Benoît Hamon, lâché par Manuel Valls, dénonce "une grande faillite morale des élites politiques"
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 45 %Attaque 40 %Défensif 15 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 79 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 8:21OuverteRéponse directe
Pourquoi avoir appelé Mélenchon et les autres candidats de gauche à vous rallier après le ralliement de Valls à Macron ?
- 9:45RelanceRéponse partielle
Pourquoi Mélenchon refuse-t-il de vous rejoindre malgré le départ de Valls ?
- 10:47OuverteRéponse directe
La centralité à gauche, c'est possible selon vous ?
- 15:56OuverteRéponse directe
Emmanuel Macron est-il de droite ou de gauche selon vous ?
- 18:17OuverteRéponse directe
Votre programme a-t-il évolué depuis la primaire ?
- 22:47OuverteRéponse directe
Participeriez-vous au débat du 20 avril même sans Mélenchon et Macron ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 1:57Invité politiqueFait
« C'est l'acte qui consiste à ne pas respecter la démocratie pour combattre quoi ? Un péril démocratique. »
- 4:16Invité politiqueFait
« Mais quand on voit que le rassemblement autour d'Emmanuel Macron, pour des gens de gauche, se fait sur la base d'une baisse de l'ISF, d'une augmentation de la CSG, d'un plus grand contrôle des chômeurs, d'une baisse de l'indemnisation des chômeurs. »
- 4:49Invité politiquePromesse
« Le revenu universel d'existence comme un nouveau pilier de la protection sociale. »
- 5:25Invité politiqueFait
« Je ne suis pas un fétichiste des appareils du Parti Socialiste, et si j'avais dû compter sur eux, je n'aurais pas gagné la primaire. »
- 14:44Invité politiqueFait
« Emmanuel Macron dit « Je ne reprends pas le compte pénibilité » parce que pénibilité renverrait la notion de douleur ou de souffrance au travail. »
- 15:19Invité politiqueFait
« Ces forces-là pèsent sur la campagne. Et nous avons raison de les dénoncer. »
- 22:00Invité politiqueChiffre
« Je mets 35 milliards d'euros de relance de notre économie par le pouvoir d'achat c'est le revenu universel d'existence dans sa première étape au 1er janvier 2018. »
Temps de parole
- Benoît Hamon64 %
- Invité13 %
- Invité 28 %
- Invité 35 %
- Présentateur3 %
- Invité 42 %
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Et bienvenue à tous dans l'émission politique de France Info, une demi-heure ensemble comme tous les matins avec vous Jean-Michel Apathy. Bonjour. Bonjour Fabienne. Gilles Bornstein est là également avec Guy Birenbaum et notre invité ce matin est le candidat socialiste à la présidentielle. Bonjour Benoît Hamon. Bonjour M. Apathy.
Ça a été l'événement de la campagne électorale hier, pas une surprise mais tout de même un événement. L'ancien Premier ministre Manuel Valls, muet depuis la primaire des socialistes fin janvier, a repris la parole. C'était sur BFM avec Jean-Jean Bourdin. Nous écoutons Manuel Valls. Je n'accepte pas la marginalisation de la gauche du gouvernement. C'est l'échec de sa stratégie après la désignation par la primaire. Je pense qu'il ne faut prendre aucun risque pour la République. Et donc je voterai pour Emmanuel Macron. Manuel Valls vote pour Emmanuel Macron parce que vous marginalisez la gauche du gouvernement. C'est terrible comme accusation.
Oui c'est terrible. C'est terrible si on se souvient que Manuel Valls avait voulu concourir aux primaires pour projet contre projet. Essayer d'imaginer qu'elle pouvait être le destin de la gauche dans cette élection. Mais au-delà du destin de la gauche, le destin du pays. Parce que l'objectif, je le rappelle, il n'est pas de savoir ce qui se passera après pour les uns et les autres. Je parle des acteurs politiques, mais de savoir ce qui se passera après pour les français. Est-ce qu'on va améliorer leur vie ou pas ?
Et effectivement aujourd'hui, parler du risque qui existe, et c'est le point d'accord que j'ai avec Manuel Valls, pour la République, pour la démocratie, quand un parti antidémocratique comme le Front National pèse si lourd dans le paysage politique, et pourrait peser si lourd dans les urnes, et commencer à pointer ce risque en ne respectant pas le verdict des urnes, en ne respectant pas soi-même la démocratie, c'est cela le symbole le plus lourd. Ce n'est pas tant le manque de loyauté à mon égard. Objectivement, je ne m'attendais pas à grand chose de la part de Manuel Valls. Mais c'est l'acte qui consiste à ne pas respecter la démocratie pour combattre quoi ? Un péril démocratique.
J'y vois là un manque absolu de cohérence, et une démonstration aujourd'hui d'une grande faillite morale des élites politiques françaises.
Alors ce que vous dites est fort, il ne respecte pas la parole qu'il avait donnée, donc effectivement... Non mais je ne suis pas très fort, tout le monde le dit. Ce manquement à la parole est fort. Il y a autre chose aussi qui est importante, il est honnête, il ne veut pas voter pour vous, parce que votre programme ne lui plaît pas, parce que vous courez en risque, il le dit, de marginaliser la gauche de l'Ouvera Norte. Mais je vais creuser ce point-là, Jean-Michel Apathie.
Il a la franchise de le livre. Écoutez, la franchise, il faut aller au bout. Je lisais dans le Nouvel Observateur, et puis après j'aimerais qu'on ne passe pas l'interview sur Emmanuel Valls, si vous le voyez bien. Mais il lisait dans le Nouvel Observateur...
Tous les candidats sont dénongés par les questions qu'on leur pose. C'était campagne curieuse.
Moi je réponds à tout. Ce qui m'intéresse, c'est quand même essayer de parler de ce qui se passera après. Mais je lisais dans le Nouvel Observateur, Emmanuel Valls déclarant, que si François Fillon l'emporterait, il faudrait passer des compromis et discuter avec François Fillon. C'est-à-dire qu'il conçoit des compromis avec François Fillon et pas avec Benoît Hamon. Ça rendit long, effectivement.
Pas plus de commentaires que ça. Vous voudriez quoi que Emmanuel Valls soit simplement...
Non mais ce que je veux dire simplement, c'est que la gauche de gouvernement, je l'incarne. Mais dans gauche de gouvernement, il y a gouvernement, exercice du pouvoir, mais gauche aussi.
Quand il parle de marginalisation, elle est déjà dans les faits, ou en tout cas dans les sondages. Quand on regarde l'enquête du Sevipov, la moitié de ceux qui se disent proches du Parti Socialiste préfèrent déjà, avant que Emmanuel Valls parle, préfèrent déjà Emmanuel Macron à vous. C'est donc que voilà, vous n'arrivez pas à rassembler cette gauche.
Mais aujourd'hui, il y a une vraie crise politique dont la gauche est l'épicentre. Pourquoi ? Parce qu'elle a déçu. Elle a déçu sur ses fondamentaux. On parle de social-démocratie, encore faut-il que la gauche soit sociale. Mais vous, vous décevez, vous n'arrivez pas à rassembler la gauche. Moi, je ne vous parle pas de moi. J'essaye de penser au-delà ce qui se passe. J'essaye même de répondre intelligemment à vos questions. Je parle donc de la crise de la gauche qui est à l'épicentre de la crise politique parce qu'il y a une déception profonde des électeurs. Et un éparpillement. Mais un éparpillement qui est aussi lié au fait que la plupart de nos dirigeants sont déboussolés.
Pardon de le dire. Mais quand on voit que le rassemblement autour d'Emmanuel Macron, pour des gens de gauche, se fait sur la base d'une baisse de l'ISF, d'une augmentation de la CSG, d'un plus grand contrôle des chômeurs, d'une baisse de l'indemnisation des chômeurs. Bref, tout ce qui ne relève pas des valeurs, des réponses et des solutions de gauche. De gauche, vers la justice sociale. Eh bien moi je considère que dans ce moment politique là, il y a effectivement de l'éparpillement et j'essaye de remettre de la cohérence. Comment est-ce que j'essaye de le faire ?
En me tournant vers l'avenir et en disant ces solutions là, mes chers concitoyens n'ont pas marché hier, je vous en propose d'autres. Et je continue. Mes solutions elles sont quoi ? Le revenu universel d'existence comme un nouveau pilier de la protection sociale. Parce que, je le redis, j'essaye de penser ce que sera le travail demain et pas tel qu'il l'est ou non, tel qu'il a été. Parce qu'il a déjà commencé à changer. J'essaye de penser le réchauffement climatique et l'impact que ça doit avoir sur la manière dont on produit. Toutes ces questions sont des questions à mes yeux importantes.
Oui, il y a aujourd'hui un débat politique ou un paysage politique qui se restructure à l'aune de ces questions qui changent. Je veux continuer, moi, à parler de cela. Et si, aujourd'hui, à cet instant ou à la photographie que l'on donne, il semble que l'opinion ne suive pas ou qu'elle ne soit pas mûre pour, moi j'attends de voir le résultat du 23 avril. Parce que ce que je perçois sur le terrain de la mobilisation, des retours que j'ai, ne me disent pas ce qui se passe ou ce qui se passerait aujourd'hui. Je vous fais des sales dix fois plus importantes que vous. Non, d'abord, monsieur Bonnechen, vous n'y connaissez rien. Et si vous venez hier dans mon meeting... La réponse est un peu dure.
Oui, c'est vrai, mais elle correspond à une réalité. Et en plus, je vous invite donc à venir dans mes meetings. Et si vous faites ce petit déplacement, vous savez, vous avez une carte de presse, vous serez bienvenu. Vous verrez que ce n'est pas vrai.
Pardon, Guy Birenbaum.
Je pense que je vais prendre, moi aussi, une tarte dans les instants qui viennent. Est-ce que Manuel Valls doit être sanctionné ?
Écoutez, demandez ça au premier secrétaire du Parti Socialiste. Le premier secrétaire, on n'a pas bien compris. Oui, moi non plus.
C'est la preuve qu'il y a quelque chose qui ne va pas, quand même. Si le Parti Socialiste dont vous êtes le candidat ne dit pas hier par la voix de son premier secrétaire, Manuel Valls, je ne sais pas, va être exclu, ne va pas être investi par le Parti Socialiste, c'est que vous n'êtes pas soutenu par les vôtres et que tout ça met un doute sur votre campagne.
Non, mais ça, c'est votre doute à vous. Moi, je ne perçois pas, en tout cas, là où je vais, je serai à Béziers, moi, cet après-midi. Qui va à Béziers ? Qui va à s'affronter au Front National et aux électeurs du Front National ? Vous voulez dire vous ? Oui, non, mais voilà. Vous dites vraiment que vous ne comprenez pas le premier secrétaire du Parti Socialiste. Je lis, je vois bien qu'aujourd'hui, il y a une volonté de tenir tous les bouts. Et je pense que ces rendez-vous-là sont des rendez-vous après-présidentiels, ils ne m'intéressent pas. Moi, je ne suis pas un fétichiste des appareils du Parti Socialiste, et si j'avais dû compter sur eux, je n'aurais pas gagné la primaire.
Je n'avais pas les élus avec moi, j'ai gagné la primaire. C'est le peuple de gauche qui m'a donné ça, une légitimité, et c'est pour ceux-là, parce qu'ils m'ont donné la vie, que personne ne me la reprendra de ces cassiques qui, aujourd'hui, veulent choisir en fonction de leur petite rente politique.
Et on reprend cette discussion dans une minute, tout pile 8h40, Victor Maté.
Un garçon de 5 ans, enlevé hier matin par son père à Clermont-Ferrand, le dispositif alerte enlèvement est toujours en cours, Vicente porte des lunettes de vue, son père, Jason Lopez, un détenu en cavale et armée issu de la communauté des gens du voyage, circulerait dans une BMW ou une Mercedes noire, immatriculée dans le Puy-de-Dôme, si vous les apercevez, n'intervenez pas vous-même, appelez le 197. En Guyane, Mathias Feckel et Erika Barredge mettent en avant, un état d'esprit de compréhension. Les ministres de l'Intérieur et des Outre-mer arrivaient sur place hier soir après 10 jours de grève pour tenter de trouver une issue à la crise.
Encore des incidents, des affrontements hier soir à Paris entre membres de la communauté asiatique et forces de l'ordre. Cette fois, la manifestation se tenait devant l'hôtel de ville. La police, accusée de bavure après avoir tué un homme, un chinois de 56 ans, c'était dimanche dernier, dans le 19e arrondissement. Theresa May tente de rassurer. Nous quittons l'Union Européenne, mais nous ne quittons pas l'Europe, écrit la première ministre britannique. Une tribune publiée par plusieurs journaux européens, dont le Parisien.
France Info. L'émission politique de France Info, c'est avec Benoît Hamon ce matin. Question Gilles Bornstein.
Oui, hier, vous avez appelé, après le ralliement de Manuel Valls à Emmanuel Macron, vous avez appelé Jean-Luc Mélenchon et les autres candidats de gauche à vous rallier. Réponse de Jean-Luc Mélenchon en meeting, c'était au Havre. Et en gros, il vous dit pas question. On l'écoute. Ce n'est pas parce que s'éparpille, au gré des vents les plus divers, ceux qui a prétendu hier vous représenter, que moi, je changerai ma façon de faire. Je resterai fidèle à la parole donnée, d'abord celle que je vous ai donnée à vous. Je ne dépends que de vous. Et je ne négocierai rien avec personne, à aucun moment à cette étape. Voilà, donc la gauche de la gauche va rester divisée jusqu'au bout.
Écoutez, moi, j'ai essayé de partir de ce que disait Jean-Luc Mélenchon. Jean-Luc Mélenchon disait, ça n'est pas possible parce qu'il y a Manuel Valls. Le prétexte qui justifiait jusqu'ici qu'il n'y ait pas d'accord possible, c'était l'existence d'une sorte de problème Manuel Valls. Ça, il vous l'a dit bien, vous ? Il l'a dit publiquement, systématiquement en disant, nous ne pourrons pas demain nous allier avec ceux qui continuent à avoir Valls parmi leur soutien. J'observe que Manuel Valls a fait un choix qui clarifie, du point de vue de Jean-Luc Mélenchon, à mes yeux, la situation.
Et c'est la raison pour laquelle je me suis tourné vers lui, pour lui dire, maintenant que cette hypothèque est levée, cela change-t-il ton point de vue ? Manifestement, non. Mais moi, je continue, en tout cas, sur le terrain, ce que j'ai dit hier soir dans un grand meeting, M. Brunstein à Lille. C'est gentil Régil, on a noté votre meeting à Lille. C'est pour ça, non mais, je n'ai pas le plus. Mais, ce que j'ai dit hier, c'est que, voilà, moi, je continue à parler, et parler à tous les électeurs de gauche, et à les inviter à quoi ? À essayer d'imaginer de quelle manière nous pourrions être au second tour.
Parce que, la question qui est posée, aujourd'hui, c'est quel est le projet politique qui peut rassembler toute la gauche ? Et il me semble que, dans la centralité qui est la mienne à gauche, j'ai cette capacité de parler à tout le monde. C'est ce que j'ai dit à Jean-Luc Mélenchon, il y a répondu. Pourquoi il n'y a rien à Mélenchon ? Parce que je ne pense pas qu'il ait cette centralité. Parce qu'aujourd'hui, j'observe que le projet qu'il défend, notamment sur la question européenne, nous déplace, et nous déplace à gauche, on va dire sur un segment de la gauche, qui ne pourra pas rassembler toute la gauche. C'est bien la difficulté, je pense qu'il y a un plafond à la dynamique.
Il y a deux manières d'avoir le problème.
La centralité, je ne sais pas trop ce que vous invitez,
La centralité à gauche, effectivement, c'est un peu baroque. Centralité à gauche.
C'est un peu compliqué, mais... Mais être au centre de la gauche, si vous voulez. Au centre de la gauche, d'accord. Et puis, il y a les intentions de vote, il y a la dynamique. Il ne faut pas être au centre-gauche. C'est autre chose. C'est pour ça que... Il y a la dynamique de campagne, et celle-là, il semble plutôt du côté de Jean-Luc Mélenchon. Alors, vous dites, elle a ses limites, la dynamique, et j'entends bien. Mais aujourd'hui, dire à Jean-Luc Mélenchon, retire-toi, alors que c'est lui qui a l'air d'avoir plus d'énergie que vous, c'est évidemment courir le risque qu'elle vous répondait non.
Mais j'entends. Mais en l'occurrence, une campagne électorale, ce sont des moments politiques dictés par l'évolution de la campagne elle-même. Moi, il m'est apparu qu'à partir du moment où Emmanuel Valls décidait de soutenir Emmanuel Macron, il était légitime que je m'adresse à toute la gauche, d'ailleurs pas qu'à Jean-Luc Mélenchon, aux communistes, à toutes les formations qui composent la gauche, pour leur dire, peut-on envisager cela ? La réponse de Jean-Luc Mélenchon étant non, nous poursuivons. Jean-Luc Laurent a d'ailleurs... Pierre Laurent.
Pierre Laurent, pardon. Pierre Laurent a d'ailleurs dit... Jean-Luc Laurent existe aussi. Il existe aussi. Je me demande plus... Mouveau des citoyens. Absolument. Pierre Laurent a dit, voyons-nous, cette rencontre n'aura pas lieu. De facto, maintenant... Pas d'utilité. Hier soir, dans ce meeting, justement, à Lille, nous sommes parfaitement au courant que vous étiez à Lille, c'était très réussi hier soir, on a entendu Martine Aubry attaquer très très durement Emmanuel Macron. « Être socialiste, ce n'est pas, comme le font tous ceux-là, soutenir en 2012 François Hollande, le candidat qui disait « j'aime les gens et pas l'argent », et en 2017, le candidat qui aime l'argent et pas les gens.
Et on le voit en permanence ! » Le candidat qui aime l'argent et pas les gens, c'est quand même une rhétorique extrêmement brutale.
Vous l'auriez dit pareil ? Bon, écoutez-moi, je demande à être comptable de ce que je dis. D'abord, première chose, si il y a une élection présidentielle... Ah, c'est votre meeting, vous nous l'avez bien expliqué, hein, excusez-nous. Non, mais ce que dit Martine Aubry, c'est quoi ? C'est qu'aujourd'hui, on ne peut pas continuer à fonder l'avenir de ce pays sur des choix politiques qui sont des choix politiques qui privilégient fondamentalement ceux qui vont bien. Et c'est cela qu'elle a développé dans son intervention.
Moi, je considère que le projet politique auquel se rallient dirigeants de droite et dirigeants de gauche, qui ont tous gouverné dans les 20 dernières années et qui se réunissent aujourd'hui autour d'Emmanuel Macron, ce projet ne fait que perpétuer ce qui s'est déjà passé et ce qui a déjà échoué. Il n'y a absolument rien de nouveau. Une mesure de crédit au PME ici, une petite mesure fiscale, là, un dispositif pour flexibiliser le marché du travail et la baisse du nombre de fonctionnaires, la baisse des dépenses publiques, la baisse des dotations en collectivité locale. « business as usual », comme on dit.
Et il n'y a aucune raison que ce qui a échoué pendant 20 ans en France, ce qui a échoué ailleurs en Europe, réussisse demain.
Mais vous revenez sur le programme, ce n'était pas une attaque sur le programme. Moi, je vous parle du programme.
J'entends bien, mais il y a dans votre campagne
des attaques, souvent un peu nauséabondes, sur l'argent qu'aurait gagné Emmanuel Macron.
Non, moi, je n'ai fait aucune attaque sur l'argent qu'aurait gagné... Alors là, donnez-moi une déclaration. Non, alors vous prenez acte...
Vous prenez acte que vous n'avez pas d'accord avec ce genre d'attaque.
Non, mais attendez, attendez, attendez. Non, illustrez, vous dites qu'il y a une attaque nauséabonde. Celle-ci, il a de l'argent et pas les gens. On peut gagner de l'argent et aimer les gens. Parce que l'argent pollue cette campagne, je l'ai dit. Et j'ai honte de cette campagne quand il y a deux personnes mises en examen. Et j'entends encore François Fillon parler de l'Allemagne. En Allemagne, il ne serait plus candidat. Vu, aujourd'hui, les accusations qui pèsent sur lui. Madame Le Pen, elle aussi, est mise en examen. Mais elle ne parlait pas. Non, mais... Moi, je parle de ce dont j'ai envie de parler, M. Bronstein. Donc, oui, l'argent pollue cette campagne.
Et en l'occurrence, il la pollue encore davantage quand, dans les faits, dans les programmes électoraux, nous sentons aujourd'hui qu'il y a de puissants lobbies pèsent sur les choix politiques qui sont faits. Un exemple, quand, aujourd'hui, Emmanuel Macron dit « Je ne reprends pas le compte pénibilité » parce que pénibilité renverrait la notion de douleur ou de souffrance au travail. Il fait quoi ? Il prend à la lettre le programme du MEDEF. Et d'ailleurs, il le dit devant le MEDEF. Il le dit devant le MEDEF. Or, aujourd'hui, nous savons que dans certains métiers, on va vivre 3, 4, 5, 8 ans de moins que dans d'autres parce qu'on a eu un travail pénible où on a effectivement souffert.
Non seulement on aura une retraite plus courte, mais la retraite que l'on va passer, on la passera en mauvaise santé. Donc, oui, le compte pénibilité est légitime de ce point de vue-là. Et dans ce sens, de ce point de vue-là, ces forces-là pèsent sur la campagne. Et nous avons raison de les dénoncer, comme moi je dénonce, l'incroyable confusion. Et d'un mot, c'est le point sur lequel hier, moi je me suis penché dans... J'ai beaucoup parlé des Le Pen, mais je veux dire d'une chose sur Emmanuel Macron. Que dans la même phrase, il est dit, je veux rompre avec la droite de 34 et la gauche de 81. Mais quand même, notre histoire, notre histoire s'est renvoyée.
La gauche de Pierre Moroy et François Mitterrand, qui fait les 39 heures, la cinquième semaine de congé payé, et abolit la peine de mort aux ligues factieuses de 34 ? Mais c'est aussi absurde qu'indigne.
Emmanuel Macron, plutôt de droite que de gauche, d'après vous ? Au total, quand vous l'écoutez ? Sur les questions économiques et sociales, de droite. De droite. Je me trompe, Marine Le Pen n'est pas mise en examen. Vous dites, deux personnes ont mises en examen. Elles sont partis. C'est pour être précis. Il y a dix personnes qui sont mises en examen. Mais pas celle-là encore, puisque de toute façon, elles refusent les convocations des juges. Oui, mais il y a de toute façon trois chefs d'acquisition, les emplois fictifs,
sous-évaluation du patrimoine, si mes souvenirs sont bons. Il y a un troisième chef d'acquisition. Pour l'instant,
il n'y a qu'une personne mise en examen. Dans cette campagne électorale, c'est François Fillon. C'était juste pour être factuel. Vous irez jusqu'au bout, ben non, à mon.
De quoi ? De la présence ? Oui, c'est la question. Évidemment que je suis allé jusqu'au bout. C'était quand même incroyable comme question.
Vous répondez comme d'autres, en d'autres temps. Jacques Chirac avait répondu la même chose. Oui, je suis dans le rôle d'Arlet Chabot. Mais oui, je vous regarde avec un grand plaisir.
Comme vous souriez, je vous souris. D'accord, d'accord. Donc vous irez jusqu'au bout. Évidemment. Il fallait le vérifier. Je me réjouis déjà de vous retrouver le 8 mai.
C'est allé. Réjouissons-nous encore pendant 10 minutes et 8h50 sur France Info.
Vous serez mon invité, monsieur Apathy.
Des manifestations de retraités en région ce matin à Paris cet après-midi, ils réclament plus de pouvoir d'achat comme 8 Français sur 10 d'après un sondage de Ipsos pour France Info. Par réclusion criminelle à perpétuité, confirmé en appel pour Yoni Palmier, celui que l'on surnomme le tueur de l'Essonne, condamné pour 4 meurtres commis fin 2011, début 2012. Faut-il interdire définitivement le dossier Taxel, l'Agence Nationale du Médicament, se donne un mois et maintient pour l'instant sa suspension depuis sa commercialisation en 96. 48 patients traités avec 7 anti-cancéreux sont décédés en France.
De quoi rendre jaloux leurs collègues masculins, les footballeuses du Paris Saint-Germain et de Lyon, qualifiées pour les demi-finales de la Ligue des Champions en battant respectivement les clubs allemands du Bayern Munich et de Wolfsburg. et puis plus de 245 000 signatures sur Internet. Une pétition pour demander à Mélania Trump de s'installer à la Maison-Blanche ou bien de payer elle-même les frais pour sa sécurité. La première dame des Etats-Unis vit toujours dans la Trump Tower à New York. Sa sécurité, celle de son fils, coûterait pas moins de 120 000 euros par jour.
France Info Merci Benoît Amon qui est avec nous jusqu'à 9h sur France Info et la question c'est vous Gilles Branchetine.
Oui, je voudrais vous parler de votre programme. Alors j'ai l'impression qu'il y a des choses qui ont disparu entre le programme de la primaire et le programme pour les élections. Vous proposiez un partage en trois tiers de l'actionnariat des entreprises. Un tiers pour les actionnaires, un tiers pour les salariés et un tiers pour les tiers participants, les ONG, les collectivités locales. J'ai l'impression que maintenant c'est moitié-moitié. Et alors j'ai une autre question. Vous proposiez le droit inconditionnel au temps choisi.
Partiel. Oui, au temps choisi.
Et je ne l'ai plus revu. Alors est-ce que ça a disparu ou est-ce que vous l'avez gardé ?
Non, non, mais alors d'abord la première question qui est une question importante. Moi j'ai travaillé sur la démocratie sociale et la manière de finalement mettre en oeuvre une forme de cogestion à la française. Comment mieux associer les salariés aux décisions stratégiques de l'entreprise et donc faire en sorte que quand on a une décision d'abord importante pour l'entreprise, quand une décision peut concerner l'organisation du travail, l'avis des salariés soit suffisamment important pour qu'ils soient véritablement partie prenante.
Toutes les entreprises où la démocratie sociale est vivante sont des entreprises qui sont plus compétitives et où les salariés sont plus productifs et aussi beaucoup plus heureux au travail. Et moi je veux m'inspirer aussi de ce qui se passe de bien en Allemagne. Il n'y a pas que des mauvaises exemples ou que des bons exemples. Il y a, je crois, en matière de démocratie sociale une cojection qui explique pour beaucoup la compétitivité des entreprises allemandes, leur capacité à être réactives, leur capacité justement à faire en sorte aujourd'hui qu'elles associent l'intérêt des salariés et l'intérêt de l'entreprise elle-même.
qui aujourd'hui repose sur le principe d'une moitié de représentants des salariés. Vous avez modifié votre proposition ? J'ai fait évoluer mes propositions à partir de dialogues d'abord avec les organisations syndicales et je considère que quand les propositions qui sont faites apparaissent meilleures il faut savoir faire évoluer ces propositions. Sur le droit inconditionnel au temps choisi. Il est à mes yeux indissociable d'une démarche qui est celle du revenu universel et celle du partage du temps de travail. Je crois aujourd'hui qu'il faut inciter les entreprises à modifier leur organisation du travail.
Inciter ce n'est pas inconditionnel.
D'accord mais c'est un droit vous savez un droit vous l'utilisez ou vous ne l'utilisez pas. Il y a beaucoup de droits que vous avez.
Mais si je veux aller demander un temps partiel à mon patron qui me dit c'est la campagne il faut que tu travailles je peux lui dire non je veux du temps partiel.
Il faut que demain on puisse donner aux citoyens et aux salariés des droits qui leur permettent de modifier effectivement incroyable au XXIème siècle une chose pareille de pouvoir réduire leur temps de travail. Je m'explique. Si nous donnons par exemple demain un revenu universel qui vient compléter votre revenu avec aujourd'hui un salaire à mi-temps il y a aujourd'hui des français qui n'ont qu'un mi-temps au SMIC c'est-à-dire un peu plus de 550 euros par mois. Il serait complété par 400 euros de revenu universel. La possibilité pour ces gens de travailler à mi-temps devient raisonnable avec un pouvoir d'achat véritablement intéressant.
Je veux permettre à celui qui est à plein temps de passer à mi-temps s'il le souhaite c'est-à-dire de réduire son temps de travail de mieux organiser sa vie sans véritable perte de pouvoir d'achat grâce au revenu universel si nous n'avons pas ce droit inconditionnel au temps choisi ce sera difficile à faire.
Le revenu universel je l'ai pensé comme un moyen d'améliorer la feuille de paie mais aussi un moyen pour chaque salarié notamment dans les métiers les plus pénibles notamment dans ces métiers des services à la personne où il y a beaucoup de femmes qui travaillent et qui n'ont pas beaucoup de moyens aujourd'hui de négocier avec leur employeur de disposer d'un instrument le revenu universel pour ne pas perdre de pouvoir d'achat et d'un autre instrument le droit inconditionnel au temps choisi pour justement passer d'un plein temps qui ne leur permet pas de vivre correctement
à un mi-temps. Vous étiez parvenu à mettre le revenu universel au centre du débat de la primaire dans la campagne présidentielle c'est beaucoup plus difficile c'est un peu le symptôme de la difficulté de votre campagne.
Non mais si vous retenez en tout cas dans les enquêtes qualitatives qui sont faites s'il y a une idée qui sort de cette campagne présidentielle c'est le revenu universel d'existence et moi je me réjouis d'avoir fait de la question sociale une question centrale qui d'autre propose quoi que ce soit sur le pouvoir d'achat moi je mets 35 milliards d'euros de relance de notre économie par le pouvoir d'achat c'est le revenu universel d'existence dans sa première étape au 1er janvier 2018 avec un impact sur les recettes fiscales de l'état un impact sur l'emploi et un impact sur les carnets de commande des entreprises.
J'observe qu'il n'y a pas beaucoup de projets équivalents si en matière de dépenses publiques on voit qu'il y a des réductions d'impôts tous azimuts aux entreprises qui coûtent très cher avec d'ailleurs des projets d'Emmanuel Macron et de François Fillon jugés sévèrement par bon nombre de think tanks sur le coût qui serait le leur pour la puissance publique.
Un débat à 11 était prévu sur France 2 le 20 avril deux candidats au moins Jean-Luc Mélenchon et François Fillon trouvent que c'est trop proche de la date Emmanuel Macron Emmanuel Macron mais François Fillon Bernard Acquoyer a dit aussi hier que la date n'était peut-être pas très bonne ce débat a donc l'air compromis votre analyse vous Benoît Hamon fait que vous avez plutôt envie d'y participer ou pas à ce débat du 20 avril ?
Moi j'ai participé à plusieurs débats aujourd'hui on sait que la décision des électeurs se cristallise dans les derniers jours la dernière semaine sinon les 15 derniers jours ce débat là il est évidemment utile moi je ne peux pas dire il faut plus de démocratie et refuser un moment démocratique alors s'il faut le faire le mercredi plutôt que le jeudi ou le mardi plutôt que le jeudi vous êtes disponible moi j'ai évidemment j'ai dit que j'ai accepté volontiers de participer
si Jean-Luc Mélenchon et Emmanuel Macron n'y participaient pas par exemple si c'était des représentants vous y participeriez quand même ?
Je pense que ça doit être un débat entre les candidats des candidats et des représentants des candidats mais moi en tout cas j'ai dit à la direction de France Télévisions que je participerai à ce débat
Est-ce que vous attendiez quelque chose une prise de parole avant le premier tour de François Hollande ? Non je ne crois pas qu'elle soit prévue
Vous le souhaiteriez ? Et ce n'était pas ma question ? C'est ma réponse
Tout de même Je ne crois pas
qu'elle soit prévue je ne vais pas rentrer dans un petit feuilleton à savoir si Benoît souhaite quoi que ce soit je pense qu'elle n'est pas prévue Point Vous n'en avez pas envie C'est pas ça ma campagne ne dépend pas de cela Ça dit le malaise des socialistes tout ça Non Ça dit qu'un président est président de la république Est-ce qu'on peut imaginer
que le président de la république soit mieux
Je ne suis pas là pour dire quelque chose qui sera interprété amènera à ce qu'on interroge le président de la république selon la réponse qu'il fera on me réinterrogera Pardon Vous comprenez que la question soit légitime Évidemment mais je ne dis pas qu'elle est illégitime je dis simplement que ma réponse est celle-là parce que je ne veux pas faire campagne sur ce terrain-là
Ça veut dire aussi qu'un président peut plomber une campagne C'est ça que ça veut dire ?
Elle doit se faire à mes yeux le plus possible et le plus longtemps possible sur les questions qui intéressent directement la vie des français et un peu moins sur ce qui nous intéresse nous
Une note un peu légère On avait noté quand vous étiez devant des écoliers ceci et c'est une énigme On voulait votre réponse On écoute Tenzin
Est-ce que j'ai été déloyal ?
Est-ce que ça m'a donné ? Non je ne vais pas en français si tu veux bien parce que c'est cette excellente question dans un excellent anglais
Un candidat à la présidence de la République ne répond qu'en français ? Non il peut parfaitement répondre en anglais Vous auriez pu répondre en anglais ? Improve your English
Non mais pour le coup Just do it J'ai eu une multitude d'entretiens depuis longtemps et je rappelle j'ai été parlementaire européen et que sur ces questions-là la plupart des réunions se font sans interprète et moi je suis parfaitement capable de mener une conversation politique avec mes partenaires en anglais la chance que j'ai eue quand j'étais en Allemagne on n'en a pas parlé c'est juste que le droit existe en ce moment mais avec Angela Merkel et avec Martin Schulz c'est que bon Angela Merkel parlait en allemand excellent évidemment mais avec une traduction là et Schulz parle un français lui excellent remarquable et je me réjouis que les sociodémocrates allemands les sociodémocrates allemands un vrai parti social-démocrate lui n'ait pas eu d'ambiguïté au moment de choisir son candidat merci Benoît Hamon de l'avoir accepté l'invitation merci à tous
on se retrouve demain merci Benoît Hamon
Benoît Hamon