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Interviewfranceinfo — 8h30 franceinfo (sur Site radio)· 9 mars 2020 26 minContradictoireActualité / polémiqueSantéEurope & internationalImmigration & asileSolidarités & famille

Coronavirus, intervention des forces de l'ordre lors d'une marche féministe... Le "8h30 franceinfo" d'Amélie de Montchalin

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 58 %Attaque 10 %Défensif 33 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 88 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:50OuverteRéponse directe

    On a l'impression qu'on retarde le plus possible le passage au stade 3. Il est prévu pour quand, d'après vous ?

  • 3:09RelanceRéponse directe

    Est-ce que ce passage au stade 3, qui est donc inéluctable à terme, est-ce que ça nous entraînerait aussi à prendre des mesures concernant les transports publics ?

  • 4:44OuverteRéponse partielle

    Il y a les ressortissants français à l'étranger qui se sentent parfois un peu laissés pour compte. Qu'est-ce que vous leur répondez ?

  • 6:01OuverteÉludée

    Est-ce que les autorités égyptiennes sont des autorités fiables, puisqu'elles n'évoquent pour l'instant que 48 cas dans le pays ?

  • 6:41RelanceRéponse directe

    Est-ce qu'aujourd'hui, il y a une coordination pour qu'il y ait des mesures communes, cohérentes à l'échelle de l'Union européenne ?

  • 9:44OuverteRéponse directe

    La croissance pourrait tomber sous le 1% du PIB. C'est aussi la crainte que vous avez ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:20Locuteur 8Fait
    « A l'échelle nationale, tous les rassemblements de plus de 1000 personnes sont désormais interdits. »
  • 0:56Invité politiqueFait
    « Aujourd'hui, en fait, on cherche à faire deux choses. D'abord, vraiment ralentir la progression du virus et mettre à l'abri, protéger les personnes les plus fragiles. »
  • 1:18Invité politiqueFait
    « Dans l'Oise, dans le Haut-Rhin, une partie de la Corse également. »
  • 1:30Invité politiqueFait
    « Donc, dans ce cadre-là, ce qu'annonce, effectivement, Olivier Véran hier, après le Conseil de défense, c'est que nous prenons des précautions pour que les endroits où le virus puisse circuler et donc ne pas être ralenti soient le plus réduits possible. »
  • 1:53Invité politiqueFait
    « C'est pour ça qu'il y a une limite à 1 000 personnes. »
  • 2:11Invité politiqueFait
    « Le stade 3, c'est une façon différente d'organiser les services publics et de donner des priorités. »
  • 3:21Invité politiqueFait
    « À ce stade, ce n'est pas l'option que nous privilégions. »
  • 4:01Invité politiqueFait
    « On essaie de suivre la science, et on essaie de faire des choses qui soient cohérentes. »
  • 5:28Invité politiqueFait
    « On a une cellule de crise au Cadorcet et je vais m'assurer qu'elle est bien identifiée. »
  • 6:46Invité politiqueFait
    « Au niveau européen, il y a trois choses qui se passent, qui sont essentielles. D'abord, c'est une transparence totale sur l'épidémie. »
  • 7:15Invité politiqueFait
    « Il ne peut pas y avoir de mesures communes. »
  • 9:45Invité politiqueFait
    « Alors, ce qui est sûr, c'est que moi je suis économiste de formation, c'est très difficile aujourd'hui de savoir quel sera l'impact. »
  • 10:03Invité politiqueFait
    « Ce qui me semble important à dire, c'est que nous sommes mobilisés pour que notamment toutes les entreprises, tous les secteurs les plus impactés soient accompagnés. »
  • 11:23Invité politiqueFait
    « Ça, c'est quelque chose déjà qu'on demande depuis longtemps. »
  • 12:50Invité politiqueFait
    « Évidemment, qu'à circonstances exceptionnelles, eh bien, cadre politique exceptionnel. »
  • 13:23Invité politiqueFait
    « Au niveau européen, il est extrêmement clair que face à circonstances exceptionnelles, mesures exceptionnelles, traitements exceptionnels. »
  • 14:46Invité politiqueFait
    « La souveraineté, la capacité à produire en Europe des médicaments notamment pour que nous puissions en toutes circonstances avoir accès à ces médicaments. »
  • 15:11Invité politiqueFait
    « Pour nous assurer de deux choses. D'abord que en toutes circonstances nous puissions avoir accès à un certain nombre de médicaments et par ailleurs que nous puissions avoir aussi une forme de contrôle sur les prix. »
  • 20:10Invité politiqueFait
    « C'est ni l'impuissance, ni la passivité. »
  • 22:20Invité politiqueFait
    « C'est une bonne idée s'il est appliqué. »
  • 22:34Invité politiqueChiffre
    « Oui, ce n'est pas à la Turquie. C'est à des acteurs qui sont en Turquie pour notamment s'occuper des 3,6 millions de réfugiés déplacés. »
  • 24:02Invité politiqueFait
    « Moi ce qui est sûr c'est qu'une manifestation pour le droit des femmes je pense qu'il est important qu'elle puisse se tenir en toute sécurité. »
  • 25:43Invité politiqueFait
    « nous avons évidemment des sanctions à prendre c'est pour ça qu'une enquête est ouverte et que nous attendons les faits »

Temps de parole

  • Amélie de Montchalin61 %
  • Présentateur17 %
  • Locuteur 39 %
  • Locuteur 28 %

1,9 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:05
Présentateur

Bonjour Amélie de Montchalin. Bonjour. Le coronavirus continue de progresser en Europe. On va revenir sur la situation italienne dans un instant. La France prend des mesures pour essayer de freiner l'épidémie. Écoutez le ministre de la Santé, Olivier Véran, hier soir, après un nouveau Conseil de défense à l'Elysée.

0:20
Locuteur 8

A l'échelle nationale, tous les rassemblements de plus de 1000 personnes sont désormais interdits. Les préfets, les ministères, feront remonter une liste d'événements considérés comme utiles à la vie de la nation. Je précise que les manifestations en feront partie, tout comme les concours par exemple, ou encore le recours au transport en commun.

0:44
Présentateur

Olivier Véran, hier soir, après ce Conseil de défense à l'Elysée, on a l'impression qu'on retarde le plus possible le passage au stade 3. Il est prévu pour quand, d'après vous ?

0:52
Amélie de Montchalin

On voit bien d'abord qu'il faut rappeler les objectifs. Aujourd'hui, en fait, on cherche à faire deux choses. D'abord, vraiment ralentir la progression du virus et mettre à l'abri, protéger les personnes les plus fragiles pour qu'on puisse, le cas échéant, à la fois avoir une préparation dans les hôpitaux et puis surtout avoir le moins de personnes fragiles impactées par ce virus. Donc c'est pour ça qu'on voit que, de manière très locale, là où le virus est très actif, on a des mesures de confinement dans certains départements. Dans l'Oise, dans le Haut-Rhin, une partie de la Corse également. Exactement, dans les écoles, dans les endroits où c'est le plus actif.

Et puis, dans le reste du pays, on a ces fameux gestes barrières où c'est, au fond, au niveau individuel qu'on est aujourd'hui le plus efficace en se lavant les mains, en évitant de se serrer la main ou de se toucher, en ayant aussi de la précaution, notamment vis-à-vis des personnes âgées. Donc, dans ce cadre-là, ce qu'annonce, effectivement, Olivier Véran hier, après le Conseil de défense, c'est que nous prenons des précautions pour que les endroits où le virus puisse circuler et donc ne pas être ralenti soient le plus réduits possible. C'est pour ça qu'il y a une limite à 1 000 personnes.

1:55
Présentateur

Donc, on y va graduellement, pas de passage au stade 3 pour l'instant, ça n'est pas d'actualité.

1:58
Amélie de Montchalin

En fait, ce stade 3, il faut, je crois, aussi bien préciser. Le virus ne sera pas plus dangereux parce qu'on sera au stade 3. Simplement, le stade 3, c'est une façon différente d'organiser les services publics et de donner des priorités. C'est la période où on se dit que le virus n'arrive plus à être ralenti. Jusqu'à maintenant, on y arrive. Donc, on fait le plus possible dans cette direction. Au stade 3, comme vous le dites, c'est une nouvelle organisation. Et là, on met tous les moyens, surtout sur le soin, sur la prise en charge des personnes malades. À ce moment-là, la médecine de ville, par exemple, joue un rôle très particulier. Et donc, on fait des choses, vous voyez, par étapes.

2:31
Présentateur

C'est-à-dire qu'on aiguille, en fait, les patients qui sont porteurs du coronavirus, mais globalement vont bien. On les laisse chez eux pour ne pas encombrer les hôpitaux.

2:38
Amélie de Montchalin

À ce moment-là, comme la priorité, c'est la prise en charge des personnes malades et en particulier celles qui sont dans les conditions les plus affectées, eh bien, on fait exactement une différenciation. Tout l'enjeu, je crois que c'est vraiment important, c'est de ne pas céder à la peur ou à la psychose, mais c'est d'apporter des réponses différenciées, locales, adaptées, au fond, à ce qui se passe sur le terrain, et amener les Français surtout à ce que le pays ne s'arrête pas, que nous puissions continuer à avoir une vie économique, sociale, démocratique le plus longtemps possible et dans la plus grande zone possible.

3:08
Locuteur 2

Une question de Renaud Delis. Est-ce que ce passage au stade 3, qui est donc inéluctable à terme et qui va toucher, donc qui va concerner la réorganisation de nos services publics, que vous vous expliquiez à l'instant, est-ce que ça nous entraînerait aussi à prendre des mesures concernant les transports, les transports publics ?

3:21
Amélie de Montchalin

À ce stade, ce n'est pas l'option que nous privilégions pour une raison, par exemple, très simple. Si on dit que ce qu'on cherche dans cette phase-là, c'est d'avoir des hôpitaux qui fonctionnent le mieux possible, d'avoir, comme déjà aujourd'hui, une extrêmement forte mobilisation de tout le système de santé, à ce moment-là, il faut qu'elle soit encore décuplée. On a besoin que les infirmières puissent aller dans les hôpitaux. On a besoin que les médecins puissent se déplacer.

Donc vous voyez bien qu'à ce moment-là, on a des mesures qui pourraient être vues comme de bon sens, qui seraient en fait contre-productives, parce qu'on empêcherait, là aussi, de donner toute sa priorité au bon fonctionnement du système de santé.

3:55
Locuteur 2

Donc vous excluez ce type de mesures, quelle que soit l'évolution de l'épidémie ?

3:59
Amélie de Montchalin

Aujourd'hui, on fait les choses par étapes. On essaie de suivre la science, et on essaie de faire des choses qui soient cohérentes. Je vous dis qu'il nous semble extrêmement important d'assurer la continuité absolue des systèmes de santé, et à ce titre, on sait que les systèmes de transport sont des infrastructures nécessaires, notamment, je vous dis, pour que les infirmières, les personnes soignantes, tous les personnels de l'hôpital puissent arriver à destination.

4:20
Présentateur

Mais ce qui est vrai aujourd'hui ne sera pas forcément vrai, plus tard, en fonction de l'évolution de la situation.

4:24
Amélie de Montchalin

Et c'est pour ça qu'on communique, vous voyez, en toute transparence, étape par étape, et qu'on fait des choses différenciées, parce que ça n'aurait aucun sens, dans une région qui n'a pas de circulation active du virus, de prendre les mesures qu'on prend, dans le Rouen ou dans l'Oise, où on fait des choses pour rassurer la population, et être, vous voyez, à la bonne échelle,

4:41
Présentateur

Alors, vous parlez de rassurer la population, il y a les ressortissants français, également, à l'étranger, qui sont parfois un peu, ils se sentent un peu laissés pour compte. On se souvient du rapatriement des Français de Wuhan, en Chine, qui avait commencé très tôt, au moment où l'épidémie s'est déclarée dans le pays. Il y a également des ressortissants qui sont actuellement bloqués en Égypte. Par exemple, écoutez, cette jeune femme, Katia, elle est en croisière sur le Nil, sur un bateau qui a été touché par le coronavirus. Elle se retrouve en partie isolée sur ce bateau, et elle a été jointe par nos collègues de France Bleu Périgord.

5:12
Locuteur 5

On est vraiment démunis, on n'a aucune nouvelle de notre gouvernement. Nous, et tout ce qu'on veut, c'est que la France, venez nous chercher, quoi. Venez tous nous chercher.

5:21
Présentateur

Voilà l'émotion, donc, de cette Française, Katia, qui est bloquée sur un bateau en Égypte. Qu'est-ce que vous lui répondez, Katia ?

5:27
Amélie de Montchalin

On a une cellule de crise au Cadorcet, et je vais m'assurer qu'elle est bien identifiée. Les consulats, dans tous les pays du monde, ont d'ailleurs une activité qui augmente. J'étais moi-même aux Etats-Unis, il y a quelques jours. Eh bien, partout dans le monde, les consulats, qui sont les points d'accueil, en fait, des Français qui sont à l'étranger de manière permanente ou temporaire, sont particulièrement mobilisés. Donc, je vais m'enseigner, voilà, sur son cas particulier. Cette cellule de crise est une cellule qui, justement, permet que, depuis la France, on ait une compréhension claire de tout ce qui se passe pour nos ressentissants dans le monde, et de mettre des moyens...

6:01
Présentateur

Mais est-ce que les autorités égyptiennes sont des autorités fiables, puisqu'elles n'évoquent pour l'instant que 48 cas dans le pays, dont 45 qui proviendraient de ce bateau dans lequel est bloqué Katia ? Ça voudrait dire seulement 3 cas dans tout le pays de l'Égypte.

6:11
Amélie de Montchalin

Vous imaginez bien que le monde entier se prépare. Le monde entier prend des mesures. Il y a certains pays où on le voit, la progression de l'épidémie, de fait, factuellement, on le voit d'ailleurs dans certains pays européens, n'en est qu'à ses débuts. Je n'ai pas ici jugé, vous voyez depuis ici, le centre de Paris, ce qui se passe dans un pays où je n'ai pas aujourd'hui les détails. Ce qui est important, c'est la coordination internationale, à la fois au niveau européen, notamment pour la recherche...

6:35
Locuteur 2

Elle existe aujourd'hui. Aujourd'hui, on voit bien que les pays européens prennent chacun des mesures différentes, selon l'impact d'ailleurs de la maladie dans leur pays. Est-ce qu'aujourd'hui, il y a une coordination pour qu'il y ait des mesures communes, cohérentes à l'échelle de l'Union européenne ?

6:46
Amélie de Montchalin

Au niveau européen, il y a trois choses qui se passent, qui sont essentielles. D'abord, c'est une transparence totale sur l'épidémie, sur comment les chiffres évoluent, pour que nous ayons un bon suivi de l'épidémie elle-même. Ça, c'est extrêmement important. Deuxième chose, c'est qu'il y a un effort commun sur la recherche, pour qu'on ne fasse pas 27 fois la même recherche, mais plutôt qu'on mette en commun si on veut tester des médicaments, si on veut tester des traitements. Ça, c'est essentiel. Et il y a aussi une doctrine commune sur l'idée qu'on fasse des choses de manière différenciée, locale. C'est pour ça que...

7:13
Locuteur 2

Donc, il n'y a pas de mesures communes ?

7:15
Amélie de Montchalin

Il ne peut pas y avoir de mesures communes. Si vous êtes dans un système où le sujet, c'est un problème de santé qui doit être traité au plus proche des patients, les systèmes de santé sont différents, la prise en charge est différente. Et donc, on met tous les moyens. Après, il y a de l'appui économique, il y a de l'appui budgétaire, il y a eu des rapatriements faits en commun. Donc, tout ce qui a du sens à être fait ensemble, eh bien, on le fait ensemble. Et ensuite, surtout, on a de la solidarité pour que chacun des pays prenne des mesures qui soient le plus adaptées.

Vous avez des pays comme l'Allemagne, comme l'Italie, comme la France qui ont des foyers localisés et donc on prend des mesures localisées. Et vous avez des pays qui, pour l'instant, objectivement, sont très peu touchés. Donc là, qui sont encore dans la phase de prévention.

7:52
Présentateur

La réponse européenne au coronavirus, on continue d'en parler avec vous, Amélie de Montchalin, secrétaire d'État à l'Europe, dans quelques instants, juste après, un coup d'œil sur le fil. Info à 8h40, Soazigbourg.

8:02
Locuteur 3

L'impact du coronavirus sera sévère sur la croissance française en 2020, annonce de Bruno Le Maire sur France Inter, le ministre de l'Économie, qui doit rencontrer aujourd'hui les différents représentants des secteurs, toucher les voyagistes, craignent un risque pour leur emploi et demandent un report des charges fiscales et sociales. L'arsenal des mesures, lui, est renforcé. Les rassemblements de plus de 1 000 personnes interdites, sauf exception, à savoir les manifestations, les concours et le recours au transport en commun.

15 millions d'Italiens sont confinés dans le nord du pays, 2 000 ans à Venise, le pays troisième, le pays le plus touché par l'épidémie de coronavirus après la Chine et la Corée du Sud, plus de 7 300 cas et 366 morts. Le député En Marche, Aurélien Taché, demande des décisions et des sanctions après les vidéos de la manifestation féministe de samedi, des scènes de violence et 9 militantes interpellées. Christophe Castaner a demandé de son côté un rapport à la préfecture de police de Paris. Et puis le procès du vol MH17 s'ouvre aujourd'hui, quatre personnes jugées pour leur implication dans le crash du Boeing de la Malaysian Airlines, abattu au-dessus de l'Ukraine en 2014, faisant 298 morts.

9:03
Locuteur 4

France Info, et tout est plus clair.

9:07
Présentateur

Amélie de Montchalin, secrétaire d'Etat aux Affaires européennes, invitée du 8.30 de France Info ce matin, ont parlé de la réponse européenne face au coronavirus, une réponse qui n'est pas forcément unifiée, différenciée en tout cas selon les pays. Il va falloir donner une réponse également aux conséquences économiques du coronavirus. Bruno Le Maire, votre collègue de l'économie, est en ce moment l'invité de France Inter. Il explique que les conséquences peuvent être assez importantes avec plusieurs fois 0,1 point de pourcentage du PIB qui viendrait impacter la croissance. La croissance pourrait tomber sous le 1% du PIB. C'est aussi la crainte que vous avez ?

9:44
Amélie de Montchalin

Alors, ce qui est sûr, c'est que moi je suis économiste de formation, c'est très difficile aujourd'hui de savoir quel sera l'impact. On voit bien qu'on est au début, d'une certaine manière, d'un phénomène qui va s'étendre dans le temps. On va essayer de se s'asseoir le plus court possible, le moins impactant possible. D'abord, en termes de santé, effectivement, il faut qu'on soit là extrêmement vigilants.

Ce qui me semble important à dire, c'est que nous sommes mobilisés pour que notamment toutes les entreprises, tous les secteurs les plus impactés soient accompagnés, parfois avec des mesures de chômage partiel, parfois avec des mesures d'étalement des charges sociales et fiscales, parfois avec de l'aide au cas par cas. Parfois avec des mesures qui sont en lien avec les grands groupes, quand vous êtes une PME. Donc on fait du cas par cas. Et il est évident que notre priorité, c'est de préserver à la fois l'emploi, l'activité. Et donc il y a une partie, vous avez vu en Italie, qui dépend aussi de la relance publique. Donc on a une palette de mesures.

Je pense qu'il faudra compter et voir l'impact une fois que ce sera fini. C'est très, très difficile aujourd'hui de donner des chiffres.

10:39
Locuteur 2

Aujourd'hui, Amélie de Monchal, cette crise du coronavirus, ce n'est pas seulement une crise sanitaire, c'est déjà une crise économique.

10:43
Amélie de Montchalin

C'est une crise aujourd'hui qui déjà impacte les flux mondiaux. Il y a une partie des exportations, des importations, notamment à partir de la Chine ou vers la Chine, qui ont été ralenties puisque la vie économique en Chine après le confinement a elle-même beaucoup ralenti. Ça impacte aussi les secteurs, on l'a dit, comme le tourisme, comme les voyagistes. Donc aujourd'hui, on a une approche sectorielle. Et donc on est, et le gouvernement dans son ensemble, que ce soit sur les aspects du ministère du Travail, bien sûr Bercy, bien sûr les secteurs spécifiquement impactés ont un suivi au cas par cas.

11:14
Locuteur 2

Il faudra des mesures de relance de l'activité en France d'une part et à l'échelle européenne d'autre part. Bruno Le Maire réclame, évoque ce matin, la nécessité d'un plan d'investissement massif à l'échelle européenne.

11:23
Amélie de Montchalin

Ça, c'est quelque chose déjà qu'on demande depuis longtemps. C'est-à-dire que ça fait longtemps qu'on observe, déjà depuis quelques trimestres, qu'on a une baisse de l'investissement, qu'on a certains pays qui ralentissent.

11:31
Locuteur 2

Et là, c'est directement lié à l'impact du coronavirus.

11:33
Amélie de Montchalin

C'est d'autant plus justifié que vous avez conjoncturellement, on le voit bien, à côté de ces phénomènes plus structurels, on a conjoncturellement un ralentissement. Donc tout ça justifie effectivement que l'État investisse. Alors investisse dans les choses utiles, dans la transition climatique, dans les infrastructures, dans des choses qui pourront durer au-delà de la crise.

11:52
Présentateur

L'Italie, par exemple, met 7,5 milliards sur la table pour relancer l'économie dans le pays. C'est dans le même ordre de grandeur qu'il faudrait être en France ?

12:00
Amélie de Montchalin

Aujourd'hui, il faut qu'on accompagne les choses au cas par cas, région par région. Nous, déjà, en France, on cherche à être en accompagnant des entreprises elles-mêmes avant d'avoir des chiffres généraux. On voit bien que la situation n'est pas du tout la même en Italie, où le cœur et le poumon économique est arrêté. Et la France, vous avez aujourd'hui deux départements qui sont particulièrement impactés et avec certaines villes ensuite isolées. Donc là aussi, je pense qu'il faut avoir une vision très calme, très pragmatique, très consciente des risques, de l'accompagnement nécessaire et de faire évoluer nos dispositifs

12:32
Locuteur 2

en fonction de la situation. Justement, est-ce que ça veut dire, Amélie de Montchalin, que dans cette période exceptionnelle de crise sanitaire, avec ces mesures de relance, de soutien de l'activité qu'il faut prendre, il faut s'affranchir de l'impératif de réduction des déficits pour au moins un certain temps ?

12:46
Amélie de Montchalin

Évidemment, qu'à circonstances exceptionnelles, eh bien, cadre politique exceptionnel. Vous avez, dans les règles européennes, prévu les cas de force majeure. Une épidémie, c'est typiquement un cas de force majeure. Ensuite, Thierry Breton l'a très bien dit au nom de la Commission européenne hier, les règles ne sont pas là pour faire des choses qui n'ont pas de sens. Les règles sont là pour encadrer les choses en temps normal. Eh bien, quand nous ne sommes pas en temps normal, les choses s'adaptent. Il est pas le même

13:11
Présentateur

règle de 3% ? Au marché intérieur, Thierry Breton, je le précise, mais est-ce que vous aurez l'aval, le soutien de l'Allemagne d'Angela Merkel qu'on sait très frileuse sur ces questions d'affranchissement des règles européennes ?

13:22
Amélie de Montchalin

Au niveau européen, il est extrêmement clair que face à circonstances exceptionnelles, mesures exceptionnelles, traitements exceptionnels, ce n'est pas de Bruxelles qu'on gère les hôpitaux. Mais en revanche, depuis Bruxelles, on a pu gérer en commun le rapatriement des citoyens européens de Chine. Depuis Bruxelles, on peut gérer notre recherche. Depuis Bruxelles, on peut, s'il y a des secteurs particulièrement impactés, faire des choses ensemble. Là aussi, l'Europe, elle agit là où elle est pertinente. C'est une puissance qui peut agir à un certain niveau. Il y a des choses qui se font au niveau très local et des choses qui se font au niveau collectif.

Et donc là aussi, il faut du bon sens et surtout rester dans une optique où on fait les choses graduellement en fonction des besoins, en étant tout à fait mobilisés, prêts à faire beaucoup plus, mais en adaptant la réponse.

14:03
Locuteur 2

Justement, à l'occasion de cette crise à Mille-Montchalin, on découvre aussi l'ampleur de notre dépendance économique, la dépendance de la France et de l'Union européenne à l'endroit de la Chine, dans des secteurs parfois aussi stratégiques que celui du médicament. Voici la proposition que tire de ce constat le député insoumis Rien Quatennens.

14:19
Locuteur 1

Nous voulons effectivement instaurer un pôle public du médicament qui permettrait de relocaliser la production à un certain nombre d'entre eux et qui permettrait d'assurer en quelque sorte une forme de souveraineté sanitaire que nous avons perdue de fait.

14:31
Locuteur 2

C'était hier chez nos confrères de RTL. A mesure exceptionnelle, situation exceptionnelle, mesure exceptionnelle, disiez-vous, pourquoi pas nationaliser le secteur du médicament au vu de notre dépendance aujourd'hui ?

14:40
Amélie de Montchalin

Je remercie Rien Quatennens de s'intéresser à un sujet sur lequel le gouvernement et l'Europe travaillent déjà depuis quelques mois.

14:46
Locuteur 2

Vous dirigez déjà

14:48
Amélie de Montchalin

pas une nationalisation. La souveraineté, la capacité à produire en Europe des médicaments notamment pour que nous puissions en toutes circonstances avoir accès à ces médicaments. C'est un sujet sur lequel une mission d'ailleurs du Premier ministre a été confiée il y a maintenant quelques mois. Des propositions vont être faites. C'est Jacques Biot qui travaille sur ce sujet.

15:06
Présentateur

Mais pourquoi ? Pour réinstaller la production des matières premières

15:09
Amélie de Montchalin

au sein de l'Europe, au sein de la France ? Pour nous assurer de deux choses. D'abord que en toutes circonstances nous puissions avoir accès à un certain nombre de médicaments et par ailleurs que nous puissions avoir aussi une forme de contrôle sur les prix. Vous savez que vous avez des médicaments aujourd'hui très innovants qui parfois sont produits très très loin de chez nous mais sur lesquels du coup on est dépendant du bon vouloir d'un fabricant. L'encadrement par exemple qu'on a aujourd'hui sur les prix des médicaments en France ou en Europe n'est pas forcément applicable à des gens qui vous le vendent depuis l'autre bout du monde. Mais ça veut dire

15:36
Présentateur

qu'on joue sur les stocks ou qu'on fait carrément revenir la production des médicaments ?

15:39
Amélie de Montchalin

Il y a un enjeu industriel évidemment. Quand on parle de souveraineté européenne, voilà un très bon sujet. C'est-à-dire être capable sur des sujets qui nous semblent être extrêmement importants à notre autonomie, à notre indépendance de pouvoir avoir une relocalisation. C'est un sujet sur lequel Olivier Véran est déjà très impliqué.

15:55
Locuteur 2

Comment a-t-on pu en arriver là à avoir une telle dépendance sur un secteur aussi stratégique que le médicament ? Plus de 90% de le médicament dépendent de la production en Chine.

16:05
Amélie de Montchalin

En soi, ce n'est pas un problème. Ça devient un problème quand vous avez...

16:08
Locuteur 2

Ce n'est pas un problème en soi. Par nature, sur un secteur aussi stratégique, ça ne pose pas un problème. Vous avez plein de secteurs stratégiques. En termes de construction justement de cette fameuse souveraineté européenne.

16:16
Amélie de Montchalin

En soi, vous avez beaucoup de secteurs stratégiques qui dépendent de ce qu'on appelle de chaînes de valeurs qui sont interconnectées, qui sont internationales. Il y a des bouts qui sont produits d'un côté, des bouts de l'autre. Le commerce international permet... Donc théoriquement, ça ne pose pas un problème. Il n'y a pas de souveraineté européenne. Je ne veux pas inquiéter les Français aujourd'hui en leur disant on va manquer de médicaments.

Ce que l'on dit, c'est qu'effectivement, aujourd'hui, on s'aperçoit que notamment dans les médicaments innovants, des choses qui ne sont pas forcément déjà partie d'Europe et juste qui n'ont jamais peut-être été ici, ça vaut le coup de pouvoir s'assurer que nous ayons des filières de production chez nous pour que cette souveraineté...

16:47
Locuteur 2

Il a fallu le coronavirus pour s'en apercevoir.

16:48
Amélie de Montchalin

Non, c'est bien pour ça que je vous dis que ça fait des mois. Ça fait déjà plusieurs mois. Si vous regardez cette mission que le Premier ministre a confiée, ça date de bien avant le coronavirus. C'est un sujet notamment pour la médecine génomique essentielle. Et c'est sur les rails.

16:58
Présentateur

Les laboratoires suivent.

17:00
Amélie de Montchalin

Exactement. Je peux vous dire que ce sont des sujets sur lesquels les laboratoires travaillent sur la possibilité d'avoir des cercles de production, notamment au niveau européen. On n'est pas du tout dans un sujet où il faudrait se dire qu'on prend des mesures radicales. Je ne vous parle pas de nationalisation. C'est un débat industriel. La stratégie industrielle européenne, dans un certain nombre de domaines, demande à ce qu'on ait un contrôle plus précis d'un certain nombre de chaînes de valeur. C'est au cœur de la stratégie de Thierry Breton, d'Orsula Fondanel, que la France demande. Et quand on parle souveraineté, on est là au cœur de quelque chose de concret.

Parfois, les gens vous disent ça veut dire quoi la souveraineté ? Eh bien là, c'est concret. C'est la capacité à produire chez nous, selon nos règles, selon nos prix, selon nos modèles économiques, par exemple, des médicaments très innovants, personnalisés. Eh bien ça, c'est des choses sur lesquelles l'Europe aujourd'hui investit. Et ça ne date pas du coronavirus, j'insiste, parce qu'on a sinon l'impression qu'on est toujours à la traîne. Là, sur ce sujet-là, c'est des choses qu'on a déjà bien mis dans les tuyaux bien avant.

17:51
Présentateur

Alors, vous parlez de souveraineté européenne, on va parler dans un instant de la souveraineté du point de vue des frontières de l'Europe puisqu'il y a une crise en ce moment qui se déroule aux frontières de l'Europe, plus précisément entre la Grèce et la Turquie. On va y revenir juste après l'info à 8h50 avec Sois-Igbour.

18:06
Locuteur 3

Bruno Le Maire appelle à un plan de relance européen pour l'après-épidémie de coronavirus. Le ministre de l'Économie envisage une croissance en dessous de 1% pour la France. L'impact sera sévère, dit-il. Il doit rencontrer aujourd'hui les différents acteurs de l'économie directement touchés par la crise. Les élèves de l'Oise, du Haut-Rhin et d'Ajaccio, eux, ne rentrent pas à l'école. Aujourd'hui, établissement scolaire fermé pendant deux semaines, les rassemblements de plus de 1000 personnes interdits, excepté les manifestations, les concours et le recours au transport en commun. Conséquence de cette épidémie, le tournoi de tennis californien d'Indian Wells annulé.

Incertitude pour le match retour de Ligue des Champions pour les 8e de finale entre le PSG et Dortmund, prévus mercredi. C'est l'une des images fortes du mouvement des Gilets jaunes. La préfecture du Puy-en-Velay incendiée en décembre 2018. Quatre hommes jugés aujourd'hui. L'audience avait été reportée en raison du mouvement de grève des avocats. Recep Tayyip Erdogan attendu à Bruxelles aujourd'hui pour tenter de trouver un accord sur la question migratoire. Après avoir ouvert ses portes vers l'Europe, l'Union européenne envisage d'en accueillir 1500 migrants, des enfants mineurs bloqués sur les îles grecques. Et puis lourde chute des cours du pétrole en Asie.

Conséquence de la baisse des prix à la livraison décidée par l'Arabie saoudite après l'échec de la réunion entre l'OPEP, l'organisation des pays exportateurs de pétrole et ses alliés.

19:27
Locuteur 4

France Info Et tout est plus clair.

19:31
Présentateur

Amélie de Montchalin, secrétaire d'État aux affaires européennes, invitée du 8.30 de France Info. Le président turc Recep Tayyip Erdogan sera tout à l'heure à Bruxelles pour discuter des frontières de l'Union européenne, essayer d'obtenir un accord après l'ouverture par la Turquie de sa frontière avec la Grèce. Plusieurs milliers de migrants qui fuient les combats en Syrie se sont retrouvés acculés à la frontière. Et ce matin, c'est l'Allemagne qui annonce un accord pour l'accueil de 1 500 migrants des enfants mineurs en Europe. Est-ce que la France va accueillir une partie de ces enfants ?

20:05
Amélie de Montchalin

Nous, côté français et aux côtés de tous les Européens, on a une politique qui est très claire. C'est ni l'impuissance, ni la passivité. Et on a trois priorités dans ce moment. D'abord, c'est une priorité humanitaire. Et donc, c'est effectivement d'accompagner financièrement avec du matériel à la fois les populations qui sont en Syrie,

20:23
Présentateur

ça veut dire qu'on n'accueille pas une partie de ces migrants ?

20:26
Amélie de Montchalin

On a aujourd'hui avec la Grèce tout un travail de collaboration qui date depuis maintenant plusieurs trimestres, plusieurs années, de relocalisation chez nous, de personnes qui sont particulièrement en danger. C'est des choses qu'on fait au cas par cas, notamment pour les enfants. Et ça, ça a toujours eu lieu et ça continuera. C'est une solidarité européenne.

20:43
Présentateur

Donc là, on est tout à fait dans ce cadre-là.

20:44
Amélie de Montchalin

Très organisé. Sur la situation elle-même, il y a un sujet humanitaire. Et donc là-dessus, et l'Europe et la France investissent, mettent des moyens. Et je pense que c'est extrêmement important de le rappeler, que ce soit en Syrie, en Turquie, sur les îles grecques et donc sur l'ensemble des endroits où il y a des personnes qui sont aujourd'hui en danger. Ensuite, on a une réponse qui doit être forte vis-à-vis de la Turquie qui nous met une pression qui nous semble être inacceptable.

21:07
Présentateur

Du chantage, disent même les dirigeants européens. Vous êtes d'accord avec ce terme ?

21:10
Amélie de Montchalin

Mais je suis d'accord avec ce terme puisque ça consiste à dire nous avons un accord, nous travaillons ensemble. S'il y a des difficultés, parlons-en. C'est pour ça qu'il est extrêmement important qu'il y ait cette réunion aujourd'hui à Bruxelles entre Erdogan, Charles Michel et Ursula von der Leyen parce que nous voulons discuter. Et ensuite, il y a un sujet politique, diplomatique de long terme. C'est qu'il faut que nous trouvions une solution en Syrie parce qu'on peut, vous voyez, chercher à trouver des solutions temporaires. On ne résoudra tout ça qu'avec une solution politique.

21:36
Présentateur

Il veut quoi, Recep Tayyip Erdogan ? Il veut de l'argent,

21:37
Amélie de Montchalin

tout simplement ? Aujourd'hui, ce que je comprends, c'est qu'il voudrait du soutien en Syrie pour s'assurer que nous puissions avoir une fin des combats au nord de la Syrie. C'est ce que nous avons aujourd'hui de fait puisqu'un cessez-le-feu a été accordé. Nous voulons une solution de long terme. Il ne faut pas que les combats puissent reprendre. Sinon, on voit bien qu'on est dans quelque chose qui est d'abord humanivèrement très difficile et qui est géopolitiquement qui n'est pas acceptable parce que ce n'est pas comme ça qu'entre puissances, on se parle par du chantage, par de la pression en utilisant des vies humaines pour se faire pression les uns sur les autres.

22:09
Locuteur 2

Question de droit d'un délit. Amélie Montchalin, vous le rappelez, il y a un accord passé entre l'Union européenne et la Turquie. C'était vraiment une bonne idée cet accord signé en 2016 pour confier justement à Erdogan la gestion des flux migratoires ?

22:19
Amélie de Montchalin

C'est une bonne idée s'il est appliqué.

22:21
Locuteur 2

Aujourd'hui... L'Europe a fait preuve de naïveté au moins.

22:24
Amélie de Montchalin

Ce n'est pas une illustration de plus de l'impuissance européenne sur ce dossier. Je rappelle pour vos auditeurs que l'accord, c'est un accord financier qui permet à des ONG...

22:30
Présentateur

6 milliards d'euros, c'est bien ça ? C'est ce que l'Union européenne donne à la Turquie ?

22:34
Amélie de Montchalin

Oui, ce n'est pas à la Turquie. C'est à des acteurs qui sont en Turquie pour notamment s'occuper des 3,6 millions de réfugiés déplacés qui sont la conséquence de cette crise syrienne qui dure depuis beaucoup trop longtemps.

22:46
Locuteur 2

L'Europe s'est mise dans la main d'Erdogan ?

22:48
Amélie de Montchalin

On s'est mis dans la main de personne. Une situation se produisait. 3,6 millions de personnes quittent leur pays parce que c'est la guerre, se retrouvent en Turquie. Et donc nous apportons notre soutien pour éviter que ces personnes de la Turquie continuent de se déplacer de plus en plus loin de chez elles parce que nous avons toujours et nous garderons toujours cet espoir de pouvoir trouver dans le plus bref délai une situation pérennisée, stabilisée en Syrie pour que ces personnes puissent revenir chez elles. Le but n'est pas que ces personnes continuent d'être déplacées à très long terme.

Le but c'est que et c'est pour ça que les efforts diplomatiques se concentrent en particulier sur ce qui se passe en Syrie.

23:24
Présentateur

On va revenir en France un court instant puisque samedi soir une manifestation féministe s'est terminée dans une forme de violence en tout cas on a vu des images circuler sur les réseaux sociaux de charges policières qui ont choqué jusqu'à votre collègue au gouvernement la secrétaire d'Etat à l'égalité femmes-hommes Marlène Schiappa.

23:44
Locuteur 6

Effectivement nous avons vu ces vidéos sur les réseaux sociaux où des femmes sont bousculées et certaines molestées et particulièrement des jeunes femmes donc moi j'ai trouvé ces images choquantes par des policiers par des gendarmes plus exactement j'ai trouvé ces images choquantes.

23:59
Présentateur

Est-ce que vous aussi vous avez été choquée par les images Amélie de Montchalin ?

24:02
Amélie de Montchalin

Moi ce qui est sûr c'est qu'une manifestation pour le droit des femmes je pense qu'il est important qu'elle puisse se tenir en toute sécurité je pense qu'il est très important que nous ayons des éclaircissements c'est d'ailleurs pour ça qu'il y a une espèce d'enquête interne

24:14
Locuteur 2

Tu fais une commission d'enquête

24:15
Amélie de Montchalin

non pas simplement une enquête interne

24:18
Locuteur 2

Aurélien Taché le député de la République En Marche réclame lui aujourd'hui une enquête

24:22
Amélie de Montchalin

Chacun peut y aller de sa manière d'avoir les faits moi je pense qu'il est très important que nous ayons toute la clarté sur ce qui s'est passé de part et d'autre parce qu'il y a eu des interpellations

24:30
Présentateur

plus personne en garde à vue aujourd'hui aucune poursuite lancée à ce stade d'une parquête Paris

24:35
Amélie de Montchalin

c'est pour ça qu'il faut donc que nous puissions avoir la lumière sur les faits que les femmes puissent effectivement quand elles manifestent pour défendre leurs droits le faire en toute sécurité je voudrais juste qu'on comprenne bien ce qui s'est passé je vois aussi et ça c'est quelque chose qu'il faut qu'on ait tous en tête c'est que il ne faut pas que ça jette l'opprobre ni sur le mouvement féministe ni sur d'ailleurs les efforts que font les forces de l'ordre pas dans cette manifestation au quotidien chaque jour pour accueillir les femmes qui sont accueillies dans les commissariats sont accueillies partout en France je pense que là aussi il faut qu'on puisse clarifier les faits et ne pas faire une espèce d'amalgame gigantesque considérant que les forces de l'ordre seraient forcément des opposants à la cause des femmes je ne pense pas que ce soit la bonne façon de poser les choses donc clarifions la situation et laissons effectivement les femmes manifester en sécurité je crois que dimanche une grande marche a eu lieu

25:18
Locuteur 2

clarifier les faits et des sanctions si jamais c'est nécessaire évidemment

25:21
Amélie de Montchalin

on est vous savez très bien à la fois totalement solidaires avec les forces de l'ordre quand elles sont dans des situations qui les mettent en danger mais on est aussi très fermes sur le fait que

25:31
Présentateur

tout comportement

25:33
Amélie de Montchalin

tout comportement qui n'est pas adapté à la doctrine j'allais dire du maintien de l'ordre et à ce que doit être aujourd'hui en république dans un état de droit le maintien de l'ordre nous avons évidemment des sanctions à prendre c'est pour ça qu'une enquête est ouverte et que nous attendons les faits mais je pense que c'est important de se rappeler que les forces de l'ordre sont aussi partout en France tous les jours et bien des personnes qui accompagnent les femmes notamment dans le dépôt de plainte quand elles ont elles-mêmes subi des violences

25:57
Présentateur

merci Amélie de Montchalin secrétaire d'état aux affaires européennes d'avoir été l'invité de France Info ce matin et l'info politique n'oubliez pas c'est aussi un podcast original sur France Info Paris, la bataille le feuilleton des municipales un nouvel épisode tous les vendredis un podcast à écouter sur franceinfo.fr disponible aussi sur l'application Radio France