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InterviewC dans l'air (sur YouTube)· 18 novembre 2024 11 minContradictoireActualité / polémiqueAgriculture & alimentationÉconomie & entreprisesEurope & internationalSolidarités & famille

Colère des agriculteurs : pourquoi ça repart ? - C dans l’air - l’invité - 18.11.2024

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 40 %Attaque 30 %Défensif 30 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:00OuverteRéponse directe

    Vous êtes à la tête d'une exploitation de 230 ha. Vous êtes à la tête d'une exploitation de 230 ha. Je vous reçois car c'est reparti. Un an après des manifestations qui avaient duré plusieurs semaines, les syndicats agricoles appellent de nouveau à la mobilisation. Des feux, de la colère un peu partout en France. Céréalière et députée européenne. Ca veut dire que vous allez y retourner?

  • 2:00OuverteRéponse directe

    Vous y étiez la dernière fois. Est-ce que cette fois-ci, vous pouvez et vous allez vous engager aux côtés des agriculteurs avec le statut particulier qui est le vôtre?

  • 4:00FerméeRéponse directe

    Vous parlez des blocages. B.Retailleau est issu de votre famille politique. Il dit qu'il refuse tout blocage qui durera dans le temps. De quel côté vous vous situez? Il a raison? Pas de blocage sur la durée?

  • 6:00RelanceRéponse directe

    Mais il avait été entendu. G.Attal avait dit: "Votre colère a été entendue 5/5." Des choses ont été faites.

  • 8:00OuverteRéponse directe

    Les agriculteurs travaillent beaucoup. Comment est-ce que le gouvernement répond à cette question? C'est lié à la grande distribution? Est-ce que c'est lié à des plans d'aide? Qu'est-ce que vous attendez?

  • 10:00OuverteRéponse directe

    Vous avez le point commun d'être contre le Mercosur.

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 1:00C.ImartFait
    « G.Attal est venu derrière sa botte de paille et a fait beaucoup d'annonces. Mais finalement, le résultat n'est pas tangible. »
  • 3:00C.ImartFait
    « Les agriculteurs n'ont pas l'intention de tout bloquer sur la durée. »
  • 5:00C.ImartChiffre
    « 1/3 des agriculteurs gagnent moins que le RSA. »
  • 6:00C.ImartChiffre
    « C'est la profession où il y a le plus haut taux de suicide. »
  • 7:00C.ImartFait
    « On a les charges les plus fortes d'Europe. »
  • 9:00C.ImartFait
    « Le gouvernement partage aussi cet avis. M.Barnier fait une pression extrêmement ferme à Bruxelles pour que l'accord ne soit pas signé. »
  • 11:00C.ImartFait
    « La France est très affaiblie en Europe. »
  • 13:00C.ImartFait
    « L'Allemagne pousse, l'Espagne pousse. beaucoup à y gagner. »
  • 15:00C.ImartFait
    « 2024 a été catastrophique pour la viticulture, les céréales, l'élevage... »

Modèle mistralai/mistral-small-3.2-24b-instruct:floor · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

france.tv access ... - C.Roux: Bonsoir.

Bienvenue. Mon invitée est C.Imart.

Vous êtes agricultrice dans le Tarn et députée européenne LR. Vous êtes à la tête d'une exploitation de 230 ha. Je vous reçois car c'est reparti.

Un an après des manifestations qui avaient duré plusieurs semaines, les syndicats agricoles appellent de nouveau à la mobilisation. Des feux, de la colère un peu partout en France. Céréalière et députée européenne.

Ca veut dire que vous allez y retourner? - C.Imart: C'est très difficile.

Aujourd'hui, il y a un sentiment de détresse très fort dans les campagnes qui a été attisé par les annonces faites. G.Attal est venu derrière sa botte de paille et a fait beaucoup d'annonces.

Mais finalement, le résultat n'est pas tangible. Il y a toujours ces mêmes problématiques qui reviennent. Il y a la problématique du revenu, de la norme... - C.Roux: On va y revenir dans le détail.

Vous y étiez la dernière fois. Est-ce que cette fois-ci, vous pouvez et vous allez vous engager aux côtés des agriculteurs avec le statut particulier qui est le vôtre? - C.Imart: Bien sûr.

Je vais leur rendre visite sur les points de blocage. C'est une évidence. Ce qu'il faut comprendre, c'est qu'il y a encore ce sentiment de détresse.

Des mobilisations peuvent reprendre et s'amplifier. Il y a un sentiment de résignation très fort. - C.Roux: Vous parlez des blocages.

B.Retailleau est issu de votre famille politique. Il dit qu'il refuse tout blocage qui durera dans le temps.

De quel côté vous vous situez? Il a raison? Pas de blocage sur la durée? - C.Imart: Les agriculteurs n'ont pas l'intention de tout bloquer sur la durée.

Il y a beaucoup de travaux dans les champs. Les feux de la colère sont des actions extrêmement symboliques. Les agriculteurs veulent se faire entendre.

On n'est pas en train de paralyser le pays, d'encercler Rungis, d'affamer la population...

Ce n'est pas le but. Le monde agricole a besoin d'allumer des feux pour être entendu et rendu visible. - C.Roux: Mais il avait été entendu.

G.Attal avait dit: "Votre colère a été entendue 5/5." Des choses ont été faites. - C.Imart: Il y a des plans, des annonces, des consultations qui ont été organisées avec les préfets, mais qu'est-ce qui a changé?

La question que se posent les agriculteurs et à laquelle ils n'ont pas eu de réponse, c'est une question existentielle. Le malaise tel qu'il est exprimé aujourd'hui, c'est: est-ce que vous voulez encore de nous? De cette question dépendent toutes les autres. - C.Roux: Qu'est-ce qu'on répond quand on est M.Barnier?

Qu'est-ce qu'il doit faire? - C.Imart: Est-ce que la France veut avoir des produits chez elle ou des exportations?

Est-ce qu'on veut importer et faire venir notre alimentation de l'extérieur? Le Mercosur, c'est l'allumette sur le baril de poudre. C'est ça qui déclenche la colère.

Les agriculteurs est la profession qui travaille le plus sur la durée de travail hebdomadaire, entre 50 et 60 heures. C'est la profession qui gagne le moins. 1/3 des agriculteurs gagnent moins que le RSA.

C'est la profession où il y a le plus haut taux de suicide. - C.Roux: Les agriculteurs travaillent beaucoup.

Comment est-ce que le gouvernement répond à cette question? C'est lié à la grande distribution? Est-ce que c'est lié à des plans d'aide?

Qu'est-ce que vous attendez? - C.Imart: La profession n'attend pas des chèques et d'avoir des mesures.

Elles sont importantes. Il faut pouvoir débloquer des fonds d'urgence quand la situation est nécessaire. Mais, fondamentalement, ce que les agriculteurs disent, c'est: est-ce qu'ils peuvent vivre de leur travail?

Le rapport de force par rapport à la grande distribution...

Il y a aussi le coût salarial. On a les charges les plus fortes d'Europe. Comment voulez-vous qu'on ne se fasse pas concurrencer par des fraises espagnoles, où le coût de la main-d'oeuvre est moins cher qu'en France?

Il y a aussi le coût de la norme. La France surtranspose des normes dans l'Europe. Cette norme a un coût, financier et moral. - C.Roux: M.-E.Leclerc a dit: "C'est de la faute des politiques." - M.-E.Leclerc: Les politiques nous ont mis les uns contre les autres.

Nous sommes très français dans nos achats, que ce soit Leclerc...

Vous me parlez souvent de ma manière de parler des autres, mais c'est positif. Nous, nous sommes partie liée avec la production française. Nous la défendons.

Sur le volet agricole de l'accord Mercosur, on trouve que c'est une ineptie que d'aller signer des contrats mal négociés et négociés sans nous. - C.Roux: Chaque année, il y a des négociations entre les industriels et les distributeurs pour discuter des prix. - C.Imart: M.-E.Leclerc qui prétend défendre les agriculteurs, c'est un peu comme si la corde prétendait soutenir le pendu.

Ce sont eux qui mettent le plus de pression sur les agriculteurs. Ils mènent les négociations d'une manière brutale. Ensuite, il dit que ce sont les politiques qui nous mettent dos à dos.

Il n'a honte de rien. La position des agriculteurs est un sujet. - C.Roux: Dans le rapport de force, ils perdent à la fin? - C.Imart: Exactement.

On ne peut pas prétendre, comme le fait M.-E.Leclerc, que la grande distribution vient à la rescousse des agriculteurs. - C.Roux: Vous avez le point commun d'être contre le Mercosur. - C.Imart: C'est une position partagée par tous les bords politiques.

Le gouvernement partage aussi cet avis. M.Barnier fait une pression extrêmement ferme à Bruxelles pour que l'accord ne soit pas signé.

C'est quand même nouveau. E.Macron a dit qu'il s'opposait à l'accord à Paris, mais il n'a pas toujours fait entendre une voix aussi claire à Bruxelles. - C.Roux: Vous êtes députée européenne.

Quand on entend que ce texte pourrait passer malgré l'opposition de la France, est-ce que ça traduit un affaiblissement de la position...

Ce serait inédit dans l'histoire européenne qu'un traité de libre-échange soit ratifié avec le désaccord de la France. - C.Imart: La France est très affaiblie en Europe.

Si, il y a encore 5 ans, E.Macron avait affirmé qu'il fallait stopper les négociations, ça aurait eu du poids. Il y a encore quelques années, ce genre de démarche aurait été impensable.

Il y a une perte d'influence française à Bruxelles. C'est le résultat de notre diplomatie catastrophique. - C.Roux: Beaucoup de pays européens poussent à ratifier ce traité de libre-échange avec les pays d'Amérique latine.

Le ministre italien de l'Agriculture rejette cet accord. C'est important parce qu'au niveau européen, il faut une minorité de blocage. On peut compter sur l'Italie? - C.Imart: On va voir.

Il faut que ça se traduise dans le vote des parlementaires. Si texte il y a, il sera soumis à l'approbation à la majorité des parlementaires. L'Allemagne pousse, l'Espagne pousse. beaucoup à y gagner. - C.Roux: Notamment l'Allemagne sur la vente de voitures. - C.Imart: L'industrie automobile est en crise, leur gouvernement est fragilisé.

Il y a des problèmes sur toutes les industries de l'Allemagne. Cet accord peut bénéficier à de nombreuses industries européennes comme la chimie, le textile...

Beaucoup de pays de poids en Europe ont beaucoup à gagner à cet accord dans un contexte où l'élection de D.Trump fait qu'on pourrait avoir des protections sur le marché des USA. La Chine prend des mesures de rétorsion qui affectent l'agriculture comme sur le cognac, le porc ou le lait. - C.Roux: Est-ce qu'il s'agit d'un coup de chaud lié au voyage d'E.Macron en Amérique latine?

Il s'agit d'un coup de chaud lié aux élections internes des syndicats agricoles? Est-ce que c'est plus grave? - C.Imart: C'est plus grave.

C'est l'histoire de la goutte d'eau et du vase. C'est ça, le Mercosur. Le malaise est profond.

Il est existentiel. On a une conjoncture... 2024 a été catastrophique pour la viticulture, les céréales, l'élevage...

Les fièvres catarrhales ovines, entre autres, ont fait que les agriculteurs qui n'ont pas vu arriver les effets des changements promis dans les corps de ferme et qui se retrouvent avec une année difficile, quand on leur dit que cet accord va aboutir à importer une agriculture qu'ils n'ont pas le droit de produire, il faut se mettre à leur place. - C.Roux: Vous voulez arrêter votre exploitation? - C.Imart: Non.

C'est comme tous les agriculteurs qui crient leur détresse dans tous les reportages. On a un lien trop charnel et émotionnel. C'est un métier passion.

Ce n'est pas quelque chose qui est envisageable pour moi d'arrêter. - C.Roux: Vous avez le sentiment d'être utile au Parlement européen? - C.Imart: Je fais tout pour.

Il y a de bons signaux dans ce début de mandat. Sur la loi sur la déforestation, grâce au PPE, on a créé une catégorie de pays dits zéro risque où on aura des obligations administratives bien moindres que quand on produit dans des pays sans risque de déforestation. Ce sont des petites batailles qui peuvent faire bouger les lignes. - C.Roux: Vous avez dit à M.Barnier qu'il fallait prendre cette colère au sérieux? - C.Imart: Il la prend au sérieux. - C.Roux: Merci d'être venue avec sincérité pour dire votre colère et votre attachement à votre exploitation céréalière.

Vous êtes aux côtés de tous ces agriculteurs qui se battent malgré votre mandat de députée européenne. On se retrouve dans un instant avec les experts de "C dans l'air".

Colère des agriculteurs : pourquoi ça repart ? - C dans l’air - l’invité - 18.11.2024 — Céline Imart · Pourquijevote