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InterviewLe Média (sur YouTube)· 3 octobre 2026 49 minComplaisantMixteSolidarités & familleInstitutions & électionsImmigration & asileTravail & emploi

"PLUS JAMAIS PS" : QUE RÉPOND OLIVIER FAURE ?

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 65 %Attaque 20 %Défensif 15 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 1:03OuverteRéponse directe

    Vous venez de remporter la présidentielle. Quelle est la première personne que tu appelles ?

  • 4:34OuverteRéponse directe

    Tes trois premières mesures si tu devenais président de la République ?

  • 5:18OuverteRéponse directe

    Comment Olivier Fort se retrouve en politique justement ?

  • 6:02OuverteRéponse directe

    Comment tu te lances vraiment en politique ?

  • 7:26OuverteRéponse directe

    C'est quoi l'idéologie de Olivier Fort ? Sur quoi tu as évolué ?

  • 9:39OuverteRéponse directe

    Comment tu expliques les critiques sur le PS et l'antiracisme ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 2:23Olivier FortChiffre
    « il faut aller très vite dans un premier temps parce qu'on sait très bien que l'état de grâce ne dure jamais très longtemps et je commencerai par revenir sur tous les grands cadeaux fiscaux qui ont été réalisés, imposer la taxe Zucman »
  • 3:07Olivier FortPromesse
    « mettre en place ce que j'ai appelé le salaire minimum, le salaire anti-inflation garantie qui est une indexation sur l'inflation pour tous les salaires en dessous du salaire médiant »
  • 3:51Olivier FortFait
    « il y a trois grandes odyssées industrielles qu'on doit conduire. Et la plus importante d'entre elles, c'est la transformation écologique »
  • 4:19Olivier FortChiffre
    « le SMIC a été augmenté de 60 % en Espagne sur les dernières années »
  • 17:47Olivier FortFait
    « il me disait la salle d'attente pour rentrer au gouvernement Macron dans sa tête à lui c'était les socialistes »
  • 19:14Olivier FortFait
    « on avait le musée des horreurs. On a réussi à empêcher que ce musée des horreurs n'intervienne un an plus tôt »
  • 31:26Olivier FortFait
    « notre ennemi irréductible c'est l'extrême droite »

Temps de parole

  • ?100 %

≈ 0,2 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Locuteur

Ça fait deux débats que je fais avec Raphaël Luxman, Jérôme Gage, Signe Royal et puis Emmanuel Morel. Et ça fait deux débats où Jérôme et Raphaël nous parlent exclusivement de Jean-Luc Mélenchon. Et moi je me dis merde en fait c'est bizarre quoi. En fait je pensais que notre problème n'était pas Jean-Luc Mélenchon mais qu'il était l'extrême droite parce que si on continue sur les sondages Jean-Luc Mélenchon et très [musique] en avance sur tout le monde à gauche mais il est loin d'être le gagnant de la présidentielle. Celle qui menace vraiment de gagner la présidentielle s'appelle Marine Le Pen.

Et donc pourquoi est-ce que on a un débat gauche gauche et qu'on a pas ce débat gauche extrême droite que tous les gens de gauche attendent ? Qu'est-ce qu'ils veulent ? Ils veulent que on y aille, qu'on cogne, qu'on dise "On va pas se laisser faire, on va démonter pièce par pièce le puzzle de l'extrême droite parce que il y a de quoi démonter hein."

1:01
Non speech

[musique]

1:03
Locuteur

Bonjour à toutes et à tous. Le média va vous faire vivre cette campagne présidentielle sur notre fauteuil. On proposera à tous les candidats et candidates de venir chez nous. en appliquant un cordon sanitaire strict avec l'extrême droite, c'est la droite radicalisée. Pour nous aider à maintenir ce combat, devenez un abonné mensuel sur capsurdk.v.fr. Aujourd'hui, je reçois un candidat à la primaire PS publique et pas des moindres car c'est le patron du Parti socialiste lui-même Olivier Fort qui est sur le fauteuil du média. Bienvenue Olivier. Bonjour. Comment ça va ? Bah bien. Pour commencer, on va faire des petites questions pour se mettre pour se mettre à l'aise.

Vous venez de remporter la présidentielle. Quelle est la première personne que tu appelles ? Ma mère. Ma mère. parce que d'abord c'est ma mère, ça se tient, ça se tient. Ensuite parce que au début de de mon engagement politique, elle m'a dit "Mais Olivier, pourquoi tu fais de la politique ? Pourquoi tu veux faire de la politique alors que tu n'es pas français ?" Ma mère vietnamienne d'origine puisqu'elle est devenue française par mariage et pour elle, il y avait quelque chose d'inimaginable. On ne pouvait pas élire un aurasien.

Et et évidemment si euh les Français me faisaient l'honneur, le bonheur d'être leur président de la République, la première personne que j'appellerai c'est elle et pour lui dire que justement la France est aussi un grand pays parce qu'il sait accueillir et que on est français non pas parce qu'on a des origines qui plongeraient jusqu'à Clovis, mais parce que on a adhéré à des valeurs qui sont celles de la République. tes trois premières mesures si tu devenais président de la République ?

Il y en a beaucoup mais je pense que il faut aller très vite dans un premier temps parce qu'on sait très bien que l'état de grâce ne dure jamais très longtemps et je commencerai par revenir sur tous les grands cadeaux fiscaux qui ont été réalisés, imposer la taxe Zucman faire en sorte que nous puissions retrouver des marges de manœuvre pour amorcer la transformation écologique. Moi, je je pense qu' alors il y a plein de choses à faire.

Bien sûr que parmi les premières décisions, augmenter le SMIC, faire en sorte de convoquer une conférence salariale, imposer l'idée que désormais pour 1 € de dividende distribueuse actionnaires, il y a 1 € de distribué aussi pour les salariés et puis mettre en place ce que j'ai appelé le salaire minimum, le salaire anti-inflation garantie qui est une indexation sur l'inflation pour tous les salaires en dessous du salaire médiant. Et donc aller vite pour que les Français reprennent confiance.

Allez vite pour éviter que toutes celles et ceux qui ont envie de contester l'arrivée de la gauche au pouvoir n'it eu le temps de réagir et aller très vite pour mettre en place aussi les grandes odyssées que je veux mettre en place. Alors au-delà de tout ce qu'on doit faire sur le pouvoir de l'achat à l'école, la justice, l'éduc enfin il y a plein de sujets mais pour moi, il y a trois grandes odyssées industrielles qu'on doit conduire. Et la plus importante d'entre elles, c'est la transformation écologique. Et donc, comment est-ce qu'on fait pour amorcer tout de suite un virage qui permette d'opérer cette bifurcation qu'on attend tous et qui ne peut pas prendre de retard ?

Et ta première visite d'État en Espagne ? En Espagne ? En général tout le monde répond en Allemagne mais non moi j'irai en Espagne parce que j'irai voir mon ami Sanchez et parce qu'il est pour moi celui qui a été dans cette période à la fois l'honneur de l'Europe et en même temps qui a montré qu'une autre politique est possible et qui a fait la démonstration que ce n'est pas le ruissellement qui conduit à l'enrichissement collectif mais au contraire une politique de relance. Il faut rappeler que le SMIC a été augmenté de 60 % en Espagne sur les dernières années.

Alors pas en 2 jours, mais il a montré que en fait c'était la consommation populaire qui tirait l'économie vers le haut et non pas l'inverse. On va revenir à à aux questions plus classiques du fauteuil. Tu parlais tout à l'heure de de ta mère et de et de son ton engagement en politique. Comment Olivier Fort se retrouve en politique justement ? C'est quoi le c'est quoi la chose qui t'a politisé quand dans ta jeunesse et qui t'a dit c'est ça que je veux faire ? Bon, c'est vraiment l'antiracisme. Je suis de cette génération qui a porté la main jaune de touche pas à mon pote parce que c'était ce que j'avais vécu dans mon enfance.

Alors aujourd'hui, ça paraît curieux de le dire parce que personne ne s'imagine un Olivier fort attaqué à l'école, traité de bol de riz et cetera parce que j'étais très typé et que progressivement en fait ça s'est estompé. Donc personne ne fait même référence à mes origines. J'ai une amie qui fait la vane de dire que Olivier FR est le seul candidat racisé à la présidentielle. C'est c'est parce que ça c'est difficile à imaginer effectivement. Mais du coup c'est assez difficile à imaginer, je le conçois. Mais si euh j'avais amené des photos de moi petit, tout le monde aurait compris que c'était absolument évident.

Moi qui a des cousins à côté de mon père qui sont blonds aux yeux bleus, quand j'arrivais en vacances avec eux, il y avait un côté canard noir quand même. Je disais tiens, il y en a un, il correspond pas à l'ensemble. Et donc oui, j'en ai souffert et ça a été c'est violent l'enfance. Euh et il y a quelques semaines, j'ai été interrogé sur à nouveau les mamans accompagnatrices à l'école qui portent le foulard. Alors, il y a toutes les questions là, est-ce qu'ils sont des une prolongation du service public ou quel cas l'obligation de laïcité s'impose à ses femmes et cetera ?

Moi, ce dont je me souviens, c'est que petit, quand ma mère venait me chercher à l'école et que les enfants disaient "Salle chinoise, ça m'a meurtré." Et je sais aussi que les enfants aujourd'hui issus de l'immigration maghrébine pour l'essentiel ou d'Afrique et qui sont musulmans, quand on rejette leur mère, j'imagine la douleur que ça représente. C'est la première fois où on comprend que au fond, on n'est pas regardé comme un français comme les autres. Et moi, je veux que tous les enfants de France sachent qu'ils sont français comme les autres. Et dans ton parcours, c'est quoi le premier moment où tu te lances vraiment en politique ?

J'avais 16 ans et demi parce que le demi compte à cet âge là. C'est le moment où je vois la droite revenir au pouvoir. C'est les années vivement demain, les années Chirak. Et donc là, je me dis bon, faut que j'y aille. Alors, j'étais dans un lycée où il y avait h beaucoup de communistes, beaucoup de gens ouvrière qui venaient catéchiser à la sortie de du lycée. Mais euh il y avait quelque chose qui me retenait. Et puis il se trouve que j'ai une amie qui me dit un jour écoute euh je suis socialiste, viens chez les JS, tu verras et puis si ça te plaît pas, tu repars. J'ai trouvé ça tellement folk clos en fait. s'appelait chat camarade.

Alors là, je trouvais ça quand même ça un côté très engageant. Et puis après, il y avait des courriers qu'on recevait à la maison. Il y avait marqué amitié socialiste. Al là, ça j'ai trouvé ça génial. Je me suis dit écoute, voilà en fait un endroit charmant. J'ai compris plus tard que amitié socialiste, ça voulait parfois dire pas grand-chose. [rires] En ce moment, oui, c'est c'est il y a pas beaucoup d'amitié.

Malgré tout en fait je reste attaché à cette famille parce que c'est aussi une très grande famille politique celle qui a accueilli dans ses ranges auor blom mitangin et pour moi c'est la famille qui a donné un déboucher politique à un mouvement social bien sûr les socialistes ne sont pas seuls responsables de ce qui s'est passé de toutes les grandes avancées toutes les grandes conquêtes sociales dans ce pays mais ils ont toujours permis à un moment de donner ce déboucher politique dont nous avions besoin et c'est quoi l'idéologie de Olivier Fort. Sur quoi tu as évolué, sur quoi tu es resté le même depuis depuis cette période ? Bon, les grandes constantes, c'est que je suis resté socialiste.

Moi, je suis pas social libéral. Je suis pas euh voilà, c'est ce qui me définit, c'est ce qui définissait Léon Bloom, c'est le refus d'ordre des choses, la volonté d'aller se battre tant qu'il subsistera, inégalité, discrimination, injustice. Et donc ça c'est la grande constante. Après ce qui a changé dans mon engagement, c'est peut-être une meilleure compréhension de ce qu'était aussi les discriminations, de comprendre ce que vivaient les autres. C'est toujours difficile de se mettre à la place des autres.

Je vois toujours des gens qui m'a mis y compris chez moi au Parti socialiste disent "Mais nous on est universaliste et quand on a dit ça, on a tout dit." Et donc on s'imagine que bon, puisqu'on a décidé que les droits étaient les mêmes pour tous, ça s'applique à tous. La vérité, c'est que dans tous les domaines, qu'il s'agisse de la santé, qu'il s'agisse de l'école, qu'il s'agisse du logement, qu'il s'agisse de l'éducation, cette réalitéélà, elle est souvent contredite par la réalité. Il y a beaucoup de gens pour qui la promesse républicaine est une promesse qui a été faite à d'autres mais pas à eux.

Et donc arriver à un moment à saisir ce que sont ce que vivent nos concitoyens notamment racisés, et bien ça fait évoluer aussi. Et donc quand on a des gens qui subissent, y compris une forme d'intersectionnalité et qui sont au croisement de plusieurs discriminations et qu'on ne comprend pas ce cumule, mais je pense que d'un côté de la plaque, moi je me rappelle un truc tout bête en fait Rokaya Dialo un jour qui dit "Vous rendez compte que les pensements sont tous faibles pour des blancs.

Ça ne m'était jamais apparu, c'est une évidence mais et c'est vrai que il y avait pas de pas de pensement qui sont faits pour des gens qui ont pigmentation et alors ça peut paraître dérisoire pour des gens qui mais enfin c'est une façon de vivre tous les jours le fait que au fond on n jamais complètement à sa place, qu'on est jamais complètement chez soi. Et donc ben voilà, il faut que ça change. Faut que alors pas seulement les pensements c'est quand on en sera là, ce sera qu'on aura réussi beaucoup d'autres choses. Mais euh comprendre entendre comprendre entendre aussi ce qu'est euh ce qu'a colonisation et la décolonisation.

Évidemment, ça paraît loin pour des gens qui aujourd'hui ont 20 ans. La colonisation, c'est la préhistoire. Mais dans les familles où la colonisation a marqué, c'est quelque chose d'important. Je suis d'une famille où on a d'abord été colonisé puis décolonisé.

Mon grand-père était Vietmin et je suis l'auteur d'une proposition noi qui va, je l'espère, être votée bientôt au Sénat euh qui permet de reconnaître au réfugi d'Indochine euh enfin euh le fait que la France a été d'une indignité totale avec ses réfugiés qui étaient en fait essentiellement des femmes des femmes de militaires, des femmes de gens qui étaient dans l'administration coloniale qui étaient devenu les arquis du Vietnam et qu'on a fait vivre dans des camps avec ce qu'on a appelé l'arrêté morlot qui leur interdisait jusqu'à la possession d'un téléviseur, d'un frigidaire, d'une machine à laver, d'une voiture sous menace d'expulsion.

Et cette histoire-là a duré pour certains jusqu'en 81. Ils est arrivé en 56. J'ai rencontré les enfants, les petits-enfants de ces mamans. Et franchement cette histoire, elle marque dans la chair et j'avais à cœur ensuite donc de faire reconnaître ce qu'a indignité et de permettre à cela comme au arquis avec la loi de 2022 et bien le fait que la France est parfois mauvaise mère. Et pour aimer la France, il a pas besoin de traverser de traverser son histoire. Euh c'est pour aimer un pays, il faut en accepter les zones d'ombre comme les zones de lumière.

et la France est à la fois un très grand pays qui a offert au monde cette déclaration des droits de l'homme et du citoyen, mais elle a été aussi celle qui après la révolution sous l'empire a rétabli l'esclavage puis il a à nouveau aboli et puis qui a été un pays colonisateur qui a construit un empire puis qui a été capable aussi de donner leur indépendance ou en tout cas d'accepter l'indépendance parce qu'ils l'ont pas vraiment donné mais euh voilà et Donc mais cette histoire là, elle mérite d'être connue, que chacun puisse retrouver sa part et que nous puissions vivre ensemble.

C'est la raison pour laquelle j'ai proposé dans un livre récent que je viens de publier qui s'appelle la loi du plus juste qu'il y ait ce que les Canadiens ont fait par exemple, c'estàdire des des pris des communautés autochtones. Alors oui et avec des groupes qu'on appelle vérité réconciliation et qui permettent justement que la parole circule. et qu'à un moment l'histoire commune soit comprise, acceptée, intégrée et que chacun a le sentiment d'avoir été rétabli dans sa vérité, dans son histoire. Tu en as parlé toi-même de l'universalisme et de ton évolution sur les questions antiracistes.

Il y a une partie de la de la gauche radicale de des militants de gauche qui ont du mal à faire confiance au Parti socialistes étant donné le bilan de France Hollande mais pas que. Il y a il y a cette vision que le PS est est en retard sur les questions antiracistes, qu'il est pas assez engagé sur les violences policières ou même sur la sur les questions décoloniales aussi. Est-ce que vous êtes conscient de ces critiques là au parti ? Est-ce comment vous répondez à ça collectivement ? Mais moi, j'en suis conscient et pas que moi d'ailleurs, y compris puisque tu viens d'évoquer les violences policières.

Euh nous avons nous-mêmes fait un mand honorable sur la loi Casneuve puisque avec Roger Vico, nous avons complètement euh travaillé sur d'abord ce qui était donc la loi de 2017 et réécrit enfin en tout cas proposer une nouvelle version de cette loi. Nous nous sommes battus évidemment contre la présomption de légitime défense votée par la droite et par l'extrême droite. Et donc il y a enfin le Parti socialiste, c'est pas un bloc, c'est pas une secte, c'est un parti très démocratique et donc on est en permanence y compris à la recherche de ce que sont nos propres erreurs.

Quand je suis devenu premier secrétaire, j'ai fait l'inventaire du Kquen Hollande ou mais je comprends parfaitement que cette question de la confiance soit une question centrale. J'y reviens parce que il me semble que ce que nous avons perdu entre 2012 et 2017, c'est précisément la confiance parce que les gens avaient le sentiment qu'ils nous avaient élu pour une certaine politique et qu'ils avaient eu le sentiment d'avoir été trahis notamment sur la question de la déchance de nationalité ou sur la loi Elcomi. Je rappelle que sur ces deux points-là, pour ma part, je me suis battu contre la déchance des nationalités. Je me suis battu contre la loyal commerie, bien que dans la majorité.

Et euh donc euh la confiance, elle euh se gagne dans un premier temps, j'ai envie de dire, sur une poignée de main. On se rencontre et dans un regard, on échange et on se dit finalement oui, je suis prêt à lui faire confiance. Et voilà. Mais quand la confiance est trahie, c'est très très long de la retrouver. On l'a tous vécu en amitié, en amour, professionnellement et cetera. Et c'est très difficile de recréer cette confiance aujourd'hui. Je vois bien, il y a des manifes où il y a des gens qui sont venus qui pour m'insulter, pour me dire sale traître et cetera et à chaque fois, j'essayé d'entamer le dialogue et d'essayer de comprendre.

Et je me rappelle de d'un épisode où il y avait un militant, je pense de la CGT, qui était bradé de badge et qui m'insulte copieusement et cetera. Et je dis "Mais pourquoi tu m'en veux à ce point ?" Il me dit "Oui, parce que Ferrand Castaner du SOP mais là tu parles à quelqu'un qui justement a fait le choix de ne pas partir avec Macron." Et au fond, j'ai bien compris ce qu'il me disait. Il me disait la salle d'attente pour rentrer au gouvernement Macron dans sa tête à lui c'était les socialistes. H et donc il y avait cette idée que au fond on éétait pas fiable.

Et ce que j'essayé de faire depuis 8 ans, c'est de montrer justement cette fiabilité d'être toujours au même endroit, toujours défendre les mêmes causes et ne pas trahir les engagements que nous avons pris. Je prends l'exemple des retraites. Je ne comprends pas ceux qui disent aujourd'hui qu'ils ne seront pas conformes à ce que nous avons défendu ensemble dans la rue et donc ça suppose évidemment une abrogation sèche de la réforme borne. Mais eu cette période aussi sur les motions de censure où ce qui a été reproché au PS c'était de pas avoir voté toutes les motions de censure.

Évidemment, vous en avez voté plusieurs, mais il y avait il y avait cette il y avait cette période où il y avait une forme de négociation avec un un pacte de non censure avec le gouvernement qui vous a été reproché au groupes parlementaires et au parti. Il y a pas eu de pacte mais je comprends le désaccord. C'est toujours plus simple d'être dans une forme de pureté en disant moi je censure tout. Le problème c'est que on avait censuré Barnier, on avait censuré Beirou, on se retrouvait avec un le cornu qui avait lui-même démissionné puis qui était revenu. Et donc la question était de savoir qu'est-ce qu'on fait à ce moment-là ? Censurer, faire tomber le gouvernement.

Mais pourquoi faire en fait si c'est pour retrouver un le cornu 3, le cornu 4, un le cornu 5 et donc il fallait chercher au contraire à accrocher ce que nous pouvions accrocher. À l'époque le projet de budget était d'ailleurs assez proche de celui qu'on va revoir revenir cette fois-ci cette année. On a donc gagné un répi mais c'était quoi ? C'était on désindexait les retraites. On faisait rentrer dans l'impôt sur le revenu des gens qui n'y étaient pas. On touchait à l'abattement pour les retraiter. On faisait en fait l'augmentation du forfait hospitalier de la franchise des franchises médical. Euh on avait le musée des horreurs.

On a réussi à empêcher que ce musée des horreurs n'intervienne un an plus tôt. On voit bien qu'aujourd'hui il revient et on a obtenu non pas l'abrogation de la réforme des retraites, ce que moi j'aurais souhaité, mais sa suspension. Euh donc tout ça maintenant est remis au prochain président de la République. Soit bah la suspension est suspendue et donc la réforme borne repart, soit on a un président de la République de gauche et qui abroge la réforme borne. On a obtenu le repas à 1 € pour les étudiants. On a obtenu le fait qu'on augmente significativement la prime d'activité. Est-ce que c'était suffisant ? Bon, le débat existe et je le comprends parfaitement.

Moi-même, ça ne me satisfait pas pleinement. Mais euh je ne voulais pas qu'on rajoute du chaos à un moment où en réalité on aurait installé en fait une récession dans le pays. Et donc il y avait une part de il y avait un un risque politique à le faire mais il y avait aussi une responsabilité vis-à-vis de ceux qui sont bah les plus modestes qui auraient pris de plein fouet cette censure sans qu'on ait aucune assurance de rien sur la suite. On va parler un peu du PS parce que on reçoit quand même le premier secrétaire. Donc c'est quoi le diriger le PS au quotidien ? Comment ça est-ce que ça impacte tes propositions politiques ?

Est-ce que tu penses euh des fois atténuer ou dire ça euh pour euh pour que les courants ne se battent pas et ne se et ne créent pas une de ne te mettent pas une pression supplémentaire ? Comment tu le vis au quotidien ? quoi que je fasse, j'ai l'impression hein, [rires] quoi que je dise, mais euh bah c'est un c'est un parti démocratique et donc c'est un parti très vivant avec des motions, avec des courants, avec bon ça charme, ça ses limites aussi. Euh je préférais parfois que chacun euh s'en tienne à une forme de responsabilité collective, que le fait majoritaire soit davantage respecté.

Mais c'est ainsi et je ne m'imagine pas dans un autre parti parce que au fond, c'est aussi la garantie pour chacun de pouvoir continuer à exprimer sa propre vision. Et qu'on le veuille ou non, la gauche, elle a gagné à quel moment ? Elle a gagné quand il y avait un très grand parti socialiste. Ce parti socialiste, il rassemblait en son sein sur l'aile gauche à l'époque Julien Dra. Bon, ce serait difficile de classer à l'aile gauche aujourd'hui, mais euh Jean-Luc Mélenchon, Gérard Philoch et puis sur l'aile plus à droite, Dominique Stroscan.

Et c'était c'était ce grand parti qui savait rassembler des gens très différents mais qui pouvait partager ensemble une vision commune minimale qui a permis à la gauche de l'emprunter à plusieurs reprises et donc de faire rentrer dans les faits toute une série de mesures qui ont profité ensuite à nous tous à la fois sur le plan social comme sur le plan sociétal. Mais dans ton discours, est-ce que ça t'impacte de te est-ce que tu te dis je vais pas dire ça parce que ça pourrait ça pourrait mettre en rogne ce courant ou ça pourrait Est-ce que ça tu tuas tu as une cette pression dont tu parlais ? Est-ce qu'elle te force à à atténuer ton discours ?

Parfois oui parce que je suis premier secrétaire et donc je suis tenu quand même à au respect des décisions qui sont prises collectivement et donc parfois je me mors les joues mais mais bon pour l'essentiel je me retrouve quand même dans ce que nous avons fait depuis 8 ans et là parce que je suis candidat à l'élection primaire je m'autorise davantage de liberté puisque là je ne suis plus là comme le premier des socialistes mais comme l'un des cinq candidats à cette primaire.

Donc je rappelle que elle a lieu donc le vote a lieu les 9 et 10 octobre mais qu'on peut s'inscrire jusqu'au 5 octobre minuit et donc c'est 10 € ou 15 € c'est défiscalisé ce qui revient à dire que à la fin ça coûte 5 € mais bon je sais que c'est encore un barrage. Moi je voulais une primaire à 2 € je n'ai pas été suivi. Les amis de Raphaël Gluxman ont préféré cette sélection à l'entrée. Ce qui malheureusement dit quelque chose aussi de nous. C'est ce que j'allais dire. Pourquoi selon toi ? Ben, j'en sais rien.

Enfin, si je enfin je crains de le savoir, mais moi je trouvais qu'il y avait à la fois une aberration à dire queon on est à l'euro prêt pour les étudiants et en même temps on leur dit bah si vous venez ça va être beaucoup plus cher et puis parce que ça dit quelque chose de nous en fait qui on veut rassembler. Et moi, je veux un parti populaire. Je veux un parti qui sache renouer avec le monde ouvrier qui ne soit pas un parti élitaire, un parti qui se complaé urbaines. Euh je vis euh dans la grande banlieu puisque je suis en fait non pas au fin fond comme parfois j'en entends dire mais je suis à 45 km de Paris. et aussi proche de Paris que de Lyon.

Et donc euh voilà, moi je je c'est pour ça que je me suis engagé dans la vie politique aussi. Je viens d'un quartier populaire, un quartier des Blossières à Orléan euh qui est un quartier ouvrier, ouvrier Michelin essentiellement et toute ma vie, je me suis toujours rappelé à la fois d'où je venais, qui j'étais et pour qui j'avais envie de me battre. Et donc euh euh j'ai pas envie de devenir un autre bloc central. La primaire tu en parlais justement, c'est c'est dans quelques jours. Euh c'est le bon format pour toi pour la gauche cette cette primaire.

Certains disent que ça que ça c'est une machine à perdre étant donné que vous échangez beaucoup de coûts et que ça ça vous vous affaiblissez mutuellement avant d'aller euh avant d'aller euh au combat des autres candidats. Bah c'est parfois le meilleur, parfois le pire. Ça dépend. En fait, Hollande a gagné après une primaire et donc c'est pas ça veut pas dire qu'à chaque fois qu'on gagne une primaire, on gagne une présidentielle. Benoît Amont malheureusement le sait aussi, mais c'est un moyen de à un moment déterminer démocratiquement qui est le candidat. Moi, je souhaitais que cette primaire soit beaucoup plus large.

Mais bon, c'est là aussi je n'ai pas eu gain de cause parce que c'était le même vote que sur les 2 €. Mais euh c'est malgré tout un moyen démocratique et moi je crois qu'on a rien à craindre de la démocratie, que c'est important de euh donner ce choix dans un moment où les partis politiques sont quand même largement déconsidérés, il y a beaucoup de défiance et où il n'y a jamais eu en France de parti de masse. Euh c'est contrairement aux vrais partis socio-démocrates parce que social-démocrate en France on entend euh social-démrate égal euh social libéral, pas du tout.

Les socio-démocrates euh nordiques euh ou même allemand, c'était en fait euh la connexion entre le monde syndical et le monde politique. Les travaillistes, socio-démocrates ont toujours fonctionné. D'ailleurs, pour élire le patron des travaillistes britanniques ou des socialistes allemands ou suédois, et bien les syndicalistes votent. Et donc on a là un ancrage qui est beaucoup plus puissant que nous n'avons jamais eu en France.

C'est donc c'est la raison pour laquelle après la charte d'Amien et bien la la disjonction entre le monde syndical et le monde politique a créé des partis politiques qui sont des partis politiques qui sont non pas déconnectés mais qui ne se sont jamais totalement appuyés sur le monde syndical et qui n'ont jamais eu ce caractère massif que pouvait apporter la présence dans les usines, la présence dans les entreprises, la présence dans les ateliers et donc forcément Bah, il faut aller chercher la légitimité ailleurs.

Cette légitimité, on la trouve dans un scrutin qui réunit non pas 20000 300 personnes, mais davantage et donc c'est pour ça que la primaire n'est certainement pas la panassée, mais elle a un moyen de déterminer quand même malgré tout démocratiquement qui nous représente. Je j'étais en train de me dire c'est quand la dernière fois que tu as fait 40 minutes d'interview sur quand tu parle de Jean-Luc Mélenchon. Je crois que c'est le moment là. [grognement] C'est moment. [rires] Voilà. C'est c'est quoi vos principaux clivages entre les candidats à la à la primaire ?

Parce que j'ai l'impression qu'en regardant les débats que l'argumentaire utilisé par Jérôme Gued et Raphaël Gluxman contre toi, c'est il va nous mettre dans une union avec Jean-Luc Mélenchon, c'est on a l'impression que tu es quasiment un insoumis de de de cacher au Parti socialiste. C'est quoi qui vous sépare concrètement ? Mais moi je [soupir] je ne comprends même pas que des gens puissent se définir exclusivement en disant ce qu'ils ne sont pas. Passer sa vie à dire je ne suis pas Jean-Luc Mélenchon. Bah où ça se voit où ça se voit pas. Je ne suis pas Jean-Luc Mélenchon et j'ai pas besoin de le répéter tous les jours.

D'ailleurs, je suis candidat à une primaire pour être candidat à l'élection présidentielle. Jean-Luc Mélenchon, il candidat la présidentielle lui-même. Donc ce là, en fait, je ne vois même pas pourquoi on se parle en permanence de Jean-Luc Mélenchon, ce qui a pour effet d'ailleurs de le ravir parce que je l'imagine devant son poste de télévision avec ses pop-corn en se disant "Ah ouais, il parle de moi, on est dans une prière un socialiste mais enfin c'est moi le héros de l'histoire. Quelle aberration ! Donc ben moi je préfère que Jean Mélenchon ne mange pas de pop-corn, ça va le faire grossir.

Et donc il faut [grognement] que il prenne soin de sa santé et pour ça je pense qu'il faut moins parler de lui et plus parler de nous. Je me souviens d'une campagne pas si lointaine en 2022 où la candidate socialiste a pendant 6 mois expliqué qu'elle n'était pas la gauche Venezuela, Sijingping, Poutine et cetera. Le résultat c'est qu'elle a fini à 1,7 et Jean-Luc Mélenchon à 22. Et bien je pense que quand on a un peu envie de tirer les leçons de l'expérience, il faut le faire jusqu'au bout. Et je vois pas l'intérêt, voilà, quand on sait ce qu'on est, on n pas besoin de dire ce qu'on est pas.

Bon, ça sera la dernière question sur sur Jean-Luc Mélenchon, mais l'ambiance, elle est quand même articulée autour d'une criminalisation de la France insoumise hier, enfin au moment où on tourne, hier Bruno Ro a même proposé de d'interdire la France insoumise. Certains au à la droite de du Parti socialiste essa de mettre un trait d'égalité entre le RN et la France insoumise. Qu'est-ce que tu penses de ça et comment tu réagis à à cette à cette ambiance envers lai ? Mais moi, j'étais frappé qu'hier par exemple il ne soit pas capable de dire que notre ennemi irréductible c'est l'extrême droite.

Oui, c'était un moment assez bizarre plus que bizarre en fait euh ne pas réussir à dire oui en fait jamais jamais je ne laisserai l'extrême droite l'emporter comme s'il y avait pas de claire conscience de ce que l'extrême droite pouvait produire comme dégâts dans les vies de millions de nos concitoyens.

même peut-être tous en réalité et donc avoir cette espèce de volonté de mais parce que je crois que tout simplement ils se sont définis comme la gauche antiélfie et que comme ça les porte et comme il y a des gens qui sont totalement allergiques à la France insoumise et qui considèrent effectivement que il y a les extrêmes de et donc ils pensent que c'est leur rente de situation et qu'ils vont pouvoir grâce à cela s'imposer dans la primaire peut-être est-ce le cas, on verra bien. Sais rien, c'est leur paris. Mais moi, mon paris c'est pas ça.

Mon paris, c'est de gagner la présidentielle et je ne vois pas l'intérêt de dire à des gens qui aujourd'hui dans les sondages en tout cas disent "Je voterai Jean-Luc Mélenchon, vous êtes des gros cons parce que en fait comment est-ce qu'on veut gagner face à Marine Le Pen Il y a un premier tour puis un deuxième tour après.

Et au deuxième tour, on dira "Eh les gars, là maintenant je vous ai beaucoup insulté mais quand même il faut venir voter pour moi au second tour." Mais moi je crains qu'il y a des gens qui se disent bah au fond si on a été traité d'ant de méchant de tout et cetera, on va pas forcément on va pas avoir envie de venir au secours de quelqu'un dont on pense que or nous avons besoin face à Marine Le Pen qui est la grande favorite de cette élection indépendamment de ce qu'on apprend sur Jordan Bardelin donc on verra si ça a un effet ou pas sur les électeurs mais en tout cas il faut qu'on mobilise le plus largement possible au second tour pour éviter cette catastrophe qui serait une catastrophe pour la France, pour l'Europe et je le dis aussi même pour le monde.

Imaginez que la patrie des droits de l'homme devient un pays où Marine Le Pen a été élue à 55 60 % 70 %. Mais quelle horreur ! En fait, c'est le 21 avril 2002 à l'envers avec la vengeance de la du père par la fille et l'idée que cette France, notre France a basculé dans une forme de de préfascisme. Et donc on est là avec cette responsabilité et donc on ne peut pas au prétexte d'une primaire et bien être dans une forme de euh de débat gauche gauche. Enfin, faut quand même, ça fait deux débats que je fais avec Raphaël Luxman, Jérôme Gage, Signe Royal et puis Emmanuel Morel.

Et ça fait deux débats où bah en fait on nous parle enfin il nous parle Jérôme et Raphaël nous parle exclusivement de Jean-Luc Mélenchon et moi je me dis merde en fait c'est bizarre quoi en fait je pensais que notre problème n'était pas Jean-Luc Mélenchon mais qu'il était l'extrême droite parce que si on continue sur les sondages Jean-Luc Mélenchon et c'est très en avance sur tout le monde à gauche dans les sondages mais il est loin d'être le gagnant de la présidentielle Celle qui men de gagner la présidentielle s'appelle Marine Le Pen. Et donc pourquoi est-ce que on a un débat gauche gauche et qu'on a pas ce débat gauche extrême droite que tous les gens de gauche attendent ?

Qu'est-ce qu'ils veulent ? Ils veulent que on y aille, qu'on cogne, qu'on dise "On va pas se laisser faire, on va démonter pièce par pièce le puzzle de l'extrême droite parce que il y a de quoi démonter hein." Oui. D'ailleurs quelqu'un qui l'a compris un peu stratégiquement, c'est Fabien Rousell qui en 2022 avait une ligne un peu anti insoumis. Enfin, du moins, il faisait beaucoup de de punchline envers Jean-Luc Mélenchon. Et sur cette campagne là, il est il est sur une stratégie plus offensive sur le RN, sur le capital et cetera. Mais là là pour le coup ce que tu décris, j'ai l'impression que l'effet que ça fait c'est pas que ça diabolise JCon, c'est que ça dédiabolise Marine Le Pen.

La théorie des deux extrêmes, c'est à la fin normaliser un peu Marine Le Pen. Oui. Euh, en fait, euh, on vit une espèce d'inversion. Hm. Euh, historiquement, euh politiquement, le cordon sanitaire, c'était la ceinture autour de l'extrême droite parce que on sait ce qu'elle est et on sait ce qu'elle a fait. On dit "On les a jamais essayé, mais si on les a déjà essayé et les révélations de média partent sur Jordan de Bardella montrent que en plus au-delà de la dissimulation, ils n'ont pas changé. leur écosystème, c'est un écosystème qui est matricé par Soral, par tous les révisionnistes, par les racistes, les antisémites.

Bref, il y a là une forme d'abration à donner finalement le point en permanence à l'extrême droite et à vouloir diaboliser la gauche radicale. Sans doute, il y a-t-il des antisémites au sein de la gauche radicale ? Il y en a toujours eu en France dans toutes les familles politiques.

hélasse, mais de là à penser que il y aurait demain une menace directe qui serait produite par la phase insoumise sur enfin je je lis les programmes, je vois ce qu'est le programme de l'extrême droite, je vois à quel point l'extrême droite a prévu de mettre en place la préférence nationale qu'elle serait en fait dans un dès les premiers jours à vouloir même réformer la Constitution pour pouvoir s'autoriser tout ce qu'elle ne peut pas faire aujourd'hui, qu'elle veut réduire même supprimer l'aide médicale d'État.

Euh tout ça c'est pas de la fiction, c'est écrit, c'est assumer euh ce qu'ils écrivent sur les binationaux, c'est écrit, c'est assumer ce qu'ils écrivent sur euh y compris leur volonté de ne jamais s'en prendre aux très grandes fortunes, mais d'aller chercher l'argent sur les services publics. C'est écrit. Donc il y a pas de a on pourra pas dire qu'on savait pas. Et donc la menace, elle est là et donc il faut que évidemment on traite la menace. On parle rarement d'actualité dans le fauteuil, mais là difficile de pas le faire. Hier, il y a eu près de 2000 interpellations de dans le cadre des mobilisations des lycéens et des étudiants.

On a vu des images de violence policière terrible sur sur des sur des enfants, sur des sur des sur des mineurs. C'est quoi la solution pour sortir de cette crise et comment on lutte concrètement contre les violences policières qui à chaque mobilisation sociale se répète ? Ils n'ont rien appris. Quand la jeunesse lycéenne se mobilise, on lui envoie le ministre de l'éducation, on lui envoie pas le ministre de l'intérieur. Avoir attendu 10 jours pour enfin accéder à une demande simple. Rencontrer les syndicats lycéens, rencontrer les parents d'élèves, rencontrer les syndicats enseignants. J'ai rencontré moi-même hier les étudiants, enfin les lycéens dans ma circonscription.

J'ai ensuite rencontré le président de l'Union syndicale lycéenne. On a là des gens qui attendent du pouvoir politique qui les entendent. Quand on a des classes qui sont à plus de 30 élèves, quand il manque le prof de philo pendant 6 mois, quand il manque le prof de math pendant 3 mois, quand il manque toute une série d'enseignants qui ne sont pas remplacés, quand le plafond s'écroule, quand les toilettes des WC ne ferment plus, quand on a en fait le sentiment de ne pas être traité à égalité selon qu'on est à Henri I ou dans ma circonscription à Moiss Cramael.

au ma à sa vigil temple à lieu saint ou ailleurs et bien il faut entendre c'est simple et donc ce que j'ai dit dans le débat c'est que si demain j'étais président de la République je ne serai pas celui qui envoie la cavalerie contre les lycéens mais celui qui les accueille à l'Élysée comme on accueillerait le plus grand des souverains. Parce que quand l'avenir frappe à votre porte, on n'accueille pas avec une matraque. Et ça, ça devrait être une règle constante. Je suis de la génération qui a manifesté en 86 et qui a vu la mort de Malik Kusekin et j'étais ensuite me recueillir sur son sur sa tombe au père La chaise.

C'était le drame d'une génération, se dire que on pouvait manifester pour nos droits et se retrouver confronté à la brigade des Voltigeurs et perdre la vie alors que on demandait justement un droit à l'avenir. Et bien voilà, ça ne ça ne se négocie pas ça. Voilà, il faut cette attitude là. Enfin, moi j'ai quatre enfants euh et quand je vois en fait des policiers qui tirent à bout portant avec des LBD euh ou avec des engins tirodes de grenade lacrymogène et qui savent ce qu'ils font. Ces gens-là ne méritent pas leur uniforme. Ce sont nos enfants. Ce sont des adolescents en fait qui qui manifeste depuis 10 jours. Ils ont pour les plus vieux 16 17 ans.

Il faut n'avoir jamais eu un enfant de 16 17 ans pour comprendre qu'à 16 ans ou à 17 ans parfois on peut être agité, c'est arrivé. Mais ce sont des enfants et donc on ne tire pas sur nos enfants. Point barre. Pour finir sur une note plus positive, on finit toujours le fauteuil à part une partie un peu culture. Qu'est-ce que Olivier Fort écoute en ce moment ? J'écoute beaucoup ce qu'écoutent mes enfants, ce qui m'a tapé dans l'oreille ces temps-ci. Alors, j'ai oublié le nom de celui qui chante mais Sign of the Times. OK. Puis toute une série de gens dont je retiens même pas les noms, mais qui enfin c'est très rap chez moi. Donc voilà, je suis bercé au son du rap.

J'ai pas le flow mais j'essaie d'écouter avec eux. Si il y a une chanson aussi très très belle sur le Congo. Alors je sais plus qui chante je demande si c'est pas euh Youssoufa. H euh magnifique chanson sur le Congo. J'emplace une [musique] spéciale pour mon peuple de Gomain. RDC Congo solidarité avec nous. E viens on rassemble le Congo frère. Yeah viens on rassemble [musique] le Congo frère. Bon voilà, j'écoute ce qui ce qui passe et puis après moi je suis plus vieux donc en fait j'ai mes propres classiques. J'étais un hyper fan de Jacky Gelin. Je ne connais pas du tout. Tu connais pas du tout ?

Et ben écoute pas sûr que ça te parle plus que ça après cette émission mais bah c'est le père d'Isia d'Arthur donc je sais pas si te parle davantage. Après j'étais très chanson française. J'ai écouté tous ceux qui ont irrigué ma génération. Donc les enfants ont encore du boulot à faire pour t'influencer plus rap. Oui. Alors on écoute aussi beaucoup la maison. Ça c'est plutôt avec ma compagne dans la voiture, c'est beaucoup Queen B. Euh bon voilà donc et qu'est-ce que tu ferais lire à un adversaire politique ? Ah d'ailleurs et quel adversaire ? Moi je ferai lire à tout le monde parce que en fait je l'ai écris dans un livre précédent.

Moi, je suis issu d'une famille à la fois mixte franco-vietnamienne, mais mixte aussi sur le plan politique. Mon grand-père Oui. au Vietnam était a soutenu les Vietmines, a même été ministre Vietmin et puis euh du côté de mon père, c'était des morciens. Donc l'extrême droite, la plus classique et même mon arrière grand-père était à l'action française. Donc c'est dire à quel point on était de ce côté-là de la famille très à l'extrême raté. Mais en même temps, je n'ai jamais renoncé mon père à été euh d'abord un militant alors lycéen à Occident euh pendant la guerre d'Algérie et puis progressivement il est venu à la gauche et le père qui m'a élevé a été un homme de gauche.

Puis sur ses vieux jours peut-être fatigué, malade, pris aussi parce qu'il entendait tous les jours sur le grand remplacement et cetera et reparti voter à l'extrême droite, mais c'était en même temps l'homme le plus généreux du monde. Et donc moi je n'ai jamais perdu espoir en personne. Je ne crois pas que les gens qui votent à l'extrême droite sont définitivement perdus. Je crois que quand on apprend à connaître son voisin, on apprend aussi à l'aimer et que je vois la la cohabitation possible.

Euh je suis conseiller municipal dans une ville qui s'appelle Liein et dans laquelle on a construit la mosquée à 100 m de l'église dans une ville qui est totalement cosmopolite et où euh enfin cosmopolite, j'aime pas le mot parce que ça donne le sentiment que bon bref, peu importe mais enfin en tout cas les gens se disaient mais ça va hurler, ça va être parce qu'habituellement la mosquée on la met dans la zone d'activité à l'extérieur de la ville le plus loin possible et là elle a encore cœur de ville et ça se passe admirablement et ça se passe bien. Pourquoi ?

Parce que au fond les gens ont fini par se côtoyer, se comprendre, s'accepter et c'est finalement ce que l'on peut désirer de plus puissant pour un pays, c'est d'arriver à mélanger des gens à la fois différents et en même temps qu'ils peuvent partager un idéal commun. Cet idéal commun, c'est la République. Alors, mais tu m'as pas dit du coup ce que tu ferais lire un adversaire politique. Ah oui, alors moi, je lui ferais lire ce livre euh qui est et d'ailleurs, je conseille à tout le monde aller lire Amine Malouf, les identités meurtrières. Bon, Amine Malouf, il y a tellement de choses très belles qu'il a écrites qu'on pourrait recommander sa sa bibliothèque entière.

Mais ce livre, il dit de manière très puissante ce qu'est la vie d'un Libanais chrétien, exilé, arrivé en France et qui raconte ces différentes identités et qui raconte aussi que l'identité blessée est toujours celle qu'on cherche à relever. Oui. Et pour tous ces gens racistes qui pensent que en fait ce enfin il y a une forme de repli communautaire de toute une partie de la population qu'il comprennent cette chose simple que quand on est disqualifié pour ce que l'on est justement quand on est stigmatisé pour ses origines ou sa religion, le dernier filet de sécurité c'est juste justement ce qui vous ressemble.

Et le repli, il est il est lié non pas à une volonté d'entre soi, mais il est lié à une volonté de protection. Encore une fois, si on ne comprend pas que l'entité blessée est celle qu'on voudra toujours relever, on ne comprend pas ce qui se passe aujourd'hui, parfois y compris dans la révolte qu'expriment les plus jeunes. Et donc moi, je veux que chacun justement trouve sa place pour qu'il n'y ait plus rien à relever et que tout le monde comprenne que chacune de nos histoires est belle et que c'est ensemble que nous formons ce grand pays. Et quel film a eu le plus d'impact dans ta vie ? Voilà, je passer pour un vieillard.

Ah bah c'est parce que c'est même pas un film de ma génération, c'est un film de la génération d'avant. Mais moi mon film fétiche c'est Citizen Kane dans son. Ah mais non, tu passes pour un quelqu'un qui connaî ses classiques. Non, ça va, ça c'est Ouais, enfin bon franchement, je suis pas sûr que ceux qui écoutent le média se disent Kane, ah ouais, je connais bien. Non, en fait c'est mal connaître notre public, je pense. Ils ont la refaire. Mais sans vouloir spoiler ceux qui après cette émission auront l'envie de découvrir Citizen Kane, c'est un film magnifique sur ce qu'est le sens d'une vie. Et là dans Citizen Kan, on parle d'un citoyen, le citoyen Kane qui devient un homme politique.

Mais bon, après je vais spoiler, moi enfin disons que aller jusqu'au bout parce que on ne comprend ce film qu'à la dernière image. Donc ça vaut la peine de le voir et de se dire que toutes les vies méritent d'être vécu mais qu'il faut savoir aussi donner un sens à son existence et c'est en tout cas la raison pour laquelle moi je me suis engagé en politique même si parfois c'est dur même si parfois on prend des coups mais je sais aussi pourquoi je les prends et je sais que au dernier jour qui viendra forcément même si j'espère qu'il viendra le plus tard possible je pourrais me dire que euh j'ai fait ce que je croyais juste. Merci Olivier Fort d'avoir été avec nous. Merci à toi.

Merci à vous d'être resté pour la dernière image justement et merci de nous permettre de continuer de vous proposer ce genre de format. Vous le savez, on ne vit qu'avec vos dons, qu'avec vos contributions. Allez sur capsurdica.v.fr pour devenir un donateur mensuel et nous permettre de continuer de vous proposer ce genre de format. [sifflotement]