Jean-Luc Mélenchon face à la rédaction de l'Humanité
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 42 %Attaque 42 %Défensif 16 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 94 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 2:31OuverteRéponse directe
Quelles mesures d'urgence préconisez pour éviter les canicules et incendies ?
- 6:28OuverteRéponse directe
Comment répondez-vous à l'argument des déficits et de la dette opposés par les libéraux ?
- 14:46OuverteRéponse directe
Comment comptez-vous arracher les augmentations de salaires face à la résistance du patronat ?
- 25:43OuverteRéponse partielle
Vous engagez-vous à ce que la France soit sans milliardaire ?
- 31:08OuverteRéponse directe
À quel point comptez-vous sur le mouvement social et les syndicats pour un rapport de force face au capital ?
- 35:21OuverteRéponse directe
Comment éviter de s'enfermer dans le piège identitaire de l'extrême droite ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 4:00PrésentateurFait
« Nous avons besoin d'une présence satellitaire beaucoup plus importante, beaucoup plus permanente que jamais. »
- 9:28PrésentateurChiffre
« La France, le gouvernement français, a accumulé 500 milliards de dettes. »
- 20:39PrésentateurChiffre
« La consommation populaire, c'est 55% du PIB de notre pays. »
- 28:40PrésentateurChiffre
« Aujourd'hui 37% des gens n'ont aucun héritage. »
- 28:53PrésentateurChiffre
« 87% ne payent rien du tout parce qu'ils arrivent à 100 000 euros. »
- 30:10PrésentateurChiffre
« 0,1% de la population totale du pays. »
- 30:30PrésentateurPromesse
« Avec ce 0,1% je vous finance l'allocation autonomie des jeunes de 18 à 24 ans. »
Temps de parole
- Présentateur79 %
- Présentateur 210 %
- ?7 %
- Invité3 %
≈ 60,6 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
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On
accueille notre troisième candidat de la journée, Jean-Luc Mélenchon, en grand entretien de l'humanité.
Un
entretien
fait
par Julien Amlaoui
et
Cyprien Cadéo. Bonjour à tous et à tous. Avec Jean-Luc Mélenchon, je disais bonjour à toutes et à tous en bienvenue pour cet entretien en direct de l'agora de l'humanité. Une dernière pour la route.
Pour
pouvoir s'entendre, évidemment, qu'on commence sans tarder. Donc on ne vous présente plus notre invité du jour, Jean-Luc Mélenchon, candidat de la France Assoumé.
Je
vous propose d'entrer dans le vif du sujet sans plus tarder parce qu'on a beaucoup de questions et le temps file vite.
Alors
Jean-Luc Mélenchon, on a vécu un été catastrophique avec les canicules, les incendies. Après la présidentielle de l'année prochaine, il ne restera que quelques mois pour se préparer au prochain été. Quelles mesures d'urgence vous préconisez pour éviter de vivre le même enfer que cette année ? Bon, bonjour tout le monde, merci pour l'accueil. Au comptage, je les ai aidés les deux parce que sinon on ne
va
pas y arriver. Bon, l'été,
honnêtement,
je ne veux pas faire le malin mais on est prêts. C'est-à-dire qu'il y a les équipes, on a eu le temps d'y réfléchir, pendant l'été on a travaillé. Aussi, on a produit un rapport, Bompard a fait une synthèse de tout ça. Mais le fond de l'affaire,
c
'est qu'il faut que nous réalisions politiquement
que
notre adversaire dans l'histoire n'a toujours pas pris la mesure
de
ce qui se passe. Autrement dit,
il
n'a pas compris notamment qu'on ne va pas attendre jusqu'à l'été prochain pour apercevoir la profondeur et le caractère irréversible du changement climatique. Et ce changement irréversible porte en lui quelque chose qui aggrave la difficulté,
c
'est qu'il ouvre une ère d'incertitude.
C
'est-à-dire que l'on n'est pas capable de dire ce qui va se passer, puisque les paramètres ont changé. Le climat est un système métastable et comme les paramètres changent, personne ne peut dire « voilà ce dont je suis sûr pour les six prochains mois ».
On
ne peut arriver à savoir qu'à la condition de déployer des moyens de connaissance
qui
aujourd'hui n'y sont pas. Par exemple, nous avons besoin d'une présence satellitaire beaucoup plus importante, beaucoup plus permanente que jamais. Premier élément. Deuxième élément,
le
capitalisme n'a pas de projet de rechange. Tous les 50 ans,
bon
allez, peu importe, il y a des cycles.
Au
lendemain de la guerre, le premier cycle,
ça
a été 71, la bascule dans un autre ordre du monde qui a donné l'hégémonie aux États-Unis d'Amérique en leur donnant le pouvoir de battre monnaie. Là, nous sommes dans une situation qu'ils n'avaient pas prévue et qu'ils nient. C'est-à-dire que pour eux, le changement climatique, ça n'a pas de réalité. C'est une invention des woke, des dingues d'extrême-gauche et des gens comme nous.
Et
par conséquent, ils sont à sec.
Ils
ont une stratégie, oui, toujours la même, et elle est en panne. Les États-Unis d'Amérique sont en panne
et
ils n'ont d'autre sortie que dans la violence.
Et
l'ordre du monde, d'une manière générale, change. Nous sommes dans ce moment. Les épisodes climatiques,
c
'est eux qui vont scander l'histoire.
Parce
qu'un épisode climatique, ça ne s'arrête pas à l'instant où ça a lieu. Tout ce qui s'est passé dans les Landes a modifié la nature des sols, a changé la nature de la récolte, pas les Landes, mais d'une manière générale, la canicule. Donc tout événement écologique se transforme en un événement social. Là, la pénurie alimentaire,
qui
bien sûr va se reproduire d'ici l'été prochain. Nous verrons où nous en serons au printemps prochain. Et toute transformation, transcroissance de la crise climatique en crise sociale devient une crise politique. Et nous les Français, nous sommes déjà dedans.
Par
conséquent, il faut que nous pensions comme un continuum ce que nous sommes en train de faire aujourd'hui. C'est-à-dire nous rencontrer, nous rassembler, manifester notre force, l'élection elle-même et tous les événements que nous allons vivre. C'est-à-dire que la société,
si
elle entre dans la crise climatique, comme l'a dit Pablo Servigne, avec les valeurs du néolibéralisme,
ce
sera pire que si nous y entrons avec les valeurs du collectivisme, de l'entraide et de la société de solidarité. C'est donc cette société de solidarité que nous commençons à créer dans la campagne électorale elle-même.
Un
autre des arguments que vous opposent les libéraux, c'est souvent l'argument des déficits qui creusent la dette. On voit que Marine Le Pen propose maintenant la règle d'or dans la Constitution française, donc le plafond des 3%.
Qu
'est-ce que vous répondez à cet argument qu'on vous oppose toujours chez les libéraux ?
Non, bon, la règle d'or c'est clunesque. Il y a deux pays qui ont mis la règle d'or dans leur Constitution, l'Espagne et les Allemands, et ils ne respectent pas eux-mêmes. Alors, bon, on arrête avec ça, ça n'existe pas, et des budgets qui seraient à l'équilibre comme ils le proposent, supposent de ramasser la somme qui manque, c'est-à-dire 150 milliards. Alors, il n
'y a
pas 50 manières de faire, hein. Ils coupent dans les dépenses publiques, ils agravent la situation, ils agravent la récession, ou bien on dit ce que j'aurais dit l'autre jour. Vous, si vous aimez les budgets en équilibre, moi je vais vous le mettre en équilibre en 5 minutes, vous n'aurez plus le droit, aucune aide. Point final, c'est terminé, il n
'y
a plus de déficit, parce que vous coûtez 120 milliards au pays. Tout le monde sait que ce n
'est
pas possible de faire comme ça. Mais en attendant, ce n'est pas un problème mathématique, c'est un problème politique. Alors, comme c'est un problème politique,
je
vais en profiter pour régler un ou deux comptes.
Regardez, comment
madame la garde
déclare que
ce n'est pas possible, parce que ce ne serait pas légal
d
'annuler la dette.
La
dette que détient la BCE, je vous rassure, je ne
vais
pas faire un cours d'économie politique, mais la dette que détient la BCE, d'où elle sort ça
? Qu
'est-ce que c'est que cette histoire ? Ce n
'est
pas vrai. Il y a déjà eu, quand la BCE a racheté des titres de dette aux banques privées des titres de dette des États, les Allemands ont porté plainte. Ils ont été déboutés. La Cour a dit, ah ben non, dans les statuts de l'Union Européenne, il n
'y
a rien qui s'oppose à ça, puisque ce n'est pas un achat direct sur les États, ce que nous contestons nous, mais peu importe. Donc c'est possible. Pourquoi elle dit que ce n
'est
pas possible ? Elle ment.
Et
je lui dis, madame la garde, si vous ne savez pas quoi faire, le prochain week-end, pourquoi vous ne liriez pas les études que vous publiez sur votre site de la Banque Centrale Européenne, où précisément, vous avez interrogé un économiste qui discute des avantages de la suppression de la dette ? Mais je vous donne ma parole. Il discute de ça. J'ai trouvé ça dans le blog de Sophia Chikirou tout à l'heure.
Et
le gars dit, ben oui, si on supprime la dette des États, ça va donner des marges de manœuvre, ça va baisser le niveau des taux d'emprunt, etc. Enfin, l'argumentaire que peut-être vous avez déjà entendu de notre part. Alors voyez-vous, il y a quelque chose de scandaleux dans le comportement de quelqu'un qui ment publiquement comme ça. Et je vais dire surtout elle, parce qu'elle,
elle
a été ministre de 2007 à 2011. Et pendant cette période, la France, le gouvernement français, a accumulé 500 milliards de dettes, c'est-à-dire l'équivalent de la somme que nous prétendons annuler par l'annulation de la dette. Au moins, si ce n'est pas par patriotisme, au moins par honte personnelle, elle pourrait dire, j'entends ce que vous dites, monsieur Mélenchon, mais ça se discute ? Non, ils sont là avec toute leur morgue pour dire non, ce n'est pas possible. Alors, il y a aussi Emmanuel Moulin de la Banque Centrale Française. Ah oui, celui-là, il faut l'inventer.
Il a jugé
votre proposition illégale, dangereuse et inutile, un peu plus tard qu
'il
y a quelques heures. Et ils mettent notamment en avant l'argument de la création de l'inflation que ça engendrerait.
Bon,
les amis, je laisse tomber sur l'inflation parce qu'il faut aller dire à ce type que comme ces dettes ont déjà été achetées, donc elles ont déjà été monétisées, et on ne rajoutera pas de la monnaie en circulation si on annule. Il faut arrêter. Mais laissons ça de côté. Ce que je veux vous dire,
c
'est,
autrement
dit, ce type parle sans savoir, il est censé savoir. Mais encore une fois, regardez la morgue de ces gens. Qui c'est celui-là ?
Il
sort de secrétaire général de l'Elysée,
de
M. Macron. Auparavant, il a été dans les cabinets ministériels du début des années 2000. Et récemment, directeur du Trésor, chef de ceci, directeur de cabinet de Le Maire, directeur de cabinet de machin. Alors, première période de sa vie, avec Sarkozy, 500 milliards de dettes. Deuxième période, 1200 milliards. Et ce type vient me faire la leçon, m'expliquer ce que je dois faire et penser, alors qu'il vous ment, en disant, c'est inutile, dangereux, il ne démontre pas ce qu'il a à dire. Je crois qu'on a le droit de se fâcher, mais voyez-vous, au-delà de la fâcherie,
il
faut voir où en sont nos adversaires. Dans la lutte
de
classe, il ne
faut
jamais sous-estimer son adversaire, mais il ne
faut
pas le surestimer. Ces gens ne savent plus où ils en sont.
C
'est-à-dire qu'ils ne savent pas quelle stratégie développer contre nous, si bien qu'ils reproduisent
la
seule chose qu'ils savent faire, c'est-à-dire désorganiser le service public, éteindre toutes les conquêtes sociales avec l'idée que le marché va remplacer tout ça.
Mais
la création d'un marché, c'est un acte politique, c'est un acte culturel qui dépend de la façon avec laquelle les peuples entrent dans l'idée de marché, de l'échange.
Nous
sommes la France, c'est-à-dire un pays qui s'est entièrement construit autour de son État au cours de 12 siècles et en particulier depuis la libération des nazis, nous avons construit un État social qui au fond se confond avec l'identité de la France. Par conséquent, démonter l'État social, c'est démonter le pays lui-même et provoquer cela même au moment même où ils le font, une révolte générale d'un peuple qui n'accepte pas cette idée, quelle que soit par ailleurs ses opinions politiques. Je veux dire qu'il y a des gens qui ne sont pas de notre bord mais qui n'acceptent pas que la police soit devenue ce qu'elle est devenue, qui n'accepte pas
que
les finances du pays soient employées comme elles le sont, que tous les services publics aient été mis à tenir à la gorge, raclés jusqu'à l'os. Par conséquent, ce monsieur Moulin, je lui recommande deux choses. La première, je lui dis les yeux dans les yeux, la France mérite mieux qu'un banquier central qui ment aux citoyens français.
Et
qu'il s'en souvienne,
je
suis
trop
vieux pour qu'il me fasse peur. Par conséquent, si quelqu'un doit avoir peur de nous deux, ça ne sera pas moi.
Et
je lui demande d'y réfléchir. Ça suffit. Nous sommes le peuple français. Nous sommes éduqués. On a été à l'école. On s'est comptés. Et on s'est repérés à un mensonge. Vous mentez, monsieur Moulin. Et vous devriez plutôt aider votre patrie à trouver des marges de manœuvre que de nous accabler avec vos sarcasmes. Parce que je termine là-dessus. Que tous ces gens me disent qu
'ils
me font la leçon sur la bonne gestion. Alors, et vous, vous comptez rembourser la dette comment ? Vous ne l'avez pas dit l'autre jour devant le MEDEF. Vous avez supprimé des cotisations, des impôts, des taxes. Et qui paye à la fin ? L'impôt des Français. C'est ça qu'ils ont dans la tête.
C
'est ça qu'ils ont dans la tête. Rien d'autre. C'est-à-dire la fiscalisation. Mon mot pour terminer est le suivant. La bataille de la dette qu'ils ont engagée avec nous est une erreur immense de leur part. Car à gauche, ça fait plus de 15 ans qu'on parle de cette question de la dette. Ça fait plus de 15 ans qu'on étudie le problème à fond. Et la question que nous soulevons à cette époque de la crise du capitalisme, c'est que nous voulons libérer notre pays et toute l'Europe de l'emprise de la finance sur l'évaluation de nos dettes. Car c'est un rapport purement politique.
C'est pour des raisons purement politiques qu'on a décidé de soumettre les taux d'intérêt de la dette au marché financier mondial. On peut faire complètement autrement. Et les forces du capital seront rassemblées elles aussi pour s'opposer à ces mesures. Mais ça, on en parlera juste après sur comment faire face à ces forces. On voulait quand même d'abord, parce que c'est une question essentielle pour énormément de Français très concrètement aujourd'hui, parler de la question des salaires. Quand vous avez évoqué l'augmentation du SMIC lors de l'université d'été du MEDEF, vous avez fait face à un patronat hilar. Concrètement, comment est-ce que vous faites ? On parlait justement
du
capital qui est prêt à protéger certains intérêts. Dans ces circonstances, comment vous faites pour arracher les augmentations de salaires qui figurent dans vos propositions ? D'abord, attendons-nous à une féroce résistance. Néanmoins, je m'arrête un instant sur cet instant étrange où tous ces gens se mettent à rire quand on parle d'augmenter les salaires.
Je
pense que,
de
leur part, ce fut une grande erreur.
Parce
que leur but était de montrer qu'ils étaient l'organisation centrale de la vie politique des Français et que c'est au fond ce qui importe au patronat et ce qui compte. Et le reste est dérisoire et marginal. Et cette sorte de réponse de classe que traduit le rire qui a été ressenti par la masse des Français comme quelque chose d'attentatoire à leur dignité. C'est-à-dire, nous, on vit, on bosse, on a qui des salaires, qui des retraites, qui d'autres revenus,
et
on n'a pas le droit de rire de ceux qui manquent.
Et
je pense que là, quelque chose de très profond a été atteint dans notre pays. J'étais certain qu'ils allaient finir par commettre une erreur tant ils étaient arrogants et tant étaient invraisemblables les discours qu'ils approuvaient ce jour-là par leurs applaudissements quand M. Retailleau parlait ou Atal ou l'autre, etc.
Alors,
venons aux mesures. D'abord, ils continuent à dérouler leurs plans.
Et
des fois, ils rendent compte du succès quand ils disent « il faut rapprocher le salaire brut du salaire net
». Ce
n'est pas un public réuni à la fête de l'humanité que je vais expliquer que le brut et le net, c'est la même chose, c'est en salaire. Et qu'il n'y a pas d'un côté un cadeau et de l'autre un salaire. Il y a un seul et unique salaire.
Et
que,
pour
acquérir vous avez vu Retailleau dire « mais moi je rends du pouvoir d'achat aux Français ». Oui, d'accord ? Il rend du pouvoir d'achat s'il basculait tout le salaire brut dans le salaire net. Il dit « je rends du pouvoir d'achat
».
Oui, mais avec ce pouvoir d'achat vous devriez quand même vous payer votre retraite, vous payez une assurance santé, vous payez une assurance emploi. Et pour ne prendre que cet exemple, pour arriver au même taux
de
retour en retraite par des cotisations, il faudrait que vous payiez deux fois ce que vous payez aujourd'hui avec une cotisation si vous deviez l'acheter directement à une assurance. Et avec ceci, vous exposeriez la totalité de votre travail à un aléa financier. Car en 2008, les sociétés qui servaient des fonds de pension,
les
fonds de pension qui servaient des retraites au Nord-Américain, se sont effondrés pour les plus essentiels d'entre elles. et aujourd'hui encore, vous continuez à avoir des gens qui couchent à la rue ou qui sont dans des caravanes parce qu'ils ont tout perdu en 2008.
Le
système des États-Unis d'Amérique ne les a ni récupérés, ni protégés.
De
la sorte, nous sommes en face de gens qui tentent,
qui
font l'assaut final, en quelque sorte, c'est
finir
la socialisation des cotisations qui permettent de faire face aux aléas de l'existence. Donc, ne nous y trompons pas. Ils ne savent plus, certes, avoir une stratégie qui leur permette d'avancer, mais leur détermination est absolue.
Et
il s'agit de réorganiser la répartition au capital-travail en réinjectant dans l'accumulation capitaliste la somme qui se trouve dans le salaire brut. C'est leur rêve depuis toujours, les amis. Il faut bien comprendre que les assurances sociales, en général, c'est quelque chose comme 500 milliards d'euros. C'est le plus gros gâteau qu'il y a sur la table, qui, dans le système socialisé actuel, fonctionne en tournant sans arrêt. Eux, ils n'en voient la couleur que quand on achète des médicaments ou quand, avec son assurance chômage, on va faire ses courses, etc. Mais en attendant, ils n'en touchent jamais l'accumulation. Alors nous, il faut d'abord mettre un coup d'arrêt à ce qu'ils font.
L'inflation va continuer à vous voler une partie de votre paie. Parce que cette inflation-là, il faut bien la regarder comme elle est. L'inflation pour quelqu'un qui va aller acheter en euros des actions et toucher des dividendes, cette valeur-là, elle n'existe pas.
Cette
valeur-là,
elle
ne se déprécie pas. Tandis que le prix du travail, j'ai bien dit, le prix, pas le coût, le prix du travail,
par
l'inflation, il le dévalue progressivement. C'est donc un rapte qui accourt en ce moment et une nouvelle organisation capitale-travail en défaveur du travail. C'est la raison pour laquelle il faut immédiatement construire un barrage. Il fonctionne avec deux murs. Premier mur, augmenter le SMIC. Va avec,
s
'il le faut, la convocation.
Nous,
au pouvoir, en mai, la convocation immédiate des négociations annuelles obligatoires de salaire de manière à ce qu'on puisse étaler sur l'ensemble des salaires l'augmentation qui est nécessaire. Car que fait le patronat aujourd'hui quand il mène cette négociation ? Il ne fait pas une augmentation générale à l'intérieur de l'entreprise. Il va favoriser les cadres pour pouvoir les garder et mépriser le reste de la masse salariale. Or, nous avons besoin
du
fait que tous les salaires augmentent, pas seulement les premiers salaires au niveau du SMIC. Parce que c'est à cette condition que nous relancerons l'activité économique du pays. La consommation populaire, c'est 55% du PIB de notre pays. Par conséquent, le bonheur quotidien, c'est le bonheur de la patrie. Parce que si vous êtes en situation d'organiser votre vie sans être en état de survie, alors vous ferez tourner la boîte. Je termine sur une chose.
C
'est que, à côté de ces deux choses-là, il faut mettre en place l'autre barrage.
C
'est l'échelle mobile des salaires.
De
1952 à 1983, il y a eu une échelle mobile des salaires. Ça veut dire qu'à intervalles réguliers, les salaires sont mécaniquement augmentés autant que le coût de la
vie.
Alors, justement, sur ça, on avait tout à l'heure Patrick Martin sur cet agora qui assure que les entreprises n'ont pas les moyens. Évidemment, c'est très contestable, notamment pour les grandes entreprises, mais se pose la question des petites entreprises. Est-ce qu'il y
a
une différenciation à faire ? Comment on embarque ces entreprises-là qui, pour beaucoup, font face aussi à des difficultés ? Je pense, par exemple, au prix de l'électricité, au taux d'intérêt, etc. Je te remercie parce que ça me facilite la tâche pour toutes les autres choses que j'ai à dire depuis... Mais assez rapidement parce qu'on a beaucoup d
'autres choses à
avoir des... Oui, il y a une différence.
Et
nous autres, la gauche, et spécialement les collectivistes comme vous et moi,
nous
devons tenir compte du fait
que
le patronat n'est pas une masse homogène, même si
la
condition particulière les conduit tous dans la logique de l'accumulation.
Mais
en attendant, un patron sur deux n'a aucun employé. C'est-à-dire qu'on a assimilé à la classe patronale, par exemple, des gens ubérisés, par exemple, des auto-entrepreneurs et tous ces statuts qu'ils ont inventés. Leur relation au travail, leur relation aux assurances sociales n'est pas la même
que
ceux qui se trouvent dans des multinationales.
Pas
du tout la même. Puisque tu me le demandais, oui, il y a une différence absolue à faire à l'intérieur du patronat. Le patronat qui fonctionne sur le marché mondial. Les SMICARD en serrant,
c
'est 3%. des salaires. C'est résiduel pour eux. Ça ne compte pas. Par contre, dans la petite entreprise, c'est décisif.
C
'est la raison pour laquelle
nous
autres, nous devons bien réfléchir à la façon de travailler. Je vais vous dire pourquoi on est obligés. Ils ont fait passer
à
financer par l'État compenser les cotisations sociales non payées jusqu'à 3 fois le SWIC.
Ils
ont voulu fiscaliser de cette manière-là. il y a un quart des revenus de la TVA qui sert à payer des cotisations, à se substituer aux cotisations sociales. D'accord ?
Si,
d'un seul coup, un seul jour, on repassait tout sur la cotisation sociale, on enverrait au tapis des centaines d'entreprises.
C
'est la raison pour laquelle, article 1, il faut distinguer grand et petit patronat et je vais vous dire comment je m'y prends. D'abord, puisqu'ils aiment tant la démocratie, nous disent-ils et qu'ils nous font souvent tant de reproches, nous allons modifier les règles de la représentation patronale dans les instances de négociations. De manière
à
ce que le petit patronat et le patronat de l'économie sociale et solidaire qui représente 19%
de
ce pays soient intégrés dans toutes ces négociations et que ça ne soit pas le MEDEF
qui
joue le numéro qu'ils nous ont fait la dernière fois quand nous y étions là-bas. Ils ont poussé devant des petits entrepreneurs, des boîtes familiales, vous voyez, des choses de cette nature. Alors maintenant, bien sûr qu
'il
y aura une conséquence. Si nous réanimons le marché, moi, à ceux qui pleurent, je leur dis mais il vous faudrait combien
? Il
vous faudrait combien de clients de plus ? Sinon, mais qu'est-ce que vous me demandez ? De me conformer à une règle mathématique abstraite et magique d'après laquelle plus les salaires seraient bas, mieux vous vous porterez. C'est l'inverse. Plus les salaires sont allants, augmentants, plus vous avez de clients. Vous êtes donc accrochés à la consommation. Arrêtez de penser que ça irait mieux si vous payez moins les gens. Alors, qui va payer ? Eh bien, le travail, bien sûr, encore une fois, parce qu'il
y
a que lui qui crée de la richesse. Mais je veux dire que nous trouverons des moyens de péréquation entre les grandes et les petites entreprises pour prendre en charge sur la base du chiffre d'affaires et des bénéfices les cotisations sociales qui aujourd'hui sont payées par la TVA et qui doivent revenir à la source de la production de la production de la richesse. Et qu'on vienne pas me dire que c'est pas possible parce que dans le bâtiment ça existe. Il y a des phénomènes de péréquation entre très grandes entreprises et moins grandes suivant les moments où on arrête le travail. Donc je sais de quoi je parle et je leur dis 1. Oui, je vais vous changer la règle de représentation 2.
Augmenter les salaires ça fait les affaires de tout le monde à commencer par les vôtres et j'en dis pas plus parce que sinon à la fin vous allez me dire et dis donc t'as pas demandé de faire le bonheur du patronat.
Et justement vous parlez des petits patrons parlons des méga fortunes l'eurodéputé LFI Manon Oubry avait déclaré récemment que les milliardaires étaient nuisibles à l'économie et qu'il fallait les interdire visiblement c'est populaire. Est-ce que vous vous engagez aujourd'hui à ce que la France de Jean-Luc Mélenchon soit une France sans milliardaire
?
Je vais faire quelque chose de plus raisonnable.
Je
m'engage absolument à tout faire pour qu
'il
n
'y ait
plus de pauvres.
parce
que les amis j'adore vos applaudissements d'il y a un instant.
Vous
vous rappelez la fois où Macron avait dit j'espère que la jeunesse de mon pays rêve d'être milliardaire.
Eh
oui. Et alors moi j'avais dit non moi j'espère pas ça parce que c'est immoral d'être milliardaire. Et on m'a dit mais qu'est-ce qu'il
y a
d'immoral ? Comment tu peux ne pas savoir ? Comment tu peux ne pas savoir que l'accumulation que tu fais se fait au détriment des autres ? Enfin il n
'y a
pas besoin d'être un aigle pour le comprendre. Non mais je dis tout ça parce que vous savez il y a les débats entre gens de bonne compagnie. Alors ils disent oui alors vous n'aimez pas les riches et alors il y a toujours quelqu'un qui est très intelligent pour dire moi c'est pas le fait qu
'il
y
a
des riches qui me font ce problème c'est qu'il y
a
des pauvres. Et tu es obligé de dire tu vois pas le rapport entre les deux ?
Tu
vois pas que bon ben c'est mécanique. Par conséquent on a lancé ça et moi bon les copains ont trouvé cette idée de dire on va interdire les milliardaires c'est drôle bon la pauvre bête non c'est la pauvreté qu'on va éradiquer donc organiser les choses différemment c'est pas si compliqué que ça à faire c'est une affaire d'impôt c'est une affaire de succession tout ça ça se calcule c
'est bien organisé
puisqu'on parle de succession parlant héritage d'ici 2040 9000 milliards d'euros de patrimoine devraient être transmis pour endiguer la société des héritiers vous avez mis dans le débat une taxe à 100% sur les successions au delà de 12 millions 12 millions on se demandait c'était pas déjà un peu beaucoup en fait
non
mais
j
'adore cette histoire parce que quand on parle d'héritage les amis
il
faut savoir qu'on est dans le fantasme
je
me rappelle d'une émission de télé à laquelle je participais il y a bien longtemps le gars c'était un humoriste monsieur Timcitte et il m'avait dit monsieur Mélenchon vous voulez tout prendre la petite maison on voudrait la passer à l'héritier alors d'un coup on aurait tous sorti de notre mouchoir pour pleurer sur la petite maison mais la vérité c'est qu'aucune petite maison ne sera saisie pourquoi
?
aujourd'hui 37% des gens n'ont aucun héritage donc ils ne sont pas concernés par ce débat mais 37% 87%
ne
payent rien du tout parce qu'ils arrivent à 100 000 euros aujourd'hui la moyenne de ceux qui héritent c'est par famille il y a le plus souvent deux enfants et plus donc tout héritage vous le divisez par deux
et
quand vous divisez par exemple la petite maison à 300 000 euros c'est pas à Paris mais la petite maison à 300 000 euros divisé par deux égale 150 000 150 000 tu ne payes pas d'impôts dessus alors il faut attendre d'être
à
1% de la population pour tomber sur des gens qui ont un héritage de 4 millions d'euros et comme je ne sais par quelle faiblesse nous avons encore monté la barre on a dit à partir de 12 millions on prend tout alors j'adore le mot on prend tout parce que
c
'est provoquant
c
'est fait pour ça
vous
savez sinon toutes les lois du capitalisme l'organisation de la société la manière de vivre dans le capitalisme tout est présenté comme un état de nature
c
'est comme ça ça ne peut pas être autrement allons et quand tu dis on prend tout un souffle glacé passe sur les gens
on
prend tout voilà les communistes qui arrivent bon alors à qui on prend tout 0,1% de la population totale du pays chaque fois qu'il y en a un
chaque
fois qu'il y en a un qui vient me chercher je lui dis t'es dans les 0,1% toi alors pourquoi tu pleures si tu y es pas alors attends je termine
pas
que 0,1% qu'est-ce que ça donne 0,1
% et
bien avec ce 0,1% je vous finance l'allocation autonomie des jeunes de 18 à 24 ans tous les jeunes
tous
les jeunes
alors les
pleurnicheries ça va un temps
il
y a la réalité c'est à quoi correspondent ces sommes voilà à quoi ça correspond l'équivalent d'une allocation autonomie pour toute la jeunesse de 18 à 24 ans voilà je préfère faire une société un peuple qui hérite de la société que de faire une société d'héritier voilà ce que j'ai à dire
le fil conducteur de la discussion ça montre que chaque réforme devra être arrachée face au capital
à
quel point vous comptez sur le mouvement social et les syndicats avec qui vous avez pas toujours eu de très bonnes relations pour avoir le rapport de force face au capital en cas de victoire à la présidentielle
ouais on
n
'est
pas par moi je suis un héritier d'une époque politique vous savez que je sors pas de l'oeuf
donc
je sais une chose
si
on gagne
et
qu'on recommence
comme
on a fait en 1981 tous au garde-à-vous en attendant les consignes
il
se passe rien il n'y a pas de mobilisation populaire alors l'adversaire se redéploiera
c
'est la raison pour laquelle si nous marquons cette étape extraordinaire
il
faudra immédiatement non pas que le peuple soutienne le gouvernement
en
quoi ça consiste vous pouvez me dire vous vous levez le matin et vous dites je soutiens le gouvernement puis vous allez au boulot
donc
ça peut pas être ça le sujet c'est participe
à
la lutte pour transformer de fond en comble la société
oui
ben vous applaudissez
et
cochons qui s'en dédient
parce
qu'on va avoir besoin de ça la vérité c'est que
toute
la société française
doit
connaître une phase de révolution citoyenne c'est à dire qu'on doit retrouver l'intervention populaire le contrôle populaire la défense de la révolution citoyenne
quand
je vous ai proposé de faire des éco-régions la première fois personne ne s'en est rendu compte c'est comme ça que je fais
dans
chaque discours je mets un truc puis le coup d'après je le développe puis le coup d'après il y
a
un facho qui se rend compte et qui monte une campagne un mort contre moi et ça finit par marcher
et
bien ce que je veux vous dire c'est que la conjonction de la crise écologique et de la crise sociale nécessite et du capitalisme nécessite que nous ayons une réorganisation de l'état
c
'est à dire qu'il doit se tourner vers de nouveaux objectifs et pour ça nous supprimerons les anciennes régions pour créer les nouvelles régions et ce à quoi nous avons à faire face
ce
sont des tâches qui par nature remettent en cause un modèle agricole un modèle économique quand vous dites les éco-régions vont s'occuper de l'air de l'eau de la qualité de la terre des mobilités et des maladies c'est à dire de la question du bien commun qui est notre santé à chaque fois
vous
touchez la nécessité d'une transition pour passer de l'état actuel du rapport capitaliste dans la société à une autre forme d'organisation de la société laquelle c'est celle que nous allons faire avancer ensemble voilà pourquoi je veux dire que la première responsabilité elle est pour ceux qui gouvernent nous devons mettre en place immédiatement les chantiers qui transforment la réalité de l'état et de la relation sociale à l'intérieur du pays virgule et qu'ensuite
en
même temps on a besoin d'une implication populaire de masse après comptez pas sur moi pour vous dire ce que doivent faire les syndicats parce qu'à chaque fois ça me vaut des histoires donc motus et bouche cousue c'est clair que la structure de base du syndicat c'est la section syndicale d'entreprise et l'autre structure qui nous importe c'est la branche dans l'industrie la branche en général le commerce la métallurgie etc etc c'est deux types de structures syndicales qui ont un rôle décisif parce que c'est eux c'est elles qui sont accrochées au terrain évidemment bien sûr que nous nous comptons sur le fait que ça se mette en mouvement et je crois que vous le ferez d'ailleurs il n
'y a
qu'à voir comment vous m'avez accueilli à l'instant
on
a vu que t'as dit on est prêt
qui
c'est qui a dit on est prêt lève la main quand on
te
voit
qui
c'est alors t'as peur voilà elle a dit on est prêt
on
a vu qu'une partie de la campagne dans cette rentrée s'est focalisée sur des thèmes imposés par l'extrême droite notamment la question du port du voile porté par le RN et l'interdiction du port du voile
on
a eu un retour de la polémique sur la baïa également comment on évite de s'enfermer dans le piège identitaire de l'extrême droite
écoute pardon je me permets de tutoyer ce qui est déjà pas bien pardon écoutez moi je ne suis pas d'accord avec ce que vous dites la campagne n'est pas dominée par les thèmes de l'extrême droite la campagne est dominée par nos thèmes
et
il n
'y
a pas besoin pour moi ce n
'est
pas un piège
ce
n
'est
pas un piège ils se sont fourrés dans une histoire de fou le peuple français n'est pas ce qu'on croit le peuple français n'est pas raciste dans sa main le peuple français ne veut pas enlever les voiles alors allez allez fasciste parlez du voile parlez de la baïa et vos autres idioties
parce
que la masse du peuple français elle vit dans les problèmes de santé les problèmes de salaire et tout le monde le sait que tout ça est fait pour jeter du venin pour diviser les gens entre eux par leur religion ou pas leur religion depuis quand foulard est à lui seul un étendard allez fachos continuez vous nous rendez service regardez
moi
on m'interdit à juste titre d'entrer directement sur X tu vois
on
ne peut quand même pas dire qu'il n'y
a
pas de prise de ces thèmes là on a vu l'extrême droite grappiller évidemment aux dernières dernières élections mais y compris dans à la fois dans le débat public ces thèmes ces questions infusent infusent parmi parmi les citoyens les électeurs non
? mais
moi je
j
'ai pas moi je donne le point de vue d'un militant
et
d'un militant avec une longue j'ai fait que ça toute ma vie militer politiquement donc je te dis au pif comme ça leur affaire ne marche pas comme elle marchait à un autre temps avec leur bande qui passe dans la rue et qui casse la figure à tout le monde avec les assassins qu'il y
a
parmi eux avec les complicités qu'il y a dans des services de l'état tout le monde est exaspéré de voir ça on ne supporte pas de voir la France dans cet état là je vous le dis des milliers de gens alors qu'est-ce qui se passe
?
évidemment
là
où tu as raison c'est que la société se polarise d'un côté il y a nous les collectivistes et de l'autre côté il y a eux les fascistes ou les suprémacistes parce que j'aime mieux qu'on dise suprémaciste parce qu'il y a des variétés parmi eux
mais
toutes ont le même principe
les
uns dominent les autres
c
'est-à-dire ceux qui sont riches dominent ceux qui ne sont pas les hommes dominent les femmes les êtres humains dominent la nature il est tout le temps question de dominer ils n'arrivent pas jusqu'à leur esprit et fusent de force ils n'arrivent pas jusqu'à leur esprit la relation d'une société de solidarité qui nécessite pour qu'elle puisse fonctionner une société d'égalité ces concepts-là sont liés pour nous et de même à l'inverse pour eux et puis il y a plein de gens
les
plus anciens comme moi vous le savez plein de gens qui ne savent plus où ils habitent
alors
ils étaient de droite
alors
des fois au plus gaullistes comme ça c'était plus fréquentable et puis d'autres ils ne savaient pas bien et puis certains ils disaient nous on n'est ni de gauche ni de gauche mais pas vraiment de droite
et
tous ces gens aujourd'hui ils sont perdus ils regardent et je vais vous dire ils n'ont pas envie de se battre avec les gens dans la rue à propos de foulard
et
ils écoutent ce qu'on dit quand on leur dit la santé que les maladies qui accablent notre pays le diabète le cancer
les
maladies du coeur sont des maladies politiques qui résultent de la malbouche parce qu'on ne peut pas bien bouffer résultent des pesticides alors ils entendent ce qu'on leur dit
et
je vois plein de gens
qui
trouvaient que Mélenchon était exagéré et qui disent maintenant bon quand même ça ne peut plus durer comme ça et bien celui ou celle qui dit que ça ne peut plus durer comme ça il fait un pas dans notre direction et ce que je vous dis c'est qu'on a intérêt à les gagner
par
les idées
par
les propositions
pas
par l'insulte je me réjouis de voir comme ils me maltraitent sur X
et
c'est toujours à propos de mon âge
et
à force de lire leur truc je me dis mais comment ils traitent leurs propres parents ceux-là
comment
ils osent parler de quelqu'un qui à mon âge ils disent à l'EHPAD
comme
si c'était le bagne ou la prison ou la poubelle regardez comme ces gens sont dégénérés moralement autant que politiquement
alors voilà
mon idée c'est qu'on est fort
par
nos propositions
il
s'agit donc de mettre les questions sociales et économiques et écologiques pardon au coeur de la campagne alors pour l'heure dans l'état du rapport de force de nombreux sondages vous qualifient désormais au second tour face au RN justement
mais
il y a un mai
il
y a quand même un mai je ne sais pas si vous allez m'entendre mais je vais poser ma question
je
disais
ces
mêmes sondages
si
vous m'entendez mais ces mêmes sondages vous donnent aussi battu par Marine Le Pen alors il nous reste pas beaucoup de temps
attendez
parce que la question est importante
c
'est pas qu
'on
puisse la poser
ouais
parce que je le disais à l'instant mais personne n'a entendu je pense il y a
il
y a quand même un mai parce que ces mêmes sondages pour l'heure vous donnent battu par Marine Le Pen alors la question
ce
sont les sondages la question c'est qu'est-ce que vous répondez à ceux qui à gauche surtout en particulier ceux qui nous intéressent ne croient pas que vous puissiez l'emporter face à l'extrême droite en cas de second tour bah écoutez
il
fallait déjà arriver jusqu'à ce point là
mais
écoutez moi les amis je réponds à votre question
il
y a eu une bascule qui s'est produit tous ceux qui militent ici le savent
qu
'est-ce qui s'est passé
jusqu
'à la veille
de
Saint-Denis l'ambiance à gauche était toute éperdue
et
puis
il
aura suffi qu'on lève le fanal de combat
et
qu'on s'y porte soi-même avec vigueur avec force détermination sans baisser les yeux pour que l'appel soit entendu et que des masses de gens se disent oui je suis d'accord ou un peu ou moyen ou très beaucoup d'accord avec eux
mais
j'y vais
et
c'est le rassemblement de Saint-Denis de 26 000 ou 30 000 personnes qui a opéré une bascule dans l'opinion
ce
n'est pas moi
j
'y ai pris ma part
ce
n'est pas seulement le mouvement assoumis
c
'est bien sûr le magnifique discours d'Annie Ernaud
le
discours
d
'Éric Vuillard
mais
l'essentiel ce jour-là c'était les gens qui étaient venus qui avaient rempli les métros et les RER et qui tout d'un coup se sont mis à crier
on
va gagner
et
en un instant
le
sentiment politique
s
'est retourné dans les esprits
et
ceux qui dans cette salle sont des syndicalistes
ils
nous ont appris une règle de base
la
force va à la force
et
c'est parce que nous avons montré notre détermination et les gens l'ont montré voilà pourquoi la situation a basculé et maintenant je fais le pari que sauf incident de parcours cette dynamique-là ne peut plus être éteinte c'est pourquoi de manière un peu audacieuse et un peu taquine j'ai dit la primaire est finie à ce moment-là c'est ça que je voulais dire
alors on
me pose la question
vous
savez cette histoire de deuxième tour
je
vais dire une méchanceté mais ça ne va pas viser l'humanité
c
'est un problème de journaliste il
faut
bien qu
'il
s'occupe avec quelque chose
alors
comme ils ne peuvent pas passer leur temps à dire mais comment ce type qu'on disait mort lui et ses copains est revenu nous casser les pieds et risque en plus de nous prendre ce qui compte le plus le pouvoir
alors
on a inventé le fait que je suis un homme rejeté voire haï par une majorité de français mais même dans leur propre sondage ils ont trouvé d'autres têtes à claques que la mienne alors que faut-il faire mais se battre c'est tout qu'est-ce qu'on a est-ce qu'on a jamais fait autrement on va se battre et si nous faisons un bon premier tour très dynamique très fort qui entraîne pas par l'exclusive par les engueulades ou je sais pas quoi qui entraîne parce que les gens se disent ah ceux-là ils savent où ils vont ils savent ce qu
'ils
vont faire comme on a dit nous sur tous les tons c'est carré alors si on passe cette barre qu'on arrive dans ces conditions on emportera tout vous verrez parce que contrairement à ce qu'ils racontent si ce qu'ils fabriquent avec leur sondage a une quelconque valeur scientifique alors scientifique laissons tomber mais disons approximative et bien je leur dis la chose suivante
si
le taux de report
du
reste de la société vers les candidats insoumis est le même à l'élection présidentielle qu'il a été en 2024 alors le résultat prévisible c'est 50-50 à cette heure-ci
vous
avez bien compris
si
vous reportez sur
le deuxième tour c'est
50-50 alors c'est maintenant qu'il faut y aller
puisqu'on projette dans le second tour on se tourne aussi vers les législatives 2026 vous avez conditionné la question l'alliance à gauche aux législatives à un accord plus large qui comprenait la présidentielle sans succès il y a plusieurs candidats à gauche et il n
'y
a pas d'accord pour les législatives est-ce que cet accord est toujours d'actualité est-ce qu'il est toujours possible selon vous
pour
avoir une majorité
parlementaire pour prendre votre pays
je vous réponds franchement il y
a
eu des dégâts quoi on a fait en 2022
on
a fait ce qu'il fallait c'était la nupesse
ça
s'est brisé sur les révoltes urbaines
nos
alliés nous ont dit ah non on a d'autres valeurs que vous parce que je refusais de dire je ne
sais
plus ce qu'il fallait que je dise le retour au calme ou je ne
sais
pas quoi et moi j'ai dit non non moi ce que je réclame c'est justice pour le gamin qui est mort et j'ai à redire je réclame justice
mais
là ça a commencé à dégénérer et puis après le ton est monté
et
puis après ça a été l'événement du 7 octobre et la diabolisation absolue du mouvement insoumis comme étant des suppôts du terrorisme et tout ça bon vous vous rappelez comment Rima a été traité et tout mes camarades et moi même
donc
camarades
il
y a eu des dégâts de fait
c
'est à dire qu'il y a des gens qui ont cru à toutes ces choses et ça les bloque par rapport à nous et à l'inverse parce qu'il faut aussi le dire
tous
ceux
qui
avaient fait l'effort
de
voter pas toujours dans la joie
mais
aussi ça leur a fait mal
les
gens qui votent ensemble avec nous c'est pas des pions
c
'est pas des choses c'est des gens qui pensent et qui ont vu
comment
en l'espace de deux ans
alors
qu'on nous avait annoncé perdant à l'élection 2024 vous vous en souvenez tous les sondages nous annonçaient perdant et pourtant avec la manière avec laquelle on s'est battu c'est nous qui avons gagné
mais
aussitôt
où
est passée la détermination
à
imposer un gouvernement
où
elle est passée
que
s'est-il passé à ce moment là
dix
jours de palabres
pour
savoir
qui
quoi comment à quelques heures près Macron arrivait
à
décréter la trêve olympique sans qu'on ait été capable d'avancer à un nom vous croyez que j'ai oublié moi je suis un militant je m'amuse pas là-dedans
je
mène une stratégie avec des moyens une volonté
et
quand on a de l'expérience on apprend de l'expérience c'est un lourd passif qui est là mais vous êtes en train de faire la décision
parce
que c'est pas moi qui ai décidé le niveau où je suis
dans
les sondages c'est vous
c
'est vous qui faites la décision donc tout dépend de vous maintenant
moi
j'en ai assez
et
je ne perdrai pas une minute
à
jouer de la mandoline sous la fenêtre de qui que ce soit bienvenue à tous ceux qui veulent entrer dans la lutte avec nous point final
la question que ça pose c'est est-ce que la gauche peut avoir une majorité parlementaire au printemps prochain sans
un accord mais ami imagine qu'on m'ait élu qu'est
-ce
que tu crois que je vais faire que je vais rester caché
ou
que je vais dire des paroles confuses j'irai je dirai aux gens j'ai besoin d'une majorité voter pour les députés union pour la sixième république je le ferai tous les jours
avec
les autres forces de gauche c'était ça
la question
ceux qui veulent
mais
attendez
je
veux dire les choses mais bien franchement
en
ce moment déjà il y
a
un problème nous on fait campagne électorale
ici
j'apprends rien à personne qu'est-ce que c'est une campagne électorale c'est beaucoup de boulot tu vas au porte-à-porte tu parles à quelqu'un qui au début t'aimes bien est content de te voir ou est pas content de te voir du tout
et
puis il y a des questions et puis c'est difficile parce qu'on ne comprend pas tout monsieur Mélenchon qu'est-ce que vous voulez faire vous ne voulez plus qu'on paye les dettes on ne comprend pas bref c'est ça faire campagne électorale expliquer expliquer expliquer convaincre rassurer il y en a là-dedans qu'on fait le programme commun dans le passé bon on allait au porte-à-porte et les gens disaient ah c'est bien vous y croyez et puis ils disaient mais vous êtes alliés avec les communistes vous ah oui oui oui oui ça se passe bien on est assez content ah oui d'accord mais ils ne croient pas en Dieu alors nous on
ne vote pas contre Dieu
voilà c'est ça faire campagne électorale c'est beaucoup d'efforts camarades et eux pendant ce temps ils font un congrès ils ont droit pour savoir s'ils sont pour contre pour la rupture pas pour la rupture la rupture avec elle est fille sans elle est fille écoutez le temps qu'ils aient fini de décider on respecte ce qu'ils font faites ce que vous voulez on fait campagne et là tu me poses la question est-ce que la gauche j'en sais rien je ne
suis
pas la gauche moi d'abord qu'est-ce que c'est la gauche qui c'est qui est pour moi qui est-ce qui est à gauche celui qui pratique un programme de gauche celle qui applique un programme de gauche celle qui le défend voilà alors
je
biaise pas
je
ne
suis
pas en train de biaiser je fais la réponse que je peux faire aujourd'hui nous n'avons qu'une chose à faire c'est campagne tout ce qui sera gagné à la conviction de gauche au programme l'avenir en commun ça sera gagné en toute hypothèse pour le premier comme pour le deuxième tour il faut faire campagne
alors le
temps passe très vite et on arrive au terme de ce débat il va me rester juste à vous remercier de votre présence de votre présence à toutes et tous évidemment sur cette question de la gauche et de tous les thèmes qu'on a abordés le débat va être amené à se poursuivre pendant les trois jours de fête avant de se poursuivre évidemment dans les mois dans les mois qui viennent merci beaucoup à tous et puis restez restez tous ici parce que les débats se poursuivent sur l'agora de l'humanité merci
Jean
-Luc Mélenchon merci
merci
à Jean-Luc Mélenchon merci à Julia Mlawi
merci
merci merci
à
tous
merci on
a encore beaucoup de choses ce soir
merci