Jean-Luc Mélenchon (LFI) : L’ultime campagne ? - En Société du 11 mai 2026
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Questions et réponses
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Votre regard sur le parcours de Jean-Luc Mélenchon : est-il toujours de gauche ou a-t-il changé ?
- 1:49OuverteRéponse directe
Peut-on dire que la gauche a changé de combat, passant des questions sociales aux questions identitaires ?
- 3:15OuverteRéponse directe
Quand Jean-Luc Mélenchon parle de Nouvelle-France, est-ce un concept nouveau ?
- 4:10OuverteRéponse partielle
Ce concept de Nouvelle-France est-il à la hauteur de l'enjeu électoral ?
- 5:07RelanceRéponse partielle
Comment interpréter les ambiguïtés de Mélenchon sur l'antisémitisme ?
- 6:30OuverteRéponse partielle
Jean-Luc Mélenchon répond-il aux accusations d'antisémitisme par un mécanisme classique de la gauche ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 1:02InvitéFait
« Jean-Luc Mélenchon a prononcé l'horizon funèbre de Charbes, le journaliste de Charlie Hebdo. »
- 2:15InvitéFait
« Que fait-il faire des métèques ? Pour l'extrême droite, il fallait les expulser. Pour la gauche, il fallait les intégrer. »
- 4:26InvitéFait
« Jamais aucune vague d'immigration n'a dit d'elle-même, je suis la Nouvelle-France. »
- 5:28InvitéFait
« Ces ambiguïtés-là sont des stratégies politiques. »
Temps de parole
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Avec nous toujours le philosophe Alain Finkielkraut, avec qui on a commencé de parler de Jean-Luc Mélenchon et de ce concept de Nouvelle-France, mais pour aller plus loin, on reçoit l'historien Pascal Blanchard. Bonsoir.
Bonsoir.
Grand spécialiste de la colonisation et de l'histoire des immigrations en France. On va aller sur le fond de ce que dit Jean-Luc Mélenchon et de ce concept, mais avant, Alain Finkielkraut, on sait que vous êtes l'un des, c'est plus fervent, des tracteurs, on l'a compris, mais avant cela, votre regard sur son parcours. Vous,
vous
dites dans votre livre, c'est parce que je suis de gauche que je ne suis plus de gauche. Est-ce que Jean-Luc Mélenchon, lui, il est toujours de gauche ou est-ce qu'il a participé à la changer
? Je
ne
suis
plus de gauche alors que je suis de gauche, parce que la gauche,
c
'était la laïcité. Pour la gauche, la laïcité
n
'est invoquée que pour effacer ce qui reste de marque chrétienne en France. Pour le reste, le voile à l'école, la baïa, la gauche
favorise
l'entrisme islamique, alors que Jean-Luc Mélenchon a prononcé l'horizon funèbre de Charbes, le journaliste de Charlie Hebdo. Donc, il a effectivement beaucoup changé. La gauche, c'était l'école. Elle a abandonné l'exigence et l'excellence au nom d'un égalitarisme fou. Et la gauche de Mélenchon, c'était aussi la gauche, c'était aussi les classes populaires. Et Jean-Luc Mélenchon dit, mobilisons les quartiers populaires et la jeunesse, « Le reste, ça ne sert à rien ». Donc, voilà, effectivement, c'est celui
particulièrement
qui a trahi la gauche.
Je
ne
sais
pas si tout ce que dit Alain Finkielkraut est vrai, mais ce qu'on peut dire quand même, c'est qu'il
y a
une évolution politique dans le débat français et dans la gauche qui se concentrait effectivement d'abord sur les questions sociales, économiques. Et aujourd'hui, progressivement, ça a laissé place à des questions identitaires, mémorielles, culturelles. La gauche a changé de combat ?
La
gauche s'adapte, comme la droite, à ces époques dans lesquelles elle émerge, elle évolue, elle se fracture, elle se ressoude. Vous savez, le débat sur l'immigration dans les années 30 était très présent à gauche. Que fait-il faire des métèques ? Pour l'extrême droite, il fallait les expulser. Pour la gauche, il fallait les intégrer. Donc, ces débats sont anciens, comme sur la question coloniale, comme sur la question de
l
'identité de la France, comme sur la question de la place de la religion.
Si
on essayait de regarder les débats droite-gauche au moment de la fracture entre la religion et la République, entre l'Église catholique et la République au début du XXe siècle, c'était quand même assez violent. Donc, il faut toujours remettre nos combats politiques, que l'on semble unique et d'aujourd'hui, dans les mutations du siècle. La grande différence est qu'aujourd'hui, ce qu'on appelle identité, je parle d'un sujet très particulier.
C
'est en gros, comment on fait dans un pays qu'il y
a
des populations qui viennent d'en dehors du continent européen ? Ça, c'est nouveau, parce que l'intégration coloniale, on l'a connue, elle a existé à l'époque, ça s'appelait la mission civilisatrice. Donc, on n'avait jamais eu autant de députés, d'ailleurs je vous le fais remarquer, non blancs, que dans les années 50 en France.
C
'était l'époque où l'Empire était symbolisé par ce pays avec cette diversité, mais c'était une autre diversité qu
'on
validait. On validait une identité coloniale, si vous préférez, dans laquelle la diversité des pleuves faisait sens. Aujourd'hui, cette diversité,
elle
est dans l'hexagone. Et le débat, il est maintenant ici, qu'est-ce qu'on fait d'une France qui s'est métissée ?
Et quand Jean-Luc Mélenchon parle de Nouvelle-France, là aussi, c'est un concept qui n'est pas nouveau
?
Non. D'abord, ce n
'est
pas un concept nouveau, parce que c'est comme ça qu'on a appelé les premiers éléments de l'Empire du Canada, de la Louisiane, donc c'est un vieux concept colonial. Ça, c'est pour le côté un peu ironique. Ce n
'est
pas un concept nouveau dans le sens où il y réfléchit depuis pas mal d'années. Ça a évolué autour de la créolisation, qui n'a pas fonctionné parce qu'il était un peu trop intellectuel. Il l'a quand même testé, il l'a regardé, comment ça fonctionnait dans les quartiers populaires, mais surtout dans les Outre-mer.
Il
a bien regardé comment a muté ce concept, comment certains de ses élus, notamment européens, originaires de la Réunion, l'ont accompagné pour cette réflexion, comment on interne avec les quartiers populaires, il y a réfléchi pour arriver à ce concept de Nouvelle-France. Et vous remarquez que dans votre reportage, on ne se souvient d'aucun des concepts de Jean-Luc Mélenchon des trois précédentes élections présidentielles, mais celui-là, on en parle déjà avant la campagne. Pourquoi ? Parce que c'est peut-être la première fois où il a un concept politique, un slogan, vous l'appelez comme vous voulez, qui est à la hauteur de l'enjeu électoral.
Alain Finkielkraut, ce concept qui sera à
la
hauteur de l'enjeu électoral, c'est vrai qu'on peut entendre ça, qu'on veuille s'adresser à une France qui a un nouveau visage,
qui est brassé, qui a sa culture.
Je
répète que jamais
aucune vague d'immigration n'a dit d'elle-même, je suis la Nouvelle-France. C'est absolument impossible. Je pense aussi qu'on ne peut surtout, on ne doit surtout pas parler de retour des années 30, parce que c'est ce qui se passe aujourd'hui avec cette immigration incontrôlée,
c
'est une montée, c'est une explosion en France, comme en Angleterre, de l'antisémitisme. Et voyez l'Angleterre, ce n'est certainement pas un antisémitisme en deux jeunes. Et d'ailleurs, Jean-Luc Marchand le sait très bien. Il le sait très bien. C'est-à-dire que pour attirer cette Nouvelle-France,
il
a choisi délibérément
l
'antisémitisme par électoralisme.
Il a choisi
l
'antisémitisme par électoralisme.
Comment ça, il
a choisi l'antisémitisme
?
Jérôme Gued s'agit autour du piquet où le retient à la laisse de ses adhésions. Voilà, par exemple. Et le jour de la grande marche contre l'antisémitisme, il a dit que les partisans du soutien inconditionnel au massacre ont le rendez-vous.
Donc pour vous, ces ambiguïtés-là sont
des stratégies politiques ? Mais bien sûr. Stratégiques, pourquoi ?
Je pense,
cela dit, il s'est convaincu. C'est-à-dire,
c
'était d'abord opportuniste, électoraliste, et c'est devenu sincère, comme est sincère aujourd'hui, l'antisémitisme obsessionnel et chevelé de Thomas Porte, d'Emerick Caron, de Rima Hassan, Israël
est une austréuse en son nom, qui a été condamné par la
justice pour antisémitisme ?
Oui, d'accord. Mais n'empêche que Raphaël Enthoven a dit que c'était un parti passionnément antisémite. Il n'a pas été condamné par la justice non plus. Je me fous de la 17e chambre. J'écoute, j'entends Jean-Luc Mélenchon. Je sais ce qu'il dit. Éric Zemmour reproduit beaucoup de scénarios qu'il dit réels. On ne change rien à la tradition, on a la créalisation en horreur. Tout ça, ce sont des traditions qui sont très liées au judaïsme.
Vous faites des citations, moi aussi. Voilà comment s'explique Jean-Luc Mélenchon. Je vais
aussi citer Jean-Luc Mélenchon, aujourd'hui dans la tribune dimanche. Je vois là, quand on me qualifie d'antisémite, je vois là un mécanisme classique déjà utilisé contre de grandes figures de gauche, comme Léon Blum, Jean Jaurès, François Mitterrand. Il n'y a pas un leader de gauche qui n'a pas insulté de la sorte.
Non, ce n
'est
pas vrai. Et ce n
'est
sûrement pas un successeur de Léon Blum, parce que Léon Blum,
c
'est la gauche
des plus
hardes. Et l'antisémitisme aujourd'hui, en France, comme d'ailleurs dans le reste de l'Europe, est quasi intégralement passé à l'extrême gauche. C'est un antisémitisme bouffi de bonne conscience. C'est un antisémitisme auquel on ne peut pas faire honte, parce que les juifs, les sionistes, les juifs sont accusés justement du crime de génocide. Les nazis, ce sont eux. Donc on s'adosse à la mémoire pour traiter les juifs de sionistes génocidaires. Et la France insoumise est au premier rang de cette action politique.
Jean-Luc Mélenchon, Pascal Banchard, qui dit quand même que la Nouvelle-France, ce n
'est
pas un bout de la France contre l'autre, c'est toute la France. Mais on voit bien que c'est clivant, que ça peut participer à diviser, à poser question.
Ça
peut diviser.
Et
au-delà,
je
prolonge, mais le lien, même très rapide, que vous faites entre la Nouvelle-France, l'antisémitisme, comme si tous les jeunes de cette Nouvelle-France étaient antisémistes,
et
que c'est donc dans la tête de Jean-Luc Mélenchon un très bon
pari
électoral que de le faire, c'est un
raccourci. Ce n
'est pas le cas. C
'est
-à
-dire
que dans la Nouvelle-France, qu'il y ait un débat sur l'antisémitisme potentiel énoncé, sur lequel il y ait des jeux de mots, aujourd'hui, des insoumis, le débat est tout à fait ouvert, il peut être questionné. Et à des moments de l'histoire de France, je vous rappelle qu
'il
y
a
eu des gauches qui étaient antisémites. Vous ouvriez l'assiette au beurre dans les années 1905-1910, elle était à la fois anticolonialiste et antisémite. Et anticléricale aussi. Ça a donc existé. Et que l'extrême-gauche ait joué à des moments de l'histoire de France sur l'antisémitisme, contre les banquiers, ça a aussi existé. Par contre, je ne pense que dans la Nouvelle-France, c'est un autre sujet. La Nouvelle-France, on a tous compris. Il s'adresse à une population que l
'on
va considérer comme renouvelée, sur laquelle, d'ailleurs, vous remarquerez que le Rassemblement national parle aux autres, ce qu'ils ne veulent pas de cette Nouvelle-France. Tout le monde sait de quoi on parle. Quand vous avez le slogan du RN sur « on est chez nous », tout le monde a compris et tout le monde comprend. Désolé de le dire quand on parle au bistrot le matin de ce que veut dire la Nouvelle-France. La Nouvelle-France, c'est une France plus métissée, celle qui est arrivée depuis trois ou quatre générations. Ce n
'est
pas l'immigration récente, c'est beaucoup plus les enfants de ces immigrations des années 50, 60, 70, qui, quelque part, auraient changé les couleurs de la France. C'est ce discours-là qui fonctionne aujourd'hui. Pourquoi ? Parce que d'abord, il parle à un électorat potentiel. Deuxièmement, il peut mobiliser un électorat. Il est le seul à leur parler. Je tiens à dire quand même que si vous n'analysez pas ça, vous ne comprenez pas pourquoi ça a une valeur aussi électoraliste. C'est qu'il est le seul à parler à des personnes, et pas que jeunes, à des personnes qui peuvent être jeune passe.
Et en plus, derrière, il construit un discours aussi à l'écoute de ça, sur l'antiracisme, sur les discriminations, sur le passé colonial. Il fabrique un discours.
Il
a mis du temps à le construire, je tiens à le dire, parce qu'on le voit bien que jusqu'à maintenant, c'était parodé. Il a tâtonné beaucoup. Et puis, il l'a testé dans les Outre-mer. Je vous rappelle que les dernières élections, on aurait dû regarder de très près les résultats que faisaient à la fois le RN et les filles en Outre-mer, où ça a été relativement efficace. Et maintenant, il l'a testé pendant les municipales. Et là, il va maintenant le développer pendant la présidentielle. Mais c
'est
pour ça que je distinguerais la question d'antisémitisme, qui ne veut pas dire que ce n
'est
pas une question, de la Nouvelle-France.
Réponse
à un fin de
compte. La Nouvelle-France,
simplement, oui. Je pense que pour Mélenchon, et c'est très clair, c'est très explicite, elle veut remplacer l'ancienne. Il dit d'ailleurs que les Français de Choux, ces Français d'origine ancienne, font obstacle à l'Union. Et il dit,
il
le dit, il ne faudra plus parler de langue française,
parce
que la langue française, c'est fini, il faudra dire créole. Alors que nous sommes là, effectivement, pour honorer et pour sauver cette langue. Lui, il dit, effectivement, il faut tourner la page. Une page se tourne, une autre nation apparaît, et ce n
'est
pas la peine de s'attacher à cette mémoire qui ne fait plus sens aujourd'hui pour la majorité, puisque la majorité, selon lui, des Français, sont nés de parents étrangers.
Donc les
Français d'origine
française
doivent laisser la
place. Il parle plutôt d'une notion de créolisation de la langue, mais en allant beaucoup plus loin. En fait, il fait un constat qu'on constate tous. D'ailleurs,
le
Front National, maintenant le Rassemblement National, on a peur de ce constat. Une France qui a changé, qui a muté, liée à ses immigrations coloniales, post-coloniales, avec ses outre-mer, le métissage à la nation. Le RN parle de la même chose. Et en fin de compte, Jean-Luc Mélenchon dit, moi, cette France,
j
'en veux. Cette France, je veux construire avec elle quelque chose. En fait, les deux parlent de la même population. Certains pour l'évacuer, d'autres pour l'intégrer. Désolé de le dire, c'est une France que tout le monde voit, tout le monde observe, tout le monde fréquente, tout le monde discute avec elle, nos enfants à l'école, nous dans nos amours, les amis de nos enfants et nous-mêmes. Cette France-là, nous la connaissons. Elle fait peur, pourquoi ? Parce qu'elle crée, et c'est vrai, une mutation, un changement. Comme dans toutes les grandes époques de nos sociétés, bien entendu. Et je ne suis pas un historien qui n
'ait
pas regardé dans notre histoire de France les grands moments de nos mutations. Quand les campagnes ont rejoint les villes, ça a d'un seul coup été un bouleversement sociologique majeur. Quand il y
a
eu des grandes défaites dans l'histoire, ça a été des changements politiques majeurs. Et c'est un changement politique majeur. Et c'est donc normal qu'il y ait des partis politiques qui s'emparent du sujet et qui en font des sujets électoraux. Je dirais que c'est la base même des principes. Les
principes politiques,
c'est d'aspirer quelque part l'air du temps pour fabriquer à un moment des nouveaux équilibres
électoraux. Édouard
Philippe, quand il était Premier ministre, a parlé de ce qui se passait en Seine-Saint-Denis. C'est-à
-dire
les juifs qui quittaient la Seine-Saint-Denis
parce
qu
'ils
ne se sentaient plus en sécurité. Et il a parlé d'allia intérieure. L'allia, c'est l'immigration vers
Ressal.
D'allia intérieure. Et il est vrai qu'il n'y a plus d'élèves juifs dans les écoles de Seine-Saint-Denis. Et il n
'y
aura bientôt plus de juifs dans tout le département. D'ailleurs, au moment de l'élection de Bali-Bagayoko, les partisans du nouveau maire scandaient « Nous sommes tous des enfants de Gaza ». Ce qui se passe à Gaza est terrible, mais c'est « Nous sommes tous des enfants de Gaza » et « Abat les sionistes génocidaires ». Voilà ce que ça signifiait. Donc, moi, je suis
très
inquiet de cet éloge sans nuance de la Nouvelle-France. Mais,
je ne suis pas surtout dans l'éloge de la Nouvelle-France. J'ai même été
plutôt critique du concept en expliquant que, justement, il l'excluait aussi. Il y
a
une part de fracture dans la Nouvelle-France puisque, par définition, et vous le savez comme moi, un slogan « Unis et rejettes des gens ». Le
«
On est chez nous » du Rassemblement National, vous en conviendrez avec moi, parce que vous avez fait un peu de sémantique, y compris dans vos livres, ça exclut pas mal de monde.
Et
les slogans politiques les plus durs sont généralement ceux qui sont les plus audibles et les plus efficaces. De tous les partis d'extraordinaire et de
l
'extraordinaire gauche, justement, c'est les slogans pour bien dire qui est l'ennemi, qui est l'ami. Et désolé de le dire, nous sommes dans un rapport de force politique extrêmement tendu aujourd'hui où chacun définit les lignes de frontières de son camp. Donc, ne nous ont pas des maladies. Mais tout ne se résume pas non plus aujourd'hui à la question de l'antisémitisme. Le débat électoral va amplement intégrer beaucoup plus de sujets. Et justement, c'est notre capacité de regarder ce temps présent pour voir ce qui mute, y compris dans les angoisses du présent. Parce que la peur des identités, ce n
'est
pas simplement la peur des autres,
c
'est la peur de perdre aussi sa propre identité. Tout ce qui se passe en ce moment, c'est un rapport à nous-mêmes, aux autres, à notre environnement, à comment notre pays va évoluer, mais aussi comment notre société va évoluer. Et par définition, nous sommes dans un moment tectonique.
Et
comme tout moment tectonique, il peut faire peur. Et en même temps, c'est à nous d'arriver à construire le monde de demain. Si on reste sur nos peurs, on ne construira rien. Par contre, il faut être aveugle sur rien. Vous avez raison de parler, par exemple, de l'antisémitisme, mais il faut aussi parler de tous ces jeunes qui sont là depuis maintenant deux, trois, voire quatre générations, et de savoir comment on en fait des Français. Et il
y
a qu'ensemble qu'on peut y arriver.
Merci
beaucoup, Pascal Blanchard, d'être venu débattre sur le plateau dans Société. Je vais signaler votre dernier livre,
«
Doit-on s'excuser de la colonisation
?
» C'est aux éditions d'Esclée de Brouwer avec Benjamin Stora.