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InterviewFrance Inter — L'invité de 6h20 (sur Site radio)· 28 janvier 2016 5 minComplaisantActualité / polémiqueLogementSantéÉconomie & entreprises

Christophe Robert

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 30 %Défensif 70 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 93 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:17OuverteRéponse directe

    Bonjour Christophe Robert.

  • 0:24OuverteRéponse directe

    3,8 millions de personnes souffrent du mal-logement ou d'absence de logement personnel, et si on élargit, ce sont près de 15 millions de personnes qui sont touchées à des degrés divers par la crise du logement.

  • 2:10OuverteRéponse directe

    Qu'est-ce qui ne fonctionne pas ?

  • 2:49OuverteRéponse directe

    pourtant ça fait maintenant 9 ans que le droit opposable au logement existe, c'est dans la loi, qu'est-ce qui s'est passé ?

  • 3:05FerméeRéponse partielle

    Donc ça c'est plutôt une note positive ?

  • 3:30OuverteRéponse directe

    Et de la même façon, vous pointez le fait que certaines promesses gouvernementales ne sont pas respectées quand il s'agit de créer, par an, 150 000 logements sociaux, on en est encore loin.

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:34Invité politiqueFait
    « Oui, parce que davantage de personnes sont à la rue, vivent dans des bidonvilles. »
  • 0:46Invité politiqueChiffre
    « juste un chiffre, mais les personnes qui vivent à la rue, leur espérance de vie c'est 49 ans. »
  • 2:51Invité politiqueChiffre
    « Au jour d'aujourd'hui, 60 000 ménages ont été reconnus prioritaires au titre de ce nouveau droit au logement opposable, et ne se sont pas vus proposer de logement »
  • 3:42Invité politiqueChiffre
    « Oui, on attendait 500 000 logements, toutes catégories confondues, on en a 350 000 l'année dernière »
  • 3:48Invité politiqueChiffre
    « on attendait 150 000 logements sociaux, nous en avons 110 000 »
  • 4:22Invité politiqueChiffre
    « Je rappelle qu'il y a 11 millions de personnes qui souffrent de précarité énergétique. »
  • 4:28Invité politiqueChiffre
    « 500 000 logements par an, dont 250 000 pour les modestes. »

Temps de parole

  • Christophe Robert66 %
  • Présentateur27 %
  • Locuteur non identifié7 %

1,9 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Locuteur non identifié

Votre invité ce matin, Éric Delvaux, c'est Christophe Robert, le délégué général de la Fondation Abbé Pierre, qui remet aujourd'hui son 21ème rapport annuel sur l'état du mal-logement en France.

0:09
Présentateur

Oui, un rapport qui dénonce le manque d'ambition des politiques, et vous insistez cette année sur les liens de cause à effet entre le logement et la santé. Bonjour Christophe Robert. Bonjour. 3,8 millions de personnes souffrent du mal-logement ou d'absence de logement personnel, et si on élargit, ce sont près de 15 millions de personnes qui sont touchées à des degrés divers par la crise du logement. Et vous pointez cette année des aggravations alarmantes, dites-vous.

0:34
Christophe Robert

Oui, parce que davantage de personnes sont à la rue, vivent dans des bidonvilles. On a rencontré énormément de personnes dont les situations de mal-logement provoquent des effets délétères sur la santé, juste un chiffre, mais les personnes qui vivent à la rue, leur espérance de vie c'est 49 ans. 49 ans, plus de 10 ans de plus que la moyenne, 20 ans de plus que la moyenne.

Et on s'aperçoit qu'aussi bien du côté de ceux qui sont sans logement ou mal logés, on a une recrudescence des épidémies, des problèmes sanitaires globaux, mais aussi ceux qui sont mal logés, c'est-à-dire qui ont la chance d'avoir un logement, mais de mauvaise qualité, ça peut accroître les risques de pathologie, les problèmes d'asthme, le repli sur soi aussi du point de vue social, le saturnisme. Donc des situations extrêmement dures dont on devrait prendre la mesure pour agir en conséquence.

1:23
Présentateur

D'autant que mal-logement et santé, c'est une spirale vicieuse, car comme vous le rappelez dans votre rapport, le mal-logement rend malade, mais la maladie aussi peut conduire au mal-logement, c'est un cercle vicieux.

1:36
Christophe Robert

Oui, on sait que, faute d'accompagnement social suffisant, beaucoup de personnes qui sont confrontées à des problèmes psychologiques, psychiatriques, sont à la rue, et c'est pas forcément la compétence des acteurs sociaux, du logement, que de savoir comment faire avec ces personnes. Donc on appelle vraiment à mobiliser des moyens très importants autour de l'accompagnement social, et puis redonner aussi la chance aux personnes quand elles chutent, leur redonner, leur retendre la main, une fois de plus, c'est une question de dignité pour notre pays.

2:02
Présentateur

Vous allez même plus loin dans le rapport, vous dites qu'il y a un dysfonctionnement, un manque de concertation exactement, entre les acteurs médico-sociaux et les structures d'hébergement. Qu'est-ce qui ne fonctionne pas ?

2:12
Christophe Robert

Écoutez, ce sont deux secteurs qui sont relativement cloisonnés. Alors vous avez quelqu'un qui a un problème de santé majeur, un problème psychique par exemple, dans son logement, alors vous allez résoudre peut-être une partie de son problème de santé, et en fait, vous apercevez qu'il est dans un logement de mauvaise qualité, et que ça crée des troubles par ailleurs, donc il faut absolument qu'on fasse se rencontrer ces deux secteurs, et on appelle d'ailleurs les médecins qui souvent constatent les problèmes de santé à cause du logement, à nous rejoindre dans ce combat contre le mal-logement, il faut élargir la coalition en quelque sorte.

2:39
Locuteur non identifié

Vous avez évoqué le mal-logement, maintenant il y a toujours ce problème de 100 logis, pourtant ça fait maintenant 9 ans que le droit opposable au logement existe, c'est dans la loi, qu'est-ce qui s'est passé ?

2:51
Christophe Robert

Au jour d'aujourd'hui, 60 000 ménages ont été reconnus prioritaires au titre de ce nouveau droit au logement opposable, et ne se sont pas vus proposer de logement, alors globalement ça fonctionne dans la plupart des départements, et ça permet de jouer à un filet de sécurité pour ceux qui sont passés au travers des mailles.

3:05
Locuteur non identifié

Donc ça c'est plutôt une note positive ?

3:06
Christophe Robert

Oui, sauf dans les secteurs extrêmement tendus, où il manque de logement, où le logement est trop cher, je pense à l'Île-de-France, à PACA, là c'est une catastrophe, et on a laissé tomber, alors que ce droit au logement opposable, c'est déjà pour qualifier qui doit être prioritaire, et qui doit être logé en urgence. Donc c'est un vrai coup de gueule que l'on pousse, en disant, on a reconnu cette priorité, et on n'a pas fait le nécessaire, on ne s'est pas mobilisé, comme si finalement, on laissait tomber les plus fragiles dans notre pays.

3:30
Présentateur

Et de la même façon, vous pointez le fait que certaines promesses gouvernementales ne sont pas respectées quand il s'agit de créer, par an, 150 000 logements sociaux, on en est encore loin.

3:42
Christophe Robert

Oui, on attendait 500 000 logements, toutes catégories confondues, on en a 350 000 l'année dernière, on attendait 150 000 logements sociaux, nous en avons 110 000, ça montre bien qu'il faut développer la mobilisation du foncier public, débloquer des moyens financiers pour construire davantage de logements sociaux, et redonner comme ça du pouvoir d'achat aux ménages les plus modestes dans notre pays.

4:02
Présentateur

On parle de ce qui marche mal, vous êtes plutôt positif, la fondation Abbé Pierre, quand vous vous félicitez du chèque énergie, par exemple, ça, ça marche ?

4:11
Christophe Robert

Oui, on pointe dans ce rapport que la loi de transition énergétique est extrêmement ambitieuse et positive. Le chèque énergie va permettre de toucher davantage de personnes qui souffrent de précarité énergétique. Je rappelle qu'il y a 11 millions de personnes qui souffrent de précarité énergétique. De la même manière, on a des objectifs ambitieux de rénovation thermique, 500 000 logements par an, dont 250 000 pour les modestes. Là où on est un tout petit peu plus nuancé, c'est de dire, voilà, il y a eu des bons objectifs, mais aujourd'hui les moyens ne sont pas en ordre de marche pour pouvoir atteindre ces objectifs.

Et on ne peut pas d'un côté voter une loi, une bonne loi, avec des bons objectifs, et puis derrière, espérer que ça tourne tout seul. Non, c'est un engagement de la collectivité, ça aura un impact sur l'emploi, la fracture énergétique, sur le pouvoir d'achat des plus modestes, il faut foncer.

4:53
Présentateur

Et bien voilà, ce sera donc l'appel ce matin de Christophe Robert, le délégué général de la Fondation Abbé Pierre, pour que le gouvernement et les politiques en général ne renient pas les lois existantes et qu'ils aillent encore plus loin. Merci Christophe Robert. Et pour ce rapport, on en reparlera aujourd'hui sur France Inter, et bonne journée.

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