut en remercier finalement les autorités régaliennes, les administrations régaliennes parce qu'elle nous renvoie la question à nous jusqu'où mettons le curseur et je le redis c'est à nous de nous emparer de ce débat et enfin sur la diplomatie parlementaire c'est ce que nous disions aussi cher chers collègues François Comieron c'est que pour que nous puissions exercer cette diplomatie parlementaire qui se projette, c'est en fait l'équipe France et je pense qu'on peut être tous ici se réunir derrière la la la défense et la protection des intérêts français à l'étranger. Et bien cette équipe France, elle doit avoir un accès un meilleur accès à l'information.

Déjà, c'est pour ça que nous recommandons d'avoir euh des liens avec Viginum, mais aussi d'être briefé peut-être plus souvent par la DGIS. en amont sur demande lorsque nous faisons des déplacements, je pense qu'il y a des des bonnes pratiques à voilà enclencher et à généraliser, à systématiser. Merci.

La parole est à Alexandre Dufossé. Merci monsieur le président, madame les rapporteurs. D'abord en introduction parce que vous az parlé du rapport Viginum sur les élections en Roumanie, vous rappelez que dans ce rapport en introduction, il est bien indiqué que c'est pas une enquête qui a été faite mais une compilation de sources ouvertes qui il affirme aussi dans ce rapport qu'une surreprésentation d'un candidat dans l'espace numérique ne suffit pas expliquer un vote en sa faveur. sur votre mission d'information.

Vous le savez, la Marine nationale a choisi de d'intégrer l'influence directement dans la conduite de ces missions sans créer une structure à part mais en diffusant une culture de l'influence au sein même de la chaîne de commandement. En mer par exemple, les occasions de montrer notre présence, de capter l'attention d'envoyer des messages sont nombreuses notamment pardon à travers ce qu'on appelle la diplomatie navale. Et est-ce que cette façon de faire madame les rapporteurs très liée à la spécificité du milieu maritime pourraiton selon vous nous en inspirer pour les autres armées ?

Et aujourd'hui, a-t-on les moyens en doctrine, en formation, en outil pour bien planifier ce type d'opération d'influence dans toutes les armées ? Je vous remercie. Merci.

La parole est à Josie Pueto. Oui, merci monsieur le président. Je vais me joindre au concert des félicitations pour toutes les deux.

J'ai même envie de dire pour toutes les trois parce que on sait aussi le rôle majeur que que voilà. Donc ça c'est vrai. Moi je voulais juste mais alors en deux mots si vous pouviez nous en dire un petit peu plus.

Vous avez régulièrement fait allusion à à la enfin l'exemple britannique et effectivement ce qui se faisait. Voilà, j'aimerais bien que ça soit un petit peu plus peut-être il doit y avoir des exemples, des méthodes, des voilà si vous pouviez nous en dire un petit peu plus notamment sur des recommandations. Merci.

Merci. Et enfin une deuxième question de Delphine Bateau. Oui, merci monsieur le président.

Très rapidement euh ce que je disais sur l'éducation populaire, c'était pas sur l'éducation nationale, hein, c'était grand public, juste pour la précision. euh sur euh euh la question du volet euh offensif euh et de la stratégie d'influence. Pour moi, c'est pas le volet offensif de la guerre informationnelle, c'est la stratégie d'influence sur ce que défend la France comme vision euh du monde.

Euh et euh de ce point de vue-là, j'ai une question remarque, je crois pas trop que ça puisse être le travail du SGDSN qui a déjà forte affaire en matière de défense et de et de résilience. Euh pareil pour les haut fonctionnaires de défense des des ministères. Euh je pense pas que ce soit le cadre approprié pour la stratégie offensive d'influence qui pose en fait la question du soft power et donc qui pose la question du de du projet euh de la vision du monde qui est défendue par la France.

On peut prendre l'exemple aujourd'hui de ce qui se joue sur le rapport à la science sur le climat. Si on veut avoir une stratégie d'influence, c'est regrettable de ne pas déplorer publiquement le retrait des États-Unis. euh de l'accord de Paris et que ce soit seulement le président Loula qu'il le fasse.

En fait, si on veut être relié et avoir une influence sur plein d'autres euh pays et plein d'autres peuples dans le dans le monde, il y a une question de contenu qui est obligatoirement posée. Merci mesdames les rapporteurs, la parole est à vous. Oui, chers collègues du fossé sur la diplomatie navale, vous avez cité un exemple très intéressant et parfaitement exact puisque chaque fois que le porte-avion mais le groupe aéronaval plus globalement se déplace, il y a aussi cette fonction influence.

Et je dois vous dire que nos premières auditions sur ce sujet nous parlent du repas proposé à bord du porte-avion. Donc nous n'en sommes pas restés là, même si ça participe. L'excellence culinaire française a notre influence à l'étranger, on le sait.

Mais euh ça a une une vocation aussi pédagogique de donner à voir. Quand le groupe aéronaval se déplace, on le sait, on le voit. Et il y a bien sûr des raisons stratégiques, mais il y a aussi des raisons liées à l'influence.

Mais au-delà du groupe aéronaval, c'est nous avons des nouveaux moyens et c'est le rôle d'ASO dont je vous ai parlé dans le propos de le décliner dans tous les autres domaines, le domaine de l'air et de l'espace. L'armée de l'air et de l'espace a aussi sa stratégie d'influence euh mais également l'armée de terre avec des unités dédiées à ce à ce sujet-là. sur euh sur l'exemple britannique.

Oui, nous avons été particulièrement euh bien reçus par nos amis britannique parce que euh et euh pour nous c'était quand même les Britanniques, ils ont quand même une tradition dans ce domaine de l'influence que j'appelais tout à l'heure l'intelligence service. Ils ont une culture de l'influence qui est beaucoup plus intégrée et native que nous ne pouvons l'avoir. Parfois, elle est même d'ailleurs caractérisée de décomplexer cette culture de l'influence parce que ils assument parfaitement les Britannique leur leurs actions d'influence avec des campagnes de communication qui sont menées conformément au grand principe du marketing avec des entreprises privées et c'était une un des sujets une des pistes que nous avions évoqué un message spécialement conçu rédigé à destination d'un public cible et ça ça nous a trou paru intéressant avec un écosystème qui intègre à la fois la sphère publique et la sphère privée les britannique comme entre le civil et le militaire aussi également il consacre des moyens importants à ce qu'ils appellent la stratcomférence Natalia des moyens financiers et humains assez importants notamment on pourrait citer ils ont mis en place une campagne de soutien à l'Ukraine totalement transparente et décomplexée qui s'appelait Ukraine Frontline of Freedom et avec qui a été des gros moyens diffusé directement par le ministère britannique de la défense à destination de l'opinion publique et en particulier du du jeune public donc pour renforcer le soutien à l'Ukraine et puis ils ont aussi une manière de diffuser un message unifié et cohérent.

Alors évidemment, ils ont des médias que ce sont BBC, ils n'ont pas les chaînes privées que nous navons, nous avons et c'est un sujet qui est très spécifique à la France et qu'il faut regarder avec attention. Et en matière militaire, par ailleurs, il s'appuie sur une brigade dédiée dédiée à l'influence et aux actions psychologiques qui s'appelle la 67e 77e brigade pardon avec des qui a des une destination particulière sur ces sujets-là. Donc on a été beaucoup intéressé, on a eu de très bons échanges avec nos homologues britanniques, avec le secrétaire d'État aussi à la défense et et les services et je dois dire que là aussi, ils ont été particulièrement intéressés par le travail fait par Viginum.

Est-ce que j'ai oublié ? Oui. Sur euh sur la GDSN.

Voilà, on va envoyer. Oui, je reviendrai d'abord sur les propos de de du député du Fossé. Moi je pense que sur la la Roumanie, il ne faut pas oublier qu'il y a une enquête en cours d'une part sur les manipulation et les ingérences numériques.

Mais il faut savoir aussi que le candidat avait déclaré zéro frais de campagne. Donc je pense que c'est ce qui a fait qui bouger aussi ou ce qui a incité la la commission électorale roumaine en disant comment se fait-il qu'on le voit partout et qu'il a zéro déclaré zéro budget sur dans le milieu maritime je voulais juste ajouter que là on est très très fort non seulement au niveau de la marine mais bien sûr au niveau de l'armée de l'air c'est quand il y a une projection de l'armée française il y a une analyse préalable de tout l'environnement informationnel et éventuellement une préparation de de de cet espace informationnel. Ensuite, l'exemple britannique a bien été décrit par Marie.

Euh moi je je pense que ça pose la question effectivement de comment on peut on peut composer avec euh des agences, c'est des anciennes agences spécialisées en marketing euh stratégique. Et cette question là, c'est à nous aussi de de l'étudier parce que ce sont vraiment des relais de diffusion d'application à l'échelle internationale qui permettent voilà une diffusion large. Et puis ensuite sur la question de la collègue Delphine Bateau, bien sûr vous avez raison, c'est une vision du monde qu'il faut décliner.

Donc c'est pour ça il faut avoir une ligne politique claire. Moi, je pense que on l'a que c'est dit mais s'il y a seulement le président de la République qui en parle par exemple sur ce qui est de la science ou du climat, ce n'est pas suffisant. Et c'est pour ça que nous insistons beaucoup sur le ciblage au niveau du ministère des affaires étrangères.

Et c'est pas la communication euh toujours euh large qu'il faut viser, mais c'est sur des sujets spécifiques vis-à-vis de population spécifique qu'il faut faire un effort avec un contenu adapté et des moyens des médias adaptés puisqueaujourd'hui une majorité de la population ne regarde plus les médias traditionnels. Donc il faut forcément passer à un moment donné par internet, par les réseaux et pour ça il faut avoir des profils adaptés. C'est là où il y a un changement culturel à faire.

C'est plus de la diplomatie institutionnelle, c'est une autre forme de communication. Merci beaucoup mesdames pour ce travail immense et très précieux, très intéressant. Mes chers collègues, il nous revient à présent de conclure en votant l'autorisation de la publication de ce rapport.

Donc je vais vous passer au vote. Qui est pour ? Qui est contre ? qui s'abstient.

Donc vote à l'unanimité. La commission autorise la publication de ce rapport. Bravo mesdames.

Merci à vous. Avant de nous quitter mes chers collègues, je vous propose de procéder aussi à l'autorisation de la publication du rapport portant sur le recueil de l'audition des cycles consacrés à l'Europe de la défense. Ce rapport comprenant comme d'habitude le compte-rendu des auditions conduites sur ce sujet ainsi que les contributions des groupes politiques et mon propos.

Qui est pour ? Qui est contre ? Qui s'abstient ?

Vote à l'unanimité. Merci mes chers collègues. Je vous souhaite une bonne fin de journée et très vite pour beaucoup d'entre vous.

Ouais. Et nous avons une audition à 15h étage. Attends,