Nicolas Dupont-Aignan invité de PPDA sur Radio Classique
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 45 %Attaque 40 %Défensif 15 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 94 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:25OuverteRéponse directe
Est-ce que c'est un rassemblement qui pourrait intéresser Debout la France ?
- 1:34FerméeRéponse directe
Les Républicains qui ne soutiennent pas Macron, c'est le parti Les Républicains ?
- 2:21RelanceRéponse partielle
Parce que vous pensez qu'en secret, il négocie un peu avec le Front National ?
- 4:44OuverteRéponse directe
Est-ce que vous estimez que Marine Le Pen, hier, dans son discours, a fait preuve d'ouverture ?
- 5:59RelanceRéponse directe
Est-ce qu'en fait il existe pour le Front National, il n'a pas réussi à dépasser les 33% au deuxième tour, mais il existe évidemment pour Debout la France, il existe aussi pour les Républicains.
- 7:29OuverteRéponse directe
En attendant 2022, en attendant la présidentielle, la prochaine échéance électorale, ce sont les élections européennes.
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:30Invité politiqueFait
« Ce n'est pas parce que j'ai fait un choix à l'élection présidentielle que j'ai renoncé à ma liberté et à mon indépendance. »
- 0:43Invité politiqueChiffre
« on n'a jamais eu autant d'adhérents. »
- 3:12Invité politiqueChiffre
« où il y a eu 1,5 million de Français qui ont été répondre à des questions. »
- 3:44Invité politiqueFait
« Le mirage Macron, un jour, va s'effacer. »
- 3:50Invité politiqueFait
« les zones rurales qui sont abandonnées »
- 3:51Invité politiqueFait
« les chefs de PME qui vont payer plus de taxes cette année »
- 4:26Invité politiqueFait
« Ils voudraient en revanche qu'on ait des solutions. »
- 4:31Invité politiqueFait
« comment on réduit l'immigration »
- 4:33Invité politiqueFait
« comment on réduit l'insécurité »
- 4:35Invité politiqueFait
« Est-ce qu'on va enfin partager les fruits de la croissance et de la richesse nationale »
- 6:14PrésentateurChiffre
« 5% ! »
- 10:18Invité politiqueFait
« Il avait promis un geste de solidarité. »
- 10:22Invité politiqueFait
« Sur les petites retraites. »
- 10:27Invité politiqueFait
« et qui baissent parce que les taxes explosent »
- 10:36Invité politiqueFait
« pour créer de l'emploi réel »
Temps de parole
- Nicolas Dupont-Aignan71 %
- Présentateur21 %
- ?5 %
- Locuteur non identifié3 %
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Radio
Classique,
l
'invité du soir de Patrick Poivre d'Arvore.
Cet
invité est Nicolas Dupont-Aignan, bonsoir. Bonsoir. Président de Debout la France et député de l'Essonne. Alors, vous le savez, parce que vous avez quand même suivi l'actualité, Marine Le Pen a proposé hier à ses militants que le Front National devienne Rassemblement National. Est-ce que c'est un rassemblement qui pourrait intéresser Debout la France
?
Écoutez, Debout la France est un parti
indépendant. Ce n'est pas parce que j'ai fait un choix à l'élection présidentielle que j'ai renoncé à ma liberté et à mon indépendance. Je n'ai cessé de le répéter.
D
'ailleurs, je pense qu'aujourd'hui, les gens ont compris mon choix, puisqu'on n'a jamais eu autant d'adhérents. Et je suis convaincu
que
l'avenir politique va obéir à une nouvelle recomposition. Cette recomposition, elle est très simple. Macron a fait la recomposition des européistes,
des
mondialistes, de droite et de gauche. Mélenchon a réuni des communistes, des écologistes pour une gauche radicale. Moi, je suis convaincu qu'il n'y aura pas une fusion à droite. Et moi, je n'irai pas au Front National.
C
'est clair, net, précis. Je l'ai toujours dit. Mais qu'en revanche, je milite avec les amoureux de la France, ce qu'on a créé pour qu'il y ait des passerelles, une coalition à terme, sur un programme sérieux, j'insiste, entre les Républicains, qui ne soutiennent pas Macron, Debout la France, et le Front National rénové,
qui évoluerait. Les Républicains qui ne soutiennent pas Macron, c'est le parti Les Républicains ? C'est les Républicains, oui. Les Républicains qui
sortent de leurs ambiguïtés. J'étais content d'ailleurs de voir que Thierry Mariani, ancien ministre de Nicolas Sarkozy, pour la première fois, dit que j'ai raison. Mais
il est le seul.
Pour l'instant. Mais les électeurs ne sont pas seuls. Les électeurs pensent beaucoup comme nous. Et je voudrais vous faire remarquer qu'il y
a
une élection partielle en Haute-Garonne, là. C'est un face-à-face socialiste en marche. En Guyane, c'était un face-à-face, la France insoumise en marche. Si Marine Le Pen croit
qu
'en changeant de nom, elle va pouvoir gagner toute seule un jour, elle se trompe. Si Laurent Wauquiez croit qu'en ayant un discours en secret, différent d'une pratique politique, il va gagner tout seul, il se trompe.
Parce que vous
pensez qu
'en secret, il négocie un peu avec
le Front National ? Non, pas du tout. Oh non,
il a un discours comme le Front National, parfois plus à droite, et en même temps, il gouverne avec le Modem, l'UDI, qui, à l'élection partielle de ce week-end, a soutenu le En Marche. Donc, il y
a
un moment, je pense qu'en démocratie, il faut de la clarté. Et je suis convaincu que, si à droite, il n'y a pas un réflexe d'unité, de réflexion, de sérieux,
si
on est toujours dans la polémique, dans les petites histoires, eh bien, on disparaîtra de la carte politique, et les millions d'électeurs
qui
aspirent à des valeurs, qui veulent qu'on redresse le pays, qui ne sont pas d'accord avec la politique du président de la République, eh bien, seront orphelins. Donc,
moi, je
milite pour une grande alliance, pour un travail en commun, mais pas entre appareils, sur un projet. C'est le sens de la plateforme lesamoureuxdelafrance.fr, qu'on a lancée, où il y a eu 1,5 million de Français qui ont été répondre à des questions. Moi, je veux travailler sur le fond. C
'est dur
dans la vie médiatique.
Mais à
droite, vous n'êtes pas le plus fort pour pouvoir organiser ou imposer
les conditions.
Mais je ne pose pas de conditions, je travaille. En revanche, j'ai remarqué qu'Emmanuel Macron, en 2013, un an après l'élection de François Hollande, personne n'imaginait qu'il serait un jour président de la République. La politique, ce n
'est
pas au poids. Ce n'est pas des navets, des carottes et des pommes de terre qu'on pèse. C'est une dynamique. C'est un état d'esprit. Moi, je considère que le mirage Macron,
un
jour, va s'effacer.
Les
Français, les retraités qui sont massacrés, les zones rurales qui sont abandonnées, les chefs de PME qui vont payer plus de taxes cette année, vont comprendre un jour que Macron est le roi de la communication, qu'il a du talent, pour quoi le venir. Mais que ça ne change pas sur le fond des choses. Et je pense que les Français déçus vont attendre de nous un projet politique. Alors, je sais que c'est dur dans le monde médiatique, et je vous remercie de m'inviter. Parce que si vous réfléchissez aux dernières semaines,
il
y
a
eu des milliers d'articles sur la fameuse conférence un peu ratée de Laurent Wauquiez. Là,
il
y a des milliers d'articles sur rassemblement, est-ce que ça change par rapport à Front
?
Non, les Français n
'en
ont rien à faire. Mais rien à faire. Ils voudraient en revanche qu'on
ait
des solutions. Nous vous invitons ce
soir.
Oui, mais ils voudraient qu'on ait des solutions sur comment on traite le chômage, comment on réduit l'immigration, comment on réduit l'insécurité. Est-ce qu'on va enfin partager les fruits de la croissance et de la richesse nationale, ou est-ce que c'est une minorité qui se l'approprie ? Les Français souffrent, et ils
volent de notre part
un peu de
dignité.
Est-ce que vous estimez que Marine Le Pen, hier, dans son discours, a fait preuve d'ouverture ?
Pas
vraiment. J'ai le sentiment que Marine Le Pen continue sur sa lancée. Elle semble vouloir en parole évoluer. Pour l'instant, je ne
vois
pas de changement. Moi, je pense que ça ne viendra pas des têtes des partis. Ça viendra de la base. Ça viendra d'un mouvement populaire. Et c'est pourquoi avec Debout la France, avec les amoureux de la France, avec Jean-Frédéric Poisson, avec d'autres personnalités, et à la fois des Républicains et du Front National ont fait ce travail de terrain.
Et
je
suis sûr qu'il aboutira un jour.
Sur le grand ensemble, éventuellement droite, Front National, on a posé la question tout à l'heure dans les preuves de vérité sur Public Sénat, à Guillaume Pelletier, qui est le numéro 3 du mouvement des Républicains.
Quelle
est la ligne officielle,
claire
et
définitive de Laurent Wauquiez et des Républicains ? Pas d'accord avec le Front National. Pour autant, nous revendiquons, non pas le droit, mais le devoir de nous adresser à tous les électeurs, parce que si nous voulons redevenir majoritaires, nous revendiquons ce devoir de nous adresser aux électeurs de Jean-Luc Mélenchon, de M. Macron de 2017, et de Mme Le Pen.
Parce
qu'on voit bien le problème, donc ça c'était Guillaume Pelletier qu'on a entendu, Nicolas Dupont-Aignan, c'est qu'en fait il y
a
toujours ce fameux plafond de verre.
Bon,
il existe pour le Front National, il n'a pas réussi à dépasser les 33% au deuxième tour, mais il existe évidemment pour Debout la France, il existe aussi pour les Républicains. Et c'est ce que je dis, Laurent Wauquiez
ne gagnera pas seul. Dimanche, là, hier, combien ont fait les Républicains à Haute-Garonne ?
5% ! Ce n
'est
pas une terre qui leur est favorable. 5%
!
Marine Le Pen ne gagnera pas seule. Moi, je ne gagnerai pas seule. Est-ce qu'on a des points communs, ou est-ce que c'est irrémédiable ? On a des points communs, fondamentaux. Quand on regarde les programmes, on dit la même chose. M. Pelletier, d'ailleurs, était jeune Front National, est passé aux Républicains, et il ne pense pas à un mot de ce qu'il peut dire aujourd'hui. Parce qu'il sait très bien que c'était inéluctable. Regardez ce qui s
'est
passé en Italie. Quand il y a une alliance de gens qui pensent quasiment la même chose sur la plupart des sujets, qui veulent travailler ensemble, on gagne.
Ça vous a
réjoui, d'ailleurs, au passage ?
Oui, je m'en réjouis. Le résultat, aussi bien le français italien
que la
Ligue. Mais c
'est une phase de transition. Nos sociétés
ont
des problèmes fondamentaux. Chômage, immigration, perte de repères, perte de valeur.
Il
faut réconcilier les peuples avec la politique.
Moi,
j'ai des convictions. Je veux simplement que ces convictions partagées, on fasse accoucher une nouvelle coalition. Si on ne le fait pas, Emmanuel Macron et Jean-Luc Mélenchon feront la présidentielle du second tour de 2022. Et des dizaines de millions d'électeurs ne seront pas représentés. Tout ça parce que les leaders veulent gagner tout seuls ?
Alors, en attendant
2022, en attendant la présidentielle, la prochaine échéance électorale, ce sont les élections européennes. Dans un an, vous êtes très sollicité par le FN, puisque David Racheline, le maire de Fréjus, voit même en vous une tête de liste. Oh là ! Écoutez,
moi ce qui m'intéresse, ce n
'est
pas d'être sollicité par X ou Y, c'est aux Européennes d'avoir un projet intéressant,
d
'une Europe des nations et des projets
contre
l
'Europe. Vous
n'êtes pas très éloigné du projet de Front National,
du Front National ? Du Parti du Front National
et d'une partie des Républicains. Et je suis convaincu qu'avec un Thierry Mariani, avec d'autres Républicains, Nicolas Duyck, ancien député, qui vient de nous rejoindre, je suis convaincu qu'on pourrait faire quelque chose. Mais moi, je parle d'abord des idées. On travaille sur un projet. Si on a un projet sérieux, capable, on verra ce qu'on fait. C'est trop tôt pour le dire. Encore une fois, si on continue avec ce jeu des petits appareils, les petites soupes sur les petits feux dont parlait De Gaulle, eh bien, il n
'y
aura pas 70% d'abstention comme il y
a
eu l'idime hier. Il y
aura 80%. Ce sont des élections
partielles,
en général. Mais vous savez, les Français n'en peuvent
plus. Et la vraie question aussi, elle est médiatique, et vous le savez bien parce que vous êtes un homme de médias sérieux, la vraie question, c'est comment on réintroduit le débat politique sur les questions de fond dans les médias.
Est
-ce qu'on n'est que dans le zapping, ou est-ce qu'un jour on peut parler clairement ? Et j'espère que sur l'Europe, on aura un vrai débat sur l'Europe. Macron est fédéraliste. Il veut aller plus loin dans cette Union européenne. Moi, je pense qu'il ne
faut
pas sortir de l'Europe, mais qu'il faut en revanche la changer radicalement. Eh bien, ça sera un très beau débat. Et je n'exclus pas d'y faire quelque chose.
Nicolas Dupont-Aignan, l'exécutif, en attendant, multiplie les projets de réformes depuis le début de l'année. Certains parlent d'un rouleau compresseur, d'autres de passage en force, d'autres évoquent le début des années Sarkozy, quand il était président de la République. Vous pensez que ça donne le tournis à la classe politique ou aux Français ? Mais si ces réformes étaient efficaces, je m'en réjouirais. Il y en a quelques-unes qui vous ont satisfaites quand même. Très peu.
Il n'y a
pas eu le code du travail ?
Non, j'ai désapprouvé le code du travail, parce que je pense que d'un côté, il y
a
le code du travail, mais de l'autre côté, il
y a
l'augmentation des charges sur les PME. Ça,
ça
ne se voit pas et on n'en parle pas. Je pense que ces réformes, c'est de l'agitation de communication. Je pense que la fracture sociale, territoriale, n'a jamais été aussi profonde. Et je crois que tout ça est une grande illusion, parce qu'on ne va pas aux fondamentaux. Par ailleurs, sur l'immigration et la sécurité, c'est une bérésina. Et on ne peut pas continuer comme ça. Donc, je crois au contraire que Macron va se fracasser et qu'il pallie
l
'échec annoncé par une agitation de plus en plus vibronnante. Mais derrière, il y a beaucoup de souffrance. Et regardez ce qui s'est passé sur le pouvoir d'achat, sur les retraités notamment. Il avait promis un geste de solidarité. Là,
ce
n
'est
pas un geste de solidarité, c'est un massacre. Sur les petites retraites. La même chose sur les salariés qui croyaient avoir un regain de pouvoir d'achat, et qui baissent parce que les taxes explosent. Donc, je crois qu'on n'y arrivera pas comme ça. Je crois qu'il faut, au contraire, prendre des mesures de baisse de charges sur les PME françaises qui produisent en France que c'est un enjeu majeur pour créer de l'emploi réel.
Nicolas Dupont
-Aignan, merci.
Nicolas Dupont-Aignan