Budget 2025, alliance avec les socialistes. Le "8h30 franceinfo" de Mathilde Panot
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Bonjour Mathilde Panot.
Bonjour. François Bayrou l'a confirmé hier, les 4000 postes d'enseignants qui devaient être supprimés dans le prochain budget seront finalement maintenus. Vous dites merci à vos collègues socialistes qui l'ont négocié ?
Vous savez combien ça coûte de ne pas supprimer les 4000 postes et donc de les laisser dans le budget ? Ça coûte 50 millions. Il se trouve qu'au Sénat était passé un amendement sur la question de l'enseignement qui enlève 100 millions à ce budget. Et à chaque fois que vous regardez les différentes concessions qui soi-disant ont été faites par le gouvernement Bayrou, vous trouvez des loups comme ça. Par exemple sur les jours de carence des fonctionnaires qui coûtent 289 millions, le fait de ne pas faire ces jours de carence pour les fonctionnaires. Et de l'autre côté on a laissé la baisse d'indemnisation des arrêts maladie des fonctionnaires de 100% à 90% qui coûte 900 millions.
Parce qu'il faut faire des économies, donc si on fait le choix de ne pas supprimer des postes d'enseignants par exemple, il faut trouver de l'argent ailleurs. Il faut toucher un point très important.
Le problème d'avoir repris le budget tel qu'il a été fait par le gouvernement Barnier est de le faire en pire. Puisque c'est encore plus d'économies et plus d'austérité que faisait le gouvernement Barnier. Le problème de cela c'est que du coup on ne touche plus aux recettes. Or par exemple si vous voulez faire des économies, il est possible de faire re-rentrer de l'argent dans les caisses. C'est ce que nous avions démontré avec le nouveau Front Populaire. Notamment avec la taxe d'Ukman sur les 147 milliardaires de ce pays qui permettaient de rapporter 13 à 14 milliards dans la caisse.
Ou alors sur les multinationales lorsqu'elles réalisent des bénéfices pour taxer réellement les bénéfices réalisés en France qui permettaient de rapporter 26 milliards dans les caisses de l'État. Il est toujours question de surtaxer les grandes entreprises, vous le savez Mathilde Panot.
Oui, de manière très exceptionnelle pendant seulement un an. Et là vous voyez bien ce qui est fait. Non mais globalement vous voyez bien ce qui est fait. En fait il y a des concessions accordées au Parti Socialiste sur des sujets, des priorités affichées par le Parti Socialiste. Le Parti Socialiste qui négocie, qui discute là où vous, vous ne faites rien. Est-ce que du coup ce sont des gains pour la gauche, ce que fait le Parti Socialiste ?
Regardez, le Parti Socialiste a mis dans un courrier 23 demandes qui ont été faites au gouvernement Bayrou. Il se trouve que sur les 23 demandes, vous avez 8 demandes qui étaient d'ores et déjà dans le budget Barnier. Donc qui ont déjà été, sur lesquelles il y a déjà eu une réponse positive. Ensuite il y a 11 demandes sur ces 23 qui ont déjà été obtenues par la discussion parlementaire ou par la censure. Parce que c'est par exemple la censure qui a permis qu'au 1er janvier, l'ensemble des pensions soient revalorisées sur l'inflation. Et donc il reste seulement 4 demandes. C'est-à-dire, alors Eric Coquerel, le président de la commission des finances, a calculé 439 millions d'euros.
Mais par contre vous avez toujours, si vous prenez par rapport au budget 2024, moins 2,5 milliards sur la question écologique. Et je veux avoir une pensée pour les habitants d'Île-et-Vilaine qui font face à une crue historique. Vous avez toujours moins 2,8 milliards sur la mission de travail et on pourrait continuer longtemps. Donc vous dites quoi, les négociations ne servent à rien ? Ce que je dis, c'est qu'un budget c'est un moment particulier dans un pays. Un budget c'est ce qui consacre l'orientation politique qui va être prise dans l'année. Et donc c'est classique dans une démocratie, lorsque vous votez le budget, vous êtes dans la majorité et le soutien au gouvernement.
Lorsque vous ne le votez pas, lorsque vous votez contre, vous êtes dans l'opposition. Donc nous nous disons, ce n'est pas ni aux fonctionnaires, ni aux malades, ni aux chômeurs, ni aux plus précaires de payer pour une politique de l'offre qui a été faite depuis des années et qui a vidé les caisses de l'État, notamment avec 200 milliards qui ont été donnés sans aucune contrepartie à des grands groupes.
C'est un moment particulier qui intervient cette année à un moment particulier puisqu'il y a eu cette motion de censure et donc le budget est retardé. La ministre des Comptes Publics, Amélie de Montchalin, souligne l'importance d'adopter au plus vite une nouvelle loi de finances parce que selon elle, ça coûte 100 millions d'euros par jour, chaque jour passé sans budget. Il y a urgence, Mathilde Panot ?
Mais écoutez, Madame de Montchalin, comme le gouvernement sont des hypocrites. Vous avez M. Coquerel et M. Charles de Courson, rapporteur général du budget, qui ont proposé fin décembre, en voyant que l'Assemblée avait décidé d'adopter la motion de censure contre le gouvernement Barnier et donc faire tomber le budget, ils ont demandé dès décembre qu'il y ait une loi d'urgence qui puisse être faite dès le début d'année qui permettrait de régler un certain nombre de choses, notamment le fait qu'il y ait un consensus politique, donc je ne vois pas pourquoi ça ne serait pas adopté immédiatement, d'indexer sur l'inflation la question du barème de l'impôt sur le revenu.
Mais ça ne règle pas tout, vous savez, il faut un budget pour la France.
Mais en fait, on ne cesse de nous inventer des choses. Alors la censure aurait coûté 12 milliards, c'est absolument faux. Maintenant, c'est 100 millions. On nous explique, Mme Borne, que les cartes vitales ne fonctionneraient plus au 1er janvier. Vos cartes vitales fonctionnent, je crois.
Non mais la question, c'est est-ce que ça ne va pas finir par poser vraiment un problème ? Mais bien sûr que ça pose un problème. Comme vous le souhaitez, une nouvelle censure était adoptée la semaine prochaine, puisque vous avez prévu d'en déposer une nouvelle.
Vous avez raison, ça pose un problème, et un problème qui est grave pour le pays. Et le responsable de cette instabilité s'appelle Emmanuel Macron. Parce qu'Emmanuel Macron s'entête à vouloir mettre des gouvernements en place, qui sont des gouvernements qui n'ont pas de majorité, qui s'assoient sur le résultat du vote du scrutin de juillet dernier, donc s'assoient sur la souveraineté populaire. Et je crois qu'effectivement, il n'est pas sérieux de penser qu'on va avoir un gouvernement tous les deux mois dans ce pays sans budget. Donc, quelle est la solution ?
Lorsque vous êtes dans une impasse politique telle créée par le Président de la République, le départ du Président de la République et de nouvelles élections.
Alors, le NFP, comme le socle commun qui est au pouvoir en ce moment, n'a pas de majorité. Donc, on se retrouverait dans la même position, même si vous étiez au gouvernement. Donc, la question, c'est la question du compromis. Le Parti Socialiste, lui, a décidé de négocier, a décidé de discuter. Parce que pas de majorité, même de votre côté, au niveau du nouveau Front Populaire. Là, vous mettez un coup de pression aux socialistes en disant, vous ne votez pas la censure, vous sortez du NFP ? C'est aussi facile que ça ?
Alors, je vais commencer par plusieurs choses, puisqu'il y a plusieurs questions dans ce que vous êtes en train de dire. La première chose qui est très importante, c'est pourquoi le Nouveau Front Populaire a été créé. Le Nouveau Front Populaire a été créé et s'est marqué en tête du contrat de législature qui nous lie toutes et tous sur le programme de gouvernement que nous avions fait avec le Nouveau Front Populaire.
Le Nouveau Front Populaire, le programme, le contrat de législature, commence par dire que le Nouveau Front Populaire unit des femmes et des hommes, issus d'organisations politiques, syndicales, associatives, citoyennes, pour proposer un programme de rupture avec Emmanuel Macron. Mais vous n'avez pas de majorité votée massivement, qui a non seulement sauvé la République de l'extrême droite et privé l'extrême droite du pouvoir, mais aussi mis le Nouveau Front Populaire en tête. C'est un programme de rupture avec la politique d'Emmanuel Macron.
Un programme pour lequel, on le rappelle, il n'y a pas de majorité, ça c'est arithmétique aujourd'hui, c'est peut-être un programme pour lequel beaucoup de Français ont voté.
Si vous avez des majorités, vous avez des majorités, par exemple, pour pouvoir abroger la retraite à 64 ans. Vous avez quand même un problème dans le fait que, non seulement la nomination ne correspond pas aux résultats des urnes, parce que dans toute démocratie, madame, qu'est-ce qu'on fait ? On donne d'abord la chance à la coalition qui arrivait en tête. Et ensuite, si nous avions été censurés, nous verrions. Mais par exemple, une coalition où, par exemple, il l'aurait nommée Lucie Casté. Nous aurions commencé immédiatement, par exemple, par un décret pour augmenter les salaires. Je vous assure que c'est difficile de censurer immédiatement.
Donc en fait, il faut laisser sa chance, c'est ça la démocratie. Et si nous sommes dans un point de blocage, encore une fois, je le redis, je ne connais pas d'autre solution dans ce sens. Vous dites quoi aux socialistes, là ? Que de retourner aux urnes. Qu'est-ce que vous dites aux socialistes qui négocient ? Bien que l'heure de vérité va arriver assez vite, pour que tout le monde comprenne un peu le calendrier. Jeudi, on va avoir ce qu'on appelle la commission mixte paritaire, qui regroupe des députés, des sénateurs, qui doivent trouver un accord sur le budget, qui a été rejeté, je le rappelle, à l'Assemblée par la motion de censure.
Ensuite, lundi probablement, 3 ou peut-être mardi, le 4 février, nous allons avoir la nouvelle lecture qui arrive à l'Assemblée nationale. Et c'est à ce moment-là que très probablement, le gouvernement va utiliser de nouveau un 49-3 pour le passer en force, puisqu'il n'a pas de majorité. Et c'est là que nous, nous déposerons, comme à chaque 49-3, une motion de censure. Et que l'heure de vérité sera à ce moment-là. Vous aurez d'un côté tous ceux qui ne votent pas la motion de censure, qui seront de fait dans un soutien sans participation à ce gouvernement, d'autant plus que nous parlons du budget. Donc vous avez l'extrême droite... S'abstenir, c'est soutenir.
S'abstenir, c'est soutenir.
Bien sûr, vous avez l'extrême droite qui s'est présentée devant les électeurs en disant qu'il serait une alternative à Macron, et qui, comme d'habitude, joue l'assurance-vie du système en refusant de voter la censure, ce qui s'est passé là. Et puis vous avez le Parti Socialiste, en tout cas une partie, puisque je veux quand même saluer les 8 députés socialistes qui sont restés fidèles à la parole qui a été donnée aux électeurs et aux électrices, qui devront choisir l'alliance qu'ils continuent de faire. Et s'ils ne votent pas la censure, ce sera un changement d'alliance. Et ils décideront d'une alliance de fait avec les macronistes.
Le nombre de chômeurs a franchement augmenté. En France, plus 3,9% au quatrième trimestre 2024. Vous mettez ça sur le compte de l'instabilité politique ?
Alors, quand même, il faut dire que plus 3,9%, c'est inédit. J'ai jamais vu, hors crise financière et hors pandémie. Et je veux quand même alerter sur le fait que, par exemple, pour les jeunes, pour ceux qui ont moins de 25 ans, c'est plus 8,5%. Donc nous n'avions jamais vu ça. Je vais vous dire, ce n'est pas le résultat de l'instabilité. Nous sommes en train de payer la facture du macronisme.
Ça fait des années et des années que nous disons que faire la politique de l'offre à tout va, donner des milliards à des grandes entreprises sans aucune contrepartie sociale et écologique, et avec des plans de licenciement que nous voyons fleurir un peu partout, plus un plan de licenciement silencieux sur lequel je vais vous alerter, qui sont ces 66 000 défaillances d'entreprises records que nous avons eues l'année dernière, qui sont souvent des petites entreprises, moins de 11 salariés, voire des très petites entreprises, moins de 3 salariés.
Donc je vais vous dire, ce qu'il faut faire, c'est rompre, encore une fois, avec cette politique macroniste qui est faite depuis des années, qui mène à cet échec patent, et donc, notamment, choisir d'autres règles et créer des emplois, parce que ça existe encore, la possibilité de créer des emplois dans ce pays.
Autre sujet de l'actualité de ce mardi, Mathilde Panot, la question de l'immigration abordée hier soir par François Bayrou chez nos confrères de LCI. Il était interrogé sur les dissensions qu'il y avait entre son ministre de l'économie, Éric Lombard, et le ministre de l'Intérieur, Bruno Retailleau.
Je pense que les apports étrangers sont positifs pour un peuple, à condition qu'ils ne dépassent pas une proportion. Je pense que la rencontre des cultures est positive. Mais dès l'instant que vous avez le sentiment d'une submersion, de ne plus reconnaître votre pays, de ne plus reconnaître les modes de vie ou la culture, dès cet instant-là, vous avez rejet. On y est en France, selon vous. Est-ce qu'on y est en France, oui ou non ? On approche.
Submersion. Yael Brompivet, la présidente de l'Assemblée nationale, dit ce matin qu'elle n'aurait jamais utilisé ce terme, Mathilde Panot. Et vous ?
Submersion migratoire, ce sont exactement les mots que, par exemple, M. Zemmour utilisé pendant l'élection présidentielle. C'est absolument faux. Ça ne correspond à aucune réalité. Il n'y a pas de submersion migratoire en France. Nous sommes d'ailleurs un des pays d'Europe de l'Ouest avec le plus faible taux d'accueil de personnes exilées. Et quand vous regardez, la plupart des migrations dans le monde se font dans des pays sud-sud, avec des pays qui, parfois, atteignent 25% des personnes exilées qui sont accueillies dans les pays. Donc, ce sont les mots de l'extrême droite.
Et je vais vous dire, la question migratoire va se poser de manière de plus en plus forte, notamment avec le dérèglement climatique. On voit ce qui s'est passé à Mayotte. On voit ce qui s'est passé aux Etats-Unis. On voit ce qui se passe en Ile-et-Vélène. Et on voit ce qui se passe à beaucoup d'endroits. Et tous ceux qui n'ont eu de cesse de soutenir des politiques d'inaction écologique, de soutenir les accords de libre-échange qui poussent des gens et qui obligent des gens à partir de chez eux, sont des hypocrites.
Donc, maintenant, la question, c'est comment est-ce qu'on fait face au plus grand défi du XXIe siècle, la question de garder un écosystème compatible avec la vie humaine et comment est-ce qu'on accueille dignement celles et ceux qui ont dû partir de chez eux ?
Mathilde Panneau, vous êtes avec nous jusqu'à 9h sur France Info. On laisse passer le fil info. Il est 8h45. Maureen Suneard.
La décrue sera très lente. Le pic n'est même pas atteint. Et de nouvelles pluies sont redoutées. Demain, trois départements sont en vigilance rouge. Au cru, l'île-et-Vilaine, le Morbihan et la Loire-Atlantique. Pas de suppression de postes à l'éducation nationale, pas d'impôts supplémentaires pour les ménages, pas de journée de travail sans rémunération pour financer la sécurité sociale. François Bayrou fait ses annonces alors que les discussions autour du budget 2025 touchent à leur fin. Le Premier ministre qui a aussi affirmé que la France approchait d'un sentiment de submersion en matière d'immigration. Ce matin, la présidente de l'Assemblée nationale affirme que ses propos la gênent.
L'UFC Que Choisir affirme que les cotisations pour les complémentaires santé ont augmenté de 40% en moyenne en 6 ans. Sur France Info, la directrice générale de la mutualité française conteste ces chiffres qu'elle juge farfelus. Elle rejette aussi l'idée d'une grande sécu avec une prise en charge à 100% des soins essentiels. Ce serait, dit-elle, 20 milliards d'euros de dépenses publiques supplémentaires. Il décrit un rêve de gosse, l'Auvergnat de 28 ans. Paul Marcon arrache le Bocuse d'or pour la France, ce graal de la gastronomie. Le père de Paul avait lui gagné il y a 30 ans, en 1995. France Info
Le 8.30 France Info Jérôme Chapuis Saliadrachia
Toujours avec Mathilde Panot, la présidente du groupe La France Insoumise à l'Assemblée nationale. On parlait d'immigration. Et cette phrase du Premier ministre avant le fil info sur la submersion migratoire. Bruno Retailleau, le ministre de l'Intérieur, a présenté une nouvelle circulaire au préfet. Il leur demande de moins régulariser les étrangers en situation irrégulière avec de nouveaux critères requis. 7 ans de présence en France. S'assurer que le travail occupé par ces personnes en situation régulière est bien dans la liste des métiers en tension.
Qui n'est pas encore publié. Qui ne sera publié qu'en février. Donc, il n'existe pas.
Oui. Quelle est votre réaction quand il resserre tous ces critères ?
Mais écoutez, c'est condamné par l'ensemble des associations qui, aujourd'hui, aident les personnes qui essayent d'avoir ici un titre de séjour, ici la naturalisation et notamment le fait d'être revenu sur la circulaire valse depuis 2012 est extrêmement grave en termes de droits. Il faut comprendre qu'avec la circulaire valse, on avait déjà une régularisation au compte-gouttes. De qui parlons-nous ? On parle par exemple de personnes qui travaillent, qui cotisent, qui paient des impôts, qui paient des impôts en France et qui vivent ici. Et donc, ils doivent être régularisés. C'est normal et c'est la manière dont on doit organiser les choses.
Avec, en plus, dans la nouvelle circulaire qui est faite par M. Rotaillot, le fait de privilégier, de donner des titres qui ne durent qu'un an. Quand vous parlez à des préfectures, elles-mêmes vous expliquent qu'elles n'arrivent pas à traiter l'ensemble des demandes, que parfois, des gens en situation régulière qui travaillent, qui ont un logement, se retrouvent d'un coup sans rendez-vous en préfecture et donc se retrouvent à perdre leur travail, à perdre leur logement, donc, du coup, disent eux-mêmes qu'il faudrait revenir à des titres de 10 ans beaucoup plus facilement. La logique au bout.
L'objectif, c'est de dire qu'on a déjà des millions de demandeurs d'emploi en France. Pourquoi régulariser des travailleurs sans papier ?
Mais je vais vous dire, ces travailleurs sans papier travaillent. Donc, en fait, ça n'a aucun sens de revenir sur une logique qui oppose les uns avec les autres. Je vais vous dire, vous avez raison de revenir sur la logique parce qu'il y a deux choses importantes à dire. La première, et on parlait de la censure tout à l'heure, ne pas censurer le gouvernement Bayrou la semaine prochaine, c'est laisser, notamment Rotaillot, celui qui parle comme pétain de français de papier, celui qui parle de régression ethnique des habitants des quartiers populaires ou encore des belles heures de la colonisation, c'est laisser l'offensive raciste de Rotaillot continuer ensuite pour la suite. Première chose.
Bien sûr, raciste, oui. Deuxième chose très importante qui est, en fait, ce que pense l'extrême droite et ce qu'essaye d'insuffler l'extrême droite. L'extrême droite essaye de faire croire à une partie du peuple français, pour mieux le diviser, que la France serait une nation ethnique. La France ne sera jamais une nation ethnique. La France, si vous regardez, n'est pas une couleur de peau. Toutes les couleurs de peau sont françaises. La France n'est pas une religion. Il y a beaucoup de religions en France et même la majorité des gens n'ont pas de religion. Et la France n'est même pas une langue puisque nous partageons la langue française avec 28 autres pays dans le monde.
La France a toujours été une nation politique autour d'une devise commune qui est liberté, égalité, fraternité. Nous, nous sommes de ceux qui voulons faire France de tout bois et qui disons ça suffit de toujours diviser le peuple français. Nous, nous voulons parler de la question de la vie digne, de la vie chère, du scorbut qui revient chez les enfants. Nous voulons parler, bref, de la manière dont nous vivons ensemble et arrêter de mettre ce poison du racisme partout dans la société.
Juste un mot sur le racisme en France. Le racisme, il est condamné par la loi. Est-ce qu'il y a dans les propos du ministre de l'Intérieur des faits, des propos qui sont, selon vous, qui tombent sous le coup de la loi ? Par exemple,
utiliser l'expression, vous savez d'où vient l'expression français de papier ? Elle vient de vous, l'expression de français de papier ?
Vous l'avez dit ?
Oui, elle vient de Vichy et de Pétan. D'accord ? Ce serait l'idée qu'il y aurait des Français qui ont la nationalité française mais qui ne seraient pas des vrais Français comme les autres ou qui seraient des Français de seconde zone. Nous ne pourrons jamais être d'accord avec cela. Et je le dis, oui, il y a une rhétorique raciste derrière tout cela. De même qu'une ambiance dans ce pays où on stigmatise toujours les citoyens et citoyennes de confession musulmane, cela doit cesser. Nous, nous sommes des humanistes mais nous n'accepterons jamais qu'on trinne aux concitoyens selon leur couleur de peau, leur genre, leur orientation sexuelle ou leur religion réelle ou supposée.
Alors l'actualité de ce mardi, c'est aussi la justice avec cette proposition de loi qui va arriver au Sénat. On va en parler dans un instant et qui sera bientôt à l'Assemblée contre le narcotrafic. Et puis il y a la mort d'Elias, 14 ans poignardé vendredi dernier à Paris. Gérald Darmanin, hier, le garde des Sceaux, s'est exprimé en faveur de la comparution immédiate pour les mineurs, pour les crimes les plus graves, ce qui ne figure pas actuellement dans notre droit. Est-ce que vous y seriez favorable ?
Non, j'écoutais François Mollins, ancien procureur général ce matin, qui disait et qui redisait un principe de base simple, on ne peut pas juger des enfants comme des adultes. Je rappelle que la France est signataire de la Convention internationale des droits de l'enfant qui stipule qu'un enfant ne peut pas être jugé comme un adulte. Ça, c'est la première chose. La deuxième chose, je partage l'inquiétude notamment de famille. C'est arrivé encore très récemment pour une famille à Ivry, c'est en deuil malheureusement beaucoup de familles dans le pays, de voir des enfants tuer d'autres enfants parce que c'est de ça dont on est en train de parler. La question, c'est est-ce qu'il faut, comme M.
Rotaillot, comme M. Darmanin, comme beaucoup d'autres, continuer avec une politique qui est une politique répressive à tout va ou est-ce qu'il faut enfin remettre de la prévention dans ce pays ? Et je le dis parce que, rappelez-vous peut-être, il avait été dit que la délinquance juvénile serait une des grandes priorités de cette année. Il se trouve que le 31 juillet, en plein Jeux Olympiques, en plein moment où nous n'avions pas de gouvernement, a été décidé de la suppression de 500 postes de protection judiciaire de la jeunesse qui sont justement ceux qui permettent d'accompagner les jeunes et de prévenir la délinquance juvénile.
Donc, je vais vous dire, nous avons un gros problème sur la question
de la prévention. En l'espèce, par exemple, puisque ces deux jeunes qui sont aujourd'hui en détention et donc soupçonnés d'avoir tué Elias, n'avaient pas le droit de se rencontrer. Ça aurait permis quoi ? Est-ce que ça aurait permis quoi que ce soit qui aurait pu éviter ce drame ?
Mais je ne sais pas. Je vais vous dire je ne sais pas. Je vous dis juste que si vous croyez que l'unique répression, l'unique... Non,
mais ça peut être les deux. Ça peut être la prévention et de la répression. Donc, dans ces cas-là, avoir des sanctions plus sévères... Mais d'accord,
mais ce n'est pas possible d'avoir d'un côté les éducateurs spécialisés qui sont supprimés un peu partout, la prévention spécialisée pour la jeunesse qui est supprimée un peu partout dans tous les départements. Oui, mais vous pouvez le regretter là et dire il faut aussi des sanctions plus importantes. Mais je vais vous dire ça ne fonctionne pas. Ça ne fonctionne pas, ce n'est pas ça qu'il faut faire. Et en faisant cela, nous rognons ce qu'on appelle les droits des enfants qui est encore une fois un engagement international de la France.
Ça se passe donc aujourd'hui au Sénat, ce sera bientôt à l'Assemblée. Il y a un rare consensus PSLR sur une réforme qui vise à mieux lutter contre le narcotrafic avec notamment la création d'un parquet anticriminalité, l'extension du statut de repenti aux auteurs de crimes de sang, la limitation de certaines informations aussi qui concernent les méthodes d'enquête pour ne pas renseigner les trafiquants. C'est notamment une demande de certains juges d'instruction. Est-ce que cette proposition de loi, vous pourriez la voter ou en tout cas voter certaines mesures ?
Non, je crois que ça ne correspond pas à l'esprit dans lequel nous sommes. Je vais vous expliquer. D'abord, nous avons d'un côté un président de la République qui, avec ses gouvernements successifs, est là depuis sept ans et qui, depuis sept ans, n'a eu de cesse de faire des grands coups d'éclat, de communication, de montrer les gros bras sur la question du narcotrafic et qui, de fait, a permis à la criminalité de... Là, ce n'est pas
le président de la République. Ce sont les sénateurs.
J'ai bien compris. Je sais que c'est une initiative parlementaire, etc. Bon, ça, c'est la première chose. Donc, un échec de toutes les politiques qui ont été menées jusqu'à là. Nous, nous disons qu'il faut changer de stratégie. C'est notamment un plan qui a été fait par mes collègues insoumis qui s'appelle passer de la lutte contre le narcotrafic vers la lutte contre la criminalité organisée qui change de méthode pour le coup en voulant inclure l'ensemble des acteurs, du juge jusqu'aux policiers, jusqu'aux, je parlais, des associations de prévention jusqu'aux éducateurs, etc. Bon, qu'est-ce que nous disons ?
Et c'est ce que je vous disais tout à l'heure que j'écoutais ce que disait François Mollins qui dit la même chose. La question, c'est la question du fond. La question, c'est la question des moyens. Il se trouve que nous, nous sommes beaucoup opposés par la voie du gobernalysis à une réforme de la police judiciaire qui départementalisait et sur laquelle la police judiciaire était vent debout, qui a, de fait, est responsable aussi du manque de moyens qu'il y a. Il se trouve qu'il devrait y avoir dans ce budget 5 000 officiers de police judiciaire en moins. Or, nous avons besoin au contraire d'avoir beaucoup plus de police judiciaire.
Nous avons besoin d'avoir beaucoup plus d'enquêteurs et c'est ça qui permet ensuite d'attaquer les réseaux de criminalité organisés, notamment sur la question du blanchiment d'argent, sur la question des 12 millions d'armes qui circulent dans les millions. Oui, plus de moyens. Vous êtes d'accord même
avec le garde des Sceaux, Gérard Garmalin ?
Mais sur la création
d'un parquet anticriminalité, vous dites oui ou non ? C'est une bonne idée ?
Je dis que je crains que ça ne change rien. Pourquoi ? Nous avons vu le parquet national financier se créer. Tout de suite, il a été immédiatement engorgé. Et donc, je crains que de nouveau, par manque de moyens, vous créiez quelque chose qui ne réglera pas la situation. Et de même que dans cette loi, je veux quand même insister dessus, il n'y a rien ni sur la légalisation du cannabis qui, à mon avis, est un impératif aujourd'hui, et il n'y a rien sur la question aussi de la prévention qui, je crois, là aussi est primordiale pour vraiment être à la hauteur de ce défi.
Un peu de politique à Villeneuve-Saint-Georges dans le Val-de-Marne avait lieu le dimanche dernier. Le premier tour des élections municipales anticipées, votre liste menée par Louis Boyard est arrivée en tête au premier tour, mais de peu devant la liste LR. Réaction de Bruno Retailleau, encore lui, ministre de l'Intérieur. Aucune commune de France ne mérite d'avoir à sa tête un maire de la France insoumise. Il va trop loin ?
Je crois que non seulement il sort de son devoir de réserve, je rappelle que c'est lui qui organise les élections, donc dire des choses comme ça, c'est assez abject. Et puis que la candidate qui est en face de Louis Boyard, dont je veux saluer le score avec sa liste, malgré des tomberons d'assultes et d'insultes racistes notamment, qui ont été faites à cette liste, dont moi je suis aujourd'hui fière, je rappelle que la candidate en face est quelqu'un qui a été avec un maire qui a juste fait un salut nazi à Villeneuve-Saint-Georges.
Qui s'est lui-même présenté contre elle. Après, il y a une question quand même plus large parce que maintenant on peut parler de l'union à gauche. L'union à gauche, est-ce que vous allez tendre la main au parti socialiste pour fusionner les listes ?
Louis Boyard l'a fait de tendre la main. Je vais vous dire, pourquoi est-ce que nous n'étions pas unis au premier tour ? Il se trouve que nous n'étions pas unis au premier tour malgré des tentatives de Louis Boyard et de sa liste parce qu'il y avait des gens qui étaient proposés qui avaient appelé à ne pas voter pour le nouveau front populaire en juillet dernier dans un moment où il y avait un danger d'extrême droite. Bon, première chose. Deuxième chose, du coup, comme nous n'avions pas pu faire l'union de la gauche, nous avons fait l'union du peuple qui est une stratégie qui, même si vous dites que c'est de peu, etc., qui a permis d'arriver en tête de cette élection et qui nous permettra
d'une union pour gagner. Votre question qui se pose aujourd'hui, c'est, vous négociez en ce moment pour voir comment vous pouvez fusionner les listes sauf que selon le Figaro, le PS veut négocier le retrait du septième de votre liste à cause de ses publications pro Hamas. Est-ce que c'est vrai ? Est-ce que c'est lui qui est en question ? Est-ce que c'est lui qui coince la fusion ?
D'où est-ce que vous tenez cette information ?
Je viens de le dire selon le Figaro et après, il y a les exemples de tweets qu'il a écrits.
Il le tient de frontières qui est le média qui raconte par exemple que Lou Bayer n'habite pas à Villeneuve-Saint-Georges qui s'est introduit dans son bâtiment pour essayer d'entrer chez lui et d'interroger l'ensemble de ses voisins et donc il y a un média d'extrême droite extrêmement dangereux. Sur le septième de votre... Je vais aller là-dessus. Non mais... Alors, vous pourriez vraiment que c'est... Je vais y aller. Je vais y répondre. Je vais répondre. Mohamed Benyaklev, je vais répondre.
Le septième de la liste, il a écrit des tweets et les exemples, je peux vous le donner. Le 7 octobre, par exemple, il a écrit « La résistance répond au terrorisme d'État de l'État sioniste ». Voilà ce qui est considéré comme effectivement...
Je vais vous dire. Ce candidat... Un candidat pro-vache. Mais arrêtez. Ce candidat est un candidat qui était sur une liste déjà en 2020 avec le PS et le PC. Donc, je crois qu'il faut arrêter en fait d'essayer de flétrir à chaque moment ce qui est en train de se passer parce que ce qui est en train de se passer, c'est qu'il y a une liste qui propose une rupture dans la politique municipale à Villeneuve-Saint-Georges et j'invite toute seule et ceux qui nous écoutent à aller voter en masse dimanche, si vous le pouvez. Merci Mathilde Panot. Sous-titrage ST' 501
Mathilde Panot