Costas-Gavras est auditionné sur les violences commises dans le secteur du cinéma à l'Assemblée
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Mes chers collègues, bon, ils vont arriver. Ils ne sont pas encore là, mais ils vont arriver. A la suite de la tentative de programmation sans aucune forme de médiation du film Le Dernier Tango à Paris, en décembre dernier, par la Cinémathèque française, nous avons souhaité entendre ces représentants. J'accueille donc aujourd'hui M. Costa Gavras, cinéaste et président de la Cinémathèque. Bonjour, monsieur. M. Frédéric Bonneau, son directeur général. Bonjour, monsieur. M. Jean-François Roger, son directeur de la programmation. Bonjour, monsieur. Et Mme Peggy Annon, la directrice générale adjointe. Bonjour, madame. J'espère que j'ai bien prononcé votre nom. Super.
Je rappelle que ce film de Bernardo Bertolucci, sorti en 1972, suscite aujourd'hui la polémique du fait d'une scène de viol anal, non prévue dans le scénario initial, et qui a été tournée sans le consentement de Maria Schneider, mineure au moment des faits. La scène a été décidée autour d'un petit déjeuner, le matin même, par le réalisateur et l'acteur Marlon Brando. Les tartines qu'il beurrait leur ayant inspiré, semble-t-il, le détail particulièrement sordide que nous connaissons, à savoir l'usage du beurre comme lubrifiant, qui a réellement été appliqué sur une partie intime du corps de Maria Schneider.
Ils se sont mis d'accord sur le fait de ne pas en parler à l'actrice, afin de capter à la caméra un sentiment réel de terreur, d'humiliation et aussi de rage. Et ce sont des larmes réelles que la jeune femme a versées pendant la scène. Elle a hurlé, pleuré, pour de vrai, écrira Paris Match à la sortie du film. Elle a senti les doigts de l'acteur sur son anatomie, mais pour le réalisateur, cette blessure a été utile au film. Maria Schneider, décédée depuis, n'a semble-t-il pas été violée au sens du code pénal. Néanmoins, elle a été définitivement traumatisée par ce tournage, et en particulier par cette scène qu'elle a ressentie comme un double viol.
Et si elle n'a pas été violée, les images montrent qu'elle a tout de même été agressée. Elle a été par la suite en permanence ramenée à cette scène, comme si sa carrière et son talent n'avaient aucune espèce d'importance. Elle ne voulait plus entendre parler de ce film, et pourtant la cinémathèque entendait lui rendre hommage par cette projection. Qu'en dire ? Nous allons en discuter. On peut légitimement s'interroger sur la qualification pénale que les faits dont elle a été victime pourraient revêtir.
De mon point de vue, et du point de vue de la loi probablement, il s'agit d'une agression sexuelle caractérisée, avec qui plus est des circonstances aggravantes, sa minorité et l'autorité qu'avait sur elle le réalisateur. Vous avez dans un premier temps, en réponse à la polémique naissante, envisagé d'organiser un débat précédant la projection, avant de décider, au dernier moment, d'annuler la projection, compte tenu, je cite, « Votre communiqué de presse, des risques sécuritaires encourus, la sécurité du public passant avant toute autre considération. » Il me semble tout aussi dangereux d'exposer le public à ce qui n'est autre qu'une agression réelle filmée et projetée dans une salle.
Je rappelle pour bien situer le débat que l'article 222-33-3 du Code pénal puni de 5 ans d'emprisonnement, le fait de diffuser des images de viol et d'agression sexuelle et que l'art ne fait nullement partie des exceptions permises par cet article, mais peut-être en discuterons-nous lors de cette audition. Nous nous interrogeons sur ce qui a pu motiver chez vous, la programmation de cette œuvre très problématique, initialement, sans même qu'une information ou qu'un débat l'accompagne, et alors même que les procès de Dominique Pellicot et Christophe Ruggia nous appellent ces dernières semaines, s'il en était besoin, que les violences sexuelles font légion, sont légion.
Vous avez diffusé de nombreuses fois ce film depuis 2010, sans que cela ne soulève les foules. Pourtant, en 2024, les consciences ont visiblement évolué. Est-ce à dire que vous n'êtes pas parvenu, vous aussi, à évoluer sur le sujet des violences faites aux femmes, dans la mesure où vous recevez des subsides publics ? La question de votre capacité à embrasser ces changements sociétaux se pose. Se pose également la question de la parité de votre organisation, mais nous y reviendrons. Je rappelle que cette audition est ouverte à la presse et qu'elle est retransmise en direct sur le site de l'Assemblée nationale.
Et avant de vous laisser la parole et d'entamer nos échanges, pendant environ 1h30, je vous rappelle que l'article 6 de l'ordonnance du 17 novembre 1958, relative au fonctionnement des assemblées parlementaires, impose aux personnes entendues par une commission d'enquête de prêter serment, de dire la vérité, toute la vérité et rien que la vérité. Je vous invite donc à lever la main droite, micro ouvert et à dire, je le jure. Ouvrez votre micro. Non, successivement et ouvrez votre micro. M. Costagas-Gavras en premier. Allumez votre micro, s'il vous plaît, monsieur. Non, il y a un bouton devant votre micro qu'il faudrait que vous appuyez. M. Bonneau, il faut éteindre. Je le jure.
Je le jure.
Merci, M. Bonneau.
Je le jure.
Attendez, attendez, attendez. M. Costagas-Gavras, éteignez votre micro, s'il vous plaît. Mais ce n'est pas le cinéma ici, ce sont des micros beaucoup plus capricieux. M. Bonneau.
Je le jure.
Merci, M. Roger.
Je le jure.
Merci, Mme Anon. Je le jure. Merci. Je vous laisse la parole pour un propos liminaire.
Merci, Mme la Présidente, M. le rapporteur, M. et M. les députés. En ma qualité de Président de la Cinémathèque française, je tenais d'exprimer ma position avant de donner la parole à Frédéric Bonon pour vous parler du dernier Tango à Paris et de la Cinémathèque française qui connaît et qui sert avec Mme Péguiamont, tous deux avec grande passion. Et en avant, avec l'aide de membres du bureau de la Cinémathèque française et selon le statut de celle-ci, j'ai choisi M. Frédéric Bonon pour le poste du directeur général parmi un groupe d'une douzaine de candidats et candidates. Le conseil d'administration a accueilli ce choix anonymement.
Frédéric Bonon est un homme de grande culture, direct, parfois un peu trop, grand connaisseur du cinéma. Il dirige la Cinémathèque française et l'importance qu'elle a prise sur sa direction et sur celle de Péguiamont et leur équipe avec une efficacité et une belle vision pour l'avenir. Avec eux, la Cinémathèque est entrée dans une nouvelle ère. Elle tient déjà compte des changements profonds de notre société et elle peut faire mieux. J'ai pleinement confiance à l'importance des discussions de membres, des discussions menées dans votre commission. Elle permet de porter un nouveau regard sur le cinéma, et faire évoluer certaines pratiques et un état d'esprit insupportable.
Nous sommes ici pour parler de la projection du dernier tango à Paris dans le cadre de la rétrospective consacrée à Marlon Brando pour le centième anniversaire de sa naissance. Elle a suscité un nombre considérable de réactions. Notre volonté était loin de la provocation. Elle était de présenter une œuvre importante avec un acteur légendaire pour l'anniversaire des cent ans de sa naissance. Le témoignage de Marie Schneider est devenu une clé de lecture du film. Le film aurait dû faire l'objet d'une présentation des séances très détaillée et approfondie, car ce film est une conséquence grave est indiscutablement sur la vie de Marie Schneider. De Maria Schneider, pardon.
Et la scène incriminée est indébutablement d'une grande violence. Je regrette, nous regrettons, que alors que la scène était bien évoquée dans l'article de présentation de la rétrospective, nous n'avons pas accompagné ce film. Je prends ma responsabilité dans ce refus. Je regrette profondément que nous n'ayons pas prévu d'accompagner la présentation du film avec un, une ou une spécialiste extérieure de la cinémathèque aux côtés d'un spécialiste de la cinémathèque. C'est une leçon pour l'avenir. Et je laisse la parole à Frédéric Bonneau, directeur général de la cinémathèque, pour parler du Neunia Tango et aussi parler de la cinémathèque et ce qu'elle fait.
Madame la Présidente, Monsieur le rapporteur, Mesdames et Messieurs les députés, je tiens tout d'abord à vous présenter mes regrets de ne pas avoir pu être présent le 18 décembre dernier lors de votre première convocation. Des raisons de santé m'ont empêché de l'honorer. Le sujet que porte votre commission est un sujet que je prends très au sérieux et je répondrai volontiers à toutes vos questions. Je souhaite en premier lieu revenir sur la mission de la cinémathèque française que je dirige depuis 9 ans avec le soutien précieux du Conseil d'administration.
Créée par Henri Langlois en 1936, la cinémathèque française est une association loi 1901 de droit privé à but non lucratif, reconnue comme opérateur de l'État et qui a pour but de constituer des collections, de les sauvegarder pour prévenir leur disparition physique, puis de les montrer au public à des fins pédagogiques, esthétiques et scientifiques. Ses statuts précisent bien sa mission. Je cite Elle a pour mission d'assurer dans l'intérêt de l'art et de l'histoire la constitution en France des archives et du musée de la cinématographie et leur utilisation la plus complète.
Elle collecte également des objets et des documents sur l'histoire du cinéma comme par exemple des scénarios, affiches, costumes ou dessins. Parmi ses activités, la cinémathèque française organise entre 1500 et 2000 projections de films par an et plus de 50 rétrospectives. Des conférences et des rencontres portant sur l'histoire du cinéma et ses enjeux esthétiques. Elle organise deux expositions temporaires chaque année, cette année Agnès Varda, en début d'année, puis James Cameron. Elle a ouvert en 2020 un musée Méliès qui constitue son musée permanent à côté de ses expositions temporaires.
La cinémathèque est aussi un lieu d'initiation au cinéma et propose des activités éducatives en direction du jeune public comme des enseignants, des projections, des ateliers, des visites guidées. La cinémathèque est une institution unique qui est devenue au fil des ans l'une des archives les plus respectées dans le monde. En 2024, la cinémathèque a enregistré 440 000 entrées entre ses salles de projection et d'exposition, l'accueil des chercheurs, sa bibliothèque et ses ateliers éducatifs. Nous pouvons être fiers, je pense, d'avoir une telle institution en France et qu'elle soit aussi bien soutenue par l'État via le ministère de la Culture et le CNC.
Son rôle est indispensable et nous mesurons pleinement la responsabilité qui est la nôtre dans la conservation et la transmission de l'art cinématographique. Je précise que nous ne tournons pas de films. Nous les conservons et nous les montrons en bonne intelligence avec nos tutelles et les autres cinémathèques. Notre mission fondamentale est de continuer à montrer tous les films de l'histoire et de l'art cinématographique mais aussi de les accompagner et de les contextualiser. Dans l'exercice de cette mission, nous sommes tributaires de l'histoire du cinéma marquée par la domination masculine.
Malgré cet état de fait qu'évidemment nous déplorons, nous valorisons dans la programmation la création féminine au travers de cinéastes, de comédiennes, de productrices et de scénaristes. C'est ainsi que cette année nous avons par exemple prévu une rétrospective consacrée à Annette Vademan, une cinéariste de grands talents, en particulier du cinéaste Max Ophuls, insuffisamment reconnue du public. Les cinéastes femmes représentent aujourd'hui près de 20% de la programmation de la cinémathèque. C'est insuffisant, certes, mais cela reflète la réalité du passé, la réalité de l'histoire du cinéma. Heureusement, les choses changent.
L'augmentation du nombre de réalisatrices depuis les 40 dernières années se voit de plus en plus dans la programmation, notamment à travers un programme intitulé Aujourd'hui le cinéma, un rendez-vous hebdomadaire consacré aux jeunes cinéastes où la parité est enfin respectée. Les choses évoluent dans le bon sens, même si on peut regretter qu'elles ne progressent pas assez vite. Avant d'en venir à la polémique qui a entouré la programmation du dernier tango à Paris en décembre dernier, j'aimerais vous présenter rapidement la programmation annuelle de la cinémathèque car elle est loin de se réduire à cet épisode.
Comme je vous le disais, nous projetons 1500 films par an et 2000 avant la crise sanitaire. En 2024, par exemple, nous avons eu une programmation d'une très grande richesse. Des cinéastes comme par exemple James Cameron, Marguerite Duras, Judith Elec, Sophie Filière, Abel Gans, Daniel Huillet, Claude Lelouch, Marcel Pagnol, Nancy Savoca et une très belle rétrospective Agnès Varda accompagnée d'une grande exposition qui a réuni 60 000 visiteurs avant d'itinérer à travers le monde. Des acteurs et des actrices comme Mae West ou encore Demi Moore à laquelle nous avons consacré il y a peu une journée spéciale.
Des focus thématiques sur certaines tendances cinématographiques comme une semaine dédiée aux travestis au cinéma, au cinéma d'horreur ou encore à la comédie romantique. La programmation de la Cinémathèque est l'un des axes essentiels de notre mission. Nous veillons à ce qu'elle soit la plus diversifiée et la plus attractive possible et qu'elle permette à chacun pour très peu d'argent d'avoir accès à l'histoire du cinéma. Cette programmation est élaborée par un comité de programmation collégiale composé de 16 personnes, 9 femmes et 7 hommes qui se réunit 12 fois par an pour rétablir les programmes trimestriels.
Un point essentiel pour bien comprendre notre fonctionnement et pour commencer à vous répondre, Madame la Présidente, les programmes sont arrêtés 6 mois à l'avance et ne sont donc pas choisis ou repoussés, écartés en fonction de l'actualité. Nous ne choisissons pas ce qui doit être ou ne pas être montré en restant évidemment dans le cadre légal. J'irai même plus loin, le cœur de notre mission c'est de tout montrer, de continuer à projeter tous les films de l'histoire du cinéma pour un musée. Toutes les œuvres artistiques doivent être proposées mais c'est aussi notre mission de les accompagner le mieux possible.
C'est le comité de programmation qui choisit le type de médiation culturelle, le format de l'accompagnement d'un film, une présentation avant la séance, un dialogue qui fait suite à la séance, une conférence et le choix d'un intervenant ou d'une intervenante en fonction de son expertise pour répondre aux attentes d'un public exigeant et connaisseur. Environ 30% de nos séances sont présentées par des intervenants ou des intervenantes. J'insiste sur ce point on aura l'occasion d'en reparler. Sur 1500 séances par an, faire venir pour un film sur trois quelqu'un pour en parler est un effort assez gigantesque et qui va encore se développer.
Je regrette que depuis cinq semaines maintenant on ne parle de la cinémathèque qu'à travers la polémique du dernier tango à Paris que nous avions programmé à l'occasion des 100 ans de la naissance de Marlon Grandot. Je reconnais que nous avons mal apprécié la situation et que nous avons manqué de vigilance et de discernement. Nous aurions dû faire différemment et nous ferons différemment à l'avenir ce qui aurait évité une annulation de séance un désordre. Or la cinémathèque n'est pas là pour créer du désordre. Au vu de la vivacité des réactions et devant l'impossibilité d'envisager une séance sereine, nous avons pris la décision avec Costa Gavras de le déprogrammer.
Pour tirer les enseignements de cet épisode mouvementé, nous avons réuni notre conseil d'administration le 7 janvier et avons pris un certain nombre de décisions pour l'avenir. Voici deux engagements validés par le conseil d'administration du 7 janvier. Le premier rappelle que la mission même de la cinémathèque et cela depuis son origine consiste à la fois à conserver et à montrer au public tous les films de l'histoire du cinéma. Le deuxième sera de tenir compte davantage lors de la présentation de certains films de l'éclairage rétrospectif que projettent sur ces œuvres l'écoulement du temps, l'évolution de la société et le respect dû aux victimes.
Par ailleurs, il a été décidé que le rôle et l'exigence du comité de programmation seraient renforcés. Lors de la réunion qui s'est tenue ce lundi sur le programme de l'été prochain, nous avons redit que nous devions collectivement être plus attentifs à nos choix programmatiques et aux accompagnements qui en découlent. J'en ai quasiment fini. Pour finir, j'aimerais dire un mot personnel sur le dernier tango à Paris. Je n'aime pas beaucoup ce film, je l'ai même écrit il y a 30 ans de le journal Libération leur donne ses passages à la télévision sur la chaîne Arte.
Le réalisateur que par souci de faux réalisme en usant de manipulation pour filmer la surprise non jouée de Maria Schneider lui a fait subir contre son gré une situation d'une extrême violence. Sa confiance a été trahie et son dégoût comme sa colère sont parfaitement compréhensibles. Elle n'a jamais pardonné cette scène à Bernardo Bertolucci qui n'aurait pas dû infliger cela à cette jeune femme de 19 ans. Au-delà de cette violence le réalisateur a nié son talent et son travail d'actrice. Elle était parfaitement capable et toute sa performance dans le film le prouve de jouer cette scène de l'interpréter et c'est ce que l'on peut regretter et c'est ce qui doit changer.
C'est ce que j'aurais dit lors de ma présentation du film si j'avais pu la faire et si cette séance avait eu lieu. J'aurais ajouté néanmoins que le film appartient à l'histoire du cinéma parce qu'il a su capturer un morceau de passé un morceau de l'ère du temps et de l'évolution de la société. J'aurais conclu mon propos et je conclue mon propos sur une note un tout petit peu plus optimiste en disant que Maria Schneider a tourné un authentique chef d'oeuvre juste après le dernier tango à Paris.
Ce film s'intitule Profession reporter il est signé Michelangelo Antonioni elle y a pour partenaire Jack Nicholson c'est un film adoré des cinéastes et des cinéphiles du monde entier et je pense que c'est aussi pour son rôle et sa performance sublime dans Profession reporter que Maria Schneider fait partie de l'histoire du cinéma.
Merci monsieur Bonneau monsieur Roger madame Manon vous voulez rajouter quelque chose à ce stade ? Très bien.
merci pour vos propos liminaires dont on a entendu qu'il y avait une part de regret dans ce qui s'était passé autour du dernier tango à Paris je vais commencer mes questions par vous monsieur Costa Gavras vous êtes président de la cinémathèque française depuis 2007 vous l'avez même été une première fois entre 1982 et 1987 vous avez donc vu la cinémathèque se déployer sous différentes époques que pensez-vous de ces situations de crise qui ont de manière si ce n'est récurrente du moins multiple parfois terni son image depuis 2017 à chaque fois autour de la programmation de films dont les cinéastes sont accusés de violences sexistes et sexuelles je pense à Roman Polanski Jean-Claude Brissot Benoît Jaco et aujourd'hui Bernardo Bertolucci que pensez-vous de ces épisodes-là quelle est votre analyse de ça ?
Pardon j'ai connu la cinémathèque bien avant j'ai connu une grande crise de la cinémathèque et pour laquelle Jacques Lang à l'époque en 1982 m'avait demandé de prendre la cinémathèque pour la sauver parce que l'Etat l'ayant abandonné et se trouvait dans une situation lamentable j'ai accepté j'ai changé les statuts j'ai changé le directeur général et la cinémathèque a été mise dans une reprise sa place que devait avoir on avait même essayé d'avoir un nouveau lieu à l'époque le palais de Tokyo on l'avait obtenu par monsieur Mitterrand mais malheureusement je suis parti de la présidence parce que je pensais que tout avait été fait et je suis pardon et je suis appris j'ai appris par la suite que les problèmes du conseil intérieur du conseil de l'administration et aussi le changement politique au fait que ce lieu n'a pas été donné à la cinémathèque finalement voilà deux années plus tard monsieur Toutbiana m'a appelé en me demandant je pense de la part du conseil si je pouvais revenir Claude Berry le président avait déjà obtenu un autre lieu grâce à monsieur Chirac c'était là où nous sommes actuellement et j'ai trouvé une cinémathèque changé profondément avec le personnel qui avait doublé avec un nouveau directeur général qui était monsieur Toutbiana qui faisait un travail formidable devant une nouvelle situation très compliquée pour lui certaines arrivées comme la bibliothèque par exemple n'avaient pas le même statut que le reste ça a été des problèmes énormes finalement tous ces problèmes étaient élus et plus tard comme je l'ai dit tout à l'heure monsieur Toutbiana y est en partie il a fallu un nouveau directeur directeur général et nous avons choisi tous ensemble Frédéric moi je l'appelle Frédéric il m'appelle Costa donc il y a une sorte de familiarité excusez-moi alors qu'est-ce que je pense de cette situation je pense que c'était inacceptable d'abord que l'autorité que nous donne notre métier qui est une grande autorité parce qu'un metteur en scène à partir du moment où il fait un film c'est un peu le roi c'est tout ce qu'il fait est accepté immédiatement voilà et aussi par les acteurs et beaucoup d'acteurs et actrices essaient de faire tout pour avoir le rôle voilà donc si l'homme n'a pas une attitude personnelle ou plutôt une philosophie personnelle très solide il peut faire des choses il peut se laisser dans des situations de faire des choses inacceptables pour la société et ça arrive souvent à mon avis peut-être pas aussi souvent qu'on donne l'impression actuellement d'être on donne l'impression que le cinéma c'est un endroit où tout le monde fait n'importe quoi et notamment passez-moi les mots peut avoir n'importe quelle dame qu'il ait envie d'avoir non ça n'est pas ça du tout ça se passe quand même beaucoup mieux que cela mais ceci dit il est important que votre commission fasse tout ce qu'elle peut pour trouver des solutions et peut-être une loi plus tard pour que cela puisse être puni sérieusement et que le cinéma prenne l'habitude et qu'il fasse le travail qui fait depuis sa naissance c'est-à-dire moi je le crois profondément le cinéma a changé le monde a changé le monde parce qu'on a pu se voir ce qui passe ailleurs on a pu voir et découvrir les sentiments d'autres peuples etc.
vous le savez très bien donc le cinéma a un rôle important donc il faut qu'il soit autant que possible exemplaire voilà et votre commission peut arriver à ces résultats-là ça ne va pas être facile parce que les habitudes sont prises le pouvoir est quelque chose qui ne se lâche pas facilement mais je pense que vous pouvez réussir voilà mon sentiment d'une manière générale
nous entendons cette phrase le pouvoir ne se lâche pas facilement je reviens sur les épisodes et après je passerai la parole aux rapporteurs sur ce qu'on a appelé l'affaire Polanski en 2017 sur l'annulation de la rétrospective de Jean-Claude Brissot sur deux films de Benoît Jacot de 2024 en 2024 et là cette dernière projection du dernier tango à Paris c'est autant de moments qui ont été des moments de tension et de tension pas avec n'importe qui c'est-à-dire avec les mouvements féministes qui vous reprochait la programmation de ces oeuvres Monsieur Bonneau pourriez-vous nous dire dans quelles conditions et comment vous avez géré ces crises successives
Vous savez Madame la Présidente nous n'en faisons pas mystère et c'est pour ça que nous sommes là pour répondre à vos questions nous sommes sur une voie étroite et sur une ligne de crête qui est difficile c'est-à-dire que d'un côté il y a nos statuts d'un côté il y a nos missions d'un côté il y a l'importance artistique des gens que vous venez de citer et donc notre devoir d'un certain point de vue de les montrer et de l'autre effectivement il y a les faits dont cette commission s'occupe et l'évolution de la société Nous on doit passer entre ces portes qui parfois peuvent être assez serrées Je vais vous répondre très précisément dans le cas de la rétrospective Roman Polanski de 2017 il faut rappeler qu'à ce moment-là Roman Polanski vient presque d'être au sommet de sa carrière il a reçu pour le pianiste quelques années avant la Palme d'Or au Festival de Cannes et l'Oscar du meilleur film de l'année pas l'Oscar du meilleur film étranger l'Oscar du meilleur film de l'année c'est dire s'il est un peu au firmament quand même du cinéma quand il présente son film en 2017 au Festival de Cannes il n'y a aucun problème rien ne se passe l'affaire Weinstein éclate tout d'un coup absolument tout d'un coup on rappelle ses antécédents le problème c'est que nous nous avons déjà choisi de faire cette rétrospective et de l'inviter ce n'était nullement une provocation Roman Polanski quelques années plus tard je me permets également de vous le rappeler a fait un film sur l'affaire Dreyfus qui a beaucoup fait parler de lui au moment des Césars avec l'intervention d'Adèle Haenel mais qui avant les Césars a fait plus d'un million d'entrées en salle et a été produit par une société aussi respectable que la Gaumont donc Roman Polanski est-ce que les films de Roman Polanski ont leur place à la cinémathèque française en 2017 oui que ça suscite une émotion et bien c'est dans cette contradiction que nous nous trouvons si votre question pour l'avenir est-ce que nous ferons une autre rétrospective Roman Polanski ces prochaines années bien sûr que non puisque nous ne sommes absolument pas dans la provocation et que contrairement à l'époque c'est un cinéaste qui n'est plus du tout en pleine activité pour plein de raisons en revanche Madame la Présidente si vous me demandez ou à Costa Gavras est-ce que dans 20 ou 30 ans à la cinémathèque française mais aussi sur les chaînes de télévision nous ne sommes pas les seuls diffuseurs de films de patrimoine une chaîne comme Arte passe sans arrêt des films de patrimoine d'autres chaînes de télévision passe sans arrêt des films de patrimoine donc est-ce qu'on pourra rayer d'un trait de plume les films de Roman Polanski comme Chinatown le bal des vampires Rosemary's Baby ou Ghostwriter qui dénonce la manipulation lors de la guerre du golfe en s'en prenant à Bush et à Tony Blair je pense que la réponse est non ces films seront de toute façon continués seront continués à être montrés que ça soit à la cinémathèque ou ailleurs voilà ce que je peux vous répondre de la façon la plus précise et également la plus honnête sur Roman Polanski sur Jean-Claude Brissot si vous permettez que je vous réponde c'est un autre problème il y avait eu une accusation il y avait eu procès et pour employer l'expression adéquate qui est toujours un peu sévère pour les citoyens que nous sommes mais la justice était passée la justice était passée une décision de justice avait été prise et à partir de là ne pas montrer les films de Jean-Claude Brissot qui eux aussi seront fatalement montrés dans le futur ne pas montrer ces films était illogique et donc nous avons renoncé tout simplement parce que ça créait trop de difficultés et c'était à nouveau perçu comme une provocation
merci je voudrais quand même préciser une chose c'est que pour le dernier Tango à Paris la demande n'était pas de l'annulation la demande était de la mise en contexte ce qui n'est pas tout à fait la même chose et par ailleurs il y a à la fois la programmation de la cinémathèque il y a aussi les tribunes que vous pouvez signer à titre personnel de soutien parce que quand vous dites que la justice ne passe pas en l'occurrence pour Roman Polanski elle n'a jamais pu passer
la justice américaine n'a jamais pu passer effectivement je ne peux vous donner raison sur ce point pour ce que j'en connais je ne suis ni un spécialiste ni l'avocat de Roman Polanski Roman Polanski vit en France me semble-t-il juste pour terminer depuis le milieu des années 70 il a effectivement fui la justice américaine que je sache en France il n'a pas eu de problème avec la justice depuis cette date monsieur le rapporteur merci madame merci madame la présidente monsieur Costa-Gavras vous venez de dire que le cinéma a changé le monde et je pense comme vous que le cinéma a changé le monde et le cinéma peut aussi encore changer le monde et ça lui donne une responsabilité une responsabilité énorme on a aujourd'hui un certain nombre de films que certains disent abîmés que parfois je trouve abîmants mais qui doivent être replacés dans un contexte la question du contexte me semble extrêmement importante la question aussi de la controverse me semble importante la controverse c'est ce qui nourrit la création des idées il me semble vous avez un mot qui revient quand je dis vous c'est la cinémathèque je vais commencer à vous citer monsieur Costa-Gavras mais la question est générale vous employez le mot logique de la rétrospective c'est à dire faire la rétrospective d'un artiste et je pense que c'est normal et je pense que c'est votre rôle ce qui dit la rétrospective il a un adjectif c'est ce qui est rétrospective et la rétrospective c'est le sentiment que l'on a d'un fait passé et je pense qu'il est important que vous travailliez ce sujet et que la cinémathèque si elle est un musée un musée il fait de la muséographie et donc il met en contexte les choses et donc il a un caractère pédagogique pour accompagner la société et j'avoue que je trouve une contradiction entre ce que vous venez de nous dire monsieur Bonneau de façon très claire très précise avec les verbatimes d'un certain nombre de interviews que nous avons lues sur ces sujets et j'ai du mal à comprendre votre refus de faire rentrer la société dans la cinémathèque c'est une vraie question et c'est une question et il nous faut qu'on en parle ça fait partie de la controverse et je pense que ça pourra peut-être nous faire avancer collectivement qui souhaite répondre monsieur Gavras
oui volontiers il faut préciser ce que veut dire faire entrer la société dans la cinémathèque c'est comme si on disait demain faire entrer la société au Louvre ou dans d'autres musées c'est à dire ça se présenterait comment voilà dans votre esprit parce que nous on fait d'abord entrer les spectateurs comme le disait Frédéric nous faisons aussi très souvent 20% pour 20% des films à peu près une intervention extérieure et intérieure ou les deux à la fois alors pour le reste qu'est-ce qu'on pourrait faire de plus
monsieur le rapporteur est-ce que vous pourriez éteindre votre micro monsieur Gavras oui alors votre comparaison avec le Louvre me fait plaisir j'y étais étudiant à l'école du Louvre c'est justement tout le sujet de la muséographie de l'historiographie en faisant rentrer des spectateurs dans un musée on fait rentrer naturellement la société dans le musée la preuve regardez ce qui peut se passer comme fait par exemple de détérioration ou d'attaque sur des oeuvres par des personnes qui ont un message à faire passer c'est la société qui rentre dans le musée et donc le musée doit naturellement prendre un certain nombre de précautions précautions sur la bonne tenue de la pour vous des séances mais aussi précautions sur l'accompagnement des faits relatés dans un film et je vous le redis la remise en contexte c'est ce que font les historiens c'est ce que font les historiens d'art et c'est important et c'est important et je crois que vous le faites souvent là vous avez admis à rater on peut prendre acte c'est pas c'est pas c'est pas c'est important aussi de prendre acte mais le sujet de votre réticence parce que je reprends juste je le reprends c'est une interview donc je peux la reprendre au risque de déplaire le changement de paradigme de la cinémathèque française ne passera pas par moi c'est monsieur Frédéric Bonneau qui parlait je veux bien être celui qui fait une exposition sur Louis Funès mais je ne resterai pas dans l'histoire de cette maison comme celui qui a fait entrer tous les délires sociétaux je veux bien avoir une explication sur ce sujet qui me semble en contradiction avec vos missions
le délires sociétaux s'ajoutant à un autre terme que vous avez utilisé qui était demi-folle je crois je me permets de le souligner en même temps
je peux répondre est-ce que mon micro marche oui je peux répondre sans aucun problème de question mais société demi-folle vous voyez bien que ça n'a pas la même qualité
sur les délires sociétaux je vous propose de vous expliquer alors je réponds
d'abord à monsieur le rapporteur si vous permettez l'exemple que vous prenez est un exemple qui sert le coeur de l'historien d'art que je suis aussi puisque c'est ma formation à l'université de Tolberg Paris pas à l'école du Louvre mais en tout cas quelqu'un qui s'attaque à l'urinoir de Marcel Duchamp dans un musée vous admettrez que c'est vraiment la pire intervention physique de la société dans un musée donc je pense que nous allons écarter cette question puisque c'est pas de ça exactement dont nous parlons d'abord effectivement je ne peux que me répéter le dernier tango à Paris est-ce que vous est-ce que vous m'accordez de vous lire dix lignes dix lignes merci beaucoup je vous lis sous la plume de Arthur Cerf qui est un spécialiste de Marlon Bandeau un très court extrait du texte qui était publié dans notre programme trimestriel qui est tiré à plusieurs dizaines de milliers d'exemplaires et mis sur internet évidemment mis en ligne voilà ce qu'Arthur Cerf écrit sur le film ce qui vaut donc position de la cinémathèque française Marlon Bandeau est arrivé comme une comète en une décennie et une poignée de films il a redéfini l'homme au cinéma et ouvert la voie à une nouvelle conception des normes il a donné à voir une masculinité puissante et tourmentée symbolisant l'homme en lutte contre lui-même contre la société contre les conventions il est aussi l'homme d'un scandale le tournage de la scène de viol du dernier tango à Paris dont l'actrice Maria Schneider n'avait pas été avertie et dont elle ne s'est jamais remise dans sa vie privée l'acteur a semé la mort et la désolation la représentation de la masculinité incarnée par Marlon Brando mérite d'être questionnée aujourd'hui tant elle semble dépassée en décalage avec l'époque de nouveaux modèles émergent et mettent en avant l'expression des émotions l'empathie la déconstruction de la figure de l'homme au bord de la violence voilà ce qu'écrit Arthur Serre évidemment ce texte nous l'avons pardon la date c'est le programme donc il a dû écrire ça il y a quelques mois le temps que le programme soit fait fabriqué mis en page nous sommes en janvier c'est un programme qui a commencé en novembre on a dû lui demander ce texte pour septembre pour le mois de septembre si vous voulez donc voilà la parole de la cinémathèque française sur Marlon Brando est-ce que cette parole aurait dû s'accompagner d'une présentation de séance par Arthur Serre par exemple comme c'est souvent le cas on prend la personne qui a écrit le texte on prend la personne qui a écrit le texte pour présenter une séance par Jean-François Roger par Muriel Joudet par un ou une spécialiste de Marlon Brando ou du cinéma italien de l'époque puisque Bernardo Bertolucci encore une fois nous ne pouvons reconnaître qu'un raté qu'une erreur encore une fois nous faisons 1600 séances dans l'année c'est énorme nous avons trois salles de cinéma nous nous sommes trompés cette séance aurait dû être accompagnée je ne peux que le répéter sur la question que vous posez monsieur le rapporteur elle est passionnante puisque c'est le rapport entre l'art et la société j'ai envie de vous répondre que nous le faisons quand on ne se loupe pas tout naturellement je vous donne un exemple très court nous avons fait un petit festival de films restaurés il y a quelques semaines des restaurations récentes je suis allé présenter en tant que directeur de la cinémathèque cette fameuse présentation de séance on parle quoi ?
10 minutes un quart d'heure il ne s'agit pas de parler beaucoup plus avant un film un film de Brian De Palma qui s'appelle Body Double c'est une variation sur l'oeuvre d'Alfred Hitchcock en peinture on dirait que Brian De Palma est un maniériste si vous voulez or dans ce film il y a une toute jeune comédienne qui s'appelle Mélanie Griffith elle est la fille de qui ?
Tippi Hedren c'est à dire l'actrice que Alfred Hitchcock a harcelé sexuellement sur deux films Marnie et Les Oiseaux pensez-vous que j'ai caché ça une seconde au public c'est la première chose évidemment que je leur ai dite c'est à dire qu'une bonne présentation pour vous répondre monsieur le rapporteur elle fait tout à la fois elle fait la société elle fait l'histoire elle dit ce qu'elle est arrivée aux individus et elle parle d'un moment esthétique c'est à dire Brian De Palma cinéaste maniériste vous voyez ça c'est une présentation pardon de mon manque de modestie sur cette présentation c'est pas à moi de la trouver bonne mais en tout cas idéalement c'est ce que doit être une présentation c'est à dire tout prendre à la fois pour vous répondre
je suis d'accord avec vous à une condition c'est qu'on ne parle pas de ce qui sont des évolutions sociales fondamentales comme des délires sociétaux c'est à dire qu'en fait qu'on qualifie correctement ce qui est en train de se passer et ce qui est en train de se passer et qui secoue le cinéma et je vous ai entendu monsieur Costa Gavras parler d'Adèle Haenel par exemple sur Mediapart c'est véritablement un mouvement de fond une lutte sociale un combat social multicentenaire peut-être même millénaire un des plus anciens qui s'appelle la lutte contre le patriarcat et en fait ça n'est pas des délires sociétaux dans votre présentation liminaire monsieur Bonneau vous avez parlé d'actualité il n'y a pas d'actualité ça n'est pas un fait divers auquel on répond c'est un mouvement qui s'installe depuis 2016 et depuis l'affaire Weinstein et qui profondément modifie les rapports de genre qui profondément modifie aussi la représentation de ces rapports de genre au cinéma Madame Legrin
merci Madame la Présidente il y a une première question qui commence à être travaillée qui est celle du sens que vous donnez à la question des violences sexuelles dans la société faits de société délires sociétaux c'est vrai quand on entend délires sociétaux et demi-folles sur lesquels vous n'avez pas réagi d'ailleurs on a du mal à se dire que vous avez de la considération pour ces mouvements qui sont en cours et de la considération sur leurs valeurs politiques et M.
Costa-Gavras je suis une grande admiratrice d'un grand nombre de vos films et je sais l'importance qu'a le politique et je ne pense pas que vous soyez quelqu'un et bon c'est des débats esthétiques sans fin mais qui refuserait de dire que le cinéma est politique que la politique nourrit le cinéma etc.
donc la première il y a une des questions qui est y compris en tant que programmateur en tant qu'esthète quelle est la valeur politique que vous accordez à un mouvement de société quelle valeur vous lui accorderiez dans le cadre du cinéma et puisque vous dites que votre geste de programmation c'est de montrer toutes les oeuvres où est le programme qui dit le cinéma est en train effectivement de vivre ce que vous avez mentionné un grand changement où est la programmation des cinéastes qui sont en train de mener aujourd'hui la question du MeToo y compris au sein du cinéma ça c'est une première question mais moi je ne veux pas occulter une deuxième question autour de ce qui se passe sur le tango à Paris mais ce qui se passe aussi sur Brissot Jaco c'est la question des liens inextricables entre la violence et la fabrique du cinéma et puisque votre travail est de montrer des films et de parler de fabrique du cinéma ce qui s'est passé pour Maya Schneider sur ce plateau on n'est pas en train de parler d'un homme qui indépendamment de ses oeuvres est accusé de violence sexuelle tous ceux dont on vous parle sont des gens dont on interroge l'oeuvre en ce qu'elle est le lieu pour eux de perpétuation de violences et le lieu de glorification de ces violences et le lieu qui fait de notre regard sur ces films des regards qui valident la violence et il me semble que le rôle d'un musée puisque vous vous caractérisez comme un musée c'est précisément cela vous dites les musées montrent toutes les oeuvres non c'est pas vrai ils en ont des tonnes en réserve et quand ils ne sont pas capables de les accompagner d'avoir un discours éditorial une programmation autour de telle ou telle oeuvre elles restent dans les réserves puis un jour ils font des expositions et avec ces expositions ils nous disent et je sais que vous avez été capable par exemple de le faire pour Naissance d'une Nation que là il y a eu une contextualisation sur la dimension raciste du film comment avez-vous pu concrètement après toutes ces polémiques successives toutes ces dernières années après même le texte dont vous nous dites qu'il avait été écrit dans le programme bon je doute voilà il est donc je doute que toutes les personnes qui viennent voir le film aient lu le programme qu'ils le voient mais en tout cas parce que c'est le programme imprimé c'est pas ce qu'il y a sur le site il me semble c'est pas ce qui est accessible quand on clique sur le film mais peu importe peu importe ce que je veux dire c'est j'essaye je n'y pas que ça existe je dis juste que puisque ce texte a eu lieu à quel moment c'était pas pensé que derrière à côté du film il fallait qu'il y ait cette question de la contextualisation et cette question de la fabrique du film et quand vous avez ponctuellement si j'ai bien compris avant d'annuler pour des raisons d'ordre public pas pour des raisons de j'ai mal compris ce que me demandait ce que c'est pour des raisons d'ordre public avant d'annuler vous avez proposé que ce soit contextualisé par vous il me semble monsieur Jean-François Roger qui est programmateur depuis 35 ans à la cinémathèque donc vous connaissez votre métier vous connaissez les polémiques aussi autour de ces films et vous avez récemment dit est-ce qu'on peut faire du cinéma sans violer et moi j'aimerais voilà c'est tout ça que j'aimerais entendre c'est en fait au fond est-ce qu'il n'y a pas pire dans ce que vous faites là c'est pas seulement de ne pas avoir vu qu'il y avait une polémiques c'est de quelque part continuer à accréditer au moment où vous avez autant de femmes dans le monde du cinéma qui disent il y a des choses il y a une façon d'intriquer la violence et la fabrique du cinéma qui n'est plus possible et vous continuez à dire en réalité et à banaliser la nature d'un viol en disant quand on fait un film on viole et vous venez de le faire je dis juste est-ce que vous pourriez revenir sur la phrase où vous dites Maria Schneider il a eu tort de ne pas lui demander parce qu'elle en était capable et bien moi je crois que le coeur de la question c'est de savoir si elle voulait et cette question du consentement en fait des femmes et des actrices dans ce que leur fait faire le cinéma et le réalisateur elle me semble centrale dans la réflexion que vous auriez dû avoir autour de ce film et que visiblement vous n'êtes pas en train de mener ici même non plus
Merci Sarah pour cette longue question Est-ce qu'on peut répondre ? Oui mais ça fait partie alors permettez que j'attribue les paroles merci donc qui souhaite répondre ? Monsieur Roger
Je souhaite répondre en repartant de ce que vous avez dit Monsieur le rapporteur autour de l'idée de rétrospective c'est à dire que l'objet de la cinémathèque française c'est l'histoire du cinéma et l'histoire du cinéma comme l'histoire de l'art c'est pas simplement une addition d'oeuvre une addition de chef d'oeuvre etc ce sont des déterminations économiques sociales toutes sortes de déterminations qui font que les oeuvres sont ce qu'elles sont et c'est aussi le cinéma le cinéma c'est aussi un lieu de pouvoir et qui dit pouvoir dit abus de pouvoir et donc il y a une part maudite dans l'histoire du cinéma qui est que nous avons nous à la cinémathèque en héritage et qui nous donne une grande responsabilité là-dessus il n'y a aucun doute là-dessus cette part maudite d'une certaine façon elle a été mise en lumière par MeToo c'est à dire que tout d'un coup quand MeToo est apparu ce mouvement est apparu on a mis en lumière a été mis en lumière les pratiques de prédation dans le cinéma pas seulement mais dans le cinéma où s'installaient depuis parfois des décennies des systèmes de prédation on se souvient des relations entre les producteurs et les actrices dans le cinéma hollywoodien classique etc nous avons lorsque depuis que cette affaire MeToo enfin l'affaire MeToo depuis que le mouvement MeToo a explosé les interventions à la cinémathèque française en ont été touchées c'est aujourd'hui il n'y a pas un débat une discussion avec un spécialiste du cinéma parce que notre objet c'est le cinéma ou avec les spectateurs le public où ça ne soit pas lorsque c'est nécessaire lorsque c'est opportun signalé c'est aujourd'hui MeToo est au centre de la plupart des discussions autour des films avant après à la cinémathèque je vous assure c'est vraiment quelque chose qui nous a touchés aussi et que nous avons intégré dans notre travail d'accompagnement parce que le mot clé en fait c'est l'accompagnement il ne s'agit pas pensons-nous de ne plus projeter des films mais il s'agit de les expliquer de les contextualiser etc maintenant je voudrais juste revenir sur la phrase que j'ai prononcée dans une émission autour du dernier Tango à Paris c'est une émission à laquelle je tenais beaucoup avec une amie qui est Muriel Joudet qui est critique de cinéma on a décidé d'établir un dialogue autour de ce film justement parce que il nous a semblé important de dire ce qu'était ce film de dire ce que c'était ce film dans toutes ses composantes c'est à dire sa signification politique sa signification dans le contexte de sa sortie sa fabrication sa production sa fabrication et puis arrive le moment où on va parler de cette scène qui est à l'époque avait fait scandale et qui aujourd'hui refait scandale mais pour des raisons diverses ma question et je regrette de l'avoir formulée comme ça parce que visiblement elle n'a pas été bien interprétée donc c'est vraiment un regret profond de ma part c'était de signaler que surtout dans le cinéma de cette époque énormément de cinéastes pensaient qu'il fallait voler quelque chose aux acteurs et évidemment le mot viol est pris pour son sens symbolique c'est à dire voler, prendre etc et d'ailleurs Brando lui-même dira qu'il a été violé je le prends pour son sens symbolique et s'établit un dialogue entre Murel Joudé et moi et évidemment je réponds que non c'est à dire on ne peut pas faire de bons films sans violer les actrices c'est évidemment une question purement rhétorique et si vous suivez enfin si vous continuez à regarder l'émission vous verrez que la scène est absolument condamnée la scène le comportement de Bertolucci est condamnée que ce qui s'est passé sur le dernier tango à Paris c'est un moment paroxystique et extrêmement violent de ce moment de ce rapport de cette pratique qu'avaient les cinéastes de voler quelque chose à leurs acteurs et je terminais notre conversation débouchait sur le fait qu'on se félicitait du fait qu'aujourd'hui les tournages sont mieux contrôlés et que le droit du travail est mieux appliqué en tout cas ça devient une préoccupation beaucoup plus importante d'aujourd'hui et c'est tant mieux et c'est exactement ce que j'ai dit cela dit ma phrase a été visiblement mal interprétée je le regrette je n'ai voulu choquer personne et encore une fois sans doute aurais-je dû la formuler autrement monsieur Kostakervas
pour répondre juste au début de votre question à propos de la politique et du cinéma je pense que tous les films sont politiques le film le plus idiot c'est politique parce que ça rend idiot voilà et ainsi de suite voilà merci pardon
tous les films
sont politiques donc ils ont tous une dimension politique monsieur Bonneau vous vouliez ajouter quelque chose ou pas non je croyais avoir
je voulais ajouter quelque chose parce qu'il y a eu beaucoup de questions à la fois de la part de madame la députée juste un mot demi-folle c'était dans un débat sur Mediapart où je discutais un peu vivement comme discutent parfois les journalistes entre eux puisque je venais cesser d'être journaliste et j'étais moi-même l'animateur de ces débats sur Mediapart donc j'étais avec des gens que je connaissais bien je pense que ma parole a très largement dépassé ma pensée maintenant il n'en reste pas moi madame la présidente il n'en reste pas moi et je vous le dis sérieusement que moi j'étais là ce soir-là à la cinémathèque française quand Roman Polanski est venu ouvrir sa rétrospective et que j'ai eu peur pour lui et que j'ai eu peur pour lui voilà vous n'êtes absolument pas obligé de me croire mais je vous le dis je n'ai pas eu peur pour moi j'ai eu peur pour lui je pense qu'à un moment la polémique intellectuelle les discussions sur les évolutions de la société c'est une chose la violence et la mise en danger c'en est une autre si cette projection du dernier tango à Paris a été finalement annulée sans présentation et sans débat puisque les deux étaient prévus pourquoi ?
tout simplement parce que quelques jours avant alors que je faisais un ciné club sur sur les quais qui est un film de 1954 d'Elia Cazan donc Marlon Brando n'est accusé de rien un spectateur qui m'a longuement interpellé pendant dix minutes et je ne l'ai pas interrompu je n'ai pas dit un mot a failli se faire prendre à partie physiquement par d'autres spectateurs c'est à ce moment-là et je l'ai dit à Costa Gavras que j'ai compris que la projection prévue dimanche n'allait pas se passer dans des conditions sereines je ne veux pas que les gens se battent physiquement à la cinémathèque française ils peuvent se battre à coup d'arguments mais ils ne peuvent pas se battre physiquement sur le dernier tango je répète un peu toujours la même chose nous avons écrit quelle était la position de la cinémathèque nous avons par inadvertance fatigue et inattention omis de prévoir une présentation maintenant sur le fond sur le fond est-ce qu'il faut continuer à passer le dernier tango parce que c'est un film qui existe parce qu'il fait partie de l'histoire du cinéma parce que Maria Schneider elle-même n'a jamais demandé à ma connaissance madame la députée si vous avez autre chose donnez-moi les informations à ma connaissance Maria Schneider n'a jamais demandé à ce qu'on ne passe plus le film dans sa dernière intervention dans sa dernière intervention quelques années avant sa mort à la télévision dans une émission de Mireille Dumas elle commence son intervention en disant je ne me trouve pas mal du tout dans le film surtout face à Marlon et on voit bien ce qu'elle veut dire c'est une actrice de 19 ans c'est son premier rôle elle est face à une icône du cinéma hollywoodien non mais je ne dis pas que c'est ce que vous avez dit je dis que oblitérer ce film le rayé de l'histoire du cinéma ne me paraît pas une bonne idée
je pense que nous partons sur de mauvaises bases de débat puisqu'il ne s'agit pas d'oblitérer le film la seule question et je le rappelle des mouvements féministes qui vous ont interpellé était de le mettre en contexte de le mettre en contexte voilà c'était ça la demande et quand vous en appelez et quand vous craignez la violence elle est sans doute aussi le résultat d'une espèce d'obstination de votre part à ne pas entendre à ne pas entendre parce qu'il a fallu monter le rapport de pression extrêmement beaucoup trop loin beaucoup trop loin pour qu'il y ait un changement de votre positionnement vis-à-vis de ce film mais je vous propose qu'on passe la dernière question à monsieur le rapporteur là-dessus et après on va passer à l'organisation de la cinémathèque si ça vous va
monsieur le rapporteur bon ça tombe bien ma question sera un peu une question de transition durant nos enfin le cinéma est un art populaire c'est peut-être le plus populaire des arts actuels après on peut se poser la question de sa définition comme un art je pense que c'est un art mais comment on est venu à en faire le septième art c'est un beau sujet aussi et je pense que j'ai des spécialistes bien plus spécialistes que moi sur cette question donc c'est un art populaire et d'un autre côté nos auditions nous ont montré mais que c'est un art extrêmement un milieu extrêmement fermé c'est à dire c'est très très difficile d'en être un entrant d'être quelqu'un qui vient de l'extérieur d'une formation qui ne serait pas les formations les grandes formations et d'arriver à faire des films donc ça met tout un tas de personnes en précarité et je vais rebondir sur je fais ce propos liminaire avant de rebondir sur une de vos affirmations que vous venez d'avoir qui est intéressante sur le fait que vous dites que vous avez un public de connaisseurs et je dans les différents on a reçu des témoignages de gens qui ont travaillé à la médiathèque ou qui travaillent à la médiathèque ou qui côtoient la médiathèque et j'ai senti qu'il y avait deux types de public il y avait deux types de personnes il y avait des gens qui travaillaient sur les projets de médiation culturelle ceux qui accueillent les lycées les collèges et cela avait un vrai malaise un peu plus important que ceux qui sont comme vous monsieur Roger les critiques les gens qui font l'analyse de l'histoire du cinéma et je me demande si votre manque de discernement que vous avez que vous venez d'admettre autour de ce film n'est pas dû peut-être à cette dichotomie entre cinémathèque lieu qui diffuse les films d'un art populaire et en même temps un lieu extrêmement ne le prenez pas mal surtout de ma part un lieu extrêmement intellectuel ou peut-être peut-être c'est une question je on est là pour avancer peut-être nourri un certain d'entre soi voilà voilà ma question et ça permettra de faire la transition sur vos missions et comment vous fonctionnez etc alors
il y avait monsieur pourriamir chahi qui avait demandé la parole et à qui je n'ai pas donné la parole mes excuses cher pourriam je te la laisse et vous répondrez aux deux questions si ça vous va
mais vous êtes toute pardonnée madame la présidente oui merci pour vos propos pardon j'ai avoué un peu enroué oui j'ai bien pris acte monsieur bono je m'adresse à vous des regrets que vous avez formulés tout à l'heure mais je veux quand même revenir sur cette interpellation qui vous avait été faite autour de ces sorties concernant les demi-folles ou les délires sociétaux puisque vous avez fait part de regrets je veux savoir si ce que vous avez écrit en 2017 vous le maintenez encore c'est dans Libération où après avoir mis les vols conditionnels et parlé de traquenards vous dites je vous cite ce sont les bigots de l'époque du tango qui ont rendu la vie de Schneider impossible alors que son personnage de jeune femme guidée par sa seule pulsion très loin d'être une victime a représenté en son temps la liberté sexuelle et le bris des tabous à l'extrême fureur des ligues de bien-pensance là encore l'ampleur de la falsification et du renversement des rôles est sidérante comme si les plus sublimes figures féminines du cinéma libres et fortes devaient être revues en victimes obligées la seule question c'est que pensez-vous de ces propos aujourd'hui alors je suis très heureux que vous me posez la question parce que j'ai moi-même retrouvé ce droit de réponse en fait dans Libération qui date de 2017 qui est un droit de réponse adressé à une chronique de Daniel Schneiderman je ne retire pas un mot de ce que j'ai écrit c'est-à-dire que ces propos sont presque prémonitoires un peu à notre corps défendant parce que ce serait bien passé de cette erreur et de cette polémique mais effectivement et ça intéresse les historiens d'art le dernier tango à Paris a pendant très longtemps été considéré comme un symbole de la liberté sexuelle je vous rappelle quand même de quoi parle le film en deux mots c'est l'histoire de deux personnes qui même en sans savoir l'identité de chacune d'elles décident d'avoir une relation amoureuse sexuelle sans rien savoir l'une de l'autre et en se rencontrant anonymement dans un grand appartement parisien voilà le film c'est-à-dire que le film quand on parle de société justement est un défi un peu sous l'ombre de Georges Bataille si vous voulez lancé à la société et effectivement je m'étonnais de ce retournement et nous y sommes en plein c'est-à-dire comment un film qui a été le symbole de l'après 1968 de la libération des mœurs est devenu aujourd'hui le symbole de toute autre chose il est aussi possible et on le sait en histoire de l'art que les choses sont grand-tenté victoire qu'il est peut-être les deux qu'il est sans doute les deux c'est-à-dire que les conditions de sa fabrication et le sort qui a été réservé à Maria Schneider allaient en totale contradiction avec ce que prétendait le film c'est-à-dire que les méthodes employées par Bernardo Bertolucci n'étaient certainement pas en adéquation avec son propos sur le reste je ne peux être que d'accord avec ce que j'ai écrit et je ne change pas un mot là-dessus nous sommes confrontés en tant que cinémathèque et je vais aller très vite c'est un article dans Télérama qui ne date pas d'il y a 8 ans cette fois-ci qui date d'il y a 2 jours qui est écrit par la journaliste qui s'appelle Mathilde Bautière c'est ça Mathilde Bautière qui a écrit sur la cinémathèque française j'ai trouvé un autre de ses papiers qui n'a strictement rien à voir sur Basic Instinct elle dit Basic Instinct c'est le personnage de Sharon Stone à l'époque de la sortie du film 92 a été considéré comme féministe aujourd'hui c'est l'emblème même de ce qu'on appelle le male gaze c'est pas moi qui parle c'est Mathilde Bautière mais je ne me suis pas dit qu'il fallait discuter si elle avait tort ou si elle avait raison ça c'est vraiment pas notre sujet mais en revanche on voit bien la difficulté vous voyez 1992-2025 c'est pas non plus il y a 50 ans 1972 pour le dernier tango à Paris nos jours les choses changent et peut-être que les couches de sens dans un film ne se contredisent pas mais s'accumulent c'est à dire qu'effectivement il faut pour pouvoir parler d'un film dire beaucoup de choses à la fois je pense que c'est ce qu'ont un peu essayé Jean-François Roger et Muriel Joudet dans leur émission de télévision dans leur émission sur internet vous savez il y avait un lit froid de Georges Perrec qui s'appelait qui s'appelait tentative d'épuisement d'un lieu parisien et bien Jean-François et Muriel ont essayé d'épuiser presque le dernier tango à Paris tout ce qu'on pouvait en dire les significations qu'on pouvait en sortir etc.
j'espère que je vous ai répondu
je rappelle quand même que Maria Schneider a dit vraiment qu'elle ne voulait pas que la scène soit reprojetée elle a exprimé lors des interviews plusieurs fois le fait qu'elle avait un refus là-dessus la question de monsieur le rapporteur et après je redonne la parole à madame Legrin
oui c'est ça je voudrais répondre très brièvement pardon je vais très très brièvement une des une des des tâches qui m'incombe c'est de veiller à ce que la programmation de la cinémathèque soit diversifiée la programmation de la cinémathèque c'est tout le cinéma c'est toute l'histoire du cinéma c'est toutes les géographies du cinéma il y a énormément de films qui viennent de cinématographie peu diffusée inconnus c'est notre rôle notre mission de les montrer parce que parfois il n'y a qu'à la cinémathèque qu'on peut les voir je vous invite tout simplement à regarder le programme d'un trimestre vous avez des types de programmation qui sont extrêmement variés vous avez les 25 classiques du cinéma d'horreur ça attire un public jeune populaire le je ne sais pas et il y en a d'autres ce sont des on montre des films de cinéastes inconnus underground peu connus c'est ça en fait l'équilibre que nous essayons de tenir pour éviter justement qu'on nous accuse enfin qu'on nous accuse disons qu'on nous soupçonne de pratiquer un entre-soi il faut que l'art programmation reflète tout le cinéma et tout le cinéma et donc toutes les populations de cinéma tous les publics on a un public populaire d'amateurs qui vient passer une bonne soirée voire pendant une projection puis on a un public plus on a des publics plus savants plus pointus plus connaisseurs ils sont tous là la cinémathèque en fait il est très varié le public il n'y a pas un public à la cinémathèque il y en a plusieurs et notre souci c'est de faire en sorte qu'il continue d'être diversifié et ça on le fait à travers notre travail de programmation merci monsieur Costa-Gavras
but de votre intervention vous avez dit le cinéma crée de la précarité c'est forcé j'ai envie de pourquoi parce que si on demande qui cherche d'être employé de banque on peut avoir 10 000 personnes pour le cinéma vous avez des dizaines de milliers de personnes vous avez aussi en France des dizaines d'écoles des très mauvaises en général à part la FEMIS qui mais oui ils créent des envies ils sont payés très cher et je suis allé une ou deux fois depuis que j'ai arrêté c'est effrayant ce qui s'y passe c'est des centres pas tous qui créent des centres d'argent voilà et ça crée de la précarité parce qu'il n'y a pas de place facile
d'accord on comprend on comprend votre raisonnement merci monsieur madame le grain et si si vous en êtes d'accord après on passe on sort du dernier tango à Paris madame le grain
oui pour terminer sur le dernier tango à Paris bon vous persistez sur l'histoire de Maria Schneider victime de la bigoterie peut-être qu'elle a été également victime je ne sais pas de la bigoterie c'est du sexisme donner une mode de beurre à une femme parce qu'on a vu une scène d'elle qui n'était pas consentie de sa part c'est pas tellement je ne sais pas si c'est bigot c'est peut-être bigot mais les bigots peuvent être sexistes mais en tout cas c'est clairement extrêmement sexiste donc c'est des violences sexistes qu'elle subit ensuite mais le fait de reconnaître qu'il y a une violence sexuelle commise sur le plateau c'est important dans l'écoute de ce que Maria Schneider avait à dire elle-même et quand elle-même a dit j'ai appris plus tard que j'aurais pu demander à un huissier parce que là j'avais 19 ans et je ne savais pas et que s'il y avait eu un huissier j'aurais dit non je ne voulais pas elle n'était pas dans mon contrat elle n'était pas dans le scénario cette scène ça elle l'a dit et cette parole-là de Maria Schneider vous qui êtes vous de qui êtes des coups les personnes qui allaient nous présenter ce film et qui là encore dans cet exercice-là nous présenter ce film vous l'occulter et moi c'est cette question-là que j'ai envie de vous poser sur la parole des femmes et la place des femmes et là je vous renvoie à beaucoup de critiques qui vous ont été faites depuis un moment bon un de vos premiers mots dans votre investiture vous citiez Truffaut alors on ne va pas critiquer Truffaut ici c'est pas le but mais citer comme phrase le cinéma c'est l'art de faire faire des jolies choses à des jolies femmes on connait tous cette phrase mais en fait placer votre mandat à la tête de la Cinémathèque sous l'égide de cette phrase-là quel sens en fait on peut lui donner pour les femmes qui ont des choses à dire qui ont autre chose qu'à faire que faire des choses que lui font faire les réalisateurs et vous avez aussi été critiquée pour la façon dont vous avez montré parfois justement des femmes cinéastes en essayant d'enlever le caractère potentiellement féministe alors je pense justement vous aviez eu la remarque qui avait été faite pour une rétrospective que je retrouve bien mais vous aviez été critiquée au moment de la rétrospective sur Dorothy Hartzner où vous aviez expliqué c'était une très grande du cinéma etc mais que ce qui était regrettable c'est que finalement elle était récupérée par les mouvements lesbiennistes féministes des choses comme ça qui étaient écrites écrites par un homme de la Cinémathèque dans le programme et on va venir sans doute à ce sujet-là c'est beaucoup des discours d'hommes expliquant du coup que c'était dommage que cette oeuvre soit réduite à l'homosexualité de cette réalisatrice et vous avez plein de gens qui tiennent des discours c'est d'analyses scématographiques qui disent ça a son importance dans son oeuvre ça donne une nature différente à son oeuvre et le fait de mettre en avant seulement les moments où justement vous allez avoir les moments qui étaient glorifiés c'était des moments où elle était sous forme d'objet etc cuisse ouverte etc c'est ça qui était glorifié dans le dans le texte je ne vais pas faire tout l'état mais dans le texte qui accompagnait cette rétrospective et cet hommage finalement vous parliez tout à l'heure du male gaze c'est qu'est-ce que vous faites aujourd'hui à la cinémathèque française qu'est-ce que vous faites pour lutter contre le male gaze et qu'est-ce que vous faites pour ne pas le reproduire vous-même et en fait à qui vous donnez la parole aussi pour vous le montrer parce qu'il y a besoin en fait aussi à un moment d'un autre regard pour vous dire mais oui le fait que ce soit une femme est important et oui le fait qu'elle soit les bienes est important et oui ça a un sens dans son oeuvre et ça a un sens cinématographique et nous on aimerait que la cinémathèque française nous dise ce qu'elle prévoit de faire pour ouvrir à ce point-là
j'ajoute au mot de Sarah Legrin et par qui vous faites vous conseiller pour ne pas tomber dans le male gaze
donc si je si je peux vous répondre avant que je prenne la direction de cette maison il n'y avait pas eu une seule exposition consacrée à une femme on peut le regretter j'arrive le plus c'est facile à vérifier le plus rapidement possible je décide de faire deux expositions sur deux femmes très différentes l'une de l'autre mais qui ont certainement incarné l'une comme l'autre des courants de femmes libres indépendantes et alors avec une très grande émancipation comme on le disait autrefois et à leur époque c'est à dire Agnès Varda du côté du cinéma où il a fallu rappeler qu'avant la nouvelle vague une cinéaste avait tourné toute seule en s'autorisant d'elle-même un film qui s'appelle La Pointe Courte sans aucune subvention aucun moyen et effectivement 5 ans 4 ans avant ces messieurs des cahiers du cinéma donc cette exposition c'est moi qui l'ai faite consacrée à Agnès Varda une autre exposition ça n'avait jamais été fait consacrée à une comédienne qui est Romy Schneider où j'expliquais qu'en plus d'auteurs comme je ne le fais pas exprès Costa Gavras Claude Sauté Pierre Gagné de Fer et ainsi de suite Romy Schneider avait une part en tant qu'autrice de par son jeu et de par sa personnalité dans les films eux-mêmes donc pour vous répondre une journaliste une fois m'a posé la question quelle est votre définition du cinéma mon dieu je suis allé chercher cette boutade qui est une boutade de François Truffaut effectivement à propos d'un film d'autopreminger avec Gene Seberg qui s'appelle Bonjour Tristesse tiré du roman de François Sagan où Truffaut avait écrit voilà la définition du cinéma c'est l'art de faire faire de jolies choses à de jolies femmes est-ce que c'est limitatif ?
évidemment que non dès après sa mort j'ai organisé à la cinémathèque française une rétrospective complète des films de Chantal Ackermann qui est aujourd'hui considérée comme l'une des plus grandes cinéastes du monde pour Chantal Ackermann monsieur le rapporteur le cinéma n'a pas été un moyen d'oppression ou de précarité elle a souvent raconté Chantal Ackermann qu'elle était une petite juive c'est comme ça qu'elle parlait à Bruxelles sans relation sans argent pauvre c'est en voyant le film de Jean-Luc Godard Pierre Olfou qu'elle a décidé que si Pierre Olfou existait et bien elle elle pouvait faire du cinéma sans demander l'avis de personne donc pour vous répondre si je sais quelque chose sur les relations entre Alfred Hitchcock par exemple et Tipeee et Dredd si je sais quelque chose de cette histoire c'est parce que nous avons fait venir à la cinémathèque française quatre fois pour parler de son livre Hélène Frappa avec un livre qui s'appelle Les femmes disparaissent publié chez Actes Sud j'ai vu arriver un jour à la cinémathèque française Costa a passé par là il s'en souvient la comédienne Caroline Dussé qui est venue me voir dans mon bureau et qui est venue me raconter ce qu'elle considérait comme une agression sexuelle sur le tournage de romance de Catherine Breillat je lui ai dit Caroline pourquoi vous venez me voir puisque effectivement vous vous en faites l'écho j'ai si mauvaise réputation elle m'a dit vous êtes le seul journaliste quand vous m'avez interviewé pour les inrocutibles à propos de romance de Catherine Breillat à ne pas m'avoir posé la question des détails de cette scène avec Rocco Sifredi je lui ai dit mais c'est évident comment aurais-je osé donc elle m'a raconté ça je lui ai dit écoutez écrivez votre livre je suis remercié dans les premières pages de ce livre le dernier livre de Catherine Dussé qui s'appelle Prédation non je voudrais juste terminer nom féminin donc si vous me demandez ce que je fais mais je fais beaucoup justement je fais beaucoup simplement là où nous avons une approche différente et j'en ai fini je m'excuse madame la présidente là où nous avons une approche différente c'est que je regarde non pas le genre qui n'est pas ce qui m'intéresse le plus je vous l'accorde mais la compétence des auteurs des autrices des universitaires des professeurs d'université des critiques de cinéma qui sont invités à la cinémathèque française j'en ai fini
merci ne pas voir ne pas accorder tant d'importance que cela au genre c'est aussi louper des talents en matière d'analyste je le précise bon alors maintenant on va rentrer sur le fonctionnement de la cinémathèque en interne puisqu'il y a plusieurs articles qui sont sortis récemment témoignant d'un management et d'une organisation pour le moins personnifiée et parfois mettant sous pression sous tension avec des actes relevant de la violence pas physique mais contre des objets du management à la cinémathèque donc la question que j'ai envie de vous poser c'est vous avez dit dans votre propos liminaire que vous vouliez donner plus de place au comité de programmation aujourd'hui comment acceptez-vous les propos contradictoires à l'intérieur de la cinémathèque êtes-vous en capacité de les entendre êtes-vous en capacité de modifier votre comportement et vos programmations vos projets en fonction de ces avis divergents et des débats qui peuvent avoir lieu et si oui dans quel climat merci
sur le fonctionnement je peux vous répondre il y a 4 ans nous avons mis en place un comité de programmation collégiale sur on parle là de cinéma parce qu'il y a aussi un comité de programmation sur les expositions où chacun arrive avec ses propositions de programmation et sont discutées Jean-François Roger arrive avec la programmation générale il y a la programmation aussi de l'action éducative le jeune public on a aussi notre plateforme VOD et tout l'accompagnement de l'action culturelle les programmations sont discutées et c'est un lieu où la parole est libre oui je peux vous donner la composition homme-femme puisqu'il y a 16 personnes 9 femmes 7 hommes voilà si c'était nécessaire monsieur le rapporteur je alors effectivement donc là vous êtes dans une parité enfin respectée même déséquilibrée vers les femmes mais c'est peu fréquent donc c'est tant mieux oui oui par contre sur le sur le CA il y a 6 membres et aujourd'hui il y a 5 hommes c'est le bureau le bureau du CA pardon voilà voilà sur le CA il y a 23 membres 18 personnes élues et 5 personnalités qualifiées et il y a donc 12 femmes et je suis perdue il faut faire juste le calcul on vous laisse faire
il y a plus de femmes il y a plus de femmes d'accord sur le comité de rédaction il est composé comment le comité de rédaction le comité de programmation le comité de rédaction
alors au comité de rédaction donc les personnes qui écrivent tous les textes de la cinémathèque française dans le programme ce sont 4 4 femmes
c'est pas ce qu'il y a dans l'ours derrière
puisque
c'est sur la dernière page donc vous tournez complètement voilà et donc nous on a Frédéric Bonneau Bernard Benodiel Xavier Jamais Nicolas Lethierry Denquin et Jean-François Roger
d'accord donc ça ce sont c'est ce qu'on appelle un comité de rédaction qui valide les textes mais l'écriture la première question c'était sur l'écriture d'accord Céline Bourdin Hélène Lacolombrie Delphine Simon-Marchaud
ok monsieur le rapporteur
oui moi juste une question sur vous êtes vous avez une mission très importante et vous restez une structure associative fortement aidée fortement subventionnée par le CNC et aussi par le ministère de la culture ça il y a les deux tuyaux ouais c'est les il y a que le CNC d'accord je croyais qu'en plus du CNC qui il y avait aussi quelques subsides parfois supplémentaires du ministère de la culture non ok ok ok d'accord non non mais je non non mais je ouais c'est le CNC ok donc le CNC je rappelle aux gens c'est c'est qui fonctionne parce que il collecte une taxe qui est une taxe affectée qui lui est reversée et qui est une taxe prise sur les billets de cinéma c'est l'industrie du cinéma qui fait vivre le CNC grosso modo internet aussi maintenant et c'est tant mieux et on pourrait parler des droits voisins on pourrait parler de tout ça voilà au regard de vos missions qui sont des missions importantes et patrimoniales fortes extrêmement fortes enfin ça c'est sûr qu'on doit reconnaître ça aussi la cinémathèque on n'en a pas parlé parce que c'était ça fait moins sujet de polémique mais ça conserve nos films vous recevez une copie de quasiment non alors j'ai juste sur ce point ce qu'on appelle le dépôt légal pour les films comme pour les livres je ne vous apprends rien en vous disant que le dépôt légal des livres va à la bibliothèque nationale de France le dépôt légal des films va au service des archives du film du CNC c'est à dire pas à nous est-ce qu'avec Costa Gavras on serait assez heureux d'être dépositaire en petit dépôt légal la réponse est oui mais il ne vient pas chez nous c'est vrai que je faisais la confusion mais comme vous travaillez ensemble et c'est aussi enfin c'est sur le volet vous avez un certain nombre d'éléments qui sont sur le matériel sur des affiches de cinéma tout ça et effectivement les films c'est le CNC qui les gère est-ce qu'à un moment donné il n'y a pas eu et c'est peut-être une question qui s'est posée aussi au moment où vous avez repris en 82 suite à des difficultés que cette association ne devienne autre chose qu'une association et devienne un établissement public porté par le ministère ou porté aussi toujours porté par le CNC mais avec des statuts autres qu'associatifs c'est une question et je ne critique pas en posant cette question le statut associatif qui est très bien aussi pour un tas de sujets mais est-ce qu'il est vraiment adapté à vos missions
une réponse courte s'il vous plaît parce qu'on arrive à la fin de l'audition et j'ai encore quelques questions à poser donc s'il vous plaît
la question a été posée en effet le problème c'était qu'il fallait que tous les membres de l'association de la cinémathèque l'acceptent ils étaient à peu près à l'époque 700 membres 800 membres aujourd'hui 800 000 ils n'auraient pas accepté d'abord et après la discussion qu'on a eue avec le Centre national du cinéma à l'époque c'était que le centre préférait et je crois qu'il le préfère toujours que nous restons dans la même situation avec la même organisation dans son ensemble parce qu'elle est mieux contrôlable et la question était aussi d'en faire une fondation mais là c'était vraiment la chose la plus difficile la plus compliquée et je répète le centre et je crois aussi la direction de la culture la ministre de la culture à l'époque préférait qu'on reste voilà et je crois qu'ils le préfèrent toujours oui rapidement monsieur le rapporteur
parce que la question est d'importance elle vient d'être soulevée c'est pour ça que je me permets de compléter mon président elle vient d'être soulevée où elle va être soulevée par un rapport de cette année de la cour des comptes voilà nous avons été contrôlés assez longuement plusieurs mois par la cour des comptes cette année et évidemment la cour ce n'est pas un secret de le dire bon nous a fait part de ces interrogations exactement sur la question que vous soulevez et je ne crois pas non plus que ça soit un secret de dire que le CNC a répondu qu'il préférait que la situation perdure
madame le grain
oui moi j'avais des questionnements sur en termes de fonctionnement collectif justement alors pas pour reprendre tout l'épisode de Bertolucci mais il me semble qu'on a des en tout cas dans la presse des témoignages sur le fait qu'il y avait eu des alertes sur le potentiel inflammable du film au printemps 2024 et vous nous dites que ça a été la programmation a été décidée à l'été après est-ce que comment ça fonctionne exactement est-ce que ça vous est arrivé d'avoir des alertes sur des programmations en cours et puis en termes de relations voilà on a aussi un certain nombre d'alertes sur le climat très tendu au sein de la cinémathèque le fait qu'il y a quand même des témoignages sur des difficultés parfois des violences à minimum ressenties est-ce que vous avez un dispositif comment ça se passe en fait si quelqu'un veut signaler quelque chose au sein de la cinémathèque française est-ce que qu'est-ce que vous avez comme dispositif mis en place est-ce qu'il y a déjà eu des signalements à une cellule ou à travers le CSE ou le CSE enfin je sais pas comment ça fonctionne exactement est-ce qu'il y a déjà eu des sanctions prises enfin ce genre de choses merci
parce que je préside le conseil d'administration dans lequel il y a des représentants de tout le monde et depuis on a jamais entendu la moindre chose qu'on a lu que j'ai lu dans la presse jamais aucun aucune représentante du personnel ne s'est exprimé au conseil d'administration pour dire voilà ce qui se passe j'ai découvert tout cela dans la presse
donc juste pour être sûr vous n'avez pas eu d'alerte du CSE il n'y a pas eu un rapport d'inspection du travail daté du 5 mars 2020 donc non le climat social à la cinémathèque française est très bon sauf effectivement depuis quelques quelques semaines les liens que l'on a aujourd'hui le dialogue social avec les organisations syndicales sont très très bonnes avec les représentants du personnel aussi en témoignent les 14 accords qui ont été signés à l'unanimité des syndicats néanmoins nous sommes dotés évidemment d'un accord relatif à l'égalité professionnelle entre les hommes et les femmes depuis 2016 et il a été renforcé en 2022 nous avons bien sûr un engagement contre la discrimination à quelques tics que ce soit en matière de recrutement de rémunération d'accès à la formation voilà et nous avons en interne trois référents sur le harcèlement et les agissements sexistes là où la loi nous oblige à en avoir qu'un côté salarié nous avons deux référents un homme et une femme et côté direction c'est une femme voilà sur votre question sur les procédures disciplinaires sur le sujet bien sûr comme toute entreprise il y a des sujets depuis cinq ans nous avons eu nous avons donné un avertissement pour des propos sexistes et un licenciement pour harcèlement sexuel voilà par ailleurs on a aussi fait une alerte échanger nos contrats puisqu'il y avait eu des propos sexistes lors de visites guidées avec des partenaires donc on a fait mettre aussi un article dans nos dans nos contrats commerciaux
et bien écoutez nous arrivons à la fin de cette audition moi je vous le dis je suis très circonspecte quant à cette audition et quant à ce qui vient de se dire ici puisque d'un côté nous avons des articles qui de manière récurrente et multiple sur des journaux différents témoignent d'un climat extrêmement délétère de violences d'insultes et de tensions de manière continue de jets de téléphone de stylos etc dans la cinémathèque vous nous dites qu'il y a un climat social absolument extraordinaire nous avons de multiples interviews de vous notamment messieurs Bono et Roger témoignant du fait que vous minimisez de manière systématique les violences faites aux femmes que vous parlez de la nécessité de violer alors j'entends que vous avez fait un mea culpa mais enfin pardon excusez-moi pour parler du dernier tango à Paris dire qu'il n'y a pas de bon film sans la nécessité de violer une actrice enfin je ne comprends même pas comment cela est possible je ne comprends pas davantage comment vous pouvez traiter de délires sociétaux de puritanisme de demi-folle et tout ça et dire qu'en fait la cinémathèque est un haut lieu de l'égalité femmes-hommes je pense que il faut que vous entendiez que le cinéma est en train de changer parce que la société est en train de changer et que le regard sur le cinéma est en train de changer parce que la société est en train de changer et que la résistance dont vous êtes un des piliers manifestement et bien ne tiendra pas très longtemps je vous le dis parce que la société est bien en avance sur vous merci beaucoup messieurs
Sandrine Rousseau