Homonationalisme et fémonationalisme : quand nos luttes sont instrumentalisées | #Amfis2025
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Bonjour à toutes et à tous. W C'est parti. Voilà, il y a déjà plus de feuilles.
C'est pas grave, on va y aller sans feuilles. Bonjour à toutes et à tous. Je suis ravi d'être avec vous ici pour cette nouvelle conférence aux amphies.
Vous savez qu'il y a eu d'innombrables conférences. Ça continue encore, c'est pas fini. Voilà, j'ai retrouvé ma première feuille et j'aurai le temps de reclasser tout à l'heure.
Merci, merci d'être d'être présent. Je sors moi-même de la conférence que vient de d'animer Manon Au dans l'amphi Louise Michel à l'intérieur de ce palais des Congrès. Et c'était une conférence une réunion qui se tenait sur la percée, la montée de l'extrême droite, des extrêmes droites partout en Europe puisque vous savez que le groupe parlementaire conduit brillamment par Manon Aubri au Parlement européen et bien être à la pointe de la lutte contre contre l'extrême droite en Europe.
Ici, il s'agit aussi et bien de s'intéresser, de décrypter, d'analyser les méthodes utilisées exploitées par l'extrême droite et même d'ailleurs l'extrême centre puisqueil y a une porosité, on va le voir aussi lors de nos échanges entre les idées d'extrême droite et des partis qui se disent de gouvernement. Et bien, il s'agit ici dans ce contexte où l'idéologie d'extrême droit d'extrême droite progresse partout, d'analyser ces moyens parce que euh ça ne se fait pas tout seul. L'extrême droite, elle ne progresse pas par magie.
C'est pas simplement une tendance, il y a pas une tendance naturelle. Il y a pas simplement des médias qui font un battage quantitatif sur des idées nausé àabonde, racistes et contre les droits humains. C'est également des stratégies élaborées, des stratégies fines, des stratégies prévues et partagées entre les différents pays européens et même dans le monde qui sont utilisés.
Et parmi ces stratégies pour progresser, les fascistes, les identitaires, les nationalistes de tout poil s'emploie à détourner certaines de nos luttes. Les luttes légitimes, des luttes progressistes, humanistes, universalistes, nos luttes féministes et pour les droits des personnes LGBTI. Ils le font ils le font avec beaucoup de cynisme, d'hypocrisie mais aussi d'opportunisme et je le disais ce sont des stratégies qui sont pensées.
Donc il s'agit de les comprendre, de les déconstruire, de s'armer et bien opposer des discours, opposer des contestratégies pour et bien contenir cette vague brune qui n'est pas inéluctable. On le sait d'ailleurs. D'ailleurs, je vous invite si vous l'avez pas déjà fait, je suis sûr que chacune et chacun ici l'ont déjà fait, à lire le formidable ouvrage de l'Institut la Boessie qui explique que la montée de l'extrême droite est évidemment résistible qui est ici.
Voilà donc je fais la promo du livre de l'elb mais légitimement parce que c'est une autre manière de s'armer contre contre les idééran de l'extrême droite et je suis ravi et honoré aujourd'hui de partager cette table cette conférence avec Sarah Garbagoli et John Franco Ribuccini que je vais rapidement introduire mais que je laisserai parler évidemment le plus rapidement possible pour qu'à la fin on ait un temps d'échange également et qu'on puisse faire circuler un micro pour des questions réponses. Alors Sarah Garbagnoli est sociologue féministe et chercheuse associée au laboratoire d'études de genre et de sexualité de Paris 8. Et dans tes travaux Sarah, tu analyses notamment les rhtoriques et les dispositifs mobilisés contre la théorie du genre que tu décodes comme un nouvel instrument de lutte idéologique au service des conservatismes religieux et des droites nationalistes.
Et aujourd'hui, tu codiriges des projets de recherche qui s'appuent sur l'intersection entre marxisme contemporain et théorie quir notamment. et John Franco Rebuccini est philosophe anthropologue spécialiste en étude de genre et cuir étude est intéressé tout particulièrement aux enjeux politiques des masculinés notamment au Maghreb et en Europe et aujourd'hui chargé de recherche au CNRS et cirecteur du laboratoire d'anthropologie politique du CNRS et de le HESS. Voilà.
Alors, je vais euh te passer la parole tout de suite John Franco pour euh commencer par définir la notion, je l'ai dit, des stratégies cyniques, hypocrites et opportunistes déployées par l'extrême droite. Ce sont les stratégies d'homationalisme et de féo nationalisme dont Janco va nous faire un premier tour et notamment nous présenter ce à quoi consiste le concept d'homationalisme. Merci beaucoup.
Merci beaucoup. Donc moi, je vais commencer par introduire notamment la le concept de domonationalisme. Et je veux dire tout de suite que c'est pas forcément une un concept qui a été utilisé ou qui qui recouvre ou qui décrit qui décrit forcément des politiques d'extrême droite, mais à la base et fondamentalement ça a été il a été inventé par une géographe et théoricienne qui s qui s'appelle Jasbir Pouir pour décrire et définir plutôt des politiques progressistes de gauche.
Euh c'est en réalité homonationalisme dans la définition d'homonationalisme, il y a homo et nationalisme. Mais dans homo, c'est pas tellement homosexuel qui est qui est décrit, mais c'est plutôt homonormativité. Homonomativité qui a un autre concept qui a été créé introduit par une autre théoricienne américaine qui s'appelle bon je vais faire un petit petit drop no naming mais c'est peut-être utile aussi d'avoir quelques quelques références qui s'appelle Lisa Dagan qui a donc a construit ce concept d'honomonormativité qui qu'elle appelle comme euh la sexualité du néolibéralisme et notamment les politiques sexuelles du néolibéralisme.
Donc la question du néolibéralisme est ici très importante parce que c'est à partir justement des années 80 et 90 qui ont on voit un changement assez radical dans les politiques de revendication LGBTQI euh que Lisa Dagan appelle homonormative. C'est-à-dire qu'on passe par exemple de de de politique et de revendication révolutionnaire des années 70 à des politiques plus euh de demande de nouveaux droits et d'une nouvelle intégration à euh à la normalité. ce que a été beaucoup travaillé et étudié par plusieurs par plusieurs par plusieurs études aujourd'hui et on a vu à partir des années 80 et 90 comment les mouvements LGBTQ à l'international en France, aux États-Unis, mais aussi mais aussi en Europe sont passés donc dans dans des revendications plutôt révolutionnaires qui qui étaient des revendications qui faisaient la jonction avec les mouvements révolutionn international mouvement ouvrier et notamment en France, on peut faire l'exemple du phare qui était un mouvement révolutionnaire marxiste léniste, on peut faire d'autres les gasolines, il y avait il y avait plein plein plein de de de groupes révolutionnaires dans les années 70 à d'une phase qu'on appelle qu'on a appelé une phase néolibérale donc de normalisation des subjectivités LGBT par une hégémonisation de de rev revendication qui était plutôt des des revendications d'inclusion à la fois inclusion dans la sphère économique euh avec une normalisation des des comportements, une normalisation aussi des subjectivités LGBT qui sont devenus de plus en plus normalisé par le capital le capitalisme, c'est-à-dire avec la les les des des phénomènes de consommation qui deviennent de plus en plus importantes pour la définition des identités sexuelles dissidentes euh et par la rénonciation d'une à d'une politique révolutionnaire et plutôt par une crage dans une politique d'inclusion et de revendication de nouveaux droits.
Les qui ces politiques passent euh principalement par des revendications principales. Aux États-Unis, on a la revendication du mariage pour tous, la revendication de entrer dans l'armée et euh le l'adoption et des lois contre de pénalisation de l'homophobie. On a en France, on n' pas la la question de l'armée, mais on se retrouve en France avec dans les dans les mêmes années, donc à partir des années 80 90, des revendications qui se sont des revendications plutôt d'intégration disons et du de de d'intégration à au modèle national, au modèle de de la citoyenneté et on renonce complètement à des politiques des politiques révolutionnaires.
Donc les revendications donc se fondent sur une normalisation des des des sexualités dissidentes. normalisation qui passe par la promotion de de modèles de de sexualité, de modèle de solidarité entre les personnes LGBT qui sont qui deviennent de plus en plus fondés exclusivement et ou presque exclusivement sur le couple euh sur le couple et et sur la la fidélité sur des sur l'exclusivité sur des sur des sur des sur des des euh des modèles donc qui se fondent donc sur cette sur le le modèle de la famille nucléaire hétérosexuelle. Et c'est pour ça qu'on parle d'homonormativité.
Homonormativité qui renvoie à l'hétéronormativité, c'est-à-dire qu'on on de plus en plus les subjectivités LGBT notamment gay et lesbienn par ailleurs parce que les subjectivités transont une autre histoire qui n'est pas la même au moins à à dans cette époque des années 80 90. On on parle aujourd'hui de plus en plus de transnormativité euh pour les années 2010 et 2020, mais dans les années 80 et 90, il y avait pas du tout une volonté d'inclusion et et il n'y avait pas de politique non plus d'inclusion de la part de l'État pour les personnes trans. Euh et l'autre pendant pendant donc à part cette question de la famille nucléaire de la de la normalisation des subjectivités LGBT et cuir euh il y a la question euh très importante qui est la question sécuritaire.
Aux États-Unis, comme je vous disais, il y a la question de rentrer dans l'armée. Donc la volonté euh de de vous pouvoir euh intégrer euh l'armée pour les LG euh LGB aux États-Unis, donc les lesbien les gay, les bisousels, ce qui était interdit dans les années 80 et 90. Donc il y a des luttes pour pouvoir intégrer l'armée.
Euh et après il y a toute la question donc des luttes très fortes sur la reconnaissance donc d'une pénalisation spécifique euh pour les les délits et les crimes homophobes. Donc une une majoration disons de la de la peine pour des questions des questions de de de de violence homophobe homophobe, transphobe, lesbophobe et cetera. Euh donc voilà, ça c'est les deux piliers et à quoi ça sert en fait ?
Pourquoi pourquoi ça ça amène pour Jasbir Pouvoir à l'omationalisme en fait ? Parce que cette homonormativité, ça rend les sujets les sujets LGBT et cuir des sujets dociles, des sujets dociles qui peuvent après être un brigadé dans des politiques nationales et nationalistes. C'est-à-dire que parce que les sujets, les revendications LGB notamment sont deviennent de plus en plus normalisé et de plus en plus docile et donc compatible avec le modèle national, avec les les le discours national, avec un certain modèle de normalité euh citoyenne. il est plus facile de les embrigader dans des discours nationalistes, dans des discours de soutenorienté, dans des discours civilisationnels et de petit à petit, de plus en plus, à partir des années 80 et 90, on voit des groupes LGBT et aussi dans les années 2000 même en en France, on voit des groupes LGBT avoir des politiques d'inclusion et nationaliste de plus en plus importantes euh à partir donc de cette cette ces stratégies de lobbying euh pour la l'obtention des droits, c'est-à-dire que c'est une espèce de monnaie d'échange euh entre les droits et euh et l'inclusion à la nation, l'inclusion à la citoyenneté.
Et donc euh qu'est-ce que ça produit cette inclusion des sujets docile euh LGBT et cuir ? produit d'une part l'exclusion de la du périmètre de la de la citoyenneté des sujets LGBT cuir qui ne sont pas de cile qui sont restés non deil ou indiscipliné ou indisciplinable donc ça crée une exclusion de à l'intérieur des des mouvements LGBT et cuir entre ceux qui sont normalisés ou normalisables docile donc pour l'État et pour et pour le capital et les autres donc ça crée une une espèce de séparation entre les euh les euh les intégrés et les ceux qui veulent pas se faire intégrer. Euh et mais ça crée aussi euh cette intégration des des sujets LGBTQI aussi des munitions au discours qui est un discours plus ancien de euh l'exceptionnalisme euh occidental par rapport à à la sexualité.
C'est un discours colonial et impérialiste de dire que euh l'Occident, notamment les pays européens et les et les États-Unis ont euh un rapport à la sexualité et au genre qui est le bon rapport, qui est le la bonne chose, comment comme il faut faire pour traiter les femmes et les questions de genre et de sexualité, c'est il faut le trouver euh en Occident, en Europe et cetera et tout le reste du monde aurait donc Un autre exceptionnalisme et notamment les pays musulmans dans ce qui est la les politiques les politiques après le 11 septembre notamment est- ce qui est analysé par Jos B Poire, c'est justement cette période de après le 11 septembre euh c'est d'affibier de de de de de assigner notamment les musulmans à un autre exceptionalisme et ce serait une un exceptionnalisme inverse, c'est-à-dire d'avoir un problème avec la sexualité, un problème avec le traitement des femmes et un problème avec la sexualité en générale et plus particulièrement avec la sexualité dissidente. C'est-à-dire que évidemment on crée donc d'un côté des pays qui sont qui seraient respectueux des droits et des subjectifs des sujets LGBTQI euh donc l'Occident et de l'autre côté on aurait les barbares et les notamment les musulmans qui euh ne seraient pas capable ou qui qui sont homophobes, transphobes, sexistes et cetera. Donc on crée donc cette division extrêmement importante mais qui est une division qui qui n'est qui n'est pas née avec euh l'homonationalisme et ce qui fait l'homonnalisme c'est que introduit dans ce discours général d'exceptionalisme la question des du respect des droits des personnes LGBT que il y avait pas avant et on voit bien aujourd'hui que par exemple aux États-Unis c'est ce discours ne fonctionne plus non plus parce que au fait c'est un quelque chose qui ne marche plus pour les pour les États-Unis pour des pays comme les États-Unis, la Hongrie, l'Italie, ça ne marche pas ce discours-là parce qu'en fait c'est c'est on peut pas il ils ont pas envie l'extrem droite dans ces pays d'embrigader des personnes LGBT qui deviennent qui sont au contraire des encore des ennemis.
Mais pour des pays, disons progressistes, ce discours de de séparation entre les bons et les mauvais, entre les civilisés et les barbares marche marche quand même assez bien. Comme on le voit, on l'a vu dans les années 2010 avec par exemple Hillary Clinton quand il faisait il a fait un grand discours sur sur les droits des homosex des personnes LGBT comme qui ont des droits humains à l'ONU à Genève euh en en disant exactement ça en disant que il y a des pays dans lequels les droits des homosexuels ne sont pas respectés qu'il faut que ça cesse et en disant à l'inverse C'est évidemment que par exemple aux États-Unis euh tout ça n'existe pas parce qu'il y a seulement des pays qui ne respectent pas les droits LGBT et que donc il faut que ça cesse dans ces pays. Un autre exemple qu'on pourrait donner, c'est toujours dans les années 2010 parce qu'après évidemment ça ça a un peu changé, le premier ministre britannique David Cameron euh qui est toujours en 2000 en 2011 euh dans une réunion du Comolt a a même osé dire que le le aides euh britanniques pour les pays du Commonwealth doit être euh doit être donné seulement au pays qui respectaient les droits des homosexuels.
Donc c'est c'est vraiment quelque chose qui qui est intéressant. En autre chose qui que peut-être donc il y a cette question de de l'exceptionalisme, c'est cette question de l'exceptionalisme est utilisée aussi aujourd'hui et peut-être de façon encore plus choquante euh par Israël euh pour justifier euh les crimes ces crimes de guerre et de génoicide en disant que par exemple et pour silencier tous les les solidarités qui peuvent exister entre les personnes LGBT qui sont très importantes par ailleurs euh aujourd'hui euh euh au niveau international entre les les associations, les personnes, les les l'association, les groupes, les collectifs et les GPT cuire euh envers la Palestine. Euh et pour silencier tout ça et pour justifier aussi ses crimes de cœur, le génocide, Israël dit évidemment que le Hamas est homophobe et que en Palestine on tue les on tue les homosexuels.
Sans évidemment dire que que en réalité ce qui tue les homosexuels en Palestine, ce sont les bombes d'Israël. Euh [Applaudissements] après peut-être une chose qui pourrait être intéressante à dire et après je m'arrête euh c'est euh que je trouvé un un un article en en préparant aujourd'hui de de Amandine Leb qui est une politiste une jeune politiste française et qui a écrit une notice que je vous conseille parce qu'elle est très intéressante sur le dictionnaire du genre en traduction qui s'appelle l'omonctionnalisme et et donc elle fait une une proposition de de séparer les conceptions deux conceptions de de l'homosnalisme, c'est-à-dire une conception de l'homosnalisme par qui serait plutôt pour décrire un phénomène comme par exemple tous les phénomènes de parce queon a pas parlé comme les phénomènes de domicalisme direct dont on pourra parler aussi aujourd'hui et le processus énaliste et qui est plus quelque chose qui serait encré dans une histoire longue de l'impérialisme et du colonialisme. Je pense que ça c'est c'est intéressant parce que fait ça évite de de dire qu'il y a plus de monalisme aujourd'hui parce qu'il y a l' dro droite au pouvoir d'un certain pays.
Euh et ça évite aussi de dire que que que l'homméalisme soit soit seulement des phénomènes qui qui qui ont qui ont en occurrence qui peuvent qui peuvent arriver qui peuvent aussi disparaître. Mais je pense que et sans attaquer par exemple à l'histoire longue du colonialisme et de l'impérialisme de l'impérialisme occidental, je pense que ça c'est une question une question intéressante à à discuter. Voilà, je pense merci beaucoup.
Merci beaucoup Jean Franco. On voit à quel point effectivement c'est ce concept d'homationalisme est une une grille de lecture pertinente pour comprendre comment cette approche qui vient de loin qui vient de loin et bien permet aujourd'hui à des mouvements réactionnaires de laisser penser d'employer une rhtorique pseudo progressiste mais qui en fait en réalité euh consiste à tu le disais à juste titre euh avoir créé une forme de contexte pour rendre docile une partie de la population et puis lui accorder comme une sorte de monnaie d'échange une une intégration euh à au même niveau que celle dont bénéficient les personnes qui et bien relèvent de la sexualité, du libéralisme comme tu le disais, l'hétéronormativité. Et donc cet homonationalisme est une grille de lecture très pertinente pour montrer comment euh et bien euh cette approche est récupérée par les mouvements réactionnaires pour euh pour nuire finalement euh à nos droits euh à nous toutes et tous.
Et je passe sans plus attendre la parole à Sarah pour aborder cette fois-ci la notion de féo nationalisme dont on va voir qu'il y a des ressorts alors c'est pas totalement superposable mais des ressorts communs en tout cas dans l'approche de ces deux concepts. Absolument. Tout d'abord je vous remercie d'être là.
Je remercie les infis pour l'invitation. Je remercie euh Sarah Arnaud et toutes les personnes qui ont travaillé à à l'organisation de de cette rencontre euh avec enthousiasme politique qui qui fait du bien. Dès qu'on arrive ici, on commence à respirer.
On le disait avant, on sent vraiment un oxygène qui fait du bien et qui manque tellement dans dans la dans la société où où le sens commun euh nous nous écrase un peu. Euh ici dans ce chantier des débats intellectuels et politiques, mais aussi dans un chantier d'éducation populaire donne de la force même pour sortir plus armé à après le programme est passionnant. Euh on verra aussi ici demain et même la rencontre d'aujourd'hui est particulièrement intéressante, il me semble parce que elle nous aide à à comprendre certaines phénomènes politiques récents qui datent depuis une trentaine d'années et qui ont aussi une histoire qui s'inscrit dans une diacronie plus longue.
Comme disait Jean-Franco, le phénomène euh bah il a déjà trois trois aspects. On peut parler de instrumentalisation du discours féministe à déf raciste. On peut parler et c'est autre chose de convergence d'une partie des féministes ou des fémocrates, c'est-à-dire les féministes institutionnalisés avec les mouvements nationalistes, les mouvements d'extrême droite, les mouvements protofascistes.
On peut parler des collusions et c'est encore autre chose entre une partie des mouvements d'émancipation, les mouvements féministes, les mouvement des des minorités minoritaires sexuelles avec des discours nationalistes, racistes, xénophobes et islamophobe. En fait, le concept de de fémon nationaliste a été inventé par une sociologue italienne, je sais pas si Sar devenu britannique entre-temps, Sarah Farris qui effectivement l'a calqué sur celui de homonationalisme. le concept ça l'a fabriqué à la moitié des des années 2010 parce que effectivement elle commençait à à étudier dans des cas nationains nationaux spécifiques, l'Italie, les Pays-Bas et la France, une convergence inédite entre effectivement euh féministe, fémocrates et des discours des politiques de racistes et notamment islamophobe.
En fait, elle dans sa recherche, elle montre comment au fil des années 2000, les les hommes musulmans sont construits comme paressence dingéreuse pour les sociétés occidentales, comme paressence oppresseur à l'égard des femmes et s'isole en fait se constitue tout un une narration de sauvetage des femmes musulmanes, des femmes immigrées. de leurs hommes et et en fait il y a donc cette instrumentalisation de d'une d'un discours qui s'appuie sur l'idée de l'égalité entre les sexes pour justifier des des politiques racistes. La chose intéressante du travail de de ça qui est une féministe marxiste, c'est aussi celui de d'aller voir le le volet économique, la l'aspect économique derrière cette instrumentalisation et derrière cette convergence.
En fait, elle analyse comment les politiques néolibérales d'intégration des des des groupes des femmes immigrées non occidentales euh les canalisent dans des secteurs euh ségrégués, précarisés, privatisés. c'est les secteurs du soin. Donc d'un côté, on on affirme les sauvés des leurs hommes, on affirme promouvoir leur émancipation.
De l'autre côté, le capital les subsume, les absorbe pour les faire euh travailler d'un d'un des secteurs là. Euh voilà la la signification première du terme fémon nationaliste qui aujourd'hui est employé aussi euh pour penser donc d'autres actions euh qui sont menées par exemple par l'extrême droite que ça soit euh Marine Le Pen ou Bardella qui qui stigmatise les étrangers effectivement avec un discours pseudoféministe où en disant dans ces quartiers-là les homosexuels ne peuvent pas aller que ça soit par des par des nouveaux collectifs. Je pense notamment à celui de Nemmésis qui a été fondé en 2018 et que depuis donc 5 6 ans un feste un peste euh un peste les les mobilisations le 8 mars ou les mobilisations en novembre contre les violences sexistes et sexuelles euh faites aux femmes au nom d'un féminisme euh identitaire comme il l'appelle qui en fait n'est autre chose qu'une qu'une forme d'anti d'antiféminisme et de racisme et honté.
On peut voir aussi des formes fémonationalistes dans des gouvernements de d'extrême droite malgré tout. Par exemple, Mélonie qui elle aussi quand elle se présente comme femme, comme mère, comme blanche et comme chrétienne, elle dit vouloir défendre le le le le la vie des femmes, la vie des mères contre ces hommes-là. qu'elle poste sur euh ses réseaux sociaux, les images des viols euh commis par euh des personnes racisées.
Et donc, il y a vraiment cette racisation racialisation du sexisme comme s'il était juste une question qui relève des hommes racisés. D'un côté, il y a une essentialisation des femmes qui sont vues comme une grou un groupe naturel et si possible de mères si possible des mères des familles traditionnelles et et de l'autre donc les hommes blancs qui qui disparaissent et qui à la limite deviennent les les sauveteurs euh des les protecteurs des femmes blanches et les sauveteurs des des femmes euh migrantes. Et on peut voir en fait c détournement de de de de la notion de de de féminisme dans déjà dans certains discours qui ont été élaborés au sein de de l'Église catholique, au sommet du Vatican à la moitié des années 90.
J'étais très très étonné quand j'ai commencé à à étudier ce ce discours. Je l'ai étudié pour des raisons très personnelles. En fait, je suis italienne, je suis lesbienne et je voyais le pape tous les jours à la télé.
Ça ça me suffoquait. Je vivais dans une famille naturelle comme on dit traditionnelle et donc homophobe, lesbophobe et raciste comme les familles naturelles doivent doivent être. Et j'ai commencé à lire ces textes là et j'étais très étonné de l'obsession que l'église catholique avait pour pour le genre à ces moments-là.
Ils avaient bien raison parce qu'ils avaient compris que la notion de genre quand quand elle dénaturalise la catégorie de sexe est extrêmement euh révolutionnaire en fait. Mais euh l'Église catholique n'a pas seulement inventé l'étiquette de la théorie du genre en déformant et en diabolisant la notion de genre et toute entreprise de dénaturalisation de l'ordre sexuel. Elle s'est aussi présentée comme porteuse d'un projet féministe.
Je suis tombée de ma chaise. C'était en 1995 quand Jean-Paul II a écrit "Il faut inventer un nouveau féminisme." Et ce nouveau féminisme, c'est un fait un féminisme qui s'appuie sur l'idée que les femmes sont un groupe naturel. un groupe naturel qui euh est constitué par des euh valeurs, par des dispositions, par ses prédispositions.
Donc quand on quand on désormais on entend le mot féminisme, que ça soit les gens d'extrême droite ou les néolibéraux, en fait, il nous invite à aller voir qu'est-ce qu'il y a derrière. parce que euh bien sûr comme tout mouvement social derrière le féminisme, il y a quelque chose qui bouge, il y a quelque chose qui est traversé par différents courants. Et si on prend le le début du du MLF en 1970, on voit déjà qu'il y avait le courant marxiste, le courant matérialiste, le courant révolutionnaire, le courant essentialiste.
Mais il y a quelque chose de nouveau qui qui est arrivé à raison probablement aussi de certains acquis des luttes des luttes des des mouvements féministes et des mouvements LGBTQI. En fait, les non féministes voire les antiféministes ne peuvent plus l'être comme avant. Ils doivent avoir ils doivent ils ont dû en fait mettre à jour leur discours et donc tordre même la notion de féminisme de façon à avancer masqué.
Il peut plus se dire en faveur par exemple de la soumission euh des femmes aux hommes telles que l'église a fait jusqu'à il y a je sais pas 40 ans. Maintenant il faut dire on est pour un nouveau féminisme qui célèbre les vertus féminines et qui célèbre en fait l'égalité dans la différence. Donc il y a tout cette ce camouflage, cette nouvelle manière de pouvoir exercer son propre antiféminisme en le euh voilà avec cette espèce de lifting qui fait que on peut avoir des groupes comme Némésis ou des groupes qui se disent féministes qui là un corps célèbre l'essence féminine et qui se veulent féministe.
Donc il y a tout ce travail en fait de de de détricotage d'un discours pour aller voir effectivement comment les analyses mais surtout les mouvements sont infiltrés par des groupes qui restent foncièrement euh euh antiféministe. Et quand je dis antiféministe, j'entends euh essentialiste et et raciste. La ligne féminationaliste ne concerne pas que les partis populistes, les partis protofascistes ou les parties d'extrême droite.
Elle est elle est incarnée aussi par l'extrême centre, ce centre qui est si poreux, je sais pas si on dit poreux en français, en tout cas avec l'extrême droite. Donc des figures comme Aurore Berger ou Marlin Skiapa. Chapa euh effectivement incarne cette ligne qui met en avant l'idée de de laïcité qui en fait est construite sur l'idée d'une stigmatisation là encore euh des hommes euh non blancs ou alors les les les lois contre l'harcèlement de rue ou alors là encore mettre en avant le fait que en France il y aurait pas euh de de violence sexuelle qui viendrait seulement de certains quartiers, de certaines classes sociales ou euh de l'extérieur.
Et cette en fait cette racialisation du sexisme, on l'avait on la voyait déjà à la fin des années 80 ou 90 bien avant l'arrivée des de Macron avec avec tout ce qui est arrivé euh au moment de de la controverse sur le port du voile. Donc effectivement, c'est quelque chose qui qui date et qui s'inscrit et là encore s'enracine dans le dans le passé colonial colonial français. Donc euh tout ça pour dire qu'il s'agit de des deux concepts extrêmement euh intéressants et qui par ailleurs euh changent un peu leur forme selon les usages dans le champ militant, dans le champ politique ou euh ou dans le champ théorique qui de qui sont un peu plastiques aussi parce que euh par exemple quand on utilise féminationalisme souvent c'est juste pour dire instrumentalisation de un discours féministe à déf raciste.
C'est devenu ça mais c'est mais c'est aussi de la convergence parfois et c'est aussi de la collusion. Et Sarah parlait très très clairement du rôle central joué par le néolibéralisme dans la légitimation de de de ce discours. Il me semble qu'on peut faire travailler ces notions pour pour penser notre présent.
Il y a aussi des formes, j'ai l'impression, d'homonationalisme dans certains partis des des des mouvements néofascistes italien ou d'extrême droite. Je prends quelqu'un comme Luo Malan ici. Heureusement, il est complètement inconnu mais c'est vraiment quelqu'un de au cœur de de la réaction italienne et qui voilà d'un dans d'un dans ses discours, il il fait aussi lui aussi un partage entre les bons homosexuels et les mauvais homosexuels.
Les bons homosexuels sont ceux qui resteraient discrets, sont ceux qui resteraient à la maison à lire, je sais pas les les dialogues de Platon parce que ça c'était la vraie homosexualité où effectivement il y a il y a pas de revendication, il faut pas qu'il y ait de la revendication, il faut pas qu'il y ait de la politisation de la sexualité. Donc là aussi, on peut voir comment euh il y a toujours ce ce cette ligne de partage entre les bons et les mauvais, que ça soit les bonnes femmes ou les mauvaises femmes. Les mauvaises femmes, ce serait les les féminasies, les féministes racisés, les femmes trans, euh les femmes qui qui pratiquent l'islam, euh les femmes cuirent.
Donc, il y a vraiment ce ce partage entre ce qui est respectable pour l'ordre bourgeois et pour le capital et ce qui ne l'est pas, ce qui est assimilable et ce qui ne l'est pas. Effectivement, ces concepts et il y a aussi le concept de nationalisme sexuel qui peut être mobilisé qui qui est un concept qui nous permet de étudier euh de manière diacronique, donc sur la longue durée ou de manière synchronique en en étudiant différents cas nationaux. comment effectivement sexe euh et sexualité et race euh sont les catégories et les rapports sociaux qui qui sont derrière la construction des frontières nationales.
Chaque nation a une norme nationale qui définit qui sont les inner et qui sont les insiders et les outsiders qui sont ceux qui sont dedans et ceux qui sont dehors. Et et effectivement ce concept nous permettent de d'analyser comment ce insider et outsider ont changé au fil des décennies. Donc les homo étaient dehors, maintenant une partie des homos peuvent être embarqués dedans.
Et donc c'est des concepts très très utiles de à utiliser de manière très fine pour voir comment la norme nationale est à une base sexiste, homophobe et raciste qui qui qui s'articule et qui se qui change aussi qui peut devenir homophile pour certaines raisons et pour certains homosexuels. Et donc voilà, c'est c'est très intéressant de voir comment des concepts critiques nous permettent de voir une réalité une réalité présente mais qui est on l'a dit ça racine aussi aussi dans le passé. Et et encore une fois h quand on quand on quand on lit euh euh les textes féministes, on voit que depuis les années 70, les féministes h insistent sur le fait euh que les concepts critiques, les concepts révolutionnaires sont importants.
D'ailleurs, euh pas de mouvement révolutionnaire, sans théorie révolutionnaire. Je crois que c'était Lenine euh qui le disait parce que ces concepts-là nous permettent de voir, ils ont véritablement un rôle théorique. La théorie veut dire en grec faire voir faire voir quelque chose que le sens commune.
Et donc mettre de la politique, de la lutte et de l'histoire ou le sens commun mais de la tradition ou ou ou de la nature. Donc je je disais dès la naissance du MLF, les féministes qui l'ont fondé, les féministes révolutionnaires, les féministes matérialistes ont insister sur l'importance des concepts au point qu'il parlait de féminisme comme d'une révolution de la connaissance, une révolution théorique, conceptuelle épistémologique. Et d'ailleurs, il faut aussi écouter euh les les réactionnaires et les protascistes quand ils nous disent que nos concepts et nos concepts révolutionnaires gênent.
Et c'est pas pour rien que depuis 25 ans ou 30 ans, on voit des milliers de personnes défilées dans les rues avec des panneaux, des pancartes contre un concept. Ça c'est la première fois dans l'histoire qu'on fait qu'on qu'on se mobilise contre un concept. Et on l'a vu le concept de genre qui est là encore naturellement il y a différents théories du genre qui peuvent être plus ou moins révolutionnaire, plus ou moins dénaturalisé en tout en tout cas voir des des des réactionnaires, voir euh des protofascistes qui se mobilisent contre un concept.
Ça ça ça nous aide à à nous motiver, à continuer à utiliser des concepts critiques et révolutionnaires de manière fine pour voir comment l'oppression marche et et comment on peut lutter contre les systèmes d'oppression qui nous pèsent sur les épaules. Et naturellement, on a vu aussi aux États-Unis des personnes marché contre le concept sociologique de race. Et en France, on se rappelle des des attaques de Macron ou de Blanker contre euh les la l'usage de la notion sociologique de race, de racialisation ou d'intersectionnalité.
Donc tout ça pour dire que euh ce que les le l'usage des concepts euh fémonationalisme, nationalisme sexuel ou ou hmonationalisme nous dit, c'est aussi ça que euh c'est important la théorie pour euh la théorie révolutionnaire pour un un mouvement qui se veut vraiment révolutionnaire. Et ça nous aide aussi à penser la manière à travers lesquelles euh les groupes minoritaires pensent leur action euh par rapport euh euh au euh au système en vigueur. Parce que d'un côté, il peut y avoir des des stratégies de euh inclusion, des désirs d'assimilation, ceux dont parlait Jean Franco.
Et ça veut dire en tant que sujet minoritaire, je veux m'intégrer, je veux m'assimiler, je veux que ma minoration soit effacé, je veux devenir comme les autres. Une autre manière que les minoritaires ont de de d'agir par rapport à la à au réel et et au monde social est celle de se penser comme irré irrédutiblement différent et donc de se dire non, nous on veut pas être assimilé parce que presque par nature on est différent. Il y a une troisème manière qui est celle aussi des des des militants, des théoriciens, des chercheurs euh qui pensent à travers des des concepts matérialistes, la société qui est celui de rentrer dans le monde social vu et pensé comme une arène ennemie.
C'est c'est la féministe lesbienne matérialiste monquitique qui disait "Je pense mon action politique comme une manière d'entrer dans l'arène ennemie et de changer et de détruire les rapports d'appropriation, d'infériorisation, de rééification qui sont dedans et les rapports catégoriaux qui correspondent à ce rapport sociaux." Donc euh tous ces conceptsl nous invitent aussi à peut-être euh comment dire euh aller au-delà de cette funeste opposition entre assimilationniste ou différentialiste pour pouvoir effectivement euh rentrer dans l'arène ennemie et et casser la baraque. Merci beaucoup.
Merci Sarah. Casser la baraque. J'aime bien une intervention qui termine par abattre la citadelle aussi.
Certains certains d'autres auraient pu dire abattre la citadelle. La citadelle effectivement c'est Golen. Merci pour ce formidable complément de ma collègue SGEN Amio qui est qui est dans la salle.
Alors, on l'a vu, les concepts d'homonationalisme et de fémonationalisme, il permettent de comprendre une tendance lourde et structurée structurée des politiques contemporaines. C'est l'instrumentalisation sélective de groupes de populations, les femmes, les personnes LGBT QA plus au service de projets racistes, impérialistes et néolibéraux. C'est pas des dérives anecdotiques encore une fois, c'est des stratégies qui sont centrales dans les récits de légitimation des pouvoirs en place, qu'il soit d'ailleurs, tu l'as dit Sarah, autoritaire ou qu'il se revendique des droits de l'homme.
Ce sont des concepts qui ont en commun une même mécanique, c'est intégrer certains groupes minoritaires ou minorisés pour mieux en exclure d'autres, souvent racialisés, précair ou issus de l'immigration. Donc ce sont des mécanismes politiques très élaborés, très construits sous des abords qui peuvent paraître dans un premier temps contradictoire en tout cas quand on voit les personnalités notamment politiques ou médiatiques qui portent qui portent ces soi-disant propositions qui seraient féministe ou favorable aux personnes LGBT QA plus. Donc ces deux concepts fonctionnent selon la même structure logique, une logique de jeu d'inclusion pour mieux exclure dans le but de servir, je l'ai dit, un projet nationaliste, raciste, impérialiste ou encore néolibéral.
C'est pas une contradiction, mais c'est bel et bien une stratégie délibérée de construction d'un nous civilisé et tolérant qui serait opposé à un e arriéré et menaçant. Donc euh John Franco et Sarah ont bien décortiqué ces ces mécanismes. On a eu par exemple en France récemment en tout cas pendant la campagne la dernière campagne délégislativ un Jordan Bardella qui se voyait déjà premier ministre qui a publié une vidéo sur sur X dans laquelle il disait s'adresser à toutes les femmes de France et il s'y présentait comme le futur premier ministre qui garantira de manière indéfectible à chaque fille et à chaque femme de France ses droits et libertés.
Jordan Bardella, il disait que grâce à lui, lorsqu'il sera dans son esprit premier ministre, et bien il pourra garantir la liberté de s'habiller comme on l'entend. On on entend surtout ce qui veut dire derrière derrière cette phrase, la liberté de disposer de son corps. Quand on sait à quel point le Rassemblement national est le groupe qui a le moins voté en faveur de la constitutionnalisation du droit à l'IVG.
Et il ajoute dans cette vidéo qu'en France la femme alors selon Jordan Bardella, en France la femme est libre et elle le restera. Voilà. Donc ouais, il y a une en a qu'une déjà la femme.
Voilà donc pour Jordan Bardella, la femme est libre en France et elle et elle le restera quand on sait à quel point le patriarcat est ancré, incrusté dans tous les pans de notre société. à quel point les femmes dans ce pays et dans euh pratiquement tous les autres sur la surface de cette planète et bien souffrent d'une oppression permanente, de violence, de phénomène de domination patriarcale. Et bien la femme en France sera ravie d'apprendre par Jordane Bardella qu'elle est qu'elle est libre.
Et et donc on on sait bien que c'est un discours totalement scabreux puisque près de 300000 femmes en France sont victimes chaque année de violence. euh conjugal, violence conjugale, donc au sein du couple. Et on sait aussi, grâce au collectif Nous, que dans 9 cas sur 10, dans 91 % des cas de violence sexuelle, les victimes connaissaient leur agresseur.
Donc on est bien loin de l'idée euh d'un du mythe de l'étranger barbare qui serait venu en France pour agresser la femme blanche comme dirait Jordan Bardella. Mais euh donc voilà, il élu de le fait que le Rassemblement national, y compris le groupe auquel il appartient au Parlement européen, euh a voté contre une résolution qui visait à condamner la Pologne qui interdit l'avortement. Euh son groupe aussi au Parlement européen s'est abstenu contre l'introduction euh du droit à l'avortement dans la charte européenne des droits fondamentaux et euh également euh son groupe au Parlement européen euh a voté contre une résolution qui visait à lutter contre le harcèlement sexuel au sein au sein même des institutions de l'Union euh européenne.
Donc malheureusement pourtant ce discours féme nationaliste a tendance à plutôt bien fonctionner en France. C'est euh en tout cas il y a une forme d'efficacité puisque c'est un des rares pays où euh le gap, l'écart euh au niveau euh de l'analyse du contenu des votes. Euh il y a euh dans tous les pays ou presque partout en tout cas euh toujours une tendance à un vote masculin bien plus important pour euh les extrêmes droites.
En France, cet écart se réduit, c'est-à-dire que de plus en plus de femmes et bien votent également pour pour le Rassemblement national. Il faut dire que en France, la fenêtre d'Overton a peut-être pu se déplacer un petit peu plus facilement pour le RN puisque ils ont la figure absolument, j'ai pas de mot, scandaleuse, abjecte, immonde de d'Éric Zémour qui lui alors ne fait pas dans le féme nationalisme. Lui, il a dit par exemple que lui-même est accusé d'ailleurs à plusieurs reprises d'agression sexuelle et il a dit que les femmes sont le but et le butin de tout homme doué qui aspire à grimper dans la société.
Ça c'est Éc Zemour. Donc c'est vrai que quand Eric Zemour dit ça, Bardella peut se faire passer pour celui qui va défendre les femmes en France. Il a dit aussi que euh le fait que Dominique Stroskan a été vu menoté à New York après l'agression qui a eu lieu au Sophitel et bien il a dit Zemour que Trosc noté c'était une castraction de tous les hommes une castration de tous les hommes français.
Voilà. Donc c'est sûr que ça rend un petit peu plus confortable pour le Rassemblement national en France en tout cas euh le la capacité à tenir ces discours fémonationalistes quand on a à sa droite euh et bien euh une figure aussi euh repoussante euh que qu'Éric qu'Éric Zemour. Mais ça a été dit, c'est pas simplement l'extrême droite qui exploite ces ce concept et qui et cette approche de de de déguisement de leur posture et de de de prétention de d'avoir une une politique qui permettrait de défendre les droits des femmes.
Euh ça a été fait aussi au sein même du gouvernement. Tu parlais des des fémocrates, euh tu parlais Sarah euh de Marlè Chiappa effectivement comme secrétaire d'État. Chargé de l'égalité entre les femmes et les hommes entre 2017 et 2020.
Marline Chapa a mis au centre de l'agenda politique de ce qu'on peut appeler le féminisme d'État. Elle a mis euh comme mesure principale un projet de loi pour la pénalisation du harcèlement de rue. Et on sait très bien euh ce qu'il y a derrière ce type d'approche.
Quand on concentre les luttes féministes sur le harcèlement de rue, on permet finalement à l'imagerie de l'extrême droite de progresser puisque on cadre uniquement et bien les oppressions des femmes dans le pays comme un problème qui serait territorialisé et même racialisé qui serait le fait exclusif de jeunes hommes migrants ou issus de l'immigration ou perçus comme étant issu de l'immigration post-coloniale et qui serait évidemment principalement maghrébine et africaine dans leur esprit et qui vivent dans des quartiers populaires. et toute la campagne politico-médiatique qui a eu lieu derrière cette mesure phare portée par Marlène Chapa quand elle était secrétaire d'État à l'égalité entre les femmes et les hommes. et bien toute la campagne politico-médiatique autour du harcèlement de rue constituait a constitué une opportunité formidable pour le Rassemblement national de faire progresser cette vision d'un d'hommes migrants barbare qui viendrait envahir le pays et s'attaquer à nos femmes blanches.
Ça c'est ce qu'ils ont eux dans leur tête évidemment. Alors cette ces mécanismes à l'œuvre homonationalisme et homonationalisme euh sont aussi ont aussi cours à l'international. Ce sont des instruments également géopolitiques.
Par exemple, ça a été dit par John Franco, Israël se présente comme un avre de tolérance pour les personnes LGBT QA plus au Moyen-Orient, notamment avec l'image du gay tel Avive et en opposant cette image à à au terroristes du Hamas, c'est ce qui nous est souvent dit, ce qu'on entend souvent comme discours qu'on nous oppose lorsqu'on euh évidemment soutient légitimement la cause de de la Palestine et la et la la dénonciation du du génocide. et bien on nous dit euh "Ah, vous soutenez les terroristes du Hamas qui jettent des homosexuels depuis les immeubles." Donc là, c'est typiquement un mécanisme aussi d'utilisation du concept euh d'homonationalisme et qui permet encore une fois de donner l'impression qu'il y aurait une société démocratique, libérale, occidentale ou en tout cas occidentalo compatible contre un monde extérieur barbare et souvent musulman ou en tout cas qui pratiquerait l'islam et qui serait dangereux et qui lui nuirait à la cause des personnes qui ont une sexualité différente.
En Inde aussi, le gouvernement nationaliste de maudit instrumentalise les droits des femmes pour stigmatiser les musulmans puisque il y a une campagne contre un prétendu love djihad. Il y aurait une organisation, l'organisation structurée en Inde d'un djihad par l'amour par des hommes musulmans qui épouseraient volontairement des femmes hindou pour les convertir. Et donc Maudit met en avant une lutte contre le love djihad qui serait la la capacité pour des musulmans d'épouser des femmes hindou et pour faire progresser une islamisation de la de la société.
Donc là encore, la rhtorique de la protection des femmes devient évidemment un prétexte à la répression et au contrôle de la sexualité interreligieuse. Aux États-Unis, Donald Trump, on se souvient que pendant la campagne la dernière campagne présidentielle, il a dit alors cette phrase c'est pareil, elle est elle est ahurissante mais venant de Donald Trump, plus rien ne nous surprend. Il a dit qu'une fois élu, il allait protéger les femmes qu'elles le veuillent ou non.
Voilà. Donc déjà Donald Trump Donald Trump en protecteur des femmes, on a vu on a vu plus rassurant euh et euh et puis donc qu'elle le veuille ou non. Donc lui c'est c'est une caricature de de la bêtise.
Il s'embarrasse même pas lui du vernis progressiste puisque c'est des paroles évidemment totalement misogines, patriarcales, paternalistes, tout ce qu'on veut. Euh et euh et on sait à quel point il déploie une politique catastrophique pour ce qui est pour ce qui est du droit des femmes euh aux États-Unis et notamment sur le droit euh à l'IVG et en Europe également. Euh ces postures fémonationalistes et homonationalistes sont aussi exploitées par plusieurs euh gouvernements et invoqués pour restreindre l'accueil des réfugiés avec l'argument que certains euh migrants, on l'a dit, euh menaceraient euh des valeurs pseudo occidentales de démocratie.
On l'a vu en Hongrie, on l'a vu en Italie, on le voit aussi en France où l'extrême droite mais aussi le gouvernement notamment avec Bruno Retaillot et bien utilise un un discours sécuritaire ou un discours de pseudoégalité pour légitimer des politiques racistes qui sont fermées aux solidarité internationale. Il y a donc un continuum idéologique qui va de l'extrême droite à l'extrême centre en ce que le discours de la protection des femmes ou des homosexuels est devenu un outil rhthorique qui permet à l'extrême droite de se présenter comme progressiste et c'est donc un retournement stratégique. Il y a ceux qui historiquement ont combattu les droits des femmes ou des minorités sexuelles qui aujourd'hui font semblant de s'approprier la lutte pour ses droits et finalement pour construire une frontière raciale et dans leur esprit civilisationnel.
Mais il y a des manières il y a des manières d'y répondre. Évidemment, on l'a dit, euh l'ascension de l'extrême droite, elle est totalement euh résistible et euh pour cela, ça a été euh évoqué également, il s'agit euh de revenir euh à euh la posture originelle. Il faut renouer avec une radicalité originelle des luttes dans les années 80 90. les luttes pour les droits des femmes, les luttes pour les droits des minorités sexuelles et bien étaient souvent perçues comme radicales et d'ailleurs plus que perçu, elles étaient radicales, elles étaient subversives, elles étaient parfois même antiétatiqu et il faut et bien et on le fait ici avec les insoumises et les insoumis, mais même plus largement dans la gauche et bien révolutionnaire dans le pays et bien revenir à une forme de radicalité originelle de nos luttes et ne pas nous les laisser voler par ces imposteurs et refuser que ces luttes soient devenues des symboles de modernité, qu'elles soient édulcorée ou qu'elles aient qu'elles se voi affublé des critères de distinction civilisationnelle.
Évidemment, il faut également euh ne pas permettre que euh et bien on puisse déconnecter les luttes. Il faut garder à l'esprit que les luttes féministes et LGBTI sont nécessairement nécessairement intrinsèquement dans une perspective décoloniale, dans une perspective anticapitaliste et antiraciste. On ne peut pas et bien finalement aborder ces questions d'égalité et c'est ce qu'on fait à la France insoumise.
On peut pas aborder les questions d'égalité entre les unes et les autres, entre les uns et les autres et bien en ne parlant pas de l'intersectionnalité des attaques que nous subissons. On ne peut pas éluder le fait que les discriminations et bien sont faites, comment dire, de manière coordonnée et de manière à ce que sont empilé les situations qui sont celles de chacune et chacun, qu'on soit perçu comme étant d'origine étrangère ou qu'on soit et bien qu'on revendique et bien une sexualité différente. Alors, il faut également ne pas laisser nos collectifs être gangrainé par ces ces ces ces collectifs déguisés qui proviennent finalement de l'extrême droite.
Ça a été le cas récemment dans la Pride à Paris puisque il y a des groupes comme les fiertés citoyennes que certaines et certains d'entre vous connaissent peut-être à Paris ou Eros également un collectif soi-disant de défense LGBTI et bien qui a été imposé par le ministre de l'intérieur dans la marche, le collectif de l'Inter LGBT, les 130 structures membres du collectif à Paris avaient souhaité que Eros et fierté citoyenne ne puisse pas marcher dans la marche dans la pride à Paris, dans la marche des fiertés. Euh et pourtant euh la préfecture a fait en sorte que euh ces euh deux collectifs euh totalement usurpateur et bien puissent puisse marcher, puisse être intégré euh à euh à la marche des fiertés euh malgré le fait qu'il soit très clairement raciste, islamophobe, quirphobe et qui refuse l'intersectionnalité et déforme les combats pour les droits LGBTI. Donc la seule réponse possible, c'est pas simplement l'indignation morale, c'est une politique de la rupture.
Il faut refuser les compromis avec les structures du pouvoir, refuser les oppositions imposées et œuvrer à une solidarité politique radicale, intersectionnelle et révolutionnaire. Et c'est sur ces bases que le programme l'avenir en commun a été pensé et qu'il est construit. Je l'ai dit euh il a été construit d'ailleurs en lien et en coordination avec les organisations féministes et LGBTI et en s'inspirant des travaux euh de cherche de chercheur de chercheurs de chercheuses d'universitaires et de nombreux collectifs qui contribuent qui contribuent aussi dans le cadre de l'Institut Labessie et bien à construire et à faire évoluer notre programme l'avenir en commun.
On conçoit à la France insoumise l'émancipation pleine et entière de chacune et chacun comme devant être profondément enraciné et le programme est un tout cohérent. On commencera par inscrire l'égalité de toutes et tous dans le cadre de la 6e République. C'est par l'élaboration d'une nouvelle constitution que les droits LGBTI et également évidemment les droits des femmes seront consacrés.
Euh c'est dans la 6e République que nous pourrons viser l'égalité réelle entre les femmes et les hommes, entre les personnes sixgenres et transgenres non binaire ou euh intersexué. Et euh nous consacrerons donc cette égalité dans la loi fondamentale où en tout cas nous créerons les conditions pour que l'Assemblée constituante, vous le savez, qui sera celle qui sera chargée de et bien de rédiger cette nouvelle constitution puisse euh rédiger, ancrer ses droits fondamentaux dans cette nouvelle constitution. Et puis euh il y a euh évidemment euh un ensemble de mesures que vous connaissez toutes et tous, sur lesquelles on va peut-être pouvoir revenir dans le cadre de l'échange puisque il y a maintenant un micro qui va euh circuler euh dans l'assemblée.
On va pouvoir revenir sur les mesures concrètes, sur les manières concrètes de répondre à ces discours usurpateurs qui détourn luttes et faire en sorte que l'extrême droite, cette vague brune qui semble monter partout, qui semble irrésistible et bien ne puisse pas remettre en cause nos droits avec en plus le cynisme et l'hypocrisie de faire semblant de jouer une sorte de théâtre pour arriver au pouvoir et de faire semblant de s'approprier nos luttes. Donc voilà, on va on va faire on va faire tourner un micro et prendre les interventions. Je sais pas qui pourrait se charger de faire passer micro.
C'est Sarah. Merci beaucoup. Euh bah déjà, merci euh pour cette conférence.
Euh je voulais parler du fait que donc vous avez parlé de la différenciation entre les pays qui soi-disant accepteraient les personnes LG GPT et d'autres qui ne les accepteraient pas. Mais j'aimerais bien que enfin préciser et rappeler que les pays qui ne n'acceptent pas entre guillemets les personnes LGBT si elles le font c'est pas juste comme ça. C'est aussi issu de la colonisation.
Euh si euh moi personnellement euh je suis africain, je suis même maghrébain. Euh si au Maghreb euh il y a euh de telles lois, c'est à cause de la colonisation française. C'est la colonisation française qui a apporté les LGBT phphobie dans nos pays et nos sociétés étaient bien plus progressistes que l'Occident actuel euh à cette époque-là.
Et euh et euh bah du coup pour illustrer euh bah ça, je voulais juste bah partager euh cette anecdote entre guillemets, le fait que euh aujourd'hui euh la punition euh pour le délit d'homosexualité au Maroc, c'est exactement exactement la même qu'il y avait dans le code français durant la colonisation et c'est vraiment exactement la même au niveau des durées et au niveau de l'argent. gens qui va être payé, sauf que maintenant bah c'est c'est transféré en en diram. Mais euh c'est exactement la même chose.
Et aussi, je voulais revenir sur par rapport à donc le fait que Israël, enfin la LGBT phobie d'Israël envers les Palestiniens pour dire que je sais pas si je pense que c'est pas très connu mais il y a eu et ça ça a été relié par Jewish Jewish Voices for Labor le fait que Israël a utilisé Grinder qui est une application je pense assez connue dans l'Assemblée euh pour euh avoir pour faire des de certains palestiniens des informants et pourir faire du blackmail en fait tout simplement. Et même au niveau même des si on parle juste des Israéliens, tout la toute la toute la le progressisme entre guillemets d'Israël n'est fait que pour alimenter l'appareil sionisme sioniste. Parce que on a par exemple l'exemple de d'une femme trans qui avait brûlé sa convocation à donc au service militaire qui racontait que à partir de ce moment-là, elle avait eu une explosion d'insulte transphobes qui lui était envers elle. euh qui a qui qui ça ça vraiment ça montre queà partir du moment où on se place euh en défaveur de l'apparitionniste, même si on est israélien, et ben euh on va se faire on va faire face à toute euh la LGPT phobie qu'il y a dans l'État israélien et qui n'est euh qui qui n'est pas et qui ne sera jamais euh notre allié.
Voilà. Merci beaucoup. Faut que je me rapproche.
OK, merci beaucoup. Euh moi je suis une femme trans et sur les réseaux je me prends beaucoup la tête avec des terfs et avec des homationalistes et LGBT nationaliste. En surtout LGB nationaliste.
Euh mais il y en a quand même des trans qui sont qui sont comme ça. Pour aller vite, je suis plutôt d'accord sur le fait que oui, il y a enfin l'extrême centre mais la gauche est pas très jojo non plus sur ces questionslà. notamment euh le PCF, notamment le PS et euh et que les TFS du PC qui ont qui se sont installés dans le PCF utilisent énormément les logiques islamophobes et euh et du coup essentialistes et biologisantes pour à la fois attaquer les personnes trans et ne pas nous considérer comme des femmes, mais aussi du coup ramener l'homme bah maghrébain, l'homme musulman comme un agresseur. qu' y a il y a il y a ces questionsl aussi qu'il va falloir ne pas euh laisser dans nos angles morts à gauche et même s'il y a des alliances possible possiblement et tout ça, voilà, moi je m'en j'en ai rien à branler du du de ces alliances là avec le le P le PS et le PC quoi. [Applaudissements] Bonjour, merci pour vos interventions.
Euh vous parliez tout à l'heure de ne pas déconnecter les luttes. Moi, je voudrais amener la discussion sur la question du travail du sexe parce qu'il me semble que les discours abolitionnistes sont complètement dans les logiques fémonationalistes et que il suffit de regarder par exemple le cas de ni ni soumise pour voir que les discours abolitionnistes, les discours islamophobes et les discours antitrans sont très liés. Donc, j'aurais bien voulu vous entendre sur ce sujet-là.
Merci. [Applaudissements] Alors très rapidement euh moi j'aurais aimé faire le lien euh entre la transphobie et l'apparente acceptation de l'homosexualité dans certains milieux notamment à droite où effectivement même au RN, on peut compter quelques quelques députés aujourd'hui qui ouvertement assume leur homosexualité. Alors, bizarrement, très peu de femmes lesbiennes, euh beaucoup d'hommes gay, euh six évidemment.
Euh et euh et justement le lien euh à faire avec cette proposition euh de loi qui a été portée au Sénat euh pour l'interdiction euh euh d'accès aux commentoires hormonaux pour les jeunes enfants trans euh qui à mon sens et là j'aurais bien aimé avoir votre avis, savoir si je peut-être je me fourvois à mon sens n'est qu'une forme d'homophobie déguisée euh qui en fait empêcherait les les jeunes trans d'accéder suffisamment tôt à cette thérapie pour que leur développement physique aille effectivement dans le sens de leur de leur genre de naissance et que le six passing donc le fait d'être détecté ou détectable on va dire dans leur dans leur transition soit impossible et qu'à tout moment on soit en capacité d'identifier une personne trans et donc de ne certainement pas pouvoir prendre le risque de d'être attiré ou de tomber amoureux amoureuse euh d'une personne trans par inadvertance. Et donc finalement que ce soit une homophobie euh déguisée derrière cette transphobie, peut-être me je me fourvoir. On va déjà répondre à ces questions et on verra ensuite si on a le temps parce qu'à 19h, il faut vraiment qu'on qu'on s'en aille.
Euh pour répondre peut-être à la dernière question, euh moi je pense que c'est la transphobie pure en fait, c'est plutôt que de l'homophobie déguisée, je pense qu'il faut pas trop trop chercher trop loin. C'est vraiment de la transphobie contre les mineurs trans. C'est vraiment quelque chose de de c'est me semble assez clair plutôt que qu' de l'homophobie.
Enfin voilà, ça ça c'est mon sentiment. Je je j'ai pas ça me semblait pas trop trop trop ambigu comme comme proposition. En fait, je pense que c'est ça va dans le dans le sens de de d'une campagne internationale contre les Tron qui est la même aux États-Unis.
On voit bien que la question et et en et et au et en Angleterre aussi la la question des mineurs est une question question centrale dans ces politiques terre transfobe euh qui se qui se joue dans dans ces pays dans ces pays aussi. Euh là, je voulais je voulais juste euh dire de deux mots sur la question de importante et peut-être un peu un peu large de euh de comment créer des des solidarités intersectionnelles. Euh et je pense que la la question qui a été posée sur la gauche, je pense qu'elle est importante euh justement pour répondre à cette question pour ne pas juste avoir une pétition de principe sur il faut avoir des luttes intersectionnelles et juste se dire voilà on a fait ça et c'est bon quoi.
Et je pense que une des façons pour avoir une lucidité sur ce qui est la possibilité de créer des luttes et des solidarités entre mouvement LGBTQI plus et les luttes des coloniales pour les pour aller vite, c'est justement faire un constat un peu lucide sur ce qui est aujourd'hui euh la forme qui prend la forme idéologique. qui prend la nation et le nationalisme. Et je pense que là aujourd'hui, on a un peu parlé, il faut pas évacuer la la question du fait que cette forme nationale de la nation contemporaine dans nos États occidentaux se fonde beaucoup sur un discours du progressisme qui est un progress un un discours de gauche.
Et c'est pour ça que c'est facile pour des partis de gauche comme le PC, le PS avoir avoir des des des discours homonationaliste parce que en fait c'est des billes le progressisme qui sont faciles enfit sont faciles à à à jouer dans le discours nationaliste parce que la nation se fonde, il faut le dire en fait, il faut le dire que notre non nation se fonde aussi aujourd'hui beaucoup sur ce discours progressiste et du progressisme. Et est-ce que on est capable de dire ça sans renoncer au progressisme ? parce que moi aussi je progressiste mais je je voudrais pas renoncer au progressisme mais en se disant que il est le ce discours progressiste crée aussi ces phénomènes au bonationalisme et féminationalisme en divisant les bons et les mauvais qui peuvent ou veulent ou euh comment dire accepter ce même discours ou qui même peuvent accepter ce même discours.
Je fais un exemple un peu concret. Euh, il y a un discours dans les dans les dans les mouvements cuir notamment un peu alternatif sur l'abolition de la famille. OK.
C'est un un un discours très progressiste qui répond des luttes des années 70 contre la famille nucléaire. Ce que je vous disais tout à l'heure aussi. Est-ce que ce discours antifamille contre la famille de dépérissement de la famille d'abolition de la famille est un discours qui aujourd'hui actuellement est un discours qui crée des ponts avec le mouvement des coloniales et et est-ce que c'est possible pour des des des personnes non blanches en France dire fac la famille je me je me je n'ai rien à dans ma famille c'est pas possible et donc voilà c'est est-ce qu'on est capable même dans nos propres mouvements de se dire voilà, il y a certaines choses du progressisme qui de discours progressistes qui pose problème à ces solidarités intersectionnelles.
Est-ce que on est capable de le faire ? Est-ce qu'on peut commencer de là plutôt que se dire "Oui, on est tous ensemble, on fait l'intersectionnalité, on est tous gentils et et on continue." Ça ce sont des points d'achopement, je pense important et qu'il faut avoir en tête pour ne pas justement se dire c'est l'estr droite les méchants, nous on est des gentils.
C'est pas aussi simple que ça je pense. C'est pas seulement les droites qui qui instrumentalise. Il y a aussi des questions qui sont plus profondes comme je vous disais, c'est des questions qui dérivent d'une histoire longue du colonialisme et du et de l'impérialisme qui se joue aujourd'hui aussi. de c'est ce sont des des questions qui se qui sont des questions importantes et qui il faut prendre un petit peu de de face quoi.
Il faut pas se cacher derrière un un discours un peu angélique sur voilà, je dis pas que on on le fait ici, mais voilà, c'est quelque chose qui moi ça me tient à cœur parce que je pense que c'est seulement avec cette lucidité que lucidité qu'on peut commencer à avoir des des discussions euh avec un un un champ un champ des coloniales qui a a d'autres priorités par ailleurs qui est par exemple exemple l'abolition de la famille parce que la famille pour pour les pour les les les personnes non blanches est aussi un un une forme de sécurité contre les politiques racistes qui qui existent en France pour et que donc on a absolument pas envie d'y renoncer et donc ces solidarité familiale c'est impossible de de dire voilà soyez progressistes abolissons la famille on passe à autre chose. chose quoi. Ben non, en fait, c'est pas si simple que ça.
Merci. de la famille. Ouais, je vais euh prendre la question sur le travail du sièxe.
Alors, il y a un débat dans la France insoumise, on discute, on on n'est pas voilà dans un un mouvement qui serait sclérosé, caporalisé ou comme d'ailleurs certains ou certaines ou certains parfois aiment aiment aiment le prétendre. Moi, je crois que en tout cas, je je m'exprime là personnellement, je crois que la loi de 2016 a montré très clairement des effets des effets pervers. Euh on entend les revendications, j'entends les revendications.
J'ai eu à Strasbourg dans ma circonscription des échanges assez nombreux sur le sur le sujet. euh le fait que cette loi et bien pense pouvoir mettre dans un même dans une même approche, dans un même voilà un même couloir quelque part et bien des personnes qui euh subissent la prostitution, qui subissent le travail du sexe et des personnes qui souhaitent, qui demandent, qui veulent librement pouvoir exercer le travail du sexe. bien la la loi de pénalisation des des clientes et des clients et bien elle a créé des grandes difficultés de sécurité, des grandes difficultés de précarité pour des personnes qui nous disent librement voilà moi je souhaite je souhaite pouvoir continuer d'exercer donc on l'entend je l'entends il y a euh des il y a un livret LGBTI dont fait partie d'ailleurs D'ailleurs, c'est Golen qui est ici présente, ma collègue députée qui s'empare de ces sujets, qui s'est emparé de ces de ces sujets.
Euh c'est le livret pour être complet LGBTI et droits nouveau. et et c'est Golen a déposé un elle s'est emparé du sujet dans le sens où elle a écrit un rapport pardon écrit un rapport sur la pornographie qui va dans le sens de la protection des travailleurs du sexe. que moi je crois effectivement qu'on doit entendre le fait que des personnes nous disent que on peut pas comme ça sous prétexte de principes moraux et bien penser pouvoir avoir une posture qui serait morale sur voilà des des personnes qui souhaitent pouvoir exercer le travail du sexe librement.
Il y a un syndicat à Strasbourg d'ailleurs qui défend ces personnes et moi je crois que il faut les entendre et en tout cas je euh les entends, je vous entends pour celles et ceux qui dans ma circonscription ont souhaité aborder ce sujet avec moi. Voilà. [Applaudissements] Merci pour vos remarques et questions.
Euh en fait euh pour préparer l'intervention de de ce soir, j'ai j'ai retrouvé un texte des années 80 d'une sociologue féministe matérialiste qui s'appelle Colette Guillomin qui a écrit un très beau livre sur la perception raciste qui s'intitule l'idéologie raciste. Et j'avais complètement oublié qu'elle écrit un texte où elle dit qu'effectivement les racistes aujourd'hui sont ceux qui utilisent le mot de progrès ou de culture et qui ne peuvent plus utiliser le mot race. Donc je vous je vous la cite, c'est un passage très court.
Définir société, peuple et communauté par leur culture et aujourd'hui aujourd'hui les années 80 considéré comme un mode légitime des connaissances de la diversité humaine. Cette opinion est largement partagée bien au-delà des sphères culturalistes. Mais quand on parle de culture, on entend identité, racine, différence.
Un tel ensemble référentiel, racine, différence, identité est censé rendre compte de la culture. Chaque culture serait à la fois stable dans son identité immémorielle par ses racines et spécifiques d'un sa différence. Et c'est précisément l'ensemble qui était jusqu'ici formulé sous la notion de race.
Donc les rapports sociaux disparaissent sous le caractère unifiant de la notion de culture alors même qu'on pensait éviter la substance infuyant l'idée de race. Le mot de race, on la retrouve entière sous le mot culture. Race et culture sont devenues synonyme dans le système de perception raciste contemporain.
Merci beaucoup. On va prendre une dernière question. Il y avait une dame.
Ah ben venez. Et Tristan moi j'avais plein de questions mais je vais juste amener enfin amener une une remarque sur la question de l'effet l'efficacité électorale de l'homonationalisme et du fémonationalisme. Ça ça a été mentionné le fait que l'extrême droite aujourd'hui en France, il y a autant de femmes que d'hommes qui votent pour le pour le RN.
Il y a il y a deux éléments intéressants quand même. Là en 2024, il y a un article qui vient de sortir qui montre que en fait les femmes qui votent pour le RN sont significativement plus sexiste que les autres femmes. Et en fait, c'est pareil par parmi les personnels GBTQUA plus qui votent pour le FN, qui sont pas si nombreuses que ça parce que les personnels GBTQA+ votent très majoritairement pour la gauche.
Euh et ben en fait c'est les plus hostiles aux droits des personnes trans, ça c'est pas surprenant, mais aussi des droits des personnes homosexuelles qui votent pour le RN. Et je pense qu'il faut se méfier d'une lecture euh qui penserait cette stratégie homonationaliste effet nationaliste comme efficace. Et d'ailleurs, l'un des derniers sondages qui est sorti, qui a été publié sur le le vote des personnes LGB, de mémoire, il y avait pas les personnes LGBT, c'est un sondage de Hexagone commandé par Hexagone Fingtong de Pierre Edwards Terrain.
Donc je pense qu'il y a un enjeu à regarder aussi qui produit des données sur l'effectivité de cette stratégie homaliste parce que ça ça en fait partie en fait. Voilà. [Applaudissements] Oui, je voulais je vous remercie hein parce que ça fait du bien un peu de voilà euh parce qu'il pas du trop voilà de féminisme de de réflexion autour de tout ça.
Je voulais, vous avez insisté sur l'intersectionnalité et je vous en remercie parce que je voulais je voulais dire mon profond comment dire euh en inquiétude sur le fait de ne pas traiter tous les systèmes de domination en même temps et de privilégier parce que des attaques sont plus spécifiques apparemment euh sur du côté côté du enfin que sur d'autres c'est que si on maintient si on oublie de lutter sur un des systèmes de domination qui le patriarcat quel capitalisme qui est le colonialisme qui est le racisme et bien on justifie qu'il que ça perdure c'estd queon maintienne tous les systèmes de domination en fait et en en croyant que l'accent doit être mis sur l'un plus que sur l'autre. Donc je trouvais que c'était important de le dire et ce que je voulais dire aussi c'est que les essentialistes, j'ai fait partie des moments féministes, voilà, j'ai participé entre autres aux luttes pour le droit, l'avortement et la contraception. Euh je voulais dire que ce qui est euh comment dire fondamental dans le des luttes antipatriarcales, c'est la sexualité qui n'est pas euh qui ne produit pas d'enfant, c'est-à-dire la maîtrise sur le corps euh de des hommes ou des femmes. et ça li ça lie l'homosexualité, la transsexualité et le droit à disposer de son corps et du laisser faire le enfin de laisser que ce soit les dominants, les pouvoirs politiques qui est ce droit sur le corps de chacun d'entre nous et sur notre sexualité.
Et ça, je trouve que c'est un enjeu important qui nous lie avec les autres et qu'on avait revendiqué. Et je voulais dire autre chose dans les courants matérialistes dont je faisais partie. On s'est battu pour mettre en place des formes de comment dire de militant des constructions euh des organisations politiques entre autres le MLAC qui était qui était des mouvements mixtes la CADAC le pour le droit à l'avortement à la contraception qui étaient des coordinations d'association de syndicats et d'organisations politiques et que parallèlement on se battait pour qu'à l'intérieur de ces organisations existent des commissions femmes et des commissions homo et contre bon et je trouve que c'est important ce va et vient c'est-à-dire que il y a un lien entre les luttes spécifiques et les organisations politiques syndicales et associatives voilà c'est tout ce que je voulais dire on a plus que 2 minutes.
Lequel d'entre vous laquelle ? Ben peut-être juste un un petit mot de de conclusion. En fait, je me rends compte que c'était pas tant des questions vos prises de parole et tant mieux.
Non mais tant mieux parce que c'est des compléments et on n'est pas ici pour délivrer un savoir ou une pensée ou on est là pour échanger, on est là pour avancer, pour faire avancer les idées et c'est évidemment collectivement qu'on le fait et qu'on continuera de le faire. Donc merci pour tous les compléments qui ont été apportés très justes qui ont permis de d'affiner d'affiner ce qui a été dit à ces tables. Et je crois que cette conférence justement tout son intérêt c'est que toutes les prises de parole ont permis d'alimenter la réflexion.
Donc merci à toutes et à tous. Belle fin de soirée tout le monde, belle fin d'amphi aussi et à très très vite dans les luttes. Merci. [Applaudissements]
Emmanuel Fernandes