Edouard Philippe : « La France est dans les cordes » - Les questions SMS #cdanslair 04.07.2017
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
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Questions et réponses
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- 0:03OuverteRéponse directe
Elle est drôle cette question. Donc si je comprends bien, la politique menée sera marquée par l'austérité mais plus joliment emballée qu'avant. Est-ce faux ?
- 0:57FerméeRéponse directe
Les efforts c'est pour maintenant, les dépenses ce sera pour plus tard c'est ça ou pas ?
- 2:30FerméeRéponse partielle
C'est le programme de Fillon sans les mesures sur la laïcité et l'immigration, non ?
- 3:02OuverteRéponse directe
Un mot sur l'immigration ? Il en a été question ? Suffisamment ? Pas suffisamment ?
- 4:05OuverteRéponse partielle
Rien pour la famille ? Rien pour les seniors ?
- 4:39FerméeRéponse directe
Les retraités ont-ils été nombreux à voter pour Emmanuel Macron ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:11Invité politiqueFait
« C'est une austérité qui n'est pas faite pour financer la gabigie interminable de l'État. »
- 0:23Invité politiquePromesse
« Et après normalement chacun en sera récompensé. C'est ça un peu le pari qui est fait. »
- 0:46Invité politiqueFait
« La baisse des dépenses de l'État, l'effort suffisant des créateurs de richesses, contribuables entreprises et puis derrière un modèle économique qui repart. »
- 1:53InvitéChiffre
« On a une baisse de 17 points du sentiment de déclin ce que je n'avais jamais vu depuis 20 ans. »
- 2:05InvitéChiffre
« 67% de nos concitoyens pensent que le pays est en déclin. »
- 3:28InvitéFait
« Il y a une amélioration de la durée d'études, d'examens des dossiers pour le droit d'asile, qui veut faire baisser à 6 mois. »
- 5:31Invité politiquePromesse
« On pouvait espérer un choc fiscal tout de suite, avec de beaux cadeaux aux entreprises comme aux particuliers, pour relancer la consommation d'un côté et de l'autre côté l'embauche. »
- 7:03InvitéFait
« Quand il dit « je vais préserver le système des retraites », à un moment il dit ça dans son discours. »
- 7:50Invité politiqueChiffre
« Il a grappillé hors de l'admission de Marx-Modem. Il a dû avoir les constructifs, peut-être aussi quelques voix éparpillées côté PS, côté République. »
- 8:12Invité politiqueFait
« Les ministres passent, le dégrisement continue. Ceux qui ont de l'argent en Suisse peuvent continuer à le rapatrier, ils paieront un forfait et puis on ne leur demandera plus rien. »
Temps de parole
- Édouard Philippe32 %
- Invité29 %
- Invité 216 %
- Présentateur16 %
- Présentateur 27 %
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Elle est drôle cette question. Donc si je comprends bien, la politique menée sera marquée par l'austérité mais plus joliment emballée qu'avant. Est-ce faux ? Christophe Barbier.
C'est une austérité qui n'est pas faite pour financer la gabigie interminable de l'État. C'est d'un côté on arrête les mauvaises pratiques de l'État mais de l'autre on fait encore quelques années d'efforts pour remettre les compteurs à zéro. Et après normalement chacun en sera récompensé. C'est ça un peu le pari qui est fait. Par ailleurs il s'agit de reconstruire une prospérité française pour continuer à financer un système social de solidarité qui est plus à gauche que ce que peut être le discours économique du pouvoir. On ne fait pas ça pour que les riches s'enrichissent. Et là il y a un cocktail assez central ou centriste qui peut fonctionner.
Encore faut-il que tout soit ajusté en même temps. La baisse des dépenses de l'État, l'effort suffisant des créateurs de richesses, contribuables entreprises et puis derrière un modèle économique qui repart pour peut-être pas les trente glorieuses mais au moins une économie prospère.
Les efforts c'est pour maintenant, les dépenses ce sera pour plus tard c'est ça ou pas ?
Les efforts c'est pour maintenant, les dépenses on les aménage, on les maintient puis après peut-être on pourra les augmenter si la richesse revient, si la prospérité revient. Donc c'est une sorte de jeu d'équilibre comme ça qui peut fonctionner parce qu'on est dans une période où la croissance semble revenir dans la zone euro et semble revenir en France.
Il y a un pari incontestable d'Emmanuel Macron qui est qu'autour de la France se crée une ambiance on va dire positive, internationale positive. On le voit à la une des magazines et des journaux étrangers ce matin par exemple après le discours d'Emmanuel Macron hier. Donc il espère que ça crée une ambiance favorable et que du coup la France va pouvoir grappiller un peu plus de croissance et qui permettra justement à la fois d'améliorer les comptes publics et peut-être à terme le pouvoir d'achat des français. Puisque là pour l'instant on ne l'a pas vu aujourd'hui.
Mais il y a un peu de ça qui est ressenti par les français puisque vous citiez notre enquête fracture française en début d'émission. Et ce qui m'a beaucoup frappé moi c'est qu'on a une baisse de 17 points du sentiment de déclin ce que je n'avais jamais vu depuis 20 ans. C'est-à-dire que là on a des français qui se projettent dans l'avenir toujours sur un mode quand même pessimiste. 67% de nos concitoyens pensent que le pays est en déclin. Mais c'est 17 points de moins qu'auparavant et surtout maintenant il y a très peu de personnes qui pensent que le déclin est irréversible.
Donc l'air est un peu plus léger pour une partie de la population et c'est aussi là-dessus je crois que mise le pouvoir actuel.
Jean-Philippe l'a dit d'ailleurs, il a dit nous sommes un peuple qui pratique le sursaut quand tout semble perdu. Et donc il s'est bien inscrit dans ce paysage-là.
C'est le programme de Fillon sans les mesures sur la laïcité et l'immigration, non ? Alors l'immigration il en a un petit peu parlé.
Non, non, non. Non, non, c'est pas le programme de Fillon. Il y a le remboursement de sécu par exemple. Oui, et puis il y a beaucoup de choses. Il n'y a pas la suppression des 35 heures, les 37 heures ou les 39 heures pour la fonction publique. Non, non, il manque beaucoup de choses. Il n'y a pas l'augmentation de la TVA ? Il n'y a pas les 500 000 fonctionnaires en moins. Non, il manque beaucoup de choses. Il y a une volonté aussi, même si ce n'est pas pour maintenant tout de suite, d'augmenter le pouvoir d'achat malgré tout les Français avec des mesures qui visent à cela. Donc on n'est pas dans la même philosophie ni politique ni économique.
Un mot sur l'immigration ? Il en a été question ? Suffisamment ? Pas suffisamment ?
Très peu. C'est quand même un des éléments absents du discours d'Edouard Philippe. On voit bien que sur cette question-là, de toute façon, Emmanuel Macron en a très peu parlé pendant sa campagne. Un peu à travers l'Europe. C'est renvoyé au dossier. Là, il a parlé de mesures pour justement venir en aide aux réfugiés qui sont dans les centres. Il y a une amélioration de la durée d'études, d'examens des dossiers pour le droit d'asile, qui veut faire baisser à 6 mois.
Mais c'est tout. Il a très peu parlé. Il y a des choses sur l'immigration des plus pauvres, ceux qui fuient la guerre ou la famine. On n'a pas encore de discours qu'on avait un peu entendu dans la campagne d'immigration de diplômés, de gens qui viennent se former, d'étudiants. Et donc d'une immigration avec les fameux quotas qui sont pratiqués par certains pays pour en faire profiter l'économie française. Là, ils ne se sont pas risqués à avancer sur ce dossier.
Mais ce n'était pas un sujet d'Emmanuel Macron pendant la campagne ?
Non, ça a été un tout petit peu évoqué par comparaison avec des modèles étrangers, mais il n'a pas mis l'accent dessus.
Rien pour la famille ? Rien pour les seniors ? Alors, quand vous dites rien pour la famille... Je ne dis pas. Ce sont les téléspectateurs de chez dans l'air. On n'a pas notamment de nouvelles de la PMA. Vous vous souvenez que le conseil d'éthique a donné un avis très important il y a quelques jours, justement, sur l'autorisation de la PMA pour les femmes, pour éviter justement les inséminations artificielles hors des frontières. Le gouvernement n'a toujours pas réagi à ma connaissance. Et les familles et les seniors, peut-être que c'est l'idée des questions familiales, la politique familiale d'une manière générale ?
Christian Jacob, d'ailleurs, dans sa réponse, a tout de suite mis l'accent sur famille et immigration,
les deux manques du discours des orphelins. C'est vrai. Il n'y a pas de mesure ou une série de mesures en faveur de la famille, plus classique, comme dans une politique de droite l'avait annoncé. Elle faisait de la famille sa priorité. C'est en tous les cas... Il n'y a pas de rupture par rapport à la politique de François Hollande en la matière.
Les retraités ont-ils été nombreux à voter pour Emmanuel Macron ? Brice Tinturier ?
Oui. Oui, puisque les retraités ont voté pour François Fillon, mais également pour Emmanuel Macron, qui a obtenu justement des suffrages extrêmement conséquents chez les plus de 60 ans et même les plus de 70 ans. C'est une chose gardée de la droite. Elle a conservé ses bastions chez les plus âgés, mais elle a beaucoup baissé. Et Emmanuel Macron a beaucoup séduit aussi cette catégorie des retraités.
Où sont les mesures chocs que l'on nous promettait pour lutter contre le chômage ?
Ça manque un petit peu de choc, en effet. On pouvait espérer un choc fiscal tout de suite, avec de beaux cadeaux aux entreprises comme aux particuliers, pour relancer la consommation d'un côté et de l'autre côté l'embauche. Et ça, on manque un petit peu. L'impératif des déficits fait qu'on est un peu sur la pédale douce de ce côté-là. Ça manque un petit peu. Il n'y a pas de politique de l'électrochoc, en effet.
On reproche à Macron de ne pas être assez concret, puis à Philippe de l'être trop. Y a-t-il une bonne manière de s'exprimer en politique ? Il a raison.
Et d'ailleurs, les réactions des députés, les premières réactions que j'ai entendues, étaient assez caricaturales. Il y avait Guillaume Pelletier qui dit « mais il n'y a pas de cap, il n'y a rien ». Alors bon, la veille, c'était trop stratosphérique, ce qui, à mon avis, était quand même un peu le cas. On ne peut pas reprocher aujourd'hui à Édouard Philippe d'être rentré dans le détail. C'est son boulot. Et au contraire, je trouve que le président hier a ouvert la voie à ce type de discours. Il n'allait pas faire autre chose que ça. Il n'allait pas revenir sur la réforme des institutions.
Donc ils sont assez complémentaires, tous les deux. Oui, c'est l'écart entre les deux qui a changé.
C'est l'écart entre les deux. C'était avec Hollandeiro ou Sarkozy-Fillon. On avait une proximité parce que le président se comportait en super Premier ministre. On a un Macron qui a pris tellement de hauteur, qui est redevenu tellement golo-mitterrandien, que ça a créé une sorte de vide entre ça et le discours finalement tout à fait classique de Premier ministre d'Édouard Philippe avec son catalogue de mesures. Classique.
Et en plus, Édouard Philippe le vit d'autant mieux qu'il n'est pas en compétition avec Macron. Lui-même dit « je ne me prends pas la tête avec ça ». D'où le fait qu'il est plus libre et presque libéré par rapport à l'obligation pour lui sans doute de prendre des mesures compliquées dans les mois qui viennent. Quand il dit « je vais préserver le système des retraites », à un moment il dit ça dans son discours. C'est quand même lourd de décisions forcément difficiles. Parce que le corps, qui est le grand organisme qui surveille les comptes des retraites, n'est pas très optimiste.
Et en l'occurrence, Emmanuel Macron n'ayant pas annoncé dans son programme de mesures précises simplement qu'on allait installer un système de retraite à points dans les années futures, sans doute beaucoup plus tard et peut-être ne pas…
Bon courage pour la cheville ouvrière, c'est ça que vous voulez dire.
Il va quand même falloir boucher des trous du côté des retraites. Christophe Pabllo. La double référence bizarre à Chamondelmas et à Rocard, deux premiers ministres qui ont été en conflit avec leur président, net pour Rocard et Mitterrand, et un peu quand même pour Chamondelmas-Pompidou, et deux premiers ministres qui ont été des présidentiables, qui ont essayé vainement d'être président de la République.
Large confiance votée à Édouard Philippe, c'est sans surprise, 370 voix pour.
Oui, c'est-à-dire qu'il a grappillé hors de l'admission de Marx-Modem. Il a dû avoir les constructifs, peut-être aussi quelques voix éparpillées côté PS, côté République. Il n'a pas battu le record de Jean-Pierre Raffard.
Et l'évasion fiscale, n'y a-t-il pas plus d'argent à récupérer là qu'en tapant sur les retraités et les fumeurs ?
Ça, il faut faire confiance à Bercy, la cellule de dégrisement, elle va continuer. Les ministres passent, le dégrisement continue. Ceux qui ont de l'argent en Suisse peuvent continuer à le rapatrier, ils paieront un forfait et puis on ne leur demandera plus rien.
Vous voyez la question, on montre bien qu'il y a des Français qui déjà se considèrent comme les perdants de cet axe-là. Mais il y en aura, comme tout le monde.
Les restrictions budgétaires vont-elles accentuer la raréfaction des services publics en zone rurale ?
Oui, forcément.
C'est une vraie question et c'est justement ce qui manque aussi dans ce discours, cette idée de cohésion des territoires. Parce qu'on parle de relations avec des collectivités locales, on n'a pas beaucoup parlé d'aménagement du territoire, par exemple, autrement que par le numérique. C'est un vrai enjeu, c'est un vrai défi pour ressouder les Frances éclatées. Merci à vous tous. C'est la fin de cette émission qui sera rediffusée ce soir à 22h35. On se retrouve demain pour un nouveau C'est dans l'air. Tout de suite, silence, ça pousse. Belle soirée sur France 5.
Édouard Philippe