Rousseau : "Nous sommes dans un déni collectif qui met nos enfants en danger"
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Aujourd'hui, nous sommes dans un déni collectif sur la situation climatique, un déni qui met nos enfants en danger. Il faut bien comprendre ça. La société que nous sommes en train de leur laisser est une société dangereuse pour eux. Et ça, nous le faisons au titre du fait que nous ne voulons pas changer nos modes de vie. Alors oui, il y a des choses qui ne seront pas très agréables dans le fait de changer nos modes de vie. C'est évident. Et moi-même, je serai la première sans doute à râler sur des choses. Mais à un moment donné, il s'agit de l'avenir de nos enfants. Nous avons cette responsabilité-là.
À ce propos, Bruno Le Maire s'est adressé à vous hier en séance. Je le cite en longueur. On coupe le gaz, on coupe le pétrole, on coupe l'essence à tout le monde, on coupe l'électricité tout de suite. Maintenant, il n'y aura plus de problème de pouvoir d'achat. Demain, on éteint tout. Vive la décroissance. Madame Rousseau a écouté vos discours. Je vous dirais simplement que l'apocalypse ne fait pas un projet politique pour la nation française.
C'est irresponsable. C'est irresponsable de la part d'un ministre du gouvernement aujourd'hui, alors que le rapport du GIEC est sorti il y a quelques semaines, voire quelques mois. C'est irresponsable. Qu'il ouvre la télé et qu'il regarde les feux. On y est déjà dans la catastrophe. Quand je dis qu'on préserve l'avenir de nos enfants, c'est déjà le nôtre qu'on doit préserver. C'est irresponsable de la part d'un ministre de l'économie de sortir ça. Vraiment. Je ne sais pas si vous avez regardé le film Don't Look Up. Moi, je n'aime pas trop parce que c'est une comète qui tombe du ciel. Alors que là, c'est nous qui sommes responsables de ce réchauffement climatique.
Mais là, on est dans un déni qui est criminel.
Mais en même temps, il pense à tous ces Français. Je sais qu'il y a nombreux qui nous écoutent. Qui, par exemple, habitant en zone rurale, ont une famille avec deux enfants. Ils habitent à quelques dizaines de kilomètres de leur travail. Ils ont deux voitures, peut-être même une chaudière au fioul. Ils n'ont pas forcément de gros revenus et ils vont passer un hiver difficile.
Et c'est pour ça qu'on doit les aider. Et c'est pour ça qu'on doit orienter l'ensemble de nos politiques publiques vers eux. Parce qu'eux, ils ne peuvent pas changer. Ils n'ont pas de métro à proximité. Donc ils ont absolument besoin de politiques publiques où on change radicalement leur manière d'avoir une mobilité et leur maison. Leur maison, aujourd'hui, la plupart des maisons en ruralité n'ont pas les moyens d'être rénovées, d'être isolées. On doit faire des plans d'urgence pour ces personnes-là. C'est pareil, sur la mobilité, on doit penser autre chose que la voiture individuelle comme seul recours.
Et par ailleurs, même dans les voitures individuelles, aujourd'hui, il y a moyen de faire des véhicules beaucoup plus légers que ce que l'on a actuellement et qui dépensent beaucoup moins d'essence. Donc en fait, avec de la volonté politique, on peut protéger ces personnes des milieux ruraux. Et on en a absolument besoin parce qu'on a besoin d'habitants dans les milieux ruraux. Et là, aujourd'hui, ce sont eux les plus exposés au réchauffement climatique.
Sandrine Rousseau