Frappes israéliennes, surveillante tuée, émeutes... L'interview intégrale de Marion Maréchal
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Et vous êtes bien sûr RMC et BFM TV. Bonjour Marion Maréchal. Merci d'être dans ce studio pour répondre à mes questions. Vous êtes députée européenne, vous êtes présidente d'Identité et Liberté. Alors vous aviez été élue avec Éric Zemmour, le mouvement d'Éric Zemmour, dont vous avez ensuite été exclue trois jours après l'élection. Vous êtes aujourd'hui, vous le dites, soutien de Marine Le Pen. Pas sûre qu'elle-même vous accueille tellement plus, mais on y reviendra. Je voudrais parler avec vous bien sûr de la violence chez les jeunes après ce drame à nos gens.
Mais d'abord, troisième nuit d'émeutes en Irlande, en Irlande du Nord, où ce sont des émeutes racistes, anti-immigrés, qui ont éclaté depuis trois jours. Depuis que lundi, deux jeunes de 14 ans ont été inculqués pour avoir agressé sexuellement une jeune fille. On ne connaît pas officiellement leur nationalité, mais puisque dans le procès, c'est un interprète roumain qui a dû être entre eux et les juges, c'est la communauté roumaine qui est aujourd'hui prise pour cible d'une manière extrêmement violente.
Vous condamnez ces émeutes ? De toute façon, évidemment, toute forme de violence, quel qu'en soit le motif, est condamnable. Maintenant, je vais vous dire, je n'en suis pas surprise, malheureusement. Et c'est l'une des raisons d'ailleurs de mon engagement politique. Parce que je sais, et l'histoire nous l'apprend assez bien, et même les exemples étrangers nous le démontrent assez bien, que les sociétés multiculturelles, multi-ethniques, malheureusement, bien souvent, sont multi-conflictuelles.
Et que donc, mécaniquement, vous vous retrouvez avec des tensions communautaires extrêmement fortes qui peuvent aboutir à ce qu'on voit aujourd'hui en Irlande, qui est évidemment dramatique, qui fait qu'on se trouve avec des innocents, qui bienfois peuvent être des victimes collatérales, bien sûr, pour le coup de véritables criminels et de véritables délinquants. Et donc, voilà, c'est l'une des raisons pour lesquelles, d'ailleurs, je ne souhaite pas cette société, et je souhaite y échapper parce que je ne veux pas, précisément, qu'on se retrouve dans ce genre de modèle de société où les communautés s'affrontent les unes envers les autres.
Mais pour vous, évidemment, de la violence. Le principe même d'une société qui aurait des personnes qui viennent de différentes confessions,
origines, cultures, c'est impossible ?
Non, je ne dis pas que c'est impossible, mais je constate, une fois de plus, c'est pas moi, c'est l'histoire qui nous l'apprend, et puis ce sont les différents exemples autour de nous, et puis c'est l'évolution de la France, pardonnez-moi, sur ces 30 dernières années, qui démontrent, quand il n'y a pas un minima d'unité culturelle, mais qu'il y a une dislocation de l'unité nationale, et donc de l'identité nationale, sur fond de replis communautaires, religieux, et en l'occurrence en France, sur fond d'islamisation galopante, et de son corollaire qui est l'islamisme, et bien on se retrouve avec des tensions, une difficulté à cohabiter, une société de défiance, voire de violence, tout une fois de plus, on fait la démonstration dans les chiffres, on y reviendra, et que cela entraîne parfois des réactions, des surréactions condamnables, évidemment, mais qui, à certains égards, s'expliquent, et donc c'est toutes les raisons pour lesquelles, aujourd'hui, moi je me bats pour une réduction drastique de la politique migratoire et un durcissement des conditions d'accueil et d'expulsion, précisément pour ne pas aboutir à ce type de société.
– Marion Maréchal, est-ce que vous vous dites que ça pourrait arriver en France, des émeutes de cette nature ? Je précise que là, c'était en Irlande du Nord, mais l'année dernière, c'était à Londres qu'on avait assisté à des manifestations et à des émeutes du même ordre.
– Alors, ce que l'on constate plutôt en France, aujourd'hui, ce ne sont pas des émeutes de cet ordre-là, je ne vais pas vous l'apprendre, ce qui existe plutôt aujourd'hui en France, ce sont des émeutes qui sont principalement alimentées par, pour le coup, ce sont même des déclarations de la préfecture, ou des différents politiques aujourd'hui au pouvoir qui l'affirment, des jeunes issus essentiellement de l'immigration extra-européenne, qui profitent de toutes les occasions, qu'elles soient d'ailleurs festives ou non, pour aller casser, intimider, agresser.
Et tout ça ne s'inscrit pas uniquement dans des pulsions, on va dire, de violences gratuites, ou simplement l'appât de la basket derrière la vitrine, mais aussi, on le voit bien à travers l'énergie qui est mise à s'en prendre aux forces de l'ordre, la détestation de l'uniforme qui représente l'État français. Donc tout ça est quand même lié, et aujourd'hui, la violence telle qu'elle s'exprime en France, elle est davantage du côté du racisme anti-blanc, du racisme anti-français, de la détestation de la nation France, sur fond d'ailleurs de repentance coloniale, que, on va bien le dire, du côté des Français d'origine. C'est quoi des Français d'origine ? Des Français d'origine française.
Mais c'est quoi des Français d'origine française ? Des Français d'origine française ? Oui, moi j'en suis par exemple la démonstration, je pense que vous admettrez volontiers qu'il puisse exister des Sénégalais d'origine sénégalaise, des Algériens d'origine algérienne, c'est-à-dire des gens qui sont issus d'aïeux français, depuis des générations, depuis des siècles. Vous voulez calculer ? À partir de quelle génération ? Je ne vais pas vous donner une date précisément, mais des gens dont les aïeux...
Non, mais parce qu'en fait, quand vous dites...
On peut remonter à Clovis, si vous voulez, ce n'est pas le sujet. Le sujet, c'est des aïeux qui ont contribué à la construction de la France. On ne va pas tourner autour du pot. Comment définir des Français d'origine française ? Pourquoi aujourd'hui ce sujet se pose ? Parce qu'il s'agit de la question de l'immigration sur les 40 dernières années. Donc évidemment que le sujet identitaire, il se pose à l'aune aujourd'hui d'une immigration incontrôlée extra-opéenne très récente, qui est celle de ces 40 dernières années. Parce que contrairement à ce qui est souvent dit, en réalité, le peuple français est resté très stable sur les 1000 dernières années.
Il y a eu assez peu de grands mouvements de population.
Mais je vous repose la question, Marie-Marie Chal, parce que je n'ai pas compris. Comment vous définissez un Français d'origine française ? Madame de Malherbe, je trouve ça extraordinaire
qu'en France, on ne puisse pas dire qu'on est un Français d'origine française. Mais je ne dis pas ça, je dis... C'est pas très compliqué à comprendre. Je dis à combien...
Moi, j'ai des grands-parents étrangers. Est-ce qu'à partir de combien de grands-parents étrangers vous considérez qu'on est plus d'origine française ?
Vous savez qu'aujourd'hui, c'est assez simple de pouvoir dire si vos grands-parents, par exemple, sont issus depuis des générations de côté panadale de la Normandie, comme c'est mon cas, et de la Bretagne côté français, et qui ont contribué. Quand on a des grands-parents qui sont sur les monuments aux morts, on sait qu'on fait partie de cette France qui a quand même contribué, évidemment, parfois en se mettant sa vie à la pointe de l'épée, à construire la France.
Donc, je veux dire, c'est une notion qui apparaît assez élémentaire pour beaucoup de Français, et qui, aujourd'hui, résonne à l'aune, précisément, de la fabrication industrielle de Français de papier, c'est-à-dire des gens qui ont la carte d'identité française, mais qui, fondamentalement, ne se sentent pas Français, ne n'ont pas adopté les mœurs françaises, voire même détestent la France. Je veux dire, ça saute aux yeux de tout le monde que c'est un vrai sujet de société.
Marion Maréchal, Marine Le Pen elle-même, dit que ceux qui sont Français sont Français. – Non, mais ceux qui sont Français, pour beaucoup,
ont la nationalité française, c'est évident.
– Or, quand je vous entends, il y en a qui sont Français, mais qui, à vos yeux, ne sont pas Français.
– Ah ben, moi, je pense qu'il y a aujourd'hui, parmi ceux qui ont la carte de nationalité française, des gens qui, eux-mêmes, ne se sentent pas Français. Voilà, quand on voit, d'ailleurs, le profil, le comportement, les déclarations, souvent volées par des vidéos dans les fameuses émeutes, d'ailleurs, post-PSG, où on voit bien souvent, d'ailleurs, des drapeaux étrangers, bien davantage que des drapeaux français, ou même celui du PSG, en l'occurrence, on voit bien qu'on a, oui, fabriqué toute une génération de gens qui ont la nationalité française.
Voilà, maintenant, allons au bout du raisonnement, il ne s'agit pas, sur le plan légal, de faire une distinction à partir du moment où les gens ont la nationalité française. Mais il faut quand même avoir conscience de ce sujet de société pour y apporter les bonnes réponses, qui sont évidemment à la fois migratoires, à la fois scolaires et à la fois sécuritaires.
– Marion Maréchal, cette nuit, l'Israël a bombardé l'Iran, près de 200 sites, des sites nucléaires et des sites militaires. Les États-Unis redoutent également non seulement des ripostes de l'Iran, mais éventuellement des tensions entre communautés et ils annoncent renforcer la sécurité autour des lieux de culte juif. Est-ce que vous redoutez également des tensions entre différentes communautés sur notre sol ?
– Moi, je m'inquiète évidemment de cette évolution et de cette escalade. Je ne vais pas vous dire le contraire. Évidemment, je comprends, on va dire, la position d'Israël qui est de vouloir préserver son intégrité face à la menace potentielle nucléaire de l'Iran. Ce sont des sites militaires et des hauts dignitaires de l'armée qui ont été prioritairement visés, même s'il y a des victimes civiles malheureusement qui ont également trouvé la mort. Mais c'est vrai qu'il y a quelque chose de regrettable, avoir une initiative aussi grave prise sans concertation avec les alliés et qui peut avoir des répercussions régionales, voire mondiales. – Vous condamnez les attaques d'Israël ?
– En tout cas, je ne les soutiens pas. Je ne les soutiens pas, même si une fois de plus, je comprends la volonté d'Israël de se préserver. Mais ce que je crains, c'est que précisément, cela contribue à l'isolement diplomatique du peuple israélien et in fine ne lui rende pas service, voire, comme vous le relevez d'ailleurs, puisse menacer notamment nos compatriotes juifs et les juifs à travers le monde qui pourraient être les victimes collatérales, comme on l'a vu d'ailleurs aux États-Unis avec ce couple assassiné par un militant d'extrême gauche, de ce conflit finalement qui monte en escalade.
– Marion Maréchal, les dernières nouvelles de ces jeunes, de ces couteaux et les réponses apportées après le drame de nos gens, il y a la question des portiques, il y a la question de l'interdiction des couteaux, il y a la question désormais de l'interdiction non seulement des réseaux sociaux, mais même peut-être des portables, des smartphones pour les moins de 15 ans. – Ça vous fait souffler, sourire, lever les yeux ?
– Ça me fait honte en fait, quand j'entends aujourd'hui nos dirigeants, ça donnait un flot de mots, de commentaires, de propositions, pardon, mais plus débiles les unes que les autres, parce que donc on va interdire les couteaux au moins de 15 ans, puis qu'est-ce qu'on fait des fourchettes, qu'est-ce qu'on fait des couteurs, qu'est-ce qu'on fait des tournevis, est-ce que demain on interdit l'accès aux cuisines au moins de 15 ans ?
On nous explique qu'on va mettre des portiques devant les écoles, mais enfin je rappelle quand même, pardonnez-moi, qu'en l'occurrence dans l'affaire Nojan, suite au meurtre de ce jeune homme commis sur une enseignante, enfin pas une enseignante, mais une surveillante, cela est advenu à la suite d'une fouille qui a été réalisée par les gendarmes, et c'est parce que le jeune a vu cette fouille qu'il est sorti finalement de la file et qu'il est allé commettre ce meurtre.
Donc je pense qu'il y a une diversion, pour ne pas voir le vrai problème, c'est-à-dire qu'on va s'attacher aux outils en oubliant que, en l'occurrence, ce n'est pas le couteau qui est le coupable, mais c'est la personne qui est derrière. Donc concentrons-nous sur la personne, le délinquant et le criminel. En n'oubliant pas que l'ultra-sécurisation matérielle ne règle pas tous les problèmes. Regardez par exemple les commissariats qui sont avec des portiques, qui sont avec des vidéosurveillants, ça n'empêche pas les attaques aux mortiers. Et quand quelqu'un est déterminé à attaquer, il attaque.
C'est-à-dire que nous n'aurions pas fait contre l'attaque et le geste de ce jeune homme de 14 ans à nos gens.
J'y reviens parce que d'ailleurs, ça dépasse ce seul cas. D'ailleurs, la mère d'Elias, vous l'a dit sur votre plateau, ce sont des faits de société. C'est-à-dire que nous sommes face à une faillite de notre chaîne Pélate, à une faillite de l'autorité de l'État. Donc il ne sert à rien d'arriver avec des petites mesures de sécurisation ponctuelle. Il faut interroger aujourd'hui le dysfonctionnement majeur de notre justice. Et donc on doit poser la question d'une politique. Aujourd'hui, le résultat, à la fois, me semble-t-il, culturel de 68 et de 81, sur le fait qu'aujourd'hui, par exemple, en France, 40% des condamnés à de la prison ferme ne vont jamais derrière les barreaux.
C'est 4 condamnés sur 10. Nous sommes les champions européens aujourd'hui des peines alternatives. Et quand bien même quelqu'un irait-il finalement en prison, il n'effectue en moyenne que 66% de la peine qui a été prononcée. Et là, je vous parle de ceux qui, effectivement, ont pu aller au bout de... Mais à cela,
le ministre de la Justice lui-même, qui fait le même constat que vous, était à mon micro hier matin, Gérald Darmanin. Il propose une révolution pénale où on inverse totalement la logique, où précisément, on aille en prison dès le premier fait et qu'on y aille vraiment.
Oui, mais je trouve ça génial d'avoir Gérald Darmanin qui est au gouvernement depuis 7 ans et qui maintenant a des idées formidables tous les jours. Moi, j'interroge le fait qu'aujourd'hui, on nous a expliqué depuis longtemps et à juste titre d'ailleurs qu'il manque 20 000 places de prison dans notre pays pour être, ne serait-ce qu'à la moyenne européenne. Il y a depuis 5 ans, depuis 7 ans maintenant, 15 000 places de prison promises. Nous en avons réalisé à peine 5 000. Ça devrait être l'urgence, l'obsession nationale. Toute l'énergie du gouvernement devrait tourner prioritairement vers, comment dire, une abstention de résultats sur ce sujet.
On peut bien sûr interroger aujourd'hui, par exemple, l'excuse de minorité, c'est-à-dire faire en sorte que la majorité pénale soit abaissée à 16 ans. On pourrait interroger les aménagements de peine et notamment l'existence d'un juge d'application des peines qui est une singularité française.
C'est précisément ce que propose le ministre de la Justice.
C'est formidable qu'il se réveille maintenant sur un diagnostic qui a été fait depuis longtemps. Mais une fois de plus, n'arrêtons de parler toute la journée des réseaux sociaux et des jeux vidéo. Pardonnez-moi, je finis juste là-dessus. Les réseaux sociaux et les jeux vidéo, c'est un phénomène, vous me l'accorderez, qui touche toute la jeunesse occidentale. Et pour autant, on constate que l'effet de violence, puisqu'on a raison en tant que parents d'avoir peur pour nos enfants, ils grandissent dans le pays le plus violent d'Europe. Ça n'est pas un phénomène qui frappe de manière égalitaire, si je peux dire, l'ensemble des pays européens.
Donc on voit bien qu'en se concentrant sur les réseaux sociaux, jeux vidéo, on passe à voter l'essentiel. Mais est-ce qu'on les interdit
ou est-ce qu'on ne les interdit pas ?
Non, mais je ne suis pas pour l'interdiction à tout craint. Je vais vous dire pourquoi. Alors, je partage totalement le souci de protéger le cerveau de nos enfants et le développement du cerveau de nos enfants face à l'abus d'écran. Mais je vous donne un exemple. Il y a deux ans de cela, ce n'est pas très longtemps, une loi a été votée qui impose le fait qu'il y ait une autorisation parentale pour que des enfants puissent s'inscrire sur les réseaux sociaux. Cette loi n'a jamais été appliquée. Ils ne parviennent pas à la faire appliquer. Donc, qu'on ne vienne pas nous expliquer aujourd'hui qu'on va aller interdire les réseaux sociaux au moins de 15 ans.
En revanche, qu'il y ait une vraie politique de santé publique beaucoup plus massive jusque dans les écoles et bien au-delà d'ailleurs de santé publique, informer les parents sur les possibilités de contrôle parental, la menace des écrans et qu'ils soient beaucoup plus mobilisés. Parce que les parents ne sont pas assez mobilisés, ne sont pas assez responsabilisés dans ce pays. Comment on les responsabilise davantage ? Ça passe, comme je vous le disais, déjà par le fait d'être informés et conscients parce que je pense que beaucoup de parents sont démunis aujourd'hui face à ces avancées technologiques qui vont beaucoup trop vite.
Ça passe aussi pour les enfants, on va dire, qui sont décrocheurs sur le plan scolaire, qui ne vont pas à l'école voire qui sont délinquants par le fait d'une privation totale, partielle, temporaire ou durable des aides sociales puisqu'une fois de plus, les parents doivent répondre des actes de leurs enfants. Et ça passe aussi, me semble-t-il, par le fait de leur imposer, puisqu'on en revient à l'école, lorsqu'on en est face à des cas comme le cas du jeune meurtrier à Nogent qui manifestement avait été identifié comme un jeune homme problématique puisqu'il avait été...
Il a été expulsé deux fois de l'établissement. Eh bien, j'y viens précisément. Pour des causes de violences.
C'est l'archétype du pas de vague scolaire. On dit qu'on le dénonce, qu'il est fini, il est encore à l'œuvre. C'est-à-dire qu'on déplace le problème. Quand il y a un enfant perturbateur ou violent, on le met dans un autre établissement en faisant d'ailleurs vivre l'enfer à l'établissement en question au lieu d'apporter une réponse structurelle. Eh bien, c'est là où nous devons aller... Qu'est-ce qu'on en fait ? Eh bien, il faut aller...
Ça n'a pas été son cas. Il n'a pas été expulsé de manière définitive. Il a été exclu deux fois de manière temporaire de l'établissement. Eh bien, donc,
il aurait dû l'être de manière définitive et on aurait dû pouvoir... L'État aurait dû pouvoir apporter une solution qui est celle d'internat d'éducation prioritaire avec l'accord des parents et si les parents refusent précisément la privation des aides sociales qui est un accompagnement de rééducation disciplinaire et scolaire dédiée. Voilà. Mais on ne peut pas à un moment donné, au prétexte de l'obligation de la scolarisation, eh bien, faire vivre l'enfer aux autres élèves et aux autres enseignants parce qu'on n'apporte pas de solution disciplinaire à ces élèves.
J'ai encore la faiblesse de penser qu'à 14 ans, on doit pouvoir être rattrapable et que si à un moment donné, ces élèves sont pris à temps au premier acte de violence ou de délinquance, eh bien, on doit pouvoir les remettre sur le droit chemin. Le problème, c'est que ce n'est pas ce qui n'est fait aujourd'hui. Jusqu'au drame qu'on a vu.
Marion Maréchal, en Haute-Garonne, un boucher dit avoir renoncé à se dire halal. Il était l'invité de BFM Story hier. Il est gérant de la boucherie Halal Tolosa Marquette à Plaisance du Touc en Haute-Garonne. Il y a des messages du type les cochons en France, les arabes dehors qui ont été inscrits sur sa boucherie. Est-ce qu'il y a aujourd'hui un racisme anti-musulman, anti-arabe, un racisme d'atmosphère en France ?
Alors, je refuse totalement cette expression de racisme d'atmosphère qui a été d'ailleurs utilisée de mémoire par un député LFI en comparaison, en parallèle d'une autre expression qui est celle de Gilles Kepel de mémoire sur le djihadisme d'atmosphère, laissant entendre qu'il y aurait aujourd'hui, en gros, je résume un racisme anti-musulman des Français qui serait comparable à la menace terroriste-djihadiste telle qu'elle existe en France. Vous savez, malheureusement, la bêtise, la violence, le racisme sont des choses assez bien partagées par l'humanité d'où qu'elles viennent et où qu'elles soient.
Maintenant, dire aujourd'hui qu'il y a un racisme, j'ai envie de dire, pour reprendre des termes, des adversaires systémiques, structurels, profondément ancrés anti-musulmans en France, ça n'est pas vrai et les chiffres eux-mêmes le disent d'ailleurs. Puisqu'aujourd'hui, seulement 7% des actes anti-religieux en France sont des actes anti-musulmans. Ce sont les chiffres du ministère de l'Intérieur de l'année dernière. Les principaux actes anti-religieux aujourd'hui, d'ailleurs qu'il s'agisse de dégradation ou de violence, ce sont des actes antisémites et ce sont ensuite des actes anti-chrétiens qui explosent aussi ces dernières années. Donc une fois plus, j'y reviens.
Mais ce racisme anti-arabe, anti-musulman tue, on pense évidemment à Hichem, tué par son voisin qui se revendiquait de l'idéologie d'un Jean-Marie Le Pen à qui il rendait régulièrement hommage. Non mais je vais vous dire, une fois plus, comment vous prenez vos distances par rapport à ça ?
Je prends mes distances très simplement parce que, vous savez, moi je suis de celles qui défendent la perpétuité réelle pour les meurtriers. Donc si nous étions au pouvoir, un homme tel que celui-ci qui, à l'origine d'un meurtre tout à fait condamnable, gratuit et scandaleux, serait derrière les barreaux et il mourrait en prison. Donc je veux dire, je n'ai aucune espèce de tolérance à l'égard de cela. Maintenant, je distingue ce qui relève, en l'occurrence, ce que M. Macron ne fait pas, de ce qu'on appelle un fait divers, c'est-à-dire un cas isolé qui ne dit pas quelque chose de la société française.
Il y en a malheureusement de très nombreux et ce qu'on appelle des faits de société, c'est ce dont parle la mère d'Elias qui a été tuée, c'est-à-dire, aujourd'hui, qu'est-ce qui fait qu'il y a manifestement une violence endémique et gratuite ? Eh bien, je vous le dis, principalement, elle vient aujourd'hui d'une population d'origine étrangère dans laquelle, d'ailleurs, les étrangers sont surreprésentés, les personnes de nationalité étrangère sont surreprésentées dans tous les actes de délinquance et dans les crimes.
Ça, c'est un fait également attesté sur le plan, on va dire, des chiffres et qui s'exprime aujourd'hui bien souvent aussi à travers une haine anti-française et anti-blanche qui est la seule, pardonnez-moi, parce que tous les racismes sont toujours condamnés, sauf le racisme anti-français qui est toujours le racisme qui est nié, qui est minimisé, voire qui n'est pas pris en compte. Dixit, vous vous en souvenez, évidemment, le meurtre de Thomas.
Mais est-il systématique ? C'est-à-dire que ce qui définit le racisme aux yeux, en tout cas, des scientifiques et de la littérature scientifique sur ces questions-là, il y a une systématisation
du racisme anti-blanc. Ça, c'est l'explication qui en est donnée par l'extrême-gauche. Voilà, moi, j'ai débattu, vous avez fait ça, Madame Pannot, pendant les élections européennes. À l'époque, un homme avait pris sept coups de couteau au cri de « sale gouère » et « sale blanc » et elle me soutenait que tuer quelqu'un au cri de « sale gouère » et « sale blanc », ça n'était pas du racisme. Voilà, je pense que le racisme, la définition en est simple, c'est que quand on rejette quelqu'un en raison de son origine et de sa race, bon, en l'occurrence, c'était assez clair. Donc oui, je pense qu'aujourd'hui, le véritable sujet de société sur le racisme, il est d'abord un racisme
anti-français, anti-blanc. Marion Maréchal, vous êtes désormais aux côtés de Marine Le Pen pour qu'on comprenne bien quel est votre positionnement sur l'échiquier ?
Je suis aujourd'hui à la tête, vous l'avez dit, d'Identité-Liberté, partie alliée du Rassemblement National et de l'UDR d'Éric Ciotti. J'ai trois députés à l'Assemblée Nationale qui siègent de manière apparentée au groupe ERN. Je suis dans le groupe ECR de Georgia Meloni au Parlement Européen et je siège, comment dire, aux côtés, là encore, du groupe du Rassemblement National et j'ai une très bonne relation de travail d'ailleurs également avec les LR de François-Xavier Bellamy.
Vous aimeriez créer une sorte de trait d'union entre les LR de François-Xavier Bellamy et le RN de Marine Le Pen ?
Je vais vous le dire, c'est de fait déjà ce qui se passe. Nous construisons régulièrement des majorités alternatives à droite qui permettent, par exemple, en ce moment, de détricoter le fameux pacte vert qui nuit à nos agriculteurs et à notre économie. Et je ne vais pas vous apprendre que je suis une ardente défenseuse de la coalition des droites. Et donc, évidemment, je souhaite que ce modèle qui fait ses preuves au Parlement européen puisse faire ses preuves en France. C'est le modèle de Georgia Meloni, qui est notre allié et qui, aujourd'hui, a une majorité qui va du centre droit jusqu'à la droite nationale.
Je pense que c'est la seule manière, demain, de s'assurer une victoire aux élections présidentielles législatives.
Merci, Marion Maréchal, d'avoir répondu à mes questions ce matin. Il est 8h52 sur RMC et BFM TV.
Marion Maréchal