Agriculture, le grand débat sur LCP Assemblée nationale - 13/01/2025
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 47 %Attaque 37 %Défensif 16 %
Questions et réponses
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- 2:23OuverteRéponse partielle
Véronique Lefloc, que vous a dit exactement le Premier ministre ? Est-ce qu'il vous a rassuré ?
- 4:04RelanceRéponse directe
Le mode de scrutin est-il important ? Qui a intérêt à ce qu'il ne change pas ?
- 4:10OuverteRéponse partielle
Est-ce que vos attentes ont été, ne serait-ce que partiellement, entendues par le Premier ministre ?
- 5:09OuverteRéponse directe
Il est fils d'agriculteur, le Premier ministre. Est-ce qu'il a cette fibre-là ?
- 5:56RelanceRéponse directe
Est-ce que le compte y est, Arnaud Rousseau ? Est-ce que vous avez le sentiment d'avoir plus de visibilité et de concret ?
- 7:03OuverteRéponse directe
30 secondes pour vous présenter, Véronique Lefloc. Qu'est-ce que porte la coordination rurale dans cette campagne ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 3:27Laurence MarandolaFait
« On a entendu très peu de choses de nature à répondre aux difficultés profondes et aux aspirations du monde agricole. »
- 3:37Laurence MarandolaFait
« La LOA, le renouvellement des générations, c'est essentiel. Mais les leviers essentiels, ils ne sont pas : le revenu, le foncier, l'accompagnement, l'installation. »
- 3:56Laurence MarandolaFait
« On va y revenir. On se demande aujourd'hui, qui a intérêt à ce qui n'est pas davantage de démocratie ? Qui a intérêt à ce que les choses ne changent pas aujourd'hui ? »
- 4:46Véronique LeflocFait
« Il nous a donné sa parole qu'il irait vers un alignement de la réglementation française sur la réglementation européenne. »
- 6:15Arnaud RousseauFait
« Comment on traite les sujets d'urgence, la trésorerie, les problématiques sanitaires ? Comment on fait pour faciliter la vie des exploitants agricoles ? »
- 8:34Laurence MarandolaFait
« Notre combat à la Confédération paysanne, c'est celui de garder des fermes nombreuses et pas quelques firmes. »
- 12:33Véronique LeflocChiffre
« Dix dernières années, c'est 100 000 exploitations en moins, un million de vaches en moins, un abattoir sur trois qui a été fermé. »
- 21:56Laurence MarandolaChiffre
« Le SMIC horaire au Brésil, c'est 1,09€. »
- 27:07Arnaud RousseauChiffre
« On importe aujourd'hui 40% de nos légumes, 60% de nos fruits, 25% de notre viande bovine, 60% de notre viande bovine, 50% de nos poulets. »
- 35:04InvitéChiffre
« Une rémunération trop faible, 1910 euros par mois en moyenne, pour un foyer agricole. »
- 37:20Laurence MarandolaFait
« Eyalim s'applique seulement à la filière laitière et un petit poêle à la viande. »
- 39:45InvitéChiffre
« Nous avons des factures qui ont multiplié par 4 dans certains secteurs, ceux qui irriguent, ceux qui font la transformation, le stockage, les porcheries, les serres pour faire des fruits et légumes. »
- 40:12InvitéChiffre
« On demande une exonération totale puisque la taxe, aujourd'hui, équivaut au double de la flat tax, c'est-à-dire la taxation des dividendes. »
- 40:26InvitéPromesse
« On le finance par la suppression de l'Office français de la biodiversité, par une surtaxe carbone sur le fret de tous ces produits importés. »
- 41:35InvitéChiffre
« En tout cas, nous, deux SMIC nets, c'est 60 000 euros pour enlever les charges et avoir ces deux SMIC nets. »
- 43:37Invité politiqueFait
« La réponse est non. »
- 44:31Invité politiqueFait
« Il y a eu un communiqué de presse qui avait été fait le 10 avril, où l'ACR et la Confédération Paysanne portaient ensemble, auprès du président de la République, ce sujet des prix planchers. »
- 47:48PrésentateurChiffre
« La PAC, 9,5 milliards en France. »
- 48:00PrésentateurChiffre
« 30% des agriculteurs de ce pays ne touchent pas d'aide de la PAC. »
- 48:08PrésentateurChiffre
« Dans les bénéficiaires de la PAC, 25% des bénéficiaires de la PAC touchent moins de 5 000 euros. »
- 51:05Invité politiqueChiffre
« Les Américains, la semaine dernière, ont remis 100 milliards sur l'agriculture. »
- 53:48InvitéChiffre
« Les Pays-Bas épandent sur leur terre, utilisent à l'hectare 12,7 kilos de matière active, alors qu'en France, on est à 3 kilos et quelques. »
- 1:01:50InvitéFait
« L'Union européenne a fixé des objectifs ambitieux en termes de développement de l'agriculture bio. »
- 1:09:23PrésentateurChiffre
« Près de la moitié des 400 000 agriculteurs français vont partir à la retraite d'ici 10 ans. »
- 1:13:52Invité politiqueChiffre
« Nous avons négocié dans le bureau du Premier ministre avec les jeunes agriculteurs 450 millions de mesures fiscales pour les agriculteurs. »
- 1:13:52Invité politiqueChiffre
« Nous avons négocié dans le bureau du Premier ministre avec les jeunes agriculteurs 450 millions de mesures fiscales pour les agriculteurs. »
- 1:14:38InvitéChiffre
« 30% déjà aujourd'hui des installations se font hors cadre familial. »
- 1:15:17PrésentateurChiffre
« On accompagne aujourd'hui avec des moyens dérisoires un tiers des porteurs de projets. »
- 1:18:39PrésentateurFait
« Demain, on pourra continuer à cultiver du maïs en France qui a besoin de beaucoup d'irrigation ? »
- 1:18:51Invité politiqueFait
« Il n'y a pas d'agriculteur qui ne se soit pas adapté dans son assolement, dans la conduite de son troupeau. »
- 1:19:04Invité politiqueFait
« Les surfaces de tournesol sont en train de reprendre de la vigueur et ils s'en produisent de plus en plus au nord de la France. »
Temps de parole
- Présentateur63 %
- Arnaud Rousseau16 %
- Invité12 %
- Invité 24 %
≈ 2 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
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Trop de contraintes, contraintes administratives, contraintes de temps. C'est le feu du désespoir, on va dire.
Bonsoir et bienvenue à tous. La colère est vive, le ras-le-bol est là. Le monde agricole va mal et c'est dans ce contexte de crise qu'il va choisir ses représentants. Événement sur LCP ce soir. Grand débat entre les principaux syndicats candidats aux élections aux chambres d'agriculture. L'enjeu est très important. Le vote commence après-demain et les quatre grands syndicats qui s'affrontent dans les urnes. C'est inédit à la télévision, sont avec nous ce soir. La FNSEA avec Arnaud Rousseau, son président. Bonsoir.
Bonsoir.
Merci d'être là. La coordination rurale que vous présidez, Véronique Lefloc. Bonsoir. Bonsoir. Merci à vous. La Confédération paysanne avec Laurence Marandola, sa porte-parole. Bonsoir. Bonsoir. Et les GIA, les jeunes agriculteurs, son président, Pierrick Aurel. Bonsoir. Bonsoir. Et vraiment merci à tous les quatre, parce que je le disais, c'est inédit, d'avoir accepté de débattre en direct pendant une heure et demie. À mes côtés, pour vous interroger, Charlotte Murat du groupe Ebrabe. Bonsoir Charlotte. Bonsoir. Et Patrice Moyon de West France. Bonsoir. Ravie de faire cet exercice avec mes deux partenaires de la presse quotidienne régionale.
Avant de vous entendre, un tout petit point sur les règles du jeu. Le temps de parole sera ce soir équitable, parce que la FNSEA et les jeunes agriculteurs font liste commune dans ces élections. Eh bien, vous allez vous partager, messieurs, ce soir, 40% du temps total, 30% pour chacune d'entre vous du reste de ce temps de parole. Les compteurs, vous le voyez, ont été réglés en ce sens et l'objectif, c'est que vous ne dépassiez pas vos quotas respectifs. On va parler libre-échange ce soir. On va parler revenus des agriculteurs, bien évidemment. On va parler climat. Vous allez pouvoir vous interpeller, dialoguer dans le respect, bien sûr, projet contre projet.
Mais d'abord, question d'actualité. Pour commencer, vous avez tous été reçus par le nouveau Premier ministre François Bayrou aujourd'hui. C'était un rendez-vous très attendu. Il arrivait bien trop tard pour certaines d'entre vous. Véronique Lefloc, que vous a dit exactement le Premier ministre ? Est-ce qu'il vous a rassuré ? C'est vous, Laurence Marandola, qui avez été tirée au sort pour démarrer ces questions d'actualité. Oui, alors effectivement, nous avons été reçus comme tous les syndicats ce matin. La Confédération paysanne, on n'a pas entendu grand-chose. On a entendu très peu de choses de nature à répondre aux difficultés profondes et aux aspirations du monde agricole.
Très peu de choses. Il ne nous a pas dit grand-chose. C'était essentiel qu'il nous reçoive. On a évoqué rapidement, nous, à la Confédération paysanne, le sujet de Mayotte. Parce que, pour des raisons de solidarité et parce que c'est extrêmement, pour nous, important, la question à Mayotte. On a la présidence de la Chambre à Mayotte. Tous les champs étaient dévastés à Mayotte. Exactement. Suite au cyclone, c'est une agriculture essentielle pour nourrir les Maorais. C'est une agriculture qui est complètement rasée aujourd'hui. Tout est à reconstruire. Du coup, on a apporté des propositions.
Et là, on a entendu un petit début de réponse de soutenir les agriculteurs avec un fonds de soutien qui irait au-delà des premiers 1 000 euros qui ont été dits. Mais pas assez de garanties de long terme, c'est ça ? Non, une petite chose. Ça, c'est une chose. Après, sur le reste, il n'y a clairement pas eu de réponse. Il nous a été parlé de la LOA. Pour nous, Confédération Paysanne de la LOA, le renouvellement des générations, c'est essentiel. Mais les leviers essentiels, ils ne sont pas. Le revenu, le foncier, l'accompagnement, l'installation, il n'y est pas. Du coup, on a entendu vraiment très peu de choses. La LOA, c'est la loi d'orientation agricole. Je précise.
On a surtout entendu, on lui a posé la question sur les règles du scrutin de cette élection. Pourquoi on n'irait pas vers de la proportionnelle puisqu'on en est très, très loin ? Et ça a été une réponse monolithique. C'est non, aujourd'hui. On va y revenir. On se demande aujourd'hui, qui a intérêt à ce qui n'est pas davantage de démocratie ? Qui a intérêt à ce que les choses ne changent pas aujourd'hui ? Le mode de scrutin, il est important. On va l'expliquer à nos téléspectateurs ce soir. Même question, Véronique Lefloc, la coordination rurale est-elle satisfaite ? Est-ce que vos attentes ont été, ne serait-ce que partiellement, entendues par le Premier ministre ?
Alors déjà, le Premier ministre nous est apparu comme étant éloigné de la réalité du terrain, avec une ignorance totale par rapport à l'OFB, l'Office français de la biodiversité. C'est pratique. Le nombre de personnes qui sont concernées par cette organisation, mais aussi les aspects sanitaires, la difficulté de faire les dossiers. par rapport à quoi il a conclu que la bureaucratie en France devenait insupportable. Par contre, satisfaction par rapport à un engagement de sa part. Il nous a donné sa parole qu'il irait vers un alignement de la réglementation française sur la réglementation européenne. Donc nous attendons cette prise de position dans ce discours demain.
On arrêterait les surtranspositions. De quoi lever les blocages ? D'arrêter le bras de fer, les actions de coup de poing ? Alors ça, c'est le terrain qui décidera. Alors, même tour de table, on poursuit même question. Pierre-Écorel, pour les jeunes agriculteurs. Il est fils d'agriculteur, le Premier ministre. Est-ce qu'il a cette fibre-là ? Est-ce qu'il comprend le monde agricole, selon vous ?
Je l'espère. En tout cas, ce matin, on a trouvé un Premier ministre à l'écoute. Et il y a tout intérêt parce que le secteur demeure en crise. Et donc, on lui a rappelé notamment le calendrier qui est le nôtre autour des lois d'orientation agricole, des lois de la PPL Duplomb-Ménonville, qui doivent trouver une issue favorable au plus vite. Et je me permets de revenir sur Mayotte aussi, parce qu'on y est revenu. J'y étais le 3 janvier pour témoigner de la solidarité de nos deux réseaux respectifs, pour accompagner les Mahorais dans cette difficulté.
On a rencontré et le préfet et le conseil départemental pour accompagner au mieux les agriculteurs sur le terrain qui sont durement touchés par ce cyclone.
Est-ce que le compte y est, Arnaud Rousseau ? Est-ce que vous avez le sentiment, ne serait-ce que sur le calendrier, c'était très attendu, d'avoir plus de visibilité et de concret ?
Écoutez, d'abord, merci de nous accueillir pour ce moment important. Le Premier ministre, on lui a redit ce que nous portons, on lui a dit qu'on était déjà rentré quatre fois dans ce bureau en un an et que nos demandes étaient toujours les mêmes. Comment on traite les sujets d'urgence, la trésorerie, les problématiques sanitaires ? Comment on fait pour faciliter la vie des exploitants agricoles tous les sujets de simplification et de surnormes dont on ne peut plus ? Et puis, on lui a demandé ensuite quel était le planning des lois, notamment la loi dont on parlera, la loi sur la simplification.
On lui a dit qu'il y avait urgence et que pour nous, on avait besoin d'un budget pour que les 450 millions d'euros que nous avons négociés, FNSOA et GIA, dans ce bureau...
Qui passent à la trappe à cause de la censure du budget.
Absolument, soit effectif. Et on lui a dit qu'on aurait rendez-vous au Salon de l'agriculture parce qu'évidemment, nous avons besoin de concrets dans nos fermes.
22 février, c'est bien ça, le Salon de l'agriculture. Bon, on voit que, voilà, affaire à suivre si je vous entends bien. Pour bien vous distinguer, on a une heure et demie pour comprendre exactement ce que vous proposez et qu'est-ce qui vous distingue, je vais vous donner 30 secondes. Et puis, on rentrera dans le vif du sujet des dossiers juste après. 30 secondes pour vous présenter, Véronique Lefloc. Qu'est-ce que porte la coordination rurale dans cette campagne ? Quelle valeur ? Quelle agriculture ? Alors déjà, je suis productrice de lait en bio avec mon conjoint dans une ferme familiale de 180 hectares dans le sud Finistère, avec trois enfants, trois enfants intéressés par l'agriculture.
Le modèle que défend la coordination rurale, c'est la défense d'exploitation familiale, libre et indépendante, ce qui veut dire libre de tout asservissement, libre de tout assistana. Merci pour le temps. Arnaud Rousseau, on a pu entendre parfois que la FNSEA défendait les gros exploitants au détriment des petits.
Écoutez, la FNSEA, elle a une mission qui est claire, qui a été construite, c'est s'engager avec les femmes et les hommes qui ont le goût d'entreprendre en agriculture pour des territoires vivants et dynamiques. Et vous y retrouvez la place des hommes et des femmes parce qu'en agriculture, c'est central. Vous y retrouvez le goût d'entreprendre et vous y retrouvez la place des territoires parce qu'en agriculture, en France, il n'y a pas une agriculture, il y a des agricultures.
On viendra justement sur ce pluriel. Pierrick Aurel, 30 secondes pour parler des jeunes agriculteurs. Qui sont-ils ?
Alors, déjà, moi, je suis agriculteur dans les Alpes d'Haute-Provence en production de vaches à l'étante et je suis engagé depuis l'âge de mes 20 ans. Et aujourd'hui, on se bat chez les jeunes agriculteurs pour des agriculteurs qui soient nombreux sur le territoire, bien dans leur basket et prêts pour répondre aussi aux défis climatiques qui sont devant nous et évidemment avec une considération vivable du métier qu'ils exercent.
Merci, Laurence Marandola. Même question. Que défendez-vous dans cette campagne ? Quelle vision de l'agriculture ? Notre combat à la Confédération Paysanne, c'est celui de garder des fermes nombreuses et pas quelques firmes. Et je dis bien combat parce que parce qu'en fait, l'ensemble des politiques, qu'elles soient économiques, publiques, décidées depuis des décennies, co-décidées entre le gouvernement et les syndicats majoritaires, ne vont pas dans ce sens-là.
Donc c'est un combat de revendiquer des fermes nombreuses avec de la rémunération et faire face aux enjeux extrêmement modernes d'aujourd'hui qui pour nous ne sont pas nouveaux face aux dérèglements climatiques, faire face aux aléas sanitaires, engager une transition, rester nombreux sur des campagnes vivantes. C'est ça, les valeurs de la Confédération Paysanne. Merci pour ces présentations succinctes. On entre dans le vif du sujet. Pourquoi ces élections sont cruciales ? Qui peut voter ? On vous explique les enjeux de ce scrutin professionnel avec Marco Pommier. Bonsoir mon cher Marco.
Bonsoir Myriam.
Alors on le dit, on le répète, les chambres d'agriculture ont beaucoup de pouvoir et même un rôle déterminant.
Oui, c'est un peu un État dans l'État. Ces chambres d'agriculture, elles accompagnent les exploitants, proposent des conseils techniques, organisent des formations, les informent sur les évolutions réglementaires et surtout par délégation de l'État, elles pilotent le développement agricole en France. 950 millions d'euros. C'est le budget total des chambres d'agriculture. C'est colossal.
Et cette élection des chambres d'agriculture, elle se déroule tous les 6 ans. Le vote commence mercredi.
Oui, à partir de mercredi et jusqu'au 31 janvier, 2,2 millions d'électeurs sont appelés à voter. Parmi les votants, bien sûr, les agriculteurs ou encore les représentants des caisses d'assurance, des coopératives ou des organisations syndicales. Ils vont élire les 88 membres, pardon, les membres des 88 chambres d'agriculture, départementales, interdépartementales, territoriales. Le vote peut se faire en ligne ou par courrier.
Élection donc qui permet de mesurer le poids politique de ces syndicats.
Oui, car aujourd'hui, ce rapport de force est sans appel avec un duo hégémonique. Regardez cette carte. La FNSEA et son allié jeunes agriculteurs dirigent 97 chambres sur 101. Si l'on ajoute les chambres régionales, le secret de cette réussite, le mode de scrutin qui favorise le gagnant, il rafle tout, ou presque. Quelques exceptions quand même. Le Lot-et-Garonne, la Vienne et la Haute-Vienne. Trois chambres détenues par la coordination rurale. Une seule chambre pour la confédération paysanne, celle de Mayotte. Il y a six ans, lors de la dernière bataille électorale, plus de 53% des chefs d'exploitation s'étaient abstenus.
Alors la crise que connaît le monde agricole peut-elle booster la participation ? Les résultats seront connus le 8 février, au plus tard.
Merci beaucoup, Marco Pommier. Allez, on entre dans le vif du sujet. Question à la challenger, Véronique Lefloc, Charlotte Meurin. Oui, bonjour, Véronique Lefloc. Depuis un peu plus d'un an maintenant, la coordination rurale a été extrêmement médiatisée. Cette élection, vous la présentez comme un référendum. Alors tout simplement, un référendum contre qui ? Est-ce que c'est un référendum contre la FNSEA et les jeunes agriculteurs ? Alors disons que je devrais dire merci à Arnaud Rousseau, merci à la FNSEA d'avoir permis à toutes ces mobilisations d'éclater depuis déjà un an. Puisque la première fois où nous nous sommes rencontrés, c'était au Space Arène.
Et Arnaud Rousseau m'annonçait ce qu'il avait négocié, à savoir l'augmentation des taxes sur le carburant agricole. En contrepartie du quoi, il y avait quelques compensations, mais uniquement pour ceux qui ont plus de revenus. Donc voilà, depuis un an, nous sommes sur le terrain. Oui, c'est un référendum parce que chacun des agriculteurs doit choisir s'il souhaite continuer dans ce modèle. Ce modèle qui n'est pas avec un bilan réjouissant. Dix dernières années, c'est 100 000 exploitations en moins, un million de vaches en moins, un abattoir sur trois qui a été fermé. Un tiers des abattoirs ont disparu. Et on continue à en fermer un tous les mois en France.
Donc chacun des agriculteurs doit se poser la question. Jusqu'où peut nous amener ce modèle ? Jusqu'à 150 000 fermes d'ici dix ans. Est-ce que justement les fermes qui s'en sortent bien aujourd'hui, s'en sortiront bien demain ? Puisqu'il n'y aura peut-être pas de repreneurs s'il n'y a pas de revenus.
Arnaud Rousseau, justement, vos opposants vous accusent parfois d'être le porte-parole, à travers la FNSA, du lobby céréalier, et de privilégier les plus grosses exploitations agricoles. Quel modèle est-ce que vous défendez à travers cette élection aux Chambres d'Agriculture ?
D'abord, je voudrais dire qu'il n'y a pas un modèle en agriculture. Il suffit de connaître l'agriculture pour se rendre compte qu'il y a des modèles en agriculture. Et que la ferme que j'ai visitée dans le Lot-et-Garonne, dans un département détenu par la coordination rurale, n'est pas avec les mêmes problématiques quand tu es chez un arboriculteur que quand on est chez un céréalier ou un éleveur. Et donc, l'idée qu'il y aurait un modèle en agriculture ne tient pas.
En revanche, nous on a une vision qui est celle de la croissance, du goût d'entreprendre en agriculture, faisant le constat qu'il y a des projets différents, des territoires différents, mais que tous doivent construire un projet assis sur la liberté d'entreprendre, sur la capacité à vivre, parce que nous, nous assumons de dire qu'un agriculteur, c'est un entrepreneur, du vivant, souvent dans une petite entreprise, à capitaux familiaux essentiellement en France, mais avec cette idée qu'on construit un avenir et qu'on le construit là où on est dans son territoire.
Et donc, ce qui nous intéresse, nous, à travers ce mouvement important qu'on a vécu depuis un an, c'est de trouver des solutions, des solutions concrètes. C'est ce qu'on a répété au Premier ministre, c'est ce qu'on porte à travers nos projets de loi, et c'est ce qu'on veut développer parce que la colère n'est pas un projet, parce que le chaos, parce que le fait de vouloir affamer tel ou tel n'est pas un projet. C'est ça qu'on construit.
Et la place des céréaliers au sein de la FNSEA ?
Non, mais vous savez, la FNSEA, Christiane Lambert était éleveuse de porcs, avant elle, Jean-Michel Lemétier était éleveur laitier. La FNSEA, elle regroupe toutes les productions de tous les territoires. Elle a une représentation territoriale et une représentation par secteur de production. Donc, tout le monde est représenté à la FNSEA et vous avez montré la carte. Si tout le monde est là, c'est parce que tout le monde comprend l'intérêt, dans un moment où il y a 400 000 agriculteurs, de mesurer que les combats, ce ne sont pas les combats entre nous, c'est les combats sur la problématique européenne ou la problématique nationnelle.
Mais du coup, Laurence Marandola, vous qui défendez à la Confédération paysanne les petites exploitations, la paysannerie, l'environnement, pour ces élections, vous avez affiché un objectif de remporter une dizaine de chambres. Est-ce que vous pensez vraiment que c'est atteignable ? Vous parliez tout à l'heure du mode de scrutin. Est-ce que vous pensez vraiment, à la fin du mois, pouvoir remporter une petite chambre d'agriculture ? Bien sûr, on ne peut pas dire aujourd'hui qu'il y a un gagnant et un challenger et un autre. Les élections ne sont pas jouées. Mais elles ne sont pas jouées d'avance.
Nous, à la Confédération paysanne, l'enjeu de ce moment-là, c'est peut-être un peu les élections de la dernière chance. Ça a été évoqué, le constat, on le fait tous. Il y a 100 000 fermes, 100 000 paysans qui ont disparu la dernière décennie. C'est un constat d'échec. D'échec des politiques publiques, d'échec de l'accompagnement des chambres, d'échec global, sociétal. Et pour nous, syndicalistes qui défendons chaque paysanne, chaque paysan, c'est un échec patent. Pour les chambres d'agriculture, elles se doivent de défendre d'abord tous les paysans, toutes les filières. Ce n'est pas le cas aujourd'hui ? Comment ? Elles ne les défendent pas toutes aujourd'hui ? Non. Ah bon, pourquoi ?
Quand on perd 100 000 paysans en 10 ans, c'est bien un échec des politiques publiques. Un échec de qui, alors, pour vous, madame ? Alors, il est pluriel, cet échec. C'est celui des politiques libérales qui nous mettent dans la concurrence des loyers. Il faut qu'il y ait des gagnants. Que la croissance, la croissance en agriculture, ça veut dire des fermes qui s'agrandissent et des fermes qui disparaissent. Ça, ce n'est pas notre modèle, effectivement. Et les chambres d'agriculture se doivent d'accompagner. Vous l'avez dit, tous les modèles, toutes les fermes, toutes les filières. Et ce n'est pas le cas aujourd'hui. Sur le mode de scrutin, Marco Pommier en parlait à l'instant.
Il n'est pas juste, à vos yeux, ce mode de scrutin d'un mot ? Et vous répondrez, Pierre-Écorel. De toute évidence, il n'est pas démocratique. Puisque la prime majoritaire, la moitié des sièges aux chambres d'agriculture sont raflés par la liste arrivée en tête. Dans mon département, en 2019, on a frôlé les 40%. La Confédération paysanne. On a trois membres sur les 18. On n'est pas associés au bureau. Le mode de scrutin fait qu'il n'est pas démocratique, qu'il ne permet pas. Et les bureaux sont entièrement fermés au syndicat d'e-minorité. Pierre-Écorel vous répond là-dessus. Donc on est très loin de pouvoir représenter, sur un modèle comme ça, de représenter tous les agriculteurs.
Pierre-Écorel, sur le mode de scrutin.
Non mais sur le mode de scrutin, très rapidement. Moi, aujourd'hui, on est là pour discuter d'un projet pour les agriculteurs. Même si sur le mode de scrutin, on pourra toujours discuter. Évidemment que quand on voit le résultat qu'on fait, pour les raisons qu'on fait, parce qu'on a une structuration et un vrai projet pour l'agriculture.
Mais sur le mode de scrutin, c'est important pour ceux qui nous regardent. En gros, le premier arrivé en tête, il récupère la moitié des gens. Est-ce qu'il n'est pas temps de le revoir, tout simplement ?
Mais parce qu'il est représentatif de ce que les gens votent, tout simplement.
Non, la moitié du vote est raflée par le majoritaire.
Mais parce que c'est l'expression... Moi, je veux bien qu'on discute à chaque élection du mode de scrutin et que quand on se retrouve perdant, on le remette sur le tapis. Mais enfin, ça ne fait pas progresser le débat. Aujourd'hui, ce qui nous intéresse, c'est de savoir quel est le projet pour les agriculteurs. Le mode de scrutin, moi, j'ai envie de dire que c'est un autre combat. Ce n'est pas au moment de la campagne qui se discute, c'est avant avec les pouvoirs publics. Et aujourd'hui, on est là pour défendre une diversité des agricultures. Et voilà, elle s'exprime par ce mode de scrutin-là, qui est, à mon sens, représentatif de ce qu'est l'agriculture sur le territoire.
97 chambres sur 101, c'est représentatif pour la NSEA, à votre avis ?
Écoutez, d'abord, c'est le fruit d'une histoire, c'est le fruit d'un travail, c'est le fruit d'un engagement. Moi, je voudrais quand même rappeler que c'est des hommes et des femmes sur le terrain qui s'engagent. Les candidats qui sont-ils sont des gens qui sont ancrés dans leur territoire, qui portent toutes les productions, toutes les diversités, et qui se sont engagés parce qu'on peut commenter tel ou tel. Mais la réalité, c'est qu'il faut travailler, c'est qu'il faut construire, c'est qu'il faut des projets. Et moi, j'aimerais bien qu'on parle des projets, parce que c'est ça, le contenu.
Allez, on y va. On va commencer par notre premier thème. Et je vous redonne la parole, Véronique Lefeuille, dans un instant. Le libre-échange, jusqu'où ? Le traité avec les pays du Mercosur, les pays d'Amérique latine, est devenu le symbole de la couleur des agriculteurs. La concurrence, oui, mais pas quand elle est déloyale, comme nous l'explique Elsa Mondingava.
Sur les pancartes des agriculteurs en colère, un mot revient sans cesse, Mercosur. C'est l'accord commercial négocié entre l'Union européenne et une grande partie des pays d'Amérique latine. Il prévoit la suppression des droits de douane sur des centaines de milliers de tonnes de produits que l'Europe pourrait importer. 180 000 tonnes de sucre, 180 000 tonnes de volaille, 100 000 tonnes de viande bovine. L'accord fait l'objet d'un bras de fer entre la France et la Commission européenne. Début décembre, Ursula von der Leyen s'est rendue en Uruguay. Tout sourire, elle a acté la fin des négociations. Économiquement, c'est un accord gagnant-gagnant. Mais la France ne s'avoue pas vaincue.
Ça n'est qu'une signature, je vous rassure là aussi, pour tous ceux qui pensent que tout serait perdu et que c'est un effacement de la France que la Commission ait signé l'accord avec le Mercosur. La messe n'est pas dite, dirais-je en bon laïc, dans ce palais républicain.
L'accord doit encore être adopté par le Conseil et le Parlement européen. La France espère toujours convaincre d'autres pays et former une minorité de blocage. Alors, tous les quatre, vous êtes très clairement opposés à ce traité avec le Mercosur. Vous attendez très clairement, tous les quatre, que la France parvienne à bloquer cet accord. Mais on va essayer, dans cette partie, de vous situer sur la question plus vaste du commerce agricole. Patrice.
Alors, Laurence Marandola, justement, avec la Confédération paysanne, vous défendez un objectif de souveraineté alimentaire. Mais que serait la France, la production agricole française, sans ces traités de libre-échange qui lui permettent aussi d'exporter ? Est-ce qu'il faut mettre fin à tous les traités de libre-échange ?
Oui, il faut mettre fin à tous les accords de libre-échange, parce qu'il faut arrêter de faire l'amalgame que pas d'accord de libre-échange égale pas de commerce. On peut faire du commerce, du commerce international, sans accord de libre-échange. D'ailleurs, c'est déjà le cas. Nos deux filières les plus exportatrices, c'est vin spiritueux et céréales. Et les pays vers lesquels on exporte... Ils profitent des accords de libre-échange ? Très peu. Vin spiritueux, globalement, majoritairement, la France exporte vers la Chine et les États-Unis. Il n'y a pas d'accord de libre-échange. On peut faire du commerce sans accord de libre-échange ?
Mais on a vu que l'État, par exemple, était favorable aux produits laitiers.
Il est favorable à l'actalis. Il est favorable aux grandes entreprises. Il n'est pas favorable aux producteurs. Est-ce que ça a ruisselé dans la poche du prix des producteurs, des éleveurs laitiers, avec un prix revalorisé aux producteurs ? Ce n'est pas le cas. C'est même pire. Lactalis annonce baisser sa collecte. La Confédération paysanne fait la promotion, enfin en tout cas est d'accord avec du commerce de produits agricoles. C'est indispensable sur d'autres bases, sur des bases justes, sur des bases qui rémunèrent le travail. Et on est opposé à tous les accords de libre-échange. Le CETA, on y est opposé depuis toujours. En fait, on n'est pas tous d'accord autour de cette table.
Sur le Mercosur, j'ai précisé. Sur le Mercosur, on n'est pas tous d'accord autour de cette table. On va essayer d'y voir plus clair. Ici, ils disent qu'en fait, avec des clauses miroirs, ça devient acceptable. Des clauses miroirs, je voudrais juste citer un chiffre. C'est du miroir aux alouettes. Rien que sur le coût du travail. Le SMIC horaire au Brésil, c'est 1,09€. On ne pourra jamais compétir. Et ne nous dites pas qu'on veut davantage de compétitivité. Les personnes en France veulent être payées encore plus bas que ce qu'on l'est pour la majorité des produits.
Arnaud Rousseau, sur le Mercosur, clairement, la Confédération paysanne estime que vous ne le rejetez pas en bloc et qu'à condition d'avoir les fameuses clauses miroirs, la réciprocité, la traçabilité, il deviendrait acceptable, cet accord.
Non, mais il suffit de lire et d'écouter ce qu'on dit depuis des mois. On a été très clair. Pour nous, le Mercosur, c'est non. Et je voudrais dire pourquoi c'est non. C'est non parce qu'on n'a pas de traçabilité. C'est non parce qu'on importe des denrées produites avec des matières actives ou des modes opératoires qui sont interdits en Europe. Et c'est non parce que ça ne respecte pas les accords de Paris. Donc, il n'y a pas de oui, mais ou de peut-être, au même titre qu'on a dit, qu'on n'était pas prêt à discuter d'une clause de compensation.
Ce qui n'est pas vrai. Il y a eu un engagement sur les accords de Paris, dans le cas du Mercosur.
Eh bien, écoutez, ça m'intéresse beaucoup de l'avoir parce qu'au moment où je vous parle, même le gouvernement français ne l'a pas. Donc, ça m'intéresserait beaucoup de l'avoir. Mais, soit dit en passant, au-delà, ce qui dépasse le Mercosur, c'est quelle position de l'agriculture vis-à-vis du commerce ? Nous, on affirme qu'il faut continuer à commercer. Parce que, ça a été dit, quand on a du blé, quand on a des spiritueux, des vins, quand on a des produits laitiers transformés, quand on a de la génétique animale, il faut qu'on puisse commercer.
Mais il faut le faire dans des conditions de réciprocité qui nécessitent que l'Europe se remette en cause et qui nécessitent qu'on contrôle ce qui arrive en Europe.
On est que le floc. Alors, ce double discours, il est insupportable. Je suis totalement d'accord avec Laurence. La FNSEA, les JIA, c'est votre secrétaire général, Hervé Lapie, qui l'a dit. Ils étaient favorables à ce Mercosur avec des aménagements. Donc, on l'entend bien avec ces clauses miroirs. Or, nous, à la coordination rurale, c'est une opposition totale à tous ces accords de libre-échange. Il faut exclure l'agriculture de l'Organisation mondiale du commerce, car tous ces accords de libre-échange reviennent à une politique favorisant toute l'agro-industrie à laquelle appartient Arnaud Rousseau, puisqu'il est président du groupe Avril.
Donc, on connaît les acquisitions de groupes industriels là-bas. On connaît la position de l'actalis. Le groupe Avril, pour ceux qui nous regardent, c'est un géant de l'huile. Donc, vous êtes le président du conseil d'administration.
Véronique Lefloc, est-ce que ça veut dire que la coordination rurale veut finalement remettre des barrières douanières aux frontières françaises ?
Eh bien, quelque part, de toute manière, l'agriculture doit bénéficier de cette exception, telle que nous l'avions avant 1994.
Et que deviennent les productions exportatrices ?
Alors, par exemple, les produits laitiers. Quand vous avez des accords de libre-échange, tels que ceux de Nouvelle-Zélande, qui permettent à 15 000 tonnes de produits laitiers de venir de Nouvelle-Zélande en Europe, les accords avec le CETA, c'est 15 000 tonnes qui vont d'Europe vers le Canada. On prend maintenant la production porcine avec le Mercosur. 25 000 tonnes de porc à venir en Europe, premier continent exportateur de porc. À quoi cela conduit-il ? Cela veut dire que soit on diminue la production en Europe d'autant, soit on exporte plus. Et on va faire du dumping, où ? Dans les pays d'Afrique, plutôt que de les aider à relancer leur agriculture. Donc quoi ?
On fait du protectionnisme ? À quelles frontières ? Européennes, françaises ? On remet des barrières douanières ? L'exception agriculturelle, sortir l'agriculture des accords de l'OMC. Vous voyez bien, ni le Brésil, ni la Russie, ni la Chine, ni les États-Unis, ils protègent tous leur agriculture. Ils ne respectent pas les accords de l'OMC.
Pierre-Yves Correl, pour les jeunes agriculteurs, justement, quand on regarde les chiffres, la question c'est qu'il y a un décrochage de l'agriculture française au sein même de la zone euro. Donc est-ce que ce n'est pas un problème aussi à l'intérieur de l'agriculture française, un problème de compétitivité ? Non mais clairement, il y a un sujet de compétitivité en France, et puis même un sujet de compétitivité avec nos collègues européens. Le sujet du libre-échange, c'est qu'en fait, l'OMC n'existe plus depuis longtemps. Et donc en fait, on se retrouve sans réelle règle pour encadrer tout ça. Et de ce fait-là, c'est compliqué.
Nous, ce qu'on dit, c'est qu'on a besoin de commercer avec le monde parce que c'est comme ça et c'est très bien. Et d'ailleurs, c'est vecteur de valeur ajoutée pour un certain nombre d'agriculteurs et on ne se voit pas faire sans. En revanche, ce qu'on dit, c'est qu'on doit discuter production alimentaire contre production alimentaire. On ne peut pas être la variable d'ajustement, et c'est ça qu'il faut bien rappeler, de commerce pour d'autres sujets qu'on exporterait, je ne sais pas, des portières de voitures ou en tout cas quelque chose qui n'a pas attrait avec du produit alimentaire.
Et ça, ce n'est pas compréhensible ni supportable pour l'agriculture qui est déjà en crise sur le territoire avec les sujets de compétitivité.
Oui, mais la France perd beaucoup de pertes de marché agricole par rapport à l'Europe.
Je voudrais rappeler pour ceux qui nous écoutent que la balance commerciale agricole et agroalimentaire française, qui était très favorable il y a une quinzaine d'années, un peu supérieure à 10 milliards en fonction des années, est aujourd'hui quasiment réduite à zéro. Nous avons perdu notre capacité productive. Le sujet de fond sur les questions de ce qui se produit ailleurs sur la planète, c'est est-ce qu'on est capable de garder en France ou pas une capacité productive ?
Pas pour, comme je l'entends, faire du productivisme ou faire de l'exportation à tout crin, c'est que si on veut créer de la richesse dans un pays dont tout le monde a compris que le budget était arrivé au bout, on veut créer de la richesse, il faut qu'on arrive à produire. Donc produire plus. Et pour produire, au moins autant, regardons les chiffres. Au moins autant. On importe aujourd'hui 40% de nos légumes, 60% de nos fruits, 25% de notre viande bovine, 60% de notre viande bovine, 50% de nos poulets. Et je pourrais continuer à dire, nous avons besoin de produire avec des standards qui sont parmi les plus élevés de la planète en Europe.
Et on a besoin de le faire dans un cadre où on ne nous met pas en compétition avec des gens qui ne respectent pas nos règles. Et puis un petit mot, puisque j'ai été interpellé et que je voudrais répéter ici. Je préside au titre de la FNSEA le groupe Avril, puisque le groupe Avril est détenu par le monde agricole, est ancré avec des administrateurs qui viendront toujours de la FNSEA. Et je le fais dans une entreprise qui ne verse pas de dividendes aux actionnaires, qui réinvestit tout au profit de la Ferme France, qui est au Brésil dans 19 pays. Tout ça est très transparent, il suffit de le garder.
Donc pas de conflit d'intérêt possible.
Et qui vient d'investir en France, une entreprise à Amiens, qui fabrique des acides aminés pour l'élevage, qui est la dernière en Europe. Donc oui, nous assumons le fait de parler de souveraineté alimentaire. Pour nous, c'est vrai, Laurence Marron, de la raison, ça n'est pas à l'échelle du canton ou de la commune, c'est à l'échelle d'une vision globale. Mais redisons les chiffres, nous perdons de la capacité de production et nous ne pouvons pas être mis en concurrence avec des produits qu'il ne respecte pas. Et c'est l'intérêt du consommateur demain d'avoir des produits de qualité dans son assiette.
Et alors justement, sur cette capacité de production, sur cette souveraineté alimentaire, est-ce que ces règles de libre-échange, même au sein de l'Union Européenne, sont justes ? Quand on voit par exemple la concurrence des fruits et légumes espagnols, vous disiez tout à l'heure qu'on importe 50 à 60% des fruits et légumes en France, on a en France des capacités de produire des fruits et des légumes, est-ce qu'il faut également revoir ces règles à l'échelle européenne ? Pierre Ricorelle, vous voulez peut-être répondre ?
Non mais bien sûr qu'il faut revoir parce qu'on ne peut pas prétendre à une Europe, et c'est ce qu'on appelle de nos voeux, une Europe plus forte, plus souveraine sur les questions alimentaires. Quand on est challengé par les deux blocs aujourd'hui qui sont en train de se dessiner à l'est et à l'ouest, nous on est pris en étau, on a besoin d'avoir une réponse concrète et des moyens de production harmonisés au niveau européen. On ne dit pas qu'il faut que le niveau français soit respecté de partout, on dit qu'il faut arrêter de surtransposer en France. Parce que sans ça, on le voit, on le constate, Mme Morandola l'a dit, on a perdu 100 000 agriculteurs.
C'est bien parce qu'on a une perte de compétitivité à un moment donné qu'on n'est plus capable de se positionner sur des marchés intérieurs tels que des marchés européens. Donc évidemment qu'il nous faut moins de surtransposition et plus de compétitivité, très urgemment pour les agriculteurs sur le territoire.
Sur les accords de libre-échange et les fruits et légumes, il faut aussi bien comprendre que les choses ne sont pas inéluctables. On peut continuer à se battre pour éviter la ratification pleine et entière de l'accord avec le Mercosur, pareil avec le CETA, il n'est pas ratifié et on vient, je dis on, Confédération Paysanne avec d'autres, de remporter une très grande victoire avec l'annulation d'un accord de libre-échange. C'est possible, celui entre l'Union Européenne et le Maroc, qui concernait justement des fruits et légumes.
Et autour de cette table, c'est bien la Confédération Paysanne qui a mené ce combat, qui a plus de 15 ans d'âge et qui permet de gagner des victoires et de protéger et de relocaliser les fruits et légumes en France. Véronique Lefloc sur cette question de libre-échange. Je vais juste compléter là-dessus, mais c'est vrai, je partage, je valide cette position-là qui donnait justement 85% des contingents de tomates à la France, venant d'Europe. Juste pour rebondir sur cette perte de compétitivité ou ce que vous défendez de produire plus. Avant de produire plus... Au moins autant, dit Arnaud Rousseau. Au moins autant.
En ce qui concerne les céréales, à quoi bon être exportateur net de blé tendre, de blé dur, pour ensuite être déficitaire en pâtes alimentaires, qui sont faites à partir du blé dur, en farine, puisque un paquet sur deux de farine est importé. Pareil pour les pâtes alimentaires. Nous avons un gros problème aussi avec la pomme de terre, où nous sommes exportateurs nets, mais en termes de produits à base de pommes de terre, nous sommes largement déficitaires. Donc, il y a un problème...
Ça, est-ce que ce n'est pas un problème de compétitivité industrielle française ? Parce que les pommes de terre sont produites en France et elles sont transformées en Belgique.
Alors, la compétitivité de la ferme France et de l'industrie française, elle se révèle positive à travers la balance commerciale avec les pays tiers. Elle est juste négative et déficitaire avec l'Europe. Elle était positive de 5 milliards d'euros il y a 10 ans. Aujourd'hui, on est arrivé totalement déficitaire. Pourquoi ? Parce qu'au moment où a été créée la politique agricole commune, c'est une politique qui a considéré qu'il fallait produire un prix faible mondial pour permettre d'aller à l'export. En contrepartie de quoi, nous, agriculteurs, nous avons bénéficié de ces compensations. Donc, cette politique a permis à tous les industriels de se développer.
Et aujourd'hui, tous les industriels sont implantés ailleurs qu'en France et peuvent pratiquer une délocalisation de résultats. Vous voulez répondre là-dessus pour conclure sur ce thème ? On n'a pas parlé de l'Ukraine aussi, qui évidemment n'est pas dans l'Europe, mais pourrait y rentrer. Un mot, est-ce que vous êtes évidemment hostile à cette entrée qui serait une concurrence déloyale ?
Juste pour rebondir rapidement sur ce qu'a dit Mme Lefloc, je ne comprends pas bien si on doit produire moins pour correspondre à nos enjeux de transformation industrielle, ou si on doit plutôt construire des filières, notamment avec notre proposition sur Egalim, pour avoir une juste répartition de la valeur ajoutée. On est bien sur le revenu juste après. Et continuer à avoir des outils industriels qui transforment en France pour les agriculteurs et pour les consommateurs.
Je n'ai pas bien saisi le sujet. J'ajoute qu'il nous faut des outils industriels. Il faut qu'on assume ça. Il y a un moment, 80% de ce qui sort de nos exploitations, même 85%, nécessite une transformation. Le kilo de farine, le litre de lait, le litre d'huile qui arrive sur la table du français, ou l'entrecôte, ou le steak haché, sont bien passés par des outils de transformation. Et donc on a besoin d'avoir une vision en filière qui construit de la valeur pour nos fermes. Et je le dis parce que, comme on me taxe d'être un industriel, j'ai constaté en allant dans le Lot-et-Garonne que M.
Bousquet-Cassagne, président de la Chambre d'agriculture du Lot-et-Garonne, est lui-même PDG de l'abattoir du coin. Donc vous voyez bien que dans le monde agricole, en tous les cas, nous, on l'assume. Il faut qu'on s'empare de ce qui se passe autour de nous parce que le monde est grand, le monde est compétitif et on a besoin, nous, de nous assurer du revenu pour nous faire.
Alors, je voudrais un tour de table très rapidement. Vous me répondez oui-non sur l'Ukraine qui est candidate à l'entrée dans l'Union européenne. Ça va prendre des années, voire des décennies. On parle du grenier à blé en parlant de l'Ukraine. Vous êtes contre son entrée, oui ou non, Laurence Marandola ? Je représente un syndicat agricole, je ne suis pas pour ou contre, mais ça va, de toute évidence, redessiner complètement les forces en présence, la carte de l'agriculture européenne et la pâle. C'est évident, ça conduirait à une concurrence déloyale impossible de supporter avec justement des produits qui ne respectent pas nos normes là-bas.
Qui veut répondre, l'un de vous deux seulement sur l'Ukraine, pour terminer ?
La question c'est qui paye ? Et est-ce qu'il y a, comme on l'a en Europe, une équité de traitement ? Donc de ce point de vue-là, on est d'accord. On ne peut pas importer des produits qui ne respectent pas nos standards. Ça vaut pour le Brésil, ça vaut pour l'Ukraine et ça vaut pour d'autres.
Et pour que Arnaud Rousseau réponde, puisqu'il était intervenu sur BFM en disant que l'entrée de l'Ukraine aurait du sens, l'entrée de l'Ukraine en Union européenne aurait du sens.
Je le dis et je le réaffirme, vous savez, les Ukrainiens, ils se battent pour leur liberté. Et en fait, ils auront le choix entre soit aller dans le bloc russe, soit aller dans le bloc européen. Et la vision géopolitique et géostratégique que nous supportons, c'est un moment d'ancrer les gens, pour peu que l'Europe respecte ce qu'elle est, c'est-à-dire un marché unique. Et donc, je l'ai dit, un marché unique, règle unique. Pour le moment, un processus, c'est minimum 20 ans et on ne l'acceptera que s'il y a des règles, en reprécisant bien de savoir qui paye.
Allez, on passe à notre deuxième thème. Comment vivre dignement de l'agriculture ? C'est la principale cause de la détresse des exploitants agricoles, la faiblesse de leurs revenus. Avant de vous entendre, et merci, vous tenez parfaitement vos temps de parole. On va faire un point sur les chiffres avec Hélène Bouduel.
S'il y a bien un point qui met tous les syndicats agricoles d'accord ? C'est enfin trouver une solution au problème du revenu agricole à long terme pour qu'on puisse renouveler les générations et pour qu'on puisse produire sereinement dans notre pays. Notre travail est toujours aussi mal valorisé. Il y a toujours des gens qui se sucrent sur notre dos. Une rémunération trop faible, 1910 euros par mois en moyenne, pour un foyer agricole, et des disparités énormes. Les revenus sont trois fois plus élevés dans les grandes cultures, céréalières souvent, que dans les élevages bovins. Les plus grosses exploitations ont aussi un revenu quatre fois plus élevé que les petites.
Je m'en sors comme je peux. Au fil des années, on n'a quand même pas de revenu fixe, nous, les agriculteurs. Donc ça dépend de comment on vend, de comment on a récolté. Voilà, cette année, ça va être une année difficile parce que, je vous dis, c'est entre moins 40 et moins 50% de production en moins, donc de vente en moins, donc de revenu en moins. Des situations qui deviennent même catastrophiques pour certains agriculteurs, comme ce producteur de céréales. Pour éponger ses déficits, il a dû prendre une décision radicale. On a vendu nos deux voitures et puis là, on est en train de vendre notre maison. Voilà, c'est la maison de ma grand-mère, ça.
Pour l'instant, avec ma femme et mes enfants, on vit dans le logement de l'apprenti. On est un petit peu entassé, mais bon. Alors, face à cet effritement des revenus, quelles solutions proposez-vous ?
Laurence Marang-Dolla, les lois Eyalim, qui étaient quand même censées garantir les revenus des agriculteurs, on voit bien que ça ne marche pas vraiment. Qu'est-ce que vous proposez, vous, pour garantir le revenu des agriculteurs ? Est-ce qu'il faut revenir à des prix planchers, plutôt mettre en place des prix planchers ? Oui, alors, pour le revenu qui est la question principale, il y a des grandes disparités au sein même d'une filière comme celle des céréales. C'était intéressant à ce titre l'exemple qu'on a vu. Effectivement, pour nous, il est indispensable et il est possible d'établir des prix rémunérateurs minimum garantis. La loi Eyalim, c'est un échec. C'est un échec pour deux raisons.
C'est que d'abord, elle ne s'applique qu'à des filières volontaires, sur le caractère du volontariat. On connaît le rapport de force, on connaît le petit pouvoir de la production des agriculteurs face à de la grande industrie, face à de la grande distribution. La base du volontariat, ça fait quoi aujourd'hui ? Ça fait qu'Eyalim s'applique seulement à la filière laitière et un petit poêle à la viande. C'est tout. Et en plus, Eyalim, sous son titre de partage de la valeur, n'a été incapable, même dans le lait, de sanctuariser, de protéger un revenu pour les agriculteurs qui puissent couvrir le coût de production de nos charges, qui en plus ont beaucoup explosé depuis la guerre en Ukraine.
Un revenu minimum. Expliquez-nous concrètement ce que c'est qu'un revenu minimum, ce qu'on appelle des prix planchers garantis. Comment ça fonctionne, sachant que le coût de production varie même d'une région à l'autre et d'un secteur à l'autre ? On sait faire. Dans le lait, on sait faire. Les instituts de l'élevage, ce n'est pas nous, définissent un indicateur coût de production. Il y en a quatre en France pour le lait. C'est très concret. Si on est en pleine ou en montagne, ce n'est pas la même chose. Du coup, il y a deux indicateurs. Et après, c'est encore divisé en deux pour l'agriculture conventionnelle et l'agriculture biologique. On sait faire.
Ça ne sera pas pile poil le coût de production de chaque ferme, mais au moins, c'est une référence, peu ou prou, qui est extrêmement importante. Ce qu'on veut aujourd'hui, nous, on appelle ça un prix minimum garanti. C'est le coût de production, un SMIC minimum et la protection sociale. Ces droits sociaux, c'est important. Un SMIC, ce n'est pas l'objectif en soi. C'est juste qu'enfin, on interdise par le prix que des agriculteurs soient rémunérés en dessous du SMIC. Et c'est le cas aujourd'hui. Donc, nous, on appelle ça des prix minimum garanti. On l'a connu en Europe, ces hausses existent aujourd'hui dans des très grandes puissances agricoles.
Ça doit être assorti d'une répartition des volumes. Sinon, c'est les plus grandes fermes qui vont tout rafler. Et le revenu, c'est les prix. Et c'est aussi une autre répartition des aides de la PAC. Je veux quand même dire que sur le prix plancher, alors nous, on ne l'appelle pas comme ça, le jour où le président en a parlé au dernier salon de l'agriculture, à la FNSA, vous avez de suite eu les comptes que c'est du soviétisme. Donc, c'est tellement, alors qu'en fait, de très grands pays utilisent. Locage des prix, ça revient quand même. On va faire circuler la parole sur cette question des prix planchés.
Oui, Véronique Lefloc, vous qui êtes éleveuse laitière, du coup, sur cette question des revenus minimum garantis, vous seriez pour aussi l'étendre à tous les domaines de l'agriculture ? Alors, compliqué d'aboutir à un chiffre qui conviendrait à tout le monde. Maintenant, comment fait-on pour avoir du revenu ? Deux façons d'agir. D'abord, sur les charges, ce que nous, nous demandons à la coordination rurale, c'est un bouclier énergétique. Ce n'est pas compliqué, étant donné que l'énergie consommée par le secteur agricole en France est seulement 3% de l'énergie. Or, l'énergie... Le bouclier tarifaire n'a pas suffi ?
Non, et nous l'avons encore prouvé ce matin lors de notre rendez-vous avec le Premier ministre. Nous avons des factures qui ont multiplié par 4 dans certains secteurs, ceux qui irriguent, ceux qui font la transformation, le stockage, les porcheries, les serres pour faire des fruits et légumes. Donc, permanent, le bouclier ? Il faudrait un bouclier pour ce secteur puisque l'accès à une nourriture accessible à tous, justement, doit être en partie assuré par ce type d'intervention. Donc, le bouclier énergétique, les taxes foncières sur le non-bâti. On demande une exonération totale puisque la taxe, aujourd'hui, équivaut au double de la flat tax, c'est-à-dire la taxation des dividendes.
Et qui paye tout ça ? Nous, les agriculteurs, les propriétaires... Non, mais qui paierait toutes ces exonérations ? Alors, on a des solutions pour apporter... Comment vous financez ? Alors, on le finance par la suppression de l'Office français de la biodiversité, par une surtaxe carbone sur le fret de tous ces produits importés. Et on a d'autres solutions. Il y a aussi la révision du système social pour alléger le coût du travail. Pareil, on le paye par ces mesures. Et d'un autre côté, il faut donc baisser les charges et davantage de prix. Comment on a davantage de prix ? Déjà en intervenant auprès de nos coopératives et des industriels qui nous achètent nos produits.
Pour les COP, il faut une loi de moralisation des coopératives qui, aujourd'hui, sont pour la plupart, au moins toutes les grandes coopératives, montées avec des multinationales, lesquelles détiennent les filiales. Les filiales versent des dividendes qui ne redescendent pas aux agriculteurs. Il suffirait que ces filiales reviennent au bilan des COP ou que l'on remette comme actionnaires les agriculteurs. Sur les prix planchers, on n'a pas compris. Vous êtes pour ou vous êtes contre ? Alors, bien sûr, ça revient à avoir des prix planchers. Mais comment les déterminer ? Dans tous les cas, il faut que l'objectif de deux SMIC nets soient atteints.
Et deux SMIC nets n'ont pas la même valeur qu'on soit à la FNSEA ou à la Coordination Rurale et peut-être pas à la Confédération Paysanne. En tout cas, nous, deux SMIC nets, c'est 60 000 euros pour enlever les charges et avoir ces deux SMIC nets.
Du côté des jeunes agriculteurs, justement, les prix planchers, est-ce que vous êtes pour ou contre ? Et deuxième question, une partie du revenu des agriculteurs dépend des ZPAC. Est-ce qu'il ne faudrait pas remettre à plat ces ZPAC pour, justement, demain, favoriser la transmission des exploitations ? Alors, pour reprendre un petit peu dans l'ordre, déjà, sur les prix planchers, c'est vraiment un point de désaccord. Pour le coup, on est contre.
Tout simplement parce qu'on estime que, d'abord, on a besoin de coûts de production dans la construction du prix en marche avant, qu'on a travaillé sur une loi qui est galime, qui vient quand même bouleverser 30 ans, voire un peu plus, de commerce et de techniques de commerce, où, finalement, l'acteur de la grande distribution était plutôt très fort. Et donc, ça prend du temps. Ce n'est pas aussi rapide que ce qu'on le voudrait, mais on continue de le pousser parce qu'on l'a travaillé, parce qu'on s'aperçoit que sa structure décide...
Ça marche, mais pas assez bien. Ce que vous dit la Confédération, c'est qu'il y a un problème d'obligation, en fait. Tant que ce ne sera pas contraint, ça ne marchera pas.
Oui, oui.
La base du volontariat n'est pas suffisante.
Ce que je voudrais dire, c'est que, moi, en tant que jeune agriculteur, je n'ai pas envie de gagner un SMIC ou deux SMIC. J'ai envie de gagner la valeur réelle de mon travail, de mon implication.
La question, c'est comment on protège les plus faibles, en fait ? Comment encore on a 20% d'agriculteurs qui sont présents sous du SMIC ?
C'est de ça qu'on parle. D'abord, les prix planchers, ça ne fonctionne pas dans une économie telle que nous avons en Europe. Ça ne fonctionne pas, mais je vais essayer de vous répondre. Ça ne fonctionne pas parce que soit le prix autour de nous est plus bas et tout le monde file acheté à côté, soit le prix est plus élevé et le prix plus élevé devient un prix plancher. Donc, le prix plancher devient un prix plafond. Ça ne fonctionne pas dans nos économies.
Est-ce que ça ne pose pas la question des centrales d'achat européennes, justement ?
Entre autres. Et d'ailleurs, ça explique les raisons pour lesquelles nous, on pense que EGalim n'est pas parfait. Mais a quand même fait bouger les lignes parce qu'on observe que la grande distribution est en train de bouger, y compris avec les centrales européennes. Et on observe quand même que ça a permis de faire cesser la déflation. Est-ce que c'est assez ? La réponse est non. Mais vous voyez bien que là, il y a un choix clair qui se propose aux agriculteurs. Soit on va, dans les deux cas, vers l'économie administrée en disant « il faut mettre des prix à telle date, je ne sais pas comment ».
Et des prix garantis, ça existe quand vous vendez du gaz issu de votre méthaniseur. Donc, on peut se battre pour des prix garantis dans certains domaines et pas pour l'essentiel du revenu des agriculteurs. Mais moi, je vous dis pourquoi des prix garantis, ça peut exister et ça fonctionne. Et est-ce que le fait que ça devienne un prix plafond, ce n'est pas un peu dissuasif pour les agriculteurs ? Alors, je le redis, pour la Confédération Paysanne, ce n'est pas un prix plancher, c'est un prix minimum garanti, qui doit être corrélé à des volumes de production et de la partition des volumes. Mais qui doit pouvoir augmenter ?
Qui est relié directement au coût de production et qui doit être assorti de mesures aux frontières, effectivement, pour éviter que rentrent des produits. Mais c'est pour que cesse enfin que des agriculteurs travaillent à perte. Très clair, entre la FNSEA et vous.
Et je le dis parce qu'il y a eu un communiqué de presse qui avait été fait le 10 avril, où l'ACR et la Confédération Paysanne portaient ensemble, auprès du président de la République, ce sujet des prix planchers. Là, je pense que pour ceux qui nous écoutent, il faut qu'ils comprennent.
Les prix minimums de l'immunérateur, ce n'est pas écrit prix plancher.
Très bien, j'explique en tous les cas que vous avez un projet qui n'est pas le nôtre et que ça me paraît important que les agriculteurs et les agricultrices qui nous écoutent... Absolument, et on est là pour ça.
J'ai une question quand même sur le fonctionnement de la...
Un mot sur les coopératifs quand même, parce que moi, je ne veux pas laisser passer l'idée que les administrateurs de coopératifs, quels qu'ils soient, en animal, en végétal, seraient des gens qui ne seraient pas sérieux ou qui seraient inféodés à des problématiques de gouvernance. Nous, on respecte profondément tous les agriculteurs et les agricultrices qui s'engagent dans des coopératifs, quelle que soit leur taille, parce qu'on a besoin d'outils économiques pour densifier le marché, pour faire en sorte qu'on puisse être en contact, parce que quelle que soit la taille d'exploitation, on n'a pas la taille critique pour souvent aller au marché.
Et donc, nous, on a envie, et là aussi, je crois que c'est une ligne de fracture, de dire que ceux qui sont engagés dans les outils économiques ont du sens, en tous les cas, on le porte avec les girs.
C'est dit. Je voudrais qu'on parle de la PAC, Charlotte, les aides à l'hectare. Il y a une philosophie générale, même si elle est un peu corrigée, sur la PAC. Oui, aujourd'hui, les aides de la PAC sont, pour leur grande partie, liées à la taille de l'exploitation. Plus on a d'hectares ou plus on a de têtes de bétail, plus on touche d'aides de la PAC. La question est simple. Est-ce qu'il faut réformer cette PAC pour que, notamment, elle puisse mieux aider les petits exploitants ? Et augmenter les revenus.
Écoutez, déjà, le premier combat qu'on doit mener, il me semble, c'est sur la question du maintenir le budget pour l'agriculture et pour les raisons qu'on a évoquées en termes de compétitivité, d'accompagnement des agriculteurs. Maintenant, sur les dispositifs de versement des aides, évidemment qu'ils évoluent. Et aujourd'hui, on a besoin d'accompagner tous les agriculteurs qui sont en activité. Et donc, pour ça...
L'aide à l'hectare, est-ce que c'est justifié encore aujourd'hui ?
Non, mais l'aide à l'hectare, en fait, du moment qu'elle est corrélée à une production, c'est ça qui nous intéresse. Nous, on a besoin de retrouver de la production, de la production accompagnée.
Ça veut dire quoi, corrélée à une production ?
Ça veut dire tout simplement que si on produit quelque chose sur des terres, de culture agricole, ça contribue à avoir une aide à l'impact. Peu importe si c'est à l'hectare, peu importe si c'est à la production de viande, de céréales, ou peu importe. Oui, mais certains types de cultures ont très peu d'aides PAC. Et on a vu, quand les prix, par exemple, des céréales étaient au plus haut, les céréaliers bénéficiaient d'aides importantes. Est-ce que ça, ça ne serait pas à revoir quand même ?
C'est-à-dire que, est-ce que c'est logique que, quand les marchés sont au plus haut, certains agriculteurs touchent des aides PAC importantes, pendant que d'autres types de cultures ne bénéficient de très peu d'aides ? Permettez-moi de rappeler qu'on a uniformisé les aides à l'hectare sur cette réforme-là. Pas encore ? On n'y est pas. On est à 70%. On n'y est pas. Voilà, on est à 70%. On part de loin. Je rappelle aussi qu'il y a un certain nombre d'agriculteurs que ça peut déstructurer une réforme comme ça, donc ça prend du temps. Et aujourd'hui, l'objectif, c'est celui-là.
Et donc, encore une fois, nous, peu importe le dispositif, pourvu qu'il soutient une production sur le territoire et une production qu'on veut tous voir évoluer, sur notamment une adaptation au changement climatique. On y reviendra. Et voilà, c'est ça qu'on appelle de nos voeux.
Laurence Marandola, l'aide à l'hectare. Et le soutien en réforme. Le premier pilier, on change. Évidemment. Je voudrais quand même rappeler ici que la PAC, 9,5 milliards en France, on est d'accord, il faut garder du budget, on a besoin d'une politique et de soutien à l'agriculture. 30% des agriculteurs de ce pays ne touchent pas d'aide de la PAC. Parce que très petite surface, parce que vitif. Ça, c'est un peu un autre sujet. Dans les bénéficiaires de la PAC, 25% des bénéficiaires de la PAC touchent moins de 5 000 euros. Quand il y a des fermes, j'en ai en face, qui touchent plusieurs centaines de milliers d'euros.
Comment est-ce qu'on peut dire que ce modèle soutient le revenu de tous les agriculteurs, quand certains sont complètement oubliés et d'autres récupèrent des subventions énormes et d'autres à peine un peu ? Est-ce qu'on soutient le revenu via la PAC de tous les agriculteurs ou pas ? C'est souvent, ça constitue, pour ceux qui nous regardent, une part importante du revenu, que c'est l'aide à la PAC. On n'est pas dans un revenu, mais on est dans un complément de revenu. Est-ce qu'il faut aller vers cette réforme de l'aide à l'hectare ? Alors, la PAC, déjà, elle est de moins en moins commune. Elle est renationalisée.
Et ce que nous demandions, déjà, il y a un an, à Marc Fénaud, c'était justement de solliciter ces homologues européens pour partir dans une révision, une réforme totale de cette politique agricole commune et l'inscrire dans une période beaucoup plus longue, au moins 10 ans, parce que nous, agriculteurs, ne nous y retrouvons plus. Ensuite, quand on regarde la part des aides, des compensations de la PAC sur le revenu disponible, ça va de pratiquement rien à 250% certaines années chez les producteurs ovins et bovins. Donc, ça démontre que ça ne va pas.
Et on n'a vu nulle part des études qui pourraient justement s'appuyer sur les modèles contracycliques comme aux États-Unis pour justement davantage compenser les années où il y a le moins de revenus. Ensuite, faire une aide à l'actif, c'est aussi dangereux parce que vous pouvez avoir une exploitation avec beaucoup d'actifs salariés. Est-ce qu'on les compte ? Est-ce qu'on ne les compte pas ? Comment fait-on ? Est-ce que, justement, on bénéficie moins d'aides en France par rapport à d'autres États membres ? Le système est injuste, mais attention à quelle réforme on construit. Pour terminer sur les revenus, qu'est-ce que vous proposez ?
On parle parfois des quotas de production par pays pour éviter la guerre des prix en Europe. Est-ce que vous ayez de favorable ?
Sur la PAC, bon, d'abord, les viticulteurs touchent de la PAC. Ils ont un OCM, une organisation commune de marché. Et ils touchent évidemment des aides à l'assurance. Donc, voilà, je voulais apporter cette précision. Pour le reste, ce qui compte dans la PAC, et ce qu'il faut expliquer à ceux qui nous écoutent, c'est que la PAC, c'est la subvention de ce qu'ils ont dans leur assiette. Et que si on n'est pas subventionné, alors que tous les gros blocs mondiaux le font, alors on détruira notre agriculture. Après, on peut parler de la manière dont on répartit. Et nous, on n'est pas hostiles à discuter.
Il y a un débat, et je ne veux pas échapper à la question, entre les hectares versus les actifs.
Enfin, même sur la surprise, je termine, Mme Marandola,
et je vous laisse la parole dans un instant. Je veux dire qu'il faut qu'on soit vigilants, parce que les pays de l'Est de l'Europe ont beaucoup plus d'actifs que nous. Donc, il faut quand même qu'on soit un tout petit peu vigilants. Et par ailleurs, ensuite, l'idée, c'est de finir la convergence et d'assurer que la PAC, qui est aujourd'hui économique, environnementale et sociétale, ne perde pas le volet économique. Voilà ce que nous, nous portons et nous revendiquons, la corrélation à la production. Parce que, je le redis, continuer à produire dans ce pays qui est en train de perdre sa capacité productive, c'est tout l'ambition. Et je crois que ça doit être l'ambition européenne.
Les Américains, la semaine dernière, ont remis 100 milliards sur l'agriculture. Ne soyons pas naïfs, faisons en sorte que les Européens gardent une alimentation de qualité.
Pour terminer ce chapitre, j'aimerais que vous dites aux agriculteurs, cette fois-ci, qui nous regardent, est-ce que ce n'est pas perdu d'avance, ce combat sur les revenus ? Est-ce que les syndicats que vous êtes, vous pouvez porter des solutions concrètes pour leur dire, on va sortir d'un SMIC ou à peine plus d'un SMIC, certains agriculteurs sont à 700 euros par mois ? Est-ce que vous êtes crédible sur ce débat ? Ça fait des années qu'il est sur la table. Laurence Marandola. Bien sûr qu'on le porte ce combat. Mais qu'on le portait, mais est-ce que vous pensez qu'il est atteignable ? Il est atteignable, cet objectif. Il doit être atteignable.
Pour la Confédération paysanne, il doit absolument être atteignable. Sinon, on accepte qu'il y ait quelques gagnants, quelques firmes et qu'on perde l'ensemble des agriculteurs. Ça, ce n'est juste pas une vision d'avenir entendable pour nous. Mais on nique le floc. Oui, bien sûr. Ça fait des années qu'on parle du revenu. Ça fait des années qu'on en parle. Mais on peut obtenir justement ces prix davantage rémunérateurs. Déjà, en regardant les prix pratiqués par d'autres pays européens. Et on voit bien, par exemple, en lait, les autres pays ont des prix équivalents au nôtre en termes de coût de production et sont mieux payés. Donc, c'est possible.
Il faut cette régulation de la production, c'est-à-dire ne pas rentrer dans ces excédents. Et ensuite, au niveau de la politique agricole commune, je voudrais rajouter, on a une réserve de crise qui devrait être abondée justement pour être là davantage les années de crise, qu'elles soient climatiques, sanitaires, parce qu'autrement, on va perdre le potentiel de production de nos élevages. Allez, on va passer à notre troisième thème. L'écologie, stop ou encore ? Le pacte vert européen, vous le savez, a été en partie vidé de sa substance face à la colère des agriculteurs dans toute l'Europe.
On a levé le pied sur l'obligation des 4% de jachères, mais aussi et surtout sur un certain nombre d'exigences environnementales. Est-ce que c'est une bonne chose ? Est-ce que vous dites, ouf, il faut une pause environnementale, une pause sur les normes, y compris en France ? Véronique Lefloc. Eh bien, écoutez, nous, l'environnement, c'est quelque chose qui est important. Les agriculteurs font de l'écologie appliquée, c'est là où ils travaillent. Donc, nous sommes favorables à la santé des agriculteurs, de leur famille et bien sûr de tous les citoyens. Mais il faut garder un côté rentable. Maintenant, est-ce que la politique telle qu'elle est menée au niveau de l'Europe est juste ?
Je pense par exemple au Green Deal, qui fixe des objectifs de réduction, par exemple, des produits phytosanitaires de 50%. Mais quand vous avez des pays qui, comme les Pays-Bas, épandent sur leur terre, utilisent à l'hectare 12,7 kilos de matière active, alors qu'en France, on est à 3 kilos et quelques, est-ce que l'objectif de réduction de 50% est logique ? Eh bien non. Nous allons finir par tuer le potentiel de production. Donc, on arrête en France de faire plus que chez nos voisins en matière des phytosanitaires ? C'est ça ? Des limites en valeur relative et non pas des objectifs de pourcentage de réduction.
Et du coup, pour être clair, est-ce qu'il faut plus ou est-ce qu'il faut moins de pesticides dans l'agriculture aujourd'hui et demain, Arnaud Rousseau ?
Il faut des solutions pour les agriculteurs. Je suis allé en Dordogne et dans le Lot-et-Garonne où les producteurs de noisettes me disent « On est dans l'impasse. Si on n'a pas une matière active qui s'appelle l'acétamipride, qui est autorisée en Allemagne et en Italie, on ne produira plus en France. » Ça, pour nous, ce n'est pas acceptable. Moi, je voudrais quand même rappeler qu'on a fait des efforts colossaux. Parce qu'on peut dire, voilà, pour répondre à votre question, si c'est de l'écologie politique qui est punitive, on n'en veut pas.
Si c'est une écologie pragmatique qui permet d'apporter des solutions aux poupées du terrain et de continuer à produire en France une alimentation de qualité, alors on est prêt. Et moi, je voudrais dire que les agriculteurs sont ceux qui servent l'écologie. Parce que qui est sur le terrain tous les jours ? Qui a fait les efforts ? Qui a diminué de manière substantielle les CMR1, les produits les plus dangereux des phytos ? 95% de moins en 20 ans. C'est nous. Donc, ayons une vision pragmatique des choses. Nous, on a besoin de stocker de l'eau. On a besoin de continuer à avoir des matières actives pour pouvoir répondre.
Comme les Français se soignent quand ils sont malades, on a besoin d'avoir du foncier disponible qui ne disparaît pas. On a besoin d'avoir des technologies. Je pense notamment aux nouvelles techniques de sélection générique. Voilà. Et ça, c'est une écologie pratique qui n'est pas une écologie de l'incantation, qui est une écologie du progrès enregistré.
Et ça, vous le dites à Laurence Marandela, de la Confédération Paysanne, droit dans les yeux. On fait une pause, ça suffit.
Moi, je respecte les gens qui portent des projets différents. Nous n'avons pas le même projet que la Confédération Paysanne. Je crois que tout le monde le sait. Moi, j'affirme ce qu'est notre vision et comment on imagine que demain, on a besoin de solutions. Quand vous mettez les gens dans l'impasse, vous faites de la paupérisation et vous importez de l'étranger. Je pourrais vous parler de la cerise, je pourrais vous parler d'autre chose. Ça n'est pas la solution.
On est allé trop loin, Laurence Marandela. On a paupérisé nos agriculteurs avec nos normes. Alors, sur la cerise, on a été favorable à l'interdiction d'Idymétoit, mais on a obtenu une clause de sauvegarde. Alors, attendez, les phytocs dont vous parlez, il faut bien comprendre. De quoi parle-t-on ? C'est un produit pour protéger la cerise qui a été interdit en France.
Il ne fonctionne pas.
Et on a obtenu une clause de sauvegarde pour justement éviter d'importer des cerises traitées avec ce produit-là dans l'Union européenne. Il ne fonctionne pas. La France, aujourd'hui, on est le deuxième pays qui a le plus d'autorisation de produits phytosanitaires en Europe. On ne peut pas dire qu'on fait de la super surtransposition. On a une très grande quantité et on est extrêmement favorable à l'interdiction. Si on a baissé les CMR1, c'est aussi pas... Attendez, n'y a pas trop de sigles, s'il vous plaît. C'est les phytos les plus dangereux pour la santé. Cancérigène, mutagène, reprotoxique, CMR. Si on a baissé l'utilisation, c'est parce qu'il y a une interdiction dans la loi.
Des fois, il faut passer par l'interdiction. Pour nous, c'est ce qu'on défend à la Confédération paysanne. Les plus toxiques, on interdit. Et ensuite, on envisage... Et sur la noisette, vous répondez quoi, par exemple ? Il se trouve que cette molécule, elle est utilisée pour la noisette. Elle est aussi... C'est un produit de la famille des néonicotinoïdes, donc tueurs d'abeilles et tout, qui ont été interdits, effectivement. C'est aussi utilisé en betterave. Donc, la noisette, c'est un problème, mais c'est un produit qui sert aussi à la betterave. Et du coup, il faut l'évoluer.
Sur les néonicotinoïdes, le Sénat va étudier une proposition de loi qui réintroduit justement ces fameux néonicotinoïdes interdits en France, mais autorisés dans le reste de l'Union européenne, comme l'acétamipride, donc appelée par les producteurs de noisettes, par les producteurs de betteraves. Ça sera interdit au niveau de l'Union européenne dans très peu de temps. Question ? Oui, mais si demain, la France parvenait à réautoriser ces néonicotinoïdes en France, est-ce que vous y seriez favorable, Véronique Lefloc ? À partir du moment où ça permet de maintenir le potentiel de production, plutôt que d'importer des produits qui seraient produits avec ces substances ?
Bien évidemment, parce que le produit va être consommé. Sinon, ce seraient des importations avec ce produit.
Pierre-Yves Correl, on avait vu avec le Grenelle de l'environnement des engagements très forts, moins 50% d'utilisation des pesticides. Ça n'a pas marché. Alors, est-ce qu'il ne faut pas justement repenser la façon ? On prend des décisions politiques, mais sans préparer la manière de trouver des substitutions. Est-ce que ce n'est pas dans la recherche qu'il faut investir aujourd'hui ? Est-ce qu'il ne faut pas d'abord fixer un objectif et se donner les moyens d'y parvenir ?
Mais complètement, moi, faire de l'écologie par objectif chiffré qui serait confortable pour tout le monde et à des fins politiques, je crois que ça ne répond pas du tout aux enjeux ni des consommateurs ni des agriculteurs. Et la preuve en est, c'est qu'on est dans l'impasse. Et ce que je voudrais dire, c'est qu'aujourd'hui, on n'a pas d'agriculteurs qui sont heureux de pouvoir traiter à outrance. Ça n'existe pas, ça. C'est des dogmes, c'est des choses qu'on voudrait nous faire croire.
La réalité des choses, c'est que si on ne produit pas avec des moyens de lutte, notamment parce qu'on parle des produits végétaux, mais on pourrait aussi parler des animaux, de toute façon, on sera en concurrence déloyale avec d'autres pays parce que les consommateurs voudront de toute façon ce produit-là à un moment donné et parce qu'ils le voudront le payer avec les bourses qui sont là et le pouvoir d'achat qui a baissé. Donc si on ne le fait pas chez nous, de toute façon, on le fera rentrer sur le territoire. Donc qu'on ait une vision de planification avec des engagements, des étapes, ça, ça constitue une solution pour ne pas laisser les agriculteurs dans l'impasse.
On arrête la surtransposition aussi, c'est-à-dire faire plus que ce que l'Europe exige de nous. On utilise les pays pour lutter sur les marchés, en fait. C'est ça, en fait, ce qu'on est en train d'entendre, clairement. C'est qu'on a besoin de certaines molécules pour nous battre sur les marchés, pour de la concurrence. C'est pour ça que ce qu'on disait précédemment sur la protection des marchés, la rémunération des agriculteurs, elle est indispensable. Pour la Confédération paysanne, il y a l'interdiction des molécules les plus dangereuses. Et l'autre, on sait qu'il faut du temps et on sait qu'il faut accompagner les agriculteurs et il faut de la rémunération.
Donc on donne plus de temps pour bien comprendre. L'écologiste que vous êtes, Mme Morandola, elle est prête à redonner un peu de temps et d'oxygène aux agriculteurs. Le plus dangereux, c'est stop. Sortir des pesticides d'une classe un peu moins dangereuse, ça prend du temps et ça sera possible quand on ne jouera pas le jeu de la compétitivité. Si on veut tirer vers les prix, on a besoin de pesticides. Le plus dangereux, c'est stop. Vous êtes d'accord avec ça ? Il n'y a pas de difficulté à la FNSEA sur tout ce qui est phyto et les plus dangereux. C'est stop pour tout le monde.
Nous, notre doctrine, ce n'est pas d'interdiction sans solution. Voilà ce qu'on dit. Ne nous mettons pas dans des impasses. Non mais aujourd'hui, on est en train de faire des recherches et les plus dangereux, c'est nous qui les utilisons. Donc on n'a pas envie évidemment d'avoir un problème. On dit simplement qu'on ne peut pas nous mettre dans des impasses.
Et le bio ? J'aimerais qu'on en dise un mot avant de passer à l'agriculture de demain. Alors juste pour compléter sur le sujet, ce qui est important, c'est la réprocité des normes. Et quand on se rappelle du moment où Emmanuel Macron était à la tête de la présidence du Conseil de l'Union européenne, il s'était engagé par rapport à 100 substances actives interdites en Europe à faire en sorte qu'elles ne rentrent plus sur les territoires. Toutes les importations illégales devaient être interdites.
Or, nous savons que sur ces 100 substances actives, il y a ce qu'on appelle des limites maximales de résidus qui sont fixées pour que ces produits d'importation puissent rentrer chez nous bien au-delà des seuils de détection. C'est ainsi que rentrent chez nous des lentilles du Canada et tous ces types de produits qui sont avec des substances que nous n'utilisons plus et depuis longtemps chez nous. Donc la réciprocité des normes est déjà agir et aller jusqu'au bout des engagements et non pas contraindre les producteurs français et autres. Que les autres interdisent chez eux ce qu'on interdit en France et on verra plus tard. On parle un peu du bio à présent, Patrice ?
Le bio, parce que l'Union européenne a fixé des objectifs ambitieux en termes de développement de l'agriculture bio. Pierry Corel, est-ce que 25% de terres agricoles en bio à l'horizon 2030, c'est possible, sachant qu'on a vu la crise qui a traversé la filière bio ces dernières années ? Je suis assez à l'aise pour en parler parce que je suis même producteur bio et j'ai réfléchi en partie sur mon exploitation à de la déconversion. Je suis installé depuis 15 ans en bio tout simplement parce que je fais une agriculture bio parce que je cherche de la valeur ajoutée et finalement une filière qui m'en procurait à un moment donné.
Aujourd'hui, ce n'est plus le cas parce qu'on a eu une volonté d'inscrire la bio partout comme étant l'alpha et l'oméga sans avoir une structuration de la filière. Aujourd'hui, ça met les agriculteurs dans l'impasse parce qu'on se retrouve complètement déstructurés, on ne valorise plus nos produits en bio et donc c'est plus vecteur de cette plus-value.
Donc il faut soutenir la filière. Si vous commandez de nombreuses chambres d'agriculture, vous soutiendrez la filière dans la distribution des subventions dont vous avez la charge.
Il faut surtout arrêter d'opposer bio et conventionnel. On a besoin des deux et deux partout. Laurence Marand-Dolat, justement, comment mieux structurer la filière bio pour éviter les crises comme celles qu'on a connues récemment ?
Alors c'est très difficile parce que l'agriculture biologique, elle est soumise aux mêmes lois impitoyables qu'on a décrites précédemment, de mise en concurrence, d'importation de choses qui viennent de loin. Voilà, cette ultralibéralisation, elle s'applique à tout. Ça, c'est difficile. En revanche, on ne peut pas dire que la bio a été accompagnée et soutenue de la même façon que les autres productions. Et on en a. Alors l'objectif, il est ce qu'il est. Il faut que les agriculteurs puissent être rémunérés. Ça passe par des prix, ça passe par des marchés. On est d'accord qu'ils doivent être soutenus.
Une autre façon de les soutenir, c'est de faire respecter la loi Egalim, par exemple, d'arriver à ces 20% de produits bio dans la restauration collective. On a une marge de progression. Et c'est un vrai levier pour les marchés en produits laitiers, en fruits et légumes, et probablement en céréales aussi, qui permettent de dynamiser le marché. C'est un ensemble de mesures qui sont absolument indispensables. Et je veux redire ici que la PAC, la version française de la PAC, on va le dire comme ça, est un des plus mauvais élèves de l'Union européenne.
Dans les moyens, le soutien à l'agriculture biologique, dans l'éco-régime, du maintien à l'agriculture biologique, qui n'existe pas dans toutes les régions en France, il y a des pays européens qui font beaucoup plus pour garder et préserver l'agriculture biologique.
Véronique Lefloc, vous êtes d'accord, justement, la France n'en fait pas assez pour le bio ?
Alors, justement, j'allais prendre le même argument que Laurence, respecter la loi EGalim, les 20% dans tout ce qui est restauration collective. Bien sûr, étendre la restauration collective, non pas à la restauration collective institutionnelle, mais bien au-delà, inclure la restauration collective commerciale. Et puis, plus de transparence, plus de transparence par rapport aux importations, parce que là aussi, nous avons perdu le fil depuis 2022, où, justement, on ne sait plus, production par production, quelle part est importée.
et plus de contrôles, quand nous disons, nous, au Premier ministre et à la ministre de l'Agriculture, des contrôles, un moratoire sur les contrôles dans nos fermes pour contrôler, justement, toutes ces importations, ça inclut, bien entendu, le bio. D'accord. Vous, vous voulez plus de contrôles du tout dans toutes les exploitations agricoles et qu'elles ne se concentrent que sur les exportations ? Est-ce que les normes environnementales, il faut quand même vérifier qu'elles soient appliquées ? Alors, justement, tous les cahiers des charges que nous respectons les uns et les autres incluent ces contrôles.
Et c'est bien pour ça que nous avons dans nos fermes une multiplicité des contrôles et qu'ils deviennent insupportables. Donc, contrôle unique, ça, c'est en train de se mettre en place ? Alors, il faut voir encore comment ça va se traduire. Mais dans tous les cas, à un moment où nous sommes en négociation, faites-nous confiance. Comme nous a dit ce matin le Premier ministre, ça pourrait révéler chez certains agriculteurs un côté fraudeur. Je ne sais pas sur quoi nous pouvons frauder. Mais toujours est-il... Vous voulez être votre propre contrôleur ? Nous avons les contrôles qui sont liés avec les cahiers des charges qui nous lient avec nos industriels.
Bon, ça revient tout le temps, cette affaire de contrôle. D'ailleurs, sous le nom de simplification que vous réclamez, qui est nécessaire, on voit aussi que parfois, c'est moins de normes environnementales. Par exemple. Vous ne voulez plus de contrôle non plus ? Non, ce n'est pas du tout. Regardez comment ça s'appelle. Les contrôles existent. Trois devoirs, les contrôles. Certains doivent être absolument adaptés. Il faut de l'humain, de la bienveillance et tout. Mais on a... Voilà, c'est notre travail syndical de tout le jour. Ça, on l'a produit il y a déjà des années, après la PAC de 2015, pour accompagner les agriculteurs en situation de contrôle. Parce que c'est difficile.
On a l'impression, effectivement, on se fait contrôler, quand on a un mauvais élément, c'est un moment compliqué. Et du coup, le travail syndical, c'est d'accompagner ça. D'accord. On refuse de ne pas les contrôler. Accompagner, conseil technique. Il nous reste quelques minutes, vraiment très peu, pour parler d'un mot, la simplification. On a voulu le mettre dans cette partie-là parce que souvent, c'est une manière de lever le pied un peu sur les normes. Est-ce que vraiment, vous croulez sous la paperasse ? Est-ce qu'il faut absolument essayer de simplifier au maximum les règles ? Et de quelles règles parle-t-on quand on parle de simplification ?
Alors, ça peut concerner les haies, ça peut concerner l'écurage des fossés, ça peut concerner l'établissement de nos dossiers pour obtenir, pour des dossiers, installation classée, pour construire des bâtiments. ça peut concerner ce que je réalisais avant de venir ici, la déclaration flux d'azote qui, elle aussi, est un non-sens quand vous êtes en bio avec des surfaces et largement extensifs. Nous sommes en permanence avec un calendrier qui nous oblige à rendre des comptes. Alors même que, d'un point de vue comptable, on pourrait très bien établir ces critères. Donc, on peut simplifier sans forcément s'asseoir sur les exigences environnementales, d'accord avec ça ?
Oui, oui, bien sûr. Et moi, je vais plus loin que ça. On peut commencer à simplifier dès le moment de l'installation parce que vous posez la question à n'importe quel jeune agriculteur qui s'est installé, il vous dira que c'est le parcours du combattant. On va en parler de la transmission et de l'installation. C'est pour ça qu'on a des positions très fermes sur notamment la loi d'orientation et d'avenir qui permet de simplifier tout ça et de mieux accompagner pour justement commencer la simplification dès l'installation.
Mais ça, c'est les chambres d'agriculture. Donc, ça, c'est vous déjà. C'est 97 chambres sur 101.
Permettez-moi de vous rappeler que ça dépend d'un cadre légal. Et donc, pour évoluer favorablement, il faut revoir la loi.
Sauf que le tarif payé par les jeunes quand ils s'installent, ça peut très bien être revu et c'est les chambres qui peuvent choisir. Alors, justement, on va parler de la simplification et on va parler de la transmission. Je vous laisse terminer. Juste sur la simplification, alors, il ne faut pas jeter le bébé avec l'eau du bain. Simplifier la paperasse administrative, c'est une chose. Simplifier les normes, c'en est une autre. Souvent, on n'est pas d'accord. Il y a des normes adaptées. Parfois, les deux se confondent. On l'a fait sur le logiciel, le Safran, des choses comme ça.
Ce qu'on veut dire à la Confédération paysanne, c'est que notre vie sera plus simple aussi quand on a des interlocuteurs en chair et en os. Alors, attends, à la Chambre de Vur, à la MSA, aux impôts et de part. On a bien compris que vous vous défendez davantage de représentativité. Vous avez à vous deux... Non, je parlais d'interlocuteurs. D'interlocuteurs. Quand on a des difficultés, c'est un chemin de croix d'avoir un interlocuteur à la MSA, aux impôts, la mutualité sociale agricole, notre protection sociale et parfois même aux chambres d'agriculture.
Il vous reste, pour la FNSE à l'ÉGIA, un peu moins de 6 minutes et vous avez à peu près 5 minutes pour la Confédération paysanne et 4 minutes 10. Donc, on a le temps du dernier thème. On y va. On va se projeter pour terminer ce débat en direct à 10 ou 20 ans. Quelle agriculture pour demain ? Et on en parlait déjà avec les jeunes agriculteurs. Quelques chiffres. Près de la moitié des 400 000 agriculteurs français vont partir à la retraite d'ici 10 ans. Le nombre d'exploitants ne cesse de diminuer. 100 000 de moins en 30 ans. Comment, très concrètement, on donne envie aux jeunes de s'installer ?
Qu'est-ce que vous proposez pour la transmission des agriculteurs, pour le renouvellement des générations ?
Arnaud Rousseau, justement. Le renouvellement des générations. On a vu 100 000 agriculteurs de moins au cours des 10 dernières années. Pas d'agriculteurs, ce n'est pas de transformation agroalimentaire. Ce n'est aussi pas d'emploi dans l'industrie. Qu'est-ce qu'on peut faire pour garantir que demain, il y aura suffisamment d'agriculteurs ?
Est-ce que vous m'autorisez à laisser répondre les JIA ? Parce que c'est leur thématique. Et on est complémentaires.
Ce qu'on porte, c'est assez simple. C'est d'abord du revenu. On en a longtemps parlé. Mais sans revenu, on n'installera personne. On ne donnera envie à personne de s'installer. Et puis, quand on est en capacité d'avoir du revenu, parce que je tiens à le préciser, il n'y a pas que des exploitants qui vont mal. Il y a aussi des projets qui s'en sortent bien, des filières qui sont porteuses. Et tant mieux, il faut le dire. Quand on est arrivé à ça, il faut aussi un meilleur accompagnement des projets à l'installation, de la simplification.
C'est pour ça qu'on appelle de nos voeux cette fameuse LOA, cette loi d'orientation agricole qui doit répondre à ces enjeux d'installation et de transmission. Un meilleur accompagnement. Un guichet unique qui rejoint ce que disait Mme Barandola, notamment pour une meilleure compréhension où on retrouve l'ensemble des acteurs qui soient actuels, détenus par les chambres et ou pas par les chambres, mais qu'on retrouve au moins tous les acteurs dans un guichet unique. Ça nous paraît très important pour avoir une lisibilité pour les porteurs de projets.
Sur la transmission ? Oui, Véronique Lefloc, le budget prévoyait des mesures fiscales justement pour faciliter l'installation des jeunes. Ce budget n'a pas pu être voté parce qu'il y a eu la censure du Rassemblement national et de la gauche. Est-ce que vous dénoncez cette censure ? Écoutez, ce n'est pas la coordination rurale qui a appelé à censurer le gouvernement. Maintenant, tout le travail reste à faire. Vous regrettez que ces mesures soient passées à la trappe ? 400 millions d'euros, transmission, des aides fiscales ? Même sur les retraites ? Les retraites, déjà, c'est 2026. Et sur la transmission, il y avait quand même des incitations ? La retraite, c'est 2026.
Mais ils ont dit qu'ils voulaient la mettre en place dès 2025, que le budget soit rétroactif. 2026, mise en place pour les retraites. Mais peu importe. Mais sans parler des retraites, en restant sur la transmission, c'est vrai qu'il y a des mesures importantes dans ces mesures pour les agriculteurs dans le budget ? Alors bien sûr qu'il faut faire évoluer. On a aujourd'hui des plafonds qui existent déjà. avec des abattements, des droits de mutation. Mais il convient qu'il faut relever les plafonds. Et bien sûr, nous y sommes favorables.
Vous regrettez donc, juste pour être bien claire, parce que, vous savez, je vais vous le dire très très franchement, on entend, on peut lire que vous avez des liens avec le Rassemblement national qui ont voté cette censure. Donc vous pouvez nous dire ce soir, je dénonce ce vote, j'aurais préféré cette censure, j'aurais préféré que ces mesures soient adoptées. Je ne suis pas sûre que ça ait changé les choses puisque de toute manière le budget de l'agriculture était en baisse. Nous avons évoqué avec le Premier ministre ce matin d'autres pistes pour de nouveau économiser 600 et quelques millions d'euros à partir de budgets consacrés à la forêt au sein même du budget de l'agriculture.
Donc on peut... Donc ce n'est pas trop grave finalement cette censure pour les agriculteurs ? Non mais par contre il faudra aller vite pour justement obtenir des mesures efficaces pour nos agriculteurs. Maintenant, qu'est-ce qui peut encore améliorer... Je vais y venir. Améliorer l'installation des jeunes. Quand on s'installe en agricole, on s'installe en général sur une exploitation et avec du foncier. Et on a un grand problème d'accessibilité au foncier. Tout simplement parce qu'en général le foncier est géré par les SAFER, sociétés d'aménagement du foncier et qui sont détenus à 100% par la FNSEA. Et là aussi, je pourrais vous donner une multitude de dossiers avec des conflits d'intérêts.
Il n'y a pas cette représentativité, ce pluralisme syndical au sein même de ces instances. Attendez, conflit d'intérêts. Il y a des mots importants qui ont été... Il faut que vous répondiez là, monsieur Rousseau. Conflit d'intérêts à la FNSEA et censure finalement qui n'est pas véritablement dénoncée par la coordination rurale ce soir.
Non, non, mais attendez. Vous vous dites
que vous dénoncez, vous regrettez cette censure.
Mais bien sûr, on l'a dit pour une raison que je vais vous expliquer. Nous avons négocié dans le bureau du Premier ministre avec les jeunes agriculteurs 450 millions de mesures fiscales pour les agriculteurs. C'est nous qui les avons négociées. Pas pour tous les agriculteurs. Et on a fait 450 millions. Je suis désolé,
mais quand on parle
de retraite, ça concerne tous les agriculteurs. Quand on parle des dotations pour épargne de précaution, ça peut concerner tous les agriculteurs. Quand on parle de la taxe sur le foncier non bâti, elle s'applique partout en France. 450 millions que nous avons négociés. Pour nous, c'est grave de ne pas avoir de budget parce que ça veut dire qu'on n'a pas de solution concrète à proposer aux agriculteurs. Et on a dit au Premier ministre ce matin que pour nous, le budget, c'était une urgence totale. Voilà ce qui nous distingue. Là encore, après, il y en a qui pensent que ce n'est pas grave.
Nous, pour nous, les 450 millions, il est faux rapidement dans les cours de ferme parce qu'encore une fois, les retraites, le coût du travail et le travail occasionnel, ce que nous avons négocié, c'est ce que nous attendons et il faut que ça aille vite.
Laurence Marandola, justement, parce que quand même, on disait, on se projette dans l'avenir. Comment est-ce qu'on fait pour installer demain des jeunes en agriculture sachant que 30% déjà aujourd'hui des installations se font hors cadre familial ? Comment est-ce qu'on garantit l'accès aux fonciers ?
Alors, c'est tout le problème. Pour nous, c'est vraiment l'enjeu, sûrement le tournant majeur de la ferme France, je vais dire comme ça, de prendre à bras le corps cette question de la transmission et de l'installation. Je voudrais dire ici que les réseaux proches de la Confédération paysanne, du coup, on n'a pas l'outil chambre. C'est un outil fabuleux, les chambres, pour accompagner l'installation. On n'y est pas. En faisant 20, 40%, vous n'y êtes pas. Vous faites campagne pour rien. Mais cependant, des réseaux proches de nous, on accompagne aujourd'hui avec des moyens dérisoires un tiers des porteurs de projets qui se présentent parce qu'il n'y a pas vraiment de crise d'évocation.
Et ça, c'est une bonne nouvelle. Des jeunes ou des moins jeunes, des issus du monde agricole et surtout des non-issus, des gens qui sont en changement de carrière, il y a de l'espoir, il y a des vocations. Aujourd'hui, il faut avoir les moyens de les accompagner. Nous, on fait ce qu'on peut, on accompagne un tiers. Et les vrais leviers pour le renouvellement des générations, c'est le revenu, je l'ai dit. Mais c'est aussi le foncier. Aujourd'hui, le foncier, globalement, il part à l'agrandissement. Sur le papier, dans le schéma... Juste expliquez-nous, la terre coûte trop cher. Pour s'installer, ça coûte trop cher.
Quand il y a des terres disponibles, mises en location, mises à la vente, elles sont globalement récupérées par des fermes voisines pour s'agrandir. Alors que sur le papier, dans la loi, et ça, on veut que ce soit renforcé, la priorité doit absolument être donnée à l'installation à des jeunes qui s'installent. Et ce n'est pas ce qui se passe. Et ça ne se passe pas comme ça. Priorité sur le foncier pour les jeunes qui s'installent. C'est très clair. Mais c'est intéressant de voir vos lignes de clivage. On a très bien compris sur la coordination rurale et sa position sur la censure. Et il y a un vrai désaccord sur ce plateau avec la FNSEA, les JIA.
Vous, ces mesures sur la transmission, il y en avait d'autres, mais puisqu'on parle de ça, vous regrettez cette censure, oui ou non ? On a besoin d'un budget. Censure ou pas, les mesures, je le redis, celles qui sont portées par les syndicats majoritaires, ne répondent pas à la majorité des agriculteurs et ne seront pas la seule et unique solution pour permettre la transmission. Donc la gauche qui sanctionne en censurant, c'est regrettable pour les agriculteurs, pour la Confédération Paysaine. C'est l'organisme qui gère l'attribution des terres, qui doit réguler le foncier.
Quand des affaires, je vais prendre l'exemple du Ménéloir, refusent un projet d'installation, la SAFER, contre les priorités normalement établies dans la loi, il y a un truc qui ne fonctionne pas aujourd'hui dans les affaires.
Kéré Corail, vous êtes d'accord ? Non. Pour plusieurs raisons, parce que d'abord, les SAFER ont été ouvertes à la gouvernance des autres syndicats, notamment Coordination Eurale et Confédération Paysanne. Pour la deuxième chose, si je peux permettre de finir, on a le sujet du porteur de projet au moment de l'installation, en ce qui concerne le foncier. Et en fait, on a un schéma directeur régional qui nous permet d'établir un ordre de priorité. Aujourd'hui, installé pour installer dans des conditions qu'on le sait qui ne permettra pas le développement et la sérénité économique qu'on appelle tous de nouveau ce soir, des installations. On considère que ce n'est pas un bon projet.
Et donc, c'est sur ces critères-là qu'on se base pour attribuer ou non du foncier. Et donc, on considère qu'il y a un certain nombre de projets d'installation qui doivent être confortés. Et c'est à ce titre-là, pour ce que vous parlez du Maine-et-Loire, que la décision a été prise comme ça.
Et pour demain ? Alors, ce sera notre dernière partie. C'est porteur de projet avec l'accord des banques. Et ce ne sont pas des philanthropes, les banques. Ça montre que le projet a été solide. Et pour demain, à 10, 20 et même 50 ans, est-ce que vous dites, comme le président de la République, aux jeunes agriculteurs qu'il va falloir tout changer ?
Écoutez.
Est-ce que tel modèle agricole sur tel territoire, il sera viable dans 10 ans ou 15 ans ? Ou est-ce qu'il ne faut pas aller vers un autre modèle agricole ? Vous ne ferez pas forcément la même agriculture que vos parents. Il y a des territoires où on faisait tel type d'agriculture, le sol ne le permettra plus ou le climat ne le permettra plus. Si vous reprenez exactement la même filière ou le même type d'agriculture, on va vous mettre dans le mur à 5 ans ou 10 ans.
Charlotte ? Oui, alors, à la FNSE, est-ce que vous êtes d'accord avec ça ? Le climat se réchauffe, on manque de plus en plus d'eau. Est-ce que, par exemple, demain, on pourra continuer à cultiver du maïs en France qui a besoin de beaucoup d'irrigation ?
Non, mais à la FNSE, d'abord, on s'adapte. On s'adapte à la réalité de ce qui nous entoure et d'abord au climat. Il n'y a pas d'agriculteur qui ne se soit pas adapté dans son assolement, dans la conduite de son troupeau et ce que le président de la République dit, les agriculteurs l'ont observé depuis bien longtemps. Les moissons sont plus tôt, les fenaisons sont plus tôt, les vendanges sont plus tôt. Mais sur les cultures,
est-ce qu'il va falloir changer les cultures en France ?
Non, mais c'est déjà fait. Vous voyez, les surfaces de tournesol sont en train de reprendre de la vigueur et ils s'en produisent de plus en plus au nord de la France. Donc, ce constat, il est fait et nous sommes déjà en route.
Donc, changer de modèle agricole en faisant basculer des cultures, notamment sur les céréales, c'est quelque chose que vous accompagnerez parce qu'il n'y a pas le choix ?
Non, mais... Pardon, je t'en peux. Mais évidemment qu'on va l'accompagner parce qu'au-delà de le subir, ce qu'on veut, c'est le préparer. Ce qui permet d'avoir un diagnostic de ce qu'est la situation au moment de la transmission et même pendant la carrière de l'agriculteur pour repositionner nos outils agricoles économiques sur les réalités climatiques. Et si on ne le fait pas, on rate l'enjeu. Donc, on ne va pas attendre des injonctions des uns ou des autres. On le vit, on le fait, on le porte parce que c'est la réalité du terrain que vivent nos agriculteurs tous les jours.
Véronique Lefloc, la question de la gestion de l'eau, justement, on sait qu'on va manquer d'eau dans certaines régions.
Alors, déjà dire que pour anticiper, ces besoins en eau, les agriculteurs, comme il a été dit, ont déjà commencé à évoluer dans leur pratique. Et à la coordination rurale, on avait mis en réaction à ce qui existait avec la FNSEA et les Juillats, le concours de labours. Nous avons mis le festival du semi-direct et du non-labours. Ça permet justement de garder cette humidité dans le sol pour faire en sorte que nos sols soient des éponges. maintenant, il nous faut justement des réserves collinaires, stocker l'eau de l'hiver. Les méga-bassines, pour le dire simplement. Non, non, non. Le stockage de l'eau, beaucoup de... C'est du collinaire. C'est de juste par gravité.
C'est remettre en état ce qui avait été fait par nos anciens dans beaucoup de zones. C'est anticiper et c'est faire en sorte que l'eau n'aille pas à la mer. C'est tout ça qui est le bon sens pour justement garder un potentiel de produits. Oui, méga-bassines comme à Sainte-Solines, la coordination rurale, non ? Alors, ce ne sont pas forcément des méga-bassines, en tout cas, qui sont le modèle. Mais c'est ma question. Dans ce type de relief, s'il n'y a pas le choix de faire d'autres réserves d'eau et que ça peut permettre le maintien des productions, bien sûr qu'il faut les autoriser et rapidement parce qu'elles correspondent à un stockage qui est validé par le BRGM.
Pas trop de sigles, mais c'est les contrôleurs. En gros, c'est ça. Donc, on ne se prélève pas dans la nappe quand le seuil ne sont pas atteints. La confédération.
On fait comment pour mieux gérer l'eau ?
Alors, on garde l'eau dans les sols avec des pratiques culturales de la rotation, on découvert ce genre de choses, un sol vivant. Et surtout, la vraie question, la vraie question, parce qu'on est tous d'accord autour de cette table de la raréfation, de la ressource en eau et qui est en plus exponentielle. Moi, je viens d'Ariège à côté des Pyrénées-Orientales, frontières, enfin, c'est vraiment un drame. C'est un drame en agriculture. La vraie question qu'il faut qu'on se pose en responsabilité, c'est celle du partage de l'eau entre agriculteurs. Donc là, il faut de la gouvernance, de la démocratie, de la transparence.
On se dit, il y a ces volumes prélevables, qu'est-ce qu'on en fait aujourd'hui ? Aujourd'hui, on est face à des irrigants sur des bassines illégales. Je pense en particulier à celle de Cranchabin où on a démonté une pompe, une bassine illégale. C'est un irrigant qui a une autorisation de prélèvement d'un million de mètres cubes d'eau. Un million ! Ça permet à 200 maraîchers de travailler, par exemple. C'est la question, c'est celle du partage de l'eau. Il faut qu'on s'assiede tous autour d'une table. Et aujourd'hui, ce n'est pas le cas.
On en stocke ou on n'en stocke pas, Laurence Marondela, de l'eau ? On la stocke ou on ne la stocke pas ? Est-ce que, par exemple, près de chez vous, on fait les projets de Charlas et de Montbel ? On les fait ou on ne les fait pas, ces projets ?
Alors déjà, Montbel, ce n'est pas exactement un projet pour l'agriculture. Je le connais très bien, c'est mon départ.
C'est pour ça que je vous interroge. Moi aussi, je les connais très bien. On les fait ou on ne les fait pas ?
Pour l'agriculture, parlons-en. On a déjà 100 retenues collinaires aujourd'hui qui ont été construites financées il y a des années et puis on ne les fait plus aujourd'hui. On les fait ou on ne les fait pas ? Des projets de stockage en lien avec le cycle de l'eau, avec du partage de l'eau et une gouvernance territoriale, on les fait en lien avec le cycle de l'eau. Une méga-bassine, ce n'est pas de la substitution, c'est pomper dans des nerfs et mettre dans des nerfs.
Mais Charlas et Montbel, ce n'est pas de la... Je suis d'accord. Donc on les fait ou on ne les fait pas ?
On fait des projets avec de la gouvernance territoriale et du partage de l'eau entre usagers... Sur ces deux projets-là, c'est une question concrète puisqu'on voulait vous faire débattre. Oui, on les fait, s'il y a une vraie gouvernance et du partage de l'eau entre agriculteurs. Vous êtes surpris par la réponse de la Confédération Pénélienne ?
Non, mais parce que je trouve que là, sur le stockage de l'eau, c'est la question centrale. Il n'y aura pas d'agriculture sans eau et affronter l'avenir, c'est aussi... Il n'y a pas d'agriculture sans eau ? Absolument.
Déjà aujourd'hui. Bien, je voulais juste... Avant, vous voyez, on va arriver à une minute chacun pour conclure. Ce réchauffement climatique, honnêtement, c'est une opportunité pour les agriculteurs ? Est-ce que c'est comme ça que vous le voyez ? Ou de toute façon, ça va être dur, c'est une contrainte ? Rapidement, et puis vous, vous aurez la mauvaise conclusion.
Non, mais très rapidement, ça sera une opportunité si on est accompagné et si les pouvoirs publics se montrent à la hauteur de l'accompagnement parce que la prise de conscience des agriculteurs est déjà là. Elle est déjà là. D'un mot ?
Évidemment, on y va. Encore une fois, l'agriculture est une solution, y compris pour nos concitoyens en termes de décarbonation demain.
Moi, je ne parlerai pas de réchauffement climatique, de changement climatique et de dérèglement qui nous oblige justement à adapter nos productions et nos cultures. Le dérèglement climatique, on en est à la fois des victimes en tant qu'agriculteurs et à la fois acteurs de solutions de pouvoir changer et de pouvoir nous adapter et même inverser certaines choses en travaillant différemment les sols, en remettant des haies et ce genre de pratiques. Bien, on arrive au terme de ce débat. Je vous remercie. Vous avez dit beaucoup de choses, on a abordé beaucoup de thèmes, mais il y a sans doute des choses que vous n'avez pas dites.
Si vous avez des regrets, si vous avez envie de parler d'un sujet, peut-être d'une anecdote, de quelque chose de plus personnel, c'est le moment. Vous avez chacun une minute pour conclure et on commence avec vous. Laurence Marandola. Oui, il y a un sujet sur lequel moi, je voudrais revenir absolument qui est vraiment d'une façon très intime et très importante sur chaque ferme, c'est la question des droits sociaux. En agriculture, en plus des revenus très inégaux et souvent très faibles, on subit une protection sociale de misère, de misère.
Qu'on parle d'indemnité journalière quand on se fait mal, qu'on parle d'un congé maternité où on a du mal à avoir des remplaçants pour les femmes et qu'on parle des retraites. Les retraites, les lois Chassaigne nous ont fait du bien, mais on a encore un grand nombre de paysans et surtout de paysannes, de femmes, qui sont très, très enceintes de ce minimum des lois Chassaigne. C'est encore pire dans les territoires d'outre-mer.
L'installation, l'avenir de l'agriculture, il passe aussi par ces conditions de travail et ces protections sociales, nos droits en fait, les droits tout simples des paysannes et des paysans d'avoir du revenu, d'être protégés, d'être protégés face aux aléas climatiques et sanitaires, ça c'est notre domaine. Voilà, on appelle à de la protection et c'est ça qui nous donnera une vision d'avenir et le respect des droits des paysannes et des paysans. Merci beaucoup. Même question. Que n'avez-vous pas dit que vous voudriez dire à nos téléspectateurs et aux agriculteurs, aux électeurs qui vous regardent ?
Alors, pour la coordination rurale, j'aurais aussi insisté sur ce volet social, ces arrêts maladies, ces accidents qui ne sont pas reconnus à leur juste titre et donc beaucoup d'efforts à faire sur ce sujet. Et un deuxième sujet, c'est l'accompagnement des agriculteurs qui sont rentrés dans des procédures collectives, qui sont passés devant le tribunal de commerce, qui ont un plan échelonné pour payer des dettes et qui aujourd'hui ne s'en sortent plus parce que justement, ils ont été victimes d'aléas climatiques ou d'aléas sanitaires et il faudrait pour cela leur permettre d'accéder aussi à toutes les aides et d'avoir des années blanches pour pouvoir repartir.
Pierre-Hicorel, Arnaud Rousseau, vous allez avoir 45 secondes chacun pour vous partager le temps restant. Pierre-Hicorel ?
Ce que je voudrais avoir ce soir, c'est un message d'espoir, un message d'espoir pour les jeunes de tous profils qui sont, qui rejoignent l'aventure agricole parce qu'on est en capacité d'avoir un vrai service et un vrai accompagnement pour les agriculteurs et des vraies perspectives d'avenir dans un métier qui fait sens.
Merci, vous avez encore un peu de temps ? Oui, j'ai dit. Mais c'est très bien, jouez le jeu. Et le mot de conclusion, vous avez quelque chose à dire que vous n'avez pas encore expliqué pour ceux qui nous regardent ?
Je crois qu'on est arrivé au moment du vote pour sélection Chambre d'agriculture et moi je voudrais dire que nous on a un projet syndical qu'on a construit de longue date avec l'ensemble de notre réseau. Vous savez, c'est 1000 collaborateurs qui se lèvent tous les matins pour travailler à notre profit. C'est l'ensemble des équipes territoriales qui le font. Et moi j'invite les électeurs à aller regarder ce que sont les projets. J'ai regardé les vôtres. Je crois que le nôtre est très différent celui de la Confédération Paysanne. Je n'ai pas vu sur le site de l'ACR leur projet. Je ne sais pas d'ailleurs quel est-il exactement.
Ce qui compte pour nous, encore une fois, c'est ce goût d'entreprendre, c'est cette capacité à surmonter les épreuves, à donner de la visibilité, à structurer l'économie agricole pour que partout sur les territoires avec des agricultures qui sont très différentes, on soit capable d'être fier de continuer à produire.
On n'a pas parlé du consommateur, je vous en dis un tout petit mot, parce qu'à la fin, c'est lui qui décide par son acte d'achat l'agriculture qu'il aura dans 10 ans dans un bloc qui est aujourd'hui l'Europe qu'on a besoin de challenger dans un contexte mondial difficile et pour ça, d'avoir des organisations qui travaillent, qui sont structurées, qui ont des racines profondes, ça donne du sens. Je crois qu'on est au moment du choix et bien il nous semble que c'est le choix de la FNSA et des GA qui est le bon.
Merci. Allez, je vous redonne le mot de la fin parce qu'effectivement, vous avez 30 secondes. Je n'avais pas compris. Donc, je voulais dire qu'on est tous à la fois paysans et chefs d'entreprise et qu'on a face à nous à la coordination rurale deux modèles différents. En tout cas, l'un conduit à plus d'asservissement, plus d'importation dans tous les cas et une dégradation des bilans économiques, sanitaires et que la coordination rurale est prête. Alors, n'ayez pas peur et je pense que nous sommes prêts à stopper ce plan social et à faire en sorte qu'il y ait des revenus dans nos...
Et nous saurons dans 15 jours si oui ou non le rapport de force dans le monde syndical est progressivement en train de s'inverser. Merci beaucoup d'avoir joué le jeu. On va jeter un oeil sur les temps de parole. On n'est pas mauvais. Merci à mes confrères et merci aux candidats. Vous avez tous très bien joué le jeu. On est tous quasiment à zéro. C'était l'objectif. Merci à la chaîne parlementaire, à ses équipes. Merci au groupe Ebra. Merci Charlotte Murat et merci à Ouest France de nous avoir accompagnés dans cet inédit, cet exercice sur l'agriculture. chambre d'agriculture, chambre professionnelle.
On a compris que c'était un enjeu important aussi bien pour le monde agricole que pour les consommateurs que nous sommes, que les citoyens que nous sommes. Merci à vous. Très belle soirée sur LCP et vive l'agriculture et le monde paysan. Merci.
Merci beaucoup. Sous-titrage Société Radio-Canada
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