14 Juillet : Macron sur tous les fronts #cdanslair 14.07.2017
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Questions et réponses
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- 2:53OuverteRéponse directe
Jean-Dominique Merchet, ce qu'on commémorait avec le défilé ?
- 3:45OuverteRéponse directe
Guillaume Tabard, ce défilé militaire était traditionnel, Macron casse les codes ?
- 5:09OuverteRéponse directe
Donald Trump était l'invité d'honneur, complicité affichée ?
- 6:18OuverteRéponse directe
Jérôme Saint-Marie, vous y croyez à l'amitié Macron-Trump ?
- 7:29OuverteRéponse directe
Donald Trump a-t-il été sensible à l'accueil réservé ?
- 13:13OuverteRéponse directe
Guillaume Tabard, que signifie la promesse 'Rien ne nous séparera jamais des États-Unis' ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 3:07InvitéFait
« 1917-2017, c'est l'entrée en guerre des États-Unis, et c'est d'une certaine manière le basculement de la Première Guerre mondiale. »
- 3:30InvitéFait
« Les Américains arrivent, et c'est eux, grâce à eux, qu'au final, il y aura la victoire, un peu comme en 1944 aussi. »
- 11:49InvitéFait
« En matière de lutte contre le terrorisme, et cela depuis le premier jour, nos vues sont parfaitement alignées avec une détermination entière. »
- 12:06InvitéPromesse
« Et nous avons ainsi demandé à nos diplomates et nos équipes de pouvoir travailler en ce sens pour que dans les prochaines semaines, une initiative concrète puisse être prise. »
- 12:23InvitéFait
« La France est le plus vieux et le premier allié des Etats-Unis. »
- 13:10PrésentateurFait
« Rien ne nous séparera jamais des États-Unis. »
- 28:37InvitéFait
« Je ne vais pas me faire baiser comme ça. »
- 28:49InvitéFait
« Le grand écart entre les objectifs assignés à nos forces et les moyens alloués n'est plus tenable. »
- 29:05InvitéFait
« Je suis votre chef. »
- 29:12InvitéFait
« Les engagements que je prends devant nos concitoyens et devant les armées, je sais les tenir. »
- 30:44InvitéChiffre
« Emmanuel Macron prévoit une augmentation du budget de l'an prochain, 1,5 milliard supplémentaire. »
- 30:51InvitéChiffre
« Lui qui table sur 50 milliards en 2025, soit 2% du PIB. »
- 31:09InvitéFait
« Cette annonce n'aurait jamais dû être, et en tout cas, elle n'aurait jamais dû être faite avant le 14 juillet. »
- 41:41InvitéFait
« La France a souscrit un engagement international au sein de l'OTAN qui est de porter son budget de la défense à 2% du PIB à l'horizon 2024-2025. »
- 43:00InvitéChiffre
« La gendarmerie on lui coupe cette année 100 millions d'euros. »
- 43:15InvitéChiffre
« On coupe 300 millions au budget du ministère des Affaires étrangères. »
- 43:33InvitéFait
« Bercy en tant qu'institution a pris le pouvoir dans la République. »
- 43:53InvitéFait
« Le vrai Premier ministre, le vrai dirigeant du pays avec Emmanuel Macron c'est lui et c'est lui qui coupe. »
- 46:57InvitéChiffre
« Actuellement les Français le plébiscitent. »
- 57:05InvitéChiffre
« Ça indique 66% de popularité au mois de mai pour le président de la République, 60% en juin, 56% aujourd'hui. »
Temps de parole
- Invité17 %
- Invité 216 %
- Invité 315 %
- Présentateur15 %
- Invité 415 %
- Invité 513 %
- ?4 %
- Invité 63 %
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Bonsoir
à tous, bienvenue dans C'est dans l'air. Premier 14 juillet pour le président Macron, une fête nationale chargée avec défilé militaire en présence de Donald Trump ce matin et hommage solennel aux victimes de l'attentat de Nice cet après-midi. Tout au long de cette journée, Emmanuel Macron a voulu montrer qu'il avait endossé les habits de chef de la nation avec parfois de la gravité et de la hauteur. Seul bémol, sa passe d'armes avec le chef d'état-major Pierre de Villiers sur fond de coupe dans le budget de la défense. Les deux hommes qui se sont affrontés publiquement ces derniers jours ont dû faire bonne figure en descendant les Champs-Elysées côte à côte dans un véhicule militaire.
Beaucoup d'images donc, de symboles aussi, mais pas d'interviews comme c'était la tradition depuis une quarantaine d'années. Preuve supplémentaire que l'Elysée veut inventer une nouvelle présidence. 14 juillet, Macron sur tous les fronts, on en parle ce soir avec nos invités Jean-Dominique Merchet. Vous êtes journaliste au quotidien L'Opinion, spécialiste des questions militaires. Votre prochain livre, Macron, Bonaparte, paraîtra à la rentrée chez Stock. Guillaume Tabard,
vous
êtes rédacteur en chef et éditorialiste politique au Figaro. Jeannique Alimi, vous êtes rédactrice en chef adjointe au service politique du Parisien. Jérôme Sainte-Marie, vous êtes politologue et directeur de l'Institut Pauling Vox. Bonsoir à tous les quatre, merci beaucoup de participer à cette émission. En direct, nous attendons vos questions par SMS et Internet. Le 1er 14 juillet d'Emmanuel Macron a été marqué par une curiosité, entre autres, par une curiosité musicale et militaire. Une fanfare composée de musiciens de la Garde Républicaine, de la Légion ou encore des sapeurs-pompiers de Paris, a clôturé le défilé par une série de reprises inattendues. Regardez.
Alors
c'est bien du Daft Punk, vous aurez reconnu, du Daft Punk, le célèbre tube Get Lucky qui a été joué par cette fanfare. Visiblement, ça a beaucoup plu à Emmanuel Macron. Donald Trump était plus sur la réserve durant ce morceau. C'est inédit ça, Jean-Dominique Merchet
?
Il y a toujours un petit côté gadget, comme ça, un petit clin d'œil, on fait chanter des enfants, on fait du Daft Punk, parfois on fait sauter un parachutiste. Il y
a
toujours une petite animation, comme ça, en fin de défilé. Bon, voilà, c'est...
C
'est le
folklore du 14 juillet ? Oui,
c'est ça.
Ce défilé militaire, rendez-vous hommage aux Etats-Unis. Vous pouvez nous rappeler en quelques mots, Jean-Dominique Merchet, ce qu'on commémorait
?
1917-2017, c'est l'entrée en guerre des Etats-Unis, et c'est d'une certaine manière le basculement de la Première Guerre mondiale. Les Américains commencent à arriver en France, ils vont réellement se battre l'année suivante, en 1918, et ça va être la victoire. 1917,
c
'est une année d'hésitation, parce que les Allemands restent très forts, la Russie rentre en révolution, la Russie, qui est notre allié, nous abandonne d'une certaine manière, et puis, tout d'un coup, les Américains arrivent, et c'est eux, grâce à eux, qu'au final, il y aura la victoire, un peu comme en 1944 aussi. Voilà, donc, c'est l'alliance, c'est la vieille alliance des Etats-Unis et de la France.
Ça donnait un bon prétexte pour inviter le président Trump, on va en parler dans un instant. Guillaume Tabard, ce défilé militaire, je le disais, était traditionnel. Le président Macron aime casser les codes, mais le 14 juillet, c'est quand même sacré. Ça, on n'y touche
pas ou peu. Oui, le dernier qui avait touché de manière forte, c'était Giscard, qui, pour son premier 14 juillet aussi, avait choisi d'organiser ce défilé, non pas sur les Champs-Elysées, comme ça se faisait, comme ça s'est fait ensuite, de manière constante, mais à la Bastille, entre la Bastille et la République, et même en en diminuant la dimension militaire. Il disait qu'il voulait refaire du 14 juillet avant tout une fête populaire. Bon, gadget de début de mandat, il était très vite revenu à la tradition. Là, Emmanuel Macron se coule dans cette tradition, et c'est vrai, on va en parler sans doute, s'il
y
a plein d'éléments de modernité ou de volonté de casser les codes chez Macron, mais il
y
a aussi cette volonté de s'inscrire dans l'histoire. Et ce que vous nous rappeliez sur l'entrée en guerre des Etats-Unis, montre bien que, pour lui aussi, le temps long, et ce lien avec les Etats-Unis qui remonte, plus ancien que ça, mais notamment inscrit avec la Première Guerre mondiale, qui ne saurait être effacé par les turbulences de l'actualité. Dans ce défilé militaire, il était à son aise aussi, au sens où il se coule dans cette grande tradition française. On a aussi tout en tête l'image de la remontée des Champs-Elysées en commande-car pour son installation.
Voilà, il a ce goût et ce sens de son rôle de chef des armées, même si, on va en parler tout à l'heure, ça n'est pas sans provoquer quelques frottements.
Donald Trump était donc l'invité d'honneur de ce défilé. Les deux hommes ont paru très complices tout au long de la matinée.
Ça papotait, hein ? Oui. C'était presque les first lady qui papotaient. Non, là, c'était quand même les deux présidents. Alors moi, je ne sais pas lire sur les lèvres, malheureusement. Je ne sais pas ce qu'ils se disaient. C'était peut-être les interrogations, des questions que posait Donald Trump à son hôte. J'en sais rien. Mais enfin, oui, effectivement, il y avait eu une complicité. Mais enfin, hier, c'était le dîner d'amis. Souvenons-nous au Jules Verne, à la Tour Eiffel, symbole ô combien superbe de la culture française, de Paris, de la capitale. Donc, je ne
sais
pas si on va en parler tout à l'heure. Mais enfin, c'est dans la poursuite, peut-être dans la polémique, probablement dans la polémique, mais enfin,
en
tout cas, dans la poursuite de cette relation franco-américaine, peut-être plus que Macron-Trumpienne,
si
je puis dire, qu'a essayé d'installer et que veut peut-être construire Emmanuel Macron. Jérôme Saint-Marie, ils sont vraiment
amis. Le mot a été utilisé à l'instant par Yannick Halimi, mais il a été utilisé très officiellement. Il est question d'amitié entre ces deux hommes.
Vous
y croyez, vous ? Non, ça ne m'intéresse pas énormément.
À
vrai dire, vous savez, de toute façon, l'amitié en politique. Mais ce qui est intéressant, c'est que de donner, justement, d'appeler cette relation par ces mots d'amitié.
C
'est quelque chose, là, pour le coup, c
'est
un message politique très fort, qui peut être d'ailleurs très surprenant pour beaucoup de Français, qui considèrent que, bien sûr, nous devons avoir des relations avec notre allié principal, les États-Unis, mais qui peuvent être un peu étonnés, compte tenu de l'image qu'a Donald Trump en France, devoir proclamer une telle amitié. Je voudrais juste revenir un tout petit peu sur le 14 juillet et dire qu'entre amis, en tout cas, Emmanuel Macron a fait un beau cadeau aux Américains.
Parce que, quand même, c'est un tout petit débat historique, mais autant en 1944, la France est de fait libérée par la main américaine, autant en 14-18, la guerre, en tout cas pour les contemporains, est remportée par la France. Et l'apport américain est décisif d'un point de vue stratégique, parce que l'État-major allemand comprend qu
'il
ne peut plus gagner, mais en fait, l'apport véritablement militaire en 17, bien sûr, même en 18, est assez limité. Et de ce point de vue-là, on abdique un petit peu, d'un point de vue mémoriel, notre grande victoire qui est indubitablement 1918. On la fêtera l'année prochaine,
je crois. Vous croyez que Donald Trump a été sensible à l'accueil qui lui a été réservé, dès hier, bien sûr, et puis là, tout au long de cette matinée, beaucoup d'égards ? Oui,
ça
se voyait. On voyait qu'il appréciait le spectacle. Il faut dire que ce spectacle est extraordinaire. Et il y a très peu de pays au monde qui organisent des choses comme ça. Et certainement pas les États-Unis. Ça n'existe pas. Un défilé comme ça aux États-Unis, ça n'existe pas. En gros, si on résume, qui fait ça ? Les Russes, sur la Place Rouge, le 9 mai, et là, ça a eu l'allure extraordinaire, quelques pays
un peu bizarres comme les
Nord-Coréens, mais on va les oublier pour le... Et puis
la France. Et
puis la France. Et puis c'est quand même... Les Russes font ça sur la Place Rouge, nous on les fait sur les Champs-Elysées. Enfin, c'est un spectacle incroyable. Les chevaux, les avions, c'est très martial. C'est très... Non, mais je
vous demandais ça parce
que... Il a apprécié, clairement.
Comme on a parfois du mal à
cerner ce personnage, on ne sait pas très bien ce qu'il intéresse, ce qu'il aime,
ce qu'il n'aime pas. Il aime les militaires. Il
aime
les
militaires. Il adore... Il a suivi une partie de sa formation initiale dans une académie militaire. Enfin, dans un lycée militaire, à vrai dire. Et puis il s'est entouré de généraux. Enfin, on sent qu'il a un côté fanamili, comme on dit en français. Il aime cet univers. Et là, il en a pris plein les mirettes.
La présence de Donald Trump était évidemment l'événement de ce 14 juillet pendant deux jours. Les deux présidents ont évoqué tous les sujets, y compris le climat. Mais ils ont surtout montré que les relations entre la France et les États-Unis étaient, pour l'instant, au beau fixe. Thomas Jarion.
Les
Samis.
Le
surnom donné par les Français aux soldats américains en 1917.
En
tenue d'époque, ils ouvrent la marche du défilé.
Le
détachement américain est à l'honneur. Il y a 100 ans, les États-Unis entraient dans la Première Guerre mondiale, aux côtés de la France.
C
'est la raison officielle de la venue de Donald Trump à Paris.
Le
président américain est ravi d'assister à un show militaire sublime dans une ville magnifique avec plein de belles choses à voir. Ce sont ses mots.
Et
pour finir à l'américaine,
un
air de daft punk joué par un orchestre militaire.
Sous
les yeux d'un président, visiblement fier de son coup de com'.
Pas
de traditionnelle interview du 14 juillet, mais une courte adresse à la nation, un discours sur l'amour de la patrie avec en toile de fond la lutte antiterroriste.
Des
amis, notre devoir est de ne jamais oublier
le
prix que nous avons payé
pour
conquérir nos droits.
Le
prix que nous sommes prêts à payer
pour
les défendre.
Car
ce sont eux
qui
nous unissent.
Donald
Trump et Emmanuel Macron réunis pour le 14 juillet. Cela clôt la visite du président américain en France.
Une
visite commencée hier. Dans le jargon diplomatique, on appelle ça une journée carte postale. Un lieu, un message politique. Les Invalides d'abord.
Devant
le tombeau de Napoléon Bonaparte, Emmanuel Macron joue les guides. En anglais.
L
'histoire nous dépasse, aime-t-il la rappeler.
Il
l'a dit à Trump comme il l'avait dit à Poutine lors de son passage à Versailles.
Et
comme rien n'est laissé au hasard dans cette diplomatie de l'image, balade touristique en bateau sur la scène pour les premières dames. Dans les rues parisiennes, les deux présidents se déplacent dans la bête, le surnom donné à la voiture officielle de Donald Trump.
Le
soir, dîner au deuxième étage de la tour Eiffel. Un dîner d'amis ont tenu à préciser les deux hommes. Et si Macron soigne autant les apparences, c'est peut-être pour éclipser les désaccords politiques qui existent entre eux.
En
conférence de presse, le président français insiste d'ailleurs sur leur convergence. En matière de lutte contre le terrorisme, et cela depuis le premier jour, nos vues sont parfaitement alignées avec une détermination entière. En réunion de travail, Trump et Macron ont surtout parlé de la guerre en Syrie.
Nous
savons où sont les facteurs de déstabilisation. Et cette feuille de route d'après-conflit les prendra en compte. Et nous avons ainsi demandé à nos diplomates et nos équipes de pouvoir travailler en ce sens pour que dans les prochaines semaines, une initiative concrète puisse être prise. Adepte de l'improvisation et des phrases chocs, Donald Trump a préféré cette fois lire son texte et ne pas faire de vagues. La France est le plus vieux et le premier allié des Etats-Unis. Reste le profond désaccord sur la lutte contre le changement climatique. Sur l'accord de Paris, Trump n'est pas aussi catégorique qu'à l'habitude. En ce qui concerne l'accord de Paris, il pourrait se passer quelque chose.
On verra bien. On va en parler à un moment donné.
S
'il se passe quelque chose, ce sera fantastique. S'il ne se passe rien, ce sera très bien aussi.
Pas
d'annonce forte, une visite marquée par les symboles.
L
'occasion surtout pour les deux présidents de rappeler que malgré leur désaccord,
ils
se considèrent comme des amis.
Alors
il y a eu tout à l'heure cette petite phrase d'Emmanuel Macron qui n'est pas passée inaperçue. Rien ne nous séparera jamais des Etats-Unis. Alors que signifie cette promesse, Guillaume Tabard, qui a été formulée tout à l'heure sur les Champs-Elysées devant Donald Trump ?
Comme toute promesse, elle est périlleuse parce qu'autant on peut relire le passé, on peut s'engager pour le présent, mais dire que rien jamais ne nous séparera, c'est un peu risqué.
Mais
clairement, cette visite, Emmanuel Macron a choisi de la jouer intégralement jusqu'au bout. Il a fait un choix assez audacieux d'inviter Donald Trump à Paris, compte tenu de l'image de Trump dans le monde, compte tenu de l'image de Trump dans le pays et compte tenu aussi du contentieux sur le climat. La logique d'Emmanuel Macron, c'est de dire que
j
'ai montré que je lui résistais,
sur
le fond, avec sa phrase sur le climat, sur la forme, cette fameuse poignée de main qu'on a vue, revue et qu'on verra encore souvent,
je
pense. Bon, il
m
'étant mis en position de force, je peux maintenant faire un geste d'ouverture. Mais non, il va être jugé aussi sur la suite parce que c'est bien joli d'avoir réussi une visite et cette visite est incontestablement une vraie réussite. Et je suis d'accord avec vous, Donald Trump en repart plein les yeux et ça va peut-être changer son regard sur la France et sur l'Europe. Mais sur le fond, maintenant, rien n
'est
acquis. Et dire rien ne nous séparera jamais, c'est peut-être aller un peu vite parce que les dossiers conflictuels, ils restent quand même sur la table.
Alors ce que vous dites va dans le sens de cette question SMS que nous venons de recevoir. Emmanuel Macron n'a-t-il pas compris tout simplement comment arriver à des résultats avec Donald Trump ? L'attaquer de front ne sert à rien. Je pense que
c'est une méthode qu'Emmanuel Macron met en place d'ailleurs dans un tas de domaines de la vie nationale. Mais vis-à-vis d'un bonhomme, si je puis dire, comme un homme, comme Donald Trump, je pense que c'est effectivement extrêmement réfléchi. Il a tenté, comme vous le disiez Guillaume, le bras de fer au moment sur le climat, comme on l'a vu avec cette poignée très très mal, poignées de mains qui se sont données. Mais il a compris le bonhomme. Macron, on peut penser ce qu'on veut, mais il est capable d'empathie. Alors c'est une empathie émotive ou une empathie intellectuelle, peut-être les deux, je n'en sais rien. Mais il a compris que Donald Trump était quelqu'un d'extrêmement narcissique.
Et tout ce que vous disiez tout à l'heure sur le défilé militaire, martial, la beauté de Paris, la beauté de la France, la culture française, tout ce qu'on met au pied de Donald Trump, Emmanuel Macron le fait de façon stratégique, je puis dire, plus que tactique, même stratégique. Il prend ce mal américain, narcissique, macho, n'ayons pas peur de le dire, souvenez-vous des propos qu'il a tenus pendant la campagne, il le prend dans le sens du poil, en lui montrant par là que la France le gratifie, l'honore, lui, Donald Trump, et bien sûr, les États-Unis à travers lui.
Et il essaie, comme on le disait, mais c'est un pari qui est loin d'être gagné, d'essayer de le faire rentrer dans son jeu, et de faire, dans le jeu de Macron et de l'Europe, pour parler vite, des lumières quand même. Donald Trump, c'est le populiste, contre lequel s'est battu au moins dans le discours pendant la campagne, Emmanuel Macron. C'est quand même été deux mondes, l'un face à face avec Marine Le Pen pendant la campagne présidentielle, qui est un peu le clone français de Donald Trump, n'est-ce pas ? Donc, le clone, bon, à peu près, une analogie, on peut dire. Donc, oui, je suis d'accord avec, enfin, ou je réponds à la question du téléspectateur. Il y a une stratégie derrière tout ça.
Elle n'est pas gagnée d'avance, c'est un vrai pari, un vrai pari sur, je te prends dans le sens du poil, et c'est donnant-donnant. Jérôme Sainte-Marie.
Oui,
je crois que depuis le départ, Emmanuel Macron, dans quasiment tous les dossiers, applique cette maxime d'un philosophe, c'est pas Paul Ricoeur, je crois que c'est Baudrillard, qui disait, mais le bac du philo, c'était il y
a
longtemps, qui disait, on ne commande la nature qu'en lui obéissant. C'est-à-dire que plutôt que rentrer dans le choc par rapport à l'Europe, par rapport à l'Allemagne, etc., ce que d'autres candidats à la présidentielle préconisaient, lui, il considère, et il essaye de convaincre également les Français, qu'il faut accepter le monde tel qu'il est, se mettre du côté des puissances pour pouvoir les orienter. C'est un pari. C'est un pari.
C'est un pari très difficile, y compris, puisqu'on parle d'affaires militaires, moi je suis frappé par la contradiction par rapport au discours prononcé à l'hôtel de Brienne auparavant, puisque là, il insistait beaucoup, face aux militaires, sur la liberté de manœuvre de la France, qui ne peut être engagée qu'en fonction de ses propres intérêts. Mais on est dans l'OTAN,
et
si effectivement rien ne nous séparait des États-Unis, ça peut nous placer dans des situations tout à fait contradictoires, par rapport à ce qui a été dit hier à l'hôtel de Brienne, par exemple, on sait qu'en 2003, quand les Américains ont envahi avec les Anglais l'Irak, eh bien le fait que Jacques Chirac n'y soit pas allé est contradictoire par rapport à cette phrase. Là, on a bien été séparés, et de quelle manière, des États-Unis, ce qui a valu d'ailleurs à l'époque à Jacques Chirac d'être un des présidents de la République les plus populaires de la Ve République. En France. Jean-Dominique Merchel.
En France,
dans beaucoup de pays du monde. Est-ce qu'il a raison, Emmanuel Macron, est-ce qu'il a raison de dire rien ne nous séparera des États-Unis à un moment où beaucoup de Français, d'Européens, et dans le monde entier, ce sentiment est partagé, on le sait, aimeraient bien se séparer de Donald Trump ?
Si
on regarde sur
la longueur
historique, les États-Unis sont les plus anciens alliés du monde. Ces deux pays n'ont jamais été en guerre l'un contre l'autre. Les Américains ont été anglais contre quasiment tout le monde. Par exemple, ils ont eu une guerre en 1812 contre les Anglais. La Maison Blanche, la première Maison Blanche, a été incendiée en 1812 par l'armée britannique. Donc il y a eu des guerres. La France et les États-Unis n'ont jamais été en guerre, ont toujours été des pays alliés. Il y a eu des désaccords, des désaccords politiques. L'affaire de l'Irak en 2003 en est un. Mais fondamentalement, il y a eu une alliance, c'est Lafayette.
Quand les Américains arrivent en 1917, il y a cette fameuse phrase du général Pershing qui est à la tête du contingent américain et qui aurait dit « Lafayette nous voilà ». C'est le retour, on les a aidés à naître pendant la révolution américaine. L'armée française combattait sur le sol des États-Unis. Donc il y a cette vieille alliance. C'est vrai qu'il y a des désaccords. Il y
a
des désaccords extrêmement forts sur le commerce, sur la politique internationale, sur le climat. Mais néanmoins, réaffirmé. Ce n
'est
pas une alliance avec Donald Trump. C'est
une
alliance avec les États-Unis. et elle va durer. Ça, je crois qu'il a raison de le dire. Ça ne veut pas dire que...
La
frontière est mince, Jean-Dominique Merchel.
Évidemment,
évidemment, évidemment. Ce n'est pas un président comme les autres.
Ce
n
'est
pas un président comme les autres. Mais tous les présidents... Rappelez-vous ce qu'on disait de Georges Bouchefis. On n'était pas non plus... C'est Georges Bouchefis qui a fait la guerre d'Irak. Et puis, de notre côté, ça n
'a
pas toujours été non plus parfait. Donc, bon, sur le fond, sur le long terme, il a raison après. Et puis, c'est de la bonne diplomatie. Il essaie de construire quelque chose. Il n
'est
pas dans une posture. Il ne dit pas... Trump, ce n
'est
pas beau. Je ne
veux
pas savoir. Il essaie de travailler avec lui.
Et
ça, ça s'appelle la diplomatie. Et la diplomatie, c'est le contraire de
l
'affrontement. Donc, on ne peut pas lui reprocher. On ne sait pas si ça va marcher. En tout cas, il faut dire, pas mal, pour l'instant, ce qu'il fait,
c
'est bien. Guillaume Tabard. Oui, puis c'est vrai que souvent, enfin parfois, les contraires peuvent permettre de construire de véritables alliances.
On
voit bien la différence de personnalité forte entre Emmanuel Macron et Donald Trump. En termes de style, mais aussi sur le fond, on a parlé du climat. Souvenez-vous, la relation entre François Mitterrand et Ronald Reagan. Reagan, le président américain, c
'est
le plus anticommuniste qui existait. Et François Mitterrand, l'homme qui a mis les communistes au gouvernement. Donc, ça ne partait pas sur de bonnes bases. Et il y a eu un moment, alors, parce que François Mitterrand a su habilement utiliser une histoire d'espionnage impliquant l'URSS à l'époque, et qu'il avait informé le président Reagan de cet espionnage. Reagan en a été reconnaissant à Mitterrand. Et je crois que le couple Mitterrand-Reagan a été un des couples de présidents franco-américains qui a été le plus solide et qui a le mieux fonctionné. Alors que vraiment,
ils
avaient tout pour être posé. Peut-être qu'entre Trump et Macron, on va s'y citer à la même chose. Allié objectif, Yannick Alimi. Oui, alors moi, je suis évidemment d'accord avec tout ce qui vient d'être dit, mais il y a quand même quelque chose qui me gêne. D'abord, Donald Trump n'est pas Ronald Reagan et n'est pas George Bush, parce que Donald Trump prend les principes mêmes de la démocratie américaine et de notre démocratie libérale à l'encontre de ces principes mêmes, je veux dire. Tout ce qui est le libéralisme économique, le libéralisme politique, l'ouverture sur le monde, tant en termes économiques qu'en termes d'accueil des immigrés, qui est un des fondements.
Ici, en France, on est un peu plus frileux, un peu plus nuancé, on ne
va
pas rentrer. Mais pour l'Amérique, l'accueil des immigrés, c'est un pays qui a été constitué par les immigrés, quels qu'ils soient, ça fait partie des fondements de ce pays et de cette république, on peut dire. Donc Donald Trump n'est pas George Bush et Donald Trump n'est pas Reagan. Donc il y a quand même de façon presque de principe deux hommes qui s'opposent. Et d'ailleurs, je le répète, Emmanuel Macron a bâti sa campagne, voire sa victoire, sur son opposition à ce que représente Trump, contre le Brexit, à ce que représentait Poutine, ainsi qu'Erdogan aux portes de l'Europe. Donc je veux dire par là, on peut manger avec qui l'on veut, avec une grande cuillère.
Il ne faudrait pas que le manche, c'est un pari, que le manche se rétrécisse trop.
Peut
-être
qu'on voit le problème à l'envers.
Eh
bien, peut-être tout simplement qu'Emmanuel Macron tente de s'imposer, et pour l'instant c'est réussi, sur la scène internationale, avec ce genre de rendez-vous. Jérôme
Jot
-Marie.
Pour moi, il y
a
deux choses. Déjà une remarque, je trouve assez ironique, si vous voulez, que depuis quelques semaines, sur les dossiers de politique étrangère, Emmanuel Macron prend complètement à revers, au fond, l'univers de représentation, y compris médiatique, de la campagne. C'est-à-dire qu'on avait beaucoup stigmatisé Mélenchon à cause de ses liens supposés avec la Russie, beaucoup stigmatisé Le Pen avec ses liens supposés avec Trump, et au Fillon d'ailleurs, absolument, François Fillon. Et donc, c'était cet être de lumière contre ces êtres des ténèbres.
Et au fond, l'être de lumière, très intelligemment d'ailleurs, applique une réelle politique et défend les intérêts, ce qu'il considère être les intérêts de la nation. Du coup, j'ai complètement oublié votre question.
– Ça
arrive, c'est le
14
juillet, c
'est
un jour férié.
– C'est la réponse.
– La question était, est-ce qu'il ne se sert pas de cela, tout simplement, pour aussi affirmer son image sur la scène internationale ? On sait, les images d'aujourd'hui ont été reprises sur toutes les chaînes de télévision américaines, probablement dans le monde entier. C'est très important pour lui aussi, tout simplement. – C
'est
très important à tout point de vue. Alors, vous savez, ça ressemble un petit peu à ce qu'avait fait Tony Blair, finalement, lorsqu'il était dans ses premières années. Il s'était affirmé bien au-delà de l'importance géopolitique de la Grande-Bretagne comme justement l'interlocuteur,
il
fait une personnalité centrale. – C'est ça. – Centrale, si vous voulez, des relations internationales.
Il
y a d'autres, bon, je ne
vais
pas prendre d'autres exemples historiques, mais il y
a
pas mal de pays qui, parfois, occupent une place dans les relations internationales uniquement grâce à la personnalité, ou principalement grâce à la personnalité de leur leader. Mais comme je ne voudrais pas déplaire, je ne
vais
pas prendre des exemples particuliers. Par ailleurs,
il
y a aussi une ressource importante dans cette posture-là, par rapport à la politique intérieure, et notamment, ce qui me concerne, donc l'opinion publique, puisque là, on voit bien que le trait le plus positif concernant Emmanuel Macron actuellement, je pense au sondage de l'IFOP, par exemple, c'était justement la capacité d'Emmanuel Macron à bien représenter la France et à défendre ses intérêts à l'étranger. – Justement, alors ça, c'est
très
intéressant, on a vu, on a évoqué ces images, on en a vu quelques-unes à l'instant, pardon, on a le sentiment parfois qu'Emmanuel Macron fait aussi la promotion de la France, de Paris, à travers…
–
Mais c'est son job, d'une certaine manière. Il est là pour ça. Il est président de la République.
–
Enfin, il n
'est
pas ministre du Tourisme. –
Il y a les Jeux Olympiques. – Mais aujourd
'hui, un président, il doit faire ça, il doit aller chercher les Jeux Olympiques, il doit aller vendre des Airbus, il doit aussi essayer de régler les problèmes qui se posent en Syrie ou ailleurs, mais il doit faire ça. C'est les emplois des Français, enfin, ce sont les emplois des Français qui sont en jeu sur des affaires comme ça. L'exportation, le rayonnement de la France, le tourisme,
il
fait le job. Et honnêtement, à l'international, c'est difficile pour l'instant de lui trouver des faiblesses. –
Voilà,
il y en a d'autres,
on va y venir. – Pour l'instant, c'est un
sans faute. – On va y venir. Ah oui, à mes yeux, oui, à mes yeux, il fait vraiment… – Il l'avait dit pendant la campagne, il l
'avait
dit, moi je suis un gaulo-mitterrandien, c'est-à-dire je m'inscris dans une tradition d'une France très gaullienne, en quelque sorte, je veux dire, voilà.
– Voilà,
il insiste beaucoup sur l'indépendance nationale et en même temps, sur le rayonnement de la France, c'est quelque chose de très patriote dans son discours. Et il se pose vraiment en rupture avec, plus peut-être dans le discours que dans la pratique, mais peu importe, en politique ça compte, avec ce qui s'est passé sous François Hollande et Nicolas Sarkozy. Oui, il l'assume très bien ça. – Je voulais juste compléter la réponse à votre question sur le fait que ça sert aussi, Emmanuel Macron sur la scène internationale, tout ce qu'il fait,
ce
n'est pas seulement Donald Trump. Oui, mais il faut dire aussi, je pense, qu'il profite d'une absence en Europe des autres puissances. L'Angleterre est complètement en berlificoté avec son Brexit, et Angela Merkel notamment ne supporte pas, ne s'entend pas du tout avec Donald Trump. On l'a vu hier, elle était présente à Paris pendant le Conseil des ministres franco-allemands. Ils auraient pu se croiser, faire en sorte, ils ont tout fait, enfin c'était organisé pour qu'Angleterre et Donald Trump ne se rencontrent pas.
Donc il y a aussi une carence des deux autres grandes puissances européennes, qui fait qu'Emmanuel Macron, fort intelligemment, indépendamment de sa propre image qu'il veut servir ou celle de la France, se met un pied dans la porte.
Alors Emmanuel Macron aime le rappeler, il est le chef des armées, surtout quand la grande muette se rebiffe. Cette semaine, le chef d'état-major Pierre Devilliers a violemment critiqué les coupes dans le budget de la défense devant des députés qui l'auditionnaient. Le président a brutalement recadré le militaire le plus gradé de France hier, ce qui a provoqué des remous au sein de l'armée. Julien Launay et David Lemarchand.
Comme
si de rien n'était. Ce matin, le général Pierre Devilliers assiste à la grande parade du 14 juillet aux côtés d'Emmanuel Macron. Pourtant, le plus haut gradé français rumine. L'annonce d'une suppression de 850 millions d'euros de crédit l'a profondément énervé.
D
'où ce gros coup de colère mercredi devant les députés de la commission défense.
Je
ne vais pas me faire baiser comme ça.
Le
grand écart entre les objectifs assignés à nos forces et les moyens alloués n'est plus tenable.
Cet
arbitrage budgétaire passe mal au sein de l'armée. Mais à l'Elysée, on ne veut pas entendre parler de ses critiques. Elle déclenche même une riposte cinglante. Je suis votre chef.
Les
engagements que je prends devant nos concitoyens
et
devant les armées, je sais les tenir.
Et
je n'ai à cet égard besoin de nulle pression
et
de nul commentaire.
De
mauvaises habitudes ont parfois été prises sur ces sujets, considérant qu'il devait en aller des armées comme il en va aujourd'hui
de
nombreux autres secteurs.
Je
le regrette.
J
'aime le sens du devoir.
J
'aime le sens de la réserve
qui
a tenu nos armées où elles sont aujourd'hui.
Et
ce que j'ai parfois du mal
à
considérer dans certains secteurs, je l'admets encore moins
lorsqu
'il s'agit des armées. En d'autres termes, silence dans les rangs. Pour autant, le recadrage n'a pas dissipé l'inquiétude des militaires soumis à rude épreuve. Près de 30 000 hommes sont actuellement mobilisés sur le territoire ou à l'étranger. Épuisés par leur mission pour faire face à la menace terroriste, ils veulent pouvoir exercer leur métier correctement, disent-ils. Le ministère des Armées est un ministère un petit peu particulier. Alors que les autres ministères ont une grande partie de leurs crédits qui sont consacrés au fonctionnement, ce ministère consacre une moitié
à
son fonctionnement et une moitié aux investissements.
Et
donc, les crédits de fonctionnement sont en général très peu compressibles parce que c'est de la masse salariale, du carburant, de l'électricité. En revanche, les crédits d'investissement, eux, sont des crédits que l'on peut reporter. Donc, si cette perte sèche devait être enregistrée, c'est évidemment, principalement sur les équipements à venir
que
la ponction serait effectuée.
Pour
rassurer les troupes, Emmanuel Macron prévoit une augmentation du budget de l'an prochain, 1,5 milliard supplémentaire. Lui qui table sur 50 milliards en 2025, soit 2% du PIB. Le tir serait-il rectifié ? Non, manifestement. Dans les hautes sphères de l'armée, on ne digère pas l'effort imposé en 2017. Cette annonce n'aurait jamais dû être, et en tout cas, elle n'aurait jamais dû être faite avant le 14 juillet. Donc, on est bien dans une maladresse. Est-ce qu'on est devant une incompétence ? Peut-être bien. Et de l'amateurisme ? Très probablement.
Pas
question d'être une variable d'ajustement pour le rééquilibrage des comptes publics. Ce point de vue est partagé dans la classe politique, y compris au sein de la majorité. Je le regrette, surtout quand je vois l'explication qui a été donnée par Bercy, puisqu'on nous dit qu'il faut faire 4,5
milliards
d'économies, mais dans le même temps, on ouvre 1,5 milliard d'ouverture de crédit pour la capitalisation d'Areva. Donc, je trouve un peu délicat de donner cette explication. Et je comprends que les armées se disent, alors que nos hommes risquent leur vie tous les jours sur les théâtres d'opération, on leur demande de faire des sacrifices budgétaires, on leur demande de faire des coupes budgétaires pour recapitaliser une société qui est certes importante, mais on aurait pu trouver un autre moyen de le recapitaliser. Depuis son investiture, Emmanuel Macron n'a pas cessé de mettre en scène son rôle de chef de guerre.
Au mois de mai, il avait même réservé son premier déplacement hors de l'Europe aux contingents déployés au Mali. Beaucoup d'espoir déçu à cause de cet arbitrage budgétaire. Peut-être davantage si le général Pierre de Villiers devait démissionner.
On va revenir tout de suite sur ce qui s'est passé hier à l'hôtel de Brienne. C'est le ministère de la Défense, tout simplement. Jean-Dominique Merchel, je rappelle que
vous
êtes spécialiste des questions militaires. Il y
a
eu donc cette prise de parole du président Macron. Ces mots, on les a entendus, qui sont d'une violence rare dans ce genre de situation, évidemment. Pourquoi Emmanuel Macron a-t-il publiquement humilié, on peut le dire, le chef d'état-major des armées
? Écoutez,
j'y étais hier soir. Et effectivement, il y avait une stupéfaction. Il faut imaginer, c'est la réception, la garden party à la veille du défi du 14 juillet. Tous les ans, il y en a une, voilà. Vous avez, c'est dans les jardins du ministère des armées, vous avez toute la hiérarchie militaire,
tous
les industriels de l'armement, des représentants de toutes les unités qui défilent le lendemain, dont les écoles militaires, les jeunes officiers, des délégations étrangères, énormément de délégations étrangères. Vous avez des centaines de personnes qui sont là. Donc, en général, il y a un discours très consensuel. Et puis, on chante la Marseillaise tous ensemble et tout va bien. Et là,
il sort ce qu'on
vient d'entendre dans la stupéfaction générale. Moi, honnêtement, ça doit être ma 22e garden party. Jamais j'avais assisté à une scène comme ça. Il s'est passé quelque chose. Alors, tous les généraux qui étaient là étaient tous concernés et cherchaient le mot. Ils disaient, c'est quoi ? C'est une remontée de bretelles, une avoinée, un bourg pif. – Il est quand même allé
très
très loin aussi. Non mais, Pierre
de Villiers,
le chef d'état-major, il va devant une commission de la défense à
l'Assemblée. – La commission de la défense
se réunit à huis clos.
–
D'accord, à huis clos, mais enfin, vous savez très bien que ça va
sortir. – Oui, oui, bien sûr. – Il dit, pardon pour les
téléspectateurs, il dit, je ne vais pas me faire baiser.
– Le général Pierre de Villiers, depuis plus d'un an, près de deux ans maintenant, met une campagne
qu
'on peut qualifier de politique pour
l
'augmentation du budget de la défense.
Il
le fait à sa manière, qui est peut-être un peu excessive, mais manifestement qui a déplu à son chef. Le chef, en l'occurrence, Emmanuel Macron,
n
'était pas forcément obligé de lui dire en public. D'autant qu'il venait,
le
jour même, de le maintenir à son poste pour une année supplémentaire. Donc il pouvait le convoquer dans son bureau la veille, lui dire, écoutez, mon général, vous êtes bien gentil, l'heure de la retraite a sonné, votre CDD est terminée, parce que c
'est
un CDD de cinq ans, vous rentrez chez vous, et je nomme quelqu'un d'autre. Il aurait pu faire ça. Là, il l'a humilié réellement, devant toute la communauté de défense. C'est très étonnant. Pourquoi le fait-il ? Je pense que ça tient au caractère d'Emmanuel Macron et à rien d'autre. C'est une erreur, Guillaume Tabard ? Je pense que
c'est
une erreur, parce que je pense qu'Emmanuel Macron a voulu faire un acte d'autorité, mais qui, vu les conditions et les mots choisis, révèle plutôt une tentation d'autoritarisme. Parce que, comme le disait Jean-Dominique,
on
a en regard des propos
privés,
en tout cas des propos dans une enceinte close, qui n'auraient pas dû sortir, qui sont sortis, et je suis d'accord avec vous, on sait bien que ça peut toujours sortir, mais malgré tout, ça reste des propos tenus dans une enceinte particulière où, en principe, les parlementaires qui auditionnent quelqu'un et la personne qui est auditionnée peuvent se parler librement, en confiance et sans langue de bois. Et, en l'occurrence, il n
'a
pas vraiment fait de la langue de bois. Emmanuel Macron, qui sait tout ça, qui a vu le nombre de phrases de François Hollande qui ont fuité dans la presse, et c'est aussi pour ça qu'Emmanuel Macron maîtrise sa propre communication et évite tout ce genre de scénario. Mais il est conscient de ça. Donc, il aurait pu faire trois choses. Il aurait pu dire, publiquement, « Moi, je ne commande pas des propos qui ne sont pas des propos publics, ce n
'est
pas mon domaine, je suis président de la République, je suis là pour commenter des faits, pas des racontards, des on-dit ou des propos rapportés. » Il aurait pu, comme vous l'avez dit, l'engueuler en privé et même aller un peu plus loin, faire savoir qu'il l'avait engueulé. Mais là, il choisit de l'humilier par les mots qu
'on
a entendus, par le lieu, faire ça chez les siens. On est
au
ministère de la Défense, ça veut dire que consciemment, il a choisi de faire cela pour montrer qu'il était le chef.
Au
passage, dire « Je suis votre chef
», quand
on est chef, en général, il n
'y a
pas besoin de le dire, on le montre, et il
y a
un petit aveu de faiblesse de devoir rappeler cela. Et puis surtout que là,
on
voit, la scène, elle dure, il insiste, il insiste. Parmi les petits éléments de compréhension,
je
crois que, vous l'avez rappelé, il venait de confirmer le général de Villiers comme chef d'état-major.
Je
crois que,
pour
accepter cette prolongation, le général de Villiers avait assorti cela d'un certain nombre d'exigences budgétaires qui lui auraient été garanties par Emmanuel Macron.
Donc
le général de Villiers avait déjà vécu comme une première humiliation l'interview de Gérald Darmanin, le ministre du Budget, disant « Tiens, pour l'armée, ce sera 800 millions comme ça d'un trait de plume ». Le général de Villiers a eu le sentiment que cette parole avait été trahie et c'est pour cela, peut-être, qu'il s'est lâché un peu plus auprès des parlementaires. Jérôme Saint-Marie.
Oui,
je crois que c'est effectivement une erreur, en tout cas au minimum, une erreur de communication. Il faut savoir que l'armée n'a jamais, rarement été aussi appréciée par les Français qu'elle l'est aujourd'hui, notamment depuis les attentats. Il y a des sondages qui ont été faits qui montrent que les Français, malgré les efforts qu
'on
leur demande, soutiennent les exigences de l'armée pour un effort budgétaire plus important. Et ce n
'est
pas le cas pour n'importe quelle institution. Souvent, les Français disent « On ne
va
pas payer plus d'impôts, etc. » Non, non, pour l'armée, c'est plus de 80% des Français qui soutiennent les exigences telles qu'elles ont été exprimées, d'une certaine manière, par le chef d'état-major des armées, pas avec son vocabulaire, mais dans son sens. Et par ailleurs, c'est aussi une erreur de communication à un autre niveau. Il y a quand même toutes les opposants d'Emmanuel Macron qui l'accusent très souvent d'être très autoritaires, voire trop. Il y a le débat sur les ordonnances qui a lieu, qui concerne tout le monde.
Et puis voilà, effectivement, cette démonstration peut-être inutile d'autorité, avec d'ailleurs une phrase qui a été citée tout à l'heure, où il dit, Emmanuel Macron, « J'ai déjà du mal à considérer ces comportements, grosso modo, de contestation, dans d'autres secteurs, donc on comprend aussitôt le secteur social. Alors donc, à l'armée, je supporterais encore moins. »
Mais
enfin, c'est une forme d'intolérance, en quelque sorte, à la critique qui a été exprimée.
– Yannick Alimi, est-ce que ce n
'est
pas aussi quelque chose qu'on a déjà entendu, qu'au fond, Emmanuel Macron, il veut gouverner seul, il veut agir seul. Là, il court-circuit aussi sa ministre, d'une certaine façon,
la ministre de la Défense. – Oui, c'est
effectivement des excès d'autorité qui frôlent, qui frisent, qui sombrent dans l'autoritarisme. Alors seul, effectivement, il n'avait pas averti sa ministre. Je pense que
c
'est un peu plus compliqué, un peu plus nuancé que ça. Il consulte beaucoup, il fait beaucoup remonter. Emmanuel Macron, c'est ça aussi. Souvenez-vous, quand même, sa campagne numérique, digitale, il fait remonter beaucoup de choses. Bon, en tout cas, vous avez raison, il veut incarner le chef, il veut bien partager des désaccords, mais il veut incarner cette autorité. Et lui, il a été élu aussi pour ça. Dans la campagne, dans cette élection, il y a eu bien sûr des questions de fonds structurels, l'emploi, la sécurité, l'identité, peut-être également. Mais il y a aussi, je crois, la forme de présidence et de président ou de présidente que voulaient élire les Français.
Quand ils ont élu Emmanuel Macron, après pas mal de circonvolutions,
on
n'arrivait pas à saisir la personnalité de cet homme, bon, on l'a saisi petit à petit au fur et à mesure. Ils ont élu et de toute façon, il a dévoilé la fonction telle qu'il voulait l'incarner et la mener. Les Français ont voulu élire, je pense, ont voulu élire un président sinon autoritaire, en tout cas, représidentialisé, regaulisé, si vous voulez. Donc voilà, il n'est pas en désaccord avec le mandat qui lui a été confié. Cela dit, je pense quand même qu'il y a une explication qui est difficile à donner sur la façon dont il s'est comporté dans cette affaire-là.
Cela s'explique peut-être par, je ne veux pas faire de la psychanalyse de bas étage, mais Emmanuel Macron est le seul président de la République à ne pas avoir fait son service militaire. est-ce qu'il a une sorte de relégitimisation à vouloir peut-être rattraper peut-être face aux militaires ? Je n'en sais rien.
Sur le fond, Jean-Denis Mercier, regardez la question qui est posée. Avec quel argent Emmanuel Macron compte-t-il relever à 34,2 milliards le budget de l'armée en 2018 alors que nos finances sont exenques ? C'est vrai qu'on a du mal à comprendre. On nous annonce pour 2017 une ceinture et par contre en 2018 vous verrez ça va revenir. Où est la logique ? Et au fond, qui a raison sur le fond dans cette affaire
? Alors,
la France a souscrit un engagement international au sein de l'OTAN qui est de porter son budget de la défense à 2% du PIB à l'horizon 2024-2025. Ça c'est un engagement tous les candidats à la présidentielle le partageaient à peu près des nuances près. Donc on est sur ce... Comment va-t-on faire si on ne rétablisse pas les finances publiques ? Ça veut dire que tous les ans il faudrait augmenter le budget de
la
défense de plus de 2 milliards. Chaque année mettre 2 milliards en plus.
Il
me semble que c'est un objectif inatteignable. Tout le monde dit non, on va le faire,
on
va le faire. Je ne sais pas comment ils vont le faire. On voit bien que la première année, la première fois où la question se pose on coupe déjà de 850. L'année prochaine on dit on va augmenter d'un milliard 5.
Eh
bien
on
en reparlera fin 2018 et on verra ce qui se sera réellement passé. C'est difficile avec des finances publiques dans l'état où elles sont parce qu'elles ne sont pas...
Elles sont bonnes. Au
-delà de l'état des finances publiques il y
a
quand même le problème de la menace terroriste qui reste extrêmement élevée. Il y a les théâtres
d
'opérations. On coupe par exemple je discutais hier avec des gendarmes des officiers de la gendarmerie. La gendarmerie
et au
moins autant que les armées et la police évidemment dans la lutte anti-terroriste la gendarmerie on lui coupe cette année 100 millions d'euros. Là
!
Donc
le
ministère des Affaires étrangères qui joue un rôle on parle par exemple on dit oui la paix en Afrique ne peut revenir que s'il y a du développement oui sauf qu'on coupe 300 millions au budget du ministère des Affaires étrangères. on coupe plus d'argent au ministère des Affaires étrangères qui doit avoir 6000 ou 7000 fonctionnaires qu'à l'ensemble de Bercy
parce
que au fond ce qui s
'est
passé avec la victoire de Macron
c
'est la victoire de Bercy. Bercy en tant qu'institution a pris le pouvoir dans la République
et
donc aujourd'hui c'est Bercy qui décide et le secrétaire général de l'Elysée Alexis Collère est un pur produit de cette maison c'est le vrai
Premier
ministre le vrai dirigeant du pays avec Emmanuel Macron c'est lui et c'est lui qui coupe voilà c'est ça la réalité donc après on nous dit on tiendra l'objectif des 2%
et
bien nous verrons nous verrons Ce matin Emmanuel Macron s'est contenté d'une brève allocution à l'issue du défilé militaire pas d'interview télévisée du 14 juillet c'était pourtant une tradition depuis près de 40 ans maintenant une fois de plus l'Elysée impose une communication totalement verrouillée Anaïs Bouissou et David Lemarchand
je
souhaite
à
toutes les françaises
à
tous les français
à
tous ceux qui ont choisi la France et à tous ceux qui l'aiment
une
fête nationale sereine
et
joyeuse
une
petite phrase en fin de discours et un rapide bain de foule c'est tout ce qu'il reste du traditionnel rendez-vous entre le président et les français
le
chef de l'état balaye 40 ans de tradition du 14 juillet
de
Valéry
Giscard d'Estaing moderne et décontractée dans les jardins de l'Elysée 14 juillet qu'est-ce que c'est c'est une fête républicaine
à
François Mitterrand et son bouquet de roses symbole du parti socialiste
est
-ce que ça va dans le sens de ce que vous souhaitiez de ce 14 juillet
plus
solennel la conférence de presse de Jacques Chirac
je suis
heureux de vous accueillir
même Nicolas Sarkozy se plie aux questions après les avoir boudés l'année de son élection ici en 2012 François Hollande imprime sa marque hors de l'Elysée à l'hôtel de la Marine cadenassé verrouiller toute communication c'est l'obsession d'Emmanuel Macron
premier
conseil des ministres en mai dernier
les
médias attendent en vain aucun membre du gouvernement n'est autorisé à parler
premier
déplacement au Mali à la rencontre de l'armée française
l
'Elysée choisit les journalistes
qui
accompagnent le président
si
vous le voulez bien je vais répondre à vos questions
le
porte-parole Christophe Castaner s'en explique la présence de 50 journalistes d'une dizaine de caméras nuit un peu au dialogue direct et à l'échange que peut avoir le président de la république avec les français donc il ne s'agit pas de contrôler il ne s'agit pas d'imposer
les
frictions s'accumulent
jusqu
'aux communiqués de 23 rédactions qui dénoncent des signaux extrêmement préoccupants pour la liberté de la presse
que
les journalistes ne soient pas tous très contents c'est peut-être
une
réalité mais est-ce que c'est si important que ça ce qui est important c'est que les français aient le sentiment qu'ils ont un président à leur écoute et qu'il va faire le travail pour lequel il s'est engagé
et
actuellement les français le
plébiscitent quand
le président communique c'est avec ses propres images orchestrées
mais
comment vous saviez que j'étais au standard
la
mise en scène est imposée aux médias et sur les réseaux sociaux une stratégie qui pourrait finir par s'avérer dangereuse
il
faut quand même qu'il y ait ce lien charnel ce lien indispensable ce lien social entre le peuple de France et le président donc la communication c'est pas qu'elle doit être complètement outrancière ou complètement désordonnée comme elle a été du temps de François Hollande et il faut pas non plus qu'elle soit complètement clandestine qu'elle soit complètement fermée parce que c'est pas tenable sur le long terme
et
le pouvoir veut aller plus loin encore
le
parti du président En Marche veut devenir un média recruter des journalistes et produire ses propres vidéos
une
façon de contrôler toujours plus l'information
Guillaume Tabard il a un problème avec les journalistes Emmanuel Macron
d'abord je pense qu'il faut éviter d'avoir une vision binaire des choses c'est croire qu'avant tous les présidents étaient totalement transparents et que lui ne le serait pas du tout
tous
les présidents et tous les politiques gèrent leur communication y compris lorsqu'ils sont proches des journalistes comme était François Hollande comme l'était Nicolas Sarkozy c'était aussi un outil de communication et nous journalistes on devait être conscient et ne pas être dupes si on était reçu si on était parfois choyé reçu à déjeuner etc c'était pas pour nos beaux yeux c'était parce que c'était le moyen aussi de créer de faire passer des messages donc voilà donc il faut toutes les communications il faut quand même le savoir ensuite Emmanuel Macron lui il pousse la logique vraiment jusqu'à son extrême en ne faisant que la communication par l'image
de
son point de vue il aurait tort de s'en priver parce que pour l'instant ça marche alors le grand problème c'est que comme toujours ce type de communication ça marche lorsque l'opinion j'allais dire achète cela c'est à
dire
qu'on voit de belles images on voit il accueille Poutine dans la galerie des batailles de Chatea Versailles on dit quelle belle image il accueille Trump sur les Champs-Elysées on dit quelle belle image bon accessoirement les journalistes ne sont pas nous ne sommes pas une profession qu'à une image très forte dans l'opinion ça ne m'avait pas échappé taper sur les journalistes ça fait toujours du bien alors certains le font de manière un peu un peu brutale d'autres le font de manière apparemment élégante mais c
'est
le même objectif qui est poursuivi ça s'attirait la sympathie de l'opinion en critiquant
des
médiateurs qui sont perçus comme étant des écrans voilà pour faire bref
vous
croyez que c
'est
ça l'objectif Jérôme Saint-Marie c'est effectivement éloigner éloigner la presse parce qu'on sait très bien qu'il n
'y
aura pas de manifestation pour réclamer une interview du 14 juillet
Oui
bien sûr l'essence même de la communication politique c'est d'abord le contrôle et d'abord d'éviter justement de mettre des écrans et de mettre effectivement de vérifier que tout ce qui sort en quelque sorte d'une institution d'un parti politique ou tout ce qui exprime un candidat et donc là ce contrôle est poussé à l'extrême ça se situe aussi dans une logique plus globale du macronisme qui est d'utiliser au maximum toutes les ressources politiques des institutions de la 5ème République et comme effectivement on n'est pas sûr qu'il
y ait
une base sociale et politique suffisante pour toutes les réformes qui vont être faites et bien il faut essayer de transcender ça en quelque sorte par la figure du chef de l'État ça s'appelle ça peut s'appeler le césarisme d'ailleurs dans certains cas et effectivement c'est cette idée là il y a des termes plus polis également mais enfin bon en tout cas c'est la même idée c'est de subjuguer les contradictions de la société dans l'admiration portée au chef de l'État ça suppose également beaucoup de contrôle et beaucoup de communication mais ça peut permettre et ça l'a permis en 1958 par exemple avec le général de Gaulle ça peut permettre effectivement de dépasser certains blocages donc il n
'y a
pas de jugement de valeur dans ce que je viens d'exprimer Jannick,
ça veut dire qu'Emmanuel Macron ne donnera jamais d'interview aux Parisiens vous avez sollicité le président Macron pour lui demander une interview comme tout le monde oui comme tout le monde
enfin attendez il se met là en marche si je puis dire il faut qu'il se pose donc je ne
vais
pas commencer à critiquer le président alors qu'il ne
m
'a même pas donné d'interview il ne
faut
pas injurier l'avenir et le laisser venir sur
cette histoire du 14 juillet c'était un rendez-vous ce n
'est
pas seulement pour faire plaisir aux deux journalistes qui vont l'interviewer c'est aussi pour parler
au
français oui c'est vrai mais il
y
a d'autres façons de parler au français et on a bien compris que l'Emmanuel Macron dont la pensée est très sophistiquée il le dit lui-même il a du mal à faire passer toute la substantifique moelle de sa pensée dans quelques réponses c'est lui qui le dit je ne
sais
pas vous vous souvenez les journalistes du monde avaient dévoilé ça je veux dire il y a plusieurs éléments dans le fait de ne pas donner d'interview les interviews il n'est pas maître encore une fois des questions qu
'on
lui pose il veut maîtriser totalement le discours ça c'est sûr il estime en plus que les deux trois questions qu'on peut lui poser pendant ce type d'interview ne font pas avancer les choses et ne clarifient pas sa pensée ou la politique qu
'il
veut mettre en place troisièmement ça participe comme on le disait de la présidentialisation de son encore une fois de la fonction il estime que le fait de raréfier sa parole donne d'autant plus d'importance à sa parole et de poids à sa fonction mais juste pour terminer ça ne vous dérange pas attendez ça commence ça va commencer à devenir effectivement nécessaire parce que comme le disait d'ailleurs on a besoin quand même d'entendre parler le président d'autant plus qu'il vient de se mettre véritablement à l'ouvrage donc le silence ne fait pas sens et je pense qu'Emmanuel Macron qui a besoin d'expliquer qui a quand même un cérébral et un intellectuel va vite se rendre compte qu'il va falloir qu'il explique
et
qu'il donne un sens à la politique très compliquée très sensible qu'il va mettre en place et je crois savoir qu'il est déjà en train de changer et de modifier l'équipe de communication qui l'entoure donc voilà j'en suis là
question sms la seule fausse note de ce défilé n'était-elle pas son discours à la fin était-il vraiment indispensable pour pas donner d'interview il a fait ce discours de 5 minutes qui objectivement bon c
'était bizarre il n'avait pas d'intérêt c'était un peu ça arrivait comme un cheveu sur la soupe c'était un peu creux non on le
dit aussi
sans
être la liberté
l'égalité la fraternité ouais tout le monde est pour quoi c'est même le jour non il fait la preuve que ça ne sert à rien peut
-être par l'absurde
c'était on ne fait pas un discours place de la concorde enfin je ne
sais
pas c'était étrange je pense qu
'on
l'oubliera assez vite on dirait
une fois encore Emmanuel Macron
il veut maîtriser ses messages or il sait bien qu'une interview de 14 juillet qui par définition va aborder tous les sujets y compris les sujets politiques politiciennes va brouiller le message il
y a
un exemple quand même très très frappant c'était il y a un an alors bien sûr il
y a
eu l'attentat de Nice le soir qui avait brouillé les choses mais oublions si j'ose dire l'attentat de Nice qui était ressorti de l'interview de François Hollande le 14 juillet une seule chose
sa
réponse à Emmanuel Macron qui la veille a fait son fameux meeting à la mutualité et le président avait dû se justifier peut-il rester au gouvernement tout en critiquant bon et donc voilà tout le message sur le rôle de l'état de Sarah que Hollande avait vu avait voulu faire passer était passé totalement à l'as Emmanuel Macron c'est ça d'expérience il dit si je veux donner une image de ce 14 juillet il faut que rien ne vienne à polluer vous
évoquez à
l
'instant le 14 juillet de l'an dernier après le défilé militaire Emmanuel Macron s'est envolé pour Nice il préside en ce moment l'hommage aux victimes de l'attentat qui a fait 86 morts il y a un an jour pour jour cérémonie extrêmement solennelle il y a eu une minute de silence il y a quelques instants
en
mémoire des victimes
nous
allons observer une minute de silence
beaucoup
d'émotions à Nice à l'occasion de cet hommage
aux
victimes on y reviendra d'ailleurs demain en direct dans l'air du samedi qui sera entièrement consacré à cet attentat de Nice un an après d'un point de vue plus politique est-ce que cette journée du 14 juillet au fond ne vient pas clore une séquence comme on dit un chapitre politique qui a démarré le 7 mai avec l'élection d'Emmanuel Macron et qui se termine aujourd'hui avec la fin d'une séquence où il y a eu beaucoup de symboles beaucoup d'images
et
maintenant il va falloir passer vraiment à l'action
le paysage est en place alors soyons honnêtes avec lui il a déjà entamé la séquence suivante c'est-à-dire que le fond de
l
'action la loi sur le travail avec les ordonnances qui en sortiront elle vient d'être votée à l'Assemblée donc le travail a déjà commencé mais c'est vrai qu'on est quand même une séquence vous dites qu'il a commencé le 7 mai qui s'achève on pourrait presque dire qu'il a commencé le 14 juillet 2016 qui s'achève aujourd'hui avec
la
référence
à
ce lancement politique d'Emmanuel Macron à la mutualité et aussi bien sûr avec l'attentat de Nice qui a coloré aussi tous les débats politiques et qui a conduit notamment aux lois sur l'état d'urgence etc. vous évoquiez
l'opinion tout à l'heure au fond peut-être une sorte d'indulgence peut-être ou de facilité j'allais dire depuis l'élection est-ce que les choses peuvent changer à partir de maintenant on termine encore une fois une séquence
alors
sur l'opinion les données sont pas tout à fait convergentes selon les instituts mais si je prends un institut comme l'IFOP ça indique 66% de popularité au mois de mai pour le président de la république 60% en juin 56% aujourd'hui en un mois moins 10 points c'est pas exceptionnel dans la mesure où il y a toujours une usure parfois très rapide la fin
de l'état de grâce c'est
un cas pour François Hollande qui lui carrément était devenu impopulaire dès le mois de septembre mais il
faut
dire qu'on n
'est
pas dans un niveau de popularité au départ qui est énorme et encore une fois il n
'y a
pas eu de second tour pour clarifier vraiment les choses à la présidentielle donc il y
a
ce socle de 24% que Emmanuel Macron avec sa communication et en investissant énormément les symboles de l'état et bien essaye de faire fructifier et y arrive on est passé en fait de 24% au premier tour si vous voulez à 56% de popularité et ça c'est ce que permettent justement ce rôle de chef de l'état et pour bien des côtés c
'est
un rôle et les affaires militaires par exemple sont quelque chose d'extrêmement confortable pour un chef de l'état on est toujours populaire si vous voulez même François Hollande avec toutes ses difficultés à incarner la fonction et bien lorsqu'il était au Mali les français avaient apprécié donc c'est un peu la partie y compris allons jusqu'au bout y compris lorsqu'il y a des cérémonies mémorielles lorsqu'il y a des hommages qui sont rendus à des victimes et bien pour le chef de l'état pour lui-même forcément ça a tendance à faire taire les critiques et ça a tendance à pousser tous les français à s'identifier dans la douleur et la commémoration à lui mais effectivement ça ne dure pas très longtemps par ailleurs il y a aussi je finirai par là-dessus il y a aussi la communication il y a tout cela mais si on regarde du point de vue des français la commémoration de l'attentat de Nice rappelle aussi des sujets qui sont un peu disparus de l'actualité mais qui demeurent très présents dans l'opinion par rapport justement au terrorisme islamique par rapport à l'immigration etc.
là aussi l'opinion n'est pas seulement dans la communion elle est aussi dans la demande de solutions voici maintenant vos questions SMS et internet