LAURENT JACOBELLI : « Le voile est devenu un symbole, le symbole d’un islamisme conquérant ! » (BFM)
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 30 %Attaque 50 %Défensif 20 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 89 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:18OuverteRéponse directe
Pourquoi cette proposition a été faite ?
- 0:58RelanceRéponse partielle
Comment justifier constitutionnellement une interdiction visant spécifiquement un signe religieux ?
- 1:49OuverteRéponse directe
Pourquoi Marine Le Pen a changé d'avis sur l'interdiction du voile ?
- 3:28RelanceRéponse directe
Pourquoi ce changement de position ? Il n'y a pas de l'électoralisme derrière tout ça ?
- 4:10OuverteRéponse directe
Pourquoi soumettre cette proposition à un référendum plutôt qu'à un projet de loi ?
- 4:59RelanceRéponse partielle
L'article 11 encadre les sujets soumis à référendum. Une interdiction du voile est-elle constitutionnelle ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:04Invité politiquePromesse
« Le Rassemblement national souhaite interdire le voile dans l'espace public. »
- 0:23PrésentateurFait
« Le voile est devenu un symbole, le symbole d'un islamisme conquérant qui, dans nos rues, non seulement revendique, mais assimile la femme à un danger, à une honte pour l'homme. »
- 1:43PrésentateurFait
« Le voile s'est répandu dans certains quartiers, dans certaines cités. Dans certaines facultés que j'ai pu visiter, il y a la moitié des jeunes femmes qui portent le voile. »
- 2:24PrésentateurFait
« Le port du voile aujourd'hui, c'est affirmer une idéologie qui dit que les lois religieuses passent avant les lois de la République. »
- 3:44PrésentateurFait
« Tous ceux qui, il y a encore dix ans, étaient contre le voile, partout, c'était unanime, de la gauche à la droite jusqu'à l'extrême gauche, ont changé d'avis. »
- 4:35PrésentateurFait
« Marine Le Pen, en 2021, a proposé un projet de loi pour la lutte contre les idéologies islamistes. »
- 9:23Invité politiqueChiffre
« Il récréche une dose jusqu'à 125 milliards d'euros d'économie nette au bout de la troisième ou de la quatrième année du quinquennat. »
Temps de parole
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Bonjour Laurent Jacobelli.
Bonjour à vous, merci pour l'invitation.
Le Rassemblement national souhaite interdire le voile dans l'espace public. On va revenir sur la méthode, mais d'abord sur le fond, quelques précisions. Il ne s'agit d'interdire que le voile
? Oui,
bien sûr. Pourquoi est-ce que cette proposition a été faite ? Ce n'est évidemment pas une attaque vestimentaire. Aujourd'hui, le voile est devenu un symbole, le symbole d'un islamisme conquérant qui, dans nos rues, non seulement revendique, mais assimile la femme à un danger, à une honte pour l'homme, comme s'il fallait la cacher comme un élément impur. Tout ça ne correspond pas à la République française, ne correspond pas à ce que nous sommes. Il faut donc prendre des mesures, et cette mesure sur le voile fait partie d'un ensemble de mesures pour freiner l'expansion de l'islamisme en France.
Je vous pose. Notamment
la fermeture de mosquées qui prendraient la haine, le renvoi chez eux de prêcheurs de haine dans ces mêmes mosquées. J
'entends ce que vous
dites, mais je vous pose cette question parce qu'en septembre 2012, dans un entretien au Monde, Marine Le Pen voulait interdire le voile et la kippa dans la rue. Elle soutenait à l'époque,
il
était, et ça je la cite, évident que si l'on supprime le voile, on supprime la kippa dans l'espace public au nom de l'application stricte de la laïcité. Il ne marche plus cet argument ? Pourquoi elle a changé d'avis ?
En fait, il s'est passé 14 ans depuis. Depuis 14 ans où tout le monde le voit, le voile s'est répandu dans certains quartiers, dans certaines cités. Dans certaines facultés que j'ai pu visiter, il y a la moitié des jeunes femmes qui portent le voile.
C
'est devenu un élément de revendication. On a changé de catégorie. Donc aujourd'hui, ça fait partie d'un arsenal de mesures contre l'expansion de l'islamisme, qui je le rappelle a tué en France.
J'entends ce que vous dites sur le fond, mais je reprends les arguments même de Marine Le Pen en 2012. Comment justifier constitutionnellement une interdiction visant spécifiquement un signe religieux et une religion, alors que la Constitution protège l'égalité de la loi devant toutes les
croyances
? Je vais vous rassurer.
Elle-même mettait en avant l'application stricte de la laïcité. Ça fonctionne toujours cet argument ?
Mais bien sûr, l'envie de défendre la laïcité, elle fonctionne. La laïcité, c'est quoi ? C'est vivre dans une république. Et chacun, vous, moi, tous vos téléspectateurs, peuvent vivre tranquillement leur religion. Or, le port du voile aujourd'hui, c'est affirmer une idéologie qui dit que les lois religieuses passent avant les lois de la République. Ça, c'est l'islamisme, l'islam radical. Et donc, ça veut dire que c'est la fin de la laïcité. C'est donc pour cette lutte, pour la laïcité, qu'il faut interdire le voile. Vous avez cité Marine Le Pen. Je me permets juste de terminer. C'est un sujet vraiment important.
Jean-Luc Mélenchon a expliqué que c'était un bout de tissu qui était l'étendard de l'islamisme. Nathalie Arthaud, de l'extrême-gauche, avait dit la
même chose. Aujourd
'hui, personne ne demande l'interdiction du
voile dans la rue, dans l'espace public. C'est la vraie question qu'il faut se poser. On a quand même le
sentiment que le Rennes est difficile à suivre sur ce sujet. Je résume les choses,
parce que parfois,
il faut regarder les choses avec un peu de profondeur. 2004, Marine Le Pen, elle est contre l'interdiction. 2012, elle est pour. En 2024, elle est à nouveau contre. Et d'ailleurs, lors des législatives, cette mesure a totalement disparu du programme législatif du RN. Et là, Marine Le Pen est à nouveau pour. Encore une fois, pourquoi ce changement de pièce ? Il n'y
a
pas de l'électoralisme derrière tout ça ? Parce qu'il y a vaguement une campagne présidentielle. Ah,
vous avez prononcé un mot intéressant, électoralisme. Tous ceux qui, il
y
a encore dix ans, étaient contre le voile, partout, c'était unanime, de la gauche à la droite jusqu'à l'extrême gauche, ont changé d'avis. Pourquoi ? Eh bien, c'est la loi du nombre. Ils se sont dit aujourd'hui, critiquer le voile, c'est se passer d'une certaine partie de l'électorat. Et par lâcheté, par faiblesse, par électoralisme. Et vous avez prononcé le mot. Ils ont tous reculé. Jusqu'à la droite. Je vois Bruno Rotaillot qui s'agit en parlant sécurité et d'identité. Et quand on lui dit, voulez-vous interdire le voile, il dit, ah non,
non,
non, ah non, non,
non, pas peur. Alors lui, il dit que c
'est populiste et il dit que c'est inapplicable.
Mais moi, je dis que c'est lâche, sa position est lâche. Et j'en viens justement à la méthode. C'est pas facile.
Il y a trois jours,
Jean-Philippe
Tanguy souhaitait un projet de loi pour interdire le voile dans la rue et imposer une amende aux contrevenantes. Puis finalement, hier, à nouveau au changement de programme, vous décidez de soumettre cette proposition à un référendum. Il
n'y a pas de changement, non, non, non, il n'y a
aucun changement. Le programme de Marine Le Pen pour la présidentielle est très clair. Vous savez, Marine Le Pen, en 2021, a proposé un projet de loi pour la lutte contre les idéologies islamistes. Dans ce projet de loi, vous avez évidemment la fermeture des mosquées salafistes. Vous avez évidemment le fait de faire en sorte que des clubs de sport ne peuvent pas être un faunet pour des associations de recrutement de l'islamisme. Et il y a dans ce projet de loi l'interdiction pour des prêcheurs étrangers d'arriver en France.
– Mais là, c'était un projet de loi.
– Et il y a aussi
l
'interdiction du voile. Les Français jugeront.
–
Alors, sur
ce référendum,
vous savez que l'article 11 encadre de manière très précise les sujets qui peuvent être soumis à un référendum. Je vous en cite quelques-uns. L'organisation des pouvoirs publics, les réformes économiques, sociales, environnementales, les services publics. Donc, une interdiction du voile, ça ne se rattache pas du tout à ces catégories-là. Beaucoup de juristes disent aujourd'hui que ce n
'est
pas possible. –
Et beaucoup disent que c'est possible,
vous savez… – Beaucoup citer, mais c'est lequel ?
– Écoutez, moi je viens, je vais vous dire, le meilleur exemple, c'est quand le général de Gaulle propose l'élection du président de la République au suffrage universel, il le propose avec l'article 11. Je ne pense pas que le général de Gaulle était anticonstitutionnel. Donc, vous voyez,
je pense que… – Je ne dis
pas que c'est anticonstitutionnel, enfin je dis que ça ne rentre pas dans l'article 11.
– Mais si, bien sûr, mais je vais vous dire,
il y a trois catégories d'hommes et de femmes politiques. Ceux qui disent, il n
'y
a pas de problème, tout va bien, ça c'est la gauche et l'extrême gauche par électoralisme. Il y a ceux qui disent, il
y
a un problème, mais on ne peut rien faire, la constitution, la loi, le truc, on ne peut rien faire. On est complètement sans moyens, ça c'est la droite et le centre, et puis nous on est courageux. On dit oui, il y
a un problème et on va proposer des solutions. – Et puis,
il n'est pas non plus, il a quand même longtemps exprimé ses doutes sur l'interdiction du port du voile dans la rue, il n
'y
croit pas, ni en sa faisabilité, ni en son opportunité. On a le sentiment
quand même qu'en ce
moment…
– Vous avez vu
ça où ? – Il
faut écouter et voir toutes les récentes déclarations de Jordan Bardella. Est-ce qu'en ce moment, Marine Le Pen n
'est
pas en train de reprendre la main sur Jordan Bardella, qui à un moment s'est vue peut-être candidat à la présidentielle
?
–
Marine Le Pen est candidate à la présidence de la République, Jordan Bardella sera son Premier ministre si elle est élue, il est le président du Premier parti soutien de Marine Le Pen, je crois que… –
Donc vous dites qu'il n'y a pas une
feuille de papier à cigarette entre les deux sur ce sujet-là
? –
Absolument, je pense qu'ils ont tous les deux à cœur, mais comme beaucoup de Français, de rétablir la laïcité dans notre pays, de faire en sorte que nos traditions soient respectées, mais surtout et avant tout de lutter contre une idéologie dangereuse qui gangrène la société, qui est l'islamisme, mais elle est dangereuse pour tous, tous les Français, quelles que soient leurs religions, y compris les Français de confession musulmane.
– Je
parlais de Jordan Bardella, un mot sur François Duriv, qui est donc une figure… – Durviv. – Durviv, libéral du Rassemblement National, c'était le conseiller économique notamment de Jordan Bardella, il a démissionné fin août, il a expliqué ne pas croire aux orientations économiques défendues par Marine Le Pen, ça fait quand même désordre à 8 mois de la présidentielle ?
– Moi je vous invite à aller voir toutes les équipes de campagne de tous les candidats, et vous verrez qu
'il
y
a
des mouvements, moi je suis assez étonné que quand il y
a
un mouvement dans l'équipe de Marine Le Pen, ça fasse la une des journaux, je pense qu'il faut arrêter, la campagne a démarré, elle démarre bien, alors je vois bien que les sondages en faveur de Marine dérangent un peu, donc on va chercher des choses, mais il n
'y
a pas de problème en fait, on fait une belle campagne, les Français sont d'accord avec nous, et je comprends que ça dérange, mais vous savez, dans les équipes de campagne, il
y a
des gens qui arrivent, il y
a
des gens qui partent, comme dans les sociétés, comme dans les rédactions j'imagine, et dans les chaînes de télévision.
Le
RED souhaite se fixer une règle d'or budgétaire, c'est
-à
-dire vouloir limiter le déficit à 3%, il est aujourd'hui à 5%, je le rappelle, vous nous confirmez bien cette information ?
Je vous la confirme et nous l'assumons,
parce que nous sommes des gens
responsables.
Ça
veut dire que vous gravez dans le marbre la contrainte qui est fixée par l'Union Européenne, est-ce que ce n
'est
pas un retournement historique, tout de même pour un parti, qui a toujours critiqué la perte de souveraineté que représentent les traités européens ? Il faut rassurer à tout prix les marchés
?
Non, pas de tout, il faut être responsable. Je pense qu'on ne peut pas dire aux Français, nous allons gouverner ce pays, nous allons continuer à laisser les comptes publics filer, parce que c
'est
l'avenir de nos enfants que nous obérons. Vous savez, la dette, ce n
'est
pas de l'argent gratuit. Alors j'entends bien qu'à gauche, ils disent, on ne
va
pas rembourser, on s'en fiche. Tous ceux qui ont un emprunt et qui nous regardent savent que ça n'existe pas. Donc il faut maintenant être raisonnable. Depuis qu'Emmanuel Macron est président de la République, c'est pratiquement 500 milliards de dépenses supplémentaires par an. C'est une pression fiscale de 270 milliards supplémentaires par an, mais moins de services publics. Il est temps de gérer raisonnablement ce pays et de réorienter les priorités.
Donc gérer
raisonnablement, sauf que pour atteindre ce déficit de 3%, il faut donc un plan de réduction drastique des dépenses publiques. Marine Le Pen devrait le présenter dans les prochaines
semaines.
Est-ce que Marine Le Pen va être la candidate du sang et des larmes ?
Pas du tout. Elle sera la candidate du bon sens et de la raison. Aujourd'hui, on dépense trop, mais surtout on dépense mal. Il faut réorienter. Il faut bien sûr dépenser plus sur le régalien, sur l'éducation.
Mais écoutez les chiffres, parce que la trajectoire d
'économie que vous allez prôner, il récréche une dose jusqu'à 125 milliards d'euros d'économie nette au bout de la troisième ou de la quatrième année du quinquennat. Ça s'appelle un plan de rigueur, ça. Non,
c'est un rapport qui a
été remis à Bercy, ce chiffre ne
vient
pas de nous, et qui dit que pour être à peu près capable de payer nos dettes, il faut faire une économie à terme de 125 milliards. Tout le monde le sait. Ceux qui vous disent le contraire mentent aux Français. Et pour ça, nous allons faire des économies, le budget européen, l'immigration, le millefeuille territorial, les énergies inutiles. Il y a beaucoup de pistes à aller chercher. L'immigration, il ne
faut
pas l'oublier. Il y a beaucoup de pistes à aller chercher, mais il faut arrêter de dire aux Français on va augmenter les impôts, on va réduire vos
retraites,
on va réduire vos dépenses,
vos remboursements
de santé. Il faut agir à l'essentiel et on le fera.
Merci Laurent Jacobi,
bonne journée à vous.
Laurent Jacobelli