Casseurs/payeurs : «Ça permet d'engager une sorte de responsabilité collective», estime Maud Bregeon
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Répartition du ton (temps de parole politique)
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Questions et réponses
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- 0:23OuverteRéponse directe
Qu'est-ce que le gouvernement a raté ou n'a pas vu venir ?
- 1:18RelanceÉludée
Vous avez loupé quelque chose ? Vous n'avez pas compris ce qui se passait du côté des lycéens ?
- 1:29OuverteRéponse directe
Et ce mouvement a depuis été complètement noyauté par la gauche radicale ?
- 2:01OuverteRéponse directe
Est-ce que c'est le bon moment pour demander aux ministres de garantir les conditions d'enseignement ?
- 2:26RelanceRéponse directe
Est-ce que c'est la bonne réponse à apporter ?
- 2:49OuverteRéponse directe
Qui doit payer la facture des dégradations ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:50Invité politiqueFait
« Tout a été mis en place d'abord pour organiser un retour au calme. »
- 1:42Invité politiqueFait
« C'est la faute de délinquants, de factieux. »
- 3:10Invité politiqueFait
« Je pense notamment à la France Insoumise. Dès les prémices du mouvement, dans les premières heures de ce mouvement, on a vu des élus comme Louis Boyard, comme Baliba Gayoko, attiser, encourager cette violence. »
- 5:44Invité politiqueFait
« Le Premier ministre Sébastien Lecornu a présenté un projet de loi en Conseil des ministres, un projet de loi qui s'appelle Casseur-Payeur, qui vise notamment à garantir que les amendes soient, dans la totalité des cas payés, y compris si ça doit nous amener à aller piocher dans les aides sociales, dans les APL, par exemple. »
- 10:56Invité politiqueFait
« Les crédits des ministères hors défense seront gelés. C'est l'effort le plus important qui est demandé dans ce budget. »
- 11:13Invité politiqueChiffre
« Le déficit 2026 sera supérieur à 5%. »
- 13:33Invité politiqueChiffre
« Mme Le Pen, au dernier budget, elle a voté avec ses troupes 35 milliards d'euros d'impôts supplémentaires pour les Français et les entreprises. »
- 15:22Invité politiqueChiffre
« On a mis en place des aides pour les grands rouleurs, pour ces Français qui travaillent. On a reconduit, prolongé cette aide d'ailleurs de 100 euros pour 5,5 millions de Français. »
- 16:08Invité politiqueChiffre
« Ça coûte 15 milliards d'euros. 15 milliards d'euros, c'est plus que le budget de la justice. »
- 16:48Invité politiqueFait
« Ses propos sont évidemment gravissimes s'ils sont avérés. »
- 18:14Invité politiqueFait
« Le parti a peut-être évolué comme tout parti évolue avec le temps. »
- 18:38Invité politiqueFait
« Le Rassemblement National n'est en rien un bouclier pour les Français de confession juive et notamment au regard de leur histoire. »
- 19:30Invité politiqueFait
« C'est celui qui est le plus à même de rassembler parce qu'il vient de la droite, parce qu'il est maire d'une ville populaire, parce qu'il a montré qu'il savait mettre en pratique ce rassemblement aussi lorsqu'il était premier ministre. »
Temps de parole
- Maud Bregeon75 %
- Présentateur22 %
- ?3 %
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Europe 1.
La
grande interview Europe 1 C News, Laurence Ferrari.
Et
notre invitée ce matin dans la grande interview sur C News et sur Europe 1, c'est Maude Bréjon. Bonjour à vous. Bonjour
et toujours à tous.
Vous êtes par parole du gouvernement ministre délégué de l'énergie. Ce matin, 4 à 500 établissements seront partiellement ou totalement fermés. 24 ont été saccagés. Constat accablant du ministre de l'éducation Edouard Jeffrey. Qu'est-ce que le gouvernement a raté ou n'a pas vu venir, Maude Bréjon ?
La priorité,
c
'est d'abord de rétablir l'ordre. Les images qu'on a vues ces derniers jours, la semaine dernière spécifiquement, aux abords des lycées, des images de grande violence, des policiers qui ont été pris pour cible, des gendarmes qui ont été pris pour cible, des pompiers, des personnels de l'éducation nationale, des journalistes, des élèves qui ont été pris pour cible. Tout ça est absolument évidemment inadmissible. Tout a été mis en place d'abord pour organiser un retour au calme. Et c'est pour ça que de nouveaux établissements, 4 à 500 établissements, sont fermés aujourd'hui. Et on continuera autant que nécessaire.
Là encore, il ne s'agit pas de balayer d'un revers de main des revendications qui peuvent être légitimes. Mais entre des lycéens qui ont des choses à dire, encore une fois, de manière pacifique et légitime, et des violences urbaines, il y a un monde. C'est deux choses
complètement différentes. Mais donc vous avez loupé quelque chose ? Vous n'avez pas compris ce qui se passait du côté des lycéens ? Et ce mouvement a depuis été complètement noyauté par la
gauche
radicale et donc il n'a plus rien à voir avec ce qu'il était au
départ
? Je crois qu'il ne
faut
pas inverser les choses. Lorsque des individus jeunes ou moins jeunes, d'ailleurs, qu'aillassent des forces de l'ordre, s'en prennent à des pompiers, agressent du personnel de l'éducation nationale, ce n
'est
pas la faute du gouvernement. C'est la faute de délinquants, de factieux. Ça pose la question de la responsabilité parentale, par ailleurs, quand ils sont mineurs. Et le rôle de l'État, le rôle du gouvernement, c'est évidemment de tout mettre en œuvre, là encore une fois, pour rétablir l'ordre. Et rétablir l'ordre, c'est la priorité. Mais je le redis, n'inversons pas la charge de la preuve. Bien sûr.
Je suis quand même étonnée par ce qu'a demandé hier Sébastien Lecornu à cinq de ses ministres, pour que les cours reprennent. Cinq chantiers, assurer les cours, garantir les conditions d'enseignement dignes, organiser des journées qui permettent de travailler et vivre au lycée, rendre des choix d'orientation compréhensibles et réellement accessibles. Demander ça à des personnels de l'éducation nationale ou des ministres, des personnels qui vivent dans la terreur d'être brûlés vifs dans leur logement de fonction. Est-ce que c'est le bon moment ? Est-ce que c'est la bonne réponse à apporter ? C
'est une
mission. qui est donnée, encore une fois, à cinq ministres et qui doit être rendue d'ici à fin octobre. L'objectif, c'est quoi ? C'est de dire, bien sûr qu'il y
a
des difficultés au lycée, bien sûr qu'il
y
a des difficultés dans l'éducation nationale et dans le fonctionnement de
l
'éducation nationale. Et les lycéens ont des choses à dire,
ont
des messages à passer. Il
faut
qu'on arrive à les entendre, à les écouter, à les prendre
en place.
Pour autant, il faut bien faire le distinguo entre des lycéens qui ont des revendications
que
nous devons écouter parce que c'est notre jeunesse et parce qu'au fond, c'est leur quotidien. Et en même temps, ce qui s'est passé la semaine dernière, qui, je le redis, est proprement inadmissible, est par ailleurs instrumentalisé par une part de responsables politiques. Je pense notamment à la France Insoumise. Dès les prémices du mouvement, dans les premières heures de ce mouvement, on a vu des élus comme Louis Boyard, comme Baliba Gayoko, attiser, encourager cette violence. Et donc, ils ont une responsabilité politique et morale majeure dans ce qui se passe depuis plusieurs jours aux abords des
lycées. Ils
participent à l'embrasement dans
les lycées ? Ils participent
évidemment à l'embrasement. C'est fait de manière tout à fait assumée. Et au fond, ça dit quelque chose d'une stratégie électorale qui est mise en place pour, soi-disant, récupérer le vote peut-être d'une partie de la jeunesse. Moi, je pense que c'est profondément délétère. Mais en tout état de cause, ça existe. C'est une stratégie électorale assumée de la France Insoumise, profondément cynique. Profondément cynique. Mais donc avec une responsabilité derrière politique, politique, qu'ils devront assumer. Et qu'ils devront assumer devant les policiers, devant les gendarmes et devant le corps enseignant qui, en ce moment, a toutes les raisons d'avoir
peur. Absolument. Quand même, ça fait quand même dix ans qu'Emmanuel Macron est au pouvoir. Parcoursup, contre lequel les manifestants s'insurgent, a été mis en place sous le gouvernement d'Edouard Philippe par la ministre Frédéric Vial. Huit ministres de l'Éducation nationale. Budget 2026, 63 milliards d'euros. Il
n'y a
rien qui fonctionne. En fait, c'est le bilan des années Macron.
C
'est
à quoi on arrive aujourd'hui, Maude Bréjean ?
Justement, je pense qu'il ne
faut
surtout pas tomber dans ce type de caricature. Ce
n'est pas une caricature, ce sont des chiffres.
Dire que rien ne fonctionne dans l'éducation nationale, d'abord,
c
'est... C'est
ce
que disaient les lycéens. D'abord,
c
'est, pardonnez-moi, mais c'est un peu méprisant envers tous les enseignants, tous les chefs d'établissement qui font un travail absolument extraordinaire. Il y a beaucoup d'établissements de lycées, de collèges dans lesquels ça se passe bien. Il y a des enseignants qui font remarquablement leur travail en France,
qui se
réveillent tous les matins, tous les matins avec un objectif, c'est la réussite de leurs élèves. Et ensuite, il y a évidemment, mais comme dans toute organisation, des dysfonctionnements, des choses que l'on peut améliorer. C'est le cas dans l'éducation nationale, pas uniquement. Et par ailleurs, ça ne justifie pas. Ça ne justifie pas qu'on brûle des lycées ou qu
'on
s'en prenne à des pompiers et des gendarmes.
Alors, qui doit payer d'ailleurs la facture, Maude Bréjean ? Qui va payer ces dégradations ? Est-ce que c'est l'État ? C'est les parents ou c'est les régions, puisque les lycées dépendent des régions
?
Plus personne ne comprend aujourd'hui que l'État, et donc le contribuable, vos impôts, les impôts de ceux qui sont en train de nous écouter, paient pour les dégradations d'une minorité violente. Vous savez que le Premier ministre Sébastien Lecornu a présenté un projet de loi en Conseil des ministres, un projet de loi qui s'appelle Casseur-Payeur, qui vise notamment à garantir que les amendes soient, dans la totalité des cas payés, y compris si ça doit nous amener à aller piocher dans les aides sociales, dans les APL, par exemple. Et donc ce projet de loi sera présenté le 27 octobre prochain au Sénat. Il permettra donc deux choses. Une date précise, ça.
Le 27 octobre au Sénat, il permettra deux choses. D'une part, d'aller prélever dans les prestations familiales lorsque c'est nécessaire, que ce soit pour des dégradations commises par des majeurs ou par des mineurs.
Et
du coup, on irait utiliser une part des allocations des parents. Et puis ensuite, ça permet d'engager une forme de responsabilité collective. Si vous êtes participante à un mouvement violent, qu'après sommation de la police, vous restez dans ce mouvement violent, alors pourra-t-être engagée une co-responsabilité.
C'est intéressant.
Et
81% des Français... Je crois
que c'est très attendu. Je veux que ce soit les
parents qui baillent.
Très
attendu par nos concitoyens parce que vous avez des enfants, j'ai des enfants. Quand on a des jeunes de 14, 15, 16 ans qui, à 9h du matin, sont en train de brûler des abris de bus ou, plus grave encore peut-être, le lycée dans lequel ils étudient, ça pose la question de la place des parents et de la responsabilité parentale. J'ai d'ailleurs noté, vous savez, que chez moi, dans les Hauts-de-Seine, le préfet Alexandre Brugère convoquera aujourd'hui les parents d'enfants tenus pour responsables de violences dans les lycées ou aux abords des lycées. Je pense que c'est une bonne manière de faire.
Je pense que c'est une bonne manière de faire parce qu'on ne peut pas trouver d'excuses à une forme de déresponsabilisation. Quels que soient les milieux sociaux, quelles que soient les difficultés auxquelles les familles sont confrontées et qu'il faut encore une fois entendre, mais quand on a des gamins de 14, 15 ou 16 ans qui brûlent des lycées et qui s'en prennent au personnel de l'éducation nationale, à leurs enseignants, dévoués pour eux, ça appelle encore une question fondamentale qui est celle de la sphère familiale. Et
le
projet de loi sur Casseur-Payeur a concrètement les premières mesures ? Ce sera quand ? Si vous dites qu'elle arrive là au Sénat ?
Ce
sera dès
l'année prochaine, 2027
? Il y aura une première lecture au Sénat. L'objectif, c'est bien sûr d'aboutir le plus rapidement possible. On en parlera peut-être tout à l'heure, mais vous savez qu'on a par
ailleurs un budget à mettre
en place.
Encore un mot du syndicat de la magistrature qui dénonce une réponse gouvernementale, je cite,
«
brutale » et demande de cesser de réprimer la jeunesse pour la faire taire. Il dit que ces usages manifestement disproportionnés de la force publique touchent d'abord et avant tout les jeunes racisés issus du quartier populaire. Ça fait sortir Laurent Nouniez de ses gonds qui dit qu'évidemment, il déplore des accusations graves et sans fondement d'intervention. Et c'est tout ? On ne
va
pas aller plus loin ? Est-ce que vous demandez la dissolution du syndicat de la magistrature
? Je
crois que d'abord, ce qui est brutal, c'est les images qu'on a vues et c'est les actions, encore une fois, de mouvements délinquants qui ont été proférés la semaine dernière. Je pense que le syndicat de la magistrature sort
complètement
de son rôle en tenant de tels propos et que si je me mets à la place des Françaises et des Français qui nous écoutent ce matin, je comprends qu'ils puissent s'interroger sur le fonctionnement de cette institution. Donc je n'en demande pas parce que ce n
'est
pas mon rôle, la dissolution, je ne
sais
pas quel est le mot que vous avez utilisé, mais c'est profondément
choquant.
Mais les policiers disent
qu'est-ce qu'on sera jugé
indépendamment devant
ces juges d'art ?
Pardonnez
-moi, c'est profondément
choquant, mais on regarde les positions du syndicat de la magistrature depuis quelques années, ce n
'est
pas non plus très étonnant.
Donc on
laisse faire,
on continue
?
Ce n
'est
pas une question de laisser faire ou de ne pas laisser faire. Il ne s'agit pas, le rôle de la porte-parole du gouvernement n'est pas de demander la dissolution d'un syndicat. C'est de rappeler quel est l'état du droit et la manière dont il doit être appliqué. Je vous renvoie par ailleurs à la directive qu'a donnée le garde des Sceaux, Gérald Darmanin, dès la semaine dernière, à l'ensemble de la chaîne judiciaire et demandant une fermeté toute particulière. Voilà, et donc pour nous, c'est ça qui compte.
Il y a aussi ces forces de l'ordre qui sont malmenées, on l
'a
dit à plusieurs reprises depuis le début de cette intervention. Est-ce qu'on doit instaurer une présomption de légitime défense au bénéfice des forces de l'ordre
? Je
crois d'abord que les forces de l'ordre et l'immense majorité des policiers et des gendarmes font un travail absolument remarquable et absolument extraordinaire et les attaques au sens des accusations dont ils ont fait l'objet depuis une semaine maintenant, notamment en tout cas concernant les violences aux abords des lycées sont absolument inacceptables. On a vu des centaines et des centaines d'individus s'en prendre encore une fois au personnel de l'État et une minorité, notamment de responsables politiques, pointer du doigt les forces de l'ordre.
Je pense qu'encore une fois c'est de la très basse politique mais je suis convaincue que ça ne reflète pas ce que pensent les Français parce que l'immense majorité des Français sont en soutien des forces de l'ordre, des policiers et des gendarmes.
Maude Bréjon, notre invité sur CNews et sur Europe 1, vous l'avez dit, le budget arrive cette semaine en commission avec un texte qui prévoit un effort de 54 milliards d'euros je crois pour contenir le déficit. En réalité, ce sont surtout les entreprises qui vont faire des économies selon l'Institut Rexécote. 20 milliards d'euros pour les entreprises sur ces 54 milliards d'euros. Où est-ce que l'État se serre la ceinture en fait ? Il
y
a un
partage de l'effort et le gros de l'effort est porté par l'État. Les crédits des ministères hors défense seront gelés. C'est l'effort le plus important qui est demandé dans ce budget. Maintenant, moi je voudrais être clair ce matin, on est dans une situation qui est très difficile. Très difficile, voire catastrophique. Le déficit 2026 sera supérieur à 5%. On a une situation nationale qui est encore une fois extrêmement compliquée, notamment sur le plan politique. On a une situation internationale qu'on fère ce qui se passe au Moyen-Orient, qu'on fère la hausse des taux dont vous parlez sûrement sur vos plateaux qui est inquiétante par certains aspects.
Et donc, il y a urgence plus que jamais si je puis dire à permettre l'adoption d'un budget dans les semaines à venir. Je vous renvoie vers le rapport de l'Inspection Générale des Finances. Ce n
'est
pas un rapport du gouvernement qui explique bien que l'absence de budget, c'est un déficit qui avoisinera les 6% l'année prochaine.
On
est d'accord. Et donc, on rentrera...
La question,
c'est pourquoi c'est les entreprises
qui portent l'essentiel
de l'effort et pas l'État ?
C
'est l'État qui portera l'essentiel de l'effort.
L
'État portera l'essentiel de l'effort par le gel, encore une fois, des crédits de l'ensemble des ministères et toute la question, c'est la manière dont on le répartit. Maintenant, moi, je voudrais être encore une fois claire ce matin. Nous, on propose une copie de départ. On n
'a
pas de majorité au Parlement.
On
propose une copie de départ qui fait contribuer les uns et les autres de la manière la plus équitable possible.
Et
puis ensuite, on discutera. Il va se passer des semaines de débat au Parlement. Et moi, ce que j'espère, c'est que les partis politiques responsables, ceux qui n'ont pas envie en tout cas d'envoyer le pays dans le fossé de la dette et du déficit arriveront à s'accorder pour un budget pour 4 ou 5 mois.
Et vous
vous adressez au Rassemblement national ? Je m'adresse aux 577 députés et à l'ensemble des sénateurs du Parlement parce que ce n'est pas le rôle de l'État et du gouvernement que de trier les élus de la République. Un élu de la République vaut un élu de la République. Et j'espère encore une fois qu'on arrivera à s'accorder pour quelques mois. Ensuite, il y aura une élection présidentielle. Le prochain président ou la prochaine présidente de la République aura toute légitimité pour proposer un budget rectificatif. Mais en attendant, il serait encore une fois irresponsable et dangereux de laisser le pays sans budget alors qu
'on
traverse encore une fois des crises nationales et internationales majeures.
Mme Bréjon, le Rassemblement national va présenter demain matin son contre-budget avec un plan d'économie de 125 milliards sur 5 ans. Marine Le Pen veut inscrire une règle d'or dans la Constitution. Vous dites que c'est une bonne idée ?
Oui, je dis que Mme Le Pen, au dernier budget, elle a voté avec ses troupes 35 milliards d'euros d'impôts supplémentaires pour les Français et les entreprises. Donc, c'est bien de vouloir mettre en place des règles d'or. C'est mieux de ne pas voter des hausses d'impôts et de taxes lorsqu'on est dans l'hémicycle.
Il y a aussi Gabriel Hazel, candidat Renaissance, Édouard Philippe, candidat Horizon, que vous soutenez Bruno Retailleau qui propose une règle d'or. C'est la martingale, c'est devenu la baguette magique,
la règle d'or. je
crois qu'il y a une prise de conscience très forte au sein des différents partis politiques de l'urgence de la situation. C'est peut-être cela, au fond, que ces propositions traduisent. Ensuite, il y a ceux qui ont porté, encore une fois, une rigueur budgétaire et un sérieux budgétaire depuis des années. C'est le cas d'Édouard Philippe. Le budget était revenu et puis il
y a
les troupes du Rassemblement National qui, je le redis, ont voté des dizaines de milliards de hausses d'impôts encore l'année dernière au sein de l'Assemblée Nationale. J'étais présente, je peux en témoigner. Un mot des
carburants parce que ça, on touche pareil. Le pouvoir d'achat et la vie quotidienne des Français, le prix du kérosène flambe. Est-ce que le fait que l'Agence Internationale de l'Énergie indique que près d'un sixième des réserves stratégiques de pétrole des États membres ont été écoulées va permettre de stabiliser, de faire baisser un peu la pression sur les marchés
? Oui, c'est
une initiative très importante du Président de la République et de ses homologues européens notamment en lien avec nos partenaires américains. L'objectif, c
'est
bien sûr de détendre le marché, de produire davantage d'offres, de mettre davantage de volume de matière à disponibilité et donc d'essayer autant que possible de tirer les prix vers le bas. Vous êtes la ministre de l'Énergie. Est-ce qu'il faut continuer les coups de pouce aux Français qui ne s'en sortent pas
? Il
ne faut laisser tomber personne. Et depuis le début de cette crise, on a mis en place des aides pour les entreprises les plus en difficulté. On a mis en place des aides pour les grands rouleurs, pour ces Français qui travaillent. On a reconduit, prolongé cette aide d'ailleurs de 100 euros pour 5,5 millions de Français. Il
y a plus de
gens qui la demandent parce qu'on sait que la dernière fois,
il
y
a
presque la moitié des personnes qui étaient concernées qui ne l'ont pas demandé. Je
pense qu'il y aura davantage de Français, notamment parce que tous ceux qui ont déjà eu droit lors de la première aide seront bénéficiaires automatiquement. Le versement sera automatique. Donc, en tout état de cause, on ne se ferme pas de porte et on ne laisse tomber personne. C'est très difficile pour de nombreux Français et on le sait.
Le Rassemblement National propose de baisser la TVA de 20 à 5,5 sur les carburants. Pareil, est-ce que ce n
'est
pas une idée assez simple et facile à mettre en place pour
aider les
Français ? C'est une idée extrêmement simple. Ça coûte 15 milliards d'euros. 15 milliards d'euros, c'est plus que le budget de la justice. On parlait de l'importance de la justice tout à l'heure. Ça donne une idée encore une fois de la décorrélation entre les grands principes du Rassemblement National qui proposent une règle d'or et la réalité de leurs propositions. Moi, j'aimerais pouvoir d'un coup de baguette magique baisser la TVA de 20% à 5,5. Ça coûte 15 milliards d'euros. Comment est-ce qu
'on
les finance
?
Maude Bréjon, vous n
'avez
pas encore réagi à ce que Mediapart reproche à Jordan Bardella, à savoir des propos antisémites écrits à 17 ans, ce qu'il nie complètement. Marine Le Pen a réaffirmé samedi avoir totalement confiance en lui. Quelle est votre position sur ce dossier ?
Ses propos sont évidemment gravissimes s'ils sont avérés. Évidemment gravissimes.
On
célébrera cette triste commémoration du 7 octobre
cette
semaine. L'antisémitisme est un fléau qui gangrène en partie ce pays qui est en augmentation ces
dernières années.
et
donc
je pense encore une fois je pense qu'il faut faire preuve d'une absolue intransigeance sur cette question. Je note qu'il nie ses propos. Je note aussi que Mediapart a publié un dossier qui apparaît comme sérieux. Moi ce que je peux dire de là où je suis c'est que si ses propos sont avérés ils sont évidemment gravissimes. Donc vous lui demandez de clarifier sa position de s'exprimer à nouveau là-dessus ? Non je ne demande rien à Jordan Bardella. Je ne demande rien au Rassemblement National.
Par ailleurs le Rassemblement National a en son sein et a eu en son sein des membres qui ont colporté de graves dérives antisémites par le passé mais encore récemment je vous renvoie aux dernières élections législatives où on a pu voir fleurir ici ou là un certain nombre de profils de candidats ayant tenu des propos ou ayant publié des photos sur les réseaux sociaux
profondément
choquantes. Donc quand j'entends
Vous pensez vraiment que le
Rassemblement National est l'équivalent du Front National ? Maude
Bréjean
vous ne pensez pas que le parti a changé ? Le parti a peut-être évolué comme tout parti évolue avec le temps mais entendre aujourd'hui le Rassemblement National dire qu'il est le meilleur bouclier pour la communauté juive me paraît une immense hérésie.
Vous pensez que la communauté juive n'a
pas
plus peur de la
LFI que du RN ? D'abord je n'ai pas parlé à la place des uns et des autres et ce n'est pas la question ici ce que je dis tout simplement c'est que le Rassemblement National n'est en rien un bouclier pour les Français de confession juive et notamment au regard de leur histoire.
Une dernière question elle est un peu politique on parle de 2027 Gabriel Attal propose de former une grande coalition de la droite jusqu'à la gauche sociale-démocrate qui aille des électeurs de Raphaël Guzman jusqu'à ceux de la droite républicaine. Vous
êtes favorable ? Vous dites banco ? Je pense que le rassemblement que je prône vous le savez n'exclut pas la cohérence et que la cohérence c'est le rassemblement de la droite et du centre c'est dans cet espace qu'on gouverne notamment depuis la dissolution maintenant vous savez que
j
'ai été moi-même collègue au gouvernement de Bruno Rotaillot par exemple et donc je pense qu'encore une fois c'est ce grand rassemblement-là de la droite du centre avec les républicains qui doit permettre de proposer un projet solide et crédible pour le pays. Derrière Edouard Philippe évidemment
pas
derrière Gabriel Attal C
'est évidemment le candidat que je soutiens je pense que d'abord c'est celui qui est le plus à même de rassembler parce qu'il vient de la droite parce qu'il est maire d'une ville populaire parce qu'il a montré qu'il savait mettre en pratique ce rassemblement aussi lorsqu'il était premier ministre et parce qu'aujourd'hui indéniablement indéniablement il est le mieux placé pour éviter l'accès au second tour de Jean-Luc Mélenchon
C
'est le principal danger pour vous l'accès au second tour de Jean-Luc Mélenchon En tout cas c'est un
danger majeur qu'aucun français ne néglige Merci beaucoup Maude Brejon d'être venu ce matin sur CNews et sur Europe Bonne journée à vous sur nos antennes Merci Maude Brejon Merci Laurence Ferrari Dans un instant sur Europe 1 vos signatures du lundi on va retrouver Philippe Vall et votre club culture A tout de suite C'est parti
Maud Bregeon