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InterviewFrance Inter — L'invité de 6h20 (sur Site radio)· 24 juin 2024 7 minContradictoireActualité / polémiqueTravail & emploiSolidarités & familleÉconomie & entreprisesInstitutions & élections

Nathalie Arthaud : "Ce n'est pas un barrage qu'ils ont fait, c'est une autoroute pour le RN"

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 30 %Attaque 60 %Défensif 10 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 71 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:30OuverteRéponse directe

    Est-ce que vous avez hésité à rejoindre le nouveau Front populaire ?

  • 1:15RelanceRéponse partielle

    Exceptionnellement, vous n'êtes pas dit qu'il fallait que toutes les forces de gauche soient unies.

  • 2:00OuverteRéponse partielle

    Pourquoi vous ne faites pas plus aux élections ?

  • 2:32RelanceRéponse partielle

    Mais dans les urnes, c'est vers le RN, 54% des ouvriers déclarent avoir voté pour Jordan Bardella aux dernières européennes.

  • 3:27RelanceRéponse partielle

    Mais c'est quand même un constat d'échec pour vous.

  • 4:19OuverteRéponse directe

    Mais votre adversaire numéro un, c'est la gauche ou c'est le RN ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:41Invité politiqueFait
    « Non. Non, parce que nous ne faisons pas confiance dans le nouveau Front populaire. »
  • 0:46Invité politiqueFait
    « Parce qu'il réunit des partis qu'on a vus au pouvoir, qui ont trahi les intérêts du monde du travail »
  • 1:30Invité politiqueFait
    « Ce n'est pas un barrage qu'ils ont fait, c'est une autoroute. Voilà, pour le RN. »
  • 1:42Invité politiqueFait
    « Nous, nous menons le combat bien sûr contre le RN, parce que là, sa politique est un poison pour le monde du travail. »
  • 2:12Invité politiqueFait
    « D'abord, je tiens à dire que quand ils veulent se battre, quand ils veulent faire grève, quand ils veulent se mobiliser, c'est de notre côté qu'ils regardent. »
  • 2:38PrésentateurChiffre
    « Mais dans les urnes, c'est vers le RN, 54% des ouvriers déclarent avoir voté pour Jordan Bardella aux dernières européennes. »
  • 3:50Invité politiqueFait
    « Elle en a fait quoi ? »
  • 3:57Invité politiqueFait
    « Elle s'est écrasée, cette gauche. »
  • 4:21Invité politiqueFait
    « Notre adversaire numéro un, c'est bien évidemment Emmanuel Macron, sa politique entre ouvrières, et le RN, et le RN, qui, en effet, est un danger grave pour le monde du travail. »
  • 5:03Invité politiqueFait
    « Le RN, en plus, effectivement, de mentir, de mentir sur sa politique, mais on voit très bien, quand même, comment Bardella, il a déjà abandonné l'abrogation de la retraite à 64 ans. »
  • 5:26Invité politiqueChiffre
    « 200 milliards de fortunes. »
  • 6:01Invité politiqueChiffre
    « 2 millions d'euros. »

Temps de parole

  • Nathalie Arthaud78 %
  • Présentateur22 %

0 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

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0:00
Présentateur

Il est 6h21, dans un monde politique en pleine recomposition, avec des alliances qui se font et se défont. Voilà un pôle de stabilité, un parti qui se distingue par sa constance, qui n'a jamais changé de ligne. C'est Lutte Ouvrière et je reçois sa porte-parole. Bonjour Nathalie Arthaud. Bonjour. Pour ces législatives, Lutte Ouvrière présente des candidats dans 550 circonscriptions sur 577. Vous êtes vous-même candidate. Est-ce que vous avez hésité à rejoindre le nouveau Front populaire ?

0:35
Nathalie Arthaud

Non. Non, parce que nous ne faisons pas confiance dans le nouveau Front populaire. Parce qu'il réunit des partis qu'on a vus au pouvoir, qui ont trahi les intérêts du monde du travail, qui les ont laissés confrontés au licenciement, aux fermetures d'usines, à cette dégringolade du pouvoir d'achat, à ce délitement des quartiers ouvriers, au fait qu'il n'y a même plus maintenant de médecins pour se soigner. Enfin voilà. Donc c'est finalement cette politique-là qui a été menée par Mitterrand, Jospin, Hollande. Et comment croire qu'on pourrait aujourd'hui leur refaire confiance ? Donc vous savez, même pour faire barrage au Rassemblement national...

1:17
Présentateur

Oui, c'est ce que j'allais dire. Exceptionnellement, vous n'êtes pas dit qu'il fallait que toutes les forces de gauche soient unies. On voit que le NPA de Philippe Poutou est dans le nouveau Front populaire.

1:24
Nathalie Arthaud

Combien de fois nous ont-ils dit, votez pour nous, nous allons faire barrage au RN, on va le faire reculer, etc. Ce n'est pas un barrage qu'ils ont fait, c'est une autoroute. Voilà, pour le RN. Parce qu'encore une fois, ils ont abandonné le monde ouvrier. Donc c'est tout ça qui ressort aujourd'hui. Donc nous, nous menons le combat bien sûr contre le RN, parce que là, sa politique est un poison pour le monde du travail. A commencer par sa division, le fait de dresser des travailleurs les uns contre les autres. Mais ça sera tout en exprimant notre méfiance, justement, vis-à-vis de la gauche. C'est pourquoi il y aura des candidats luttes ouvrières dans quasiment toutes les circonscriptions.

2:00
Présentateur

Mais pourquoi vous ne faites pas plus aux élections ? Je vais citer juste les deux dernières, 0,56 à la dernière présidentielle, 0,49 aux dernières européennes. Pourquoi les travailleurs qui sont votre priorité, vous venez de le dire, ne vous suivent pas davantage ?

2:12
Nathalie Arthaud

D'abord, je tiens à dire que quand ils veulent se battre, quand ils veulent faire grève, quand ils veulent se mobiliser, c'est de notre côté qu'ils regardent. Ce n'est pas du côté du RN, dont ils savent, en réalité, qu'ils sont des paillassons, en fait, des plus riches et du grand patronat. C'est du côté de militants comme nous que les travailleurs regardent.

2:32
Présentateur

Mais dans les urnes, c'est vers le RN, 54% des ouvriers déclarent avoir voté pour Jordan Bardella aux dernières européennes.

2:38
Nathalie Arthaud

Et je pense qu'il y en a encore plus qui s'abstiennent. Parce qu'en fait, ils réalisent que de toute façon, il faut qu'ils se débrouillent par eux-mêmes. Voilà, ils n'ont pas le choix. Ceux qui ont le pouvoir, en effet, ne s'intéressent pas à leur sort, à leurs conditions de vie, etc. Mais le problème, si vous voulez, des élections, c'est toujours la même chose. Il faut trouver un sauveur suprême, celui qui va vous sauver. Et nous, les ouvriers, nous disons qu'il n'y en a pas. Ça va dépendre de notre capacité à nous unir, à nous battre, que les avancées que les travailleurs ont obtenues, ils les ont arrachées au travers des grèves, des manifestations, des mouvements sociaux profonds.

Donc, ça nécessite, en effet, d'avoir confiance dans notre propre capacité. Et c'est cela que nous avons perdu. Et nous, nous disons qu'il faut retrouver cela, parce que sinon, on reculera encore et toujours.

3:27
Présentateur

Mais c'est quand même un constat d'échec pour vous. Vous le dites, les ouvriers font appel à vous quand il s'agit de se battre dans les usines. Mais quand il s'agit de mettre un bulletin de vote, ce n'est pas le vôtre, c'est celui du RL.

3:35
Nathalie Arthaud

Non, c'est un constat d'échec pour la gauche. Je tiens d'abord à le dire, parce qu'elle a eu le pouvoir, elle. Et ô combien, elle a eu le pouvoir, avec toutes les manettes, même à une époque. Elle en a fait quoi ? Elle en a fait quoi ? Au bout du compte, ils sont écrasés, écrasés devant les Bernard Arnault, les Mulies, les Peugeot, devant le grand patronat, devant les plus financiers, devant les spéculateurs. Elle s'est écrasée, cette gauche. Nous, effectivement, on ne nous a pas encore vus au pouvoir. On n'a pas vu notre projet. C'est-à-dire que les travailleurs eux-mêmes dirigent cette société.

Et moi, j'espère, en effet, qu'un jour, les travailleurs trouveront la force, l'énergie de se révolter pour dire, c'est à nous, finalement, de gérer toute cette société-là, parce qu'elle marchera mieux. Mais votre adversaire numéro un, c'est la gauche ou c'est le RN ? Notre adversaire numéro un, c'est bien évidemment Emmanuel Macron, sa politique entre ouvrières, et le RN, et le RN, qui, en effet, est un danger grave pour le monde du travail. Vous savez, pour le monde du travail, il y a une chose qui est évidente, et ça, c'est vrai dans toutes les entreprises, la force, leur force, la force des travailleurs, c'est leur nombre, c'est donc leur unité.

À partir du moment où ils se divisent, ils ne peuvent plus, finalement, se défendre contre la rapacité patronale, contre tous les coups qui leur tombent dessus dans les entreprises. Et dès qu'ils ont besoin, donc, dès qu'ils veulent se défendre, bah oui, il faut qu'ils trouvent cette unité-là. Et le RN, en plus, effectivement, de mentir, de mentir sur sa politique, mais on voit très bien, quand même, comment Bardella, il a déjà abandonné l'abrogation de la retraite à 64 ans. On voit comment il ne supprimera pas la TVA sur les produits de nécessité. Il ne dit pas dans un premier temps, mais un peu plus tard. Oui, enfin, on connaît l'histoire. La gauche, elle nous l'a fait, d'ailleurs.

Ah oui, mais il n'y a plus d'argent dans les caisses. Mais qu'est-ce que c'est que cette blague-là ? Il n'y a plus d'argent dans les caisses de Bernard Arnault ? 200 milliards de fortunes. Les caisses de la grande bourgeoisie débordent. Il n'y a plus d'argent dans ce pays ? Mais bien sûr que s'il y en a. Il y en a pour mettre, y compris le SMIC, à 2 000 euros, vous voyez ? Donc, il y a tous ces mensonges-là du RN. Et encore une fois, il y a cette politique de division du monde du travail.

5:44
Présentateur

Nathalie Arthaud, une dernière question. Il y a plein de petits partis qui disent avoir du mal à organiser cette campagne juste après les européennes. Comment faites-vous pour financer, vous, ces législatives ? Lutte ouvrière a les moyens de soutenir 550 candidats ? De faire imprimer tous les bulletins de vote, les professions de foi, etc.

5:59
Nathalie Arthaud

C'est très cher. Ça nous coûte. Ça nous coûte beaucoup. 2 millions d'euros. C'est une élection qui nous coûte. Qui nous coûte, effectivement. Mais quand on est des militants, quand on se bat, quand on veut se donner les moyens, justement, de proposer une politique aux travailleurs, de leur redonner confiance dans ce qu'ils font, etc. Eh bien, on se donne les moyens. Voilà. Donc, on se donne les moyens. Et d'ailleurs, on a y compris des soutiens. On a y compris des femmes et des hommes qui sympathisent et qui veulent nous aider à faire entendre cette voix.

Ceux qui voudront voter et contre Bardella et contre Macron, tout en exprimant une méfiance vis-à-vis des partis de gauche, ils pourront le faire avec nos 550 candidats.

6:36
Présentateur

Nathalie Arthaud, porte-parole de lutte ouvrière et candidate vous-même aux législatives.