Tout est-il vraiment bon dans le cochon ? | VIP Very Important Paysans
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 58 %Attaque 10 %Défensif 29 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 94 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 20:00OuverteRéponse directe
Comment vous le vivez, cette image décriée de votre métier ?
- 25:00OuverteRéponse directe
Quelle est la critique la moins fondée selon vous ?
- 35:00OuverteRéponse directe
Est-ce que c'est possible de trouver un compromis entre marge de l'éleveur et bien-être animal ?
- 45:00OuverteRéponse partielle
Le consommateur accepte-t-il de payer pour le bien-être animal ?
- 55:00OuverteRéponse directe
Pourquoi 95 % des cochons en France sont élevés en bâtiment fermé ?
- 1:15:00OuverteRéponse directe
Quels sont les chiffres de la crise énergétique pour les agriculteurs de la Marne ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 22:00Anne PosticFait
« Moi, je coupe la queue parce qu'en fait ils sont en groupe, il y a plusieurs cochons et ils commencent à se mordiller la queue. »
- 24:00Anne PosticFait
« Un cochon paralysé, on est obligé de l'euthanasier. »
- 38:00Anne PosticFait
« On a des frais pour le bien-être animal, pour la biosécurité... Et le kilo de cochon n'a pas forcément monté. »
- 50:00Charles de CoursonChiffre
« Sur le plateau, on est tombé à 100 euros l'hectare de revenus. »
- 1:50:00Charles PerdereauChiffre
« Il faudrait qu'on soit autour de 200 euros la tonne achetée au producteur. »
- Fait
« il faut des productions qui répondent à un marché. Si personne n'achète le produit à la fin, il n'y a aucun intérêt. »
- Fait
« il faut de la biodiversité, qu'il faut de l'eau sur nos exploitations et que tout le monde s'y retrouve et qu'on arrive à avoir un gain économique pour tout le monde. »
- Fait
« Mangez des oignons, évidemment, mais français. Et de l'ail aussi. »
Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Générique Chaque matin, ils sont debout aux aurores. Ils prennent soin de leurs champs, de leurs bêtes, de leurs fermes, pour nourrir chacun d'entre nous. Ce sont nos 600 000 héros du quotidien, des VIP, des "Very Important Paysans". -Amis des campagnes, amis des villes, bonjour !
Soyez les bienvenus sur LCP pour un nouveau numéro de "VIP, Very Important Paysans", la première émission d'information consacrée au monde agricole et à celles et ceux qui s'engagent chaque jour pour nous nourrir. Ils vont nous rejoindre dans quelques instants pour parler de leur vie d'agriculteur, de leurs produits et surtout de leur savoir-faire. Alors OK, il y a le savoir-faire et il y a aussi le faire savoir.
Et pour ça, on peut compter sur nos "Very Important Partenaires". Bonjour, Louise. -Bonjour. -Comment ça va ? -Ca va très bien, merci. -Louise, aujourd'hui, vous allez nous parler d'un artisan, éleveur basque qui a réveillé toute une vallée endormie. -Oui, je vais vous parler de Pierre Oteiza et je suis ravie de vous partager son parcours. -On attend ça avec plaisir.
A vos côtés, il y a l'agriculteur du plateau. Jean-Baptiste Vervy, messieurs, dames, on l'appelle du très fort. Il vient de la Marne, comme d'habitude. -Oui, ça n'a pas changé. -C'est ça.
Moi, j'ai fini dans les champs, j'ai semé mes maïs. J'ai mis des épouvantails parce que les corbeaux viennent tout bouffer. Mais sinon, maintenant, je peux venir en plateau. -C'est bien.
Et puis, je suis sûre que vous avez des solutions pour effrayer les corbeaux. Il a toujours des solutions, cet homme. -Ce qu'on ne dit pas, c'est qu'il a son fan club. -On en parlait avec Olivier. -Ah, ça y est ? -Il a son fan club. -Ah oui. -Qui demande tous qui est donc ce bel agriculteur. -J'ai une boîte à chaussures pleine de lettres, déjà. -Eh bien, on vous donnera son 06 tout à l'heure ou son 07 parce qu'il est très jeune.
De l'autre côté, nous avons Olivier Mével. Bonjour. -Bonjour, Fred. -Vous êtes le spécialiste de la consommation pour "VIP".
Avec vous, on va bien sûr décortiquer les prix, voir ce qui se cache surtout derrière ces produits qu'on achète en supermarché. -Tout à fait, et puis ravi de revenir en troisième semaine au sein de la Magic Team, puisque je vais la qualifier comme ça. -Oh là là, j'adore cet homme, quel flatteur.
On est ravis que vous soyez là. Et puis, bien sûr, le nerveux de la bande, c'est Antoine Robin. Comment il va ? -C'est des asperges que vous avez sur la manche ? -Oui, ce sont des asperges, c'est la pleine saison, donc on en profite.
Il y a un petit peu de tout. J'ai fait mon marché aujourd'hui sur mes vêtements. Avec vous, bien sûr, on décortique l'actualité rurale, agricole, savoir ce qui s'est passé dernièrement dans nos campagnes. -L'actualité... -Oui, vous allez nous en parler.
Et puis, bien sûr, on ouvre le débat avec vous, avec franchise, audace et envie. C'est parti. Tout de suite, on découvre le sommaire.
C'est, avec le poulet, la viande préférée des Français, mais ils sont en mode d'élevage. Et sous le feu des critiques, nous parlerons du cochon. Et puis nous recevrons Charles de Courson, il est député LIOT de la Marne.
Et enfin, jaunes, rouges, nouveaux, vous saurez tout, tout, tout sur les oignons, le condiment le plus consommé en France. Mais d'abord, que s'est-il passé dans nos campagnes ces dernières semaines ? Antoine a fait le point pour nous, c'est la "Very Important Presse".
Jingle Alors Antoine, quoi de neuf sur la planète agriculture ? -On sait que les agriculteurs, quand ils ne sont pas contents, ils le font savoir et c'est souvent assez démonstratif. On met des barricades, on bloque des routes et ainsi de suite.
Ca peut barder. Mais une colère sourde est en train de monter, qui est moins spectaculaire et pourtant... qui est symboliquement ravageuse.
On sait que depuis cette année, dans plusieurs régions, des céréaliers ont décidé de ne pas planter de blé et de maïs dans leurs champs. Pourquoi ? Parce qu'on sait que ce sont des cours qui sont extrêmement volatiles, celui du blé et du maïs, et puis aussi parce que le coût des intrants, on en parlait dans d'autre "VIP", a explosé.
Parfois plus de 20, 30 %. Et c'est un phénomène qui est en train de grandir. Ca veut dire qu'aujourd'hui, il y a des agriculteurs qui renoncent à faire leur métier.
Non pas par manque de savoir mais par peur de le faire aujourd'hui. Quand ils ne plantent pas du maïs et du blé, ils vont planter autre chose. On en parlait avec JB. -Oui, tout à fait. -En fait, ils font pas une manif quand ils font ça.
C'est juste qu'ils calculent entre le coût de l'engrais et le prix auquel on peut vendre les récoltes, en fait, tu arbitres. Donc, plutôt qu'un maïs, là, au printemps, il y en a qui vont faire plus de tournesol parce que ça consomme moins d'engrais, donc moins de dépenses. Mais c'est un crève-coeur de ne pas faire son métier. -Oui, en tout cas, ton entreprise, t'es obligé de la gérer.
Donc tu ne peux pas te dire : "Je fais quand même..." Alors après, on est aussi liés...
On ne va pas tout remplacer puisqu'on est liés à des rotations. On ne peut pas complètement remplacer des cultures par rapport à une autre. Mais on est obligé de compter parce qu'on voit bien que sinon, on va aller dans le mur économique. -Dans les Landes, terre historique de maïs et il y a beaucoup de producteurs qui ont décidé de ne pas semer. -C'est pas un bon signe.
Et surtout, il y a une valeur symbolique parce que le blé, c'est les moissons. Et les moissons, c'est quand même presque un totem, j'allais dire, national. C'est un moment fort, symbolique pour les agriculteurs.
Et ne pas faire ces moissons, c'est dur. -Et même si, actuellement, on peut dire que les semis se réalisent, c'est l'année prochaine qu'on verra véritablement les conséquences de ce mouvement. -Là où ça serait vraiment grave, c'est qu'au lieu de remplacer par une autre culture, c'est qu'on fasse des jachères.
Et ça augmente. Plutôt que de semer quelque chose, on met de l'herbe et on ne touche plus à rien. Là, ce n'est plus du tout de l'alimentaire. -Affaire à suivre.
On va parler tout de suite d'un stand-uppeur qui traîne dans les campagnes. -Nicolas Meyrieux. C'est un ami de JB.
C'est le stand-uppeur des campagnes avec de la terre sous les ongles. Il est intéressant parce qu'il est humoriste de formation, agriculteur dans les Landes. Il fait de l'arboriculture bio et du maraîchage.
Mais surtout, il fait des vannes. Et il fait des vannes comment ? Il fait ses tournées dans des stabulations, dans des fermes... -Stabulations libres. -Exactement.
Il faut venir avec sa chaise pliante, ainsi de suite. Et donc, il a ce qu'on appelle le "farm tour". Il va de ferme en ferme.
Alors, ce qui est intéressant, c'est qu'il va parler du climat. -Oui, ça se voit. Sur l'affiche, ça se voit très bien. -Mais c'est une bonne ambiance, quand même. -Il va se moquer de la PAC et puis de ces innombrables paperasseries qui embêtent terriblement les agriculteurs.
Il parle aussi de ceux qui ne sont pas contents parce qu'ils entendent le coq hurler le matin ou évidemment les odeurs de lisier et de vache. -Tout ce qui dérange les Parisiens. -Il va se produire à partir de juillet partout en France, dans des fermes.
Et je trouve que là, c'est une manière extrêmement joyeuse et marrante de parler de l'agriculture. -Oui, et puis il est passé d'humoriste, à agriculteur parce qu'il voulait voir ce que ça faisait. -Et il voit que c'est pas si ça. -Exactement.
Rires -Et bim ! Merci beaucoup Antoine pour ces nouvelles fraîches de nos belles campagnes. Alors oui, la campagne est belle en ce moment puisque les beaux jours sont de retour.
Et qu'est-ce qu'on fait, nous, les Français, quand il fait beau ? En fin de journée, on prend l'apéro, bien sûr, toujours avec modération. La charcuterie est un incontournable de ces moments de convivialité.
Et oui ! Alors, comment on choisit bien son jambon, son saucisson et où on est la filière française ? Et puis surtout, comment progresser face aux critiques, notamment sur le bien-être animal et la pollution ?
Bref, tout est-il vraiment bon dans le cochon ? Eh bien, on va démêler ça tout de suite. C'est notre premier "Very Important Produit".
Jingle Et pour tout savoir sur le cochon, nous accueillons Anne Postic, éleveuse de porc dans le Finistère. Bonjour Anne. -Bonjour.
Merci d'être avec nous sur le plateau de "VIP". Vous disiez tout à l'heure que vous étiez plus à l'aise avec vos cochons que sur un plateau de télé. -C'est ma première en télé, donc ça fait un peu bizarre. -C'est merveilleux.
Bienvenue. -Ca va aller, ça va aller. -Oui.
On a envie de tout savoir, bien sûr, sur vous, sur votre métier, votre exploitation. Vous avez 40 ans, vous êtes installée à la tête d'un élevage, seule, de 210 truies. Vous faites partie des 10 000 éleveurs de porcs français.
C'est énorme. Et comme la moitié d'entre eux, vous êtes située en Bretagne. -Dans le Finistère Nord. -Bah oui !
Effectivement. -Un territoire magique. -Alors, on aimerait bien savoir comment s'est développée cette exploitation d'élevage de porcs.
A la base, est-ce que c'était une exploitation familiale ou vous avez décidé de reprendre une exploitation toute seule comme une grande ? -En fait, moi, je ne suis pas issue du milieu agricole mais j'ai toujours aimé les animaux et puis ça s'est fait par un stage d'été où je suis allée travailler dans une exploitation et on va dire que je suis tombée un peu amoureuse de l'animal, de la technique et je me suis perfectionnée là-dedans, dans mes études et tout ça. Et pour moi, c'était une évidence.
Je ne regrette pas du tout mon choix. Et pour moi, c'est le plus beau métier du monde. -Ca, c'est magnifique d'entendre ça.
Ca fait du bien, ça fait plaisir. Mais c'est aussi un métier rigoureux qui demande beaucoup d'engagement, beaucoup de temps. Vous êtes quand même mère de famille, vous avez des enfants. -Trois garçons. -Trois garçons !
Waouh ! Quels âges ? -Alors, le plus grand va avoir dix ans, le deuxième a huit ans et le petit dernier aura cinq ans en fin d'année. -Est-ce qu'ils jouent dans l'exploitation ?
Parce que vous n'êtes pas très loin de votre... -Non, je suis à huit minutes de chez moi.
Et quand c'est les vacances ou le mercredi, ça leur arrive de venir à l'exploitation et puis de donner un coup de main. -Ah, déjà ? -Ils s'intéressent, ils posent des questions et je trouve ça super de pouvoir leur transmettre ma passion, leur expliquer.
Et puis, sur trois garçons, j'espère peut-être que... -C'est ça, la question. -Qu'il y en a un qui reprendra l'exploitation dans quelques années.
C'est le décalage entre votre enthousiasme à vous, fierté du métier, mère de famille, et on se projette sur l'avenir, sur un secteur d'activité qui est sans doute un des secteurs les plus décriés du moment. -Il est pas trop aimé. -Comment vous le vivez, ça, vous ?
Comment vous le vivez ? -C'est une habitude puisque ça fait quand même pas mal de temps que je travaille dans la production porcine. Donc j'ai été salariée d'abord avant d'avoir mon exploitation.
C'était déjà comme ça. Et après, on mise sur les jeunes, sur des gens comme moi ou d'autres qui ont envie de transmettre et puis de donner la vraie image. Parce que ce qu'on voit beaucoup sur les réseaux sociaux ou dans la presse, ce n'est pas la réalité des choses.
Et les gens ne savent pas ce qu'on fait en fait. -Quelle est la critique la moins fondée, selon vous, sur votre profession ? -La critique la moins... -Celle qui vous pèse le plus, qui vous fait le plus mal. -Moi, particulièrement, c'est qu'on maltraite les animaux.
Le mot "maltraitance", alors que c'est pas... -Le bien-être animal, effectivement, on s'engage de plus en plus là-dessus.
On va en parler dans cette interview. J'aimerais qu'on aille sur votre exploitation. 210 truies, c'est ça ?
Mais combien de bêtes en tout ? -Ca fait à peu près, quand toute l'exploitation est remplie, quasiment 4000 animaux, on va dire. -Sur une surface de combien, à peu près ? -Là, ils sont en bâtiment et après, on a 164 hectares de terre et à peu près 130, on va dire, cultivables. -C'est une exploitation moyenne, finalement, que vous avez ? -Je dirais même une exploitation familiale par rapport à certaines fermes qui ont des structures quand même plus grosses en Bretagne.
Après, si on prend Europe, c'est encore plus gros. Et si on prend mondial, en Chine, là, c'est des immeubles. -On pourrait comprendre l'affection que l'éleveuse a pour des... vaches, des agneaux, des moutons. -Le petit cochon aussi. -Le cochon devient un peu plus gros. -C'est très intelligent. -Qu'est-ce qui vous plaît dans cet animal en particulier ? -C'est pas plus gros qu'une vache.
C'est super intelligent, un cochon. Et malgré ce qu'on peut penser, ça reste des animaux de ferme, c'est pas comme un chien ou un chat, mais on peut avoir l'animal qui vient sur nous, il nous reconnaît à la voix, il vient...
Moi, mes truies sont en parc, donc je passe tous les jours parmi elles pour voir si tout va bien, certaines, on les reconnaît, elle vient, elle veut sa petite caresse, et il y a une sorte de "feeling" qui passe. Et si nous, on aime nos animaux et qu'on les traite bien, eux, ils nous le rendent bien aussi. -On ne peut pas dire non plus qu'il y a des mauvais élèves dans le monde des éleveurs porcins.
L214, qu'on peut critiquer, fait aussi son métier, et a mis à jour quand même... -Il y en a forcément, comme dans tous les métiers, je pense, mais après, il ne faut pas en faire une généralité.
On n'est pas là...
Après, on est une entreprise aussi. Nos animaux nous servent à vivre. On n'est pas là pour les maltraiter.
On est là pour faire de la qualité. -Est-ce que c'est possible de trouver un compromis entre marge de l'éleveur et bien-être animal ? Parce que les pratiques de bien-être animal, elles ont un coût aussi pour vous. -Oui, mais bon, de toute façon, on n'a pas le choix elles passent au fur et à mesure.
Donc, on est bien obligé de se mettre aux normes. Après, les animaux, ils sont d'autant mieux. Mais j'ai envie de dire qu'on n'a pas forcément eu le retour de l'investissement.
On a des frais pour le bien-être animal, pour la biosécurité...
Et le kilo de cochon n'a pas forcément monté. -Il n'y a pas un label sur le packaging. -Justement, qu'est-ce... -Il faut expliquer ça, peut-être que, dans le fond, depuis 2012, vous avez investi dans des jouets pour les truies, dans un certain nombre, je dirais, de processus de bien-être animal.
Mais est-ce que le consommateur accepte de payer pour le bien-être animal ? Je... -Vous n'avez pas de retour. -Je ne sais pas. -C'est ça qui est important. -C'est une très bonne question. -Le consommateur aussi, avec tout ce qui se passe, la crise, les inflations, il y a moins d'argent.
Le consommateur a envie de bien manger, mais... -Ca reste accessible. -Oui, ça reste accessible. -On pourrait quand même accepter de payer quand même... -Un petit peu plus pour penser à ce bien-être. -Est-ce que quand on va dans les grandes surfaces, ils achètent de la qualité, français, c'est pas forcément ça. -Il y a quelques personnes qui se posent beaucoup la question du bien-être et beaucoup qui n'achètent et ne font pas du tout le lien avec la production. -On va rester sur cette idée de bien-être animal qui quand même interpelle pas mal de gens et de plus en plus, notamment la jeune génération, évidemment.
Alors c'est vrai que les éleveurs porcins reçoivent pas mal de critiques. Comment ça se fait que 95 % des cochons en France sont élevés, justement, en bâtiment fermé sur caillebotis avec une forte population et sans accès à l'extérieur ? Il y a une raison à ça ? -Ca, ça date d'avant. -Racontez-nous, ça nous intéresse. -Les anciens ont commencé avec deux cochons ou trois cochons dans des fermes.
Et après, ils ont voulu, de par la consommation qui augmentait aussi, il fallait produire plus. Donc, il fallait stocker plus d'animaux. Et le bâtiment, c'est la méthode, on va dire, la plus facile pour l'éleveur, pour pouvoir bien surveiller ses animaux.
Et contrairement à ce qu'on peut penser, même s'ils n'ont pas d'accès extérieur, ils ont toutes les conditions optimales pour être bien. Il y a du chauffage, il y a de la lumière, il y a de l'eau, il y a des jouets, c'est lavé à chaque fois qu'on vide la salle, c'est propre. Donc, ils sont dans de bonnes conditions. -Et ça permet d'avoir un jambon à un bon prix.
Parce que là, tout à l'heure, je vais vous parler de Pierre Oteiza, cochons en liberté...
On n'est pas du tout sur les mêmes prix. -C'est un autre modèle. -Il faut allier la rémunération de l'agriculteur, le prix, le bien-être animal. -Il y a un sujet sanitaire.
C'est pour ça que c'est fermé. On l'a dit sur d'autres émissions, sur les serres, où en fait, quand tu maîtrises l'extérieur ou en élevage avicole. Les animaux qui sont protégés en bâtiment, c'est que tu vas gérer, toute maladie qui peut arriver de l'extérieur.
Il y a la peste porcine, exactement, qui est aux portes...
Et qui a un impact très violent. -On est quasiment sûrs -Est-ce que vous comprenez les critiques du grand public sur les queues coupées ? Parce que quand on voit ça dans des vidéos, on est plutôt estomaqués.
Vous vous le faites, la coupe de la queue ? Pourquoi ? -Je le fais.
J'ai essayé de ne pas la faire. -Ouais. -Les résultats n'ont pas été très concluants. -Expliquez à ceux qui le regardent pourquoi on coupe la queue du cochon. -Moi, je coupe la queue parce qu'en fait ils sont en groupe, il y a plusieurs cochons et ils commencent à se mordiller la queue.
Et puis la queue c'est le prolongement de la colonne vertébrale et ça peut entraîner... -Des paralysies, c'est ça ? -Eu un cochon paralysé, on est obligé de l'euthanasier. -De l'abattre. -Mais pourquoi ils se mangent la queue ? -C'est un peu un trouble du comportement ? -Tout le monde cherche.
Ca peut être l'ambiance. -La compétitivité, le fait d'accéder à la nourriture. -Ca peut être la surcharge dans les salles.
Il y a des études qui sont faites. -A conséquence de ça, certains éleveurs qui liment les dents aussi des cochons. Alors là, limer les dents, c'est pareil.
Moi, je ne le fais pas. Mais après c'est pour le bien-être de la truie parce qu'il y a certains qui sont plus gourmands et puis un petit cochon ça a des dents très pointues et ils leur font mal et ça peut faire aussi des blessures sur la mère -Pourquoi vous limez pas les dents ? Parce que chez vous, ça va ? -Moi, mes truies, elles sont super maternelles.
Ca se passe très bien. Après, j'essaye de trouver des méthodes un peu alternatives. Quand je vois que ça commence à mordiller un peu, je vais rajouter de la paille dans les cases, des jouets...
Je vais ouvrir mes cases sur l'avant pour qu'ils puissent circuler plus facilement, aller faire un petit tour et puis ils reviennent dans la case avec leur mère. Et pendant qu'ils font ça, ils ne s'occupent pas de leur maman. -Alors, les petits cochons de Anne, ils vont grandir et puis ils vont aller vers leur destin, j'ai envie de dire.
On va les transformer. -Vous, vous ne les transformez pas. -Non, non.
Moi, je les élève et puis après, ils partent. -Ils partent à l'abattoir, c'est ça ? Et après, ils sont transformés par une entreprise. -Pour aller dans les grandes surfaces. -Et justement, voilà.
Parlons de la charcuterie, puisque c'est quand même ce qu'on mange le plus, avec le cochon ou dans le cochon. C'est quoi votre charcuterie préférée, Louise ? -Le jambon de Bayonne. -Evidemment. -A part le Sud-Ouest, il y a quoi ?
Il y a le porc noir de Bigorre aussi. -Moi, je suis d'accord. Jean-Baptiste ? -Moi, je mange tout.
Je mange tout dans le cochon. -Tout est bon dans le cochon. Oui. -Une petite rillette, un saucisson, du jambon.
Une petite côte de porc bien épaisse, grillée. -Moi, je trouve que ce qui a perdu le plus en goût et en qualité et qu'on a besoin d'en trouver, c'est le bon jambon blanc. -Et oui.
Et on va en parler de ça, du jambon blanc qui est très rose quand même, pour un jambon blanc, disons. -Exactement. Pour plein de raisons.
Et je trouve qu'il a un peu perdu de sa superbe. -Et bien justement, c'est Olivier qui va nous en parler. Parce que ce n'est pas facile de s'y retrouver au supermarché, on ne va pas tous chez le boucher, mais on nous dit que le bon jambon doit être gris mais pas rose.
Bon, moi, je vois du rose partout. C'est du malabar partout. Et puis au niveau des prix aussi, ça fluctue énormément.
Nitrite ou pas ? Vous allez nous en parler tout de suite. -Tout à fait, Fred.
Le jambon, c'est compliqué, Anne, parce que quand on va faire ses courses, finalement, la première des choses à faire, c'est de vérifier l'origine. Et l'origine, il y a un moyen qui est simple, fiable pour vérifier l'origine, c'est le petit label, Le Porc Français. Le Porc Français, ça signifie en fin de compte que le porc, il est né, il a été élevé, il a été abattu et transformé, donc quatre opérations, en France.
Ne prenez pas de jambon sans ce label, Le Porc Français. Ensuite, vous avez le choix entre trois qualités de jambon. La première qualité, le standard, vous êtes entre huit et douze euros le kilo et vous avez un jambon qui est fait, on va dire, avec les bas morceaux.
C'est un jambon qui est reconstitué. Les gens doivent savoir, sur ce jambon, il y a plusieurs ADN de porc différents dans une même tranche de jambon. C'est un porc dans lequel on va rajouter de la saumure, on va rajouter des additifs, notamment le E452 pour garder de l'eau et on va rajouter aussi des nitrites pour lui donner sa couleur rose.
Ce jambon, il est dit standard. Juste au-dessus, vous avez un jambon de qualité supérieure et là, effectivement, vous avez encore des nitrites mais vous n'avez plus le E452. -Il faut choisir, en fait. -Il faut choisir. -Entre la peste et le choléra. -Malgré le jambon est quand même reconstitué pour que les tranches aient la même forme.
Et comme les consommateurs veulent des jambons qui aient la même tranche, on reconstitue, en fin de compte, le jambon dans des barres et on le débite ensuite. Alors, derrière, vous me direz, qu'est-ce qu'il faut choisir ? Et puis, il y a... les petites merveilles, chez votre boucher, c'est-à-dire le jambon d'un seul porc.
C'est-à-dire une tranche égale un porc, égale un seul ADN, égale une origine chez l'éleveur. -C'est pas les mêmes prix. -Et on n'est pas sur les mêmes prix, on est sur, là, 18 à 28 euros le kilo, mais c'est vraiment pour se faire plaisir, parce que là, vous pouvez aussi aller jusqu'au label rouge, avec un porc qui, finalement, aurait été élevé sans antibiotiques, et on a du goût.
Parce que ce jambon a été saumuré dans des bonnes conditions. -Saumuré, ça veut dire quoi ? -Ca veut dire qu'on va le mettre dans une soupe avec des légumes, avec du sel. -Le petit bouillon, comme à la maison. -Qui va lui donner du goût.
Et puis, il faut aussi accepter que, dans une cuisse de porc, il y a un talon de départ et d'arrivée. Ca veut dire que toutes les tranches n'ont pas la même taille. Et donc quand le boucher retire l'os, il y a un trou au milieu.
Et c'est bon signe, ça veut dire que c'est un jambon d'un seul porc. Donc dans le jambon, quand le prix baisse, ça veut dire qu'on est sur un jambon très industriel. Quand le prix monte, ça veut dire qu'on est dans un jambon qui est d'un seul porc. -Le problème du cochon, c'est aussi la valorisation de l'ensemble de la bête.
On ne mange qu'aujourd'hui qu'une petite partie. Le reste, pour des questions de pratiques presque gastronomiques, on les a abandonnées. -On fait quoi de ces morceaux-là, justement ? -On les exporte en Chine, notamment. -En Chine.
Les oreilles, les oreilles. -Oui, les fameuses oreilles de cochon. Evidemment. -Les morceaux qu'on ne mange plus... -Ca part.
à l'étranger. -On essaye, oui. -Oui, j'imagine bien. -Pardon de parler encore des choses qui fâchent, mais il y a une autre conséquence un peu négative, notamment dans l'élevage porcin, c'est les lisiers, qui ont pour conséquence notamment un travail écologique au moment de la Bretagne. -On va en parler avec JB.
Parce que JB, il a plein d'informations à nous donner là-dessus. -C'est ma chronique. -Mais oui, c'est sa chronique.
Mais oui ! Sauf que JB, vous allez nous prouver que tout n'est pas si négatif que ça. Et c'est d'ailleurs l'objet de notre "Very Important Pratique".
Jingle -Alors, dans le cochon, on dit que tout est bon, mais on se pose rarement la question de ce qui sort derrière. -Pardon ? -Mais oui, on venait de parler du lisier, effectivement, il y a des excréments qui sortent. -Oui, c'est normal. -Pour certains, c'est des déchets, pour les agriculteurs, c'est de l'engrais, car c'est chargé en azote, en phosphore, en potassium, et ça va nous aider, enfin, ça va nous servir à fertiliser les parcelles.
Souvent, le lisier, justement, tu allais dire, c'est un peu polémique, ça. Depuis les années 90, ça s'est réglementé et réglementé et réglementé. C'est-à-dire qu'aujourd'hui, les éleveurs, ils doivent stocker leur lisier.
Ils ont des investissements importants dans des grosses fosses. Ils doivent déterminer, dans un calendrier des dates bien précises, des doses bien précises. Donc, c'est hyper encadré.
On ne fait plus ce qu'on veut parce que, un, oui, derrière les lisiers, c'est des valeurs qui fertilisent les parcelles. Donc, on va essayer de ne pas gaspiller ça. Et deux, c'est vrai que dans l'histoire, il y a peut-être eu un peu quelques pollutions à droite, à gauche. -Elles sont visibles dans la baie de... -Ca peut aller... -Sur les sols, les eaux. -...sur ces pollutions-là.
Alors, c'est du phosphore. Il n'y a pas que le sujet du lisier. Il y a aussi le phosphore des stations d'épuration. -Les machines à laver, les lave-linges.
Parce que dans la Baie de Douarnenez, comme partout en Bretagne, quand on parle des algues vertes, on oublie de dire que beaucoup de maisons ne sont pas raccordées au tout-à-l'égout. Et donc, l'absence de raccordement amène des phosphates à couler jusqu'à la mer. -Donc, ce n'est pas que l'histoire des cochons, c'est trop facile. -On est d'accord, bien sûr, ce n'est pas que la faute. -Mais l'évolution des pratiques fait qu'on n'est plus dans un simple épandage.
Maintenant, c'est de plus en plus précis. Il y a des tonnes à lisier comme on voit à l'écran, où vous allez avoir même des capteurs qui vont analyser en temps réel la quantité d'engrais qu'il peut y avoir pour juste ajuster les bonnes doses. On va avoir des systèmes qui vont amener le lisier au plus près de la plante, voire même l'enfouir dans le sol, là encore pour éviter, justement, que ce lisier coule en surface.
Aussi les problèmes d'odeurs, parce que le lisier des fois, ça ne fait pas rêver, parce que quand on l'épand, on le sent. Mais c'est de l'engrais français. Ca évite d'acheter de l'engrais à l'extérieur.
C'est naturel. Mais ça sent un peu. -On parlait de l'urée du problème du détroit d'Hormuz.
Et dans le fond, aujourd'hui, on va peut-être être content d'avoir des effluents de porc si la crise continue. -Bon, après, l'autre utilisation, et je m'arrêterai là parce que ce sera l'objet d'une autre chronique, de plus en plus, le lisier a été valorisé aussi dans la production de biogaz pour faire de la méthanisation et donc produire ou de la chaleur, de l'électricité et du gaz qu'on peut retrouver, justement, sous sa poêle pour faire chauffer une petite côte. -Par exemple, Anne, vous... -Comment est l'ambiance en local vis-à-vis de ces soucis ?
Environnement, agriculture ? Comment vous le vivez ? Vos enfants vont à l'école aussi ?
Est-ce qu'il y a des conflits locaux autour de tout ça ? -Pas des conflits locaux, mais on entend un peu parler : "Oui, un producteur de porc, est-ce qu'il pollue ?" Il y a des plages pas très loin de chez moi, il y a eu des algues vertes dessus.
Tout de suite, c'est nous qui sommes visés. Après, on essaye d'être pédagogues, on explique et on explique. Et on réexplique pour essayer de faire comprendre et de dire que oui, ça évolue et qu'on est réglementés, surveillés par l'administration, qu'on ne fait pas n'importe quoi et que notre but, agriculteurs, c'est, de base, la terre.
On n'est pas là pour la détruire. Mais en même temps, on ne peut pas sauver tout ce qui a pu être fait avant aussi par nos ancêtres, parce qu'eux ne le savaient pas. Et on ne leur a pas expliqué. -On rappelle tous que c'est le général de Gaulle qui a désigné la Bretagne comme l'endroit où le porc serait élevé et nourrirait la France. -Anne nourrit les Français, et aujourd'hui, on a divisé par deux, en 15 ans, le nombre d'éleveurs de porcs, alors même qu'aujourd'hui, tout le monde souhaite manger du jambon blanc.
Et donc, il y a un vrai paradoxe à considérer que, d'un côté, on vient de taper sur des éleveurs de porcs, ce qui veut faire qu'on va importer plus de porcs espagnols encore qu'on ne le fait aujourd'hui, alors même qu'on a besoin de votre socle. -Je voudrais qu'on revienne sur le lisier. Vous, vous en faites quoi de votre lisier ?
Parce qu'on a vu des fosses, ce sont des stations d'épuration. -J'ai trois grandes fosses à lisier avec des systèmes de tuyaux. De mes salles, ça va directement dans les fosses.
Et puis après, je m'en sers exclusivement pour mes céréales. -Pour compléter, Fred, il y a de moins en moins d'élevage. Du coup, le fumier et le lisier ont de plus en plus de valeur parce qu'on a besoin d'engrais organiques.
Et je voyais un éleveur en Gironde où il n'y a beaucoup de viticulture, qui vend son fumier à prix d'or avec une marque, des packagings. Ca fait 20 % du chiffre d'affaires de l'exploitation. -C'est une très bonne nouvelle.
On va parler après... -Vous avez des ouvriers agricoles, évidemment.
Et aujourd'hui, avec ces sujets polémiques dont on a parlé, est-ce que vous arrivez à recruter ? J'ai cru comprendre que c'était compliqué de trouver des jeunes. -C'est de plus en plus compliqué parce que c'est quand même un métier qui est dur, qui est technique. -Vous avez un salarié, Anne ? -Moi, j'ai une salariée.
Une femme. C'est un élevage 100 % féminin. Après, j'ai mon mari aussi, mais lui, c'est plus sur la partie terre.
Mais vraiment, la partie cochon, on est deux femmes. Et c'est de plus en plus dur de recruter parce que ce n'est pas un métier qui va forcément donner envie alors que c'est un métier passionnant. -Quand on vous écoute, on a envie de s'installer. -Il faut qu'il y ait des jeunes qui viennent. -On n'a pas beaucoup parlé du jambon cru finalement.
On adore ça, et quand on dit jambon cru, on pense souvent au Sud-Ouest. Alors Louise, vous, vous avez choisi de nous parler de cet éleveur très particulier, un homme, finalement, qui, grâce à l'agriculture, a redonné vie à sa vallée. Et ouais, c'est notre "Very Important Personne".
Jingle -Je vais vous parler d'un endroit un peu à part, un endroit où le temps ne se mesure pas en minutes, mais en saisons. Bienvenue dans la vallée des Aldudes, au Pays basque. Alors ici, au milieu des montagnes, on élève des cochons, des cochons noirs et blancs en liberté.
Et derrière ces cochons, il y a un homme, béret sur la tête, regard franc et une conviction chevillée au corps : la valeur doit rester au pays. Alors l'histoire de Pierre, elle commence un peu par hasard au Salon de l'Agriculture en 1989. Il découvre une race oubliée, le porc basque, et à l'époque il en reste 25, autant dire presque rien.
Alors, certains y auraient vu une curiosité, lui y voit une opportunité, une responsabilité même, celle de préserver une race, un savoir-faire et puis finalement un ancrage local. Alors avec quelques voisins, il récupère des bêtes, il crée une filière et puis il relance toute une production. -Alors, il en est où aujourd'hui ? -40 ans plus tard, l'entreprise de notre éleveur artisan, elle compte 70 salariés, des boutiques partout en France et il exporte ses produits dans 25 pays à l'étranger, dont le Japon, puisque visiblement, du pays du soleil levant à la vallée des Aldudes, il n'y a qu'un pas. -C'est beau ! -Tu peux donner les prix. -Je les regarderai, mais tu peux peut-être... -Moi, je sais, parce que souvent, je vois le porc noir corse, puisqu'en fait, il y a uns AOP, et aujourd'hui, les porcs noirs, c'est entre 70 et 100 euros le kilo.
Seulement, Fred, on ne les mange pas comme on mange du jambon blanc. On les mange en chiffonnade, c'est-à-dire que c'est coupé très fin et ça fond. Et à une période où les Français plébiscitent le snacking, ce genre de produit a toute sa place, sur les tables. -On est sur un produit d'exception. -Et donc, Pierre Oteiza, tout ce qu'il a fait, ça a profité à toute la vallée. -Et oui, en partie grâce au travail de Pierre, la vallée a retrouvé son dynamisme.
Parce qu'au fond, cette aventure, elle n'est pas que économique, elle est aussi territoriale et humaine. C'est permettre à des jeunes de vivre et de travailler là où ils sont nés, sans devoir s'expatrier vers d'autres contrées. Et on sait que pour les Basques, c'est important. -Oh que oui ! -Alors, Fred, c'est peut-être ça, un Very Important Paysan, c'est pas seulement quelqu'un qui produit, mais c'est quelqu'un qui transmet, qui fédère et qui permet aux autres de s'inscrire dans sa lignée. -Elle a tout dit.
Merci beaucoup, Louise. Mais oui, on applaudit doucement, mais on applaudit quand même. Et bien sûr, Pierre Oteiza, c'est un personnage incroyable qu'on peut rencontrer si on va dans ce coin-là.
Il est chaleureux. -Il a une boutique, il fait visiter. Il ne faut pas hésiter.
Un restaurant. -C'est un personnage incroyable comme il n'en existe plus beaucoup, en tout cas de cette génération. Ma chère Anne, merci beaucoup d'avoir été avec nous. -Merci de m'avoir permis de parler de mon métier et puis de donner une bonne image de la production. -Pour une première, bravo. -Bravo, bravo. -Les sujets sont pas évidents. -On vous souhaite un bon retour dans le Finistère et continuez dans cette belle exploitation et peut-être qu'un jour, un de vos garçons prendra la relève. -C'est ce que je leur souhaite. -Merci beaucoup d'être venue sur notre plateau.
L'agriculture, vous le savez, c'est aussi politique. Et dans "VIP", il nous tient à coeur de recevoir des hommes et des femmes engagés pour l'agriculture. C'est notre Very Important Politique.
Jingle -Et aujourd'hui, nous recevons Charles de Courson. Bonjour, M. de Courson. -Bonjour. -Merci d'être avec nous sur le plateau de "VIP".
Vous êtes député de la Marne depuis 1993. Je crois que c'est un record de longévité, n'est-ce pas ? -C'est exact, oui.
Je suis le dernier qui a fait huit mandats consécutifs. -Mon Dieu ! Vous nous expliquerez en coulisses comment vous avez fait.
Bref, et vous êtes dans le groupe centriste LIOT Libertés, Indépendants, Outre-mer et Territoires. Alors, on a une tradition dans cette émission, on commence toujours, pour nos invités politiques, avec un petit portrait chinois agricole. Et on va vous demander si vous étiez un animal de la ferme, lequel seriez-vous ? -J'aime beaucoup les canards.
Pourquoi ? Mon père était pisciculteur, et mon frère aussi, et... j'aimais beaucoup me balader sur les nombreux étangs de mon père, voilà.
Et j'aimais beaucoup les canards. Ils sont très résistants. Ils volent vite.
En piqué, en particulier. -Un peu comme vous, résistants, ils volent en piqué. -C'est ça, je vois.
Je vois la référence. Si vous deviez choisir un aliment fétiche, un produit fétiche de nos campagnes. -J'aime le poisson.
Alors, pourquoi j'aime le poisson ? Mon père était pisciculteur, on mangeait beaucoup de poissons à la maison, on adorait le brochet, les perches. Il faisait beaucoup de carpes, alors on aimait plutôt la farce de la carpe plutôt que la carpe. -Donc un poisson, OK.
Allez, plus sérieusement, on vous connait surtout pour votre indépendance d'esprit, votre expertise en finances publiques. Vous avez notamment été le rapporteur général du budget l'an dernier. Alors, on va rentrer tout de suite dans le vif du sujet, ce préoccupe beaucoup les gens qui nous regardent, c'est cette crise énergétique.
Du coup, beaucoup d'agriculteurs sont en situation difficile. Qu'est-ce que vous pensez de ces situations ? -Cette crise, si vous voulez, elle arrive sur un monde agricole dans lequel le revenu s'est effondré.
Je vous donne les chiffres de la Marne, qui est considérée comme l'un des départements agricoles les plus riches. Vous voyez, sur le plateau, on est tombé à 100 euros l'hectare de revenus. 100 euros l'hectare.
Et toutes les zones périphériques de la Marne, qui font quand même presque le tiers de la Marne, sont en négatif. 50, 100 euros de pertes. Alors, les agriculteurs sont habitués à avoir des très bonnes années et des mauvaises années.
Mais si ceci devait durer encore un an ou deux, c'est énormément de liquidation. La crise pétrolière, enfin, disons énergétique, arrive sur une agriculture très affaiblie. Et donc, le Gouvernement, je trouve, a tardé à réagir.
Il a commencé par donner quatre centimes du litre. -Royalement. -Expliquez pour les téléspectateurs qui nous regardent.
Il y a une mesure gouvernementale qui a été prise pour aider financièrement ces agriculteurs. -Pour essayer de soulager. Bon, quatre centimes.
Et puis là, on vient de monter à 15 centimes. L'augmentation, elle est entre 30 et 40 centimes le litre. Et l'agriculture est extrêmement énergétivore, comme on dit.
Elle consomme énormément, soit directement, mais aussi indirectement à travers les engrais, notamment les engrais azotés. -Vous avez un agriculteur de la Marne à côté, justement, Jean-Baptiste. -Vous savez de combien ça a augmenté... ? -T'as perdu, toi ? -Ah oui, oui, c'est clair, c'est ça.
Après, tu vois, j'ai quand même une question, c'est qu'on que c'est vrai qu'on subit une augmentation, en fait, des coûts du fioul et des engrais. Alors, on se tourne vers l'Etat pour dire : "Aidez-nous, aidez-nous". Vous savez mieux que d'autres que les finances du pays sont peut-être pas florissantes.
Est-ce qu'on peut espérer, malgré tout, qu'un Etat nous aide pour un court terme ou est-ce qu'il n'y a pas des décisions à long terme structurantes à imaginer ? Parce qu'en fait, on n'a plus l'argent pour faire des pansements, même si on en a besoin. -Il y a le court terme, parce que nul ne sait combien de temps ça va durer, sur le gasoil.
Par contre, sur les engrais, on a augmenté de 154 % depuis l'avant-crise ukrainienne. Donc ça avait déjà commencé, puisque les engrais azotés, c'est essentiellement du gaz. Donc le gaz a fortement augmenté avec la crise ukrainienne et a de nouveau énormément augmenté parce que les Etats du Golfe, ils ont commencé à faire des usines d'engrais et donc une partie des engrais azotés européens viennent en fait du Golfe Persique.
Et donc comme les approvisionnements se sont arrêtés, naturellement les prix se sont envoyés. -Vous avez peur pour les rendements des terres dans la Marne ? Tout le monde peut vous dire, si vous réduisez fortement les engrais azotés sur des terres comme sur le plateau champenois, vous êtes sûr du résultat. -On va parler d'un autre sujet qui vous tient à coeur, c'est le renouvellement des générations, parce qu'un agriculteur sur deux qui part à la retraite, risque de ne pas être remplacé dans les prochaines années.
Et vous défendez, vous, notamment, une exonération fiscale sur le foncier. D'ailleurs, la France, je crois, est le seul pays européen qui a une fiscalité sur le foncier non bâti, c'est ça ? -Alors oui, il y a plusieurs anomalies françaises, là encore.
Le foncier non bâti, vous me direz, c'est un milliard. Bon, d'accord, mais enfin, c'est un milliard. C'est un surcoût, c'est un surcoût par rapport aux autres.
Alors, du temps de Chirac, on avait réduit de 20 %. Et puis là, on a baissé de nouveau de 10 %, vous voyez ? On bricole.
Il faut des grandes mesures, il faut dire, vous êtes dans un marché unique, et bien il faut offrir à nos agriculteurs et à nos viticulteurs les mêmes conditions d'exploitation. Vous n'attirerez des jeunes dans l'agriculture, que si vous leur offrez des perspectives. Alors les perspectives, elles ne sont pas données, c'est aussi le fruit de la bonne gestion de chaque exploitation.
Mais de leur donner une perspective d'un revenu cohérent avec le reste de la société. Quand vous travaillez 60, 70 heures par semaine, et qu'il ne vous reste rien, même pas un SMIC...
Vous savez qu'actuellement, on a un tiers des agriculteurs français qui ne gagnent pas le SMIC. -J'ai peut-être une idée pour vous quand même. -Et ce sera la dernière.
Ce sera la dernière. Celle de notre agriculteur de la Marne. -C'est pour faire le lien avec le sujet d'avant, l'engrais, et les perspectives.
Moi, je me dis, on est dans un moment, comme vous connaissez bien l'histoire de l'agriculture, où aujourd'hui, on n'a pas d'énergie. On a un détroit d'Hormuz qui est fermé, tout ça. On n'a pas forcément de carburant.
Il y a d'autres pays, ils n'ont pas rigolé. Vous prenez le Brésil, ils ont fait par 30 la production d'éthanol. Ils l'ont multiplié par 30 en 10 ans.
L'Indonésie, en 20 ans, ils sont passés de 2,5 %d'incorporation d'éthanol dans l'essence à 50 %. -Donc on est super en retard. -C'est potentiellement des perspectives pour le pays et l'agricole pour dire à la fois je vais chercher de l'autonomie énergétique at à la fois, je vais soutenir une production.
Ca, ça pourrait donner une impulsion. -Le dernier mot pour M. de Courson. -Je partage entièrement.
J'ai défendu les biocarburants même avant d'être élu député, quand j'étais au ministère de l'Industrie. Et que le début de la défiscalisation, c'est l'amendement de Courson. Voilà. -Oui ! -Attendez la suite.
Et... les technos ont toujours tout fait pour essayer de détruire cette défiscalisation.
Le fondement de cette défiscalisation, elle était liée à l'environnement, puisque ça permet de réduire d'une façon considérable les émissions. Ca ne les supprime pas, c'est vrai, mais ça les réduit considérablement. Et donc, dans le dernier projet de loi de finances, le gouvernement est arrivé pour le supprimer.
Je peux vous dire qu'il n'a pas tenu longtemps. Alors là, j'ai sorti mon revolver. Ca suffit.
Le cowboy de Courson. -Un peu de réflexion. -Un peu de réflexion.
Oui, on pourrait aller plus loin. Et actuellement, vous voyez, les betteraves qu'on produit dans la Marne, on est à plus de 20 % qui sont transformées en bioéthanol. Voilà.
Et sur les oléagineux, la proportion est moindre parce qu'on en importe une partie. -On aura peut-être l'abondement Jean-Baptiste Vervy. -On va y travailler et on va terminer là-dessus. -Et donc, on pourrait encore améliorer le dispositif pour augmenter les taux d'incorporation. -On pourrait les prendre là, les décisions.
Si on avait un peu de courage. -Exactement. Peut-être que cette petite graine évoluera.
Allez, on les prend bien sûr, ces initiatives. Merci beaucoup, monsieur le député, d'avoir été avec nous sur le plateau de "VIP". Bon retour dans la Marne ou à l'Assemblée.
Merci encore. Sans transition, je vais vous surprendre, mais je voudrais qu'on fasse un petit tour de table. Qui achète des oignons régulièrement ici ? -MOI. -Jean-Baptiste, Louise. -Tout le monde. -Tout le monde.
Moi aussi, évidemment. Et vous aussi, monsieur le député, j'imagine. -Moi, j'adore la soupe aux oignons. -On est copains, on va se faire une soupe aux oignons. -Pas qu'au réveillon. -Je vais vous dire que j'ai du mal à en trouver au restaurant.
Mais il y en a à l'Assemblée de temps en temps. -Voilà, c'est ça la bonne nouvelle. Est-ce que vous êtes plutôt... -Quand vous demandez dans un restaurant une soupe le soir, moi, je prends toujours une soupe le soir.
On vous regarde en disant : "Mais d'où il sort celui-là ?" -C'est d'un autre temps. Propos indistincts Rires -On va se concentrer sur nos oignons.
Oui, on va vous parler des oignons, évidemment. Jaunes, rouges, nouveaux. C'est le condiment le plus consommé par les Français.
L'oignon que vous adorez tant. 85 % des ménages en achètent au moins une fois par an. Et en moyenne, on en mange cinq kilos par personne et par an.
Alors, comment on les choisit, nos oignons ? Et quelles sont les différences entre les variétés ? Et surtout, comment se porte le marché français ?
On vous dit tout avec notre deuxième Very Important Produit. Jingle Et pour parler des oignons, nous recevons Charles Perdereau. Bonjour Charles. -Bonjour. -Bienvenue sur "VIP". -Jolie chemise. -Jolis yeux aussi, j'ai envie de dire.
J'ai le droit quand même. -Toutes les couleurs comme dans l'oignon. -C'est beau.
Charles, vous êtes producteur d'oignons dans le Loiret et vous êtes venu, bien sûr, nous parler de votre métier, de votre quotidien. On a envie de faire connaissance un peu avec vous. Vous avez 36 ans, vous êtes un papa, vous avez deux enfants en bas âge, c'est ça ?
Et une compagne. Vous êtes issu d'une famille d'agriculteurs, vos grands-parents, eux, étaient céréaliers. Du coup, comment vous, vous êtes passé de la céréale à l'oignon ? -Mes parents, des deux côtés, étaient agriculteurs.
Pour ma maman, mes grands-parents également. Donc on a baigné tout jeune dans le milieu de l'exploitation agricole. Et après, on est partis...
Donc il y a eu l'évolution. Ca a beaucoup changé dans les années 92 avec la nouvelle PAC, où il y avait beaucoup de craintes. Et chaque exploitation avait essayé de se diversifier.
Il y en a qui avaient ramené de l'élevage. Même on avait fait un petit peu d'élevage à une époque. Et dans les années 2000 on a rejoint un collectif d'agriculteurs qui était parti à se lancer dans les condiments et un petit peu de la pomme de terre mais qu'on fait chouette vraiment de se spécialiser dans les condiments et c'est à partir de là qu'on a développé et qu'on fait des condiments sur l'exploitation familiale. -Ail, oignon, échalote ? -Toute la gamme. -Il y a une rotation ? -Oui.
Sur les oignons, on ne revient que tous les six ans sur une parcelle. Si on peut plus, on va plus loin. Parce que si on fait vraiment de l'intensif, entre guillemets, on disait : "On ne fait que des oignons..." -Ca va marcher trois années.
Et à un moment donné, il y aura des phénomènes de parasites du sol, de maladies qui vont se développer. Et on sait que ça ne sera pas durable dans le temps. -Vous faites quoi d'autre ? -Des céréales, des betteraves sucrières, on fait...
On fait du maïs. Certains font des haricots, des cultures de printemps. On peut faire du lin.
On essaye de diversifier au maximum et de plus en plus nos exploitations, justement, pour répondre aussi au changement des différents types de marchés qu'on peut voir, le marché des céréales, etc. Donc on se remet régulièrement en question sur... -Ca complexifie beaucoup le métier, parce que sur chaque parcelle, il faut prévoir sur minimum cinq ans, penser une culture par rapport à une autre, il ne faut pas implanter n'importe quoi, n'importe quand.
Donc là, agronomiquement, il y a vraiment des compétences à avoir pour gérer tout ça correctement. -Il y a ça, et puis il y a aussi tout le phénomène réglementaire, administratif et de la PAC, où il ne faut pas qu'on oublie de mettre des intercultures à tel moment, avec des dates à respecter. Par exemple, on commence à planter certaines haies dans des parcelles, on a plein de choses qui font qu'il faut toujours être en alerte tout le temps sur tout ce qui se passe. -C'est un métier. -Ca, on le sait.
Moi, j'aimerais qu'on parle des oignons, des variétés, parce que là, on voit sur le plateau, vous êtes venu avec des variétés différentes. On en mange toute l'année, des oignons. Quelles sont les grandes étapes de cette culture ? -Les oignons, on va jouer sur...
En fait, notre objectif, c'est de faire du France toute l'année. De l'origine France toute l'année, à travers notre groupement de producteurs. On a 180 salariés à l'année, avec une soixantaine d'agriculteurs, avec nos collègues de la Drôme.
Et on va semer, désherber. Et après, on va à la récolte. Quand tout se passe bien, on fait la récolte, le stockage et après on va conditionner toute l'année sur différentes gammes de produits, basique et du produit haut de gamme qu'on va préparer à la main et essayer de mettre en valeur à travers du marketing. -Ca coûte combien de produire ces oignons ?
Aujourd'hui c'est quoi le coût de production d'un kilo d'oignons ? -Toujours l'argent lui ! -Toujours.
Il en faut bien. -En moyenne, il faudrait qu'on soit autour de 200 euros la tonne achetée au producteur. -Donc vingt centimes. -Vingt centimes du kilo. -Vous avez un député de chez vous, du Loiret, qui était sur ce plateau il n'y a pas longtemps et qui nous disait que, dans certains cas, on achetait à sept centimes au producteur et on vendait à 2,90 euros en grande distribution. -Ah oui, c'est une belle culbute. -Comment vous réagissez à ça ? -En fait, la problématique, c'est l'offre et la demande du marché.
On a des années où on a une offre faible et on a des prix faibles. C'est un produit très fluctuant. -C'est météo-sensible ? -C'est météo-sensible aussi. -Quand il fait beau, les salades, du coup, il y a de l'oignon et puis l'hiver, un peu moins. -Il y a plusieurs facteurs.
C'est pas aussi salades où on va maîtriser un peu avec les serres, etc. où en plein champ, c'est des cycles beaucoup plus courts. C'est un cycle qu'on va récolter, on va semer au mois de mars, la principale, et on va récolter au mois de septembre, octobre.
Donc on a les coups de chaud du mois de juin, des excès d'humidité. En fait, les quatre saisons qu'on a connues il y a encore... quelques années en France, des fois, on n'en a plus qu'une avec les prix. -Sur le prix. -Et sur le prix, en fait, si on a un rendement correct, etc., si en France, on a plus d'oignons sur le marché que de la demande, et on a connu, mes parents, ils ont connu des oignons à vingt centimes du kilo, à deux centimes du kilo, donc 20 euros la tonne. -Mais là, le paysan, il se sent floué ? -Après, on a nos contacts du marché.
Nous, l'avantage qu'on a, c'est qu'on fait toute la filière. On va se mettre dans les parcelles et on va les mettre jusqu'à faire la mise en rayon dans les magasins. Tout ce qu'on produit aujourd'hui, 90 % part à la grande distribution.
Effectivement, chacun prend sa marge. Après, il y a le transformateur pour le travail qui est fait. Nous, l'avantage, c'est que la structure qui vend, c'est la structure qu'on maîtrise et on est actionnaire dedans en tant qu'agriculteurs.
Ca nous permet d'avoir un oeil attentif sur le sujet, c'est les producteurs qui définissent le prix de vente. -Donc, vingt centimes le coût de production, le prix de vente à la grande distribution ? -Au moment où il part de chez nous et la mise en rayon, c'est qu'on va dire en moyenne, ça dépend des gammes de produits, mais il va faire presque fois deux. -Justement, selon les variétés, le prix fluctue ?
Par exemple, moi, je suis une dingue d'oignon rouge, depuis quelques années. -Ca va être surtout sur les gammes de produits. Donc l'oignon jaune, il va avoir un prix en fonction de sa précocité, etc.
C'est souvent le même. -C'est le plus consommé, l'oignon jaune. -C'est le plus consommé.
L'oignon rouge, il a un prix un peu plus soutenu. On peut aller à 30 centimes, à 40 centimes au producteur, voire un peu plus. C'est une demande car l'oignon rouge commence à devenir à la mode dans les salades l'été, ça amène de la couleur, etc. -Ah, mais ça devient super à la mode.
Il est plus doux. Oui, absolument. Il est très tendance.
Il y a des fortes augmentations de surface. Après, il y a l'échalote qui est un marché à part. Et après, il y a encore l'ail qui est aussi à part. -Comment vous les conservez ? -Eviter les fluctuations de température. -Donc à l'extérieur, à l'abri de la lumière ? -A l'extérieur, à l'abri, dans le noir.
Il faut pas qu'il y ait trop d'humidité. Après, nous, on les stocke en frigo, justement, pour faire la boucle, pour assurer un volume, etc. Une fois qu'il ressort, ça sert à rien de le remettre... -Vous avez une AOP ?
Il y a une cinquantaine de variétés, Le Roscoff qu'on connaît. -Bah oui. -Vous avez une AOP ? -Non, on a nos collègues de la Drôme avec qui on travaille beaucoup, qui font partie de notre organisation de producteurs, qui ont l'IGP de l'ail drômois, parce que c'est le premier département producteur d'ail. -Et sur l'oignon ? -Sur l'oignon, nous en tant que tel, on n'y est pas, mais on réfléchit à pourquoi pas l'IGP de l'oignon de la Beauce. -Quel est l'intérêt pour vous d'avoir une IGP ? -Aujourd'hui, l'Eure-et-Loir et le Loiret, on est la première région.
L'Eure-et-Loir, c'est le premier département. Le Loiret, c'est le deuxième. Grâce à l'irrigation, on a une concentration un peu de la production de condiments.
Se dire de se démarquer. Et c'est aussi un moyen de communiquer sur nos produits qu'on fait à travers une IGP. -Du coup, vous ressentez le besoin de monter en gamme ?
C'est par rapport à la concurrence étrangère aussi ? C'est démarqué de qui ? De quoi ? -Un oignon, entre guillemets, que ce soit Pierre, Paul ou Jacques qui le fait, ça reste un oignon.
On n'a pas un produit de notre marque. -Mais vous avez une concurrence étrangère comme... -Il y a les gros, Chine, Inde, Etats-Unis... -La Chine...
En France, non. Sur les condiments, c'est les Pays-Bas qui mènent la danse, parce qu'ils exportent 90 % de ce qu'ils produisent. S'ils ne sont pas au grand export, ils attaquent le marché français-européen.
Et là, tout de suite, ça pèse sur les prix. -Avec quel différentiel de prix par rapport à vous ? -Après, ils tapent toujours en dessous.
C'est un jeu de...
Ca peut être 10, 20, 30 %. -Pourquoi pas d'oignon blanc ? En Italie, en Espagne, dans les cultures méditerranéennes.
Pourquoi en France, il n'y a pas d'oignon blanc disponible ? -L'oignon blanc, on en fait un tout petit peu, parce qu'il y a peu de demandes. Il n'est pas en consommation, ce ne sont pas des lignes de consommation qui vont tirer énormément.
Et après, il faut vraiment un terroir parce qu'il faut arriver à le maintenir le plus blanc possible à la récolte. -C'est ça la difficulté ? -Si on sort un oignon blanc qui n'est pas blanc, avec un peu d'argile, etc., si on n'a pas une fin de cycle relativement sèche, on sait qu'il ne sera pas blanc, très blanc, et ça sera du déchet, ça ne plaira pas au consommateur. -J'aimerais qu'on parle aussi de la ressource en eau qui devient rare et on sait que l'oignon requiert beaucoup d'eau pour sa production.
Comment vous faites, vous, pour gérer la ressource ? -La nappe de Beauce. -La nappe de Beauce, le fameux. -Le réservoir.
Déjà, on a cette chance-là que tout le monde n'a pas, d'avoir un accès à l'eau relativement facile. Et après, en fait, chaque exploitation a un quota d'eau. Donc, on a le droit à tant de mètres cubes prélevables par an.
Et en fonction de ce quota, après, on a un coefficient qui vient s'appliquer ou non. Si la nappe, l'hiver, elle s'est bien rechargée, on a un coefficient un. Si, pendant plusieurs années, l'hiver, on voit que le niveau descend, on a un coefficient à 0,8. -Et ça vous arrive d'être en pénurie ? -Il y a deux ou trois ans, on était pratiquement au niveau le plus bas de la nappe de Beauce.
Donc, on avait des coefficients de 30 % de moins. Et deux ans après, on est quasiment au niveau au plus haut historique. -Ca impacte du coup sur la taille, le gabarit, le rendement ? -Notamment sur notre organisation, sur l'assolement général de l'exploitation.
On se dit : "Qu'est-ce qu'on va prioriser ? Est-ce qu'on va être obligé d'arroser du blé ?" A cette époque-ci, on arrose un peu de blé, parce qu'on n'a pas eu d'eau depuis trois semaines, un mois, avec un vent plutôt asséchant.
Après, on est obligé de faire des arbitrages. On le sait qu'en début de campagne, au mois d'avril, on va savoir quel coef on a. Après, ça va être une responsabilité du chef d'exploitation.
C'est de se dire : "On n'arrose pas telle et telle culture et on va prioritiser nos volumes d'eau sur une autre culture. Des fois, la nature est bien faite et ça permet d'équilibrer, mais il faut être vigilant là-dessus. -Les solutions, c'est quoi du coup ? -C'est de la piloter au mieux.
Nous, dans toutes nos parcelles de condiments, on a des sondes tensiométriques. Ca veut dire qu'on a mis des capteurs dans les sols et en fonction de la croissance du condiment, de l'oignon, on va déclencher ou non l'irrigation. -Cette mesure-là, l'humidité du sol, ça permet de dire entre ce le besoin de la plante et ce qu'il y a en sol, on déclenche.
Parce qu'en fait, le truc que tu n'as pas dit, c'est que quand on déclenche l'irrigation, c'est pour compenser un manque de pluviométrie. Mais quand on a commencé, la plante, tu ne peux pas lui dire : "on arrête", parce qu'elle ne va pas aimer. Donc en fait, quand tu es parti, il faut maintenir le cycle.
Plus tu pars tard, mieux ça vaut, mais c'est tout le pilotage fin que vous devez faire. -C'est ce qu'il faut comprendre, il y a besoin d'eau pour produire et c'est pour ça que les agriculteurs demandent à stocker l'eau. C'est aussi pour qu'on mange et qu'on ait le temps de s'adapter aux changements climatiques et de faire évoluer les pratiques à cette raréfaction d'eau. -Vous parlez de choc hydrique, donc on vit des chocs hydriques aujourd'hui ? -Oui, parce qu'on parle de raréfaction.
Ca peut être intéressant d'avoir ton regard. On dit souvent ça, mais est-ce qu'il y a de moins en moins d'eau dans ton secteur à toi ? Parce que c'est différent. -Si on regarde sur la pluviométrie annuelle, on a quasiment les mêmes pluviométries.
Certains météorologues disent qu'on aura de plus en plus de...
La pluviométrie devrait augmenter dans le bon sens, dans les années à venir avec le réchauffement climatique, sauf qu'elle va plus tomber sur des cycles, on va avoir des excès d'eau à gérer. C'est pour ça qu'il faut être toujours vigilant à gérer les excès d'eau. Soit on envoie tout à la mer et personne n'en profite et c'est dommage, soit on garde une agriculture diversifiée sur nos territoires.
Et on fait des bassines. -Et on garde l'eau. Et on a du rendement. -C'est primordial.
Aujourd'hui, on veut toujours faire plus de biodiversité, mais il faut des productions qui répondent à un marché. Si personne n'achète le produit à la fin, il n'y a aucun intérêt. Donc le consommateur est acteur qu'il faut de la biodiversité, qu'il faut de l'eau sur nos exploitations et que tout le monde s'y retrouve et qu'on arrive à avoir un gain économique pour tout le monde. -C'est la base. -Merci beaucoup, Charles Perdereau, d'être venu nous voir et de nous avoir ouvert les portes de cette activité.
L'oignon, on adore, on va se régaler. D'ailleurs, continuez avec l'oignon français. On vous souhaite un bon retour dans le Loiret. -Merci beaucoup à vous. -Merci à vous. -N'hésitez pas à déguster l'ail noir. -Justement, on va demander à Antoine de croquer un oignon en direct. -Et de l'ail noir. -Pour les boomers.
C'est bon pour le cholestérol et c'est plein d'antioxydants. -Mangez des oignons, évidemment, mais français. Et de l'ail aussi.
Allez, "VIP", c'est fini pour aujourd'hui. Avant de se quitter, un mini tour de table. Qu'est-ce qui vous a marqué aujourd'hui ? -Là, c'est les discussions sur l'eau, parce que c'est impératif qu'on trouve une solution pour stocker cette eau, pour pouvoir continuer de produire. -Merci, Louise.
JB ? -Eh bien, moi, j'ai bien aimé notre éleveuse, désolé, mais notre éleveuse porcine. -Pareil, Anne Postic.
Extraordinaire. -Ouais, avec un beau message, je pense, sur l'élevage. -Merci.
Olivier ? -Le débat qu'on a eu avec Madame Postic, effectivement, où on a démystifié l'élevage de porc, et je trouve que c'est important de redonner sa noblesse aux éleveurs de porc. -Antoine ? -Charles a mis cette magnifique chemise.
Je tiens à dire que c'est très important. -C'est lui qui va avoir le plus de lettres. -Le fan club, effectivement.
Merci à tous nos invités, bien sûr, à la bande et à tous ceux qui nous aident à préparer cette émission. On espère, bien sûr, que nos échanges vous ont nourris. En tout cas, on peut dire, ça c'est sûr, que notre agriculture n'a pas fini de nous surprendre.
On vous le prouve dans quinze jours, à la même heure, sur LCP pour un nouveau numéro. Et d'ici là, bien sûr, vous pouvez nous retrouver en replay et sur les réseaux de LCP. A très, très bientôt et vive l'agriculture française !
Générique de fin
Charles de Courson