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ChroniqueLe Média (sur YouTube)· 25 octobre 2026 22 minAutoproduitActualité / polémiqueSécuritéSolidarités & familleÉducation & rechercheNumérique

MANIFESTATIONS : UNE JOURNÉE DE CHAOS MÉDIATIQUE (#17OCTOBRE)

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

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    « À peine 22 secondes. C'est le temps qu'Emmanuel Macron a précisément consacré aux mal-être des lycéens et des étudiants mobilisés depuis des semaines. »
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    « 3 minutes et 40 secondes. C'est le temps qu'il a consacré au volet sécuritaire. »
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    « Les éditions spéciales de BFMTV, de LCI et de France Info entre 7h du matin et au-delà de minuit, mais aussi les journaux télévisés de TF1, France 2 et d'M6 diffusés à la mi-journée et en soirée. »
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    « Sur BFM, il représente 57,8 % du temps consacré au mouvement. Les revendications seulement 3,1 %. »
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    « Sur BFM, l'écart est encore plus vertigineux. Pour une minute consacrée aux revendications, près de 19 minutes sont dédiées aux violences. »
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    « 550000 manifestants selon le ministère de l'Intérieur, 800000 selon les organisateurs. »
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    « En 2018, sur les trois chaînes d'information étudiées, les violences, l'ordre et la justice représentaient déjà plus de 45 % du temps consacré au mouvement. »
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    « Sur BFM, le récit sécuritaire a progressé entre 2018 et 2026 de 51 à 57,8 % du temps d'antenne. »

Temps de parole

  • Emmanuel Macron100 %

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Emmanuel Macron

À peine 22 secondes. C'est le temps qu'Emmanuel Macron a précisément consacré aux mal-être des lycéens et des étudiants mobilisés depuis des semaines. 22 secondes sur une allocution de plus de 8 minutes. 22 secondes. Cela représente moins de 5 % du temps de parole du chef de l'État. Je comprends nos lycéens et nos étudiants. Ils sont au cœur de mon engagement politique depuis plus de 10 ans. 10 ans de passion, 22 secondes d'attention. Le cœur de son engagement réduit à quelques minuscules secondes. Disons que pour la jeunesse, Emmanuel Macron a le cœur un peu serré. Cette allocution peut se résumer en un autre chiffre beaucoup plus généreux lui, 3 minutes et 40 secondes.

C'est le temps qu'il a consacré au volet sécuritaire. Condamnation des violences, hommage appuyé aux policiers, consigne de fermeté donnée au préfet. Autrement dit, près de 45 % du discours de Macron a été consacré à l'ordre public contre 4,5 % seulement aux revendications du mouvement social lycéen et étudiants. Le calcul est vite fait. Pour une petite seconde d'écoute sociale, la jeunesse a eu droit à 10 secondes de fermeté policière. On pourrait presque s'en étonner, mais finalement Emmanuel Macron n'a rien inventé. Il n'a fait que s'inspirer du récit médiatique entendu la veille sur toutes les chaînes de télévision. C'est en tout cas ce que pensent certains étudiants.

Un sentiment d'invisibilisation exprimé en direct les yeux dans les yeux avec des journalistes comme témoigne cet échange sur le plateau de France Info pendant la journée de mobilisation du 17 octobre. question des revendications puisque c'est celle qui est importante et en réalité elles sont effacées mais uniquement parce que on ne fait que parler de la réponse policière qui est énorme. Moi j'ai fait de nombreuses manifestations et je peux vous assurer que même dans quelques-unes qui ressemblaient à celle-ci euh les revendications étaient au cœur de la mobilisation. revendication, elles existent mais elles n'existent pas dans les lieux euh médiatiques et c'est un problème pour moi.

Je pense quand on parle de CS, BFM TV euh ou euh plein d'autres chaînes LCI et euh la plupart du temps et même tout le temps, on parle uniquement de la violence lycéenne, des émettiers. Ce qu'il raconte, c'est un sentiment assez simple à comprendre. Les revendications existent dans la rue, mais elles disparaissent quand on allume la télé. Alors, s'agit-il d'une fausse impression ou cet étudiant décrit-il une réalité ? Pour le savoir, l'AVARE a enquêter en comptant, en mesurant, en vérifiant si ce sentiment d'invisibilisation des revendications du mouvement social lycéen tient du mythe ou de la réalité.

À l'aide d'outils numériques, nous avons scruté des dizaines et des dizaines d'heures d'antenne le 17 octobre. Les éditions spéciales de BFMTV, de LCI et de France Info entre 7h du matin et au-delà de minuit, mais aussi les journaux télévisés de TF1, France 2 et d'M6 diffusés à la mi-journée et en soirée. Chaque minute d'antenne a été analysée pour savoir si les médias observés ont parlé du coût de la vie et des conditions d'étude ou plutôt des barricades, des incendies et du maintien de l'ordre. Dans ce nouvel épisode de l'avare, on va donc révéler ce que disent vraiment les chiffres et vous allez voir que le sentiment d'invisibilisation ne sort pas nulle part.

Alors, de quoi la télévision a-t-elle réellement parlé ce 17 octobre 2026 ? de la convergence des luttes entre gilets jaunes et gilets jaunes ou surtout des violences qui se sont produites en marge des cortèges et dans quelle proportion. Mais avant de regarder ce que la télévision a vraiment raconté le 17 octobre, revenons un peu en arrière. Le mouvement lycéen n'a pas surgi comme par magie avec des poubelles en feu et des gaz lacrimaux. En outre mer, les premières mobilisations commencent dès la rentrée fin août en France métropolitaine. Le mouvement démarre à Créteille à la mi-septembre avant de s'étendre à d'autres établissements.

Mais dans les journaux de 13h et de 20h de TF1 et de France 2, il faut attendre le 28 septembre pour voir apparaître le premier sujet développé. Du 18 au 27 septembre, 40 journaux télévisés étudiés, zéro titres, zéro sujets développés, pas un mot sur les mobilisation lycéenne. Ce n'est qu'à partir du 28 septembre que le sujet des lycées apparaît. Les courbes du temps d'antenne montent, retombent, remontent. Mais sur TF1, comme sur France 2, ce mouvement social arrive tardivement à l'antenne et ce retard à l'allumage a son importance. Car quand les JT s'intéressent enfin au mouvement lycéen, le cadrage médiatique est déjà fixé, celui de l'ordre et de la crainte des débordements.

Dans cette première phase, du 28 septembre au 5 octobre, un peu plus de la moitié du temps d'antenne dédié au mouvement social lycéen porte sur le maintien de l'ordre et des faits de violence. Les mots d'ordre des jeunes, les réponses politiques passent au second plan. Cela pèse moins d'un temps d'antenne. Alors quand arrive la grande journée de mobilisation du 17 octobre, de quoi les chaînes de télévision ont-elles réellement parlé ? De la vie chère, de parcours sup, des emplois du temps, du manque de prof ou surtout des affrontements en marge des cortèges ?

Pour répondre, nous avons classé le temps d'antenne consacré au mouvement par catégorie, les revendications, l'organisation du mouvement, les réponses politiques d'un côté et les violences, [raclement de gorge] le maintien de l'ordre et la justice de l'autre. Premier résultat, sur les trois chaînes d'information étudié, le récit sécuritaire est toujours majoritaire. Sur BFM, il représente 57,8 % du temps consacré au mouvement. Les revendications seulement 3,1 %. sur LCI 53,6 % pour les violences, l'ordre et la justice, 6,1 % pour les revendications et sur France Info 50,5 % pour le récit sécuritaire contre 18 % seulement pour les revendications.

La chaîne publique donne davantage de place sur son antenne aux raisons de la mobilisation lycéenne et étudiante que les chaînes privé trois fois plus que LCI et six fois plus que BFM, ce n'est pas rien. Mais même sur France info, c'est le récit sécuritaire qui domine. Il reste largement majoritaire. L'expression du mécontentement des jeunes ne tient pas le premier rôle sur France info. Sur BFM, l'écart est encore plus vertigineux. Pour une minute consacrée aux revendications, près de 19 minutes sont dédiées aux violences. Entre 7h du matin et après-minuit, BFM a consacré près de 19 fois plus de temps de son antenne au maintien de l'ordre qu'aux raison de manifester.

Les revendications des manifestants n'ont en effet occupé qu'à peine 3 % de son antenne le 17 octobre contre près de 58 % consacrés au récits sécuritaire. C'est pas un reproche que que que je fais ici à France info, mais le traitement médiatique encourage également à nous retenir des mouvement de mobilisation la question des violences, la question des débordements, la question des dégradations. Or, on a presque oublié ou pour partie quelles étaient les revendications notamment sur le mouvement lycéen. Alors, je me permets simplement une petite précision.

Euh même si vous ne nous attaquez pas, nous avons ici par exemple aux informés sur toute l'antenne de France info consacré la grande majorité de nos émissions sur le mouvement lycéen à parler des revendications. Vraiment, on a euh montré le mouvement social dans sa globalité tout le temps. Donc je trouve caricature même si là pour le moment à l'image vous avez ça, il est caricatural de dire que on insiste que là-dessus. des différentes personnes qui particip des semaines écoulé sur sur France info.

On va aussi parler des revendications parce que sur France info, on parle à la fois de la de la problématique sécuritaire et de ce qui est en train de se passer qui est extrêmement grave dans les rues de Paris mais aussi de vos revendications. France Info a raison de rappeler que le service public parle aussi des revendications. D'ailleurs, les chiffres de notre enquête le confirment. Mais dans son direct, le reporteur de France Info résume lui-même la hiérarchie de l'information du service public. D'abord les violences, ensuite les revendications.

On va toujours montrer la casse et les pillages, mais on va jamais parler du fait que on a un manque de pouvoir d'achat et tous nos pouvoirs de revendication. Justement, on on va aussi parler des revendications parce que sur France info, on parle à la fois de la de la problématique sécuritaire et de ce qui est en train de se passer qui est extrêmement grave dans les rues de Paris, mais aussi de vos revendications. Mais avant de parler des revendications, je veux vous entendre sur ces violences. Le problème, ce n'est pas le choix des rédactions de parler des heures. Ils existent. Le problème, c'est quand ces heures deviennent la porte d'entrée obligatoire pour parler d'un mouvement social.

quand les revendications doivent attendre que les lacrimeux aient fini de se dissiper pour avoir enfin droit au chapitre. Il une ce soir un samedi 17 octobre de chaos et de violence. La journée de mobilisation contre la vie chère a été marquée par des affrontements et des pillages. C'est une violence inouie qui s'est déchaîné en marche des manifestations. Des milliers de casseurs ont semé le chaos [musique] à Marseille, Paris, Bordeaux et Lyon. À chaque fois des vitrines cassées, du mobilier urbain dégradé, des magasins pillés, récit d'une journée de chaos, une journée d'intense violence dans de nombreuses villes de France.

Tout avait commencé en fin de matinée bien avant le déploiement des cortèges. Des cortèges qui eux se sont déroulés dans le calme. Contraste saisissant entre ces deux réalités, mais ce soir, ce sont les images de vandalisme que l'on retient. Et du côté des grands journaux télévisés, alors ben on pourrait espérer que ce format plus posé prenne la distance. et le temps nécessaire pour expliquer les causes et les demandes des jeunes. On pourrait l'espérer mais c'est loin, très loin même d'être le cas. Si les revendications ne sont pas absentes des journaux télé, elles ne sont jamais la première histoire racontée.

Dans les journaux que nous avons étudié, le récit des violences et du maintien de l'ordre domine largement le traitement journalistique. Sur TF1, cela occupe 66 % du temps consacré au mouvement. Les revendications 10,9 % seulement. M6,8 % pour le récit sécuritaire. Les revendications 25,8 %. France 2 41,7 % pour le récit sécuritaire. Les revendications 22,9 %. Autrement dit, les écarts entre les chaînes existent. Ils sont même importants parfois. Mais dans aucun des journaux de TF1, de France 2 ou de M6, les revendications ne dominent le récit. C'est avant tout le volet sécuritaire et les violences qui intéressent s'égité. Sur TF1, le contraste est particulièrement saisissant.

Six fois plus de temps pour les heures, les lacrimeaux, les incendies, les pillages et l'intervention policière que pour le coût des études, la précarité étudiante ou la sélection imposée par parcours sup. Sur les écrans, il n'y a donc pas de disparition totale des revendications. Mais dans le récit télévisé, la hiérarchie de l'information fait passer les revendications sociales après le désordre. Mais le cadrage médiatique ne se limite pas au chronomètre, il se joue aussi dans les chiffres. Le 17 octobre, deux estimations circulent. 550000 manifestants selon le ministère de l'Intérieur, 800000 selon les organisateurs. M, BFM et LCI donnent ces chiffres et disent d'où ils viennent.

TF1 donne au moins la fourchette entre 550000 et 800000 personnes. Au 20h de France I, l'ampleur de la mobilisation tient en une courte phrase : plusieurs centaines de milliers de personnes. Pas de chiffres précis, pas de source. pas même les deux estimations qui s'affrontent. Quelques chiffres à vous donner communiqué par le ministre de l'intérieur il y a une dizaine de minutes 110 défilés 550000 manifestants partout en France 800000 selon les les organisateurs. 550000 partout en France dont 110000 rien que pour Paris. 1100 manifestants à Paris 550000 dans toute la France beaucoup plus que ce qui été prévu hier.

Évid pour la manifestation et les manifestants c'est un succès rappelle simplement pour redonner parce que les choses vont depuis 24 he les organisateurs ont comptabilisé 800000 manifestants dans toute la France 550000 selon le ministère de l'intérieur une mobilisation massive entre 550000 et 800000 personnes sont descendues dans la rue ce samedi rassemblement [musique] de plusieurs centaines de milliers de personnes, plusieurs centaines de milliers de personnes à travers la France ce n'est pas un détail se contenter de dire plusieurs centaines de milliers de manifestants. Cela revient à minorer l'ampleur du succès de la mobilisation qui n'existe que vaguement.

Et ce même 20h va encore plus loin. Après avoir chiffré les interpellations et les blessés, France I diffuse un long document en immersion au cœur des violences de la veille. Le reportage annonce pourtant deux histoires parallèles. Une manifestation pacifique pour l'éducation contre la vie chère et des scènes de violence. Mais dans son montage, la violence prend le dessus. Hier, deux histoires parallèles se sont nouées dans les rues de Paris. Une manifestation pacifique pour l'éducation et contre la vie chère et des scènes chaotiques de pure violence.

À quelques mètres de là, dans une ambiance bon enfant, entourée de jeunes qui manifestent dans le calme, Jean-Luc Mélenchon analyse la situation. [cri] président de une mise en mouvement de toute la jeunesse du pays. Ça moi je suis pas capable là comme ça maintenant de d'essayer de trouver une comparaison. C'est plus puissant 68 dans la jeunesse. Donc c'est vraiment un événement qui nous apprend des choses sur notre pays et surtout sur cette génie. Elle est incroyable. Et pendant ce temps-là, place de la République pas.

Ce rapprochement a fait réagir la CGT de France Télévision, le syndicat reproche au reportage d'écraser les revendications derrière les images de casse et de créer une confusion entre la mobilisation sociale et les violences qui l'entourent. La direction de l'information de France Télévision ne reprend évidemment pas les mots de la CGT, mais elle reconnaît un problème de montage et de contexte. Nous aurions dû être plus clair en contextualisant davantage nous aurions dû être plus lisible dans le bandeau et donner davantage d'informations contextuelles dans le montage et le commentaire.

France I affirme avoir voulu raconter deux histoires distinctes, une manifestation pacifique et des violences en marche, mais elle finit par reconnaître que le montage ne l'a pas suffisamment montré. Et c'est précisément ce que notre enquête mesure. Quand le désordre et les violences prennent toute la place, les raisons de la mobilisation, les revendications finissent par devenir en arrière-plan un simple décor. On pourrait penser que ce récit sécuritaire est propre aux mobilisations lycéenne de 2026, que la journée du 17 octobre serait une exception provoquée par l'ampleur et la violence des heures qui ont eu lieu dans le pays. Alors, nous avons fait un détour par les archives.

Nous avons appliqué exactement la même grille de lecture à la journée du 1er décembre 2018 en plein mouvement des gilets jaunes. Ça me rappelle le début du mouvement des gilets jaunes vraiment de mémoire de reporter. J'ai pas vu d'affrontement aussi violent depuis les les gilets jaunes. Même principe, des chaînes d'information en continu suivies pendant des dizaines d'heures, des éditions spéciales comme en 2026, des journaux télévisés, une grande journée de mobilisation et des violences en marge des cortèges. En 2018, sur les trois chaînes d'information étudiées, les violences, l'ordre et la justice représentaient déjà plus de 45 % du temps consacré au mouvement.

Dans les détails, on constate que sur BFM, le récit sécuritaire a progressé entre 2018 et 2026 de 51 à 57,8 % du temps d'antenne. Sur LCI, il est passé de 39,5 % à 53,6 % et sur France info de 40 % à 50 % en moins de 8 ans. On observe la même tendance dans les JT que nous avons comparé sur TF1. Le volet sécuritaire grimpe de 45 à 66 %. M6 reste stable autour de 66 %. À noter une évolution inverse sur France 2. 58 % en 2018 contre presque 42 % en 2026. Les colères changent, les visages changent, les mots changent parfois aussi, mais la mécanique, elle reste furieusement stable. Avant d'écouter ce que réclame une mobilisation sociale, on commence par regarder ce qu'elle casse à la marge.

Et c'est sans doute cela le plus politique. Le problème, ce n'est pas seulement que la télévision montre les violences. Les violences existent, elles doivent être rapportées et documentées. Le problème, c'est qu'à force d'en faire le récit principal, on finit par présenter une mobilisation sans raison ni motivation véritable. Des lycéens sans lycée, des étudiants sans universités, des jeunes sans avenir mais avec des poubelles en feu mises en avant. Les mots d'ordre et les revendications passent malgré tout à l'antenne. Mais le mécontentement du corps social ne domine jamais le récit médiatique. La colère et ses raisons restent secondaires, relégué en arrière-plan.

Et lorsque le pouvoir politique consacre 22 secondes à la jeunesse, mais plus de 3 minutes au maintien de l'ordre, Emmanuel Macron parle une langue que la télévision a déjà installée. Les flammes d'abord, les revendications sociales, ensuite loin derrière en arrière-plan. On n'assiste pas à une convergence des luttes mais à une convergence des récits. Le pouvoir parle de fermeté quand les télévision parle surtout de violence. Et la question qui devrait venir en premier, pourquoi ces jeunes sont-ils dans la rue et minimisé en arrière-plan et fini presque par s'effacer ? Vous le savez, le média est un média libre et indépendant qui ne vit que grâce à vous.

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21:38
Non speech

[musique]

21:39
Emmanuel Macron

[sifflotement]