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Discours / meetingClémentine Autain· 21 septembre 2023 9 minAutoproduitActualité / polémiqueTravail & emploiSolidarités & familleÉconomie & entreprisesInstitutions & élections

Loi France Travail : "salauds de pauvres"

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Attaque 85 %Défensif 15 %

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 2:46Invité politiqueChiffre
    « 15 milliards d'euros 4 millions de personnes qui arrivent tout simplement à voilà sortir la tête de l'eau »
  • 3:24Invité politiqueChiffre
    « un million d'emplois disponibles pour 6 millions de demandeurs »
  • 4:48Invité politiqueChiffre
    « 55 000 agents dans Pôle emploi qui sont en souffrance »

Temps de parole

  • Clémentine Autain100 %

Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Clémentine Autain

alors me voici dans mon nouveau bureau on a même pas encore eu le temps de d'accrocher des choses au mur et non seulement j'ai changé de bureau mais j'ai aussi changé de commission avant j'étais à la commission des affaires étrangères pendant 6 ans et me voilà depuis cette semaine à la commission des affaires sociales et on a commencé cette année dans le dur puisque c'est un projet de loi donc vous avez peu entendu parler qui est en cours de discussion c'est sur le projet France travail alors dit comme ça ça paraît assez abscon difficile à cerner et en réalité c'est un projet qui vise à la fois à faire travailler ceux qui sont au RSA et surtout celles puisque les femmes sont majoritaires à toucher le RSA comme vous le savez sans doute et à détruire le service public de Pôle emploi et de tout ce qui à avoir des missions locales CAF etc qui s'occupent de la réinsertion et on a commencé donc en commission avec un projet qu'ils ont voulu bâcler puisque on devait continuer jusqu'à aujourd'hui mais hier dans la nuit aussi au lieu de s'arrêter à minuit sont allés jusqu’à une heure du matin pour nous dire qu'il continuait toute la nuit en voulant accélérer des parties importantes qui concernent le handicap qui concerne la petite enfance pour vite vite boucler tout ça et passer à autre chose en réalité ce projet de loi dont on parle peu dans les médias et je trouve ça assez terrifiant il dit beaucoup de ce qu'est le projet de la macronie donc très concrètement il s'agit de dire que les personnes qui sont au RSA vont désormais de voir s'engager dans un contrat d'engagement et ce contrat d'engagement il va notamment porter sur le fait que ils doivent chercher du travail donc c'est une rupture totale avec le sens même du RSA qui est un minimum garanti je rappelle que pour une personne seule c'est 607 euros par mois donc c'est présent dessous du seuil de pauvreté pour pouvoir vivre tout simplement dans la dignité donc c'est un seuil un minimum vital et que jusqu'ici il n'impose pas de contrepartie n'impose pas de devoir particulier et là ils veulent introduire c'est de voir pour pouvoir en fait sanctionner suspendre davantage la location et dire que tout le monde doit être employable et doit être remis vite sur le marché du travail ce qui évidemment va avoir un impact parce que si vous créez cette pression et que vous obligez les gens à accepter un travail alors on avait déposé beaucoup d'amendements pour dire un travail de qualité pour essayer de qualifier un peu ce travail pour dire que les allocataires les personnes qui demandaient devaient infiner être juges de ce qui était un emploi raisonnable pour eux évidemment c'est pas du tout la logique la logique c'est de pousser toujours plus loin à accepter n'importe quel boulot en gros n'importe quel prix et donc ça va tirer tout le monde vers le bas donc c'est une rupture avec la logique de la prestation sociale mais c'est aussi une volonté de créer de voilà de la chair à canon pour des employeurs qui sont à vide de payer toujours moins les gens c'est en plus s'attaquer à une prestation qui est plutôt peu onéreuse par rapport à ce qu'elle comble comme comme problème puisque vous sortez de la misère totale des millions de personnes qui touchent aujourd'hui le RSA pour simplement et c'est peu dans le budget de l'État 15 milliards d'euros 15 milliards d'euros 4 millions de personnes qui arrivent tout simplement à voilà sortir la tête de l'eau et quand vous touchez évidemment à ce RSA vous touchez aussi aux enfants puisque ce sont beaucoup de familles monoparentales des femmes avec des enfants et si vous voulez leur couper ce minimum pour vivre et bien c'est aussi aux enfants que vous vous attaquez donc c'est une attaque directe à l'encontre des pauvres avec cette idéologie bien connue que si vous êtes au RSA c'est de votre faute logique qu'on a vu venir de la droite avec le cancer de l'assistanat et hop hop hop hop il arrive jusqu'à nous et il va sur le terrain de l'extrême droite extrême droite qui aime beaucoup parler de ces assistés de ces profiteurs du système des prestations sociales quand il faudrait toutes et tous travailler or toutes et tous travaillés pour y arriver il faudrait déjà cueiller du boulot pour tout le monde ce qui n'est absolument pas le cas puisqu'on a un million d'emplois disponibles pour 6 millions de demandeurs et encore quand je dis le rapport 1 sur 6 j'en discutais avec mon collègue Adrien Clouet qui est dans la Commission des insoumis qui connaît sur le bout des doigts à ces questions là et on en discutait hier en fait le chiffre de 1 sur 6 il est en réalité assez assez bas comme ratio on pourrait dire un sur 13 donc 1/6 c'est vraiment le minimum que l'on puisse dire donc si vous avez un emploi pour si chômeur vous voyez bien que vous avez un problème tout le monde ne peut pas avoir un emploi et donc il faut bien qu'on ait un filet de sécurité et même qu'on augmente ce filet de sécurité avec la hausse des prix avec une logique de progrès humain tout simplement avec aussi l'idée que si on veut que le travail paie correctement et bien d'avoir un minimum vital qui n'est pas trop trop trop bas permet aussi de créer un rapport de force avec le grand patronat pour que il augmente les salaires pour que ça devienne vraiment intéressant de travailler mais ça c'est pas du tout la logique de la macronie qui veut que tout le monde soit employable à un point qui a été souligné de manière assez délirante pendant les travaux de la commission puisque nous avions déposé un amendement contre le l'idée que les Invalides donc les personnes en invalidité puissent rentrer en fait dans le processus de contrat d'engagement etc et on leur a dit que c'était délirant parce que quand on est en invalidité la définition même de l'invalidité c'est de ne pas pouvoir travailler et on a obtenu le vote quand même mais moyennant de discussion pour enlever ça mais ça dit que ce sont vraiment des technocrates qui ont imaginé ce truc là parce que c'est pas pensable de se dire que il laisse dedans que les Invalides puissent eux aussi être concernés bref donc ça c'est le premier volet mais il y a un deuxième volet c'est qu'en fait cette loi France travaille elle détricote le service public de l'emploi qui a déjà été très très mal au mené il y a 55 000 agents dans Pôle emploi qui sont en souffrance c'est vraiment très très renseigné et nourri par les enquêtes ce mal-être au travail de Pôle Emploi peut-être vous avez vu ce film Daniel Blake de Ken Loach qui est tout à moi Daniel Blake pour être précise de Ken Loach qui est absolument remarquable et qui montre alors c'est en Angleterre mais c'est vraiment une situation qu'on pourrait retrouver en France c'est à dire évidemment la souffrance de la personne qui lui-même touche les minima sociaux et en face les personnes qui sont dans les services publics d'aide pour ces gens-là et qui sont eux-mêmes en souffrance et ne peuvent pas répondre aux problèmes et ben là on va accroître la difficulté parce que il y a aucun moyen qui sont mis pour finalement permettre cette accompagnement parce qu'ils nous vendent ça en disant mais non on va accroître l'accompagnement ça va permettre de mieux les suivre mais sauf qu'il y a aucun moyen qui est mis pour que humainement on puisse suivre ces gens-là et donc c'est 55000 personnes de Pôle Emploi qui voient en réalité deux fois plus de chômeurs issus deux fois plus de chômeurs que ce qu'il y a dans les statistiques des directions donc ils sont déjà exangs et bien là il va y avoir un afflux un afflux pourquoi parce qu'il y a eu la loi sur les retraites et que la loi sur les retraites qui allonge le l'âge de départ à la retraite et la durée de cotisation et bah par définition le problème c'est que vous allez avoir de plus en plus de gens qui vont être au RSA et en invalidité cela vont arriver par afflux alors je sais pas comment on va les remettre au travail parce que ça va être des plus de 55 ans et on sait malheureusement que le marché du travail après 55 ans c'est très très dur mais vous allez aussi avoir un service public qui va être asphyxié par ces demandes cette comptabilité encore plus grande de suivi de coup de téléphone de pression qui va falloir mettre sur les les ceux qui touchent les bénéficiaires du RSA et on arrive à la catastrophe et on va fragiliser tout un maillage qui est assez spécificités d'ailleurs qui vont être regroupés alors que chacun a sa spécificité je pense par exemple aux missions locales qui s'occupent des jeunes à Cap Emploi qui s'occupe des personnes handicapées aux collectivités territoriales au CAT tout ça va être mis dans un même dans un même mille-feuille nouveau mille-feuille et je pense que nous sommes absolument pas prêts pour imaginer un service unique avec un tel afflux et de telles nouvelles compétences pour les personnes que je pense que ça va être une usine à gaz absolument épouvantable et que ça va contribuer à casser le service public ce que la macronie c'est très bien fait parce qu'elle ne fait pas que dans le secteur de l'emploi elle le fait globalement comme vous le savez à peu près partout avec cette obsession de la réduction de la dépense publique l'importation aussi d'une logique de management du privé dans les normes qui sont les normes du service public qui ne devraient pas être les mêmes toujours la T2A à l'hôpital tout ce qu'on connaît bref donc c'est vraiment un double une double attaque double attaque avec ce projet de loi de France travail très forte contre les pauvres et contre le service public et pourtant et pourtant on en entend quasiment pas parler à partir de lundi ce sera en séance à l'Assemblée nationale pour plusieurs jours j'espère que vous suivrez les débats et j'espère aussi que on arrivera à faire caisse de résonance parce que pour l'instant c'est blackout et on nous parle de bien d'autres sujets parfois terriblement peu essentiel plutôt que de donner à voir ce qu'est cette nouvelle agression régression sociale voulue par la macronie à suivre donc