Marine Le Pen à Rome, le discours en intégralité
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« Sans changement de cap, ce n'est pas un grand redressement qui nous attend, mais un grand effacement de l'Europe et ce serait une tragédie historique. »
- 6:12Invité politiqueFait
« Il suffit pour cela de regarder autour de nous. Les États-Unis, bien sûr sont l'exemple le plus frappant de cette nouvelle donne depuis une dizaine d'années. »
- 6:54Invité politiqueChiffre
« Près de 400 milliards de dollars investis dans l'industrie américaine et notamment dans les microprocesseurs et les batteries. »
- 8:56Invité politiqueFait
« Le drame actuel de l'Europe, c'est que la Commission et les partis historiques considèrent une fois de plus cette nouvelle donne comme une parenthèse. »
- 11:00Invité politiqueFait
« En réalité, la Commission européenne profite de chaque crise pour arracher aux nations des compétences que les traités lui ont refusé. »
- 11:42Invité politiqueFait
« La crise des migrants lui a permis de s'attribuer la compétence migratoire qu'elle dénie maintenant aux nations par l'intermédiaire du pacte européen sur l'asile et les migrations. »
- 14:13Invité politiqueFait
« Aujourd'hui, l'Union européenne organise ou au mieux se contente de de soutenir le déploiement d'entrave au fonctionnement démocratique des nations. »
- 14:56Invité politiqueFait
« Cette commission est explicitement chargée de lutter contre les campagnes d'information de pays tiers malveillants, y compris par l'intermédiaire d'acteurs et d'organisations nationaux de l'Union qui nuisent aux objectifs de l'Union. »
- 17:05Invité politiqueFait
« Cette réalité, chers amis, chers Matthéo, vous la connaissez, je crois, particulièrement bien. »
- 17:46Invité politiqueFait
« J'y vois un formidable rappel de l'intelligence et de la force des peuples et de leur aspiration à la liberté de choix. »
Temps de parole
- Marine Le Pen100 %
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Chers amis de la ligue, cher Matthéo, alors c'est comme toujours un honneur et une joie immense d'être parmi vous aujourd'hui en Italie, une nation à laquelle la France est unie par tant de liens historiques, patrimoniaux et nous en faisons encore la preuve aujourd'hui politique. C'est lien particuliers entre nous, cette fraternité franco-italienne, vous le savez chers amis, cher Matthéo, je les chéris depuis de nombreuses années car ils font partie des raisons qui nous rappellent dans la dureté de la vie politique pourquoi nous nous battons et surtout pourquoi nous avons fait le choix de mener nos combats ensemble.
Merci donc de m'avoir donné l'occasion de rappeler ce lien entre nos deux nations devant vous aujourd'hui et cela d'autant plus que nous vivons justement une période de transformation profonde des relations internationales. Pour vous comme pour nous cette transformation n'est pas une surprise, c'est même tout le contraire. Elle matérialise ce que nous annonçons depuis des années. Elle incarne ce à quoi, par notre travail, par nos prises de position, par notre action politique, nous entendons préparer les nations et les peuples d'Europe.
Cette grande transformation, je la résume en une phrase, la fin de la mondialisation, la fin de la globalisation et avec elle le grand retour des politiques nationales. Le retour des politiques nationales de souveraineté et de puissance. Vous vous rappelez sans doute, chers amis, comment la première élection de Donald Trump en 2016 avait été reçu par les partis historiques européens. D'abord par l'incrédulité, ensuite par le sarcasme, puis enfin par un grand soupir de soulagement lorsque Joe Biden fut élu en 2020. Comme si une parenthèse, un simple accident venait de prendre fin alors que la vraie parenthèse ce n'était pas le mandat de Trump mais celui de Biden.
Vous le savez, je n'ai jamais cru à ce récit totalement biaisé qui reflète selon moi le déniquel se réfugie les partis historiques européens face à cette nouvelle donne. En faisant cela, il commettent une faute morale, sans doute effrayé par les choix démocratiques que pourraient faire les électeurs s'il prenait pleinement conscience du nouvel ordre international qui est en train d'émerger sous nos yeux. Ils en relativisent la portée mais ils commettent aussi une faute stratégique gravissime car en ayant le réel, il retard les décisions majeures que nous nations européennes devons prendre pour maintenir notre rang au sein de ces nouveaux équilibres mondiaux.
Et la conséquence de cette double faute morale et stratégique, ce sont les précieuses années que nous perdons pour engager ce grand redressement européen. Sans changement de cap, ce n'est pas un grand redressement qui nous attend, mais un grand effacement de l'Europe et ce serait une tragédie historique. à l'unisson de nos alliés européens. Non seulement nous sommes conscients de ce basculement, mais nous le percevons pas comme une menace. Pour nous, c'est d'abord un immense défi, le défi de notre génération. Et c'est aussi l'opportunité d'une véritable renaissance démocratique et économique à l'échelle du continent européen.
Voilà une œuvre chers amis devant laquelle nous devons ressentir à la fois modestie mais aussi et surtout beaucoup d'espoir et d'enthousiasme. Le retour des politiques de puissance et de souveraineté dans le monde entier appelle en Europe le réveil des bâtisseurs, des créateurs et des ambitieux. Et Dieu sait s'ils sont nombreux dans cette salle aujourd'hui. Oui, nous devons aujourd'hui totalement repenser le logiciel qui régissait hier encore les relations internationales. C'est à nous que revient cette immense mission et c'est en nous que des centaines de millions d'Européens aujourd'hui placentur espoir pour l'amener à bien.
S'il est un domaine où ce bouleversement est perceptible, c'est bien celui des politiques industrielles et commerciales. Depuis 30 ans, nous observons la multiplication d'accords de libre échange fondé sur un seul et unique critère, l'optimisation des coûts au détriment des souverainetés, mais aussi des modèles sociaux des pays les plus avancés. C'est pour cela que tant de ces dirigeants historiques ont accepté voir salué avec une naïveté coupable les délocalisations massives d'usine vers des pays à Bakou depuis des décennies.
Là où nous percevions des pertes inacceptables de souveraineté, il ne voyent quant à eux qu'une banale mondialisation des chaînes de valeur régies par des accords commerciaux et des discussions multilatérales apaisées. Ils se sont lourdement trompés. Aujourd'hui, forcé de constater que ce paradigme appartient au passé. Il suffit pour cela de regarder autour de nous. Les États-Unis, bien sûr sont l'exemple le plus frappant de cette nouvelle donne depuis une dizaine d'années. Ils se sont engagés dans une politique méthodique et parfaitement rationnelle de relocalisation industrielle et de puissance technologique.
Et je rappelle à ce propos que ce n'est pas Donald Trump mais bien Joe Biden qui a mis en œuvre l'inflation Reduction Act à partir de 2021. Près de 400 milliards de dollars investis dans l'industrie américaine et notamment dans les microprocesseurs et les batteries. de vulnérabilité majeur deven insupportable vis-à-vis de la Chine. Les États-Unis ont été suivis en cela par nombre de grandes puissances. l'Inde, le Japon, la Corée du Sud ou le Brésil qui partagent tout le même objectif, protéger leur peuple des crises commerciales ou géopolitiques qui se multiplient depuis une vingtaine d'années au point d'être devenu une nouvelle norme.
Et pour cela et bien engager un vaste mouvement de reconquête de leur souveraineté en matière agricole, industrielle, technologique et militaire. L'Italie n'est pas la dernière à avoir compris l'importance de l'industrie dans la vitalité économique d'un pays et le niveau des salaires. Seule la France reste hélas, sourde et aveugle à cette évidence. Dans ce nouvel ordre international, nous avons tous, je le crois, ressenti dans notre chair à quel point l'idéologie de la Commission européenne était dépassée au cours des dernières années. La nouvelle langue mondiale, celle de la puissance, est pour eux une langue étrangère. Ils n'y comprennent rien.
Nous l'avons vu lors de la pandémie de Covid-19 où des masques chinois ont dû nous être livré par avion et où des vaccins américains ont dû être acquis à des prix très élevés. mais aussi depuis le début de la guerre en Ukraine qui a cruellement souligné l'état inquiétant de notre industrie de défense et donc nos dépendances vis-à-vis notamment des États-Unis. Le drame actuel de l'Europe, c'est que la Commission et les partis historiques considèrent une fois de plus cette nouvelle donne comme une parenthèse. Comme si l'ensemble des nations du monde allait toucher par la grâce revenir au mode de pensée et d'action qui était en vigueur il y a 30 ans.
Mais aujourd'hui, l'attitude de la Commission européenne est à mon avis bien plus bien pire, bien plus grave. que le simple déni parlais tout à l'heure. Je vois dans les dérives de madame Vleyen encouragé en cela par les gouvernements français et allemands depuis 2017 une aggravation du sort qui est réservé sur notre continent au principe même de souveraineté nationale. Cela ne se limite pas aux questions industrielles et commerciales. Loin de là. Vous savez l'un des pères fondateurs de la construction européenne, Jean Monet, c'était un français désolé, parlait de politique des petits pas vers le fédéralisme.
Je crois que nous sommes entrés dans un autre temps, celui de la construction à marche forcée, non pas d'un état fédéral, mais d'un véritable état centralisé. Nous sommes passés de l'air des transferts de compétences selon la formule consacrée à celle de véritable transfert de puissance des nations à la commission. Hier, ces transferts de compétences n'étaient déjà que rarement votés. Permettez-moi de rappeler la façon dont en 2005 le peuple français avait été trahi par sa classe politique après avoir rejeté par référendum le traité constitutionnel européen. Aujourd'hui, les transferts de puissance sont systématiquement imposés.
Depuis 2017, les institutions européennes ont adopté une logique encore plus offensive, encore plus dogmatique, encore plus étouffante pour les nations et tout cela en violation totale des traités, ce qui pour des soi-disants défenseurs de l'état de droit ne manque pas d'ironie. En réalité, la Commission européenne profite de chaque crise pour arracher aux nations des compétences que les traités lui ont refusé. Ils ne s'en cachent pas puisqu'ils ont coutume de dire le sourire aux lèvres que l'Europe se construit dans les crises.
La crise des migrants lui a permis de s'attribuer la compétence migratoire qu'elle dénie maintenant aux nations par l'intermédiaire du pacte européen sur l'asile et les migrations qui ont placer les politiques migratoires nationales sous tutelle fédéral et infligé au gouvernement réfractaire des amendes lorsque il refuse d'accueillir les quotas de migrants définis par la commission. cette directive qui n'est même pas encore ratifiée, ils envisagent déjà de la transformer en règlement d'application directe. La crise du Covid lui a permis de s'attribuer des PS de notre politique de santé.
Aujourd'hui, nous subissons l'ingérence croissante de la commission, là aussi en violation totale des traités dans les politiques de défense en exploitant avec cynisme pour cela l'agression russe contre l'Ukraine. Se sentant poussé des ailes, la commission se croit désormais autorisée à régir tous les domaines de notre vie et de nos entreprises.
de Green Deal dont parlait Matthéo tout à l'heure est l'ultime acte de mise à mort de nos industries, de nos agriculteurs et du pouvoir d'achat des citoyens européens puisqu'il aggrave encore les choix catastrophiques des dernières décennies en matière de politique environnementale et énergétique en créant des monceaux de normes qui ruinent notre compétitivité face aux importations qui elles ne sont pas soumises à ces normes drastiqu préparez-vous à ce que la crise de l'endettement des États leur serve à finaliser la question financière commune de l'Union déjà construite par tranche successives pour arriver à leur objectif final un budget intégralement commun, une direction budgétaire unique et les fameux impôts européens qu'il rêvent de créer depuis bien longtemps.
Nos nations n'auront ainsi plus une seule parcelle de leur souveraineté dont la levée de l'impôt est un élément substantiel. Conclusion, l'Union européenne exploite avec un sinistre abject chaque crise migratoire, sanitaire, énergétique, géopolitique pour dépouiller les nations souveraines de pouvoirs supplémentaires. Voilà ce que nous vivons depuis 20 ans. Mais mais aspirer nos compétences ne suffit pas. Il faut aussi stériliser toute opposition politique. Et l'étape suivante est déjà engagée. C'est l'ingérence directe de la commission dans les processus électoraux des Étatsmembres.
Aujourd'hui, l'Union européenne organise ou au mieux se contente de de soutenir le déploiement d'entrave au fonctionnement démocratique des nations. Et pour nous, défenseurs de la démocratie, toute banalisation de la mise sur la touche de partis politique légitime est insupportable. En décembre 2024, le Parlement européen a décidé la création d'une commission spéciale répondant au nom de boucliers démocratiques. Cette commission est explicitement chargée de lutter contre les campagnes d'information de pays tiers malveillants, y compris par l'intermédiaire d'acteurs et d'organisations nationaux de l'Union qui nuisent aux objectifs de l'Union. Fin de citation.
Chacun aura compris qu'il s'agit de ce qu'on nomme une inversion accusatoire car c'est exactement ce que fait la commission. Influencer l'information en finançant largement des acteurs médias ONG qui luttent contre les adversaires politiques de l'Union européenne. Cette Commission n'a donc rien d'un bouclier démocratique, c'est un bouclier contre la démocratie. Lorsque Jean-Claude Junker affirmait qu'il ne pouvait y avoir de choix démocratique en dehors des traités, cela prêtait à sourire. Ce n'était tout qu'une déclaration orale émanant d'un homme peu réputé pour son sérieux. Aujourd'hui, ils ne font pas que le dire. Ils l'écrivent et ils le font.
Ils sont en train de créer les outils leur permettant de s'opposer à toute élection d'un gouvernement hostile à leur idéologie. Quit a dénoncé pour cela des ingérences étrangères plus ou moins romancées et sans jamais dénoncer. Cela va de soi, les scandales de corruption bien réelles qui touchent eux des parlementaires ou des fonctionnaires européens. la Hongrie, la Pologne, l'Italie, tous ces pays ont fait les frais de la guerre que mène la commission au peuple qui ont le malheur de rejeter son logiciel. Parfois, ce sont les gouvernements qui sont ciblés comme en Hongrie avec Victor Orban depuis 15 ans ou le gouvernement polonais lorsqu'il était dirigé par le PE.
Parfois, ce sont des partis ou des dirigeants comme la LGA, comme TEGA ou Portugal, comme le Rassemblement national ou même la FD, dont je ne partage pas l'idéologie et les options politiques, mais dont je soutiens le droit à exister dans un cadre démocratique. Cette réalité, chers amis, chers Matthéo, vous la connaissez, je crois, particulièrement bien. Aujourd'hui, un autre état membre est en train de vivre avec une particulière intensité. Je parle bien sûr de la Roumanie où l'élection présidentielle a été purement et simplement annulée par la Cour constitutionnel en décembre dernier avec la bénédiction de la Commission européenne.
Et je veux dire ici mon plein et entier soutien à George Simion, candidat de l'Alliance pour l'Union des Roumaas, arrivé en tête du premier tour dimanche dernier avec plus de 40 % des voix. J'y vois un formidable rappel de l'intelligence et de la force des peuples et de leur aspiration à la liberté de choix. J'y vois un formidable signal adressé à ceux qui aujourd'hui à Bruxelles voi en la démocratie non pas un idéal vivant mais une menace. Voilà pourquoi j'adresse à George Simion mais veut de plein succès en vue du second tour le 18 mai prochain. Puis son élection à la tête de l'État roumain constituit le signal un signal supplémentaire de la Renaissance des nations européennes.
Je voudrais en conclusion chers amis vous rappeler cette vérité simple. Au-delà de l'exemple de la Roumanie, nous avons aujourd'hui un million de raisons d'espérer. En réalité, des centaines de millions. Je parle ici des peuples, des citoyens européens. Malgré ce que je viens de vous rappeler, malgré les atteintes croissantes de la Commission aux souverainetés nationale, cette Union européenne antidémocratique, aveugle au réel, brutale et de plus en plus contesté par les peuples.
J'en veux pour preuve d'ailleurs le fait que plusieurs décisions ont été amendées ou repoussées comme nous le voyons en ce moment même avec la directive Omnibus qui entend revenir sur certaines normes anti-industrie adopté au cours des dernières années. C'est insuffisant bien sûr, mais c'est un symptôme clair de leur faiblesse. Les nations sont en train de les ramener à la raison. En Hongrie, en Italie, au Pays-Bas, en Autriche, en Roumanie et bientôt en France. Les peuples partout en Europe sont en train de les ramener à la réalité et nous patriotes pour l'Europe, sommes en train de gagner la bataille culturelle. Cette bataille n'est pas négative. Ce n'est pas une bataille contre.
C'est une bataille pour. Pour une Europe des nations libres, pour une Europe de nations efficace car légitime dans leur action, pour une Europe démocratique car respectueuse de la volonté des peuples qui la composent. pour une robe de nations sœurs unie par des coopérations librement choisies et donc voué au succès. Et quel plus beau pays pour dire cela chers amis que l'Italie. C'est avec vous que nous avons nos plus beaux partenariats industriels. Stellantis, MBDA, Naviris pour n'en citer que quelques-uns.
Pour une Europe, chers amis, garante de l'état de droit, non pas sa vision dévoyée depuis 30 ans, mais dans la conception qu'avait bâti à la Renaissance, puis au siècle des Lumières, les plus brillants intellectuels européens. l'état de droit. Les institutions européennes en sont aujourd'hui le tombeau. Les nations en sont le berceau. Ces grands intellectuels, nous sommes leurs héritiers et leurs continuateurs. Partout sur le continent, les peuples se lèvent et refusent de se résigner. Et comme je vous le disais tout à l'heure, ils espèrent en nous. C'est nous qui leur rendrons les pouvoirs qui leur ont été confisqués depuis 30 ans. S'ils savaient, chers amis, comme ils ont raison d'espérer.
Cet espoir, nous le ressentons, nous le respirons. Il nous donne une force irrépressible à nous patriote pour l'Europe. Unisi. Unis, nous allons refaire de l'Europe une terre de production et de progrès. Nous allons refaire de l'Europe. Nous allons refaire de l'Europe une terre de raison et d'ambition. Unis, nous allons conduire la grande entreprise que constitue le retour partout dans le monde des fiertés et des souverainetés nationales. C'est la c'est la mission de notre génération. Elle est aujourd'hui à porter de main. Alors, comme on dit chez vous chers amis, Avent, vive l'Italie, vive la France, vive les patriotes pour l'Europe, vive l'Europe des nations.
[Applaudissements]
Marine Le Pen