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interviewfranceinfo — 8h30 franceinfo· 25 mai 2023 25 min

Vols intérieurs, prix des billets de train, bonus écologique... Ce qu'il faut retenir de l'interview de Clément Beaune

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:01
Présentateur

France Info Bonjour Clément Beaune. Bonjour. Une première mondiale, c'est ainsi que le gouvernement s'est félicité d'une mesure qui vient d'entrer en vigueur. Depuis cette semaine, les liaisons en avion sont interdites à travers la France. S'il existe une alternative en train à moins de 2h30, et pourtant, en ce moment même, des passagers sont en train d'embarquer à Roissy, l'un des deux aéroports franciliens, en direction de Lyon, qui se trouve à moins de 2h30 en train. Pourquoi ?

0:26
Christine Pirès Beaune

Parce que le système, effectivement, a été conçu pour interdire très concrètement trois lignes. C'est le résultat de cette mesure, qui, je le confirme, est appliquée dans aucun autre pays en Europe et dans le monde. Ce sont les liaisons entre Bordeaux, Nantes, Lyon et Orly, l'aéroport d'Orly. Et pour Roissy, il y a effectivement un système qui est particulier, parce que vous avez parfois besoin de prendre une correspondance, quand vous êtes par exemple à Lyon et que vous allez à Roissy, pour ensuite aller voyager au niveau international. C'est aussi important pour développer les relations économiques pour une clientèle, notamment d'affaires.

Mais je vais être très clair, le dispositif, parce que j'entends une petite musique qui dit, en fait, tout ça pour ça. D'abord, c'est parce que cette mesure était prévue que les lignes ont été fermées par les compagnies depuis parfois quelques mois.

1:11
Présentateur

Oui, parce que les trois lignes dont vous venez de parler, Orly-Nantes, Orly-Bordeaux et Lyon,

1:17
Christine Pirès Beaune

elles sont déjà fermées depuis trois ans. Pardon, mais elles n'ont pas été fermées par l'opération du Saint-Esprit. Elles ont été fermées parce que cette mesure, elle a été décidée et qu'elle a mis quelques semaines à se mettre en place juridiquement. Ça fait trois ans. Oui, d'abord parce qu'il faut expliquer les choses, il faut la négocier avec l'Europe, parce qu'il y a un marché intérieur avec des règles communes. C'est une dérogation. On est le seul pays en Europe, le seul pays en Europe à avoir appliqué cette mesure.

1:37
Auditeur

Non, mais pardon Clément Bonne, ce n'est pas une arnaque, parce qu'en fait, là, ce que vous faites, vous interdisez les vols entre Orly et Lyon, mais pas entre Roissy et Lyon. Pardon pour les franciliens qui nous écoutent, mais ça reste des aéroports parisiens.

1:48
Christine Pirès Beaune

Donc, finalement, c'est que de la com' ? Pardon. Non, alors non. Est-ce qu'on peut dire de temps en temps dans notre pays qu'on fait quelque chose collectivement de bien ? On est les seuls à faire ça. Ça commence par trois lignes. On assume que pour les correspondances, c'est ça le sujet, à l'aéroport international français principal qu'est celui de Roissy, on ne casse pas aujourd'hui ces liaisons aériennes-là, parce que sinon, des villes comme Lyon, des villes comme Bordeaux, elles ont des besoins pour leur développement économique.

Sinon, vous n'avez pas des grandes entreprises qui s'implantent à Lyon et à Bordeaux si vous n'êtes pas connecté à Roissy, parce que là, il n'y a pas d'alternative ferroviaire en moins de 2h30. Un autre exemple. Et pardon, je le dis, on ira plus loin. On ira plus loin. Cette liste, elle va être vue deux fois par an pour regarder si l'offre ferroviaire s'améliore. Ma responsabilité, ministre des Transports, c'est justement d'améliorer les connexions ferroviaires pour que de plus en plus, cette règle des 2h30 aboutisse à fermer des lignes aériennes. Et peut-être qu'on durcira progressivement aussi cette règle des 2h30 pour l'amener vers, par exemple, 3h.

2:46
Présentateur

Mais je le dis... Ou 4h, comme l'avaient demandé les conventionnaires des citoyens. Oui, c'est possible, mais il faut développer le ferroviaire en parallèle.

2:55
Christine Pirès Beaune

Justement, un autre exemple, si vous le permettez. On ferme 3 lignes et on va continuer. Et je le confirme, on est les seuls à faire ça. Ce n'est pas du tout un gadget. J'espère que plusieurs pays européens suivront cette mesure.

3:05
Présentateur

Et nous, on l'améliorera et on la fera grandir. Vous parliez de Lyon. Autre exemple, justement, il y a toujours des vols entre Lyon et Marseille, alors que la distance entre les 2 villes en train est inférieure à 2h30. Cette fois, c'est parce qu'il n'y a pas assez de trains disponibles entre ces 2 villes. Est-ce que vous allez demander au patron de la SNCF d'en ajouter ? Et oui, on va développer les offres ferroviaires

3:21
Christine Pirès Beaune

entre les grandes métropoles françaises de manière générale. Je vais vous dire, Marc Fauvel, je ne vais pas faire de la démagogie. Les TGV, on n'en a pas dans le hangar. Il y a 800 TGV en France. Ils roulent tous. Et d'ailleurs, on l'a vu l'été, parfois, il y a une demande qui n'est pas complètement satisfaite. Donc, c'est un investissement dans des rames de trains, dans des nouvelles liaisons. Je prends un exemple. La ville de Toulouse, l'immense majorité des trajets avec la capitale Paris se fait en avion. Pourquoi ? Parce que c'est à 4h. On va créer une ligne à grande vitesse entre Bordeaux et Toulouse pour raccourcir les distances entre ces 2 villes et avec Paris.

Mais il y aura donc bien d'autres interdictions dans les mois ou les années qui viennent. Cette règle de 2h30, elle va de facto aboutir progressivement à d'autres fermetures de lignes puisqu'il y aura de plus en plus de lignes ferroviaires qui respecteront cette règle. Et puis, on peut la faire évoluer.

4:04
Auditeur

Mais ça, c'est à quelle échéance ? Parce que c'est une intention.

4:07
Christine Pirès Beaune

D'abord, le cadre qu'on a négocié avec l'Union européenne, qui a été validé par le juge, parce qu'il y a des principes constitutionnels aussi, de liberté de mouvement, de liberté d'entreprendre, c'est pour 3 ans. Et donc, ce cadre-là, il pourrait être revu et durci dans 3 ans. Et je le dis, parce que ça n'a pas été connu, tous les 6 mois, il y aura une revue des offres ferroviaires et de l'impact sur les lignes. Moi, je dis simplement, est-ce qu'on peut vraiment saluer ? C'est une mesure qui vient des citoyens. Ce n'est pas la même.

4:30
Auditeur

Ce n'est pas la même proposition de la Convention citoyenne sur le climat.

4:34
Christine Pirès Beaune

Mais je pense que sans la Convention citoyenne, cette mesure ne serait pas là. C'est nous qui l'avons votée. C'était courageux. Je peux vous dire, pour avoir fait des discussions avec des compagnies aériennes, ça ne les réjouissait pas beaucoup. Et je souhaite qu'on la fasse évoluer et que d'autres pays européens, puisqu'on se compare toujours, s'inspire aussi de ce modèle français qui commence à se déployer.

4:50
Auditeur

Clément Bonne, 58% des Français disent qu'ils sont prêts à favoriser le train, c'est votre volonté, mais qu'ils trouvent les billets de train trop chers. Est-ce qu'ils ont raison ?

4:59
Christine Pirès Beaune

Oui. Alors, il faut un peu différencier, pardon, je ne veux pas être trop technique. Quand on regarde les trains dits du quotidien, nos transiliens en Ile-de-France, les trains express régionaux, les TER partout en France, quand je les compare, je ne dis pas qu'il n'y a rien à faire, mais quand je les compare au coût européen moyen, on est plutôt assez bas. Et notamment, le coût réel du train est beaucoup plus élevé que ce que payent les usagers, parce qu'il y a des subventions publiques de l'État ou des régions.

Ce qui est souvent vu comme cher, c'est en effet le train à grande vitesse, parce qu'en France, on ne subventionne pas le TGV, et c'est plutôt d'ailleurs le TGV qui finance le reste des lignes. Donc moi, deux choses là-dessus. Oui, il faut réfléchir à des initiatives sur les tarifs. J'ai demandé à la SNCF de le faire, notamment sur le TGV, de développer les offres commerciales, pour les jeunes notamment, dans les prochains mois, il y en a un certain nombre, TGV Max, Cartavantage, etc. On peut faire mieux, ou développer par exemple le Wigo.

Et puis moi, je veux qu'on regarde, il faut faire ce travail État et région, parce que les TER, c'est les régions, pour avoir des offres plus lisibles, et parfois des offres moins chères. C'est pour ça que j'ai lancé l'idée du billet unique, parce qu'il y a le coût, et puis il y a parfois le fait qu'on ne comprend rien. Pourquoi un TER, dans un sens, de Bordeaux à Toulouse, c'est un certain prix, et de Toulouse à Bordeaux, c'est un autre prix ? Donc on va simplifier ça, ça s'appelle le billet unique, et on va avancer là-dessus. Et puis il y a aussi, je le dis, parce que la gratuité, on en parle parfois, mais il faut surtout des moyens pour investir dans le ferroviaire.

On parlait de toutes les lignes aériennes et ferroviaires. Si je veux investir dans le réseau, si je veux investir dans le Paris-Limoges, dans le Paris-Clairmont, qui sont sinistrés, il faut des moyens, et donc ma priorité, c'est d'utiliser cet argent public pour investir plus dans le réseau

6:30
Présentateur

et dans le nouveau train. Clément Beaune, ministre délégué chargé des Transports et l'invité de France Info jusqu'à 9h et les 8h40. Le fil info, Maureen Suignard.

6:37
Invité

La Russie terrorise l'Ukraine, selon Volodymyr Zelensky. Le président russe affirme que 36 drones ont été abattus la nuit dernière en Ukraine. De son côté, Moscou affirme ce matin avoir arrêté des saboteurs ukrainiens qui voulaient perturber le fonctionnement de centrales nucléaires. Une minute de silence et une Marseillaise cérémonie ce midi à Roubaix. Hommage national aux trois policiers tués ce week-end dans un accident de la route. Une collision dimanche avec un véhicule dont le conducteur était fortement alcoolisé et drogué. Emmanuel Macron leur remet la Légion d'honneur à titre posthume. Il s'agit en très grande majorité de fugues.

L'année dernière, plus de 43 200 mineurs ont été signalés comme disparus. C'est ce qu'indique le premier rapport de 116 000 enfants disparus. C'est le nom du numéro d'urgence au niveau européen. 380 milliards de dollars. L'Agence internationale de l'énergie estime que les investissements dans le solaire vont atteindre ce montant cette année dans le monde. C'est plus que pour le pétrole. C'est une première. France Info

7:41
Présentateur

Toujours avec le ministre des Transports Clément Beaune, le gouvernement prépare la France à un scénario de réchauffement de 4 degrés en 2100. Est-ce que d'ici là, tous les trains, par exemple, toutes les gares seront climatisées ?

7:58
Christine Pirès Beaune

Oui, alors vous voyez le paradoxe.

7:59
Présentateur

La climatisation, c'est un des sujets

8:01
Christine Pirès Beaune

qui créent des conditions de gaz à effet de serre. Donc il faut être prudent et raisonnable là-dessus. Maintenant, il faut là aussi être juste. Qu'est-ce qui est climatisé aujourd'hui dans les trains français ? Les TGV. Parfois, les problèmes techniques. Mais enfin, les TGV sont tous ouverts techniquement à la climatisation. C'est le cas aussi des trains intercités, les grandes lignes hors TGV. Ce n'est pas le cas de tous les TER, même si on est proche de 90% aujourd'hui. Les régions investissent beaucoup.

Donc oui, il faut que, c'est le programme d'ailleurs de la plupart des régions, tous nos TER deviennent climatisés, qu'on ait ensuite des techniques qui fassent que ça ne consomme pas beaucoup et puis surtout qu'on ne mette pas la climatisation systématiquement. Mais quand vous avez des trains qui sont bondés parfois, c'est le quotidien et qui ne sont pas climatisés, on ne peut pas expliquer aux gens qu'on ne va pas faire cet effort. Et les gares ? Et les gares, là aussi, bon les trains, parce que c'est là qu'en général il y a le plus d'accumulation et reste le plus longtemps, les gares c'est souvent des espaces ouverts, donc ça dépend des configurations, ça ne sera pas systématique.

Les trains, il faut que ce soit systématique, TGV, Intercité et TER. Et puis en Ile-de-France, puisque c'est quand même l'essentiel de nos transports publics en France, les transiliens sont aujourd'hui climatisés pour à peu près les deux tiers d'entre eux. Les nouvelles rames, mais les nouvelles rames seront progressivement en effet toutes climatisées.

9:12
Auditeur

Avec un scénario à plus 4 degrés en 2100, les rails et les caténaires peuvent se dilater sous l'effet de la chaleur, ça on le sait. Lorsqu'il fait 30 degrés, on estime que le rail monte jusqu'à 58 degrés et ça c'est problématique. Est-ce qu'on est sûr que le réseau va tenir ?

9:25
Christine Pirès Beaune

Oui, mais c'est aussi pour ça que moi j'en ai fait la priorité, parler des prix, il faut des moyens pour investir sur le réseau. Et le réseau ferroviaire français, c'est ce qu'on ne voit jamais. Quand vous êtes dans un train, on ne fait pas trop attention au rail ou au caténaire qui est au-dessus, c'est normal, ça n'intéresse souvent pas beaucoup le politique.

Moi j'en fais une priorité parce que ce qui fait que vous avez des retards sur des lignes qui créent un sentiment de déclassement chez beaucoup de Français, je parlais du Paris-Clairmont, du Paris-Le Havre, où les temps de trajet se sont allongés, où le réchauffement climatique peut encore aggraver les difficultés, où les intempéries plus nombreuses, et bien c'est le réseau. Et c'est le fait qu'on est aujourd'hui le réseau ferroviaire le plus ancien, le plus vieux d'Europe. Deux fois l'âge moyen.

9:59
Auditeur

Il faut le moderniser, mais pour ça il faut de l'argent. Un plan à 100 milliards, vous allez le financer comment ?

10:03
Christine Pirès Beaune

On a un plan à 100 milliards d'euros sur le ferroviaire, c'est totalement historique, entre maintenant et 2040, parce qu'il faut investir dans la durée. Et l'une des principales mesures de ce plan, c'est d'investir sur ce réseau ferroviaire. D'ici 2027, on va augmenter de 50%, c'est 1,5 milliard d'euros par an pour donner un grand chiffre, c'est le vrai chiffre, d'ici 2027, pour que le réseau soit l'objet d'investissement.

10:24
Auditeur

Et l'argent, vous allez le chercher où ? C'est les conditions d'autoroutes ?

10:26
Christine Pirès Beaune

C'est l'aérien aussi ? Il y a un certain nombre de moyens dans le budget de l'État, évidemment. On va travailler avec les régions, à partir de la semaine prochaine, on va négocier des contrats entre l'État et les régions pour investir ensemble. Et puis vous avez raison, il n'y a pas de tabou là-dessus, la Première Ministre l'a annoncé, je le défends. Par exemple, l'aérien contribuera davantage au financement du train et du report.

10:43
Auditeur

C'est pas ce que nous a dit Augustin Dromanet, le PDG d'ADP à Aéroports de Paris, il a dit certainement pas.

10:48
Christine Pirès Beaune

C'était sa réponse. Je crois que c'est le Parlement qui vote les lois, et les taxes en particulier. Donc on aura ce débat dans le budget qui vient et dans les budgets suivants. Mais oui, je pense qu'il serait juste d'avoir une contribution sur les billets d'avion en particulier, sur ces billets, notamment les billets de classe affaire, les billets de première classe. Franchement, on peut payer un peu plus cher, ça ne sera pas un drame social, je pense, pour financer la transition écologique.

Quand j'ai défendu la taxation des jets qu'on a mise en place en 2023, qu'on va renforcer en 2024, c'est aussi pour dégager quelques centaines de millions d'euros supplémentaires pour la transition écologique. Il faut qu'on soit cohérent. On ne peut pas dire, quand on réserve ses vacances, le train est parfois plus cher que l'avion, et ne pas prendre des mesures pour favoriser le train,

11:28
Présentateur

investir et le rendre plus compétitif. Sur la voiture, Emmanuel Macron veut revoir les règles du bonus écologique pour l'achat d'une voiture électrique. Est-ce qu'il faut continuer à le verser aux constructeurs américains et chinois, ce bonus, pour l'achat d'une voiture américaine ou chinoise ? La réponse est non.

11:43
Christine Pirès Beaune

Le but, c'est évidemment d'avoir non seulement un parc de voitures électriques qui se développe, mais de le faire aussi de manière souveraine, c'est-à-dire avec des véhicules

11:51
Présentateur

qui soient produits en France et en Europe. Pour un exemple, Tesla fabrique une partie de ses voitures en Allemagne aujourd'hui. Tesla, c'est une voiture plutôt très chère, pourra continuer à toucher la subvention.

12:03
Christine Pirès Beaune

Dans le bonus écologique, il y a deux types de règles. Il y en a qui existent aujourd'hui. Évidemment, c'est des choses qui sont sous condition de ressources. Vous avez un bonus écologique, c'est normal, qui est plus élevé quand vous êtes un ménage modeste. et on ne finance pas toutes les voitures, notamment pas les voitures de luxe. Donc, il y a un plafond. Aujourd'hui, Tesla a baissé le prix de ses voitures.

12:19
Présentateur

Il y a un modèle de Tesla, je crois, qui est éligible au bonus écologique. Ça vous choque que Tesla, qui est quand même une voiture pour gens très aisés, puisse bénéficier d'une aide à l'achat ? C'est un des débats

12:28
Christine Pirès Beaune

qu'on aura d'ici le budget pour savoir si le plafond du bonus doit être un peu abaissé ou pas. C'est un vrai débat. Mais le sujet de fond, c'est qu'on ait des véhicules abordables qui soient produits en France et en Europe. Ce n'est pas le cas aujourd'hui. Pardon, Clément Beaune,

12:40
Auditeur

je n'ai peut-être pas la bonne information, mais le plafond pour les voitures et les véhicules éligibles au bonus, c'est 47 000 euros.

12:46
Christine Pirès Beaune

Oui.

12:46
Auditeur

Ce ne sont pas des petites voitures, c'est des voitures onéreuses quand même.

12:49
Christine Pirès Beaune

Bien sûr. C'est 47 000 euros. C'est ce que je viens de répondre. Ça peut baisser dans le temps. Mais surtout aujourd'hui, quelle est la réalité ? C'est que la voiture électrique, même avec des aides, c'est un produit de luxe et qu'il n'y a pas très peu de modèles de voitures qui sont dans des prix beaucoup plus abordables, par exemple autour de 15 000 euros qui avec une aide devient un prix beaucoup plus modeste. Pourquoi ? Parce qu'on ne les produit pas en France et en Europe. Et les seuls véhicules électriques à peu près abordables pour des familles modestes, pour des classes moyennes, ce sont les modèles chinois.

Et aujourd'hui, presque la moitié du bonus, il faut le savoir, qui est l'argent du contribuable, il va à des modèles non européens et notamment chinois. Et donc, on va mettre en place, c'est ce qu'a annoncé le Président de la République, une règle qui fait qu'on tient compte du critère environnemental. Quand vous produisez une voiture en France et en Europe, c'est beaucoup moins polluant qu'un véhicule chinois donc ça va recentrer le bonus sur ces modèles et puis il faut aussi que ces modèles soient produits. Aujourd'hui, il y a peu de modèles abordables produits par Renault ou Stellantis. Ça va commencer à partir de 2024.

13:44
Présentateur

Il y a un autre critère pour pouvoir bénéficier du bonus écologique, c'est le poids de la voiture. Aujourd'hui, il faut qu'elle pèse moins de 2,4 tonnes, ce qui paraît énorme. Tous les spécialistes disent que c'est une aberration car plus la voiture est lourde, plus elle pollue pour sa fabrication et une fois qu'elle est sur la route, est-ce que vous allez revoir

14:01
Christine Pirès Beaune

ce qu'il faudra revoir progressivement ? Elle a déjà été revue dans le temps mais là aussi, moi je vais être très transparent. Ce plafond, il fait qu'il y a un certain nombre de modèles français et européens qui peuvent être éligibles et qui permettent d'investir pour développer des modèles abordables dans les années qui viennent. Donc moi, je ne veux pas qu'on sacrifie une filière automobile française et européenne dont on a besoin pour avoir des véhicules abordables. Donc ça se fera, c'est le sens de l'histoire. Progressivement, d'avoir un critère de poids qui, peut-être pas tout de suite, mais dans les années qui viennent, changera.

14:29
Auditeur

Clément Beaune, la France est soupçonnée par Bruxelles d'avoir soutenu illégalement, c'est-à-dire sans respecter les règles de bonne concurrence, la filiale de la SNCF chargée du transport de marchandises. En jeu, plus de 5 milliards d'euros. Est-ce que la SNCF va devoir les rembourser ?

14:42
Christine Pirès Beaune

Non, je me bats pour que la SNCF, fret SNCF, l'entreprise de la SNCF qui fait du transport ferroviaire de marchandises, du fret, n'ait pas à rembourser ces 5 milliards d'euros. Il faut le dire très clairement. C'est la survie de fret SNCF, du fret ferroviaire public en France qui est en jeu. Et donc, il y a deux solutions. Soit, je pourrais faire ce choix démagogique, je dirais, je passe le ballon au suivant. On verra bien les procédures européennes, on le sait, c'est long. Et puis peut-être que dans un an, deux ans, trois ans, d'autres auront à constater que fret SNCF doit rembourser 5,3 milliards d'euros et donc licencie 4800 personnes et arrête.

Je ne veux pas de ça et donc je prends dès maintenant des décisions et j'assume d'avoir une discussion avec les autorités européennes pour qu'on ait une solution qui préserve les emplois, le fret ferroviaire public et qui ne fait pas de report du rail vers la route. Votre solution,

15:32
Auditeur

c'est de démanteler le fret SNCF pour le remplacer par une autre structure ?

15:35
Christine Pirès Beaune

Il y aura une autre structure.

15:36
Auditeur

Pourquoi ne pas avoir contesté la procédure ? En fait, vous vous êtes dit c'est perdu d'avance.

15:41
Christine Pirès Beaune

Il y a eu plusieurs mois.

15:42
Auditeur

Autant agir tout de suite.

15:44
Christine Pirès Beaune

Non, il y a eu un dur combat, plusieurs mois de discussion pour éviter une procédure et cette procédure, elle est là. C'est la réalité. Donc moi, je ne veux pas jouer à la roulette russe ou pardon, à la roulette belge parce qu'en fait, oui, il y a six balles dans le barillet et la chance de perdre est malheureusement ou le risque de perdre est malheureusement extrêmement élevé. Et donc, je ne sais pas dire les yeux dans les yeux aux salariés du fret SNCF écoutez, moi je joue votre avenir comme ça sur un jeu de dés dans une négociation avec Bruxelles.

Je fais la négociation maintenant parce que si on trouve un accord maintenant, on donne un avenir au fret ferroviaire, on enlève l'incertitude, il y aura des clients, il y aura du fret ferroviaire qui va se développer et il est en train de se redévelopper parce qu'à côté de ça, on réinvestit dans le fret ferroviaire là aussi de manière massive

16:26
Présentateur

dans le plan des 100 milliards. La nouvelle filiale va devoir renoncer à une partie de son activité et notamment à un train qui est devenu un peu symbolique ces dernières années. C'est le train des primeurs qui relie Perpignan à la région parisienne et à Rungis au marché international. Est-ce que ce train va continuer à rouler sachant qu'il a déjà eu quelques difficultés pendant l'épisode des retraites ? Il va être très clair, ce train, oui, oui, il continuera

16:47
Christine Pirès Beaune

à rouler, c'est le combat que je mène et nous le garderons. Deux choses. D'abord, c'est nous qui l'avons relancé ce train. C'est en 2021, Jean Castex qui a relancé ce train Perpignan-Rungis. Donc ceux qui nous disent vous sacrifiez le train, on l'a rouvert. Deux, il a connu des difficultés ces dernières semaines, ces derniers mois, principalement, soyons honnêtes, à cause des mouvements sociaux. On l'a aussi relancé dès le mois de mai, dès la fin de l'essentiel du mouvement de grève. Et oui, il va continuer et on verra qui est l'opérateur, le fait, mais il y aura un train des primeurs qui assurera la liaison entre Rungis et Perpignan.

17:19
Présentateur

Avec un opérateur privé ?

17:20
Christine Pirès Beaune

Avec un opérateur pas forcément privé, mais qui ne sera pas forcément, qui ne sera probablement plus, pour être très clair, fret SNCF. Ça peut être un autre opérateur, public ou privé. Je vais dire, tous ceux qui nous disent aujourd'hui le train des primeurs est sacrifié, un, c'est faux, et deux, de toute façon, il y avait un contrat qui s'arrêtait dans quelques mois. Donc, il fallait de toute façon trouver un nouvel opérateur pour ce train des primeurs. Et moi, la garantie...

17:41
Auditeur

Si c'est privé, comment vous pouvez le garantir ?

17:43
Christine Pirès Beaune

Vous savez que ce train, il est en fait assez largement subventionné. Et donc, si l'État investit dans ce train, ce train continuera à rouler et c'est l'engagement que je prends parce que vous l'avez dit, ce train, c'est un symbole, mais en plus, il entraîne un certain nombre d'autres trains de fret.

17:56
Présentateur

On va continuer. Clément Bonne, ministre des Transports, dans un instant, on va parler d'une promesse du candidat Macron, la voiture en location, la voiture électrique en location à 100 euros par mois. On va vous nous dire où on en est aujourd'hui et si elle verra bientôt le jour en France. Le fil info, tout d'abord, 8h51, Maureen Suignard.

18:11
Invité

Quelques heures encore pour remplir votre déclaration de revenu 2022 en ligne. Date butoir pour les contribuables des départements numérotés de 1 à 19. Vous avez jusqu'à 23h59 ce soir. Cette décision est une très bonne nouvelle pour la sécurité de nos concitoyens, réagit Gérald Darmanin, le ministre de l'Intérieur. Satisfait de cette décision du Conseil d'État, la juridiction estime que le décret du gouvernement qui autorise l'utilisation des drones pour surveiller les manifestations est légale. Il est par contre interdit d'enregistrer du son et d'utiliser la reconnaissance faciale.

L'homme soupçonné d'avoir tué une infirmière est grièvement blessé une secrétaire médicale lundi au CHU de Reims et mis en examen pour assassinat et tentative d'assassinat. Il est en détention provisoire, rencontre aujourd'hui entre le ministre de la Santé et les organisations syndicales pour aborder la question de la sécurité. Les termes légendaires, icônes, divas et superstars sont souvent utilisés à tort et à travers, pourtant Tina Turner les incarne tous et tant d'autres. L'hommage de Maria Carey à la chanteuse américaine naturalisée suisse. Elle est morte hier à 83 ans après une longue maladie.

19:20
Présentateur

France Info Le 8.30 France Info Salia Brakia Marc Fauvel Bonjour avec le ministre des Transports Clément Beaune. Une voiture électrique en location à 100 euros par mois c'est le système de leasing social que le gouvernement a promis de mettre en place. C'est pour quand ? C'est pour la fin d'année.

19:40
Christine Pirès Beaune

Le Président de la République l'avait confirmé au moment du mondial de l'auto. L'idée c'est que l'automne prochain, sans doute au mois de novembre, on pourra commencer à faire des réservations et que les véhicules qui seront éligibles à ce leasing social 100 euros pour les ménages les plus modestes seront disponibles à partir de l'an prochain physiquement. Combien de voitures ? Ça montera en charge progressivement parce que là aussi on a mis en place le même critère c'est-à-dire que c'est une production française et européenne qu'on veut encourager et donc ce sera sans doute en 2024 d'abord quelques milliers de véhicules. Donc ce sera peut-être la petite Zoé ?

Oui ça peut être la petite Zoé je ne vais pas faire de la publicité mais enfin ce sont des constructeurs français donc allons-y la R5 électrique par exemple c'est des productions qui montent en puissance donc il faut qu'il y ait le dispositif d'un côté et la production française et européenne de l'autre qu'on encourage aussi par tous les investissements qu'on fait notamment sur les batteries électriques. Est-ce qu'il faudra verser une somme au départ comme c'est le cas aujourd'hui pour le leasing ?

Alors il y a des paramètres qui sont encore en discussion le but c'est que ça soit très simple sur une plateforme qui soit en ligne qu'on recourt aux sociétés de leasing qui seront sans doute aidées par l'État pour aboutir à ce tarif social très favorable et qu'il y ait le moins de frais possibles à décaisser on verra exactement le mécanisme

20:44
Présentateur

Mais l'idée c'est d'éviter ce frein qui n'a pas besoin

20:46
Christine Pirès Beaune

d'engager plusieurs milliers d'euros Exactement l'idée c'est que ça soit rapidement facilement accessible aux ménages les plus modestes parce que le but c'est quoi ? C'est qu'on produise électrique qu'on mette des aides pour l'achat de véhicules électriques mais on l'a dit ça reste encore parfois assez cher et donc il y a des gens qui sont exclus du marché de l'électrique

21:01
Présentateur

et c'est pour eux qu'on fait le leasing social Mais il y a un objectif qui a été fixé on sait combien de personnes ça pourrait concerner ou pas ?

21:08
Christine Pirès Beaune

Alors sur le quinquennat on sera sans doute autour de 100 000 personnes qui seront concernées si on peut faire mieux c'est encore mieux mais c'est un objectif minimum qu'on s'est fixé progressivement sur le quinquennat

21:18
Auditeur

Clément Bonne auditionné hier par la commission d'enquête relative aux ingérences étrangères de l'Assemblée nationale Marine Le Pen s'est défendue d'être sous influence russe malgré le prêt qu'elle a contracté et qu'elle continue de rembourser à une banque russe elle assure qu'elle n'aurait jamais signé un prêt si cela l'avait engagé à quoi que ce soit avec Vladimir Poutine est-ce que vous la croyez ?

21:37
Christine Pirès Beaune

Pas vraiment parce que ce que je constate en tout cas c'est que Marine Le Pen reste le meilleur perroquet de Vladimir Poutine en France on a fermé Russia Today on a fermé Spoutnik parce que c'était devenu les organes de propagande pur et simple du Kremlin maintenant on a Télé Marine qui est un peu Télé Poutine en réalité puisque Marine Le Pen c'est quand même extraordinaire et extraordinairement grave à répéter on pensait qu'elle avait changé on pensait qu'elle se repentait d'avoir cru que M.

Poutine était un grand démocrate et qu'il avait envahi l'Ukraine quasiment à la demande des Ukrainiens elle a répété qu'elle pensait que l'invasion de la Crimée c'était un choix démocratique des Ukrainiens le référendum

22:12
Auditeur

il y a eu référendum les Ukrainiens se sont prononcés en 2014 et donc il n'y a aucune raison que la Crimée ne soit pas russe je crois qu'elle est la seule à croire

22:19
Christine Pirès Beaune

en France que c'était un vrai référendum dans des conditions démocratiques et donc Marine Le Pen en fait à chaque fois qu'on gratte on n'a pas besoin de gratter beaucoup un tout petit peu de vernis elle répète la position la propagande du Kremlin elle répète des mensonges et je pense que c'est extrêmement grave parce que la France depuis l'après-guerre tout président confondu 4ème et 5ème république a défendu le droit international les principes des Nations Unies personne ne reconnaît cette annexion et Marine Le Pen tranquillement devant l'Assemblée Nationale nous redit qu'en fait elle croit à tout ce que raconte Vladimir Poutine

22:51
Présentateur

c'est gravissime mais est-ce que vous la croyez quand elle dit qu'elle n'a pas eu d'autre choix que de se tourner vers une banque russe parce que les banques françaises européennes refusaient de lui prêter j'allais dire moi je ne suis pas dans la commission d'enquête ça ce n'est pas mon problème

23:01
Christine Pirès Beaune

ce que je constate c'est qu'en tout cas elle défend systématiquement la position russe donc je ne sais pas quel est le lien de cause à effet et peut-être qu'il n'y en a pas à la limite mais ce qui m'importe c'est de savoir que quelqu'un qui a été trois fois candidat à la présidente de la république qui semble-t-il pourrait y aspirer de nouveau dise devant le parlement français comme député de la république que toute la propagande russe est vraie et que l'invasion de la Crimée le référendum entre guillemets c'est un vrai choix démocratique qui respecte le droit international ça ne l'est pas et c'est grave

23:33
Présentateur

de dire le contraire un dernier mot sur un sujet dont on a beaucoup parlé y compris ici même ces derniers jours finalement l'obligation d'avoir une activité de 15 à 20 heures par semaine pour les allocataires du RSA ne figurera pas dans la loi travail est-ce que c'est très clairement un recul de votre part écoutez non

23:48
Christine Pirès Beaune

je ne le crois pas il y a une réforme dont on a beaucoup parlé je ne suis pas en charge de cette réforme mais on a dit il y aura du travail forcé etc c'est rien de tout ça c'est l'idée d'avoir un accompagnement de 15 à 20 heures par semaine formation réinsertion c'est ça dont il s'agit mais ce n'est pas un enterrement le fait que ce ne soit pas dans la loi du coup qui va le faire je ne sais pas quel sera le support de cette réforme je sais que cette réforme elle figure dans le programme du président de la république dans le programme qu'on a porté aux élections législatives il y a eu beaucoup de fantasmes et on a eu raison Olivier Dussopt l'a fait Elisabeth Borne l'a fait de corriger ces mauvaises perceptions et ces fantasmes et ensuite je ne sais pas dans quel véhicule et à quel moment cette réforme sera pleinement effective Clément

24:22
Présentateur

pardon Clément Borne ministre des transports était ce matin pardon Salia l'invité de France Info merci bonne journée à vous

Vols intérieurs, prix des billets de train, bonus écologique... Ce qu'il faut retenir de l'interview de Clément Beaune — Christine Pirès Beaune · Pourquijevote