Révise le discours de la servitude volontaire avec AuFutur
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Je donne un clap pour Étienne de Laboessie et le discours de la servitude volontaire. Bonjour à tous, je m'appelle Agath Medzadriged et je suis professeur de français. Pour vous accompagner dans vos révisions du bac, nous allons explorer le discours de la servitude volontaire. Quand je vais citer l'œuvre, tous les repérages proviendront de l'édition du livre scolaire et le texte de la Boie a été adapté par Arnaud Verest, important parce qu'il peut y avoir des petits changements par rapport à d'autres éditions dont j'indiquerai les pages. Rédigé vers 1547 par un Étienne de la Boessie, encore étudiant, ce texte est un cri de stupéfaction
[musique]
face à un mystère politique. Comment des millions d'hommes peuvent-ils se soumettre à un seul maître qui n'a de puissance que leur seul consentement ? C'est évidemment alors pour Étienne de la Boessie à la Renaissance une idée politique mais qui peut raisonner aujourd'hui très fort sur un plan personnel ou un plan intime. De façon anachronique, pour comprendre ce texte, on pourrait se demander comment tombe-t-on sous-prise. Pour ce qui est de la question véritablement politique qu'Étienne de laabéie pose à la Renaissance, il écrit ses pages 26 de nation endure quelquefois un tyran qui est seul, qui n'a d'autre puissance que celle qu'il lui donne.
La question véritablement audacieuse, c'est comment avec une sorte d'impuissance une seule personne peut-elle conquérir une puissance totale jusqu'à contraindre les autres ? C'est la raison pour laquelle les séries générales comme les séries technologiques ont un parcours associé qui s'intitule défendre et entretenir la liberté. C'est bon, tout est réglé, on peut y aller maintenant. En premier point, nous allons découvrir la poétique singulière du discours de la servitude volontaire de la Boie. On pourrait dire que ce discours écrit par un jeune homme que certains appellent le rimbau de la pensée oscile entre la rigueur du discours humaniste et la fougue du penflet.
penflet, c'est un discours brûlant à charge. Donc le discours porte la double marque de la jeunesse de son auteur. D'un côté, c'est le discours écrit par un étudiant qui a reçu une éducation humaniste. Alors cette éducation humaniste, vous en avez peut-être déjà entendu parler. Si vous avez étudié par exemple Gargantua de Rabel avec l'éducation de Gargantua qui suit les préceptes de Juvenal, un esprit saint dans un corps saint mens sana incorporéano. Vous avez peut-être également entendu de parler de cette éducation humaniste si vous avez lu le fameux sonnet 32 de Joakim Dubelet. Je me ferai savant en la philosophie, en la mathématique et médecine aussi.
Donc cette éducation humaniste, elle a été donnée à Étienne de la Boessie et on la retrouve dans la rigueur du discours. Alors comment est-ce qu'on la retrouve en fait ? Tout simplement parce que le discours va suivre des étapes de la rhthorique antique, hein, qui est encore transmise à l'air humaniste où un discours doit procéder par tout d'abord l'exord, vous diriez-vous l'introduction, puis la narration, la présentation des faits, puis des questions et enfin la péroraison, vous diriez-vous la conclusion. Le discours est très structuré de ce point de vue-là et Étienne de la Boessie lance des questions et apporte des réponses de façon extrêmement structurée.
C'est l'aspect rigueur humaniste du discours d'un jeune étudiant. De l'autre côté, la fougue panfletaire est là également et parfois le ton est brûlant, pressant. On a du discours direct, des questions oratoires. Par exemple, lorsqu'il s'exclame, page 28. Mais grand Dieu, qu'est-ce que cela ? Comment l'appellerons-nous ? Quel est ce malheur, ce vis ou plutôt ce malheureux vis ? Les questions oratoires ici viennent donner de la fougue au propos le rendre véritablement brûlant.
Revenons à présent sur la biographie d'Étienne de la Boie, ce jeune prodige surnommé le rimbau de la pensée par Pierre Clastre, un anthropologue du 20e siècle qui est présent dans l'édition Paillot du discours de la servitude volontaire. Étienne de la Boessie est née à Sarla en 1530. Sa maison est fameuse, elle se visite, c'est dans le périgor. Et comme je le disais précédemment, la Boessie est le pur produit de l'éducation humaniste par excellence que l'on peut retrouver chez d'autres auteurs de l'époque. Par ailleurs, Étienne de laabessie est orphelin. Il est instruit par un oncle ecclésiastique [musique] mais aussi par deux grands maîtres. Notamment à l'université de droit d'Orléans.
Il rencontre le protestant Anne Dubourg qui a pu le sensibiliser à cette question de la liberté. Il commençait à s'insurger contre les persécutions qui commençaient, même si l'affaire des placards n'a pas encore eu lieu. En tout cas, la précocité du génie de la Boie est frappante puisqu'il écrit ce discours aux alentours de 17 ans, raison pour laquelle Pierre Clastre a pu parler du Rimbau de la pensée. Il est très fort. Enfin, bien évidemment, ce que l'on n'oublie jamais au sujet de la Boie, notamment parce que c'est présent dans une chanson de George Brassin Les copains d'abord, c'est l'amitié légendaire qu'il avait avec Montagne.
[musique] C'était pas des amis choisis par Montaigne et la Boie sur le ventre, il se tapaiit fort, les copains d'abord. Et c'est au sujet de la Boessie que Montigne prononce cette phrase fameuse dans les essais parce que c'était lui, parce que c'était moi. Il faut à présent analyser les thèmes majeurs de l'œuvre en intégrant les nombreux exemples historiques, littéraires et contemporains qui émaillent tout le texte. La densité des exemples est vraiment très impressionnante et réclame beaucoup d'éruditions de la part du lecteur de la Boie.
La Boie développe une pensée, on ne dira pas révolutionnaire parce qu'il n'appelle pas non plus aux armes, mais tout de même audacieuse et profondément novatrice autour de trois piliers sur cette question de la liberté qu'il s'agit de préserver, d'entretenir et de défendre. Premier pilier pour la Boessie, c'est la dénaturation de la liberté par l'habitude. Deuxième pilier, ce sont les stratagèmes du tyran pour justement ne pas permettre la conquête de cette liberté. 3e pilier dans le système de pensée de la de la Boie, c'est la pyramide des pouvoirs et comment s'organisent les différents modèles politiques.
Alors, commençons par le premier pilier de la pensée de la Boessésie dans le discours de la servitude volontaire, la dénaturation de la liberté par l'habitude. La Boessie affirme que la nature de l'homme serait d'être libre mais qu'il a perdu ce désir naturel. Alors, cette question d'un état perdu, d'une perversion sociale, on la retrouvera bien plus tard, traité différemment par Rousseau au 18e siècle. Mais on voit là des germes qui ont pu influencer le philosophe des lumières.
La Boie écrit page 36 ne fait, je crois aucun doute que si nous vivions selon les droits que la nature nous a donné et selon les enseignements qu'elle nous apprend, nous serions naturellement obéissants à nos parents, sujet de la raison et sert de personne. Ser, vous savez bien que c'est le mot de la société féodale, hein, qui désigne une forme de soumission, d'esclavage. Donc, nous serions naturellement esclaves de personnes. Nous n'obéirons qu'à deux entités, la famille et la raison. He on est bien avant le siècle des lumières. Or la Boessie, ce jeune homme de la Renaissance parle déjà du gouvernement de la raison. Page 38, il poursuit.
Ce n'est en aucun cas naturel que de perdre notre liberté. Nul ne peut concevoir que la nature est mis quelqu'un en situation de servitude puisqu'elle nous a tous mis en situation d'égale compagnie. Donc l'égalité naturelle qu'on va trouver
[musique]
euh dans le roussoauisme et même dans la déclaration des droits de l'homme et du citoyen qui est toujours dans notre constitution française est déjà ici dans le discours de la servitude volontaire de la boissie. Donc nous aurions une liberté naturelle mais par habitude nous aurions perdu le désir de cette liberté naturelle. Alors pour se faire comme je le disais la Boessie utilise beaucoup d'exemples, beaucoup d'images. Il a deux exemples du règne animal. Tout d'abord, l'exemple des chiens de Likurgue qui peut être un exemple que vous pouvez mobiliser en dissertation ou que vous aurez peut-être en explication linéaire à l'oral. [musique] Alors, qui est Likurg ?
C'est un législateur mythique de Spart qui a été très célèbre pour l'austérité qu'il donna à la cité. On dit encore de quelque chose parfois qu'elle est spartiate quand elle est très rigoureuse, très sévère. Et donc Likurg aurait donné à consommer à deux chiens de nourriture différentes. La Boessie le raconte page 45 de l'édition du livre scolaire. Licure goré élevé deux chiens, l'un pour la chasse, l'autre pour la cuisine. Mis face à un lièvre, celui de la cuisine préfère son plat habituel. La leçon est très [grognement] claire. L'accoutumance, l'habitude, est une seconde nature qui chasse l'instinct premier.
Et la Boessie poursuit le parallèle avec ce que faisait Likurg, le législateur de Spart. Lui-même avec ses lois et sa police, nourrit et conditionna si bien les lacés démoniens que chacun d'eux eut plus à cœur de mourir de 1000 morts que de reconnaître un autre seigneur que la loi est la raison. Autrement dit, si l'on donne à consommer certaines lois, on s'y habitue et non, on n'en veut pas d'autres. 2e point, pour prouver cette forme d'habitude qui vient prendre la place de ce que la nature nous donne, la Boessie va utiliser des exemples animaliers euh plus exotiques venus d'autres pays et euh il va appeler les animaux à la barre. Il va dire voilà ce qu'il dirait s'il montait en chair.
C H A I R E c'est-à-dire si on leur donnait la parole. Et il va produire un discours direct qu'il va pouvoir donner à des éléphants, à un cheval. Voilà ce que dit la bois. C'est page 39. Les bêtes, Dieu me viennent en aide, crie aux hommes, si ceux-ci ne font trop les sours, vive la liberté. Il y a là euh un véritable ton très audacieux où tout va être inversé. Les animaux vont prendre la parole pour réclamer une liberté que les hommes eux-mêmes ne réclament pas. Et tout l'extrait est extrêmement intéressant parce qu'il repose sur une inversion totale. Comment se fait-il que les hommes acceptent un servage que les bêtes elles-mêmes n'accepteraient pas ? Mais regardez-moi ça, c'est pitoyable.
Non. Pour se faire, il développe l'exemple en montrant que l'éléphant va se défendre avec. Alors, il dit ses dents, mais bien sûr, nous on dirait ses défenses, et essayer de présenter ses défenses comme une rançon pour conquérir sa liberté. Il prend également l'exemple du cheval qui mort le frein tant et si bien qu'il démontre à son cavalier qu'il refuse lui aussi la contrainte. Deuxième pilier, les stratagèmes du tyran pour maintenir son autorité.
Pour endormir la vigilance du peuple, le tyran utilise des divertissements, notion qui sera développée au siècle suivant par Pascal dans un autre système, mais qui est toujours quand même l'idée avec le divertissement, hein, de nous amener ailleurs, de nous faire sortir de notre route. Ici, il s'agit de nous faire sortir de la liberté. Alors, un des exemples très intéressants, c'est celui de Cyrus et des Lydiens. Alors, Cyrus, c'est celui qui a conquis la Lidie et qui l'a prise au roi Crésus. Labo l'évoque page 56 de l'édition du livre scolaire.
Pour neutraliser une révolte, Sirus ne choisit pas la force mais il crée des bordels, des tavernes et des jeux publics rendant leur fréquentation obligatoire pour dilaboessie [musique] abtir le peuple. Autre exemple de pages plus loin, page 58, c'est ce qu'on peut appeler l'hévergétisme romain. Alors qu'est-ce que c'est que l'hébergétisme ? C'est la bienfaisance d'un puissant qui en [musique] fait acte de bienfaisance pour servir ses propres intérêts. Les empereurs romains Tiber et Néron sont pris comme exemple empereur très célèbre justement pour leur cruauté. Les empereurs Néron et Tibert offraient des banquets et des cesters nous dit la Boessie.
Il dénonce alors la bêtise de ces hommes lourdaux dit-il hein, c'est le terme qu'il emploie qui crie [musique] "Vive le roi" en recevant ce qui leur appartenait. déjà et qui a été en fait volé par les puissants. 3è pilier de cet appel à la liberté, la pyramide du pouvoir et ses modèles politiques. [musique] On a vu que le tyran ne tient pas forcément par la force militaire mais euh en faisant des cadeaux, des dons, des jeux, des divertissements. Mais il tient aussi, nous dit Étienne de la Boessie, par une chaîne de complice, ce qu'il va appeler les tyrannos. Les tyrannos désignent un petit groupe de 5 à six personnes, cin ou six conseillers qui en dominent d'autres à leur tour.
Alors, qu'est-ce qui fait que ce système de tyrannie se perpétu ? Et parce que chacun a un pouvoir sur un autre. Cela crée un système où chacun accepte d'être opprimé pour reprimer à son tour par cupidité. Ah ouais quand même. N'oublions pas toutefois qu'à la page 37, il y a une citation [musique] très importante sur laquelle on reviendra à la fin de la vidéo qui rappelle qu'en fait tout ce système tient sur une base puisque tout en bas de la pyramide, il y a un peuple opprimé qui n'est tirant de personne. Et si ce peuple-là se soulève et bien cela risque de défaire toute la pyramide précédente. C'est un exemple de la Boessie page 37 qu'on retrouve bien plus tard chez Victor Hugo.
J'y reviendrai. Et pour finir sur ce troisème pilier ou thème de la Boessie, la pyramide du pouvoir qu'il oppose finalement une République idéale, celle qui est héritée de Platon. Platon est en référence tout au long du texte et qu'il voit à Venise, il l'oppose à d'autres tyranniees comme celle du sultana. Venise est évoqué page 44. Qui verrait les Vénitiens cette poignée de gens vivant si librement que le plus méchant d'entre eux ne voudrait pas être le roi de tous, inciné et élevé de sorte qu'ils ne reconnaissent point d'autres ambitions que celle d'être celui qui sera de meilleurs conseils et veillera plus soigneusement à entretenir la [musique] liberté. Le mot est lancé.
Il existe des lieux politiques où l'on entretient la liberté comme le dit votre intitulé de parcours et c'est notamment dans la République de Venise. À cette République de Venise, la Boessie donc oppose un type de tyrannie qu'il voit dans le sultana turc. C'est un cas type de tyrannie qui bannit les livres. La notion est importante puisque la Boie écrit [musique] un livre pour mieux soumettre son peuple. Il montre comment on soumet beaucoup mieux des ignorants que des gens instruits. C'est donc aussi un appel à l'érudition humaniste et à la culture. Cela apparaît page [musique] 50.
Le grand turc a bien compris que les livres et la pensée donnent plus que toute autre chose aux hommes le [musique] sens et l'entendement propice à se reconnaître et la tyrannie. Je veux dire qu'il a sur ses terres peu de [musique] gens savants et n'en demande pas. Donc bien sûr, c'est aussi un appel au savoir, à la culture, à l'érudition humaniste qui est une lutte, qui est un outil pour défendre et entretenir la liberté. Paniquez pas en regard en voyant toutes ces références, mais voyez plutôt que toutes vos éditions sont accompagnées de notes, de dossiers et que c'est une formidable occasion pour vous aussi vous cultiver.
Finalement, c'est une invitation que vous fait la Boessie à être beaucoup plus cultivée après la lecture de ce texte qui somme toutes reste relativement court. Pour vos explications linéaires, vous aurez celle que votre professeur vous a donné bien sûr, mais il y a aussi peut-être quelques extraits clés que vous pouvez réviser si par exemple vous décidez de choisir la dissertation. Page 34, tout d'abord, c'est l'apostrophe au peuple qui semble quand même un texte incontournable à lire. Pauvres et misérables peuples insensés, nations obstinées dans votre mal et aveugle en votre bien, vous vous laissez ravir sous vos yeux le plus beau et le plus clair de votre revenu.
Il y a donc un appel au peuple qui est profondément audacieux, fougueux. Non seulement la modalité exclamative bien sûr hein, mais les qualificatifs, pauvres, misérables viennent rendre urgente [grognement] la question de la liberté à défendre et entretenir. Il s'agit là même peut-être de piquer l'intérêt du lecteur en le vexant un petit peu. Pauvre et misérable peuple, l'orgueil est piqué [musique] et la réaction devrait être immédiate. La Boessie donc veut faire réaliser au peuple qu'ils sont les artisans de leur propre ruine lorsqu'il donnent le pouvoir au tyran. raison pour laquelle le titre est le discours de la servitude volontaire.
Ils remettent volontairement leur liberté en servitude. Il y a également dans cette poétique qui repose sur ce paradoxe incompréhensible de renoncer ainsi à sa liberté. Non seulement un appel audacie au peuple, on vient de le voir, mais le deuxième texte en blblématique, c'est le portrait du tyran avec des termes qu'on emploierait plus aujourd'hui. C'est un hommelet. Qu'est-ce que c'est ça ? C'est un petit homme, un homme affaibli, un homme avec quelque chose en moins. Et ce texte se trouve page 28. Donc cet individu n'est ni un Hercule ni en Sanson, mais seulement un hommelet le plus souvent le plus lâche et efféminé de la nation.
inhabitué à la poudre des batailles mais uniquement et encore péniblement au sable des tournois, inapte à commander aux hommes avec force et même incapable de servir médiocrement la moindre femme alors pour nous qui sommes lecteurs en 2026, on a l'impression que c'est un peu misogyne cette histoire de dire que que c'est une critique du tyran que d'être efféminé. Ce serait évidemment une analyse un petit peu anachronique. Et le défaut d'être efféminé, on le trouve dans le banquet de Platon Fedre dit d'orfer le poète qu'il était féminé. Donc c'est évidemment un clificatif qu'on utiliserait plus.
Ici, ce qu'il faut retenir bien sûr, c'est que ce tyran est en fait bien fragile, qu'il n'a aucune compétence et cela invite de façon anachronique à réfléchir pour vous pour voir pourquoi ce texte est encore brûlant d'actualité, comment parfois vous pouvez peut-être [musique] intimement, personnellement, professionnellement plus tard vous soumettre au pourvoir de quelqu'un qui en fait n'a pas grande compétence mais qui a trouvé le moyen de déclencher votre servitude volontaire, c'est-à-dire d'accepter l'emprise.
Ça c'est pour vraiment que vous réfléchissiez au texte avec sa brûlante actualité encore même si ça n'est pas le propos de la BOI qui n'écrit pas pour votre environnement personnel ou intime mais pour les systèmes politiques. Donc ce tyran n'a aucune puissance virile he virile l'homme en latin contrairement à Hercule ou à Sanson dans la Bible. Et par la même Étienne de laaboie soulligne l'absurdité de lui obéir. Le tyran Namemê nous dit-il que deux yeux, que deux mains et qu'un corps, hein. Ce n'est pas le monstre de l'idre de l'Herne que Hercule a pu tuer et qui avait de nombreuses têtes. Sa force vient uniquement de ce que le peuple lui prête de cette servitude volontaire.
Face à cette servitude volontaire, le ton n'est pas tout à fait désespéré puisque Étienne de la Boie donne aussi des modèles de résistance héroïque. Il cite par exemple Léonidas et les Sparciat au Thermopil, c'est page 30 qui préfèrent mourir pour la liberté. Page 53, il cite le médecin Hippocrate refusant de soigner le roi de Perse Arttagerxè malgré ses richesse. La solution pour parler comme un philosophe américain blin plus tardif, c'est la désobéissance civile. Et l'on en arrive donc à cette citation si célèbre qu'elle a été mise en exergue du discours de la servitude volontaire. C'est page 37. Soyez résolu de ne plus servir et vous voilà libre.
pense que cette citation, il faut la retenir de toute manière, quels que soient les textes que vous avez étudié avec votre professeur. La Boessie utilise l'image du colosse. C'est une image biblique. Si on retire la base, donc le soutien du peuple, il s'effondre sous son propre poids. Et comme je vous le disais, c'est une image tellement audacieuse et ingénieuse de rappeler qu'en fait tous les systèmes politiques sont formés comme une pyramide où si l'on enlève la base le peuple, le fait le sommet est bien faible. Et bien cette image est si audacieuse qu'elle sera reprise dans de nombreux textes.
Et par exemple, il y a une tirade très célèbre dans Ruis Blas de Victor Hugo où un jeune valet dit au ministre espagnol exactement la même chose. Il est à peu près certain que Victor Hugo a puisé son inspiration dans le discours de la servitude volontaire de la Boessie. Donc défendre et entretenir la liberté pour la Boessie, c'est d'abord refuser l'habitude qui nous enchaîne, mais aussi se cultiver, lire, devenir savant [musique] pour penser par soi-même. C'est finalement très précurseur de ce que Emmanuel Kant et la philosophie des Lumières diront de siècles plus tard.
C'est absolument passionnant et attachez-vous à cette langue qui a l'air loin de nous mais qui [musique] en fait nous parle de nous. Bon travail et bon courage pour vos épreuves.