Les pompiers ne veulent plus être les pompiers de service !
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 30 %Attaque 33 %Défensif 37 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 1:59OuverteRéponse directe
Les pompiers volontaires représentent 80% des effectifs. Comment expliquer cette proportion ?
- 2:27OuverteRéponse directe
Vous êtes pompier volontaire depuis 34 ans. Quels sont les problèmes majeurs du volontariat ?
- 6:16OuverteRéponse directe
Romain Pudal, sociologue, vous avez écrit sur les pompiers. Que pensez-vous du système actuel ?
- 6:58OuverteRéponse directe
Y a-t-il une rivalité entre pompiers professionnels et volontaires ?
- 9:00OuverteRéponse directe
Les formations sont-elles identiques pour les volontaires et les professionnels ?
- 10:45OuverteRéponse directe
Recruter des volontaires avec un travail à côté est-il fluide ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 30:00PrésentateurChiffre
« le bilan des feux de forêt de 2026 c'est 4 sapeurs-pompiers morts en service commandé »
- 30:01PrésentateurFait
« 4 gamins que leurs parents ne verront plus »
- 30:07PrésentateurChiffre
« c'est 1000 sapeurs-pompiers blessés ou intoxiqués »
- 30:10PrésentateurChiffre
« c'est 120 000 hectares ravagés »
- 30:12PrésentateurChiffre
« c'est 240 habitations détruites »
- 30:14PrésentateurFait
« c'est ce qu'on appelle la rupture capacitaire »
- 30:24PrésentateurFait
« on a envoyé des canadaires en Bretagne »
- 30:44PrésentateurChiffre
« on a eu 4 morts et 1000 pompiers blessés sur la saison 2026 »
- 31:47AuditeurFait
« une victime transportée par les pompiers à l'hôpital ne sera pas prise en charge plus rapidement au sein des urgences »
- 32:15InvitéFait
« les pompiers français sont parmi les pompiers européens qui ont le plus de missions qui leur sont dévolues »
- 35:54PrésentateurFait
« il faut être à 10 minutes d'une caserne pour pouvoir s'engager »
- 36:50InvitéChiffre
« le temps de présentation du premier camion pompier c'est deux minutes de plus »
Temps de parole
- Présentateur28 %
- Invité18 %
- Invité 217 %
- Présentateur 215 %
- Auditeur10 %
- Invité 34 %
- Présentateur 33 %
- ?3 %
- Invité 42 %
≈ 21,1 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
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Il
y
a ce truc avec les pompiers,
c
'est le genre de profession qu'on aime, on n'a que des choses positives à dire sur les pompiers. Probablement parce qu'on a tous à un moment ou à un autre composé le 18 en panique et vu arriver des gens rassurants. Sans doute aussi parce que quand la France brûle, on les voit lutter avec acharnement contre les flammes. On a passé l'été à être hypnotisé par ces images effrayantes. Les pompiers aiment évidemment qu'on les aime mais trouvent aussi, et nous en parlerons, que ce n
'est
pas en leur donnant du « vous êtes des héros » qu'on va aussi leur donner des moyens en homme, en matériel et les aider à travailler en toute sécurité. Vous saviez-vous que 200 000 d'entre eux sont volontaires ? Ça fait 80% des effectifs pour 44 000 professionnels.
C
'est surtout eux qu'on voit dans les manifs, les professionnels, parce que les volontaires ont par définition un autre travail. Et c'est précisément parce qu'il y a autant de volontaires que les dysfonctionnements parfois sont invisibles. Et c'est ça qu'on va interroger aujourd'hui. Un système peut-être à bout de souffle ou pas, un modèle en tout cas qui a du sens, surtout dans les petites communes, mais peut-il encore tenir ? D'autant que les pompiers, nous en avons tous l'image d'épinal de ceux qui éteignent les feux, mais les incendies, c'est 6% de leur travail seulement.
Les secours, les soins à la personne représentent l'essentiel de leur travail, parfois d'ailleurs pour pallier les déficiences et les manques de moyens d'autres services publics autour d'eux. Des pompiers donc, nous le verrons, qui refusent en quelque sorte de n'être que les pompiers de service. Vous allez nous aider à mieux comprendre parce que vous aussi, peut-être que vous avez été pompier volontaire, peut-être que vous y avez renoncé, parce que justement, c'est trop difficile avec le travail de tous les jours, parce que ça pèse aussi sur la famille. Peut-être que, comme beaucoup, vous avez fait 5 ans et puis terminé, nous parlerons bien sûr aussi avec des pompiers professionnels.
Est-ce que vous savez d'ailleurs faire la différence ? Non ? Eh bien, c'est normal. Même uniforme, même véhicule, même mission, pas même salaire. Est-ce que les uns parlent pour les autres ? Eh bien, on leur demandera. C'est le téléphone sonne. Soyez les bienvenus. Le téléphone sonne. 01-45-24-7000. Le premier, c'est vous, Rémi. Vous êtes le bienvenu.
Bonsoir. Et bonsoir. Merci de prendre mon appel. Donc,
je
suis dans un des plus gros départements de France, le SDI-13, qui représente... Alors,
c
'est peut-être pas le plus gros, mais je pense qu'on n'échappe pas à la norme. Je crois qu'il
y a
80% de SPV. Donc,
de pompier volontaire. Vous, vous êtes pompier volontaire. Voilà.
C'est un acronyme qui va revenir une bonne partie de la soirée. Donc, moi, je suis SPV depuis 34 ans. J'ai un autre métier, effectivement.
Et
je crois que la problématique de conserver les SPV, parce que c'est quand même ça le fond du problème aussi, c'est d'en avoir de plus en plus et d'en conserver, repose sur plein de
petites
problématiques et une grosse problématique qui, à mon sens,
en
tout cas, a préanalyse, une grosse forme d'hypocrisie. Au départ, le support pompier volontaire, effectivement, peut être pris pour un bouche-trou,
c
'est-à-dire qu'il vient remplacer quand il faut. Il a les mêmes formations qu'un sapeur professionnel, sapeur pompier professionnel. Par contre, quand on est sur le terrain, on se rend compte que le SPV est rétrogradé, c'est-à-dire qu'il est regardé un petit peu
du
dessus par le sapeur pompier professionnel, qui, lui, est professionnel, donc par définition compétent, et l'autre est incompétent. Donc, ça, c'est une réalité de terrain et que je vis au quotidien dans la caserne. Néanmoins, je suis toujours passionné, je fais fi du regard de mes collègues, et pour le dire différemment, je m'en contrefous. Donc, j'essaie moi-même d'être compétent. Donc, ça, c'est une première problématique, et il
y
a une forme de maltraitance, du coup, qui s'installe, c'est-à-dire qu
'on
passe un peu pour l'incompétent du jour, mais, encore une fois, on est noyé dans la masse. Effectivement, on a le même uniforme que les pompiers professionnels, les pompiers professionnels et les volontaires. Donc, les gens, quand on vient les ramasser, ils se foutent de savoir
si on est
volontaire ou professionnel. Par contre, au quotidien, c'est un petit peu difficile à vivre. Ensuite, on a une autre problématique, qui est plus une problématique d'État, qui est la réduction du nombre d'heures de garde, c'est-à-dire que, quand j'ai commencé, on n'était pas limité en nombre d'heures, ça posait des problèmes, c'est-à
-dire
qu'on avait des gars qui étaient au chômage, et qui cumulaient 1 500, 2 500 francs ou euros de vacations, qu'ils ne payaient pas d'impôts dessus. Donc, ça, on faisait des chômeurs, finalement, à vie. On les appelait les pro-lontaires, d'ailleurs. Et, bon, c'était un petit peu compliqué. Donc, au fin du temps, on a réduit le nombre de gardes pour les volontaires.
On
est passé à 1 500. Cette année, c'est 1 200. Je crois que l'année prochaine, ce sera 1 800. Et puis, pour arriver jusqu'à 600. C'est-à-dire qu'en
fait,
on est en train de réduire la présence des volontaires
formés
et potentiellement compétents à une présence sporadique.
C
'est-à
-dire
que j'ai vu de la lumière, je viens faire mes 600 heures. 600 heures, ça représente très peu.
Aujourd
'hui, 1 200 heures par an, ça représente 24 heures par semaine. Et moi, petit, ça porte mon fils volontaire, je considère que pour être compétent, il faut être présent. C'est-à-dire que je m'astreins à être 24 heures de garde par semaine en plus de mes autres travails.
Et
si on réduit ce temps de présence, on va être moins compétent.
On
va être plus nombreux, donc plus compliqués à former. Et en fait, on réduit notre force, finalement, et c'est un petit peu ce qui me touche parce que c'est vraiment une vraie problématique. On cherche des gars alors qu'on les a déjà.
On
les a. On pourrait simplement leur faire un plan de carrière même s'ils ne sont qu'aux volontaires. La responsabilisation, ça marche aussi, c'est les volontaires parce qu'ils ont des compétences à apporter en plus. En fait, voilà, on est dans cette espèce de problématique. Après, effectivement, je suis désolé,
je
vais rentrer peut-être sur un terrain un petit peu plus politique. Quand j'entends, j'ai pas son grade, c'est pas très très grave, Brocardi de la Fédération Française parler du volontariat,
c
'est un petit peu comme si je voyais le patron du MEDEF venir parler des salariés. Donc ça,
ça
me pose un vrai souci.
C
'est-à-dire qu'en fait, il faudrait venir voir les gens de terrain et leur poser leurs vraies problématiques. Moi, j'ai aucune personne à qui me confier dans mon département sur quel est ton état d'esprit. Un petit peu comme disant l'entreprise, où on va voir son DRH, on va voir un responsable et on pleurniche un petit peu sur son épaule, où on lui donne nos objectifs et on les remplit tous ensemble.
Il
y a beaucoup de choses dans ce que vous nous dites, Rémi. Merci beaucoup. Vous allez nous donner toute une série de questions et nous faire bien avancer dans ce Téléphone Sun pour en discuter ensemble autour de la table.
Il
y a Romain Pudal, bonsoir. Bonsoir. Vous êtes ancien sapeur-pompier volontaire. Désormais, vous êtes sociologue, directeur de recherche au CNRS. Vous avez écrit notamment « Retour de flammes, les pompiers, des héros fatigués » aux éditions de La Découverte. C'était il
y
a une dizaine d'années. Vous nous direz si vous pourriez réécrire exactement la même chose aujourd'hui. Pauline Born est là également. Bonsoir. Bonsoir. Vous êtes maîtresse de conférences en sciences de l'éducation et de la formation spécialiste de, justement, la formation des pompiers. Il y a eu un épisode de formation dans ce que nous a dit Rémi et nous y viendrons. Romain Pudal, il y a beaucoup de questions qui viennent, là y compris sur le groupe WhatsApp, sur cette différenciation et peut-être cette rivalité ou ce malentendu entre professionnels et volontaires. Ça, ça existe vraiment et c'est peut-être par là qu'il faut commencer ou pas ?
Alors, c'est à la fois une vraie question parce que c'est une confusion statutaire qui a bien été expliquée par Rémi. Même mission, même uniforme, etc. Donc, voilà, notamment parce que je pense que c'est son cas et c'est le cas d'un certain nombre de pompiers volontaires. Il fait des gardes postées, donc en caserne, ce qui veut dire qu'en réalité, il fait une garde comme un professionnel et qu'on va attendre de lui les mêmes performances ou les mêmes compétences, il l
'a
dit beaucoup, qu'un professionnel. Alors, voilà, c'est vrai que cette cohabitation statutaire, dans certains départements, ça se passe bien, dans certaines casernes,
ça
se passe bien, dans d'autres, c'est plus compliqué, c'est ce qu'il décrivait. En même temps, je pense que c'est aussi la tension qu'on peut entendre là ou qu'on peut voir là, c'est quand même entre guillemets un piège, c'est-à-dire que, de toute façon, tout le monde est dans le même bateau, avec les mêmes camions, les mêmes types d'interventions, etc. Et effectivement, les mêmes types de sollicitations. Mais c'est vrai que, compte tenu d'une situation là qu'on voit très tendue sur les recrutements, sur la sollicitation opérationnelle, c'est pas très étonnant que ça ait des répercussions. Moi, c'est ce que je craignais depuis des années, en fait.
C
'est des répercussions sur le groupe. On sait qu'il
y a
quand même une valeur cardinale de ce milieu, de ce métier, c
'est
la cohésion. Mais comment est-ce qu'on fait pour tenir une cohésion quand on a des gens qui n'ont pas les mêmes statuts, les mêmes revenus, etc. Et encore, on ne
parle
que de pompiers volontaires et pros. Mais il faut savoir qu
'il y a
des réservistes,
il y en a
qui ont des doubles statuts,
professionnels et volontaires, etc. Il y a des gens qui sont
professionnels et qui peuvent aussi être volontaires,
ce
qui met quand même un peu la tête à
l'envers. Ce qui crée
vraiment beaucoup de confusion, oui.
Sans compter, puisqu'on est dans ce genre de précision, que Paris et Marseille ont des pompiers qui sont des militaires, qui est encore, effectivement, un autre statut. On va y venir, justement. Peut
-être
que c'est pour ça que le système craque un peu aux entournures, parce que tout ça est très compliqué. Je vais rappeler un chiffre, quand même. Donc, pompiers volontaires, 80% des effectifs.
Ça
fait 200 000 pompiers professionnels, 17%. Donc, ça fait 44 000 personnes. Les militaires, ils sont 5%, parce que c'est 13 000 Paris-Marseille, les marins-pompiers et les pompiers de Paris aussi. Pauline Born, il a parlé de formation. Notre ami Rémi, il dit, en fait, on a la même formation. J'aimerais bien que vous me racontiez ça un peu. Est-ce qu'on a la même formation quand on est pompier volontaire et quand on est pompier professionnel
?
Oui, alors, ce n
'est
pas tout à fait la même formation dans le sens où les compétences à développer sont les mêmes,
les
attendus sont les mêmes, mais ce qui est différent, c'est la durée de la formation.
C
'est-à-dire que pour apprendre la même chose, les pompiers volontaires vont avoir
une
trentaine de jours répartis sur les trois premières années de leur engagement,
alors
que les pompiers professionnels vont avoir environ trois mois dès qu'ils ont été recrutés.
Donc,
on est sur une formation qui est d'une durée beaucoup plus courte pour les volontaires pour finalement, à la fin, exercer les mêmes missions que les professionnels à grade identique.
Est-ce que ça veut dire qu'il y
a
un problème de sécurité là-derrière ou est-ce que ça veut dire que, de fait, il y a des gestes que font les pompiers professionnels que ne font pas les volontaires
?
Alors, ce n
'est
pas ça, puisque les compétences développées doivent être en théorie les mêmes. Ce qui est plus problématique, c'est la pression qu'on met sur la formation initiale de ces volontaires qui doivent développer un nombre important de compétences en très peu de temps. Donc, en fait, ils sont pressés. C'est une formation qui est très dense, qui est très fatigante et parfois contraignante aussi pour les volontaires, avec certains modules qui vont, par exemple, durer deux semaines d'affilée, alors que les volontaires ont un travail à côté et donc doivent poser des congés
ou
organiser leur vie de famille. Donc, c'est vraiment ces contraintes-là qui sont problématiques. En même temps, ils ont besoin d'être formés
et
ça reste une formation qui reste très, très dense.
Tiens, puisque Pauline Bourne a parlé de poser des congés, Romain Pudal, est-ce que c'est aussi un problème, ça, ou est-ce que recruter chez les volontaires, donc sachant qu'il va y avoir effectivement un travail à côté, qu'il faut qu'il
y ait
des heures qui soient libérées pour, est-ce que c'est toujours assez fluide, en fait, là, ou est
-ce
que c'est compliqué de convaincre les employeurs
ou pas ? Non, manifestement, c'est pas fluide du tout, puisque, clairement, la question de la disponibilité des pompiers volontaires est une question récurrente et qui est quand même très, très générale. Bon, il y a énormément de retours de terrain qui disent, en semaine, en journée, on manque toujours de pompiers volontaires. Ben oui, ils sont au boulot, en général. Et donc, ils ne sont pas libérés, si évidemment, par les employeurs. Donc, cette disponibilité, c'est vraiment une problématique cruciale et constante dans cette profession. Parce qu'on parlait des heures tout à l'heure, grâce
à Rémi, mais vous allez nous emmener sur le même terrain, Julien. Bonsoir. Bonsoir. Soyez le bienvenu.
On
vous écoute.
Donc, moi, je suis pompier volontaire en Ardèche. J'ai commencé ma carte pompier volontaire dans le Rhône
où
j'ai pu bénéficier, en fait, d'une convention avec mon entreprise, donc la SNCF. À l'époque, il y avait une convention entre
la
SNCF et le département du Rhône. En arrivant en Ardèche, donc, il n
'y
avait pas de convention. Il
faut
savoir que les conventions, c'est entre l'employeur et le département, parce que les
pompiers
volontaires sont départementalisés.
Et
quand j'ai voulu m'enquérir, de savoir comment ça pouvait se faire et que c'était très, très compliqué, en
fait.
Il n
'y avait
pas beaucoup d'intérêt du côté de mon entreprise et
pas
beaucoup de moyens pour faire pression du côté du département du Rhône. Ce n
'est
pas un département très riche, et donc, il ne manque que de moyens. Donc, concrètement, alors, ça pose deux problèmes en termes de disponibilité. Là, il y a eu des feux de forêt dans ma région. Donc, j'avais le choix entre sacrifier mes congés ou aller éteindre des feux de forêt. Donc, ça fait un peu cher en termes d'engagement, on va dire. Voilà, pour la famille, c'est compliqué. Je leur dis, finalement, on part en vacances parce que papa était éteinte des feux. Et je trouve ça complètement absurde parce qu'en fait, sur un cas de force majeur comme ça, l'État devrait arriver à trouver une solution. Ce n
'est
pas normal que moi, je doive aller chercher la relation avec l'employeur et
le
démarquement,
si
vous voulez. Autant plus que je travaille à la FNCS.
Merci. Et autre point, je travaille
dans l'informatique, je fais du télétravail
et
je pense que ça pourrait être intelligent de permettre ponctuellement quand je suis en télétravail d'aller sur des interventions aussi. Et ça,
ce
n
'est
pas du tout prévu.
Merci beaucoup, Julien. Là-dessus, Romain Pudal, je repense aussi au témoignage de Rémi juste avant qui disait qu'on cherche des gars alors qu'on a déjà les gars. Et Julien en est finalement l'un des exemples. Là aussi, est-ce qu'on peut apporter plus de souplesse ? Il a raison, Julien, il travaille à la SNCF. Donc, il
y
a quelque chose d'assez, je ne
veux
pas dire de choses méchantes, mais ça peut être facile de
travailler entre la SNCF et le département, en fait. Oui, oui, bien sûr. Alors, il y a évidemment des points d'amélioration à faire sur les conventions qu'il évoquait entre des employeurs et notamment les employeurs publics ou parapublics et puis les départements. Mais il faut bien comprendre aussi qu'il y
a
la sollicitation opérationnelle dont je parlais, qui a expliqué la tension. Mais il y
a
aussi une évolution juridique autour du statut de volontaire qui, effectivement, était très peu encadré pendant très longtemps. Il y
a
eu ce qu'on a appelé l'arrêt Madzac qui a changé considérablement, en fait, le statut juridique qui a été confirmé récemment par le Conseil d'État. Et donc, maintenant, les pompiers volontaires sont des travailleurs. C'est écrit noir sur blanc. Quand on dit travailleurs,
ça
veut dire que ça implique des choses. Et ça implique notamment qu'on ait des repos de sécurité, qu'on ait des formations, etc. Donc, c'est beaucoup plus encadré. Alors, on peut le regretter parce qu'on dit oui, mais du coup, on a des gammes, en fait, ils ne viennent pas, etc. Mais on peut aussi s'en féliciter parce que c'est des conditions de sécurité de travail. Quand vous avez des gens qui pouvaient enchaîner des centaines d'heures de garde sans aucun contrôle, quasiment, etc. Ce qu'ils décrivaient, ce que j'ai connu aussi. Bon, c'est très pratique, c'est très utile. On comprend bien que c'est une main d'oeuvre très... Et en même temps, c'est très dangereux.
Et c'est dangereux d'abord pour ceux qui le font.
Mais est
-ce
que ça veut dire concrètement qu'on peut se retrouver avec quelqu'un qui a été de garde pendant X heures, voire qui a éteint des feux et qui se dépêche de rentrer et
d
'enlever son uniforme parce qu'il va bosser derrière le lendemain ? En fait, ça existe ?
Alors, ça,
oui. Ça, c'est quasiment le quotidien du pompier volontaire. C'est-à-dire qu'il débauche à 18h, à 19h, il prend la garde de nuit et le lendemain à 7h, et ils repartent au boulot
pour
8h. Donc, en réalité, une garde de nuit...
En fonction
du type de travail qu'on fait dans le civil, si j
'ose dire,
ça aussi, ça peut être quand même problématique. Est-ce que c'est là aussi, Pauline Borne, parce qu
'on
va mettre les pieds dans le plat avant notre prochain auditeur, en se demandant si le système est en train de craquer aux entournures, en fait ? S'il fallait en changer une partie, où est-ce qu'on le change ? Est-ce qu'on change le statut de volontaire pour faire plus de professionnels ? Est-ce qu'on essaye de démultiplier les volontaires ? Si on dit que le système craque aux entournures, par où on répare, si j'ose dire
? Oui,
alors, le système craque dans la mesure où le nombre d'interventions augmente avec l'évolution de la société, le vieillissement de la population, etc. Donc,
le
nombre d'interventions augmente. Donc, il y a un besoin de recruter davantage de pompiers, en tout cas d'avoir des pompiers
sous
la main pour intervenir. Et là où le système craque, c'est la pression, les contraintes qu'on met aux volontaires qui ne sont pas toujours compatibles, comme on l'a déjà dit, Donc, une solution peut être, effectivement, de recruter plus de professionnels. Une autre pourrait être de s'engager davantage sur l'engagement différencié des pompiers,
c
'est-à-dire former des pompiers volontaires sur certains types d'interventions. Par exemple, former des pompiers volontaires uniquement sur des interventions en ambulance, par exemple,
ou
former des pompiers volontaires uniquement sur des interventions de type feu, par exemple, pour, d'une part, alléger les contraintes de leur engagement, alléger leur temps de formation et avoir des personnes plus disponibles. Parce que, tout à l'heure, on parlait du nombre d'heures d'intervention. Je crois que c'était Rémi, l'auditeur, qui disait qu'il passe 24 heures par semaine à la caserne. Mais il faut bien entendre aujourd'hui que ce n
'est
pas forcément possible pour tous les profils de pompiers volontaires. c'est quelque chose qui est compliqué. Et pour faire face à la pression du nombre d'interventions qui augmente et à la difficulté d'avoir suffisamment de pompiers
à
mettre dans les camions pour partir en intervention, il y a de plus en plus de SDIS qui sont obligés d'imposer des contraintes assez strictes
de
garde minimum, par exemple, de temps de présence minimum par an ou par semaine. Par exemple, il y
a
des SDIS qui vont jusqu'à 900 heures par an de présence obligatoire en tant que pompiers volontaires,
ce
qui n
'est
pas rien, sachant qu'un temps plein c'est 1607 heures.
Donc
900 heures, ça représente plus de la moitié d'un temps plein. Ce
qui
veut dire que les pompiers volontaires aujourd'hui doivent gérer leur famille, gérer leur activité professionnelle à temps plein en général plus plus d'un mi-temps chez les pompiers, ce qui est parfois trop compliqué pour eux.
Mais quand on additionne toutes ces heures-là, Romain Pudal, 200 000 pompiers volontaires, pardon, mais c'est combien d'équivalent temps plein ?
C'est-à-dire,
si on voulait renverser la vapeur, on va faire ça que mathématiquement, on sait bien que tout, on ne
peut
pas claquer des doigts comme ça, mais si on fait ça que mathématiquement, ça veut dire combien d'équivalent temps plein
? Il
y a deux chiffres là-dessus qui sont très intéressants et qui sont largement corroborés. Un premier chiffre, c'est 3 000 pompiers qui sont actuellement titulaires du concours professionnel, donc qui ont réussi le concours, mais qui n'ont pas été embauchés comme professionnels parce que, tout simplement, les départements n'ont pas les budgets. Vous avez déjà 3 000 pompiers qui continuent à être volontaires alors même qu'ils ont le concours pro. Rien que ça, déjà, ça devrait faire réfléchir.
Et qui sont
payés donc comme un pompier volontaire ? Du coup, ils ont le statut de volontaire.
Ils
n'ont toujours pas... Et
qui
font des heures aussi de garde comme les volontaires.
Ce
que je veux dire, c
'est
qu'ils ne sont pas à demeure à la caserne, même avec un statut...
Ils
sont sous statut volontaire, sauf qu'ils ont eu le concours pro, mais ils n'ont pas été embauchés parce que le département n
'a
pas les moyens de les titulariser comme professionnels, comme on dit. Donc du coup, ils sont à la fois avec leur concours qui, en même temps, n'est pas concrétisé dans leur statut. Ça, c'est une première chose. Et la deuxième chose, c'est ce qu'a expliqué que l'intersyndicale qui a récemment professionnel a demandé l'embauche d'à peu près 20 000 pompiers. Le chiffre n
'est
pas juste au doigt mouillé, c'est que ça correspond à peu près aux
équivalents temps plein
qui sont réalisés par les pompiers volontaires, précisément par les gardes postés, les pompiers volontaires qui sont en garde posté et qui font le boulot de pro, en fait.
Je fais une incise. Quand on passe le concours de pompiers et qu'on l'a, est-ce qu'on peut être nommé n'importe où en France ou est-ce qu'on peut l'être dans son village, dans son environnement ? Alors,
techniquement, après, il faut être embauché dans un département, quel que soit le département. Mais là aussi, vous comprenez bien que c'est compliqué pour quelqu'un du jour au lendemain de claquer des doigts et de changer de département.
Mais
oui,
oui. Christian est avec
nous. Bonsoir,
Christian.
Bonsoir,
Fabienne
Saint-Ess. Soyez le bienvenu, Christian. Merci
de
me donner la parole. Je témoignais du fait que j'habite une toute petite commune dans le sud-dôme
dans
laquelle j'émigrais il y a une vingtaine d'années
et
j'ai été démarché du coup par les pompiers de mon village au bout de 2-3 ans pour devenir sapeur-pompier volontaire.
Et
donc, visiblement, le point d'achoppement, c'est qu'à ce moment-là, j'avais les cheveux longs.
Voilà.
Et du coup, j'étais très, très étonné
et
dit aux pompiers « Attendez,
il
y a quand même six ou sept femmes qui font partie des pompiers dans la caserne à Caria.
Est
-ce que les femmes sont obligées de passer par la tourneuse avant de devenir pompier
? » On
dit « Non, non, non. Pour les femmes, non, ce n'est pas la question. Il n
'y a
pas besoin de...
»
Et alors,
c
'est quoi ce sectarisme qui dit que quand on est un homme qui veut devenir pompier, on ne peut pas avoir les cheveux longs noués en catogans bien propres derrière la tête
?
Et...
quand
on est une femme, je trouvais ça très, très décevant parce que j'avais vraiment la vocation de faire ça.
Et du coup, vous n'avez pas coupé vos
cheveux, Christian,
et vous n'êtes pas pompier volontaire
? Et bien voilà. C'est marrant cette histoire de cheveux parce que j'ai un autre message sous les yeux, Pauline Bourne, qui dit à propos du recrutement des jeunes pompiers « Mon fils de 15 ans était très motivé pour s'engager, il est sportif, prêt à donner son temps, il a passé avec succès les textes de sélection, son intégration a été refusée parce qu'il avait les cheveux longs. » Il y a... c'est que chez les militaires, donc je pouvais l'entendre à Paris et à Marseille, mais finalement pas ailleurs.
Oui,
alors ça dépend après des 10 aussi. Il y a parfois des raisons de sécurité, mais effectivement, notamment au niveau de la barbe, je pense à ça pendant le Covid-19, mais c'est vrai que les cheveux, c'est encore une autre question. Ça dépend vraiment des décisions de chaque 10. La question, c'est plutôt comment faire justement aujourd'hui pour recruter de nouveaux profils, c'est-à-dire que les pompiers ont traditionnellement été plutôt jeunes, hommes, cheveux courts, plutôt issus des classes populaires. Aujourd'hui, l'objectif,
c
'est d'élargir ce vivier de recrutement et de faire venir des profils qu'on a peu l'habitude de voir,
donc des femmes,
des gens plus diplômés, des cadres, des hommes aux cheveux longs, etc. et donc il faut leur faire une place. C'est un milieu où on observe encore beaucoup d'entre-soi.
Il
y
a
des politiques de recrutement un peu plus ouvertes, en tout cas sur le papier. Arriver dans les casernes,
c
'est parfois plus difficile pour ces profils-là de s'intégrer, notamment pour les femmes. Oui,
mais c'est intéressant ce que vous dites parce que 23% de femmes en 2024, c'était 6% en 2003, donc peut mieux faire, mais néanmoins, on avance. Est-ce que sur toutes les missions, il y a des femmes, Romain Pudel, ou pas ? Et quand je dis toutes les missions, ça veut dire y compris les gros feux de forêt, etc.
Oui, absolument, il faut toujours regarder précisément les statistiques, c'est-à-dire savoir où les femmes en question sont en poste, c'est-à-dire que si on féminise dans les services médicaux ou dans les services administratifs, très bien, mais l'enjeu, et je confirme aussi ce que dit Pauline Borne, l'enjeu c'est vraiment de changer un peu l'homogénéité de recrutement dans ce milieu et donc la féminisation c'est évidemment un point très très important mais compliqué.
On va avoir un pompier professionnel au téléphone dans un tout petit instant, il est déjà là, il nous écoute, je voudrais juste vous poser une dernière question là-dessus, Romain Pudel, c'est quoi justement le profil ? En général, c'est quel genre de métier que font les pompiers volontaires pour pouvoir coupler les deux ?
Oui, alors bon, le profil type, il a été décrit, il est très masculin, il est très blanc, il est très jeune, grosso modo, et ce sont plutôt des gens issus des classes populaires, des petites classes
moyennes
et qui font des métiers plutôt manuels en général, voilà, donc ça, c'est le profil type. Comme dans beaucoup de milieux, il y
a
des formes aussi de cooptation parce qu'on se reconnaît dans des gens qui nous ressemblent et donc voilà, là, il y a un enjeu aussi à ouvrir sur les profils et à voir un peu de différence.
Bonsoir Jérôme François. Bonsoir. Commandant Jérôme François, vous êtes secrétaire général de l'UNSA Pompier, vous êtes aussi maire de Mériel, c'est dans le Val-d'Oise. On est content de vous avoir parce qu'il y a beaucoup, beaucoup de questions qui viennent depuis le début de cette discussion sur pompiers professionnels, pompiers volontaires.
Je
vais vous en livrer quelques-unes. La césure entre les volontaires et les professionnels est effectivement statutaire, difficile de s'entendre entre des gens passionnés et parfois des fonctionnaires qui sont broyés par le système et qui sont des gens fatigués. Je cherche un autre message que j'avais sous les yeux il y a une petite seconde et qui disait peu ou prou la même chose en fait sur la différence entre pompiers volontaires et pompiers professionnels.
Pompiers volontaires depuis 17 ans nous dit Gaël, dans les Landes je souhaite souligner que l'appel à la grève a été fait par les pompiers professionnels ce qui veut dire non représentatif, ce qui serait bien c'est de mettre en place une table ronde puisqu'il y a 80% de volontaires, 15% de pros et 5% de militaires. Comment ça se passe Jérôme François la cohabitation si j'ose dire entre vous les professionnels et c'est vous qui êtes donc les représentants syndicaux logiquement et aussi les volontaires mais qui sont plus grands plus importants que vous en nombre.
Oui,
en France la figure civile repose à 78% sur les pompiers volontaires c'est vrai les pompiers professionnels c
'est
à
peu
près 17% et puis le reste sont des militaires sur Paris et Marseille principalement là c'est à peu près 5% Alors déjà je salue Romain Pudal parce que je l
'ai
eu sous mes ordres donc c'est un besoin de le retrouver à l'antenne avec vous Vous
vous en souvenez monsieur Pudal ? Oui, oui, je me souviens Il s'en souvient
Il n
'a
pas été traumatisé Non,
pas tout à fait
J'ai essayé d'être plutôt cool en général Non, très globalement ça se passe plutôt bien entre les professionnels et les volontaires effectivement ce ne
sont
pas les mêmes profils on ne les retrouve pas forcément aux mêmes endroits parce que dans les zones très urbanisées il y a besoin de mettre des pompiers professionnels parce que le volontariat c'est bien mais en France les missions des pompiers sont très polyvalentes on touche à tout ça va d'une guêpe à l'incendie à l'ambulance donc il y
a
une grosse technicité et c'est vrai qu'il y
a
un volume de formation qui est colossal et qui est de plus en plus compliqué à suivre pour un pompier volontaire qui, rappelons-le est une activité par ailleurs donc c'est difficile de se maintenir à niveau et les heures de formation augmentent c'est pour ça qu'aujourd'hui on a un petit peu le sentiment que le système est un petit peu à bout de souffle et c'est pour ça que la revendication des pompiers professionnels l'une des revendications d'aujourd'hui est le recrutement massif de pompiers professionnels parce que déjà on a du mal à fidéliser les pompiers volontaires on voit on recrute énormément mais on a un énorme turnover parce que quand on voit le temps que ça prend on a déjà son travail et puis on passe moins de temps avec sa famille parce qu'il y a les gardes mais il
y a
aussi les formations c'est très compliqué donc aujourd'hui le système est à bout de souffle
on
voit bien que l'Ontario je ne
vais
pas dire qu'il est en train de mourir mais il est encore debout devant lui et comme vous le disiez moi je suis aussi le maire de ma commune donc le volontariat il a un rôle à jouer il a un rôle à jouer dans nos communes il
a
un rôle social il a un rôle et puis c'est un petit peu l'antichambre pour devenir professionnel moi ma génération typiquement on faisait l'armée dans la sécurité civile ensuite on devenait pompier volontaire et puis après on devenait pompier professionnel ça permettait de découvrir la corporation et puis de voir si ça nous plaisait ou pas donc globalement la coopération se fait bien mais le système est à bout de souffle et c'est pour ça qu'aujourd'hui on dit bon on l'a vu sur la campagne faute forêt on était en rupture capacitaire sur les engins mais aussi sur le personnel et là on était pris à la gorge à un moment donné en Gironde en gros on nous a dit tout ce qui roule on voyait en Gironde c'était catastrophique et là on était au bout du système et c'est pour ça qu'aujourd'hui il
y a
une revendication d'aller de recruter 20 000 pompiers professionnels au niveau de la France ce qui est 50% supplémentaire en gros on est 40 000 donc vous voyez c'est 50% de plus parce que le système ne tient plus quand on dit que le système ne tient plus ce que je vois moi et que j'ai découvert au fond en pourcentage en préparant cette émission c'est jusqu'à quel point vous serviez surtout si j'ose dire d'aide à la personne etc est-ce que vous avez l'impression de pallier finalement aux carences des autres services publics je pense aux ambulanciers je pense aux urgences qui sont débordées je pense aux maternités qui sont trop loin ou des choses comme ça est-ce qu'au fond quand je disais les pompiers ne veulent pas être les pompiers de service c'est ça que ça veut dire en fait c'est pas une impression c'est le cas et après vraiment c'est pas c'est pas une attaque envers les autres services publics ils n
'ont
pas les moyens de le faire mais très clairement aujourd'hui le pompier moi je vais vous prendre un exemple qui m'a marqué dans ma carrière c'est l'épisode de grippe aviaire les grippe aviaire on avait des oiseaux qui tombaient qui mouraient au bout du bout du bout qui est-ce qui a été ramassé des oiseaux les pompiers ne
sont
pas plus formés que les gendarmes que les policiers que les hospitaliers pour aller ramasser des oiseaux morts au bout du bout on a mis des combinaisons on a mis des sacs on a pris des sacs et on a été ramassé des oiseaux morts avec des précautions voilà effectivement les livres à voie publique ça devrait être davantage pris en charge par la police la police n
'a
pas les effectifs et bien ça retombe sur les pompiers toute la biologie le transport à l'urgence qui devrait être géré par les ambulanciers privés on a du mal à en trouver et puis ça coûte à l'état alors ça retombe sur les pompiers qui au lieu de faire de l'urgence et bien vont transporter des gens qui nous attendent avec les valises sur le palier de la porte et ça c'est compliqué aussi parce que comme on veut fidéliser nos pompiers professionnels quand vous rentrez vous avez la vocation parce que c'est quand même un métier de vocation c'est vrai qu'on est fonctionnaire et des fois il y
a
un petit peu de fonctionnaires bâchis mais c'est un métier passion enfin moi j'ai toujours aimé mon métier et j'ai rarement rencontré un pompier professionnel qui faisait ça pour remplir le frigidaire c'est toujours un métier passion bon quand vous rentrez pour faire de l'urgence et que vous vous retrouvez à transporter des malades c'est pas le métier que vous avez choisi et puis si vous prenez aussi les cailloux sur la figure et bien c'est pas non plus le métier que vous avez choisi donc c'est vrai qu'il
y a
aussi une crise des vocations Il y a je disais tout à l'heure en introduction qu'on vous a beaucoup félicité beaucoup dit que vous étiez les héros et j'imagine bien que ça vous fait plaisir mais est-ce qu'il y
a
une espèce de retour de bâton de cette héroïsation parce que finalement c'est tellement simple on croit que on vous fait plaisir on vous dit vous êtes des héros mais vous vous réclamez pas un statut de héros vous réclamez autre chose donc est-ce qu'au fond c'est un peu comme si on se prenait les pieds en fait dans cette manière de vous qualifier
Oui
c'est exactement la réponse dans la question que vous venez de me poser effectivement on ne peut pas se contenter de ça le bilan des feux de forêt de 2026 c'est 4 sapeurs-pompiers morts en service commandé 4 gamins que leurs parents ne verront plus c'est 1000 sapeurs-pompiers blessés ou intoxiqués c'est 120 000 hectares ravagés c'est 240 habitations détruites c'est ce qu'on appelle la rupture capacitaire c'est qu'il y a 30 ans les feux de forêt grosso modo c'était l'arc méditerranéen aujourd'hui ça brûle partout on a envoyé je crois que c
'est
en 2022 des canadaires en Bretagne si j'avais dit ça au début de ma carrière c'était une blague de foyer d'envoyer des canadaires en Bretagne
on a envoyé des
canadaires en Bretagne et quand ça brûle partout à un moment donné on n'est plus assez nombreux pour faire face sur tous les fronts donc oui dire que les pompiers sont des héros évidemment on risque dans d'autres métiers aussi oui on risque notre vie on a eu 4 morts et 1000 pompiers blessés sur la saison 2026 c'est évidemment dangereux mais c'est pas ce qu'on a envie d'entendre aujourd'hui on a envie d'avoir des moyens on a envie d'avoir des engins et puis avoir des camions c'est bien mais c'est mieux s'il y a des gens à l'intérieur
c
'est pour ça qu'aujourd'hui il y
a
cette obligation très forte de dire ok le volontariat moi je fais partie d'un syndicat qui reconnaît le volontariat on n
'a
pas de problème avec ça mais il faut aussi des pompiers professionnels parce que les missions sont de plus en plus compliquées de plus en plus techniques de plus en plus multiples et que à un moment donné pour les pompiers volontaires maîtriser tout ça ça devient compliqué quand on a un métier à côté et une famille c'est un vrai métier aussi et surtout en termes de disponibilité un pompier pro il est là il est disponible un pompier volontaire il y a aussi son patron qui a besoin de lui de temps en temps quoi Merci beaucoup commandant Jérôme François merci vraiment de cet éclaircissement pour aller dans le sens que vous disiez on a Vanessa sur Whatsapp Pauline Bourne ça va vous intéresser aussi qui dit j'ai 45 ans je suis sapeur-pompier-volontaire depuis 4 ans je suis toujours étonné du nombre de personnes qui appellent le 18 ou le 15 d'ailleurs aussi pour de la bobologie il est dommage de parfois faire appel aux pompiers pour faire le taxi je rappelle qu'une victime transportée par les pompiers à l'hôpital ne sera pas prise en charge plus rapidement au sein des urgences du coup la victime perd du temps en attendant les pompiers plutôt qu'être transportés directement par sa famille nous dit-elle Pauline Bourne il y a cette dérive on va appeler ça comme ça
Oui
oui tout à fait aujourd'hui les pompiers pallient les carences ambulancières c'est-à-dire que quand il n
'y a
pas d'ambulance privée disponible on appelle les pompiers
ça
a été très bien dit jusqu'à là
je
pense que ce qu'il faut souligner aussi c'est que les pompiers français sont parmi les pompiers européens qui ont le plus de missions qui leur sont dévolues ils sont dans le peloton de tête avec le Danemark et la Finlande et voilà ça a été très bien dit ça va du Nidgep à la bobologie en passant par les feux de forêt
donc on
a tout un tas de missions qui doivent être accomplies et parfois parce que les autres services publics effectivement
n
'ont plus les moyens d'assurer en bout de chaîne on appelle les pompiers c
'est marrant je croyais
qu'on faisait plus les guêpes
parce que ça envoie à l'ensemble des difficultés que rencontrent les services publics finalement
il y a autre chose qu'a dit le commandant François tout à l'heure qui parlait de fidélisation Pauline Bourne et fidélisation c'est important parce que vous parliez de formation tout à l'heure et c'est là-dessus que vous vous travaillez plus il y
a
du turnover plus il faut former et moins on a de gens qui sont extrêmement aguerris dans les casernes est-ce que ça commence à devenir un problème
?
Oui oui alors c'est un problème et la question de la fidélisation à mon sens elle est presque plus importante aujourd'hui que la question du recrutement parce que recruter en tant que tel c'est
pas
une si grande difficulté aujourd'hui la difficulté c'est de fidéliser les personnes
et
ça commence dès la formation initiale dont bénéficient les sapeurs-pompiers volontaires quand ils s'engagent la formation initiale ça va être un peu la vitrine du reste de l'engagement c'est-à-dire que si la formation initiale se passe mal est pleine de contraintes
n
'est pas à la hauteur n'est pas respectueuse des gens etc les gens partent
et
dans ma thèse j'ai notamment interrogé des personnes qui sont désengagées pendant cette formation initiale ce qui est quand même dramatique
parce
qu'il y
a
eu un coup il y a eu un coup de formation il y
a
eu un coup pour habiller ces personnes de matériel avec du matériel etc et donc on a un turnover très important en début d'engagement
donc
la clé de voûte c'est vraiment les premières années la formation ce qui s'y passe avec parfois des difficultés liées à la formation en elle-même
et
l'ambiance à la caserne avec l'idée de sortir de cet entre-soi et d'accueillir plus largement les différents profils dont on a besoin aujourd'hui
c
'est marrant c
'est marrant parce
que vous parlez de différents profils on a Marie au standard qui dit mon mari est d'origine maghrébine il a demandé à être pompier volontaire il a eu beaucoup de mal à cause de ses origines parce que certains pompiers alors c'était ceux d'un certain âge avaient fait dit-elle la guerre d'Algérie il a en tout cas vécu le racisme quand il a intégré les pompiers il y a plusieurs témoignages là-dessus on parlait de profils qui sont un peu tous les mêmes Romain Pudal c'est des choses que vous avez pu entendre ça ou pas
?
Oui oui ça existe malheureusement on va le dire oui bien sûr ça existe cette forme d'entre-soi existe mais je crois aussi qu'il faut vraiment comprendre la façon dont ça marche structurellement c'est-à-dire que s'il y a autant de tensions s'il y a autant de replis sur certaines choses ce qu'on a décrit aussi ce soir c'est-à-dire qu'il
y a
des tensions entre des pros et des volontaires alors qu'il devrait être unis dans les mêmes missions c'est précisément parce qu'on met ce service en tension en permanence et là ça a été dû en situation de rupture et donc effectivement quand ça se passe mal structurellement les comportements ne suivent pas
de
empathie c
'est regrettable Il nous reste peu de temps Clément mais on a du temps pour vous Bonsoir soyez le bienvenu Bonsoir merci de me recevoir
je
me permettais de vous appeler vous avez survolé la volonté la volonté d'engagement et notamment les règles d'engagement que ce soit par le temps à devoir allouer à la caserne aujourd'hui il y
a
un autre problème qui peut se poser en milieu rural notamment c'est l'éloignement avec une caserne aujourd'hui une règle est simple c'est qu'il faut être à 10 minutes d'une caserne pour pouvoir s'engager habitant dans un milieu rural je me trouve au triptyque en plein milieu d'un triptyque de caserne à 12 minutes 14 minutes et respectivement 17 minutes des premiers centres et du coup ça fait un an et demi que je me bats pour essayer de pouvoir être recruté et m'engager aujourd'hui sapeur-pompier je l'ai été dans ma jeunesse JSP titulaire du permis poids lourd formé
et
malheureusement ça ne suffit pas donc ça fait fi avec la nécessité de pouvoir avoir beaucoup de temps donc aujourd'hui les règles sont malheureusement un petit peu rudes et donc ça ça peut être dommage Merci beaucoup
Clément une réponse là-dessus Romain Pudal Oui en quelques secondes on a fermé énormément de casernes précisément parce qu'il n'y avait entre guillemets pas assez d'intervention on voit les effets c'est-à
-dire
que derrière effectivement les gens ne peuvent pas forcément s'engager et en même temps il y
a
un chiffre qu'il faut quand même avoir en tête en disant le temps de présentation du premier camion pompier c'est deux minutes de plus et deux minutes c'est considérable vous le disiez en commençant tous les gens qui ont fait le 18 qui y attendent les pompiers savent qu'une seconde par une éternité deux minutes c'est catastrophique et donc on prend là on est vraiment sur une pente glissante et très problématique et voilà je comprends bien la frustration en même temps tous les pompiers vous décrivent ça c'est-à-dire des temps de trajet de plus en plus long des temps d'intervention qui sont là aussi allongés et donc des risques considérables encourus par la population
On
est content d'avoir fait cette émission avec vous avec vous trois merci beaucoup merci à tous pour vos nombreux appels on y reviendra j'espère en tout cas aux pompiers volontaires ou professionnels