Entretien avec Marion Maréchal
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Marion Maréchal, auriez-vous la gentillesse de vous présenter ?
Alors, avant tout, bonjour. Merci pour votre invitation. Alors, rapidement, écoutez, j'ai 31 ans. Je suis maman d'une petite fille de 6 ans. Je suis diplômée en droit et d'école de commerce. Et j'ai commencé ma vie professionnelle, si je puis dire cela de la sorte, à 22 ans, en ayant été élue députée en Vaucluse au Front National, donc à l'époque. J'ai ensuite décidé en 2017 de quitter la politique. J'ai démissionné de mon mandat de conseil régional, puisque j'avais été aussi candidate aux élections régionales en PACA, et j'étais donc présidente du groupe d'opposition, de démissionner aussi des différents postes à responsabilité que j'avais à l'intérieur de mon mouvement.
Et j'ai ensuite créé une école de sciences politiques et de management à Lyon, qui a aujourd'hui plus de 3 ans, avec une équipe, et récemment un centre de recherche à l'intérieur de cette école, que j'ai donc l'honneur de superviser en tant que directrice générale.
Vous avez évoqué l'existence de votre petite fille Olympe, qui a 6 ans. J'en profite en désorganisant mon questionnement. Quelle est votre perception du féminisme d'aujourd'hui ? Ça n'est pas par hasard qu'elle a ce prénom, je suppose.
Alors, non, c'est pas un hasard, mais c'est-à-dire qu'en fait, j'ai eu l'occasion, quand j'étais lycéenne, de rendre ce qu'on appelait à l'époque un TPE, qui en fait était un objet d'étude sur une personne. Et j'avais choisi à l'époque, de manière un peu étonnante, eu égard à mon environnement politique, si je puis dire, Olympe de Gouges. J'avais trouvé un personnage beaucoup plus nuancé que la présentation qui nous en est faite. Une révolutionnaire girondine, mais opposée à la mort du roi. Une suffragette, une femme qui était à la fois écrivain, qui composait des pièces de théâtre, qui était une femme politique.
Et puis qui avait, à l'époque, c'est vrai, écrit cette déclaration de la femme et de la citoyenne, qui, à l'époque à laquelle on parle, m'apparaissait beaucoup plus révolutionnaire et utile que par les temps qui couvrent. Et qui, aujourd'hui, a été, c'est vrai, récupérée par la gauche féministe, si je puis dire.
Et pour autant, même si j'ai de la sympathie pour le personnage, je n'ai pas forcément d'ailleurs appelé ma fille en hommage, je trouvais le prénom joli, mais je ne me reconnais pas dans ce néo-féminisme du XXIe siècle, qui est une forme de compétition victimaire, qui s'inscrit dans une forme de compétition victimaire et de, comment dire, de nouvelles luttes des classes transformées en nouvelles luttes des sexes, qui m'apparaît une manière un peu délétère d'aborder la complémentarité de l'homme et de la femme. Parce que je pense que différence ne veut pas dire hiérarchie.
Et admettre qu'il y ait des différences entre les hommes et les femmes ne signifie pas qu'il y ait une hiérarchie entre eux. Et donc c'est vrai que je ne suis pas une adepte de ce mouvement. Et je n'ai jamais non plus, enfin en tout cas j'ai toujours eu, j'espère, la discipline de ne jamais me cacher derrière cette excuse d'être une femme, pouvoir me plaindre de telle ou de telle situation. Et pourtant Dieu sait qu'en politique, il y a beaucoup de témoignages qui affirment qu'il y aurait des difficultés particulières à avoir des carrières, que les hommes pourraient truster un peu les postes. Mais je dois dire que moi je n'ai jamais été victime de ça.
Et même dans le monde politique au sens large, je n'ai jamais, me semble-t-il, été victime ni de misogynie, ni de machisme. Ou peut-être, je ne sais pas, un seuil de tolérance plus élevé que la moyenne.
Vous avez dit un jour, Marion Maréchal, que d'être la petite fille de Jean-Marie Le Pen, vous avez politisé d'emblée. Est-ce que ça veut dire qu'à aucun moment vous n'auriez pu envisager une autre pensée politique que la vôtre ?
Alors, oui, ça m'a politisée pas dans le sens qu'on peut entendre spontanément. C'est-à-dire que je n'ai jamais été contrainte par mes parents ou par mes grands-parents à aller dans les meetings ou à m'engager politiquement. Je veux dire, ça n'était pas quelque chose qui était mal vu dans la famille que de ne pas s'engager politiquement. En revanche, j'ai évolué dans une ambiance évidemment très politique, très exposée publiquement. Et j'ai grandi dans cet univers. Et je pense que du coup, je suis un peu l'exemple d'une règle qui se vérifie régulièrement dans tous les univers. C'est-à-dire que souvent, les passions des parents se transmettent aux enfants.
Donc c'est vrai qu'on a eu très tôt cette passion, ce souci de la France, ce souci des autres, le fait de ne pas se contenter de regarder uniquement son univers à travers son parcours ou son expérience personnelle, mais d'être capable aussi de s'intéresser à d'autres situations, même si on ne les vit pas et on ne les connaît pas soi directement et qu'on a la chance d'appartenir, comme ce fut mon cas, plutôt avec mes parents, classe moyenne, avec un niveau de vie qui ne manquait de rien, si je puis dire. Donc j'ai été politisée jeune dans ce sens-là. Après vous dire, si j'étais dans une autre famille, est-ce que j'aurais pu développer d'autres idées, avoir d'autres engagements ?
C'est une question compliquée, parce que je ne sais pas. Ce qui est certain, c'est que j'ai grandi dans des références indéniablement. J'ai grandi dans des références littéraires, des références intellectuelles, qui ont très certainement façonné ma vision des choses. Après, évidemment, j'ai quand même évolué par rapport à un certain nombre d'idées, de positionnements. J'ai pu, je pense, me faire maintenant une idée et un parcours plus singulier. Mais indéniablement, je reste une héritière, une héritière aussi intellectuelle. Mais je pense quand même dépasser cet héritage, même si je ne l'ai pas abandonné.
Je viens d'indiquer ce que tout le monde sait, que vous êtes la petite fille de Jean-Marie Le Pen et la nièce de Marine Le Pen. Y a-t-il eu de votre part, consciemment ou inconsciemment, une volonté de vous distinguer ? D'une certaine manière de montrer que vous existiez, non seulement, bien sûr, dans la vie, mais même politiquement, intellectuellement ? Ou est-ce qu'au fond, vous n'avez jamais réagi par opposition ?
Alors, j'avoue que je ne me suis pas trop psychanalysée de ce point de vue-là. Je n'ai jamais ressenti le besoin, en tout cas, de m'opposer ou de me distinguer par principe. Je n'ai jamais eu honte de ma famille, bien que j'ai été confrontée très jeune à des sarcasmes, des moqueries, voire des agressions, du fait de cette filiation qui était connue dans mon école, et en l'occurrence à l'école publique, puisque moi, j'ai fait l'essentiel de ma scolarité à l'école publique et non pas privée.
Et donc, c'est vrai que très tôt, j'ai été amenée à me positionner en tant que petite fille de Jean-Marie Le Pen et à, du coup, me renseigner sur les accusations qui nous étaient faites pour pouvoir y répondre, m'en défendre. Donc, j'ai toujours dit, d'une certaine manière, que cette filiation était un peu mon honneur et mon fardeau, si je puis dire.
Après, tout ce que j'ai fait, je l'ai fait honnêtement sans penser nécessairement à me distinguer, parce que, par, je ne sais pas moi, par cynisme, par volonté de faire parler de moi, les différences que j'ai pu avoir, y compris sur le plan des idées parfois, ou de la stratégie électorale, en l'occurrence à l'intérieur du Rassemblement National, je l'ai fait parce que ça relevait de mon intime conviction.
Vous arrive-t-il parfois d'être étonnée par l'intérêt que vous suscitez et, au fond, l'appétence médiatique et politique qu'on projette sur vous ?
Ah bah oui, bien évidemment, surtout au tout début, parce que c'est vrai que j'ai été très tôt exposée médiatiquement de manière très forte, très forte, parce que, bien sûr, il y a une histoire derrière mon engagement politique, il y a une histoire médiatique à raconter avec, voilà, cette filiation, cet héritage, cette famille, que pendant un certain temps, évidemment, un certain nombre de médias se délectaient aussi de pouvoir, parfois, construire ou accentuer des oppositions, ou aggraver, en tout cas, des oppositions qui, parfois, pouvaient exister, mais n'étaient pas toujours aussi graves que ce qu'on pouvait bien en dire.
Je pense aussi que certains ont cru voir dans le fait d'alimenter l'intérêt autour de moi, la volonté, peut-être, d'ennuyer Marine, à une certaine époque, je ne suis pas dupe, il y a toujours une part de cynisme. Et j'ai bien vu, d'ailleurs, que le ton, parfois, plutôt agréable, qui m'était réservé dans les médias, a soudainement changé quand j'ai failli ravir la région PACA. Et au moment de l'entre-deux-tours, où là, j'ai mis mon casque lourd et j'ai subi pendant deux semaines un tombereau d'obus, voilà, donc je vois bien que l'intérêt médiatique et la manière de traiter mon image changent aussi un peu en fonction des circonstances.
Après, je pense que ça tient aussi au fait que nous sommes dans une forme de désespoir politique et d'effondrement général des partis qui font que les gens tentent de se projeter sur ce qu'il pourrait advenir plus tard. Et mécaniquement, parce que je suis jeune et parce que j'ai un nom politique et que j'ai fait de la politique, bien sûr, certains espèrent ou d'autres craignent que je puisse refaire de la politique. Et donc les médias continuent à construire là-dessus.
Vous avez vous-même évoqué, Marion Maréchal, la série de choses totalement, de mon point de vue, détestables lorsque, dans certains établissements, on vous faisait vivre un mauvais traitement parce que vous étiez donc la petite-fille de Jean-Marie Le Pen et peut-être même la nièce de Marine Le Pen. Vous pouvez nous en dire un mot ? C'est absolument scandaleux et c'est des humiliations qui me touchent.
Oui, écoutez, moi j'ai fait, comme je vous le disais, l'essentiel de ma scolarité en public, y compris d'ailleurs mon enseignement supérieur à l'université. Et c'est vrai que quand on est arrivé petit à l'école publique, on a été vite repéré, si je puis dire, mon cousin et moi à l'époque, par des bandes de jeunes enfants d'ailleurs la plupart du temps. Mais vous savez, les enfants sont très manichéens et parfois très cruels. Et il s'avère qu'il y a quand même 25 ans, évidemment l'image de Jean-Marie Le Pen était à la fois omniprésente et très clivante et que souvent les enfants reproduisaient les réflexes des parents ou ce qu'ils pouvaient entendre à la maison.
Et donc c'est vrai qu'il y a eu de la part d'un certain nombre d'élèves des moqueries, des agressions, des menaces. Et d'ailleurs à l'époque, je dois l'avouer, plutôt le corps enseignant et la maîtresse de l'époque avaient plutôt été tout à fait à la hauteur. Elles avaient indiqué à mes parents qu'il valait mieux me sortir de l'école publique parce qu'en désespoir de cause, elles craignaient que tout ça finisse mal et que nous le vivions très mal. Et donc c'est ainsi que j'ai été trois ans à l'école publique. Je suis privée, pardon, je suis catholique. Et ensuite je suis retournée à l'école publique.
Et là c'est vrai que bon, il y a eu toujours évidemment des bandes dans les classes qui sont compliquées. Et je dois le dire, là pour le coup, un certain nombre d'enseignants qui n'ont pas toujours été très élégants, c'est le moins qu'on puisse dire, voire pas très objectifs à mon égard. Je me souviens notamment d'une prof d'histoire qui ne se cachait pas d'être communiste et qui faisait littéralement de la propagande idéologique en cours n'hésitant pas à me prendre un peu à partie à l'époque. Mais bon, je suis loin d'avoir subi ce qu'a pu subir encore avant moi Marine Le Pen, ma mère et mon autre tante qui elle était pour le coup systématiquement pris à partie par le corps enseignant.
Je suis frappé de voir à quel point en France, il me semble et notamment à l'égard de votre famille largement entendue, il y a une sorte de guerre civile, intellectuelle et politique comme si on n'avait pas le droit d'être en désaccord sans haïr. Quelle est votre analyse de cette espèce d'intolérance française ?
Oui, c'est vrai que c'est quelque chose d'assez surprenant. Les réflexes pavloviens qui se sont inscrits concernant notre famille et ce qu'on lui reprochait et d'ailleurs très souvent qui n'existaient même pas. C'est assez surprenant. Après, je bifurque un petit peu mais je veux dire, moi j'ai vécu, on va dire qu'avec le recul, j'ai vécu un peu cette, je vis cette mise au banc ou j'ai vécu cette mise au banc comme quelque chose peut-être d'utile. C'est-à-dire que d'une certaine manière, ça nous a permis, ça nous a habitués à ne pas être dans le vent, dans le courant, à accepter d'être minoritaire, à accepter la contradiction. Je pense que c'est malgré tout une force aujourd'hui.
Et ça nous a aussi construit des parcours singuliers et c'est vrai aussi de Marine et d'autres. Dire le fait d'être, normalement, nous aurions dû, au très haut niveau politique de Jean-Marie Le Pen, faire partie de ce petit microcosme des élites politiques, économiques, avec, vous savez, toujours ces mêmes écoles, ces mêmes parcours. Et nous en avons été un peu exclus, à la fois intellectuellement mais à la fois socialement. Ce qui fait que nous avons construit des parcours différents qui peut-être, je l'espère, nous rend un peu plus connectés à la réalité et à d'autres milieux sociaux, à d'autres manières de voir. Donc avec le recul, j'essaye d'en tirer le positif.
Après, je pense qu'en ce qui concerne Jean-Marie Le Pen, il y a plusieurs choses qui ont contribué d'ailleurs à diviser la droite de manière générale. Il y a évidemment la question du gaullisme et de l'antigaullisme qui a été structurant dans la vie politique française jusqu'encore récemment et qui probablement d'ailleurs continue de l'être dans l'inconscient d'un certain nombre de personnes âgées et qui est un antigaullisme de droite. Et je parle bien de l'antigaullisme de droite, pas de gauche, qui s'est construit sur d'autres choses, mais qui s'est construit non pas sur la Seconde Guerre mondiale d'ailleurs, non pas sur le De Gaulle résistant, mais sur l'Algérie française.
Et c'est vrai qu'il y a eu à ce moment-là un clivage passionnel qui s'est mis en place et qui a durablement, je puis dire, touché les cœurs et les esprits. Et c'est vrai que moi j'ai plutôt grandi dans un environnement antigaulliste, disons-le, entouré de harkis, de pieds noirs, sur les plaies béantes de la guerre d'Algérie, même si j'ai fait du chemin aussi, y compris par rapport à la figure du général.
Mais du coup je pense que ça a créé des réflexes un peu irrationnels qui du coup par capillarité, par antigaullisme, on a laissé sous-entendre que cet antigaullisme pouvait se rattacher également à la dénonciation du De Gaulle résistant et donc à une sympathie plus ou moins dissimulée à l'égard de Vichy. Alors je rappelle quand même que le Front National s'est créé en 1974, donc on est quand même loin du compte.
Et puis il y a eu aussi, je pense que là-dessus il faut à tout seigneur, tout honneur, je pense que Jean-Marie Le Pen, c'est Edgar Ford qui disait cela, mais c'est un grand tort que d'avoir raison trop tôt et qu'il a à un certain moment, fort d'ailleurs de sa culture historique, de sa connaissance des cycles civilisationnels et des grands basculements si je puis dire, alerté sur le risque de glissement démographique que pouvaient représenter ces nouveaux flux migratoires et le laxisme de la politique mis en place.
Et puis vous voyez bien aussi, il en parle très souvent d'ailleurs, le grand bouleversement démographique des continents où l'Europe qui avait été un peu le champion démographique jusqu'encore au 20ème est en train aujourd'hui de devenir un nain à côté des continents asiatiques, africains, entre autres.
Et donc il a alerté à un moment donné où probablement cela ne pouvait pas être entendu parce que les gens ne le vivaient pas dans le quotidien, ne se projetaient pas et cela a été évidemment immédiatement assimilé à du racisme, sur fond évidemment de stratégie aussi électorale et largement alimenté par des officines type SOS Racisme et compagnie qui aujourd'hui font un peu leur aggiornamento, il faut bien l'admettre, c'est assez amusant d'ailleurs, mais qui à l'époque ont largement contribué à diaboliser les personnes qui tentaient d'alerter sur ce sujet.
Y a-t-il eu au Rassemblement National, à votre avis Marion Maréchal, une catégorie de militants qui était véritablement nostalgique du fascisme ou du nazisme ? Ou est-ce que c'est un procès, je l'entends assez souvent, quelle que soit la volonté de dédiabolisation de votre tante ? On ne l'en crédite jamais d'ailleurs, c'est très étonnant, mais est-ce que ces nostalgies qui existaient, existent ?
Je pense qu'en 1974, quand le Front National s'est créé, en fait c'était un parti de droite nationale, pour faire simple, qui a rallié à lui des gens qui ont des parcours extrêmement variés et qu'on y trouvait en réalité de tout, et de toute cette France réconciliée. Ça veut dire des gens qui avaient pu être des résistants pro-pétain, parce que ça existait aussi, parce qu'en réalité la résistance elle était à Londres, mais elle était aussi en Afrique du Nord, elle était dans les maquis français, enfin, on a vu des gens qui ont pu avoir des sympathies à l'extrême droite, ça a existé, il ne faut pas le nier, mais il y a eu aussi des grands résistants.
Donc en fait, je pense que c'est ne pas regarder objectivement l'histoire de ce mouvement que de ne pas le voir dans sa diversité. Par ailleurs, je pense qu'aujourd'hui la terminologie d'extrême droite, c'est un terme utilisé pour des raisons morales, mais qui ne tient pas une seconde si on tend à le démontrer sur le plan de la science politique. L'extrême droite, ce n'est pas une insulte, ça répond à des critères très précis en sciences politiques, parmi lesquels l'antiparlementarisme, le cutle du chef, l'approche totalitaire dans la manière de gouverner. Or, sur ces critères, le Front National ne répond en rien à cela. Il faut quand même être objectif.
Je veux dire, c'est un parti qui a toujours défendu la démocratie représentative et la démocratie même directe, qui a même été de ceux qui ont toujours voulu mettre en place des référendums d'initiatives populaires, entre autres. Donc c'est vrai qu'à mon avis, il y a une forme de confusion volontairement entretenue, parce qu'évidemment, dans l'esprit des gens, extrême droite égale fascisme égale nazi, dans un syllogisme qui, d'ailleurs, serait largement à remettre en cause, et puis sur l'incapacité de regarder aussi l'histoire dans sa complexité.
Et donc à partir de là, voilà, il y a malheureusement une image qui s'est durablement installée et qui, malheureusement, encore aujourd'hui, rend difficile la possibilité de rendre un discours audible par tous, parce que certains ont des réflexes, une fois plus, pavloviens, et ne veulent même pas en entendre parler.
Vous avez été une toute jeune députée, Marion Maréchal, conseiller PACA, et maintenant, depuis quelques années, directrice de l'INSEP. L'INSEP, pardonnez-moi. L'INSEP, ce sont trois démarches professionnelles tout à fait stimulantes pour vous. Est-ce que vous faites une hiérarchie entre elles, ou elles ont toutes été utiles ?
Alors, je ne fais pas une hiérarchie, mais je fais une continuité. C'est-à-dire que, quand je suis partie en politique en tant que députée, en tant qu'encier régional, il y a évidemment un engagement, un engagement électoral, mais quand j'ai quitté la politique et je me suis lancée dans cette aventure de l'INSEP, il y avait pour moi encore une forme d'engagement. Et d'ailleurs, je dois le dire, une forme d'engagement politique avec un grand P, si je puis dire, c'est-à-dire cette politique qui se veut au service de la cité.
Et je pensais qu'il relevait du service de la cité que d'ouvrir une école qui permette de former autrement notre élite politique et notre élite économique, qui aujourd'hui, c'est vrai, est dans une forme d'entre-soi sociologique, sort d'un certain nombre d'écoles cotées, mais qui contribue, selon moi, à façonner une vision un peu homogène du monde avec des programmes qui, une fois de plus, ça m'est très personnel, mais sont malheureusement de moins en moins qualitatifs et parfois un sectarisme intellectuel qui frôle même le militantisme.
Je veux dire, il y a suffisamment d'actualité autour des problèmes que rencontre aujourd'hui Sciences Po avec l'offensive des idéologies indigénistes, des coloniales, théories du genre, et j'en passe, et des meilleures, pour prouver ce que je viens de vous dire. Et donc, du coup, je trouve que c'était important de rentrer dans ce combat culturel, si je puis dire, éducatif, et de considérer que la politique, elle ne se fait pas seulement par le haut, par les institutions, elle se fait aussi par le bas, par la société, et elle commence d'abord avec les individus. Et donc, plutôt que de se plaindre de cette situation, tenter d'y répondre, évidemment, très humblement avec l'ICEP.
Et puis, aujourd'hui, avec ce centre de recherche à l'intérieur de l'ICEP, qui, une fois de plus, dans la continuité, l'a vocation plutôt à aller alimenter le débat public, qui, une fois de plus, c'est très personnel, mais ne me semble pas toujours satisfaisant et ne me semble pas toujours traiter les sujets essentiels, puisque, et je le déplore, malheureusement, aujourd'hui, il y a un certain nombre de think tanks bien installés qui, voilà, font un peu référence sur le plan de l'expertise. Mais à côté de ça, les partis politiques n'arrivent plus à véritablement promouvoir des idées efficacement ou toucher véritablement le public, parce que leur parole est un peu démonétisée. Voilà.
D'où la continuité dans cet engagement.
Justement, vos expériences politiques, vous ont-elles montré la grandeur de la politique ou ses inéluctables limites ?
Ah ben, écoutez, moi, je ne jeterai pas le bébé avec l'eau du bain. J'ai vu le meilleur et le pire de l'homme en politique. C'est vrai que la politique, comme tout ce qui touche un peu au pouvoir, à l'argent, peut stimuler les vices indéniablement, et notamment les vices du narcissisme et de l'égocentrisme, puisqu'il y a une exposition médiatique, évidemment, et qu'on fédère des gens, et que, voilà, parfois, on s'y suit des passions. Donc ça, c'est tout à fait certain.
Mais j'ai aussi vu le meilleur, notamment dans un parti, qu'il faut bien le dire, il y a encore quelques années, enfin, pousser des gens à l'engagement sans qu'il n'y ait pas grand-chose à gagner, si ce n'est parfois la mise au banc social, la mise au banc professionnel, je veux dire, le risque de se faire agresser dans la rue. Avant même que moi, je m'engage aux politiques, combien de militants ai-je vu, à l'intérieur de ce mouvement, se faire agresser, même physiquement, parce qu'ils défendaient avant l'heure des idées qui, aujourd'hui, sont presque devenues mainstream. C'est quand même incroyable.
Donc oui, j'ai vu des gens prêts à se sacrifier pour tenter, bon en mal en, de faire bouger les choses dans leur pays. Donc moi, j'ai plutôt une belle image de la politique et je n'arrive pas à considérer qu'elle se limite uniquement à l'image qu'on pourrait se faire des politiques actuellement, c'est-à-dire globalement des paresseux qui profitent du système, qui mentent, qui sont corrompus. Heureusement que ça va au-delà de ça.
Vous avez dit un jour, je crois, Marion Maréchal, la France n'a pas commencé en 1789, ce qui est une évidence. Faites-vous une distinction entre la République et la France ?
Ah, c'est une très bonne question. Et c'est une question, d'ailleurs, que je me suis posée assez jeune en lisant un auteur qui m'a beaucoup marquée, un auteur catholique, qui s'appelle Jean de Vigris, et qui a écrit un livre qui s'appelle Les Deux Patries, dans lequel il explicite, c'est l'un des premiers, d'ailleurs, que j'ai vu qui avait arrivé à expliciter cette tension dans l'identité française.
C'est de la philosophie politique, c'est un livre assez ardu, mais passionnant, qui explique qu'il y a d'un côté donc la patrie charnelle, la patrie au sens littéral, la patrie des pères, donc finalement ce peuple, cette terre, cet héritage, ces cultures, ces mœurs, et puis la patrie révolutionnaire, qui est finalement l'idée révolutionnaire qu'on a de la France, et qui se traduit notamment par ces fameuses valeurs universelles, les droits de l'homme, voilà.
Et donc lui expliquait que précisément, cette idée qu'on se fait de la France révolutionnaire, cette idée républicaine de la France, n'est pas singulièrement française, puisque par essence, les droits de l'homme ne sont pas proprement français, mais sont censés s'appliquer à l'ensemble de l'humanité et à tous les hommes. Donc ici, il suffit de défendre ces valeurs dites républicaines et les droits de l'homme pour être français. Dans ce cas, le monde entier est français.
Et voire même, d'ailleurs, parfois, cette patrie révolutionnaire s'oppose même et rende parfois même en contradiction avec la patrie charnelle, puisqu'il y a une forme de contradiction, parfois, à défendre un modèle universel et de l'autre, un modèle singulier qui se définit de manière précise par, je vous le disais tout à l'heure, ce peuple, cette langue, cette terre, voilà.
Et donc c'est vrai qu'il y a, à mon avis, un paradoxe dans l'identité française qui est en tension, qui a cohabité bon an, mal an, jusqu'alors, indéniablement, puisqu'aujourd'hui, nous sommes, vous comme moi et moi aussi, même si je m'inscris plutôt dans une lecture, on va dire, droitière de l'identité française, mais je suis aussi le produit de cette tension identitaire entre la patrie révolutionnaire, la République française et de l'autre, cette patrie charnelle. Mais néanmoins, aujourd'hui, j'aurais du mal à choisir l'une pour l'autre parce que je pense qu'elles sont intrinsèquement liées.
Pour autant, je crois que la question de l'immigration va venir perturber cela, c'est-à-dire que l'altérité à laquelle nous oppose finalement l'arrivée de millions d'immigrés sur notre territoire nous amène à nous poser la question de ce que nous sommes. Notre identité ne va plus de soi, on le voit bien. Il y a un questionnement, il y a une quête, il y a une remise en question par rapport aux différentes revendications qui s'imposent aujourd'hui dans l'espace public, revendications religieuses, revendications culturelles. Et donc finalement, peut-être va-t-il falloir définitivement trancher entre ces deux patries.
Peut-on encore défendre la patrie charnelle française alors même que précisément cet universalisme, ce droit de l'homisme est précisément celui qui permet à l'immigration de s'installer, qui permet au multiculturalisme de s'installer, qui permet aux minorités au nom des droits de l'homme de défendre leurs intérêts et leurs droits sur le territoire. Donc c'est ça, c'est question complexe mais passionnante.
Vous avez dit un jour également que ce qui a été central pour votre formation, c'est les deux ans, je crois, que vous avez passé dans cette institution Saint-Pidis. Saint-Pidis.
Qui n'est pas la fraternité Saint-Pidis.
Et donc, est-ce que je me trompe, le double socle de votre personnalité, c'est à la fois une culture catholique très forte et il me semble et c'est ce qui m'a toujours intéressé chez vous, une réflexion et j'utilise le terme à dessin très fine sur la pensée conservatrice. Est-ce que, quelle différence faites-vous entre la pensée conservatrice et la posture réactionnaire ? Est-ce que pour vous c'est la même chose ?
Vous avez quatre heures.
Oui, alors en effet, moi j'ai reçu principalement mon éducation catholique dans cet institut et j'irais même au-delà de la culture catholique parce que moi j'ai la foi et c'est quelque chose d'important pour moi même si je suis attachée à la laïcité mais je pense malgré tout qu'il y a des choses passionnantes dans la doctrine sociale de l'Église puisque il faut quand même avoir conscience que c'est une sagesse qui a près de 2000 ans et donc qui connaît intimement l'âme humaine qui donc connaît ses ressorts, connaît ses vices et qui a donc, je trouve, une sagesse, presque une science parfois dans la capacité à pouvoir guider les hommes vers ce qu'ils appellent évidemment la vérité mais vers le bien et la vertu.
Donc je trouve qu'il y a quelque chose de passionnant y compris sur le plan politique dans ce qu'on peut tirer de ses enseignements même si une fois de plus je fais la part des choses et quand je défends des idées politiques je ne le fais pas pour des raisons morales ou parce que l'Église catholique me dit de le faire loin sans faux je le dis parce que je suis convaincue du bien fondé de ses idées et de leur utilité sociale. Ce qui est vrai c'est que j'aime assez le terme conservateur même si je sais qu'il est considéré comme ringard et peu avenant puisque finalement dans l'esprit des gens le conservatisme c'est l'immobilisme.
Moi je considère que le conservatisme c'est plutôt le fait de conserver ce qui est beau ce qui est bien ce qui est juste dans notre héritage ça ne veut pas dire l'immobilisme ça veut dire simplement la sagesse et surtout l'humilité de considérer qu'il y a des choses qui se sont façonnées dans le temps et qui se sont façonnées pour le meilleur et que nous avons le devoir en tant qu'héritiers nous-mêmes de transmettre de cet héritage je pense que la nation en fait partie la nation n'est pas une simple ibédé c'est une construction une fois plus charnelle dans le temps ce sont des liens affectifs à partir de territoires à partir de communautés qui se sont construits et je trouve que cette nation a quelque chose de sain puisqu'elle permet de dépasser précisément la race l'ethnie pour nous rassembler autour de cet héritage et que pour le coup c'est Ronan qui disait cela si vous tuez la nation vous aurez de nouveau le grand retour finalement des identités basées justement sur la race l'ethnie et aujourd'hui on le voit bien la sexualité donc c'est finalement la dislocation de ces liens affectifs patiemment construits et qui permettent aussi le bon exercice de la démocratie parce que je pense qu'il n'y a pas de démocratie possible qui évidemment est basée sur le système majoritaire s'il n'y a pas une matrice culturelle commune s'il n'y a pas une entente spontanée sur des références des valeurs des sentiments puisque dans ces cas là si nous ne sommes même pas capables de nous entendre sur les fondamentaux on voit bien que cette démocratie sera mise en charpie et qu'elle sera la proie finalement des minorités des lobbies minoritaires ou des politiques catégorielles voilà et c'est ce à quoi d'ailleurs nous assistons de manière dramatique aujourd'hui donc j'aime cette idée dans le conservatisme de conserver souvent le conservatisme d'ailleurs s'entremêle avec le libéralisme au sens classique du terme qui s'inscrit plutôt dans la défense des libertés individuelles qui est aussi parce que moi je n'oppose pas tout je veux dire je n'aime pas m'enfermer dans une cage je pense que dans chaque philosophie politique il y a des choses intéressantes à prendre et d'ailleurs on connaît beaucoup le libéralisme anglo-saxon qu'on confond souvent d'ailleurs avec le néo-libéralisme économique mais il y a aussi une tradition libérale française qui est magnifique Tocqueville est un auteur extraordinaire qui m'a beaucoup marqué et d'ailleurs ce qui est intéressant chez ces libéraux c'est qu'il défend les libertés individuelles par rapport au gouvernement mais il n'imagine pas défendre ces libertés individuelles dans un environnement sans Dieu c'est à dire que Tocqueville quand il pense cela il le pense dans un cadre où la morale si je puis dire collective est évidemment alimentée par la présence de la religion catholique et donc il n'avait pas anticipé qu'en fait le modèle qu'il défendait pourrait un jour s'exercer dans un cadre à religieux si je puis dire à spirituel et que donc évidemment bien dans ce cadre là il n'y aurait plus de cadre de vertu et donc on serait face à la tyrannie de l'individu qui n'ayant plus finalement de limites et de décence dans ses limites et bien pourrait laisser s'exercer toutes ces envies au détriment et bien de l'intérêt des autres ou du droit des autres et donc on se retrouvait dans une espèce de guerre du droit des droits des uns et des autres au détriment de l'intérêt général donc je trouve qu'il y a quelque chose de très intéressant dans cette pensée et je trouve qu'elle a cette sagesse que n'a pas nécessairement le progressisme qui porte mal son nom parce que le progrès évidemment à l'inverse a quelque chose de très positif dans la perception c'est la force d'ailleurs de ces mouvements de gauche c'est qu'ils gagnent systématiquement la bataille sémantique ils arrivent à trouver des mots qui spontanément rendent les idées qu'il y a derrière sympathiques cette idée du progressisme qui est une espèce de fascination quasi enfantine pour l'avenir et qui est toujours dans cette idée très à gauche d'ailleurs de façonner l'homme nouveau il y a toujours d'ailleurs c'est un peu terrible de dire ça mais quand on regarde les différentes traditions à gauche que ce soit au monde de la révolution ou dans le marxisme cette tendance un peu totalitaire à vouloir construire l'homme nouveau et qui se manifeste aujourd'hui par le fait de laisser à l'individu enfin je veux dire de permettre à l'individu de s'extraire de tout héritage quel qu'il soit et de considérer comme la véritable émancipation non seulement de se défaire de son héritage familial de son héritage culturel mais même biologique c'est à dire qu'aujourd'hui on va jusqu'à expliquer à l'individu qu'il doit être libre au point de ne même plus avoir à subir son sexe de naissance et qu'il a le choix jusque dans sa biologie voilà donc je et on voit bien où ça nous mène dans les dires donc c'est vrai que j'ai pas de problème avec ce terme conservateur même si je mesure ce qu'il a de limite et pour répondre à votre question puisque je m'en suis un peu éloignée la différence avec la réaction c'est que la réaction c'est une forme de nostalgie du passé si je puis dire ce qui était d'ailleurs un peu le cas de la contre-révolution comme on l'a appelé une forme de nostalgie de cette monarchie qui d'ailleurs a finalement fini par être balayée bien qu'elle ait à une certaine époque été majoritaire y compris à l'Assemblée pour finalement disparaître quelques années plus tard définitivement donc je ne vois pas le conservatisme comme une nostalgie du passé je vois ça plutôt comme une doctrine qui permet de s'adapter dans la continuité à des phénomènes nouveaux aujourd'hui on est dans une société numérique technologique mondialisée et pour autant malgré tout cela et bien ce que nous avons conservé par le passé et bien peut nous permettre d'appréhender ces nouveaux défis de manière efficace
je suis non pas étonné quand je vous entends Marion Maréchal mais je vois confirmer une intuition que j'ai toujours eue en totale immodestie il me semble que la distinction qu'on a cherché voire l'opposition entre votre tante et vous sur le plan intellectuel sur le plan sociétal n'est pas complètement fausse à tort ou à raison en vous écoutant je sens à quel point vous êtes passionné par presque la réflexion la philosophie politique quant à tort ou à raison j'analyse plutôt votre tante comme une pragmatique opératoire pour la conquête du pouvoir il me semble que pour l'instant en tout cas vous vous situez dans un registre un peu différent où la réflexion chez vous suscite une forte appétence rien que par votre délicieuse amabilité quand vous répondez à mes questions est-ce que cette analyse vous paraît juste ou fausse
alors j'ai indéniablement une appétence pour le monde des idées la philosophie politique ça c'est sûr même si je ne me revendique pas du tout être une intellectuelle loin sans faux c'est pas mon registre et j'en suis loin d'en avoir les compétences après c'est vrai que j'ai aussi un luxe que n'a peut-être pas eu Marine c'est-à-dire que Marine a été jetée dans l'action politique à très haut niveau tout de suite puisque à peine s'était engagée en politique quelques mois quelques années plus tard en 2011 elle arrivait à la tête du mouvement et c'est vrai qu'à ce niveau d'engagement malheureusement la vie frénétique qui est celle des politiques laisse peu de temps c'est vrai que c'est malheureux mais laisse peu de temps tant que j'ai moi aujourd'hui à rentrer un peu dans le détail de cette généalogie des idées et donc voilà je ne crois pas du tout que Marine n'ait pas du tout d'appétence pour les idées mais je pense que l'exercice qu'elle a de sa fonction fait qu'aujourd'hui elle a peut-être moins le temps de développer ou de s'y attarder voilà c'est vrai que moi étant aujourd'hui à la tête d'une école de sciences politiques ça fait presque partie de mon travail si je puis dire et j'ai aujourd'hui le temps et le luxe de pouvoir le faire mais je pense que d'ailleurs c'est ce qui me désespère dans la vie politique actuelle moi j'ai beau avoir 31 ans je suis loin d'être une adepte des réseaux sociaux bien que j'y sois et que j'y vois évidemment des avantages mais je crains malheureusement qu'aujourd'hui les politiques considèrent qu'il suffit de faire un tweet pour avoir fait le travail or je pense qu'il relève quasiment de la santé mentale si je puis dire ça comme ça que d'être capable à un moment donné de s'attarder sur une problématique et d'écrire autour de cette problématique de manière approfondie or malheureusement les politiques ont de moins en moins l'occasion et même l'utilité de faire cela et donc c'est vrai qu'il y a un changement aussi dans la manière de faire de la politique où la communication va prendre le pas sur le reste et on grille parfois un peu les étapes en ayant la possibilité d'arriver très vite très fort à un très haut niveau de notoriété par la communication sans peut-être avoir passé le temps préalable à la construction de son squelette idéologique parce qu'en fait on se rend compte que la politique ça n'est pas que du pragmatisme comme essaye de le faire croire les néolibéraux c'est d'abord une vision de la société et que cette vision de la société c'est un peu comme l'économie vous savez moi j'ai découvert quelque chose de très intéressant qu'en fait l'économie qui nous est présentée comme une science est d'abord une science humaine l'économie c'est plus un art qu'une science dure si vous voulez et qu'en fait jusqu'au XXème siècle les choix économiques étaient toujours adossés à une philosophie politique c'est à dire à une vision de la société à la vision qu'on se faisait de la société et c'est un peu le marxisme avec cette espèce de scientisme qui a voulu finalement faire croire que l'économie s'inscrivait dans une forme d'historicité inéluctable dans une forme de science et à partir de là derrière qu'on a considéré l'économie comme une forme de pragmatisme et d'algorithme et donc c'est pour ça que je vous dis ça c'est que même sur les questions économiques bien sûr il y a du pragmatisme bien évidemment mais il y a d'abord quelle vision se fait-on de la société quel objectif se donne-t-on quelle idée se fait-on de la nature humaine et des rapports humains et une fois qu'on est bien assis là-dessus on est capable je pense d'apporter des solutions concrètes
à une certaine époque à une certaine époque je crois que vous avez été intéressé par Nicolas Sarkozy et j'aimerais compléter cette question de la manière suivante à partir de votre refus de l'étiquette argumentée de l'étiquette extrême droite est-ce que c'est la raison pour laquelle vous êtes très attaché à l'exigence de l'union des droites
alors oui alors en effet quand j'étais je n'ai pas été en âge de voter quand il y a eu le duel Nicolas Sarkozy et Jean-Marie Le Pen mais c'est vrai que je l'avais admis à l'époque j'avais été un peu séduite je pense comme beaucoup de français par le personnage qui était atypique dans le style dans les idées mais aussi dans le parcours il faut bien le dire il n'était pas issu de l'énergie traditionnelle il avait quelque chose d'assez fascinant et c'est vrai que n'étant pas une fois de plus moi dans ce logiciel gaulliste anti-gaulliste qui n'était plus structurant pour moi n'ayant pas connu la guerre d'Algérie arrivant sur le tard j'avais du mal à comprendre ce qui pouvait justifier la permanence de cette désunion alors même qu'on voyait bien que sur l'essentiel il y avait une entente d'une entente naturelle donc c'est vrai que à partir du moment où nos institutions on peut le déplorer mais amènent nécessairement un réflexe de coalition pour pouvoir transformer la candidature en victoire c'est vrai que j'ai voulu tenter à l'époque à l'intérieur du RN plaider pour en tout cas des signes de rapprochement et essayer d'envoyer des signaux notamment à une partie de ce qu'était l'UMP à l'époque qui est devenu LR parce que je pense qu'il y a des courants aussi qui cohabitent dans cette famille politique et pour une partie de ces courants devraient pouvoir naturellement il me semble travailler avec le Rassemblement National et aujourd'hui bon bah je vois bien qu'on ne parvient pas à arriver au bout de cela parce que j'ai le sentiment que finalement les républicains se sont en grande partie résignés dans un jeu électoral où il y avait moins de risques à s'attacher à une alliance macroniste qu'à tenter l'aventure aux côtés du Rassemblement National et puis je pense qu'il y a aussi un glissement idéologique de cette droite devenue néolibérale si je puis dire qui finalement a renoncé à ses fondamentaux y compris à ses fondamentaux gaullistes d'ailleurs
Est-ce qu'à votre avis ce refus de l'union des droits de la part en tout cas des structures officielles ça vient disent-ils d'une sorte de répugnance éthique ou bien tout simplement d'une peur politique d'être broyée
Alors je pense qu'il y a d'abord l'héritage chiracien si je puis dire puisque c'est vrai que celui qui a durablement installé cette désunion est Jacques Chirac or beaucoup aujourd'hui des gens qui tiennent aujourd'hui les républicains sont des bébés Chirac si je puis dire des gens qui ont fait leurs armes politiques avec lui et qui du coup voilà par réflexe par habitude par fidélité par continuent de raisonner dans ce logiciel là et je pense qu'il y a les deux c'est à dire je pense qu'il y a de la stratégie cynique de gens qui en effet ont probablement peur à tort ou à raison que cela puisse les effacer ou les démonétiser ou leur faire perdre leur place actuelle qu'il faut bien dire qu'ils arrivent à la conserver bon en mal par des alliances contre nature mais qui leur permettent quand même de continuer à exister de manière importante dans les institutions et puis je pense qu'il y a parfois parce que je l'ai déjà vu autour de moi des gens qui sont sincèrement persuadés que nous sommes infréquentables je me souviens notamment quand je me suis attaché les services d'un ancien LR au moment de PACA Olivier Bettati il était il était proche je ne sais pas si je peux me permettre de révéler ça mais de Jean-François Copé et quand il a annoncé avant à Jean-François Copé qu'il allait nous rejoindre par amitié Jean-François Copé lui a avait l'air sincèrement choqué et sincèrement ou très persuadé que nous étions des gens moralement absolument infréquentables donc je fais le constat qu'il y a manifestement aussi de l'honnêteté parfois de la part de ces gens
vous avez Marion Maréchal une situation aujourd'hui si je puis dire dans et en dehors du système est-ce que je sais que vous détestez vous l'avez dit que on vous pose des questions trop directes sur l'avenir politique et qu'on cherche à vous opposer à votre tente ce qui n'est absolument pas dans mes intentions mais au fond lorsque vous intervenez dans les médias comme vous l'avez fait récemment pour débattre souvent de sujets d'actualité vous avez parlé de Trump vous avez parlé de la gestion de la crise sanitaire vous avez dit ce que vous pensiez de Marcy vous avez un certain nombre de sujets est-ce que ces interventions ont un sens en dehors d'une ambition présidentielle j'entends par là que quelle que soit l'importance de votre personnalité vous n'êtes pas attendu pour donner des points de vue sur ces sujets-là si vous les donnez est-ce que ça veut dire que vous avez des ambitions mais peut-être pas forcément présidentielles je n'en suis pas encore là dans mon questionnement je me demande cette volonté d'affirmation de votre part elle vient bien de quelque chose
oui tout simplement parce que c'est vrai que alors moi quand j'interviens j'interviens maintenant au titre du centre de recherche de l'école qui publie justement à partir de l'actualité politique des analyses de fond je pense que cette contribution au débat public il me semble elle est utile parce que aujourd'hui vous l'avez dit je suis à la fois en dehors et dedans c'est-à-dire que j'ai le luxe aujourd'hui de ne pas être tenue par une ligne partisane alors c'est un peu l'avantage et l'inconvénient des partis c'est que la ligne qui est donnée est évidemment la condition de la lisibilité et de l'efficacité mais elle est aussi parfois l'objet de la stérilisation de l'esprit et de la réflexion et j'en ai parfois été la victime dans mon ancien mouvement donc c'est vrai qu'aujourd'hui j'ai un le luxe de ne pas être tenue par des échéances électorales donc je n'ai absolument pas à tenir compte on va dire des mouvements d'opinion ou à chercher à rallier des gens à un vote donc je suis beaucoup plus sereine dans la possibilité même parfois de défendre des idées minoritaires et j'ai un peu parfois le sentiment de l'être sur la crise sanitaire il faut bien le dire et en même temps de pouvoir travailler avec des gens extrêmement variés que j'associe pour avoir une réflexion qui me semble plus efficace et plus juste donc il me semble oui que c'est utile parce que je vous donne un exemple mais bon sur la crise sanitaire je pense oui qu'on a pu développer un escro un peu singulier sur le fait d'alerter sur les libertés et notamment les atteintes aux libertés fondamentales qui sont aujourd'hui menacées par deux choses si je puis dire d'une part la volonté légitime c'est pas le sujet mais de lutter contre le terrorisme et de l'autre la crise sanitaire et ces deux mouvements sont en train de broyer petit à petit des libertés essentielles alors je pense qu'il y a des si je puis dire des lanceurs d'alerte qui à un moment donné doivent dire aux politiques qui sont toujours dans une espèce de jusqu'au boutisme électoral attention la sécurité heureusement évidemment légitime ne doit pas être comment dire défendu en dehors pour moi d'un point d'équilibre qui caractérise un peu nos démocraties libérales c'est à dire d'un côté le respect des libertés et de l'autre le respect de l'ordre public il y a un équilibre il y a un équilibre à trouver et pour moi cet équilibre aujourd'hui a été totalement rompu de manière à la fois incohérente et disproportionnée et donc typiquement voilà un sujet sur lequel on se positionne et j'ai l'impression on se positionne de manière un petit peu minoritaire puisque même à droite au sens large du terme j'ai l'impression qu'ils sont relativement timorés de ce point de vue là
si l'arbitrage est à faire entre sécurité et liberté puisqu'il ne peut jamais être parfait vous choisiriez la liberté
disons que pourquoi luttons-nous contre l'islamisme et le terrorisme parce que nous sommes attachés à une certaine idée de l'homme de la société des liens qui doivent les faire interagir ensemble précisément nous ne voulons pas vivre sous la charia nous ne voulons pas vivre parce que dans un système où l'apostasie est condamnée de mort où il n'y a pas d'égalité entre les hommes et les femmes où la liberté de conscience est remise en question donc justement si nous luttons contre le terrorisme c'est précisément pour défendre un modèle de liberté qui nous caractérise donc si pour lutter contre l'islamisme et le terrorisme nous sommes prêts à tuer ce pourquoi précisément nous luttons contre cet islamisme et ce terrorisme il va paraît y avoir une contradiction de fond donc évidemment après je pense qu'on ne peut pas opposer c'est pour ça que je ne peux pas répondre à votre question telle quelle parce que je pense qu'on ne peut pas opposer les deux parce qu'il n'y a pas non plus de liberté sans sécurité comment peut-on être libre si on ne peut pas circuler librement dans la rue sous peine d'être agressé volé violé donc bien évidemment ou malheureusement aujourd'hui décapité donc les deux vont ensemble en revanche je pense qu'il y a en effet un point d'équilibre à trouver et il y a aussi l'idée importante de rappeler que la loi est de portée générale et que à partir du moment où évidemment on va chercher à mettre en place des restrictions pour viser spécifiquement en l'occurrence l'islam radical qui est aujourd'hui en réalité la seule menace sur le plan terroriste et bien il faut bien avoir conscience que chacune de ces restrictions va s'appliquer à l'ensemble des citoyens et à l'ensemble des cultes voilà et donc il y a à mon avis un équilibre à trouver pour faire en sorte qu'au prétexte de lutter contre quelques-uns et bien on ne restreigne et on ne punisse pas l'ensemble de la société moi j'ai un peu le sentiment à 31 ans que finalement à la fois l'immigration incontrôlée d'une part et l'islamisme d'autre part est en train petit à petit de broyer toutes mes libertés alors que je n'y suis pour rien ma liberté de circulation parce qu'il n'y a plus justement de sécurité ma liberté d'expression parce qu'on cherche à la restreindre pour empêcher les gens de dire la vérité sur ces phénomènes la liberté associative parce qu'on voit bien que le contrôle de l'état va se durcir ma liberté d'enseignement c'est à dire de pouvoir mettre ma fille en école privée sans avoir toutes les deux minutes des contrôles comme ça va être et c'est déjà le cas aujourd'hui ce le sera encore davantage demain alors que les écoles dans les cages les mères ne présentent aucun danger ou même la liberté de l'école à la maison que remet en cause la loi sur le séparatisme bref vous voyez toutes ces libertés qui petit à petit bon an mal an sont reniées alors toujours avec de très bonnes raisons mais l'enfer est pas avec de bonnes intentions
vous comprenez Marion Maréchal qu'en vous écoutant avec beaucoup d'attention je me dis au fond la vie politique active quoi qu'on pense de votre opinion eh bien elle mériterait que vous y soyez
ah bah écoutez c'est gentil c'est gentil mais après le souci c'est que si vous voulez je pense je pense que ce que je fais aujourd'hui est utile enfin je l'espère en tout cas c'est utile déjà pour les étudiants conformes parce que je m'éloigne un peu du sujet mais il faut quand même avoir conscience aujourd'hui que notre université est dans un état de délabrement important qui est malheureusement lui-même la conséquence d'un certain nombre d'abandons au sein de l'école publique primaire et secondaire qui sont absolument dramatiques on le voit dans les différents comment dire classements internationaux dernièrement en mathématiques en France où les résultats de nos élèves sont absolument déplorables et qu'en plus il y a un phénomène aujourd'hui importé des campus américains qui voit j'en parlais rapidement tout à l'heure mais des idéologies mortifères prospérer et former toute une nouvelle génération sans leur lécher le choix d'ailleurs de pouvoir avoir en face d'eux des opinions différentes puisque ces idéologies deviennent totalement hégémoniques et elles le deviennent d'ailleurs sous la pression sous le chantage sous la menace sous la contrainte avec la complicité de directeurs d'universités qui sont la plupart du temps ou terrifiés ou d'accord je pense évidemment j'y reviens à ces idéologies du privilège biant décolonial indigéniste qui sont des idéologies racistes et dramatiques pour la cohésion nationale et le problème si vous voulez c'est que ce phénomène aujourd'hui en plus écarte les gens qui ne sont pas d'accord ça veut dire que les enseignants qui tentent de se dresser contre cela sont terrorisés ou marginalisés voire même parfois menacés c'est vrai aussi des étudiants et il y a en plus un phénomène où comment dire les activistes de ces idéologies ont phagocidé les jurys des sélections qui font qu'aujourd'hui mécaniquement je parle dans les sciences sociales principalement ne passent les fourscodines du financement des thèses que ceux qui aujourd'hui rentrent dans ce logiciel du néo-féminisme du multiculturalisme de l'écriture inclusive j'en passe et des meilleurs donc si vous voulez je dis ça pourquoi parce que je pense que ce qu'on fait aujourd'hui à l'ICEF c'est fondamental c'est fondamental pour les étudiants qu'on a mais c'est fondamental même symboliquement pour pousser à d'autres initiatives qui doivent réagir créer des îlots de résistance à cela et je pense que c'est aussi indispensable une fois de plus parce que cette liberté de ton et de réflexion j'essaye de la mettre au service du débat public justement pour que ceux qui sont aujourd'hui qui sont engagés s'en emparent et s'en emparent pour être plus efficace demain donc voilà pour l'instant je suis là-dedans je suis dans ce couloir je ne m'interdis pas un jour de refaire de la politique éventuellement je l'ai toujours dit mais je ne suis pas en mesure aujourd'hui de vous dire précisément quand où parce que à l'heure où je vous parle je pense ne pas être allé au bout encore de la mission qui est la mienne dans les fonctions qui sont les miennes
le rêve au fond Marion Maréchal pour un politique c'est à la fois de penser et d'agir donc peut-être comme vous avez connu l'action que vous adorez la pensée vous pourriez constituer une synthèse non ?
oui en vrai je n'ai pas l'impression de ne pas agir comme je vous le disais parce que c'est vrai que je ne passe pas ma journée enfermée à la bibliothèque elle marche d'ailleurs
cette école on a dit tout et son contraire c'est vrai
oui elle marche écoutez on a aujourd'hui plus de 250 étudiants qui sont passés dans cette école on a des partenariats internationaux au Liban en Russie on a créé une filiale en Espagne en septembre donc c'est une école on a une cinquantaine d'enseignants qui sont tous des enseignants expérimentés reconnus je pense qu'il y a encore 10 ans il eût été impossible d'avoir une école telle que celle-ci qui se monte qui fonctionne au vu et au su de tous si je puis dire et que même des enseignants puissent s'y afficher alors même qu'ils ont des carrières dans le privé ou dans l'université à côté donc il y a quand même une victoire si je puis dire de ce point de vue là donc j'ai quand même le sentiment que c'est une action alors c'est peut-être pas celle que certains attendent après je ne vais pas vous mentir évidemment qu'il m'arrive d'être frustré parce que je ne suis pas une spectatrice de la vie publique je suis passionnée par ça je suis animée par ça et chaque coup porté à mon pays est un coup porté à mon moral surtout par les temps qui courent donc voilà je pense qu'un jour je referai la politique je ne m'en suis pas défendue mais je ne m'en suis jamais pardon défendue mais ce que je veux dire c'est que pour l'instant je me dis bon j'ai 31 ans faisons les choses dans l'ordre et je ne suis pas encore allée au bout de mes expériences professionnelles et vous savez je connais aussi un peu la politique malgré tout et je sais qu'une fois qu'on y rentre il est très difficile d'en sortir
pourtant vous en êtes sorti apparemment on arrive à la fin presque Marion Maréchal un livre il y a quelques mois vous a été consacré que j'ai lu avec beaucoup d'intérêt et j'ai été frappé dans ce livre par les entretiens que vous aviez donné aux auteurs à l'auteur je crois ils étaient deux je pense et à chaque fois à chaque question précise sur votre avenir vous répondiez on verra il y a le temps je ne sais pas ce que je ferai et ça paraissait sincère de votre part est-ce que vous avez une volonté d'apprivoiser le temps et de ne rien décider avant l'heure ou bien êtes-vous sincèrement incertaine aujourd'hui sur le moment où vous reprendrez la politique
non alors je suis sincèrement incertaine pour une raison simple c'est que vous savez déjà en politique c'est le terrain qui commande donc voilà et puis moi aujourd'hui pour être tout à fait honnête j'ai dit je n'ai pas envie dans le cadre de comment dire de la proposition électorale actuelle de me remettre dans un parti ou dans l'autre j'ai été je ne vous cache pas que ça a été aussi compliqué moi j'ai fait de la politique à l'intérieur du Front National j'en ai des souvenirs formidables et voilà et j'ai aussi ça n'a pas toujours été facile parce qu'il a fallu que je me mette dans une discipline du mouvement qui n'est pas dans mon dans mon tempérament donc c'est vrai que du coup l'idée de me remettre dans cette logique voilà de d'une bah oui d'une doctrine d'une discipline si je puis dire partisane ne m'enchant de guerre pour l'instant voilà donc c'est pour ça que je vous dis j'ai envie d'aller au bout d'un certain nombre d'expériences professionnelles et que et que je suis sincèrement incertaine sur le moment même si au fond de moi je sens bien qu'un jour je referai certainement de la politique parce que parce que parce que ça m'appelle et puis que c'est vrai que même si évidemment on doit avoir des engagements dans la vie et dans la société malheureusement rien ne se réglera si à un moment donné la question des institutions et du pouvoir politique n'est pas abordée frontalement au plus haut niveau
Justement cette envie c'est le plus haut niveau
Ah non pas nécessairement loin de là même parce que vous savez alors moi j'ai un luxe par rapport à d'autres politiques c'est que j'ai grandi une fois de plus dans un univers politique et donc à partir de là je mesure la vie sacrificielle que ça représente on voit toujours de manière générale le luxe de la politique on oublie que c'est d'abord une vie de sacrifice d'exposition de coût donc je vous assure que moi je ne rêve pas d'être présidente de la république la nuit mesurant trop ce que ça implique sur le plan sur le plan personnel et professionnel donc je serai là où je serai utile le moment venu même au service de quelqu'un s'il le faut sans aucun problème
En tout cas merci Marion Maréchal vraiment
Marion Maréchal