Bonjour chez vous ! du 29 septembre 2026
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Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 31 %Attaque 42 %Défensif 27 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 86 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 2:40OuverteRéponse directe
La participation d'élus LFI aux mouvements lycéens est-elle irresponsable ?
- 6:33OuverteRéponse directe
Le Sénat doit-il rester une chambre de débat apaisé avec l'arrivée du RN ?
- 6:54OuverteRéponse directe
Craignez-vous que le Sénat ne soit plus la chambre du débat apaisé ?
- 9:47OuverteRéponse directe
Le RN est-il aujourd'hui un parti institutionnalisé ?
- 10:14OuverteRéponse directe
La gauche vous appelle au cordon sanitaire, que répondez-vous ?
- 11:27RelanceRéponse directe
LFI et le RN sont-ils dans l'arc républicain pour vous ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 2:40Invité politiqueFait
« Dans ce contexte, la participation d'un certain nombre de députés de la France insoumise ou d'élus de la France insoumise à ces mouvements est totalement irresponsable. »
- 2:59Invité politiqueFait
« Il y a eu beaucoup trop de violence. »
- 7:04Invité politiqueFait
« Je crois que les nouveaux collègues qui arrivent aujourd'hui vont le comprendre petit à petit. »
- 9:01Invité politiqueFait
« C'est la réplique, en fait, des élections municipales. »
- 10:27Invité politiqueFait
« Moi, je vous dis que l'extrême droite progresse, en grande partie, parce que votre parti a choisi de faire la course à l'extrême droite. »
- 10:46Invité politiqueFait
« Évidemment que non. Ce n'est pas nous qui faisons progresser l'extrême droite. »
- 11:31Invité politiqueFait
« C'est dans l'arc républicain, à la mesure où ils ont été élus. »
- 13:08Invité politiqueFait
« Je dis que Mediapart est un journal qui est habitué à ce genre d'attaque. »
- 13:39Invité politiqueFait
« Si vraiment les propos ont été tenus, c'est terrible, évidemment, parce que c'est encore quelque chose qui divise les Français les uns vis-à-vis des autres. »
- 14:20Invité politiqueFait
« Bien sûr. Oui, bien sûr. En tout cas, à mes yeux et aux yeux... »
- 14:38Invité politiqueChiffre
« Moi, je pense qu'il n'y a pas 33% des Français qui sont antisémites. »
- 15:44Invité politiqueFait
« Mais le noyau dur du Rassemblement National, j'ai toujours des doutes. »
- 26:55Invité politiqueFait
« Moi, j'étais parlementaire sous Nicolas Sarkozy et Nicolas Sarkozy disposait à la fois de la majorité à l'Assemblée nationale et au Sénat. »
- 37:17Invité politiqueFait
« Mélenchon, il ne veut pas gagner la présidentielle. Ce n'est pas ça son truc. »
- 37:21Invité politiqueFait
« Mélenchon, c'est d'être le premier opposant à Marine Le Pen. »
- 40:12Invité politiqueFait
« La Cour des comptes, même la Cour des comptes dit sur les fortunes personnelles, sur le pacte d'Utreil, etc., il faudrait revoir les choses. »
- 40:30Invité politiqueFait
« Ah ben, ce n'est pas du tout équitable. »
- 40:49Invité politiquePromesse
« Une réforme fiscale d'ensemble. »
- 41:00Invité politiqueFait
« C'est ce qu'on appelle le millefeuille, on appelle ça comme on veut, c'est les strates, plus personne n'y comprend rien. »
- 41:09Invité politiquePromesse
« Le financement de la protection sociale, qu'on regarde clairement les choses. »
- 41:54Invité politiqueFait
« Moi, ça ne me choque pas que les allocations familiales soient financées par l'impôt. »
- 43:27Invité politiqueFait
« Si vous voulez faire une réforme correcte des retraites acceptée, il ne faut pas commencer par les retraites. »
- 43:54Invité politiquePromesse
« Il faut commencer par travailler sur l'emploi et le travail. »
- 44:10Invité politiqueFait
« Je rappelle que dans le privé, vous pouvez rester jusqu'à 70 si votre employeur l'accepte. »
- 47:10Invité politiqueFait
« Quand il était en campagne avant l'élection de 2017, il disait que la place des syndicats, c'est dans l'entreprise, pas ailleurs. »
- 49:51Invité politiqueFait
« Avec la loi travail de 2016, je ne m'y suis plus retrouvé. »
- 50:01Invité politiqueFait
« C'est le Parti socialiste qui m'a quitté. »
- 56:08Invité politiqueFait
« Nous estimons que tout bien et toute personne sauvée évitent au régime assurantiel d'avoir à indemniser les conséquences des aléas climatiques. »
- 1:06:22Locuteur 2Fait
« Il y avait des représentants de plusieurs pays européens. »
- 1:08:25Locuteur 2Fait
« Elle résonne un peu avec Emmanuel Macron. »
- 1:08:36Locuteur 2Fait
« Robert Schumann était élu du bassin Lorrain. »
- 1:08:43Locuteur 2Fait
« Le jour où il a prononcé son discours, il est devenu un traître à la patrie pour les grands industriels de la région. »
- 1:09:10Locuteur 2Promesse
« J'espère que dans la campagne présidentielle, on ne va pas recommencer les vieux débats pour ou contre l'Europe. »
- 1:09:20Locuteur 2Fait
« Le message de paix est venu conforter cette démarche d'une France européenne. »
Temps de parole
- Présentateur79 %
- Locuteur 26 %
- ?4 %
- Locuteur 33 %
- Locuteur 62 %
≈ 31 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
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Vous
écoutez Bonjour Chez Vous, un podcast de Public Sénat. Public Sénat, en partenariat avec la presse régionale, vous propose Bonjour Chez Vous.
Bonjour à tous, je suis très heureuse de vous retrouver comme tous les jours. On fait le point sur les sujets qui font votre quotidien et l'actualité dans nos régions. On garde le programme de ce mardi 29 septembre. Le pape a quitté la France après quatre jours de visite et un discours très politique. Hier à Metz, un plaidoyer pour une Europe force de paix. Léon 14 peut-il sauver l'Europe ? Le débat dans une heure entre Fabienne Keller de Renaissance, Andréa Cotarac pour le RN et le spécialiste des questions européennes, Jean-Dominique Giuliani. Journée de mobilisation aujourd'hui pour la fonction publique à l'appel des syndicats.
Il réclame des moyens budgétaires, une revalorisation des salaires. Peuvent-ils être entendus ? Les syndicats pèsent-ils encore ? Dans une demi-heure,
on
recevra l'ancien secrétaire général de force ouvrière, Jean-Claude Mailly. Il nous livrera son regard sur le climat social. Et puis à la une de nos régions, la mobilisation des pompiers qui manifestent également. Ils sont en grève depuis le début du mois. Notre reportage en Gironde, durement touché par les incendies cet été. Deux jours après les sénatoriales, le nouveau Sénat se met en place. Les sénateurs RN pour la première fois en mesure de former un groupe feront leur arrivée cet après-midi. La gauche demande un cordon sanitaire. Les républicains suivront-ils ? La sénatrice à l'air, Sophie Prima est notre invitée. Bonjour. Bonjour. Voilà pour le programme.
On est ensemble pendant une heure et demie. Bonjour chez vous. Et d'abord le journal avec Stéphane Lullier. Bonjour Stéphane. Bonjour Auriane. Bonjour à tous. À la ligne de ce mardi 29 septembre, journée de mobilisation dans la fonction publique. Oui, à
l
'appel d'une large intersyndicale pour mettre la pression sur le gouvernement à quelques jours de la présentation du budget. Les syndicats rejettent en bloc un nouveau gel du point d'indice qui a été annoncé par Sébastien Lecornu. Plus de 170 manifestations sont attendues partout en France. Aujourd'hui, la CGT annonce une journée noire. 40% des professeurs des écoles devraient être en grève. Aujourd'hui, ces manifestations pourraient être rejointes par les lycéens en colère. Hier, plus de 180 lycées ont été concernés par une mobilisation, par un blocage. Le ministre de l'Intérieur indique que 164 interpellations ont eu lieu hier.
Ces mouvements de contestation dans les lycées, ils sont soutenus par les élus de la France insoumise. On a vu par exemple le maire de Saint-Denis, Bali Bagayoko, en soutien devant un lycée bloqué de sa commune. Et ça a fait réagir Laurent Nunez. Écoutez le ministre de l'Intérieur.
Dans ce contexte, la participation d'un certain nombre de députés de la France insoumise ou d'élus de la France insoumise à ces mouvements est totalement irresponsable. Je pèse mes mots, c'est totalement irresponsable. Je crois que les jeunes ont besoin qu'on leur montre un chemin qui est celui de l'éducation, un chemin du respect des forces de sécurité intérieure et surtout de la non-violence. Voilà, il y a eu beaucoup trop de violence. Et encore une fois, les forces de sécurité intérieure sont intervenues systématiquement à bon escient. Et je les en félicite et je les en remercie.
Le
pape a quitté la France. Oui, Léon XIV est arrivé hier soir au Vatican après quatre jours d'une visite intensive en France. Paris, Lourdes, Metz, 1,3 million de fidèles venus à sa rencontre, à la rencontre du pape. Il a également échangé avec des victimes d'abus sexuels dans l'église. Le programme du pape était donc très chargé. Emmanuel Macron, qui l
'a
raccompagné à l'aéroport hier, l'a remercié de sa présence et je cite, de cette espérance que vous êtes venu partager. Accusé d'écrit antisémite. Jordan Bardet, la attaque média part en diffamation. Oui, c'est ce qu'a annoncé hier le patron du Rassemblement national sur CNews. Il dénonce des accusations délirantes, je cite. On fait le point avec Céline Schmitt.
C'est gentil madame, on ne peut pas s'arrêter. Merci infiniment.
La figure de la dédiabolisation du RN a son tour éclaboussée par des accusations d'antisémitisme. Selon une enquête de Mediapart publiée hier, Jordan Bardet-Lauré rédigé de nombreux écrits antisémites et complotistes en 2013, alors qu'il n'était qu'un jeune militant du Front national.
«
Les banques sont toutes détenues par des juifs.
Le
juif doit dominer
les autres peuples, les écraser et les voler.
Un
sioniste est forcément juif et en profondeur. En France, deux exemples sont BHL ou Attali.
»
Des accusations qui tombent mal pour l'actuel président du RN, candidat à sa réélection fin octobre. Jordan Bardet-Lauré, qui avait estimé en 2023 que Jean-Marie Le Pen n'était pas antisémite avant de reconnaître une maladresse, dément en bloc les informations de Mediapart.
« Ça ressemble à une opération de barbouzerie. Soit Mediapart en est à l'origine, et vous avez raison de rappeler que cela ne s'appuie sur rien au moment où on se parle, et à ce moment-là c'est extrêmement grave. soit Mediapart se fait enfumer par des gens qui ont un intérêt à cette opération de déstabilisation, et c'est encore plus grave.
» Tous
les regards se tournent évidemment vers la patronne du parti, Marine Le Pen, qui avait exclu son père en 2015 sur fond de désaccord sur la question de l'antisémitisme. Questionnée par des journalistes en marge d'un déplacement hier, Marine Le Pen ne cachait pas son indignation. « Ça
me paraît tellement, totalement dingue que je suis absolument convaincue qu'une action en diffamation va être introduite dans les minutes qui ont suivi cette folie pure.
»
Jordan Bardella a annoncé
hier
avoir porté plainte.
Les
réquisitions sont tombées dans le procès de Rachida Dati. Oui, 4 ans de prison, dont 2 ans ferme sous bracelet électronique, et 5 ans d'inéligibilité pour corruption dans l'affaire Renault-Nissan. Voilà ce que demande le ministère public à l'encontre de l'ancienne ministre de la Culture qui a, elle, dénoncé le mépris de ses réquisitions hier soir. La décision sera rendue par le parquet national financier le 21 janvier. Lui aussi attend la décision de son procès. L'ancien Premier ministre François Bayrou est en appel dans l'affaire des eurodéputés du Modem. Le parquet a requis une peine de 2 ans de prison avec sursis, 50 000 euros d'amende et 3 ans d'inéligibilité contre lui.
En première instance, François Bayrou, président du Modem, avait été relaxé.
Merci
Stéphane. On se retrouve dans quelques instants. Vous allez tout nous dire ce qui va se passer dans les prochains jours au Sénat ? On va ouvrir
le calendrier du Sénat.
Allez, on en parle tout de suite de ce nouveau Sénat. Sophie Prima, vous êtes sénatrice à l'air des Yvelines, ancienne porte-parole du gouvernement, et c'est donc un nouvel hémicycle qui s'est formé au Sénat, renouvelé de moitié dimanche.
On
va voir la nouvelle composition, un hémicycle qui condombe pour la première fois un sénateur LFI et un groupe Rassemblement National, UDR. Alors l'ambiance au Sénat va-t-elle changer ? Alors que la gauche appelle à la résistance et au cordon sanitaire. On va en parler ensemble. Est-ce que vous craignez que le Sénat ne soit plus la chambre du débat apaisé ? Non, moi je crois que le Sénat doit rester la chambre du débat apaisée, comme le dit très bien Gérard Larcher. Je crois que les nouveaux collègues qui arrivent aujourd'hui vont le comprendre petit à petit. Alors il y aura peut-être quelques épiphénomènes au début, mais nous sommes habitués à travailler avec des formations différentes.
Moi j'ai eu l'honneur de présider la commission des affaires économiques pendant six ans, avec à l'intérieur des collègues aussi différents que Dominique Estrosi-Sasson et Marie-Noëlle Linnemann, qui n'avait pas sa langue dans sa poche, comme on dit, avec des convictions bien ancrées. Et nous arrivions à travailler ensemble. Nous avions nos différences, nous les assumons parfaitement, mais nous arrivons à travailler ensemble dans un débat apaisé. Et je ne doute pas que les nouveaux sénateurs, quand on arrive, on est tout feu, tout flamme, rentreront dans ce process de travail qui est le process qui devrait présider à l'ensemble des assemblées.
Qu'est-ce qui pourrait, même si vous dites que ça doit rester la chambre du débat apaisée, mais qu'est-ce qui pourrait faire que ça ne le soit plus ? C'est plus les 14-15 sénateurs RN-UDR ou les 1-2 sénateurs LFI
?
Non, mais je pense que ces nouveaux collègues, encore une fois, vont comprendre comment travaille le Sénat. Ils
vont y trouver
plaisir, je pense. Il y a des députés qui arrivent, qui étaient députés il y a quelques heures et qui sont aujourd'hui sénateurs ou sénatrices, et qui viennent aussi au Sénat, parce qu'ils savent qu'ils vont pouvoir exposer leurs convictions. Exposer dans le calme ces convictions, c'est une force aussi, parce que quand vous proposez des convictions en hurlant, avec des attitudes qui sont assez peu dignes, en fait, personne ne vous écoute plus, en réalité. Moi, je pense qu'ici, au Sénat, c'est une chambre où on peut exposer ses convictions, même si on n'est pas d'accord les uns avec les autres. Et ça, c'est la démocratie, mais une démocratie qui est apaisée.
C'est-à-dire que vous, vous jugez que c'est démocratique que le RN et la France insoumise soient représentés au Sénat compte tenu de leur poids électoral
?
C'est la réplique, en fait, des élections municipales. Qu'il n'ait pas pu faire un groupe aurait été une surprise, il faut bien le dire. C'est dans ce sens-là qu'il faut l'interpréter. Moi, je trouve que ce groupe, finalement, il est là. Il est contenu dans son nombre, ils sont 15. Donc, voilà, on est 348 dans cet hémicycle-là. Donc, je comprends l'émotion qu'il y a autour de la formation de cette famille politique et l'entrée de cette famille politique. Mais c'est la réplique, en fait, des élections municipales qui ont eu lieu en mars dernier. Donc, c'est l'expression de la démocratie. Ça nous plaît, ça ne nous plaît pas, ce n
'est
pas le sujet. C'est l'expression de la démocratie. Et ici, on est attaché à l'expression de la démocratie et à la juste représentation de chacun. Ça ne nous empêche pas de combattre des convictions qui ne sont pas les nôtres. Avec ce nouveau Sénat, il y a plus de 130 parlementaires RN, si on compte assembler Sénat, plus de 130 au Parlement. Est-ce que le RN est un parti institutionnalisé ? C'est un parti, en tout cas, qui est dans les institutions, aujourd'hui. Et par des voies qui sont des voies démocratiques. Encore une fois, ça nous plaît, ça ne nous plaît pas.
C'est à nous de combattre politiquement sur le terrain, auprès des Français, auprès des élus locaux, les convictions qui ne nous conviennent pas. Mais aujourd'hui, si tant est qu'on respecte la démocratie, eh bien, moi, j'aurais préféré qu'ils soient moins nombreux. C'est mon combat politique, mais je respecte la démocratie. Alors, la gauche vous appelle au cordon sanitaire. Et on va écouter Mélanie Vaugel, la sénatrice écologiste, qui craint une droitisation de votre part avec l'arrivée du RN.
Moi,
je vous dis que l'extrême droite progresse,
en
grande partie, parce que votre parti a choisi de faire la course à l'extrême droite. Et ce qu'il se passe, ce qu'il s'est toujours passé dans l'histoire, et ce qui va se passer dans
les années qui viennent,
c'est que,
quand
on court après l'extrême droite, elle progresse
? Est
-ce que c'est vous qui faites progresser l'extrême
droite
? Bien sûr que non. Évidemment que non. Ce n'est pas nous qui faisons progresser l'extrême droite, en particulier ici au Sénat. Ce n
'est
pas du tout le cas, évidemment. Mais je dirais à Mélanie Vaugel qu'elle garde son sang-froid, parce qu'elle, elle court après l'extrême gauche. Et on sait déjà que les alliances avec LFI sont en train d'être discutées. Alors, je sais bien que dans son parti, on dit que ce nouveau sénateur LFI, on le prend ou pas dans les écologistes. Il
y
a un débat, Jadot, elle-même, etc. Ce n
'est
pas positionné. Donc, je pense qu'il faut garder son sang-froid. Il y a des partis qui sont dits républicains et qui ne sont pas dans les extrêmes. Alors, je veux dire dans l'arc, voilà. Et
LFI
et le Rennes, c'est dans l'arc républicain pour vous
?
Écoutez, c'est dans l'arc républicain, à la mesure où ils ont été élus. Voilà, s'ils arrivaient en coup de force, en putsch, je dirais non, ils ne
sont
pas dans l'arc républicain. Moi, je ne partage pas leurs idées, ni aux uns, ni aux autres. Je les combattrai, je le dis, sur le terrain, pendant les mois qui viennent et d'ailleurs pendant toutes les années qui viennent lorsqu'on sera confronté dans le Sénat. Mais je le combattrai de façon démocratique et donc républicaine. Mais Lannine Vogel, elle vous appelle aussi un cordon sanitaire. Non, mais ça,
c
'est des vieilles idées, j'allais dire, agitées par la gauche qui nous inquiètent parce qu'on sait bien que les parties de gauche, demain, pourront tout à fait s'allier à LFI et donc, voilà, renforcer, en fait, le courant d'extrême-gauche. Donc, ça ne marche plus auprès des Français. Enfin, voilà, les Français, ce qu
'ils
veulent, c'est des propositions qui répondent, en fait, à leurs préoccupations
et à leurs
espoirs. Vous
allez
travailler avec le RN comme vous travaillez avec les autres groupes. Pour vous, c'est un groupe comme un autre
?
Ce n
'est
pas que c'est un groupe comme un autre dans la mesure où ils ne véhiculent pas les mêmes idées que les nôtres. Voilà, et des idées qui, parfois, moi, sont en dehors de mon spectre de l'acceptable. Bon, très bien, mais on travaillera avec eux parce qu'ils représentent une partie des élus locaux et que, donc, il faut respecter le vote qui a été fait par les élus locaux. Voilà, qu'ils soient d'extrême-gauche ou d'extrême-droite. Sur les reines, puisqu'on l'a vu dans le journal, il y a une polémique sur des propos antisémites qu'aurait tenu Jordan Bardella lorsqu'il avait 17-18 ans, propos révélés par Mediapart. Alors, Jordan Bardella dément, il attaque en justice.
Mediapart maintient ses informations. Qu
'est
-ce que vous dites de ça
?
Je dis que Mediapart est un journal qui est habitué à ce genre d'attaque. Si c'est vrai, évidemment, c'est terrible, terriblement révélateur. Mediapart a des méthodes d'investigation qui sont connues. Je pense que c'est la première vague. On en parlait tout à l'heure. C'est certainement la première vague. Ils ont l'habitude de sortir des choses par séquence. Mais
quand vous
dites terriblement révélateur, révélateur de quoi ? Révélateur de ce qu
'est
Jordan Bardella ?
Non, non, non, c'est terriblement
révélateur au sens profond. C'est-à-dire, si vraiment les propos ont été tenus, c'est terrible, évidemment, parce que c'est encore quelque chose qui divise les Français les uns vis-à-vis des autres. Donc ça, on ne peut pas l'accepter. Puis c'est antisémite. Enfin bon, c'est tout ce qu'on déteste en réalité. Tout ce dont on a accusé, j'allais dire, le Front National, historiquement. Bon, donc il faut aller au bout de cette affaire. Jordan Bardella se défend. Il a le droit. Mediapart a des informations. Et bien que tout cela soit mis en lumière pour que la vérité soit faite. Mais si ces propos sont avérés, si la justice tranche,
ça changera ?
Ça disqualifie Jordan
Bardella
? Bien sûr. Oui, bien sûr. En tout cas, à mes yeux et aux yeux... Il ne peut plus être président du parti
?
Écoutez, ça, ça les regarde. Moi, je
ne veux pas mêler des affaires du rassemblement. Mais est-ce que vous, ça changera,
par exemple, votre manière de travailler avec le RN ? Là, vous dites, ils ont été élus, on va travailler avec eux. Est-ce que si ces propos sont avérés, vous reverrez cette position ? Moi, je pense qu'il n'y
a
pas 33% des Français qui sont antisémites. Voilà. Mais je pense que le Rassemblement National n'a pas changé dans ses instances. Voilà, je le pense vraiment. Vous voyez, par exemple, nous avons vu pendant ces élections sénatoriales que, et pendant le temps des élections sénatoriales, la famille Le Pen, par exemple, est en retour. On a vu Marion Maréchal, Le Pen, dimanche à la Concorde. Sa tante ostensiblement est venue la voir alors qu'elle-même n'était pas allée la saluer. Sa tante s'est levée, elle est venue la voir, elle la saluait pour que les caméras la voient. Voilà, la sœur de Marine Le Pen était candidate dans la Sarthe, etc.
Donc on voit l'empreinte de la famille Le Pen qui revient et finalement, peut-être avec elle, des vieux démons. Mais voilà, je ne crois pas que 33% des Français soient antisémites. Je ne le crois pas. Et à
ce titre-là,
je pense qu'il faut être prudent dans le fait de repousser la démocratie telle qu'elle s'est exprimée. Est-ce que vous croyez à la dédiabolisation du RN
?
Je crois qu'ils ont beaucoup travaillé. Mais le noyau dur du Rassemblement National, j'ai toujours des doutes.
Le
RN qui envoie des sénateurs dans ses zones de force, notamment le pourtour méditerranéen, mais plus surprenant, il s'implante ailleurs. Le sénateur qu'on n'avait pas vu venir vient de Seine-Maritime. On va aller à Yveto dans le département, retrouvé à Gislain Aneta, rédacteur en chef du Courrier Cochois. Bonjour Gislain. Est-ce que cette élection a été une surprise dans le département
? Alors,
elle a été une surprise pour le principal intéressé, c'est ce qu'il a dit, mais pas tellement pour nous, finalement. Parce que, comme a dit une élue qu'on a contactée, finalement, le vote des grands électeurs, il n'est pas tellement éloigné de celui des électeurs. Et aux dernières législatives, on avait eu deux députés RN sur le secteur. Et dans les campagnes,
il
faut reconnaître qu'il y
a
une porosité des idées RN chez les élus locaux. On peut voir ça comme, pourtant,
on
est dans un département qui paraît encore ériche et préservé, des canicules et des choses comme ça. Mais on peut voir ça comme une petite peur du déclassement. Et puis, bon, donc, ça suit surtout dans nos zones rurales.
– Restez
avec nous, Gislain, Sophie Prima, vous entendez ce que dit Gislain. Il
y
a un vote RN, vous le constatez, il y a un vote RN qui monte dans les eaux rurales, chez les élus sans étiquette, même des départements où ils n'ont pas réussi à avoir des sénateurs, mais où ils ont multiplié leur nombre de grands électeurs. Est-ce que le RN s'est aujourd'hui enraciné dans le pays ? Et est-ce qu'ils s'enracinent sur cette crainte du déclassement dont parlait Gislain
? –
Mais en fait, je le redis, quand il y a 33% dans les sondages des gens qui sont proches du RN, évidemment, ça touche aussi les élus locaux, évidemment. Et évidemment que la base et, j'allais dire, le point de départ du RN, il est sur les difficultés concentrées sur les zones
qu
'on appelle quelquefois déclassées, les zones rurales où, effectivement, le manque de services publics, l'éloignement, le manque de mobilité, le manque de moyens également, se fait ressentir. C'est là-dessus que prospère, qu'a commencé le RN, qu'il a prospéré et aujourd'hui qu'il s'étend. Donc le profil de notre nouveau collègue du RN de Seine-Maritime, c'est le profil d'un maire rural qui est là depuis très longtemps dans le paysage de Seine-Maritime, qui donc a une empreinte dans la ruralité qui n'est pas neutre et qui a fait son travail auprès, il le dit lui-même d'ailleurs, j'ai regardé,
il
le dit lui-même, j'ai pris mon bâton de pèlerin, je suis allée voir, entre guillemets, mes collègues, maires ruraux, puis les autres également. Et effectivement, il a fait un score qui est un score important. Et puis, vous savez, les élections sénatoriales, c'est un calcul un peu particulier, l'attribution des postes. Donc plus vous avez aussi de listes et plus les votes se dispersent, plus vous avez de chances qu'un élu qui soit d'un parti, pas forcément pilier dans le départ, apparaissent parmi les élus, face à un mode scrutin assez particulier. Gislain, est-ce que ce résultat, il découle aussi du glissement d'une droite classique vers le Rassemblement national ?
– Un petit peu, oui, surtout que, comme l
'a
dit Sophie Prima, le sénateur qui vient d'être élu, c'est typiquement ça. C'est typiquement un ancien élu UMP, il a été LR aussi, même il était au RPR à l'époque. Il a fait des campagnes pour un ancien député LR qui était très implanté dans le secteur. Et là, il s'est raccroché un petit peu au nouveau député Rassemblement national sur la circonscription d'Ivto. et c'est aussi ce député qui a fait beau boulot pour lui en allant, comme il a été dit, au contact des maires ruraux, au contact des élus locaux. C'est vraiment comme ça qu'il a construit sa campagne.
C
'est un cycliste, il le dit lui-même. Il est resté dans la roue et il est sorti un petit peu comme ça au dernier moment.
–
Merci Gislain, merci beaucoup d'avoir été avec nous. On regarde la une du courrier Cochois, c'est ce cher carburant à la une de votre journal. Sur ce que disait Gislain Sophie Prima, est-ce que le RN grignote petit à petit votre électorat, voire vos élus
? – En
fait, c'est toute la difficulté à laquelle nous allons faire face aux élections présidentielles. C'est de faire comprendre aux Français que les Républicains sont un parti qui propose des solutions aux axes qui sont aujourd'hui préemptés tout à fait illégitimement par le Rassemblement national. On sait qu'on a des difficultés dans les zones rurales. On y travaille énormément ici au Sénat. On sait qu'on a des difficultés à se faire entendre. Donc effectivement, il
y
a une partie de notre électorat qui a glissé. Ce n
'est
pas un scoop, notamment sur l'UDR par exemple, qui est aujourd'hui l'allié du Rassemblement national. Et donc tout le travail de Bruno Rotaillot, tout notre travail ici dans ce groupe qui est largement majoritaire au Sénat, est de faire comprendre aux Français qu'en fait, les solutions qui sont des solutions républicaines pour lesquelles nous avons des solutions, eh bien, sont les solutions d'un parti qui se veut tout à fait fort. D'autant que la Seine-Maritime, c'est le département d'élection d'Edouard Philippe. Vous y voyez un signal
? Oh
non, je n'y vois pas de signal parce que ce petit entourloupe des élections, j'allais dire, mais ce monsieur qui est notre futur collègue, le dit lui-même. D'ailleurs, je crois qu'il a été même un peu étonné, votre confrère l'a dit, de son élection. Et il a dit, bon, je suis allée au RN parce qu'en fait, il a le vent en poupe. Voilà.
Allez,
on va parler de ce qui va se passer ces prochains jours au Sénat parce que les sénatoriels sont passés, mais le renouvellement du Sénat n'est pas pour autant terminé, Stéphane. Le Sénat reprend néanmoins un peu le cours normal de son fonctionnement. Eh oui, les nouveaux sénateurs et les sénateurs réélus reprennent petit à petit la route du palais du Luxembourg et s'ouvrent une semaine qu'on peut qualifier finalement de semaine de rentrée des classes pour les sénateurs. Pour les 67 nouveaux sénateurs, car ils sont 67 à faire leur entrée pour la première fois ici au palais du Luxembourg. Il faut d'abord aller s'inscrire, récupérer des documents administratifs.
On va vous montrer un petit peu leur parcours hier. Et dès aujourd'hui, eh bien, les groupes commencent à se réunir pour leur traditionnel réunion de groupes hebdomadaires. Et les groupes, ils ont encore quelques jours pour se dessiner.
–
Oui, car après une… Oui, alors oui, parce qu'ils ont jusqu'au 5 octobre pour déclarer officiellement leur groupe et la liste exhaustive de leurs membres. Donc c'est jusqu'à la semaine prochaine. Il y a donc des tractations, en fait, en quelque sorte, qui se passent entre les groupes pour savoir
qui
aura le plus de sénateurs possible entre les étiquetés divers centres, divers droits, des gens pour qui l'étiquette n'était pas vraiment une évidence.
–
On passe après ? Non, vous avez des questions ? – Non,
je
n
'ai
pas… Non, pas tout
de suite. –
Allez, alors,
on
parle des groupes ! – C'est un peu dans le désordre, mais le groupe, en tout cas, dont on est sûr qu'il sera composé d'élus RN et UDR, il fait sa rentrée aujourd'hui, le 5 octobre, et sa rentrée sera particulièrement scrutée. Jordan Bardella et Marine Le Pen vont rencontrer les nouveaux sénateurs avec les députés du côté de l'Assemblée nationale aujourd'hui. Ensuite, ils vont faire leur rentrée tous ensemble au Sénat. Voilà l'occasion de matérialiser une image de ce premier groupe RN-UDR.
Et puis, ce sera aussi le cas pour les autres groupes politiques, donc de se réunir comme le RN, je le disais, pour ces fameuses réunions hebdomadaires, avec un sujet particulier, ce sera le vôtre aussi, désigner le candidat de chaque groupe pour la présidence du Sénat, car le vote,
c
'est jeudi, Auriane.
–
Le vote,
c
'est jeudi, sans grand suspense. – Sans grand suspense, parce que Gérard Larcher a annoncé qu'il serait candidat à sa réélection. Donc, a priori, Gérard Larcher devrait être réélu, si tout va bien. Ce renouvellement de Gérard Larcher, il va donner lieu à des élections. Donc, chaque groupe présente un candidat, même si le président du Sénat sortant sera probablement réélu. Ce sera évidemment à suivre sur Public Sénat. – Et donc, c'est maintenant qu
'on
parle des groupes
? –
Oui, c'est maintenant qu
'on
parle des groupes. C'était après. Mais ce n
'est
pas grave, ça a quand même son sens. Les tractations ont commencé dès dimanche, je le disais, pour essayer d'attirer dans ces écuries les différents élus, divers centres, divers droites, qui n'ont pas d'étiquette figée. Une intense bataille de couloirs, finalement, qui est menée. Donc, la liste complète, c'est, je le rappelle, lundi 5 octobre à 16h. Les présidents de groupe doivent amener la liste de leurs membres à la présidence, avec leur choix d'appartenir ou non à la majorité ou à l'opposition du Sénat. Et pour les sénateurs qui n'auraient pas de groupe, il y a une autre réunion.
Ce serait peut-être le cas de Gabriel Amard, le député à la France Insoumise, qui devient sénateur à la France Insoumise du Rhône. Il y a une réunion à 18h pour choisir le délégué des non-inscrits, même si lui a pour le moment dit qu'il souhaitait siéger avec les écologistes. Alors, dans cette bataille pour la constitution des groupes Sophie Prima, il y a des questions de potentiel défection du groupe LR vers le groupe RNUDR. Il y a déjà eu une défection, celle de votre collègue Sylvie Gouachavin. Qui n'est pas confirmée. Qui n'est pas confirmée. Alors, elle a quand même tweeté, elle a retweeté en expliquant que...
Oui,
mais enfin,
les tweets,
ce n'est pas une signature en
bas de minutes. Ce n'est pas une signature en bas de minutes. Pour vous, c'est pas vrai.
Non, non, elle fera ce qu'elle veut. Elle est tout à fait libre. Voilà, bon, évidemment. Mais moi, je prends les faits quand ils sont avérés. Voilà. Est-ce que vous craignez qu'il y
ait
d'autres départs du groupe LR vers le groupe
RNUDR ? Non,
je ne pense pas. Non, je ne pense pas. Non, non, je ne pense pas. Pas d'inquiétude. Parce
qu
'au RN, on dit, on discute avec des centristes, avec des LR qui pourraient...
Ah,
on discute avec tout le monde. Oui, potentiellement
nous rejoins.
Mais
ils sont
15. Donc, c'est-à-dire, ils font partie des groupes
qui
seront de la même taille que d
'autres...
Les radicaux, les écologistes. Enfin, voilà, on a maintenant pas mal de groupes qui sont composés entre 12 et 15, 18 sénateurs. Voilà, qui sont des groupes qui sont souvent soit dans la minorité, soit dans l'opposition.
Et
le fait qu'il y
ait
moins de sénateurs au groupe LR après ce renouvellement, vous avez l'impression d'une perte de vitesse des LR ? Non, pas du tout. Vous savez, on est le premier groupe, donc c'est normal que c'est nous qui en perdions, entre guillemets, le plus en valeur
absolue. Ça fait deux renouvellements que
vous en
perdez. En
pourcentage, on en perd beaucoup moins que d'autres groupes. Donc, non, tout est normal. Voilà. Pour le moment...
Et nous sommes
confortés. Très honnêtement, moi, je suis très contente de ces élections, notamment pour notre groupe. On n'était pas... Voilà, je trouve que c'est bien. Je trouve qu'on a
bien résisté,
y compris dans les départements du Sud. Vous voyez, on regardait avec beaucoup d'attention, par exemple, les Alpes-Maritimes. Alors certes, il y a deux élus RN, mais les élections ont dit les choses. On a perdu la ville de Nice, malheureusement. Et donc,
je trouve que la
résistance à la fois de Dominique Estrosi et d'Alexandra Borchio est remarquable. Là, vous dites, il y aura très peu, voire pas de sénateurs qui franchiront la ligne. Est-ce que vous redoutez que si le RN remporte la présidentielle, là,
il y a une hémorragie de sénateurs LR
vers le groupe ? Chaque chose en son temps, Yann, non, je ne pense pas. Notre groupe est solide et nos convictions sont fortes. Donc, je pense que chacun aura à cœur de garder... D'ailleurs, de garder ce qui sera très important et qui l'est toujours, depuis longtemps, que les Français ont bien compris maintenant, c'est la qualité de contre-pouvoir du Sénat. Voilà, nous sommes indépendants du pouvoir, quels qu'ils soient. Moi, j'étais parlementaire sous Nicolas Sarkozy et Nicolas Sarkozy disposait à la fois de la majorité à l'Assemblée nationale et au Sénat. Je me rappelle que de temps en temps, il était agacé par les positions du Sénat parce que le Sénat est indépendant des gouvernements.
La
dernière étape du renouvellement, parce que ça continue, Stéphane, ce sera la désignation du bureau du Sénat et des membres des différentes commissions.
Oui, ça sera mardi prochain. On connaîtra
donc les huit vice-présidents, les trois questeurs et puis les 14 secrétaires du Sénat. Les questeurs,
ce
sont ceux qui gèrent les finances du Sénat. Assez logiquement, chaque groupe sera représenté à la proportion de son nombre de sénateurs. Il y
a
un système en forme de points pour répartir ces postes-là. Le RN devrait donc
faire
son entrée au bureau.
On
se rappelle qu'en 2024, du côté de l'Assemblée nationale cette fois, la gauche avait dit pas de RN au bureau alors que le RN était arrivé, avait le premier groupe, si on prenait le groupe en valeur absolue de députés. Pendant un an, il n
'y
avait pas eu de députés RN, au bureau de
l
'Assemblée nationale. Est-ce que
vous
craignez qu'il
y
ait un appel de la gauche à faire la même chose ici au Sénat ? Je pense que le président du Sénat, qui probablement sera Gérard Haché à partir de jeudi, de nouveau, sera attentif à ce que le règlement du Sénat soit absolument appliqué dans toutes ses dimensions. Je pense que plus on fait des manœuvres comme ça, plus on renforce, plus on victimise, plus on renforce. Donc je pense que c'est une erreur et pour éviter ces erreurs,
il
y a quelque chose de très simple, c'est de respecter la règle et de respecter le règlement et d'appliquer scrupuleusement le règlement aux résultats démocratiques des élections.
Donc
vous ne comprendriez pas
qu'il y ait un appel, en tout cas de
la
gauche, à ce qu'il n
'y ait
pas
de
Sénat. Je
pense que la gauche fait
cette erreur depuis tellement d'années. Elle ne
l
'a pas fait pour le moment. Il faudrait qu'ils arrêtent
et
qu
'ils
combattent par les idées. Et le dernier rendez-vous, ce sera la composition des commissions permanentes et spéciales. Ça, ce sera mercredi prochain. Voilà. Après, le Sénat pourra commencer ses travaux comme
la semaine
du 12 octobre en séance publique.
Tout
à fait. On suivra ça. On va terminer par les
unes de la
presse régionale. Il y a d'autres dossiers avant le budget. On aura le budget. On va terminer par les unes de la presse régionale. On va la regarder. On en a sélectionné trois. La une du républicain Lorrain, le pape apotre de la paix à Metz. Des dizaines de milliers de personnes qui ont applaudi hier dans les rues de Metz. Le pape Léon XIV venu délivrer des messages très forts de paix pour l'Europe dans la ville de Robert Schumann. La deuxième une, celle de Ouest France. Pompiers, policiers, soignants. Pourquoi ils manifestent ? À l'appel de huit fédérations de la fonction publique, les agents de l'État, des hôpitaux, des collectivités manifestent.
Aujourd'hui, ils demandent notamment des revalorisations de salaire.
Et
puis la une du télégramme. Les retraités, ciblés par le budget face au déficit des finances publiques, le gouvernement qui envisage de les mettre davantage à contribution. De quelle une ? J
'ai
eu envie de nous
parler. Des
trois, parce qu'elles sont très révélatrices de notre moment politique. Le pape, quand même formidable, élan. La France l'a accueillie, je trouve, dans de bonnes conditions. Et quelle que soit la religion des uns et des autres, a reconnu que cette espèce de bulle que nous a offert ce pape était une bulle d'abord d'union entre les Français. Et puis, un formidable message d'espoir au moment où politiquement, on est tout le
temps
en train de se chamailler sur des choses très importantes. Ça nous permet de relever la tête et de se dire
qu
'on a besoin d'espérance et qu
'on
a besoin d'un cap et qu
'on
a besoin d'horizon. C'était un formidable message que le pape a adressé. On va se quitter sur ces belles paroles.
Merci
Sophie Prima. Merci beaucoup d'avoir été notre invitée pendant cette demi-heure. Stéphane, on se retrouve dans 20 minutes pour la Rue de Presse régionale. Oui, qui se fait largement l'écho des mobilisations du jour aujourd'hui pour les services publics et pour le pouvoir d'achat. Et mobilisation dont on va parler tout de suite avec Jean-Claude Maïs. Mobilisation aujourd'hui dans la fonction publique 170 manifestations attendues dans tout le pays. Enseignants, hôpitaux-pompiers, ils réclament des moyens, des hausses de salaires et veulent mettre la pression sur le gouvernement à deux jours de la présentation du budget.
On est face à une rentrée sociale très politique et pour en parler, nous sommes avec Jean-Claude Maïs. Bonjour. Bonjour. Merci d'être avec nous, ancien secrétaire général de Force Ouvrière interview en partenariat avec la presse régionale représentée par Fabrice Wesser-Redon du groupe EBRAS, les journaux régionaux de l'Est de la France. Bonjour Auréane, bonjour Jean-Claude Maïs. Bonjour.
Jean
-Claude Maïs,
on
est donc dans une journée de mobilisation. Comment vous qualifiez, vous aujourd'hui, le climat social dans le pays
? C
'est un climat social où il y a beaucoup d'inquiétude, beaucoup d'anxiété, du mécontentement, rentrée parfois, du mécontentement qui s'exprime. Non, le climat social n'est pas bon. En même temps, on est dans une période électorale quasiment maintenant, jusqu'à la présidentielle. Donc, une partie des gens se dit je vais régler mes comptes à la présidentielle. C'est évident. Vous pensez que c'est comme ça que ça va se traduire ? Il y
a
une partie, c'est ça, oui, bien sûr. C'est-à-dire les gens
attendent
d'aller voter, en fait, c'est ce que vous êtes en train de nous dire. Oui, c'est une façon d'exprimer. Un bulletin de vote, ça peut être aussi, et il y aura le choix cette année, ça peut être aussi une manière d'exprimer un mécontentement, bien entendu. Mais le climat social n'est pas bon. Donc, pas dans la rue.
C
'est-à-dire que la mobilisation
peut
être moindre parce que les gens se disent on va voter dans six mois. Non, il y
a
les deux. Il y
a
les deux, je pense. Non, aujourd'hui, il y
aura
du monde dans la rue. Écoutez, quand vous avez l'ensemble des syndicats, sans exception, qui appellent sur plus de 170 manifestations, je ne
peux
pas vous dire combien, mais il y
aura
du monde, c'est évident. Mais en plus, je veux dire, il y a ce phénomène que certains disent, bon, si bien qu'on y arrive ou pas, même si on manifeste ou pas, on réglera nos comptes au mois de mai. Juste, vous entendez quoi par on réglera nos comptes ? Ça veut dire que le bulletin de vote, ça risque
? Ça risque,
oui. C'est ce qu'on voit un peu partout depuis quelques temps quand même. Enfin, ça, on a...
Il
y a un phénomène accélérateur, c'est la dissolution.
Les
gens n'ont pas compris, personne n'a compris. Il y en a qu'un qui
a
compris, c'est le président de la République, visiblement. Mais personne n'a compris, les résultats sont quand même catastrophiques. Enfin, pas simplement au niveau national, y compris au niveau international.
On
dit, il y a la dette, certes, il
y a
l'endettement, il faut le réduire, OK, j'ai pas de problème là-dessus, sauf sur la méthode. Mais ceci étant, l'image à l'extérieur, les marchés disent, mais qu'est-ce qui va se passer en France
?
Politiquement, qu'est-ce qui va se passer ? L'inquiétude, elle vient aussi de ça. Vous parlez de la dissolution. Je revendais sur la question d'Auriane. On va régler nos comptes.
Bon,
clairement, vous pointez la dissolution, la décision du président de la République. Les Français réclinent leur compte avec qui ? Avec quelqu'un qui, en l'occurrence, ne va pas se représenter. Oui, mais c'est au-delà d'une personne. C'est pas ça. Il y a un phénomène,
il
y a comme si les gens attendent une rupture. Voilà. Une rupture dans la manière dont les choses se passent. Les problèmes de pouvoir d'achat. Écoutez, c'est une journée des fonctions publiques, essentiellement aujourd'hui. Quand vous regardez, par exemple, que depuis 2017, année d'élection du président de
la
République jusqu'à aujourd'hui, le pouvoir d'achat des fonctionnaires a augmenté de 5% en deux fois, quand l'inflation a été de 24%.
Je
prends cet exemple, mais on peut en prendre d'autres, sur la désorganisation, sur le sentiment des fonctionnaires. Ça n'est pas nouveau. La dégradation dans la fonction publique, pour moi, je considère qu'elle a démarré sous Sarkozy avec la révision générale des politiques publiques. On a voulu appliquer le même système via des cabinets extérieurs anglo-saxons à la gestion de la fonction publique comme dans les entreprises privées.
Et
ça ne marche pas de la même manière. Donc ça,
il
y
a
ce sentiment-là. Donc, c
'est par rapport à un système… – De
déclassement, c'est ça, la fonction publique ? Elles se
sont déclassées par reconnues ? – Perte
de sens. Il y
a
une perte de sens. Les gens, vous savez, beaucoup de gens, moi, ma génération, quand les gens rentraient dans la fonction publique, ils voulaient être au service du public. C'était vraiment ce qu'ils cherchaient. Aujourd'hui, vous avez 11% des postes offerts dans les concours de l'administration de manière générale où il n
'y
a pas assez de candidats. C'est bien un signe, les gens… Ça ne fait plus envie d'aller dans la fonction publique. Ça ne fait plus envie parce que c'est déconsidéré, parce qu'on n'arrête pas de dire… Des fois, il
faut
taper dans les dépenses publiques, taper dans les dépenses publiques, etc. Ça fait des années que ça dure. Si j'ose une image, un peu osé, je l'accorde, c'est Xavier Millet qui a changé la tronçonneuse contre un rabot, quoi. Voilà,
quoi.
Mais c'est un peu ça, ce à quoi on assiste. La seule différence, c'est
que
ce n
'est
pas vrai dans toutes les entreprises. Il
y
a des entreprises où les choses se passent normalement en termes d'organisation, en termes de négociation. Mais il
y a
un vrai problème global. Fabrice, vous aviez une question ? Oui, absolument.
Sur
les grèves et les manifestations, on nous dit qu'il va y avoir du monde.
Vous
savez comme nous que c'était Sarkozy, le même que vous citiez à
l
'instant, ces grands mouvements
où
toute la France,
où
la France ouvrière descendait massivement dans la rue,
c
'est fini.
Oui,
c'est Sarkozy qui a dit ça. Quand il y
a
une grève, on ne la voit plus.
Ça
lui a été reproché. Ça
lui a instauré le service. Ça lui a été reproché.
J'étais moi-même à l'époque. Comment vous l'expliquez ? Que ces grèves, ces mouvements d'ampleur se soient progressivement érodés
? Ça
dépend des moments. Regardez, ça dépend des périodes, d'une manière ou d'une autre. Rappelez-vous, il n
'y a
pas si longtemps que ça, le dernier mouvement sur les retraites, ce
n
'était pas des petits mouvements. C'était vraiment de très gros mouvements, plusieurs démanifestations, etc. Ça dépend des moments. Mais là, on est dans une période où les gens disent « Il y
en
a marre, ça suffit. »
Les
fonctionnaires, on ne peut plus. Ils sont au bout du rouleau. Donc, ils ont besoin qu'on les respecte. Ils ont besoin que leur pouvoir d'achat augmente. Et dans le même temps, bon, ils sont préconscients que, vu ce qu'on entend sur le budget, etc., ce n
'est
pas le moment où ils vont être satisfaits.
Et
je vous dis toujours, quand on est dans une période d'élections présidentielles, ça change le contexte quand même. Juste un mot, parce qu'il
y
a des manifestations et des blocages dans les lycées. Également, avec des interpellations, 164, je vous cite Laurent Nunez, ce ne sont pas des mouvements de contestation très habituel, mais ça s'apparente à des violences urbaines. Quel regard vous portez sur ces mobilisations
?
Alors,
j
'ai pas, oui, j'ai vu, j'ai entendu, mais je n
'ai
pas d'analyse. Est-ce, il y a ces politiques derrière ou pas ? Certains laissent entendre que LFI serait dans le coup. C'est possible,
c
'est bien les techniques LFI, que je connais bien. Vous savez, les trotskistes, anciens trotskistes, je les ai connus dans mon organisation, donc je sais comment ils fonctionnent.
C'est-à-dire
? Vous
avez
expliqué, c'est quoi les techniques LFI
?
Non,
mais
quel est l'objet de LFI ? Je pense que Mélenchon, il ne veut pas gagner la présidentielle. Ce
n'est
pas ça son truc. Mélenchon, c'est d'être le premier opposant à Marine Le Pen.
Et
après, pardonnez-moi, on va essayer de monter la révolte. C'est ça, je ne l
'ai
jamais dit comme ça, mais moi, je le conçois comme ça. Est-ce que c
'est
le cas dans le lycée ? Je ne
sais
pas. Je ne peux pas prendre position sur ce que j'ai vu. J'ai vu les réactions de Laurent Nunez, qui a, pour moi, un beau ministre de l'Intérieur. Ce n
'est
pas un
foot
de guerre, ce n
'est
pas quelqu'un qui va à la garde. Je ne
sais
pas, je n'en sais pas plus. Mais est-ce que, vous qui êtes syndicaliste, vous avez géré des mobilisations, est-ce que quand les lycéens rentrent dans le mouvement, on est sur autre chose ? On est sur un tournant
? Oui,
et quand les lycéens rentrent dans un mouvement, c'est autre chose, bien entendu. Moi, j'ai connu ça différentes fois. Rappelez-vous, par exemple, le CPE en 2006. J'ai toujours dit que quand les lycéens sont dans la rue, c'est comme un dentifrice, vous n'arrivent plus à les rentrer. C'est
les mêmes ?
2006, 2026, c'est les mêmes ? Vous pensez
qu'ils se mobilisent de la
même manière ? J'en reviens à ma question de tout à l'heure sur l'évolution du mouvement social. Non, mais l'évolution... Oui, écoutez, il y a 30 ans, 40 ans, une seule organisation qui était la CGT pouvait décider de mettre 2 millions de personnes dans la rue.
C
'est fini ? Aujourd'hui, elle ne peut plus. Je ne dis pas qu'elle n'existe plus. Mais maintenant, quand vous regardez globalement les adhérents dans tous les syndicats, vous additionnez,
etc.,
ils sont très loin en nombre devant les partis politiques tous rassemblés. Voilà, donc ça pèse plus. Et c'est quand même difficile à comprendre quand un pouvoir public ou des pouvoirs publics
ne
respectent pas la démocratie sociale. J'ai toujours dit que ça leur revient dans le nez à un moment donné. On va venir sur la démocratie sociale, mais juste pour terminer sur les mobilisations, quelle est la finalité ? On est dans un contexte budgétaire très tendu. Sébastien Lecornu dit qu
'il
faut faire 54 milliards d'économies. Qu'est-ce qu'ils peuvent espérer, ces manifestants, dans ce contexte ? Est-ce qu'ils peuvent réussir à mettre la pression sur le gouvernement
?
Aujourd'hui, ils mettent une pression sur le gouvernement. Qu'est-ce que ce sera demain ? Qu'est-ce que le syndicat vend des idées ? Je ne sais pas. Moi, je ne
suis
pas en responsabilité. Je ne sais pas. En tous les cas, c'est aussi qu'ils réussissent ou pas, c'est aussi une manière de dire qu'on est là. Et même si on n'obtient pas satisfaction tout de suite,
on
l'aura après la présidentielle. Voilà, c'est une période de montrer qu'on est là, on n'est pas en dehors du temps et de l'espace. Mais vous nous avez parlé tout à l'heure de la réduction de la dette. Vous nous avez dit j'entends, il faut réduire la dette. Je ne comprends pas et je ne
suis
pas d'accord avec la méthode. Mais comment on fait
? Non
mais attendez, quel est le problème aujourd'hui ? Le problème aujourd'hui, c'est que, qu'est-ce qu'on a annoncé au fur et à mesure ? Qu'est
-ce
que le gouvernement a annoncé ? Un coup sur les retraites, un coup sur les fonctionnaires, un coup sur l'APL, etc. Qu'est-ce qu'ils disent les gens ? Et ce n
'est
pas nouveau mais ça s'amplifie. Les gens sont prêts selon leurs moyens à faire un effort. Sauf qu'ils veulent que ce soit équitable. Or là, tout ce qui est présenté, ça n'est pas équitable. Écoutez, même la Cour des comptes, ce n
'est
quand même pas des gauchos, la Cour des comptes, même la Cour des comptes dit sur les fortunes personnelles, sur le pacte d'Utreil, etc., il faudrait revoir les choses. La Cour des comptes, et vous avez d'autres qui disent « Ah non, il ne faut surtout pas y toucher ». Donc il y a des choses à faire. Moi je dis… Donc les efforts ne sont pas justes, c'est ce que vous dites ? Ah ben, ce n'est pas du tout équitable. Mais c'est vrai pour les citoyens comme pour les entreprises. La PME qui paye 25% d'impôts sur les sociétés, elle se dit «
Mais
attendez, la multinationale, là, par des systèmes d'opposition, maintenant, mais il y a trois grandes réformes qui seraient nécessaires dans notre pays. Au moins trois, il y en a peut-être d'autres. Une réforme fiscale d'ensemble. Une réforme fiscale d'ensemble qui est basée sur l'efficacité, bien sûr, mais qui est aussi basée sur l'équité. La deuxième, c'est ce qu'on appelle le millefeuille, on appelle ça comme on veut, c'est les strates, plus personne n'y comprend rien. Là-dessus, je suis d'accord avec Borloo, par exemple. Voilà. Et troisième chose,
c
'est le financement de la protection sociale, qu'on regarde clairement les choses. J'en ai marre, moi, d'entendre les dépenses publiques. Quand ça les arrange, j'y parle de dépenses publiques pour taper sur la protection sociale. Dans ça, il y a les dépenses de l'État
et
des collectivités et il y a les dépenses de protection sociale. Ce n
'est
pas la même chose, même si au niveau européen, on fait un global. Et le gouvernement, quand ça l'intéresse, choisit l
'un
ou l'autre. Mais il faut le revoir, juste le financement de notre modèle social
?
Il faut réfléchir au financement. Oui. Écoutez, on ne peut pas sortir la cotisation de tout. Il y
a
ce qu'on appelle le contributif et le non-contributif. Contributif, c'est l'assurance chômage où l'État, ça a commencé un peu avec Sarko, mais beaucoup avec Macron, ils ont quasiment pris le pouvoir sur l'assurance chômage aujourd
'hui.
L'assurance chômage, les retraites, ça,
c
'est du contributif. Et le non-contributif,
c
'est les allocations familiales, par exemple. Moi, ça ne me choque pas que les allocations familiales soient financées par l'impôt. Après, on regarde quel impôt. Par contre, les retraites, l'assurance chômage, nous. Le conseil économique, sur le sujet des finances publiques, le conseil économique, social et environnemental va lancer une convention citoyenne. Vous avez vu ça. Vous y voyez un intérêt. Qu'est-ce que vous leur diriez si vous les rencontriez, ces citoyens ? Moi, je trouve que l'initiative du conseil économique est intéressante, de travailler sur les dépenses publiques avec des citoyens. Pour moi, ça ne me pose aucun problème. Je trouve ça plutôt bien qu'il y
ait
une réflexion.
Qu'est-ce que vous avez envie de leur dire
à ces citoyens ? Qu'est
-ce
que vous avez envie de leur dire ? Allez-y. Allez-y, discutez. Vous allez voir des experts. L'objectif, c'est de sortir une position à la fin, qui fasse consensus comme ça a été fait sur la fin de vie, etc. Et après, le problème, c'est qu'est-ce qu'on en fait
?
Est-ce qu'il y
a
une suite ou pas ? Mais que le conseil économique social, qui est la troisième assemblée, consultative, c'est important, du pays se saisisse de ce dossier de cette manière-là, je trouve ça bien. Ça va demander des efforts, tout ça
?
Réduire la dépense ? Mais bien sûr qu
'il
y aura des efforts. Le problème,
c
'est que moi, je suis persuadé, le peuple français est un peuple très politique. Si nos dirigeants, quels qu'ils soient, ne comprennent pas qu'il y
a
un besoin énorme de justice et d'équité, ils iront dans le mur. Et à un moment donné, ça se révoltera. Est
-ce que les syndicats, ils
sont prêts à ces efforts ? Est-ce qu'ils sont prêts à accompagner des réformes
? Mais
oui, mais il faut que ce soit équitable. Et puis qu'on laisse les syndicats négocier avec le patronat, même si le MEDEF, en ce moment, il traîne un
peu. On va en parler. Mais
par exemple, sur la réforme des retraites, est-ce que oui ou non, il faut une réforme des retraites ? Moi, je dis, ça a commencé d'ailleurs, si vous voulez faire une réforme correcte des retraites acceptée, il ne
faut
pas commencer par les retraites.
Il
faut se poser une question. pourquoi les gens veulent partir
? Pourquoi
les gens ne veulent pas rester
?
Donc, ça veut dire travailler sur le travail, c'est le cas de le dire, l'emploi et le travail, les conditions de travail. Et d'ailleurs, je remarque dans, je n
'ai
pas tout lu, mais que le rapport que vient de Jean-Denis Combrexel avec la conférence, c'est cette logique-là qui est retenue. Il faut commencer par travailler sur l'emploi et le travail. Et les trois sages, là, ils ont raison. Donc, il faut donner envie aux gens de rester jusqu'à 65,
67 ans. Oui, il faut
regarder, même s'il faut rester plus longtemps. Il y a des gens pour qui rester jusqu'à 65, 66, ça ne pose aucun problème. Je rappelle que dans le privé, vous pouvez rester jusqu'à 70 si votre employeur l'accepte. Il ne
faut
pas l'oublier, ça. Donc, mais encore, certes, il y
a
le problème de la pénibilité, physique, mentale, etc. Il faut traiter ces questions-là. En France, c'est comme dans la médecine. En France, les médecins, j'en discutais avec un médecin il n
'y a
pas longtemps, disent oui, en France, la médecine, on apprend à détecter C'est pareil,
il
faut prévenir avant de... Le travail des seniors est suffisamment pris en compte dans les réformes successives ? Non,
ça
augmente légèrement, mais pas suffisamment. Non, encore aujourd'hui. C'est de l'expérience, il faut de la formation. Pourquoi après 50 ans, c'est plus dur de voir de la formation aujourd'hui ? Donc non, y compris dans les entreprises, il
y
a un gros travail à faire. Sur la démocratie sociale, on a un petit peu commencé à en parler, mais est-ce que les partenaires sociaux, ils pèsent encore aujourd'hui ? Ils pèsent encore suffisamment ? Est-ce qu'ils ont encore une influence
?
Oui, si, ils ont une influence. Si, ils ont une influence. Elle pourrait être plus grande. Elle pourrait être plus grande notamment dans toutes les structures paritaires. Mais il faut revenir à... Enfin, je prends l'assurance chômage.
Le
président de la République, il a tout cassé là. Puis de manière un peu... Enfin, rappelez-vous quand même, quand il dit je vais supprimer la cotisation des salariés à
l
'assurance chômage, on va la remplacer par de la CSG, comme ça vous aurez un peu plus sur votre fiche de paie. Ils ont eu un petit peu plus. Puis après, il a dit maintenant vous allez négocier, mais voilà où vous devez aboutir. Ce n'était pas possible d'aboutir à ça. Donc la négociation n'a pas marché. Qu'est-ce qu'il dit après ? Vous voyez, quand je vous demande de discuter, vous n'y
arrivez pas. – Est-ce que j'allais vous
dire ? Est-ce que c'est uniquement la faute du président de la République
? Ou est-ce
que c'est aujourd'hui le syndicat et patronat qui n
'arrivent pas à se mettre
d'accord ? Les partenaires sociaux... –
Vous ne pouvez
pas vous mettre d
'accord sur une chose de route qui est
impossible. Tout le monde savait dès le départ. Tout le monde savait dès le départ. La seule question qu'il faut peut-être se poser, est-ce qu'ils auraient dû ouvrir la négociation ? Est-ce qu'ils n'auraient pas dû envoyer bouler le président de
la
République ? Ça, c'est autre chose. Mais comme ce n
'est
pas possible, après, qu'est-ce qu'il dit le président ? Vous voyez, je vous confie une mission, vous n'y arrivez pas. D'abord, la CSG, c
'est
de l'impôt et l'impôt, c'est moi. Ça, ça tue le paritarisme. Donc il faut revenir sur l
'assurance... – Mais Emmanuel
Macron, il a tué le paritarisme ?
– Il
l
'a
esquinté, sérieusement, oui. Ah oui, oui, sérieusement, oui. Parce que l'assurance chômage,
c
'était les retraites complémentaires. Bon, il n
'a
pas encore réussi. Son système de retraite universel n
'a
pas marché. Bon, parce que vous savez, les retraites complémentaires, tous les gouvernements l'anguent dessus. Que ce soit seuls des salariés, des avocats, des experts comptables, des pharmaciens, etc. Ils veulent piquer les réserves. Donc tout le monde a résisté jusqu'à maintenant. Donc moi, je pense, mais là, c'est aussi... Je pense que les syndicats, qu'on appelle les plus réformistes, sont prêts à négocier. D'ailleurs,
il
y a quand même des négociations qui vont s'ouvrir avec le patronat. Moi, je pense que c'est une période où le patronat doit accepter d'ouvrir le plus possible de négociations. Montrer, y compris politiquement, que voilà, nous, on prend nos responsabilités, on fait quelque chose que fassent les politiques.
–
Est-ce qu'il
n'y a
pas aussi... Alors, vous dites, il y a la responsabilité d'Emmanuel Macron qui n
'a
pas assez pris en considération les partenaires sociaux aussi, c'est ça ? – Ce
n'est pas son truc. – De
quinquennat. – Quand je dis « ce n
'est
pas son truc », rappelez-vous, quand il était en campagne avant l'élection de 2017,
il
disait que la place des syndicats, c'est dans l'entreprise,
pas
ailleurs. Au niveau national, c'est l'État. Donc, il ne croyait pas. Au début, moi, j'ai négocié avec lui, avec Laurent Berger, tous les deux, parce
que
les autres sont partis. Mais avec lui, on a négocié les ordonnances de travail.
Tout
n'est pas bon, on l'a dit, mais on a obtenu au moins de préserver la branche. Je ne
crois
pas sur le détail. Mais là, au début, il a accepté la négociation. Dans son bureau, on obtenait des choses. Je ne
sais
pas ce qui s'est passé. En 2018, ça s
'est
terminé.
–
Mais c'est uniquement la faute d'Emmanuel Macron, c'est aussi la responsabilité des syndicats. Est-ce qu
'il n'y a pas
aussi des figures moins identifiées ? Il y avait vous, il y avait Laurent Berger, il y avait Bernard Thibault. C'était des figures qui étaient très identifiées,
des
Français. Est-ce qu'aujourd'hui, c'est moins le cas ?
–
Oui, mais ça, c'est une question de médiatisation, c'est autre chose. Non, ce n
'est
pas un... Oui, il peut y avoir une responsabilité des partenaires sociaux tous ensemble s'ils n'arrivent pas
à
négocier, par exemple, négocier.
Il y a
un dossier qui, pour moi, serait essentiel, c'est l'organisation du travail,
avec
un accord cadre interprofessionnel.
Jusqu
'à maintenant, le patronat n'a jamais voulu, considérant que l'organisation du travail, c'est de sa seule responsabilité.
Or, c
'est un problème de fond aujourd'hui dans
l
'administration, certes, mais dans les entreprises également. Ça, si les partenaires sociaux arrivaient
à
négocier là-dessus, par exemple, ça changerait beaucoup de choses, y compris sur les questions d'emploi des seniors, etc. – Et vous le dites, il
y a
les divergences syndicats patronats. Patrick Martin, le patron du MEDEF, qui déclare la semaine dernière être très inquiet de voir la CGT et la CFDT se politiser à outrance. Qu'est-ce que vous en dites
? – Ce
n
'est
pas nouveau. Franchement, dans le paysage syndical français, ce n'est pas la première fois que certaines, dont ces organisations,
prennent
des positions à l'occasion d'élections politiques. Ce n
'est
pas la première fois de voter pour un tel, même appeler à voter pour quelqu'un.
En
1981, par exemple, ils ont appelé à voter Mitterrand. Après, il y
a
eu un peu de recul. Là, ils sont, par rapport au Rassemblement national, c'est le choix de ces organisations. – Mais est-ce que ça jette une ombre suspecte sur la démocratie sociale ? C'est
ce
que dit Patrick Martin.
– C
'est chacun qui s'est responsable. Moi, mon organisation ne pratique pas comme ça, n'a jamais pratiqué comme ça, y compris dans les périodes difficiles, où on rappelle, par exemple,
toujours,
et là, ils le font encore, j'ai vu qu'on est contre le racisme, l'antisémitisme, la xénophobie. Pour autant, on ne donnera pas de consigne de vote.
–
Contre ou
pour…
Après,
on
a toujours considéré que le syndicat n'est pas un directeur de conscience.
–
Fabrice, sur la présidentielle. – Oui, absolument, sur la présidentielle. Vous êtes un homme engagé.
Vous
êtes un homme de gauche.
–
Moi, j'étais très longtemps au Parti socialiste, je ne le cache pas. Oui, j'y suis plus, mais… – Pourquoi ? – Parce que je ne me retrouvais plus… Avec la loi travail de 2016, je ne m'y suis plus retrouvé. – Oui, et c'est le cas de beaucoup de Français. – J'ai dit toujours, c'est comme d'autres le disent aussi, c'est le Parti socialiste qui m'a quitté. – C'est le Parti socialiste qui m'a quitté. – Pour vous, ça veut dire que cette loi, c'était sous le quinquennat de François Hollande, donc un président de gauche, ce n'était pas une loi de gauche ? C'est-à-dire que le PS n'était plus de gauche à ce moment-là ?
–
Non, une fois que cette loi est passée, on a pu avoir derrière, on nous a passé la loi de 2017, les ordonnances. S'il n'y
avait
pas eu la loi de 2016, ça ne serait pas passé. Je me souviens des discussions à l'époque avec François Hollande, on n'était pas d'accord. Non, non, c'est pas…
–
Mais ça veut dire qu'il n
'a
pas fait une politique sociale de gauche, François Hollande
?
– Pas là-dessus, pas sur cette loi-là, en tous les cas. Et on dit toujours El Khomri, ce
n
'est pas elle la responsable. Le responsable de cette loi, c'était Emmanuel Macron à l
'époque.
Ne l'oublions pas.
–
Revenons-en aujourd'hui. Est-ce que la gauche française a la personnalité politique nécessaire à être présente dans
l'élection présidentielle, voire la remporter
? – Écoutez,
pour le moment, moi, j'ai commencé à regarder… J'ai plus de mandat, donc je peux le dire. J'ai commencé à regarder l'autre fois à la télé. Je ne
suis pas allé jusqu
'au bout, hein, la primaire.
D
'abord, je considère que c'est une erreur de faire des primaires,
moi. Les
partis politiques font des primaires quand ils n'ont plus d'adhérents. C'est quand ils ont des adhérents. C'est les adhérents qui choisissent.
Moi,
je me souviens de l'époque où les débats dans le Parti socialiste, dans les sections du Parti socialiste, il y avait des votes, etc. Et à la fin,
il
y avait un choix fait par les adhérents. Quand vous n'avez plus d'adhérents, donc vous faites des primaires.
Et
je ne pense pas qu'on donne un beau spectacle, y compris aux citoyens, que ce soit les primaires de gauche, les primaires de droite, peu importe la primaire. Et
puis
là, en plus, les candidats…
– Mais juste,
dernière question, quelle personnalité aujourd'hui a votre préférence ? Qui vous avez envie de voir à l'Elysée
? –
Pour le moment, je ne le dirai pas pour qui je vote,
ça
ne regarde personne, mais pour le moment, je ne
sais
pas pour qui voter.
–
En tout cas, ce n
'est
pas Mélenchon.
–
Ah non.
Non, non, pas
d'extrême pour moi.
–
C'est l'extrême, Mélenchon
?
Pour vous, c'est
l'extrême
?
–
Ah ben, c'est un extrême, oui, c'est un extrême. – Merci Jean-Claude Mailly.
– Merci
beaucoup d'avoir été avec nous, la une du Dauphiné libéré sur ses mobilisations. Pourquoi ils seront dans la rue en Isère ? C'est à la une de votre journal,
Fabrice.
Merci beaucoup à Jean-Claude Mailly. Merci Fabrice, à la semaine prochaine. Et on va voir justement ce qui fait la une de nos quotidiens régionaux.
–
Stéphane, on va regarder ce qui fait la une de la presse régionale. On parlait de ses mobilisations à l'instant avec Jean-Claude Mailly et ça fait la une de nos quotidiens régionaux. – Oui, la colère s'affiche à la une de Sud-Ouest. Ce matin, le Dauphiné libéré dresse un portrait de l'automne social qui s'annonce. Les quotidiens ont ouvert leurs pages aux raisons de cette colère et de cette mobilisation pour le pouvoir d'achat et pour les services publics. Sud-Ouest a par exemple interrogé 75 lecteurs et parmi eux, 77% estiment que les services publics près de chez eux se dégradent, les services publics de santé étant ceux qui les affectent le plus.
Dans l'Union, les pages sont ouvertes à ses agents du service public. Sophie, 40 ans, infirmière depuis 18 ans au CHU de Reims, pose un constat amer. Si l'on tient tant d'années, c'est que nous avons la foi et rien à voir avec la visite du pape. Elle pointe notamment le manque de moyens et d'effectifs, cette infirmière.
À
la fin de la journée, on demande toujours qui peut rester, explique-t-elle, rester pour faire des heures supplémentaires parce qu'il y a toujours un absent qu'il faut remplacer. Des témoignages à retrouver dans les pages de l'Union. – Autre profession qui exprime sa colère, ce sont les pompiers. – Oui, les pompiers donnent le ton écrit à sa une Corse Matin. Pas question ici du niveau sonore des camions d'intervention, mais plutôt de l'exaspération de ceux qui ont été mobilisés sur les incendies tout l'été. Manifestation en Corse hier et aujourd'hui, des pompiers qui rejoindront les cortèges partout en France, Auriane.
–
Et mobilisation également en Gironde, particulièrement marquée par le méga-feu qui a touché le département. Il n'a été déclaré officiellement éteint qu'hier. 42 000 hectares sont partis en fumée, accentuant la colère des pompiers face au manque de moyens. Cécile Cixoux est allée à leur rencontre.
–
Les méga-feux au Porsche cet été ont marqué les paysages et ravagé les habitations.
Mais
ils ont aussi laissé des traces chez les pompiers de Gironde, lassés par des conditions de travail de plus en plus difficiles. Un ras-le-bol qu'affichent les soldats du feu de cette caserne dans le centre-ville de Bordeaux, où ils sont en grève depuis le 8 septembre, notamment pour dénoncer le manque d'effectifs, devenu un véritable casse-tête pour le responsable des plannings ce jour-là.
– La personne qu'on va mettre, elle va passer la nuit ici après. Donc ça va être une nuit de merde. – De toute façon, à un moment donné,
il
faut quelqu'un.
–
D'accord ?
–
Et c'est pour ça qu'il faut définir quelqu'un, parce que sinon, personne ne voudra s'y mettre. – Normalement, jusqu'à samedi,
ils
doivent trouver deux personnes.
–
J'ai fermé le chef.
–
Car en plus des feux de forêt à répétition, dont les opérations de secours quotidiennes sont de plus en plus nombreuses et les pompiers n'arrivent pas à suivre.
– Concrètement, on fait plus de missions, mais avec moins de personnel. D'accord ? Ou en utilisant, en sur-sollicitant les sapeurs-pompiers volontaires, pour qui ce n'est pas le métier, ce ne sont pas des employés. Donc forcément, ça a tendance à rallonger les délais de secours. Aujourd'hui, on a perdu quasiment, on a rallongé le délai de secours de plus de deux minutes par rapport aux dernières années.
Et
deux minutes, c'est des pourcentages énormes de chances de survie en moins pour les victimes.
–
Ces pompiers demandent aussi plus de moyens, notamment la réhabilitation de leurs locaux vétustes.
– Les toilettes de la caserne, donc pour les hommes, pour les femmes qui ont 60 ans, à l'âge de la caserne, qui n
'ont
jamais été réellement entretenues, les peintures qui s'écaillent, un minuscule jet d'eau pour nettoyer.
– Mais aussi un renouvellement du matériel.
– Un peu les propos sur un pare-chocs qui a vécu, sur une ambulance qui est assez vieille.
– On
est quand même obligés de fonctionner avec des ambulances qui, comme celle-là, ont 191 000 km au compteur pour aller sauver des vies. –
Pour répondre aux demandes des pompiers, le département de la Gironde, principal financeur avec les communes des services de secours et d'incendie, les SDIS, demande depuis 2022 et les méga-feux dans la région, l'augmentation de la taxe spéciale sur les conventions d'assurance.
– Nous
estimons que tout bien et toute personne sauvée évitent au régime assurantiel d'avoir à indemniser les conséquences des aléas climatiques. Et donc, à ce titre, il nous semble que la taxe spéciale sur les conventions d'assurance,
dont
nous percevons une partie pour les SDIS, devrait être revue au niveau de son assiette pour qu'elle soit plus
importante et qu'elle nous permette véritablement de doter les services d'incendie de secours des moyens humains et des moyens techniques nécessaires pour anticiper, préparer et évidemment agir au moment où les risques climatiques se produisent. – Mais pour le moment, le gouvernement n'a pas souhaité l'inscrire dans les projets de loi de finances. Les pompiers, à bout de souffle, après un été en enfer,
espèrent cette fois être entendus.
–
Et cette colère dont on parle peut-être renforcée par l'incompréhension devant les impôts fonciers à payer, Stéphane. – Oui, cette colère contre les impôts fonciers s'est racontée par le courrier Picard dans ses pages aujourd'hui. Témoignage de propriétaires mécontents devant la facture, devant la taxe foncière en Picardie. Mécontents du montant, mais surtout des services proposés en retour. Témoignage de Théo, 25 ans propriétaire, d'une maison mitoyenne. Il va devoir payer plus de 1 000 euros cette année contre 900 euros l'an dernier. Voilà ce qu'il dit.
Sacrée inflation quand même dans un village où c'est à nous de nettoyer nos rues, nos caniveaux et qu'il n'y a personne lors des inondations. – L'interruption volontaire de grossesse est inscrite dans la Constitution depuis deux ans, mais l'accès à l'avortement recule. – Oui, c'est une alerte qui est lancée par le Planning Familial qui a publié hier son baromètre annuel dont les résultats sont à la une de midi libre. Aujourd'hui, premier constat, 86% des Français soutiennent le droit à l'avortement, ce qui n'empêche pas tous les problèmes pointés du doigt par le Planning Familial, notamment les délais d'attente qui s'allongent par rapport à 2024.
Il y a aussi ce chiffre, une femme sur deux, 50% des femmes interrogées disent qu'un professionnel leur a refusé l'accompagnement pour leur IVG. C'était à peine 27% il y a deux ans.
L
'accès à l'avortement dans les départements ruraux est aussi plus difficile, nous dit le Planning Familial. Vous retrouverez l'analyse de tous ces chiffres dans les pages de midi libre. – Et puis on termine par les sénatoriales, puisque vous l'avez dit, 67 nouveaux sénateurs vont faire leur entrée. Il y a deux d'entre eux qui sont à la une du Béry républicain.
– Tout
à fait, les deux nouveaux sénateurs du Cher qui s'affiche à la une du Béry républicain. Vous avez Loïc Carverand à gauche, député
Horizon jusqu'à son élection dimanche soir en tant que sénateur, et Samir Rimini à droite, collaborateur du sénateur LR sortant et qui ne se représentait pas, Rémi Pointreau. Le quotidien, le Béry républicain, retrace leur parcours respectif. Loïc Carverand, qui décrit une assemblée intravaillable, c'est ce qu'il dit, quitte donc le Palais Bourbon neuf ans après y être rentré. Il était de ceux élu en 2017 par la vague macroniste avant d'adhérer à Horizon. Samir Rimini, lui, a travaillé pendant 13 ans ici au Sénat auprès de Rémi Pointreau avec un profil, je cite, d'expert des collectivités. Voilà ce que nous dit le Béry républicain.
Deux nouveaux sénateurs que vous retrouverez donc très certainement sur Public Sénat et peut-être même sur ce plateau, Auréane. –
Mais
on espère, on les invite à venir. On espère avoir des nouveaux sénateurs dans cette émission. Merci Stéphane, on se retrouve demain matin, nous ? – Avec plaisir. – Allez, très bonne journée, avec peut-être un nouveau sénateur du coup. Bonne journée Stéphane, place à notre débat. Léon XIV, peut-il sauver l'Europe
? –
Bonjour Anjeni. – Bonjour. Et le pape Léon XIV qui a donc achevé son voyage de quatre jours en France hier par un discours très politique prononcé à Metz, discours au cours duquel il a livré un plaidoyer en faveur de l'Europe. On va en parler avec nos invités. Bonjour Fabienne Keller.
–
Bonjour. – Ravi de vous retrouver sur ce plateau, députée européenne Renaissance. Bonjour Andréa Gautarac. Merci également d'être avec nous, porte-parole du Rassemblement National et de Marine Le Pen. Et bonjour Jean-Dominique Juliani. – Merci d'être là, président de la Fondation Robert Schumann. Le pape qui, vous allez le voir, fait la une de vos quotidiens régionaux ce matin, notamment du côté de chez vous. Fabienne Keller en Alsace. L'Alsace, le pape prêche pour une Europe de la paix. Les dernières nouvelles d'Alsace à Metz. Le pape clame sa foi en Europe. Et puis l'Est républicain, Metz, en communion avec le pape Léon XIV. Et avant d'en parler, on va justement aller du côté de Metz.
Dernière étape donc de cette visite du pape. Bonjour Hervé Baudiot. Merci beaucoup d'être avec nous. Responsable du service reportage région Lorraine aux Républicains Lorrains. Hervé, cette visite à Metz avait une dimension politique très importante. Le choix même de la ville de Metz avait un sens.
– Oui,
bonjour Ariane. –
Alors
oui, c'était avant tout sans doute une journée historique. On n
'a
pas accueilli de pape depuis Jean-Paul II en 1988. D'ailleurs, la ferveur que la ville a manifestée
a
été à la hauteur de l'événement, même si l'influence a peut-être été un peu moins importante qu'escomptée. Mais c'était effectivement surtout une journée très politique et c'était finalement assez attendu puisque l'intitulé du discours qu'a prononcé Léon XIV hier avait été dévoilé de longue date aux racines de l'Europe pour la paix et l'unité. Il essaie d'en revoir assez largement la teneur du propos. Et en fait, c'est effectivement un plaidoyer pour la paix que Léon XIV est venu délivrer à Metz en appuyant son propos sur l'exemple qu'a offert l'Europe au monde à travers la réconciliation franco-allemande
et
bien devenue pierre angulaire de l'Union.
Et
là, je reprends les mots du président de la République, Emmanuel Macron, qui a lui-même souligné cette dimension avec force à la faveur de sa prise de parole hier. Alors, ce n
'est
évidemment pas un hasard si
le
discours a été prononcé de Piumesse, père d'élection de Robert Schumann, l'un des pères fondateurs de l'Europe politique, né au Grand-Duché de Luxembourg, à deux pas de la Moselle, qui a étudié le droit en Allemagne et qui fut donc
très
longtemps un élu du département à l'Assemblée nationale,
notamment un
territoire symbolique à ce titre, mais pas seulement, parce que la Moselle est aussi partie de ces territoires qui ont été en première ligne durant trois guerres entre 1870
et
1945 et marquée comme l'Alsace
par
les annexions.
C
'est justement parce que ce territoire a été marqué aux brûlures de l'histoire et que ces brûlures ont façonné la Moselle
et
qu'il est emblématique de ce que la volonté des hommes est capable de produire après que leur folie a largement détruit. C'est ainsi, je pense, qu'on peut interpréter le propos de Léon XIV hier, ce n'ayez pas peur qu'il a adressé au cours de son discours politique,
des
décennies après ne n'ayez pas peur
de
Jean-Paul II, il est venu dire ici qu'il ne fallait pas avoir peur de la dire et qu'à force de travail, malgré les périls, eh bien il existe toujours une voie pour la paix. Ce message qu'il est venu porter à Messe et qu'il a adressé aussi, et peut-être avant tout finalement, à nos dirigeants, les enjoignants avant tout, au courage politique, à sortir de la spirale, a-t-il dit, du mensonge et de la tromperie dans le domaine du dialogue international. Ce plaidoyer, Léon XIV, l'avait d'ailleurs déjà initié un peu plus tôt dans la matinée en lançant également un appel à poursuivre, c'est une autre dimension, le dialogue interreligieux,
à
former la jeunesse à la connaissance des différentes traditions
et
à se tenir ensemble dans l'adversité pour construire
un
monde de justice et de paix. Donc on voit effectivement une journée aux dimensions politiques, et là j'en parle pluriel à dessein, très très marquée.
Merci Hervé, merci beaucoup d'avoir été avec nous, la une du républicain, Laurent le pape, apôtre de la paix à Metz. On va évidemment revenir sur ce discours, mais d'abord un mot puisqu'il y avait une dimension politique évidemment dans cette dernière journée du pape et notamment avec la présence d'Emmanuel Macron qui est venu à Metz écouter le discours le matin mais également assister à la Metz alors qu'il avait refusé d'aller à la Concorde. Pourquoi ce revirement,
Fabienne Keller ? Alors
à Metz, on est en terre concordataire que je connais bien, c'est comme à Strasbourg, en Alsace-Moselle, on est encore sous les lois napoléoniennes, donc il y a des relations organisées entre la République et les cultes et c'est vrai que le pape a souhaité rencontrer tous les représentants des cultes, on en a vu des images, soulignant l'importance de la Concorde, enfin du travail ensemble dans un monde multiculturel, a-t-il dit.
Le président Macron était présent au moment de son discours, il était présent à la Metz, voilà pour nous c'est naturel en fait, dans le Grand Est et je crois qu'il était heureux de pouvoir accompagner le souverain pontife dans l'ensemble de sa présence en France qui a été tellement rayonnante, qui a généré tellement de ferveur pour tous les Français, qu'ils soient catholiques ou non. Je pense que son message aussi de paix va bien au-delà des questions de culte, il s'est beaucoup appuyé sur l'image de Robert Schumann, dont il a rappelé le parcours et la démarche, mais il a aussi rappelé toute l'histoire de l'Europe,
nous
enjoignant à
réfléchir à l'avenir. On va en parler pour les gens. Fabienne
Keller,
mais
juste Andréa Cotarac, est-ce que pour vous la présence d'Emmanuel Macron hier, elle était naturelle, comme le dit Fabienne
Keller ?
Naturelle, je ne sais pas, c'est le libre choix du président de la République et ça ne me dérange absolument pas qu'il ait été présent pour accueillir à la fois un chef d'État mais aussi un chef religieux et je pense qu'au-delà de la communauté catholique de France, moi-même je ne suis pas de confession catholique, je pense que les Français ont pu être fiers, fiers d'avoir pu accueillir le pape, fiers d'avoir été à la hauteur de l'événement dans tous les domaines, à la fois la bienveillance, à chaque coin de rue de Paris, il y avait une bienveillance des gens, il y avait une profondeur spirituelle d'une part et aussi saluer l'ensemble des services de sécurité qui, je dois l'avouer, ont fait aussi un travail extraordinaire.
La France peut être fière d'avoir été à la hauteur de cet événement et je pense que chaque Français individuellement, puisqu'on a un peuple hautement politisé, pourra réfléchir non pas au discours religieux mais au message politique qu'a eu le pape et je pense qu
'on
va en discuter. Bien sûr, on va en discuter. Vous étiez hier aux côtés du chef de l'État, Jean-Dominique Dullany, le chef de l'État qui au moment de raccompagner le pape à l'aéroport a dit « On est triste de pouvoir partir mais on est heureux que tout se soit bien passé ». Un mot peut-être sur ce qui s'est passé hier matin parce qu'Emmanuel Macron souhaitait que ce soit un grand moment européen. Il avait notamment invité ses homologues, les dirigeants européens et finalement, ils ne sont pas venus à ce que... Là, il y a quand même un échec. Pourquoi ça n'a pas marché
?
Écoutez, il y avait des représentants de plusieurs pays européens
mais
en réalité, c'était quand même un hommage à la France européenne. Et donc, je pense que c'est une raison pour lesquelles, par exemple, le chancelier allemand ou d'autres n'ont pas trouvé le temps
de
venir.
C
'était quand même un moment
très
français, très européen. Le pape l'a dit comme ça en partant. J'étais à la cérémonie de départ et il a remercié le président et au-delà tous les Français
en
disant « C'est un message à la France
».
Et donc, j'ai été très frappé de ça.
C
'est un message à la France européenne, à Robert Schuman,
dont
on avait mis l'image, etc., et dont on a loué le parcours européen.
Et
s'il
y
a un dirigeant européen à qui, quelle que soit la politique, on ne peut pas reprocher
la
tièdeur de ses sentiments européens, c'est bien Emmanuel Macron.
Et
il a eu droit à un entretien privé avec le pape, je n'étais pas très loin, je peux vous dire, où le pape a exprimé sa satisfaction de voir que ce discours européen était tenu
dans
des enceintes politiques. Et c'était très émouvant de ce point de vue-là parce que là, on n'est plus dans le religieux, on est déjà dans la vie publique
et
donc, il n
'y
avait pas motif pour la plupart des chefs d'État et de gouvernement à venir célébrer la France européenne.
–
Pourquoi ? La symbolique aurait été encore plus
forte ? – C'est dommage, mais si vous voulez, ça n'a choqué personne sur le moment. Et en tout cas, à Metz, où on a l'habitude, il n'y
a
plus de frontières. Donc, il y avait des représentants des diocèses au-delà de la frontière de Belgique, d'Allemagne, du Luxembourg, etc. Donc, franchement, non, il n'y
a
pas matière à en faire des histoires.
–
Et la symbolique, Robert Schumann, elle était importante
hier ?
– Elle était importante,
si
vous voulez. Elle résonne un peu avec Emmanuel Macron. Moi, je ne veux pas faire de politique, je n'en fais pas, mais
l
'engagement européen, c'est politiquement… Si vous voulez, Robert Schumann était élu du bassin Lorrain, n'est
-ce
pas, où le baron de Vendel possédait tout, les journaux, la maison, etc. Et le jour où il a prononcé son discours, il est devenu un traître à la patrie pour les grands industriels de la région. donc il a eu la presse contre lui, il a eu tous les réseaux d'influence contre lui et c'est l'opinion qu'il a plébiscité, qui a plébiscité sa démarche européenne. Et donc, voilà, ça fait réfléchir, y compris chez nous, n'est-ce pas, où j'espère que dans la campagne présidentielle, on ne va pas recommencer les vieux débats pour ou contre l'Europe. Les citoyens l'ont acheté, on peut vouloir changer l'Europe, changeons d'abord notre pays, n'est-ce pas, et après, on verra ce qu'on peut faire.
En tout cas, le message de paix est venu conforter cette démarche d'une France européenne.
Ce choix de Robert Schumann, d'un hommage à Robert Schumann, vous le comprenez, Andréa Cotarec, Robert Schumann qui a été même déclaré vénérable par le pape François il y a
quelques
années. Tout cela vient d'être expliqué, alors c
'est
la France européenne, certes, c'est surtout l'Europe de la paix
dont
a parlé le pape. Et je pense que dans les consciences de chacun, dans les histoires familiales de chacun, on sait que ce continent européen a créé le pire à deux reprises. La première guerre mondiale qui a été une boucherie
sur
Verdun, y compris sur les territoires que vous évoquiez. La seconde guerre mondiale qui a été d'une ampleur absolument folle. Et on voit
le
retour de la guerre dès le début des années 90 en ex-Yougoslavie et aujourd'hui avec un pic de boucherie en Ukraine. C'est pour ça que ce discours de la paix résonne en chaque français parce que je suis convaincu que notre peuple déteste la guerre. Notre peuple souhaite le respect des frontières. Notre peuple souhaite une Europe de la paix. Et donc, pour moi, ça résonne en tant que porte-parole y compris de Marine Le Pen qui, dès l'agression russe en Ukraine, a demandé à ce qu'on arrête les combats par une conférence pour la paix. Le pape a également parlé de dialogue
«
Confortons le dialogue, n'ayons pas peur de l'autre, essayons de discuter et de régler les problèmes autour d'une table en cessant les combats et en cessant le sang qui aujourd'hui coule en Ukraine. »
Je
vous rappelle quand même que depuis le début de la guerre, on a 2 millions de victimes mortes ou blessées, 2 millions en Europe entre deux peuples que sont les Russes et les Ukrainiens. Donc, l'Europe de la paix, ça résonne. Et au-delà de Schumann, au-delà de l'Europe, la paix résonne évidemment puisqu'on a aujourd'hui un monde en ébullition, on a un détroit d'Hormuz qui est bloqué, on a le détroit de Babel-Mandeb qui est instable, il faut le dire, on a des chaînes d'approvisionnement qui ne sont pas sécurisées, qui ne sont plus assurées et on a une Europe qui décline parce que le coût de l'énergie est extrêmement cher et donc on va droit vers la catastrophe.
Donc la paix, c'est à mon avis la base de tout et les conséquences seront heureuses pour nous si nous arrivons à atteindre ce but. Je voudrais revenir à la journée d'hier et les quatre jours du pape en
France. Pardon
sur ce qu'il vient de dire, conférence pour la paix par exemple, juste précision, conférence pour la paix pour l'Ukraine, ça veut dire quoi ? On dialogue avec Vladimir Poutine ? Mais la diplomatie est faite pour discuter avec des gens qu'on n'aime pas et je pense qu'il ne faut pas simplement des pays européens, il faut ajouter aussi la Turquie qui a un rôle important,
il
faut ajouter d'autres pays mais l'objectif principal c'est la paix. Alors vous pouvez toujours parler du planning des quatre jours mais là j'essaye un petit peu de parler du message du pape et je
pense que c'est ça
la
profondeur du pont. Vous m'avez coupé, je ne suis pas arrivée. Je vous en prie.
Allez au bout de ma phrase, merci. Je voudrais dire que le pape nous invite à prendre du recul. Il a parlé de cette Europe millénaire qui souvent a connu des guerres fratricides. Il a parlé de Robert Schumann à plusieurs reprises hier y faisant référence. Il a souligné cette phrase de Schumann l'importance des petits pas créant une solidarité de fait. C'est là-dessus que s'appuie la possibilité d'un dialogue entre les peuples. C'est aussi parce qu'on vit ensemble, on partage des choses, on se respecte à plusieurs reprises. Il a souligné l'importance du respect de la diversité.
Il a souligné combien le modèle européen dans le monde d'aujourd'hui beaucoup plus multiculturel pouvait être renouvelé pour construire les possibilités d'un dialogue qui amenait à la paix. Donc il nous invite à... Il ne nous donne pas le détail pratique. Il nous invite à nous inspirer de ce courage inouï que rappelait Jean-Dominique Giuliani au moment de la création de la CECA de Robert Schumann et à le réinitialiser, enfin le réinventer aujourd'hui pour construire une paix dans le monde. Mais il avait évoqué notamment à l'Élysée le problème des empires
qui
veulent gagner par agression. Donc il est aussi réaliste dans la réalité extrêmement violente du monde d'aujourd'hui. Mais il nous donne une forme de responsabilité très lourde qui est d'être en capacité de construire la paix dans le dialogue et le respect mutuel. C'est quand même unique. C'est bien ce que l'Europe porte. Et si je peux me permettre, c'est ce que le Canada nous a transmis comme signal quand ils ont souhaité s'appuyer sur nous pour pouvoir maintenir leur modèle démocratique. Donc je crois que loin de... Voilà, il ne faut pas vouloir l'amener à commenter les événements récents. Il faut voir et je pense qu'on va lire et relire ces textes.
Il nous appelle à nous inspirer de l'humanité. Et on va l'écouter. On va écouter un extrait de son discours d'hier justement sur cette question de la guerre et de la paix.
Aujourd
'hui, malheureusement, la guerre a refait surface même en Europe
où
le nouveau massacre est inutile
qui
fait chaque jour des numérables victimes
civiles. Et
aujourd'hui encore,
comme
en 1950,
les
paroles contenues dans la déclaration de Schumann restent d'actualité.
La
contribution qu'une Europe organisée et vivante peut apporter à la civilisation est indispensable au maintien des relations pacifiques.
Il
est nécessaire de s'engager dans un dialogue patient,
de
faire preuve du courage dans la négociation
et
d'être prête à sacrifier certaines positions pour le bien supérieur de la paix.
Comment on comprend cette phrase et notamment la dernière phrase, Jean-Dominique Giuliani
? Quand il
dit prêt à sacrifier certaines positions,
ça ne veut pas croire.
Non, ça n
'a
rien à voir avec l'Ukraine parce que plus loin dans le discours, il dit aussi qu'il faut résister aux empires.
Absolument.
N
'est-ce pas ? Et que donc, il incite l'Europe à être promotrice de paix. Personne
n
'aime la guerre. N'est-ce pas ? Aucun peuple n'aime la guerre sauf peut-être
les
dictatures ou les dictateurs.
Et
donc, il incite aussi à résister aux dictateurs.
Et
donc, je rapproche ça de Benoît XVI qui, lui, avait été engagé de force dans la Wehrmacht
et
qui a expliqué qu'il
y a
un moment où le chrétien doit résister. Si je peux me permettre un petit amendement par rapport à ce que vous avez dit, le pape, c'est le contraire de la frontière.
C
'est le contraire du repli sur soi. Son message européen, c'est l'accueil des réfugiés. Il était à Lampedusa pendant que le président américain si bizarre faisait Cécile Maclet habituel. Il l'a redit hier, c'est le contraire de la frontière.
L
'Europe, c'est l'accueil, c'est un message d'avenir et ce n
'est
pas du tout un message du passé
ou un
message de repudie.
Et
ça, c'est très important.
–
Non, simplement,
vous ne
pouvez pas dire qu'il faut résister aux empires, aux agressions.
Je
pense à Poutine en Ukraine, je pense à Donald Trump en Iran qui a manifestement violé la souveraineté, violé la frontière, violé la paix qui existait et dire la frontière n'existe pas. Non, la frontière, c'est justement le thermomètre qui permet de voir si un empire agresse ou pas. Ça,
c
'est le premier point. Et deuxième point, si on n
'a
pas compris dans ce discours
que
le pape parlait de la guerre actuelle et non pas de la communauté européenne, du charbon et de l'acier qui, elle aussi, parlait de la paix puisque le charbon et l'acier sont les deux matières premières pour faire la paix. Si vous n'avez pas compris qu'il parlait de l'Europe, si vous n'avez pas compris qu'il parlait justement de nombreuses victimes dont il parle également, si vous n'avez pas compris quand il explique que la guerre ressurgit en Europe
et
que ça ne correspond pas à l'Ukraine, je pense que vous n'avez pas compris on va dire les frontières pour le coup du discours du pape. Par ailleurs, et si je peux me permettre simplement, moi je suis, je réfléchis au discours du pape mais nous ne sommes pas dans une théocratie.
C
'est-à-dire que quand il parle de paix, je me reconnais à 100% et ça m'invite à réfléchir à la fois sur moi-même, sur ce que je peux dire, sur les idées qu'on peut porter. Mais de la même manière, on peut avoir des désaccords et en matière de migrants et d'humanisme, pour moi l'humanisme c'est justement de permettre aux personnes dites migrantes de vivre dignement au sein de leur pays, au sein de leur famille et d'ailleurs Médecins Sans Frontières l'expliquent eux-mêmes dans un appel, on ne veut pas vider l'Afrique des médecins. Un
médecin malien est plus utile au Mali qu'en France. Donc vous voyez, l'humanisme peut être aussi interprété de différentes manières. Fabienne
Keller
pour répondre sur la partie sur la guerre.
Moi je vous propose d'être plus humble et je pense que ce discours est tellement riche et tellement précis dans ces mots
qu
'il ne faut pas l'instrumentaliser comme vous venez de le
faire. M. Guiliani vient
d'expliquer, de rapprocher ces mots sur les morts, même aux frontières de l'Europe, de la lutte contre les empires qu'a évoqué le pape également, je crois que c'était à l'Élysée, de l'importance de résister, mission qu'il confie à l'Europe. Et sur la question des frontières, il a souligné à un moment combien Schumann, vous l'avez rappelé, qui a été né au Luxembourg, qui a vécu en Allemagne puis qui a été député très longtemps français, ministre, comme Alcide de Gasperi, un autre grand Européen italien qui était né aussi dans une zone frontalière. Comment
ce
vécu frontalier les avait conduits à cette idée de se respecter et de partager à l'époque le charbon et l'acier, l'élément centraux de la reconstruction qui a donné naissance à la communauté puis à l'Union Européenne.
Mais juste, il a indiqué...
Vous, quand il dit il faut être prêt à sacrifier certaines positions, comme Jean-Dominique Giuliani, vous ne l'avez pas compris, il parle de l'Ukraine ? Pas forcément, non, parce que c'est instrumentalisé à un discours. Là où il parle, il est pape, il est
autorité
pour le monde entier et des conflits dans le monde.
Il
y en a
dans beaucoup
de territoires et donc sa phrase s'appliquait plus largement à l'ensemble des conflits qui existent, je ne
sais
pas, sur le continent africain, sur le continent sud-américain, enfin il y
en
a beaucoup dans le monde.
Donc ce n'était pas spécifique à l'Ukraine pour vous
? Non, et il faut le rapprocher de cette demande de résister aux empires et aux dictatures qu'il a évoquées par ailleurs, soulignant l'importance de notre démocratie à d'autres moments de son discours. Sur combattre le mensonge et la tromperie. Exactement, et l'importance de la capacité de dialogue et de respect de l'autre. Donc je pense qu'il faut lier l'ensemble de ces éléments mais il n'a pas envahi le champ des responsables politiques, il a donné des guides appelant au dialogue, à la responsabilité, à l'image de Schumann à l'époque pour avoir le meilleur en fait de chaque parti. Dans l'Union Européenne, nous sommes en dialogue, en respect.
Il a évoqué plusieurs fois l'état de droit, c'est-à-dire l'indépendance de la justice, de la presse, cet état de droit qui n'existe plus à l'exception de l'Union Européenne, du Canada et de quelques autres territoires comme l'Australie, qui n'existe plus dans le monde, qui n'existe pas du tout en Russie. Donc on est bien dans un respect des fondamentaux de l'Union Européenne, je pense en particulier à la Convention Européenne des Droits de l'Homme qu'il a citée explicitement à l'Élysée. Andréa Cotarac,
je
voudrais vous faire agir à la phrase d'Emmanuel Macron. Hier, l'Europe doit retrouver le courage de ses fondateurs, le courage pour ne pas céder au repli à la haine de l'autre au retour des nationalismes qui
divisent. Non
mais je crois que l'Europe qui se replie, c'est l'Europe d'Emmanuel Macron. Oh non ! Madame, excusez-moi, je ne
vous
coupe pas la parole. Non mais allez-y,
c'est un débat en réalité. Vous avez expliqué qu'il ne
fallait pas défoncer le discours du pape ou se manipuler, etc. et d'être précis. Vous n'avez pas été capable de placer le détroit d'Hormon sur une carte, Madame. Donc si vous voulez, en termes de précision, je pourrais également vous attaquer de la sorte, je ne le fais pas. L
'injure est
votre levier pour répondre à
la question
posée. Non,
justement,
je ne le fais pas.
Donc
sur
le retour des nationalismes,
si on ne me coupe pas la parole d'une part et d'autre, vraiment je m'exprimerai dans la paix, la stabilité, il
n'y a
pas de souci. Le pape explique qu'il faut le courage de la négociation. Le courage de la négociation, le courage d'aller chercher la paix. Dites-moi, où est aujourd'hui le dialogue à la fois entre Donald Trump qui refuse le dialogue face à l'Iran qui a été tendu à l'ONU. Dites-moi, où est le dialogue entre Emmanuel Macron et aujourd'hui la guerre en Ukraine ? Où est le dialogue ? Il faut avoir le courage du dialogue. Et moi, je vais vous dire une chose,
il
faut pouvoir se remettre en question. On fait tous des erreurs. Et quand Mme Keller dit à l'instant « L'Union européenne, c'est la démocratie et les dictatures n'en ont pas », je pense qu'il faut être plus
humble. – L'État de droit. – Non, non, la démocratie.
–
L
'État de droit. – Vous avez dit « démocratie ». – C'était après, c'était après. – La démocratie, ça doit aussi faire réfléchir certains responsables de l'Union européenne. Lorsque les Français votent non au traité pour une constitution européenne et qu'on leur dit « Si, si, les Français ont voté oui à travers le traité de Lisbonne », on peut se poser et se remettre en question en matière de démocratie. On peut se poser des questions en matière de transparence. On sait les affaires de Mme von der Leyen avec les vaccins et les commandes de vaccins.
On peut se poser la question de la démocratie sur le Mercosur quand l'Assemblée nationale vote contre le Mercosur qui noie nos agriculteurs à la quasi-unanimité, quand le Parlement européen vote contre et suspend le Mercosur et que Mme von der Leyen dit «
Si,
on va l'appliquer en force », on peut éventuellement, Mme Keller, dans votre bord, se remettre en question sur qu'est-ce que c'est que respecter les peuples, qu'est
-ce
que c'est que la démocratie, qu'est
-ce
que c'est que la transparence. Je pense que vous devriez vous inspirer du pape plutôt que d'attaquer les autres de manière
gratuite. – Alors,
vous vous inspirez de la Russie. – Calmez-vous, madame. – On vient de voir…
–
Je veux dire…
–
Andréa Cotard. –
Le
ton est quand même, je trouve, qui
est
une agressivité.
–
Encore une fois, c'est un débat, elle vous répond,
vous avez exprimé
vos positions. Allez-y, Fabien. –
S'en prie,
madame.
–
La Russie vient de connaître des élections, c'est votre modèle. Le groupe auquel appartiennent vos députés européens soutiennent la Russie de… – Vous dites
non. – En complicité
avec le pape.
–
Le pape, c
'est
avec le pape, au moment.
–
Monsieur Orban.
– Non,
franchement.
– Ils
viennent de nous donner…
C
'est incroyable ce qui s'est passé, vous avez vu, une élection totalement contrôlée, comme d'ailleurs…
– Mais qui a validé cette élection,
madame ? Vous dites n
'importe quoi. –
Non mais je ne peux pas débattre sur la base de mensonges. Jamais la Russie n'a été notre modèle. Jamais on a validé cette élection. De quoi vous parlez,
madame ? – Mais
c'est
là, elle est juste pour vous, on va dire que vous lui répondrez et enfin on va faire réagir Jean-Dominique
Julen.
– Vous jugez. – Nous
venons de vivre une élection en Russie, nous voyons, là, entre guillemets démocratie, pratiquée par M. Poutine, une élection contrôlée. D'ailleurs, la Russie ne se gêne pas d'essayer de contrôler d'autres élections en Europe, récemment encore en Moldavie et dans d'autres pays. Nos collègues européens nous en parlent beaucoup. Mais franchement, nous revenons de Metz, de Paris, avec un pape qui nous renvoie à des responsabilités historiques. l'Union européenne est à la croisée des chemins. Beaucoup de pays, grands pays européens ont des élections l'année prochaine. La Pologne, l'Espagne, l'Italie, la France.
Il nous demande de réfléchir à l'avenir de l'Europe dans une réalité qui a changé, mais de trouver l'inspiration dans le parcours et les choix tellement fondateurs de Robert Schumann qui était très isolé comme Jean-Dominique Giuliani l'a rappelé tout à l'heure.
Il
nous a rappelé la force aussi culturelle, intellectuelle depuis plus d'un millénaire de cette Europe qui s'est progressivement constituée du point de vue artistique, géographique, mais aussi par les conflits. Et il nous propose de réfléchir à comment rester ce modèle dans le monde par le dialogue, par le respect des droits de l'homme, par puisant dans notre histoire aussi la force de faire face aux nouveaux défis. Et il prend des positions très claires, par exemple, sur l'intelligence artificielle où il nous trace d'ailleurs la voie. L'Europe y travaille déjà à contrôler cette nouvelle technique scientifique, mais il nous invite à aller plus loin.
Donc il nous pose aussi des exigences très respectueuses des êtres humains. Enfin, sur la migration, il nous invite à respecter chacun, chacun dans son humanité. Et ça,
c
'est quelque chose de très fort et qui renvoie aussi à son engagement de pape des chrétiens et des catholiques. Jean-Dominique Giuliani. J
'ai
peut-être moins politique, mais moi, j'ai compris l'appel au dialogue
et
au compromis, pas à l'égard de la Russie. Je pense que c'est l'appel
au dialogue
au sein de l'Union européenne, apprendre à faire des compromis en Europe. Et là, ça revient, c'est difficile,
n
'est
-ce
pas ? Et quand il cite l'Europe comme exemple dans le monde, il se tourne vers l'avenir, pas vers le passé. Il a évité les polémiques sur les racines chrétiennes en disant qu'on avait un message européen
et
donc on doit être fier d'être européen.
Et
donc, vous évoquiez le discours d'Emmanuel Macron qui était tout à fait remarquable sur le nationalisme.
Ça
me rappelle cette phrase de Romain Garry
dont
j'aimerais que nos candidats à la présidentielle s'inspirent tous.
Le
patriotisme, c'est l'amour de son pays. Le nationalisme, c'est la haine de celui des autres. Et donc, si on a des discours de repli, des discours nationalistes, eh bien, on n'est pas fier d'être européen.
Et
le message du pape, c'était soyez fier d'être européen.
Et l'Europe avait besoin de ça
?
Mais bien
sûr,
mais bien sûr, regardez, aujourd
'hui... Ça ne va
plus de soi aujourd'hui ?
Il y avait
besoin de ce message du
pape ? Moi, je ne
suis
pas un politique, mais quand je me tourne aujourd'hui, je vois les grèves, les pompiers, les machins, les trucs, tout le monde se replie sur son petit truc sans regarder ce qui se passe dans le monde, les morts, sans regarder le message intellectuel, spirituel aussi. Pourquoi on a eu un pape avec une visite aussi extraordinaire ? Parce que pour une fois, il parlait d'ailleurs, pas de la sphère politique, avec un contenu qui nous élève.
Et
donc, je pense que c'est un message pour nous tous.
Merci. Merci beaucoup. Merci
à
tous les trois pour ce débat. Merci à tous de nous avoir suivis. Très bonne journée. On se retrouve demain.
Public
Sénat, en partenariat avec la presse régionale, vous a proposé Bonjour Chez Vous. Retrouvez l'intégralité de nos podcasts sur la plateforme Public Sénat.
Sophie Primas