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Conférence de presseFrançois-Xavier Bellamy· 27 janvier 2022 4 minActualité / polémiqueÉconomie & entreprisesEurope & international

Énergie : la crise s’aggravera encore si nous ne sommes pas capables de produire notre électricité.

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 40 %Attaque 40 %Défensif 20 %

Affirmations vérifiables (citations exactes)

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    « l'explosion des prix de l'énergie partout aujourd'hui dans les pays européens »
  • 0:00François-Xavier BellamyFait
    « il n'y a pas d'industrie qui puisse se développer avec l'énergie qui coûte cher »
  • 0:00François-Xavier BellamyFait
    « la taxonomie européenne sur les énergies va structurer la production énergétique européenne pour les décennies à venir »
  • 0:00François-Xavier BellamyFait
    « le centre de recherche de la Commission européenne lui-même a considéré que l'énergie nucléaire devait pouvoir faire partie de la taxonomie »

Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

Merci Monsieur le Président, Mesdames les Ministres, C'est une joie de pouvoir échanger avec vous ce matin. Notre conversation s'inscrit dans un contexte que vous avez évoqué à la fin de votre intervention, et qui est, je pense, à l'esprit de tous : l'explosion des prix de l'énergie partout aujourd'hui dans les pays européens. Explosion du prix de l'énergie qui, évidemment, révèle une fragilité très grande sur le plan social, parce que ce sont des ménages, des familles, qui sont touchées partout.

Aussi sur le plan industriel : il n'y a pas d'industrie qui puisse se développer avec l'énergie qui coûte cher, en particulier une électricité, dans un contexte où l'augmentation des besoins électriques va être forte dans le travail de décarbonation qui nous attend. Et puis, bien sûr, cette crise de l'énergie révèle aussi nos dépendances stratégiques dans un moment géopolitique infiniment complexe. Nous voyons bien à quel point nous sommes devenus aujourd'hui, disons le, dépendants de la Russie, qui elle, pour le coup, ne dépend plus de nous puisque, grâce aux exportations qu'elle effectue sur le marché chinois, elle peut jouer de cette fragilité que nous avons nous mêmes créée d'une certaine manière dans ce contexte là, il me semble que nous avons la nécessité - non pas seulement de repenser les règles de marché - mais de travailler à la question de la production.

Et un mot n'a pas été prononcé ici, je m'en étonne, c'est le mot de taxonomie. Ce terme, nous l'avons tous à l'esprit. La taxonomie européenne sur les énergies va structurer la production énergétique européenne pour les décennies à venir.

Et chacun ici sait que nous sommes au cœur, n'ayons pas peur de le dire, d'un dialogue extrêmement compliqué sur la question de cette taxonomie et de son extension. Madame la Ministre, la question que je voudrais vous poser est très simple : comment concevez-vous le travail qui va devoir être mené dans les semaines qui viennent sur ce sujet de la taxonomie ? Bien sûr, un deuxième acte délégué est sur la table aujourd'hui, mais nous savons très bien que nous sommes en réalité au début d'une discussion et non pas à la fin de notre débat sur ce sujet.

Et notamment sur la question de l'inclusion du gaz et du nucléaire dans la taxonomie. Nous avons besoin d'électricité, nous avons besoin d'une électricité décarbonée. Le centre de recherche de la Commission européenne lui-même à considéré que l'énergie nucléaire devait pouvoir faire partie de la taxonomie.

Et aujourd'hui, nous sommes devant une ambiguïté immense...

Qui devons nous croire de la part de la présidence française ? Est-ce la ministre Pompili qui dit qu'on peut se passer du nucléaire ? Est-ce la Ministre Pompili qui dit que le nucléaire n'est pas une énergie verte ?

Ou bien est-ce Emmanuel Macron qui dit que le nucléaire est une chance historique ? Pour ma part, je crois, notre délégation croit, notre groupe affirme, que nous devons faire avec toutes les sources d'électricité qui nous permettront de garantir à nos concitoyens, pour les décennies à venir, que nous éviterons les ruptures d'approvisionnement, que nous reconstruirons notre autonomie stratégique, que nous pourrons fournir une électricité à prix maîtrisés, et finalement que nous pourrons assumer - c'est le plus important - ce travail de décarbonation qui nous attend. Deuxième question, et j'en terminerai par là : comment penser l'évolution des règles de la concurrence dans ce contexte-là ?

Nous sommes évidemment victimes d'une politique de la concurrence qui pendant trop longtemps a créé, de manière artificielle, une compétition sur le secteur de l'énergie, sans répondre à la question fondamentale de la production. Bien sûr, les règles de marché doivent évoluer, mais c'est la production qui compte le plus. Et ces règles de marché aujourd'hui, nous le voyons, elles sont au fond arrivées à un point d'absurdité.

Votre gouvernement, en France, a utilisé le levier de l'ARENH pour pouvoir, en pesant sur l'acteur historique EDF, tenter de lutter contre la hausse des prix au détriment de nos capacités d'investissement pour l'avenir. Ce n'est qu'une concurrence fausse qui consiste à obliger un producteur à acheter de l'électricité à plus de 200 euros /MWh pour le revendre ensuite à 46,20€. Concurrence artificielle qui en réalité s'apparente à une forme de prédation.

Comment allons-nous faire en sorte de redonner à nos producteurs des capacités d'investissement, et comment allons-nous pour cela reprendre les règles de marché - et c'est, je crois aussi, une question fondamentale que nous aurons besoin de traiter au cours des semaines qui viennent. Merci beaucoup.