Meetings politiques : à quoi ça sert ?
Audio original de l'émission.
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Le Covid, ça nous a quand même bien éloigné des gens, et moi j'ai envie d'être au milieu des gens.
Il est très illusoire de penser qu'on peut faire de la politique ou du politique en étant enfermé chez soi.
Lorsqu'on met justement chacun derrière son écran, on a l'impression d'être seul, impuissant.
Quel avenir pour ces grands assemblements politiques, physiques ?
On n'est pas des êtres numériques, c'est faux !
Jean-Luc Mélenchon, c'est pas un perdreau de l'année en politique. Est-ce qu'on peut s'en passer, tout simplement ? Salut c'est Jemil, aujourd'hui pour Le Média TV, je vous propose de mettre un peu d'air dans notre réflexion politique en sortant des studios pour aller à la rencontre de celles et ceux qui feront l'élection présidentielle de 2022, les électeurs et les électrices. Dans 70 jours à peine, 47 millions de Françaises et de Français seront appelés aux urnes pour choisir là où le successeur d'Emmanuel Macron.
Les prochaines semaines seront de plus en plus denses et intenses dans cette campagne politique qui bat déjà son plein, rythmé par les sorties médiatiques des candidats, les manifestations et les meetings. Et justement, pour cet épisode pilote, qui en annonce d'autres d'ici avril prochain et l'élection, c'est la question que je me suis posée. À l'heure du Covid et de l'accélération de la numérisation de notre société, quel avenir pour ces grands rassemblements politiques, physiques, que sont les meetings ?
Pour répondre à cette question et à celle qui gravite autour, je suis ce soir à Strasbourg où se tiendra un grand meeting politique, celui du candidat de l'Union Populaire, Jean-Luc Mélenchon. J'interrogerai à la fois ces éventuels électeurs venus l'écouter et m'entretiendrai en parallèle avec Charlotte Thomas, politiste. C'est parti ! Bonjour Charlotte Thomas ! Bonjour ! Alors on a vu la France Insoumise avec son candidat Jean-Luc Mélenchon remettre le couvert des grands meetings physiques, à la fois traditionnels mais aussi innovants sur la forme. On l'a vu là il y a quelques jours à Nantes, mais aussi cette semaine à Strasbourg pour enchaîner jusqu'au scrutin d'avril.
Les autres candidats à l'Elysée aussi s'adonnent à leur manière à cet exercice qui semble incontournable encore de nos jours. Qu'est-ce qui explique cela ?
Je pense que le meeting politique, alors déjà il y a une vraie culture française de l'élection présidentielle, parce que là on parle de meetings pour les élections présidentielles qui dans le cadre de la Ve République sont quand même l'événement majeur de la vie politique française. Pas forcément à raison d'ailleurs, parce que ça éclipse d'autres suffrages importants également. Mais donc du coup dans cette mythologie de la Ve République française républicaine, le meeting politique est vraiment le moment de communion entre un candidat ou une candidate et le peuple, ou en tout cas l'électorat auquel il aspire.
Pourquoi pour vous c'est important de se déplacer à un meeting politique ?
Personnellement c'est pour voir comment le candidat se défend, et puis le voir en vrai aussi je pense que c'est assez important. Personnellement je vais souvent dans des meetings où je ne suis pas forcément convaincu par les idées, puisque ça me permet de voir comment se défend le candidat face à un public.
Au sens large, pas la politique mais le politique, c'est-à-dire la gestion de la vie de la cité, etc. C'est quand même une affaire aussi d'hommes et de femmes, enfin je veux dire d'individus, de rencontres et d'incarnations entre des gens qui se rassemblent dans un projet de société. Donc à cet égard, l'incarnation et la rencontre avec cette personne qui incarne est un élément crucial en fait, pour donner du corps à un projet politique.
Tout ça tu le trouves sur internet ? Pourquoi venir physiquement ?
Pour le bruit, pour l'odeur, c'est pas une référence à Jacques Chirac, ni au meeting olfactif d'ailleurs. Non, c'est parce que vraiment c'est retrouver un peu de la chaleur humaine en fait entre militants. C'est quelque chose qui nous manque surtout dans les temps pandémiques qui sont les temps actuels. Donc voilà, je pense que le meeting c'est un moment en fait de ressourcer, de retrouver une espèce de force politique qui nous manque tous lorsqu'on est justement chacun derrière son écran. On a l'impression d'être seul, impuissant.
Peut-être peut-on être encore un petit peu actif grâce aux méthodes numériques, mais on n'a pas le sentiment en fait de force collective qui émane de ces grands moments de rassemblement. Moi personnellement, je suis déjà convaincu par Jean-Luc Mélenchon, donc je ne viens pas pour chercher une conviction. Je viens juste chercher en fait cette espèce d'appel au combat qui est nécessaire à 80 jours du scrutin.
À l'heure de la numérisation de la société, du renouvellement d'internet, en passant par la 5G, la fibre, etc. Et puis cette crise sanitaire quelque part qui nous pousse encore plus vite vers cela, je pense là notamment au projet Metaverse de Facebook qui souhaite nous entraîner vers un internet immersif avec l'aide de la réalité virtuelle. Est-ce que ces grands rassemblements physiques, meetings ou manifestations, ont encore un intérêt ou existeront tout simplement encore dans un avenir plus ou moins proche ?
Alors moi je pense que oui, parce qu'en fait dans votre question, il faut quand même aussi distinguer ce que vous mentionnez au regard de l'internet immersif, etc. C'est moins le projet d'une société que le projet de grande compagnie quand même, d'un projet de société libertarien qui met en exergue toute cette réalité virtuelle. C'est très politique. On nous le vend de plus en plus comme un horizon indépassable avec toute cette technologie qui nous entoure, etc. Or déjà ce n'est pas quelque chose d'indépassable, il y a d'autres projets concurrents.
Je pense une petite digression, mais à l'heure d'internet justement, il y a aussi de plus en plus de gens électrosensibles qui s'organisent eux pour échapper à ces technologies, qui du coup eux se réorganisent au sens premier de l'humain et des groupes de personnes. Donc on voit bien que cette réalité indépassable produit elle en fait aussi du non virtuel. Donc c'est quand même important de l'avoir en tête par l'organisation des gens. Et par ailleurs, oui, je pense que c'est très illusoire de penser qu'on peut faire de la politique ou du politique en étant enfermé chez soi.
Ça va vraiment dans le prisme de l'individualisme sociétal, c'est-à-dire qu'on déconstruit de plus en plus les liens, ce qui est aussi un gros dommage avec la pandémie actuelle, avec tout le télétravail, etc. Alors il y a d'accord des avantages au sens où on perd moins de temps dans les transports, mais en même temps on est de plus en plus atomisé. Or le politique, c'est l'exact opposé de l'atomisation de l'individu. C'est justement faire société ensemble et donc se rassembler. Je lui ai donné un petit peu parce que moi je viens voir Mélenchon parce que je n'ai jamais vu, vraiment.
Et voir un petit peu, je connais son programme, j'ai acheté le bouquin, parce que je ne suis pas de la première heure. Et voir un petit peu comment il l'argumente, comment il le vit, en fait. Voilà, c'est ça.
Alors on suit les réseaux alternatifs, moi je suis le média, je suis à plein de radios comme ça, de télévision comme ça, je ne regarde plus la télé. Le Covid, ça nous a quand même bien éloigné des gens et moi j'ai envie d'être au milieu des gens. Au milieu des gens. Moi, dans un métier que je viens chercher ça, plus le discours de la personne que je vais voir, mais surtout d'être au milieu de toutes ces personnes où je me reconnais.
Auprès d'électorats de gauche, il faut aller créer du lien social, en fait. Et justement lutter contre cette atomisation qui est aussi liée sur plus d'une quarantaine d'années maintenant avec la déconstruction des liens professionnels, syndicaux, etc. les nouvelles formes d'emploi qui ont aussi, eux, atomisé l'individu. Donc le politique, a fortiori, selon moi, c'est l'exact opposé. À cette ère d'Internet massif qu'on veut nous faire croire comme indépassable, il est plus qu'indispensable de garder le lien et de garder de la chair, quoi. Et d'aller tracter aussi sur les marchés et tout un tas d'autres activités de lien.
C'est vraiment mon premier meeting.
Je n'ai jamais assisté à un autre meeting. Je suis là parce que je pense qu'il faut bouger un petit peu et être là, soutenir un candidat. Et ce candidat-là, j'aimerais soutenir. Pas un autre.
Et tu pouvais le soutenir de manière différente. Tu pouvais très bien être signé sa candidature sur Internet, envoyer de l'argent aux partis, ou je ne sais quoi. Et pourquoi venir physiquement là, c'était important pour toi ?
Je pense que les autres soutiens, c'est déjà fait. Maintenant, je suis passé un petit peu à une étape supplémentaire. C'est d'être présent physiquement et faire le nombre. C'est aussi important pour moi d'être plus nombreux. Oui, je pense que c'est important.
À un moment donné, il faut que ce soit physique. Il faut que... Quand on voit une manifestation, vous voyez les gens, vous discutez avec, on parle, on a des idées, on a toutes les choses comme ça. Et puis, bon, voilà. C'est surtout une présence physique qui est important.
Moi, je pense que c'est surtout important pour moi que ça se voit, qu'il y a du soutien et que ce n'est pas juste un effet de mode. Un Mélenchon, ce n'est pas un effet de mode, ce n'est pas un truc. Je pense qu'il faut que ça fasse un petit peu peur à certains qui se rencontreront peut-être. Il faut que ça se voit que les gens sont prêts à se déplacer quitte à choper une merde parce qu'on a des masques pour ne pas choper de virus, tout ça. On se met en danger quelque part. Moi, je n'ai pas peur, mais il y en a sûrement d'autres qui ont peur. Et je pense que c'est important qu'on montre qu'on s'intéresse parce qu'il n'y a tellement plus personne qui s'intéresse à la politique.
Il faut qu'on essaye de leur donner envie. Peu importe pour qui on vote et peu importe qui on soutient. Ce n'est pas le problème de Mélenchon en particulier. Qu'on montre à certains qu'on est encore là et qu'on a encore envie de voter et de participer à la vie démocratique. C'est chaud là dans la salle qu'il y a d'ici dans cette salle et elle est plein un peu gagnée. C'est l'émotion
qui me fait raster la première page. Bon, comme il est question, ce n'est pas tous les jours que ça arrive de dire qu'on réserve une salle et puis pour finir on en remplit trois. Alors donc, ça donne de la force.
Ça donne du courage. Alors en reparlant de Jean-Luc Mélenchon, justement, on accorde très souvent qu'est-ce que ce soit dans son camp ou dans les camps adverses le fait qu'il ait un talent, ce talent oratoire de tribun, le fait de devoir posséder ce talent-là en fait, le fait d'avoir ce talent de savoir se vendre, d'incarner quelque chose, un programme, un personnage charismatique présidentiel, est-ce que ce n'est pas là un jeu médiatique quelque part qui viendrait nous éloigner du fond politique ?
Alors oui et non, vraiment. Je viens de Normandie mais c'est une réponse de Normand. Mais pour le coup, c'est oui et non je le disais tout à l'heure, par exemple Macron est aussi quelqu'un, enfin Emmanuel Macron est aussi quelqu'un qui a beaucoup, qui a beaucoup mis en avant pour ses capacités oratoires. Alors déjà, des capacités oratoires, ça s'apprend. C'est pas, alors il y a des talents, etc. innés, mais c'est aussi quelque chose qu'on apprend au fur et à mesure des meetings, des campagnes, etc. Voilà, qu'on travaille. Jean-Luc Mélenchon, c'est pas un perdreau de l'année en politique. Donc il a fait quand même beaucoup de campagnes et il s'est exercé à ça.
Il a fait comme tout le monde, il a appris, il a progressé, etc. Et pour Macron, c'est pareil. Il vient aussi d'une formation qui est Sciences Po et l'ENA où on apprend la rhétorique où quand même une grande partie de la formation pour la connaître un tout petit peu est liée aussi à la façon d'enrober nos idées et notre projet. Donc tout ça, ça s'acquiert.
Bon, d'habitude, on a écrit ça dans les 20 derniers jours et encore, apparemment, on a su fabriquer quelque chose de grand et de puissant et d'assez pérenne pour qu'on le retrouve d'une campagne à l'autre.
Pour vous, est-ce que l'incarnation de Mélenchon sert ou dessert une campagne finalement ?
Moi, je pense que plutôt au contraire, ça sert car il a une personnalité très forte et qui rappelle un peu vraiment la personnalité du français moyen. Même s'il a un haut niveau d'études et qu'il appartient à une catégorie socio-professionnelle d'intellectuel, il a quand même un parler qui est assez normal, un parler qui est banal et qui rappelle au français moyen son quotidien. Je ne sais pas si vous avez entendu mais dans le meeting par exemple, ça a été dressé à la foule en disant « vous voyez les gens » et ils nous parlaient à nous les gens mais c'est une expression qu'on peut retrouver dans la vie de tous les jours.
Et une fois qu'on a posé ça, le danger que vous pointez peut exister si ce talent oratoire n'est exercé que pour lui-même, c'est-à-dire hélas sans encore une fois vouloir trop critiquer le président actuel, on s'aperçoit qu'il est très très fort pour avoir une très belle parole mais que ces paroles ont des revirements en permanence entre le Macron de 2017 et celui d'aujourd'hui. Alors le talent oratoire est toujours le même mais le projet n'est plus du tout le même donc en fait s'il n'y a pas de loyauté à ses propres idées c'est quand même un peu problématique.
Premier écueil, second écueil, on peut être fidèle à ses idées mais il faut en avoir c'est-à-dire qu'il y a des gens qui maîtrisent aussi la parole politique sans avoir de contenu, sans avoir de projet politique. Il y a quelques candidates qui appellent en ce moment à l'Union qui parlent très très bien mais quel est le projet en fait et à partir de ça c'est le second écueil c'est-à-dire quand le talent oratoire éclipse le contenu politique ou l'absence d'ailleurs de contenu politique et de projet c'est là où ça devient un danger pour la démocratie en fait.
Est-ce que vous imaginez demain une démocratie justement avec moins de leaders moins de ou alors il y aura quand même besoin de représentation comment vous imaginez ça ?
Non bah j'espère qu'on pourra aller vers ce genre de transition sincèrement j'espère qu'on ira vers une réelle démocratie parce que c'est pas ce qu'on a aujourd'hui même si c'est ce qu'on veut avoir c'est un combat qu'on mène depuis la révolution française et c'est un combat qu'il faut encore mener mais oui ça pourra pas se faire tant qu'on cherchera toujours à s'incarner derrière une personne parce qu'une personne ne peut pas sauver toute une société c'est la société qui doit se sauver elle-même en se créant en se donnant les moyens elle-même d'avoir le pouvoir.
La capacité oratoire à être capable d'amener un public un électorat disons en construction à son projet politique et le ramener à soi et aussi à faire de l'éducation populaire par ses discours politiques parce que c'est aussi ça le but de la politique et du politique c'est de l'éducation populaire auprès des citoyens et des citoyennes ça c'est un vrai ressort ressort démocratique selon moi.
Donc finalement en fait ce que vous décrivez si je comprends bien c'est ce talent oratoire au même titre que l'exercice du meeting ce sont des outils au service d'un projet.
Mais effectivement ce sont des outils de la même façon que le vote et qu'encore une fois mais que devrait l'être aussi l'instruction au sens civique du terme l'éducation aux institutions etc. ce sont des outils en fait qui comme tous les outils doivent être mobilisés à bon escient et avec mesure.
Vous êtes spécialiste de l'Inde donc des mouvements sociaux et politiques là-bas dans un pays qui est fort éloigné de nous que ce soit physiquement comme culturellement est-ce qu'on retrouve ça la question là-bas ce même exercice ce même goût pour ces rassemblements physiques ces meetings politiques est-ce qu'on peut s'en passer tout simplement ?
Alors déjà effectivement c'est-à-dire qu'ici on a beaucoup glosé à partir de 2016 sur la campagne de Trump et sur les médias sociaux alors moi qui suis spécialiste de l'Inde comme vous le disiez et qui ai beaucoup travaillé sur l'état d'origine dont vient l'actuel premier ministre Narendra Modi Narendra Modi dit et le BGP font ça depuis 2007 donc ça remet aussi un petit peu l'église au milieu du village au regard de l'Occident etc.
Parallèlement une fois qu'on a dit ça sur les meetings effectivement parce que les meetings en Inde enfin les rassemblements politiques voilà c'est dans un pays où tout le monde n'a pas la télévision et en plus où le rapport humain est très important enfin le contact et puis le développement de réseau le meeting reste un endroit majeur aussi parce qu'au-delà du politique se passe plein de choses en fait
C'est l'ambiance il y a tout c'est comme ça c'est pour voir ce que ça incarne les gens
comment comment ils se sentent là-dedans en fait savoir si c'est suivi ou pas s'il y a un vrai l'engouement si... Vous l'avez senti comment l'engouement du coup ? Bah les gens ils sont plutôt forts on va dire ils savent mettre l'ambiance
quoi hein je pense qu'on peut faire la fête avec eux
mais l'incarnation effectivement on a beaucoup vu à l'occasion de la campagne de 2019 notamment mais déjà dès 2014 mais de 2019 la campagne de Narendra Modi beaucoup de militants et militantes portaient l'effigie donc un masque à l'effigie de Narendra Modi et de fait alors là on arrive un peu sur le point je dis le point du populisme au sens où selon moi le populisme n'a pas de contenu politique c'est une capacité pour moi c'est un outil voilà pour moi il y a des collègues qui ne sont pas d'accord avec ça dans le champ mais moi je le considère comme une technique rhétorique en fait de constitution d'un peuple au moment où on lui parle et à cet égard le BGP fonctionne énormément là-dessus par l'incarnation à travers Narendra Modi parce que Narendra Modi quand il a été élu en 2014 est un peu apparu comme le sauveur en fait le sauveur de la nation indienne dans une culture politique où on marche beaucoup sur les leaders la figure du leader il y avait Jawahar al-Neru Gandhi avant enfin on a beaucoup de figures comme ça très très fort donc Narendra Modi marche très bien aussi parce que lui-même dans son habit dans sa posture physique voilà et il essaye d'incarner il a un charisme en tout cas il a le charisme qu'on lui prête et qui fonctionne et qu'il s'incarne comme le sage en fait c'est aussi beaucoup ce qu'il met en exergue aujourd'hui de plus en plus le saint hindou au-dessus de la patrie qui guide la patrie vers la raison ça aussi c'est quelque chose qu'on entend beaucoup aujourd'hui chez nous aussi et bien bien sûr comme s'il n'y avait qu'une seule raison voilà alors que la raison en politique c'est quelque chose qui se discute en fait les clivages politiques veulent dire quelque chose
la question de fond de mon sujet c'est vraiment ça c'est vraiment l'incarnation charismatique d'un homme ou d'une femme est-ce que c'est pas un frein pour la démocratie qu'on espère direct par le peuple pour le peuple
ça va pas non un frein c'est trop difficile ça non non non non c'est très important mais c'est très important l'incarnation parce que on est des êtres sociaux et nous avons des neurones sauf qu'on a le gros cerveau des êtres humains le gros de miroir lui ça lui donne du courage
et nous ça nous donne du coeur au ventre on gagne ou on gagne pas mais on va militer ça fait plaisir de voir que les idées peuvent se diffuser enfin au moins il y a ça au moins il y a ça
il faut une incarnation pour ça
oui il en faut une c'est pas possible on n'est pas des êtres numériques c'est faux donc on rencontre des gens en plus qui ont chacun quelque chose à nous raconter de particulier qu'on ne voit nulle part nulle part nulle part quand on regarde que l'internet sur l'incarnation vraiment dans une personne il serait vraiment idéal que de par l'instruction civique le corps citoyen dans son ensemble à l'échelle internationale parce qu'on parle aussi du Brésil on parle des Etats-Unis les Etats-Unis sont exactement dans ce système aussi dans un monde utopique je pense que l'éducation devrait nous amener au fait qu'on s'intéresse uniquement à des idées en premier lieu en tout cas et après à leur porteur ça marche pas complètement comme ça et de fait il y a aussi un élément qui est important que je mentionne aussi qui est l'incarnation alors il faut que ce programme préexiste à l'incarnation en revanche je ne perçois pas en fait encore même dans des cultures politiques assez différentes comme l'Allemagne par exemple où la figure du leader n'est pas du tout la même que chez nous voilà on a quand même ces figures qui incarnent et je pense que ça c'est indépassable dans notre en tout cas au moment où on se parle peut-être pas en 2350 je ne sais pas
donc vous n'émanigez pas finalement le projet de Zuckerberg avec son métavers c'est de tout numériser et de faire ça à distance vous n'imaginez pas vous n'espérez pas ça je pense qu'il doit aller
dans un asile psychiatrique on ne veut pas ça non clairement clairement les gars qui pensent ça c'est pas la majorité c'est des gens malades c'est des gens qui doivent aller se faire soigner mais au moment où on se parle je pense encore aujourd'hui à fortiori où on est dans une époque où beaucoup de repères sont remis en cause où on parlait tout à l'heure du religieux le religieux au sens très large mais le religieux ça faisait en fait un système de repères pour les gens de même que les syndicats enfin tout un tas de repères il me faut des référents voilà qui tombent quoi et donc de fait effectivement l'incarnation dans une personne politique pour moi au moment au moment où on se parle reste relativement indépassable après d'autres formations ils travaillent je veux dire à mettre on exergue vraiment un programme et à ne pas comment dire à essayer d'équilibrer à jauger voilà ce lien entre une seule personne et un programme mais de fait oui on n'en est pas encore tout à fait là
mais n'empêche qu'il y a quand même peut-être des intérêts il faut tout jeter le numérique il faut quand même des intérêts là on était en direct sur youtube non on va tout jeter
c'est quand ça remplace le côté humain on ne peut pas remplacer ça c'est fou c'est complètement fou jamais tout ou rien non jamais
jamais toujours prendre la meilleure des choses du côté technique le couteau me sert à me tartiner oui c'est ça voilà c'est comme la tourne je ne vais pas tuer mon voisin avec c'est pareil avec internet on est très contents d'internet mais ça ne suffira jamais jamais jamais jamais
merci d'avoir suivi cette vidéo cet épisode pilote l'espace commentaire est ouvert pour recueillir vos commentaires vos réactions vos retours que nous lirons avec attention si vous avez apprécié ce format je vous invite expressément à le diffuser à le partager cette vidéo autour de vous dans vos réseaux et bien évidemment à vous abonner à vous abonner sur youtube là où les programmes du média sont et resteront accessibles gratuitement mais aussi sur lemedia tv.fr soutien vous abonner au média à partir de 5 euros par mois pour activement nous soutenir dans la production de ce genre de format et de tous les programmes que propose la chaîne le média c'est votre média abonnez-vous et vous faites un don pour le soutenir et le porter haut quant à moi je vous remercie pour votre confiance et vous dis à très bientôt abonnez-vous
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Jean-Luc Mélenchon