#RP27 - LES ENTOURLOUPES DE MACRON NE TROMPENT PERSONNE
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Bonjour et bienvenue pour ce nouveau numéro du rapport politique. Alors hier soir le président de la République a parlé, son intervention était très attendue, comme on pouvait le craindre on a assisté à un nouvel exercice de mystification avec des annonces annoncées en grandes pompes et relayées immédiatement par tout l’appareil médiatique, mais des annonces qui ne sont en fait qu’un nouvel enfumage. Le président de la République indique d’abord une hausse du SMIC, en réalité il ne s’agit bien évidemment pas d’une hausse du SMIC mais d’une accélération du calendrier d’augmentation de la prime d’activité qui était déjà prévue en réalité et qu’il s’agit seulement d’avancer cette prime d’activité.
Elle va profiter à, à peu près, un quart des personnes qui sont au SMIC en réalité et puisque c’est une prime elle ne participe pas, ce n’est pas une augmentation de salaire et elle ne participe pas, par exemple, au calcul de la retraite. Le président de la République annonce revenir sur les hausses de la CSG, en réalité là aussi si vous regardez dans le détail, il s’agit de revenir uniquement pour une partie des retraités puisque le compte total sera fait à l’échelle du foyer, à l’échelle du ménage. C’est à peu près la moitié des retraités qui bénéficieront de ce retour sur la mesure qui avait été prise, mais surtout le président de la République n’a rien dit pour réindexer les pensions de retraite sur l’inflation et c’est donc l’immense majorité des retraités de ce pays qui vont payer encore le prix de la politique gouvernementale.
Le président de la République a indiqué aussi, et en cela a repris une mesure, une proposition qui avait été celle de Nicolas Sarkosy, qui avait déjà été mise en œuvre sur l’exonération -la défiscalisation pardon- des heures supplémentaires, une mesure qui à l’époque faisait dire au ministre de l’intérieur actuel qu’elle allait coûter beaucoup d’argent, près de 4 milliards d’euros, et qu’elle allait surtout conduire à supprimer plus de cent mille emplois, et comment justifier une mesure qui vise en réalité à contourner la durée légale du travail dans un pays qui atteint pourtant des taux de chômage qui sont des taux de chômage records. Enfin le président de la République a indiqué qu’il demanderait, et a fait l’aumône, la charité, aux grands patrons d’accorder des primes exceptionnelles qui seraient défiscalisées. On pense là à ce qu’avait fait déjà le président de la République au moment de la baisse des aides pour le logement où il avait supplié les propriétaires de bien vouloir baisser les loyers pour compenser les effets de cette mauvaise politique.
Donc là à nouveau ce qui nous est présenté comme une annonce est en réalité juste un appel à la charité qui sera bien évidemment pas suivie des faits même pire qui pourra bénéficier et être utilisé comme un effet d’aubaine pour celles et ceux qui avaient déjà prévu de distribuer ces primes exceptionnelles. C’était donc un coup pour rien, une intervention pour rien, et hier après la fin de l’intervention du président de la République c’est sans aucun doutes les grandes fortunes et les multinationales qui ont sorti le champagne, rien sur l’impôt sur la fortune, qu’il faudrait pourtant rétablir, ça permettrait de faire rentrer 4 milliards d’euros dans les caisses de l’état. Rien de précis contre la fraude et l’évasion fiscale, rien pour prendre de l’argent dans la poche des multinationales puisque toute remise en cause du crédit impôt compétitivité emploi dont le montant est doublé cette année, est écarté alors que on aurait là des ressources financières importantes pour investir par exemple dans la transition écologique.
Les riches et les multinationales sortent le champagne, ce n’est bien sûr pas le cas de tous les oubliés de ces annonces du président de la République : les jeunes qui se mobilisent massivement dans la rue, la grande majorité des retraités -j’en ai parlé-, les fonctionnaires puisque rien ne sera annoncé pour rehausser le point d’indice qui est gelé depuis maintenant un grand nombre d’années, rien pour les chômeurs qui sont de plus en plus nombreux dans ce pays aujourd’hui, rien sur l’écologie aussi alors que c’est pourtant au nom de l’écologie que le gouvernement avait choisi d’augmenter la taxe sur les prix des carburants taxe sur les prix des carburants qui a été balayée par la majorité et par la mobilisation des gilets jaunes. Mais rien pourtant sur l’écologie qui est pourtant une cause nationale c’est ce qu’avait dit le pouvoir ces derniers mois et on peut voir qu’il s’agissait surtout d’un effet d’aubaine, d’une tentative de maquiller derrière la prise en compte de l’impératif écologique, en réalité le fait d’aller piocher de l’argent dans la poche de tout un chacun pour financer les cadeaux du pouvoir aux plus riches. Rien donc pour tous ces oubliés qui bien évidemment ne sont pas les grands gagnants de cette intervention, et quand on regarde avec un petit peu de recul les annonces gouvernementales on voit bien qu’elles ne sont pas en mesure de répondre aux aspirations, aux préoccupations qui ont été exprimées sur les barrages, qui ont été exprimées dans ce grand mouvement, dans cette grande mobilisation des gilets jaunes.
Bien sûr c’est à celles et ceux qui se mobilisent de décider maintenant de la suite qu’ils vont donner au mouvement mais pour notre part nous soutenons celles et ceux qui appellent à poursuivre cette mobilisation avec nous l’espérons une grande nouvelle journée de mobilisations ce week-end. Et les entourloupes, les enfumages, l’instrumentalisation des questions sécuritaires n’y feront rien pour tasser, empêcher cette mobilisation de se poursuivre. Cette mobilisation elle porte des revendications qui sont des revendications de justice fiscale, elle porte des revendications qui sont des revendications démocratiques et si effectivement le président de la République veut y répondre il a des solutions sur la table.
Qu’il rétablisse enfin l’impôt sur la fortune, c’est une demande extrêmement forte qui remonte de cette mobilisation, qu’il prenne l’argent du CICE pour l’investir dans la transition écologique, par exemple en lançant un grand plan de rénovation thermique des bâtiments, qu’il engage enfin le processus d’une grande réforme fiscale, nous nous avions proposé 14 tranches pour un impôt qui soit un impôt plus lisse, un impôt qui permette à chacun de contribuer à la hauteur de ses moyens et qui mette d’avantage à contribution les grandes fortunes de ce pays qui aujourd’hui profitent des dispositifs d’exonération fiscale qui fait qu’elles contribuent moins, proportionnellement que les classes moyennes, à la solidarité nationale. Enfin qu’il prenne enfin en compte l’impératif démocratique, les exigences démocratiques qui s’expriment extrêmement fortement dans ce mouvement, par exemple en mettant en œuvre le référendum révocatoire, par exemple en mettant en œuvre le référendum d’initiative citoyenne, par exemple en lançant enfin ce grand processus d’assemblée constituante dont le pays aujourd’hui a besoin, pour reconstruire les règles du jeu, pour renouer le lien entre des citoyennes, des citoyens qui sont le plus éloignés, de plus en plus éloignés de la représentation politique et qui ont besoin aujourd’hui qu’on reconstruise ce pacte ensemble pour y croire à nouveau. Ces revendications de justice fiscale, ces revendications d’égalité, ces revendications démocratiques elles sont bien sûr dans les engagements de la France Insoumise mais surtout elles émergent dans les mobilisations, dans les barrages, dans ce grand mouvement des gilets jaunes qui, c’est certain, va se poursuivre encore ce week-end.
Elles émergent à tel point qui y compris celles et ceux qui tentent de récupérer ce mouvement, notamment à l’extrême droite, voient mal, voient d’un mauvais œil le fait que ce soit ces revendications qui l’emportent et essaient d’intoxiquer, d’embrouiller encore les gens, en multipliant les fake news avec ce soit disant « Pacte de Marrakech », « Pacte de Marrakech » qui en réalité est un pacte de l’ONU qui vise seulement à dire que oui l’émigration forcée est un problème, qu’il faut donc s’attaquer aux causes d’émigration, « Pacte de Marrakech » qui rétablit en réalité le principe de la souveraineté des états sur leur politique migratoire et qui sont bien sûr bien loin de l’instrumentalisation, de la tentative de récupération que met en œuvre le Front National pour essayer de récupérer ce mouvement donc prenez garde, ne vous laissez pas intimider, ne vous laissez pas manipuler par ces mensonges, par cet enfumage, par cette fake news autour de ce soit disant « Pacte de Marrakech » qui est en réalité juste un pacte international qui n’empêchera rien, qui ré établit au contraire et qui réaffirme au contraire le principe de la souveraineté des états dans le choix de leur politique migratoire. On est encore une fois après cette intervention du président de la République dans une situation de blocage du pays, la mobilisation va se poursuivre, ça fait maintenant depuis plusieurs semaines, plusieurs mois que cette mobilisation se poursuit, elle crée, elle met le pays dans une situation de tension qui est une situation extrêmement difficile, extrêmement complexe, et aujourd’hui le président de la République par son intervention n’est pas en mesure d’arrêter cette mobilisation, pourquoi ? Il le dit lui-même parce qu’il ne veut pas revenir sur la cohérence de ses engagements programmatiques.
C’est son choix mais ce n’est pas l’avis d’une grande majorité des français qui soutiennent ce mouvement des gilets jaunes. Et donc aujourd’hui la question qui est à l’ordre du jour c’est la question du retour au peuple, c’est la question du retour aux urnes, c’est la question qui permet aux citoyennes, aux citoyens de faire leur choix, de se prononcer en connaissance de cause, est-ce qu’on poursuit ou pas avec la logique gouvernementale ou est-ce qu’au contraire on veut une politique différente, une politique qui met au cœur le partage de la richesse, la justice fiscale, la prise en compte de l’impératif écologique, la prise en compte de nouveaux droits démocratiques pour le pays. C’est le retour au peuple, c’est le retour aux urnes qui est aujourd’hui la solution, et le président de la République n’a plus rien à dire en fait d’autre que le retour aux urnes par la dissolution de l’assemblée nationale, c’est ce que nous disons, c’est ce à quoi nous aspirons et c’est aussi un mot d’ordre qui remonte très fortement dans les mobilisations ces derniers jours et ces dernières semaines.
Ce retour aux urnes quoi qu’il arrive, qu’elle que soit la décision du président de la République, il aura lieu avec les élections européennes, nous avons dit depuis le début que ces élections seront l’occasion d’un grand référendum anti Macron et de ce point de vue là la convention de la France Insoumise qui s’est déroulée ce week-end à Bordeaux a été un grand succès. Nous avons adopté notre programme pour les élections européennes, nous avons adopté notre liste de candidats pour les élections européennes et nous sommes maintenant en ordre de marche pour la grande bataille qui s’annonce, la grande bataille qui va venir. Nous somme très fiers de cette liste de candidates et de candidats qui donne la part belle à une diversité sociale, à une représentation de candidats qui sont le plus possible à l’image du peuple français jusque dans sa tête de liste puisque nous avons fait le choix de confier la tête de la liste de la France Insoumise pour les élections européennes à une personne qui n’était pas initialement issue de nos rangs, qui était engagée dans une association dans une ONG dans la lutte contre la fraude et l’évasion fiscale, dans la lutte pour la justice fiscale, dans la lutte contre les inégalités des richesses, dans la lutte pour l’écologie, dans tous ces combats qui sont au cœur de nos engagements programmatiques.
Alors dans les prochaines semaines, dans les prochains mois, en continuant le soutien à la mobilisation des gilets jaunes et en s’engageant dans cette bataille pour les élections européennes, je crois que nous pouvons faire reculer définitivement le pouvoir, je crois que nous pouvons montrer que bien sûr la France Insoumise est une force d’opposition mais qu’elle constitue aujourd’hui l’alternative dont a besoin le peuple français. Voilà c’est tout pour cette semaine, on se retrouve la semaine prochaine pour un nouveau numéro de rapport politique et d’ici-là on lâche rien, on reste en soutien dans nos barrages, avec les gilets jaunes qui se mobilisent partout en France.
Manuel Bompard