Présidentielle : Anne Hidalgo apporte son soutien à Raphaël Glucksmann pour la primaire de la gauche
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 15 %Attaque 5 %Défensif 80 %
Questions et réponses
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- 0:41FerméeÉludée
Est-ce que le temps est venu de présenter vos excuses aux familles d'enfants victimes ?
- 1:43RelanceRéponse partielle
Est-ce que c'est trop difficile quand on est un politique de dire les choses aussi clairement ?
- 3:24FerméeRéponse directe
Est-ce que vous regrettez de ne pas leur avoir répondu, de ne pas avoir été suffisamment présentes à leur côté ?
- 4:35RelanceRéponse partielle
Pourquoi est-ce que vous ne les recevez pas ?
- 5:33RelanceRéponse partielle
Ces propositions-là, elles restent lettres mortes avant décembre 2025. Pendant dix ans, Anne Hidalgo.
- 6:02RelanceRéponse partielle
Comment est-ce que vous dites à l'animal, de dire j'ai trop tardé à agir.
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:48Invité politiqueFait
« 'abord, je veux dire ici aux familles que je suis à leur côté. »
- 1:23Invité politiqueFait
« Il y a eu des prédateurs qui se sont immiscés, qui sont passés entre les mailles d'un filet et qui ont abîmé, attaqué, agressé sexuellement des enfants. »
- 2:05Invité politiqueFait
« Je partage complètement et je comprends le sentiment d'abandon qu'elles ont eu. »
- 3:52Invité politiqueFait
« J'ai un regret, bien sûr. J'ai un regret qui est de ne pas les avoir rencontrés à ce moment-là. »
- 4:29Invité politiqueFait
« Sur ces situations-là, évidemment qu'immédiatement, je me suis intéressée. »
- 6:12Invité politiqueFait
« En 2015, il y a des premiers signalements. Je décide, ce qui n'avait pas été fait avant, de demander à l'inspection générale de la ville de faire un rapport. »
- 7:01Invité politiqueFait
« Dès 2015, j'obtiens du parquet dans un accord avec François Mollins que nous puissions accéder au fichier des délinquants sexuels avant de recruter des agents. »
- 7:23Invité politiqueFait
« Un premier filtre, les fichiers des délinquants sexuels auxquels nous avons eu accès. »
- 7:28Invité politiqueFait
« Un deuxième fichier qui est celui de Jeunesse et Sport. »
- 7:31Invité politiqueFait
« Et enfin, la consultation des casiers judiciaires. »
- 7:51Invité politiqueFait
« On a fait sur la formation. »
- 9:11Invité politiquePromesse
« Pour Raphaël Glucksmann. »
Temps de parole
- Anne Hidalgo65 %
- Présentateur23 %
- ?11 %
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France Inter.
La
grande matinée.
À 7h48, vous recevez Benjamin Duhamel, l'ancienne maire de Paris.
Bonjour Anne Hidalgo.
Bonjour Benjamin Duhamel.
Merci d'être avec nous ce matin sur France Inter pour votre première interview depuis votre départ de la mairie. On parlera dans un instant de l'état de la gauche à 7 mois de
l
'élection présidentielle. Mais je voudrais commencer par le scandale du périscolaire à Paris. On a appris il y a quelques jours que plus d'une quinzaine de familles avaient porté plainte contre vous, contre votre ancien adjoint, ainsi que l'actuel maire de Paris, Emmanuel Grégoire, notamment pour non-assistance à personne en danger et mise en danger de la vie d'autrui. La justice suit son cours et ce n'est évidemment pas dans ce studio qu'elle sera rendue, mais il y a la responsabilité politique. Anne Hidalgo, est-ce que le temps est venu de présenter vos excuses aux familles d'enfants victimes qui se sont senties abandonnées
? D
'abord, je veux dire ici aux familles que je suis à leur côté.
J
'ai toujours été aux côtés des victimes. J'ai toujours pris le parti des victimes pendant 12 ans en tant que maire. J'ai essayé, j'ai tenté, j'ai fait tout pour protéger cette ville et notamment les plus vulnérables et bien sûr les enfants. Je suis à leur côté, je l'ai toujours été et je partage leur douleur et leur douleur est aussi la mienne. En tant que maire de Paris, savoir que malgré tous les procès, on va y revenir peut-être, tout ce qu'on a mis en place pour prévenir, pour encadrer, pour accompagner cette parole des victimes. Il y a eu des prédateurs qui se sont immiscés, qui sont passés entre les mailles d'un filet et qui ont abîmé, attaqué, agressé sexuellement des enfants.
C
'est une blessure et une douleur en tant que maire de Paris.
Ma question spécifique, Anne Hidalgo, portait sur le fait de savoir si vous présentiez vos excuses
aux familles, si vous
faisiez un méa culpa. Est
-ce que c'est trop difficile quand
on est un politique de dire les choses aussi clairement ?
D'abord, je crois qu'il y a besoin de vérité. Et ce que les familles doivent avoir, ce
n
'est pas une instrumentalisation de leur douleur ou des paroles rapidement lancées ici ou là dans un meeting ou une réunion ou même sur un plateau. Elles ont besoin de vérité et la justice va apporter cette vérité. Je veux leur dire aussi une chose, je partage complètement et je comprends le sentiment d'abandon qu'elles ont eu. C
'est un
abandon qui est lié aussi au fait que la loi, il va falloir la changer la loi. D
'accord, mais Anne Hidalgo, concernant votre responsabilité. Je
vais y venir. Je vais venir sur ce que j'ai fait et la responsabilité de ma responsabilité, la responsabilité de la ville. Mais ce que je veux dire, c'est qu'à un moment donné, lorsque ces cas sont signalés, lorsque la justice s'en saisit, arrive un moment où les élus, les maires, parce que c'est un sujet qui concerne aussi tous les maires de France, les maires n'ont pas accès à l'information et ne peuvent pas tenter qu'ils auraient eu accès à une information en parler parce que c'est dans le secret des enquêtes. Donc je comprends tout cela.
Ce que je veux dire aussi aux familles, c'est que bien sûr qu'on a regardé point par point ce qui a été fait, où sont les responsabilités par rapport à la plainte ? Tout le monde a le droit de porter plainte et la justice doit faire son travail. Mais au pénal, il faut des faits et tous
les faits posés contredisent cela. Et c'est pour ça, si vous me permettez, Anne Hidalgo, juste pour que je puisse
poser une question, c'est pour ça qu'en début d'entretien, je précisais bien qu'ici, il n'était pas question de faire le procès avant. Simplement, vous disiez, j'ai tout fait, j'ai toujours été aux côtés des victimes. Il s'avère que pour préparer cet entretien, Anne Hidalgo, j'ai téléphoné à un certain nombre de collectifs, notamment j'ai eu hier une femme du collectif des parents du 11e arrondissement, qui était un des arrondissements parisiens les plus touchés par ce scandale du périscolaire. Que m
'a
dit cette personne ? Anne Hidalgo, elle ne s'est jamais déplacée pour nous voir, elle ne nous a jamais reçus à la mairie de Paris et elle n'a jamais répondu à nos courriers. Est-ce que là, puisqu'il est question de vos regrets, est-ce que vous regrettez de ne pas leur avoir répondu, de ne pas avoir été suffisamment présentes à leur côté ?
D'abord, les courriers, j'y ai répondu, mais j'ai un regret, bien sûr. J'ai un regret qui est de ne pas les avoir rencontrés à ce moment-là. Ce moment-là, c'est quand ? C'est entre décembre, enfin, puisqu'on lance, on a les premiers signalements à partir du mois, les premiers nouveaux signalements, puisqu'on a un traitement tout au long
cours pendant 10 ans. Parce qu'il y a de nombreux signalements depuis 2015.
Depuis 10 ans, avec des plans, des actions, etc. Au printemps 2025, commence à apparaître un certain nombre de cas et de signalements dans le 11e, dans le 7e arrondissement et le 15e arrondissement. Sur ces situations-là, évidemment qu'immédiatement, je me suis intéressée.
Pourquoi est-ce
que vous ne les recevez pas
? Alors,
à ce moment-là, d'abord, il n
'y a
pas une demande à ce moment-là de réception. Il y a des réunions qui sont organisées et où je demande, comme je le fais
toujours... Auxquelles vous n'assistez pas ?
Auxquelles je n'assiste pas, comme c'est souvent le cas à ce stade-là des sujets. Mes adjoints, l'administration, je demande d'ailleurs même au parquet de dépêcher quelqu'un pour pouvoir donner des informations. Mon regret, c'est de ne pas avoir effectivement participé à ces
réunions. Donc là-dessus, vous
connaissez qu'il y
a
eu un
manque
peut-être d'empathie vis
-à-vis des familles des victimes de la part de la maire de Paris ? Dans tous les
cas, je pense qu'il y
a
eu ce manque. A quoi est-il dû ? D'abord, on était dans une phase où les informations remontaient, où on structurait la réponse aussi institutionnelle de la ville. Et deuxièmement, en pleine campagne des municipales. Donc, il
y a
un moment qui est
complexe. Ce qui n'empêche pas de recevoir les familles des victimes. Non, c'est vrai,
mais qui était un moment
complexe. Donc oui, il y a un regret sur ce point-là.
Regret, autre question, Anne Hidalgo, puisque vous évoquiez l'action qui a été celle de la mairie de Paris. Là encore, et ça revient beaucoup dans les discussions que l'on peut avoir avec les familles de victimes. En 2015, l'inspection générale de la mairie de Paris, elle rend un rapport.
Que je demande.
Que vous demandez, et qui fait un
certain nombre de préconisations
sur la question des violences sexuelles
dans le périscolaire. Sur la question de la plainte systématique de la mairie de Paris. Sur la question
de la formation. Ces
propositions-là, elles restent lettres mortes
avant décembre
2025. Pendant
dix ans, Anne Hidalgo. Non, c'est pas faux. C'est totalement faux. Comment est-ce que, là encore,
vous dites,
à l'animal, puisqu'on essaye d'avoir un discours de vérité ce matin, de dire j'ai trop tardé à agir. Non,
absolument pas. Vous savez, en 2015, il y a des premiers signalements. Je décide, ce qui n'avait pas été fait avant, de demander à l'inspection générale de la ville de faire un rapport, un point complet avec des propositions. Nous recrutons d'ailleurs la personne qui a fait ce rapport avec ces propositions pour les mettre en oeuvre.
Et
elles sont mises en oeuvre. Tant et si bien que, vous savez, en 2015, avec le procureur de la République, François Mollins, nous signons ensemble un accord totalement innovant qui permet
quoi ? Donc les personnes
qui sont embauchées dans le périscolaire en 2025, du jour au lendemain, sans qu'on regarde leur
CV, tout ça, ça n
'existe pas.
En fait, si vous voulez, c'est faux. Il faut de la vérité pour que les familles puissent aussi faire le chemin vers
la réparation. Ce que je dis est factuel, Anne Hidalgo, pardonnez-moi sur la question du périscolaire. Non, mais moi aussi, c'est très
factuel. C'est très, très factuel. Et tous ces éléments sont
sur la table. Donc tout avait été fait par la mairie de Paris ?
Non, ce que je
veux
vous dire,
c
'est que dès 2015, j'obtiens du parquet dans un accord avec François Mollins que nous puissions accéder au fichier des délinquants sexuels avant de recruter des agents.
Alors comment est-ce que vous expliquez, Anne
Hidalgo,
qu'il y a eu autant de cas, autant de plaintes,
autant de signalements
jusqu'en 2025 ? Je vais vous dire, mais je
termine.
Il
y avait trois filtres. Et ces trois filtres ont toujours été, à ma connaissance, mis en oeuvre pour les recrutements. Un premier filtre, les fichiers des délinquants sexuels auxquels nous avons eu accès. Un deuxième fichier qui est celui de Jeunesse et Sport. Et enfin,
la consultation des casiers judiciaires. Pourquoi c'est si
difficile à dire
? Attendez, il y a dans les mailles du filet, il y a eu des trous. Et c'est là qu'il faut aller regarder.
Et donc c'est la faute à pas de chance ?
Mais non,
ce
n
'est
pas la faute à pas de chance. Il y a dans les trous, on a fait évidemment sur les recrutements, on a fait sur la formation. Et le troisième élément, qui est un élément sur lequel la loi doit vraiment changer, c'est sur la prise en compte de la parole des enfants et sur notamment l'accompagnement des victimes et l'information des victimes. Et la loi intégrale qui est en discussion aujourd'hui va apporter cela. Donc je ne dirai jamais que
c
'est la faute à pas de chance. Je ne dirai pas qu'on n'a pas tout fait, puisque il y
a
quand même des prédateurs qui sont arrivés. Mais sur la responsabilité, responsabilité pénale, il faut des faits et tout ce qui est évoqué, et la justice fera
son
travail. Mais les faits ne sont pas de qualification pénale. Sur la responsabilité politique, on est sur un sujet de grande complexité qui ne touche pas que la vie
de Paris,
qui touche la France
entière. Et les
auditeurs auront l'occasion de se faire un avis. Je voudrais juste qu'on
avance ici, nous reste quelques instants.
Vous avez une nouvelle vie, Anne Hidalgo, maintenant, puisque vous travaillez pour une association à Bruxelles de deux maires. Je voudrais avoir votre regard sur la vie politique, notamment à gauche. Il va y avoir dans quelques semaines un scrutin, la primaire de gauche. Est-ce que vous allez voter ? Est-ce que vous savez pour qui vous allez voter ?
Je suis très heureuse d'avoir pu construire une nouvelle vie après la politique. Et je le dis à tous les politiques qui y sont, c'est quand même pas mal du tout. Après, comme citoyenne, je reste engagée. Et bien sûr que je vais participer à la primaire à titre personnel.
Et vous allez voter pour ?
Pour Raphaël Glucksmann. Évidemment,
je
pense que Raphaël Glucksmann est la personne qui aujourd'hui porte à la fois les ambitions écologiques, parce qu'il y a les sujets d'école qui sont à
vous
aussi, de les mettre en débat, comme vous l'avez fait ce matin. Mais c'est quand même souvent
les
débats ont lieu grâce aux journalistes qui mettent
en débat les sujets. Mais ne pas parler
d'écologie, ne pas parler de la crise climatique, qui est quand même un sujet qui domine, y compris la transformation de notre économie, de notre agriculture.
C'est le seul à le faire.
Vous allez lui
donner des conseils
pour qu'il évite de faire 1,7% comme en 2022, quand
vous étiez candidate à l'élection présidentielle ?
Quand en 2022 j'ai été candidate et que j'ai fait ce score, voilà, que le parti socialiste que je représentais a fait ce score, il y a des tas de raisons, je ne
vais
pas les développer ici. J'ai écrit un livre, j'en parle, je les évoque.
Mais il fera mieux, vous l'espérez
? Je l'espère et je n'ai pas de conseils à donner. Mais je pense que nous sommes à un moment crucial. Il faut absolument éviter que l'extrême droite n'accède au pouvoir. Et donc je donnerai toute la force, ne serait-ce que par mon vote
personnel
à Raphaël Guxman.
Merci beaucoup Anne Hidalgo, ancienne maire de Paris, d'être venue ce matin
au
micro d'Intérieur. Et merci Benjamin Duhamel, on se retrouve tout à l'heure pour le grand entretien.
Anne Hidalgo