Contre le « réarmement démographique » : repenser la baisse de la natalité | #Amfis2026
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 72 %Attaque 27 %Défensif 2 %
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 1:26Anaïse DolonetFait
« Aucun moyen et aucune proposition ambitieuse ne sont vraiment mis en place pour réellement soutenir la parentalité et la rendre matériellement possible. »
- 7:43Fanny GalotFait
« associer la raréfaction des naissances à la crainte d'un déclin économique à l'inquiétude quant à la soutenabilité de l'état social »
- 8:27Fanny GalotFait
« La guerre contre le virus qui a conduit à la mise au travail de dizaines de milliers de femmes qui ont fabriqué des masques gratuitement dans leur cuisine »
- 27:08Manon AubriFait
« nos utérus ne sont pas des armes. Point barre. »
- 29:26Manon AubriFait
« En 1939, c'est Dalier qui édicte le code de la famille avec un chapitre sur la protection de la race. »
- 30:11Manon AubriFait
« il nous ressort le service national et vous le voyez bien que toutes les similitudes avec les années 30 ne sera pas fortuite en l'état. »
- 30:55Manon AubriChiffre
« en pourcentage de PIB, les dépenses qui sont liées au vieillissement de la population devraient passer de 30,5 % du PIB en 2022 à 30,8 % en 2040. »
- 33:38Manon AubriFait
« Macron a dit quand même en 2018, "Quand vous avez se ou hfants par femme, vous ne sortez jamais de la pauvreté." »
- 44:52Manon AubriFait
« ceux qui prétendent défendre la natalité, le renouvellement des générations, c'est la démonstration qui est faite, qui ne font ça absolument pas pour la natalité, mais bien pour une seule raison nourrir leur discours raciste et xénophobe. »
- 46:18Manon AubriFait
« le meilleur moyen de répondre à aux soi-disants problèmes de natalité dans notre pays et en réalité avec la nécessité de répondre à l'égalité, au niveau d'égalité entre les femmes et les hommes. »
- 47:16Manon AubriFait
« elles ont été inventées par un français et c'est un français qui l'a inventé. Mais aujourd'hui, ses droits et son brevet sont détenus par une entreprise américaine qui détient le monopole de production. »
- 54:15Sarah LinChiffre
« 90 % des inégalités de revenus entre femmes et hommes sont liées à la maternité. »
- 59:16non_speechChiffre
« il y a des études qui disent que le désir d'enfant c'est 2,3 enfants par femme. »
- 1:02:03non_speechPromesse
« Clémence Gueté avait déposé un texte, une résolution pour enjoindre le gouvernement à respecter ce droit à la PMA pour toutes et tous. »
- 1:02:36non_speechFait
« une proposition de loi de ma collègue Sgolen Amio sur la question de l'accès des personnes transgenre à la PMA. »
- 1:17:52non_speechFait
« ils ont dit "On le fera à partir du 1er juillet, donc c'est pour les enfants nés à partir". »
Temps de parole
- ?100 %
≈ 1,3 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
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Alors, bonjour à toutes et tous. On va commencer cette conférence. Je me présente, je m'appelle Anaïse Dolonet. Je suis coanimatrice du groupe thématique égalité fam hom de la France insoumise qui a proposé cette conférence et je vais animer donc cette conférence. S'intitule la conférence s'intitule Contrer le réarmement démographique, repenser la baisse de la natalité. Et donc pour refaire le contexte, le réarmement démographique, c'est une expression qui a été employée par Emmanuel Macron en janvier 2024. pour annoncer le lancement d'un ensemble de politiques publiques visant à relancer la natalité et lutter contre l'infertilité face au recul des naissance en France.
Et c'est une expression qui a beaucoup été critiquée par les associations féministes et qu'on va commenter aujourd'hui parce qu'elle est loin d'être neutre. Elle emprunte au champ lexical du euh du au champ lexical militaire et fait de la relance de la natalité une injonction militaire et et viriliste. Elle sous-entend que les corps notamment des femmes six genres seraient des armes et les assignent ainsi au travail reproductif pour servir un enjeu capitaliste au relanc militaire.
Et surtout, on va le voir dans cette conférence, cette annonce reprend une obsession de l'extrême droite qui fait la nécessité de lutter contre la baisse de la natalité, une priorité au détriment des droits des femmes, notamment les droits et la santé sexuelle et reproductif et tel que le droit à l'avortement par exemple. Et en réalité, derrière cette annonce grand éloquente, aucun moyen et aucune proposition ambitieuse ne sont vraiment mis en place pour réellement soutenir la parentalité et la rendre matériellement possible.
Alors qu'on sait que le coût de la maternité qui pèse sur les femmes est important et que les politiques antisociales menées par les deux quinquenats d'Emmanuel Macron pénalise les femmes, notamment les mères et davantage encore les maires isolées de plus en plus approuvrir. con et également un autre enjeu qu'on va mentionner, c'est que rien n'est fait pour réellement lutter contre l'infertilité qui est un véritable enjeu qui s'inscrit comme on va le voir dans la lutte contre les maladies politiques résultat de notre système capitaliste et et aggravé par la casse organisée du service public de la santé.
Et donc pour parler de tous ces enjeux, on est ravi d'avoir pour intervenant donc Sarah Lin, député insoumise de Paris et d'ailleurs vice-présidente de la délégation droits des femmes à l'Assemblée nationale. On a également Manon Aubri, députée européenne insoumise et coprésidente du groupe de la gauche au Parlement européen et Fanny Galot, coanimatrice du département d'histoire de l'Institut la Boessie
[applaudissements]
et spécialiste du féminisme populaire. Et donc dans un premier temps, on va commencer par Fanny Galo qui va nous parler un peu de comment repenser la baisse de de la natalité à gauche euh et en quoi il s'agit plutôt d'une crise de la reproduction sociale. Oui. Alors, bonjour à tous. Je pense que effectivement ce débat essentiel et il risque de l'être encore davantage dans dans les mois qui viennent. Euh donc j'ai intitulé en fait ma ma présentation finalement repenser la baisse de la natalité pour une politique de la reproduction sociale. Alors c'est pas forcément habituel en tant que chercheuse que de s'engager sur justement un projet.
Euh cela dit, voilà, c'est essayer de dessiner un petit peu les contours, hein, euh euh de ce que ça pourrait être justement une autre politique euh qui euh sort justement du discours de la crise démographique, de la dénatalité et euh de justement ce euh tout tout euh tout tout ce récit en fait qui est fabriqué autour de ce qui voilà est censé être justement le rôle des femmes dans notre société. Alors, ça rejoint aussi, je vais l'évoquer à plusieurs reprises, hein, la proposition que fait Clémence Getté dans son livre, hein, donc pour une politique de l'amitié. Donc c'est évidemment ça a ça a aussi en fait des résonances avec ça, ce que je vais mettre en avant.
Alors, je suis pas moi spécialiste, je suis pas démographe et je suis pas spécialiste de la question de voilà notamment la baisse de la natalité en particulier. Euh simplement, je me suis appuyée hein pour cette présentation sur des travaux de recherche que je vais citer à plusieurs reprises et je vais en citer d'autres là dès maintenant puisque sachez que euh dans le monde académique évidemment il y a aussi tout un tas d'élaborations qui nous seraient euh euh très utiles hein.
Je pense par exemple aux travaux de la sociologue Elsa Boulet, de l'économiste Clémence Clot ou encore par exemple de Armelandro démographe he qui a écrit un texte cette année dans AOC qui a été d'ailleurs publié en livre pour en finir avec le natalisme et autre contribution sur laquelle je me suis appuyée hein le le livre donc de Anne Cécile Malfer qui est aussi d'ailleurs assez documenté qui s'appuie aussi d'ailleurs sur des historiens des historiennes et et cetera. Euh donc qui est présidente de la Fondation des femmes et qui a écrit un livre qui s'appelle La panique démographique, une réponse féministe.
Donc dans ma première partie, je vais je vais vraiment en fait revenir un peu sur ce diagnostic euh là et la les tendances qui peut y avoir finalement, que ce soit à droite mais aussi à gauche, de à mettre en avant justement une politique euh nataliste euh malgré tout et comment nous en fait on peut sortir de cet enjeu-là. La question n'est pas de faire ou de ne pas faire des enfants, mais de favoriser l'autonomie reproductive, c'est-à-dire faire en sorte qu'il y ait les conditions euh matérielles qui puissent favoriser ce choix. Alors, quand même quelques éléments, hein, parce que je pense que c'est aussi important euh d'avoir euh euh peut-être ce cadrage làà hein.
Euh en 2024, comme en 2023, la croissance démographique est très faible et elle se maintient notamment grâce aux migrations. Euh autre point important, euh le en gros hein, ce que ce qui se joue en France autour de la baisse de la natalité, ça se joue pas uniquement en France, ça se joue dans tout un tas d'autres pays, hein. Moi, je discutais par exemple avec des camarades euh du Costa Rica il y a pas si longtemps qui me raconaient exactement le même phénomène, hein. Donc c'est pas une question qui est uniquement d'ailleurs occidentale, mais en fait c'est une question qui est posée ailleurs.
En gros, l'idée hein, c'est le ce régime démographique qui est de plus en plus répandu, il est caractérisé par une fécondité en baisse, un vieillissement accéléré et une stagnation, voire une éion donc de la croissance naturelle. Ce qui fait que donc les la migration, les migration compense finalement cette croissance naturelle. Donc en gros c'est le résultat donc d'une conjoncture qui est caractérisée par la baisse du nombre de personnes en âge d'avoir des enfants et le recul de l'âge auquel ces dernières de ces derniers ces dernières deviennent enfin ces personnes deviennent parents. Ce qui fait qu'en France actuellement l'indicateur de fécondité il est de 1,62 enfants par femme en 2024.
Sachant que euh j'imagine que vous l'avez appris comme moi euh à l'école, euh le seuil de renouvellement des générations est à 2,1 enfants par femme, hein. Euh donc euh un récit politique se forge, celui de la crise démographique avec un sentiment d'urgence. Euh donc il s'agit he et là je cite Armel Andre de transformer un phénomène démographique en diagnostic global sur l'avenir des sociétés en associant la raréfaction des naissances à la crainte d'un déclin économique et ça c'est absolument central hein.
associer la raréfaction des naissances à la crainte d'un déclin économique à l'inquiétude quant à la soutenabilité de l'état social, l'ensemble de la protection sociale et touchou tchou tchou euh excusez-moi je avec mes onomatopés pour excusez-moi c'est pas grave euh l'idée par exemple des retraites de s'il y a plus assez d'enfants et ben comment est-ce qu'on va faire pour financer les retraites et donc évidemment à une anxiété géopolitique et identitaire. L'ensemble donc est piteusement synthétisé par la formule hein qui était évoquée tout à l'heure par Anaïs, réarmement démographique où là effectivement on peut noter l'esprit enfin l'aspect guerrier hein.
C'est pas le seul recours de Macron à ça hein. La guerre contre le virus qui a conduit à la mise au travail de dizaines de milliers de femmes qui ont fabriqué des masques gratuitement dans leur cuisine alors même qu'on avait délocalisé toutes les entreprises qui étaient en capacité de le faire. Donc c'est un registre finalement assez auquel nous a habitué assez largement la Macronie. Alors donc Armeland et donc Anne Cécile Melf précisent que donc quand même et ça c'est important aussi de l'avoir en tête que en réalité les politiques natalistes n'ont jamais fonctionné.
Si des politiques de limitation des naissances comme par exemple en Chine euh ont fonctionné, des politiques natalistes en fait en tant que tel euh en fait euh ne ne fonctionne pas euh euh en réalité. Mais pour autant, c'est de bien c'est bien de ça dont il est question à la fois par le réarmement démographique, à la fois par le courrier qui a été envoyé euh aux jeunes de 29 ans et cetera. Alors moi je vais laisser de côté après cette introduction et je pense que j'en suis déjà genre à 7 minutes mais c'est pas grave.
Euh donc tout ce qui se rapporte à la manière évidemment euh dont la question est instrumentalisée par la droite et l'extrême droite et notamment le discours raciste du grand remplacement qui s'articule à un discours sexiste et qui est repris par toute la galaxie euh réactionnaire euh donc du producérisme, des tradif, des courants masculinistes et cetera où il s'agit de favoriser le retour au foyer des femmes blanches. Je vais laisser de côté tout cet aspect là dans ma présentation.
Je vais aussi laisser de côté euh le deux poids de mesure où dans le même temps hein là on parle de réarmement euh démographique hexagonal puisque par exemple à Mayotte les femmes sont enjointes à se faire ligaturer les trompes parce que la la pression démographique est trop forte sur les services publics. Donc ça je laisse aussi de côté ce de poids de mesure et ces contradictions mais je l'ai dit quand même pour que vous les ayez en tête.
ou encore je l'associe de côté évidemment toutes les difficultés d'accès donc à la PMA pour les personnes LGBTQA+ dans l'hexagone qui font que on a un peu l'impression qu'on a à la fois un discours de allez fête des gosses notamment les femmes 6 mais en réalité à côté de ça il y a des des tas et des tas de gens qui souhaiteraient avoir des enfants et qui sont mises sur le carreau. Je laisse également de côté parce que je suis Ouais, si vous [rires] excusez-moi, je suis pas habitué moi à ce genre de je suis pas habitué à ces ces interruptions là.
Et évidemment aussi et parce que j'y connais rien, tout ce qui se rapporte aux maladies politiques et à l'infertilité, ça voilà, c'est pas du tout mon truc. Donc je vais euh Mais évidemment ça pèse he je dis ça, voilà, je je dis ça pour aussi voilà ouvrir la discussion et peut-être que d'autres intervenantes y reviendront.
Alors, en gros, la question c'est comment repenser euh la baisse de la natalité et euh voir comment justement cette baisse de la natalité, elle s'inscrit en fait dans une crise profonde de la reproduction sociale et du coup comment en fait ça peut ouvrir euh à une politique de la reproduction sociale euh plutôt que donc à une politique nataliste qui dit pas son nom hein, même si voilà, elle est globalement de gauche.
Alors là-dessus, je reprends les les notamment ce que ce que les contributions enfin Armelandro le dit de façon très très explicite peut-être encore plus de façon plus explicite encore que Anne Cécile Malfer mais en gros donc je vais je vais m'interroger sur ce que ce qui est promu y compris à gauche hein parce que c'est c'est enfin c'est aussi un lieu où on élabore les amphis je crois et on élabore ensemble et on réfléchit ensemble et en gros ce que ce que ce que Armel Andre précise c'est que Voilà, il y a quand même une forme de d'agenda prononataliste alternatif qui est qui est souvent mis en avant avec du coup des des personnes justement à gauche qui tendent à enfin qui actent évidemment souvent le fait que les conditions de vie des gens sont difficiles et que tout ce qui se rapporte justement au service public et cetera font que euh voilà euh il y a aujourd'hui une difficulté à se projeter dans la parent dans la parentalité puisque évidemment ça représente aussi un coup et ça ça a été dit aussi déjà le fait de devenir maire simplement en fait ce que ces discours-là ont tendance à faire c'est à occulter à minimiser justement ces coûts en fait de de du travail reproductif ces coûts de de la maternité et ne vont jamais jusqu'à proposer un ébranlement de la division sexuée du travail, hein.
C'est-à-dire globalement l'idée que dans la société dans laquelle on vit aujourd'hui, on est dans un système patriarcal au sens où il y a une séparation entre tendantiellement les hommes et les femmes ne font pas les mêmes métiers et puis il y a une inégale répartition du travail domestique notamment dans les familles hétérosexuelles et puis une hiérarchisation c'est-à-dire que plus on monte dans la hiérarchie moins on trouve de femmes. Ça c'est un peu la définition de de la division sexuelle et du travail qui fait le lit en fait matériel du patriarcat que nous vivons aujourd'hui.
Et ça c'est assez peu en fait questionné y compris par les discours alternatives alternatives qui se veulent de gauche. Alors donc il s'agit de il y a il y a quand même toujours une tendance à se dire si on règle toutes ces problèmes là enfin si on règle si on se débrouille avec les services publics si voilà c'est bon on va relancer la natalité et en gros l'enjeu il est de d'aller plus loin que ça ou de poser la question finalement différemment hein et de aller évidemment de de poser la question de ce travail reproductif féminin. qui est absolument central et qui est paradoxalement largement invisibilisé.
Et l'autre point important avec lequel il s'agit aussi de rompre, c'est une vision qu'on pourrait caractériser d'utilitariste des enfants, voire une vision productiviste, extractiviste de la démographie. C'est-à-dire qu'en fait, on s'inquiète de cette baisse de la natalité parce que en fait, on se dit si on n pas d'enfant, bon bah déjà qui va qui va payer nos retraites euh et si on n pas d'enfant, on n'a pas de croissance et euh et donc du coup, il y a un enjeu économique très fort à faire en sorte que justement il y ait des enfants pour pour faire fonctionner l'économie. alors que et notamment la croissance et donc le système capitaliste tel qu'il existe aujourd'hui.
Alors même que en gros he et là je peux pas du tout développer mais un point de vue écosocialiste et ben on prône aussi justement nous une logique de décroissance hein ou pour ne serait-ce que pour des raisons écologiques et trop et et deuxième point fondamental la question qui se pose c'est toujours la question de la répartition des richesses. C'est-à-dire que s'il y a plus de vieux qu'il y a de jeunes, l'enjeu he c'est justement de réfléchir à comment on réorganise le système de répartition pour pour fonctionner de façon égalitaire dans une société voilà émancipatrice en fait hein. C'estàd que c'est pas un problème, c'est pas un problème.
La démographie, c'est la société telle qu'elle est construite aujourd'hui, elle fonctionne sur cette base là. Mais s'il y a plus de vieux, bah il y a davantage de revenus qui vont aller justement pour pour les retraiter. Et puis et puis c'est tout et puis c'est pas très grave. Il s'agira de de se réorganiser et et c'est pas fondamentalement un problème. Donc en gros, l'enjeu hein, c'est pas comment augmenter la natalité. C'est donc c'est ça changer la question, pas augmenter la natalité, mais comment garantir à toutes et à tous hein la capacité de mener la vie que l'on souhaite, que ce soit d'avoir ou de ne pas avoir d'enfants.
Alors euh ouais donc en gros hein et et Armel Andre le dit de façon très claire, il s'agit de clarifier la norme qui guide les dispositifs publics qu'on qu'on est susceptible de mettre en œuvre. pour pour dire les choses de façon peut-être plus concrète. Est-ce que développer le nombre de crèches, les congés, les aides, les politiques de conciliation, elles sont guidé par un impératif démographique ou par un principe de justice sociale et d'égalité ? En fait, c'est ça la question. C'est ça changer la question en en réalité.
Donc évidemment là-dessus hein, elles reprennent he des élaborations par exemple qui ont été euh qui sont le produit justement d'un rapport du fond des Nations-Unies pour la population qui est sortie en juin 2025 qui dit aussi qu'il s'agit de changer de boussole et du coup de se poser la question justement du libre arbitre en matière de de procréation. Et donc en gros hein, la question est pas de savoir s'il y a trop ou pas assez d'enfants, mais de faire le constat qu'une grande part de la population mondiale, pour une grande part d'entre elles, il est difficile d'éviter une grossesse et pour une autre partie, il est difficile de réaliser le désir d'enfant dans des conditions satisfaisantes.
Donc c'est l'idée de l'autonomie reproductive qui implique évidemment l'enjeu de la défamilialisation de la reproduction sociale. Et c'est peut-être encore sur Ouais, excusez-moi. Allez-y. [rires] Donc oui, des donc défamilialiser la reproduction sociale. Je pense que Clémence l'a utilisé telle qu'elle hier matin. C'est-à-dire, c'est aussi prendre acte, ça c'est documenté très bien dans dans le livre de Clémence Guetté des transformations dans les modes de vie et sortir de ce référentiel implicite qui fait que on est dans des familles monogames hétérosexuelles, ce qui correspond plus du tout à la réalité. je refais pas le topo d'hier.
Et donc du coup de euh voilà euh repenser justement euh la natalité en sortant aussi du euh carcan de cette famille traditionnelle et donc du coup articuler des droits, des solidarités et envisager la pluralité des liens qui existent. Je vais peut-être pas davantage développer hein puisque là je rejoins complètement ce qui a été précisé dans dans le cadre de cette politique de l'amitié qui est proposée par Clémence Gueté.
Mais euh comme je le disais rapidement aussi tout à l'heure et du coup je vais terminer là-dessus parce que je crois que j'ai déjà dépassé mon temps, euh en gros, il s'agit euh euh aussi et euh de ne pas invisibiliser euh ce travail reproductif qui demeure euh finalement le levier essentiel pour pour repenser la baisse de la natalité. Alors en gros hein, voilà, là je parle un peu de de de ce sur quoi j'ai travaillé de mon côté hein. Cette année avec Hugo Harry Kermadec qui est économiste, on a publié un livre qui s'appelle Le cœur du capital, c'est travailleuses de l'ombre qui font tourner le monde qui est ab qui centré sur la notion de travail reproductif.
Euh et l'idée de travail reproductif, hein, c'est euh à la fois le travail domestique non rémunéré euh qui est effectué donc dans la famille et c'est aussi euh tout ce travail des déqualifié euh qui est effectué dans la sphère professionnelle, que ce soit dans le cadre des services publics, hein, euh je pense par exemple aux enseignantes et cetera et cetera ou ou dans le secteur hospitalier ou même aussi ça peut très bien être un un tout enfin un travail reproductif qui est effectué des cadres associatifs ou dans tout type de cadres ou même marchandisés. D'ailleurs, je pense par exemple aux travailleuses de plateforme de de Wikasa qui font aussi du travail reproductif.
Donc l'idée c'est de dans ce livre, c'est de repenser la centralité de ce travail- là pour justement aussi penser à une politique hein bah de de l'émancipation. Et c'est pour ça que là, je parle de l'idée d'une d'une politique de la reproduction sociale. Alors, ce travail reproductif, il est essentiel au capitalisme, mais aujourd'hui, on est dans une crise de la reproduction sociale et la baisse de la natalité, elle s'intègre dans cette crise de la reproduction sociale. Cette cette crise de la reproduction sociale, en fait, elle est liée à une contradiction fondamentale du capitalisme, hein, qui était déjà présente au moment de Marx, hein.
C'est-à-dire que il s'agit de produire toujours plus pour faire toujours plus de profit. Simplement, il faut que les gens ils soient en capacité de produire toujours plus et toujours faire toujours plus de profit. Donc il faut qu'ils dorment correctement, il faut qu'il mangent, il faut qu'il soit dans des logements qu' soient pas insalubre et cetera et cetera. Donc il y a toujours une tension entre les deux. C'est-à-dire euh euh voilà, la reproduction sociale, elle est essentielle pour être aussi euh voilà quelqu'un qui va pouvoir aller se faire exploiter euh le plus possible, hein.
Bon bah là, on est dans une situation avec le néolibéralisme notamment depuis le début des années 80, mais il y a une accentuation en fait de cette crise dans la dernière période, c'est que en réalité les enjeux de reproduction sociale via toutes les cases de services publics et cetera ils font que on ne peut plus y compris aller travailler demain et se faire exploiter au maximum. On ne peut plus, y compris, faire des enfants euh dans une société euh enfin et proj enfin créer cette nouvelle génération qui à son tour ira se faire exploiter au maximum euh par le capital. C'est-à-dire qu'on ne pe l'idée de l'impossibilité finalement à joindre les debouts.
Une question qui était absolument centrale dans le cadre du mouvement gilets jaune et notamment des femmes gilets jaunes et des familles monoparentales he où il y avait cette idée que voilà on ne peut plus en fait. Donc ça c'est l'idée que y compris ça marche plus euh même bah pour enfin pour la la reproduction globalement de la société y compris dans une logique euh capitaliste. Donc il y a une une tension par rapport à ça.
Et du coup là, bon voilà, c'est c'est ça aussi qui rend absolument nécessaire cette politique de la reproduction sociale qu' s'agit de de mettre en œuvre et qui évidemment intègre la question bon je vais je vais terminer la question des des services publics et de la voilà la la la nécessité de de de de évidemment de de d'ouvrir encore davantage de services public de se battre contre toutes les casses des services publics euh auquel on a été coutumier coutumière depuis plusieurs dizaines d'années. Mais du coup voilà, donc c'est c'est cet enjeu-là, mais c'est en même temps aussi évidemment l'enjeu de ça s'articule à cet enjeu donc de de de défamilialiser en fait la reproduction sociale.
familialisé sortir d'une d'une logique qui se rapporte à une famille hétérosexuelle traditionnelle alors même que justement c'est c'est pas c'est plutant ça aussi que enfin on voit bien toutes les nouvelles formes de famille qui sont aussi en train d'émerger. Voilà. Alors en gros, pour résumer rapidement, la question est pas de savoir combien d'enfants doivent naître mais dans quelles conditions matérielles, social, écologique on peut permettre donc aux individus de vivre et de de choisir leur trajectoire reproductive.
Petit deux, la reproduction ne doit pas être en charge des femmes uniquement hein via justement leur travail reproductif invisibilisé dans sa dimension notamment domestique dans la famille. Donc ça ça implique évidemment des crèches, tout ce qui se rapporte à la santé, l'école et la dépendance, le logement, l'alimentation et cetera. En gros 3è point socialiser ce travail domestique, ce travail reproductif, ça veut pas seulement dire l'étatiser. Et ça ça rejoint aussi ce que Clémence dit quand elle parle par exemple de l'entraide qui existe, y compris par le bas et le troc et cetera et cetera.
Et enfin euh en gros évidemment sur cette base-là hein, on peut aussi imaginer une autre une autre société hein. Ça c'est un peu ce qu'on essaie de dire aussi avec Hugo dans le cœur du capital, c'est que on on n'est pas obligé de reproduire de la force de travail pour le capital. On peut aussi sortir de logique et simplement reproduire la vie dans une société justement qui ne qui ne serait pas capitaliste. Ce qui pose aussi la question enfin voilà ce qui ouvre après à tout un tas d'autres questions y compris écologiques. Mais je vais m'arrêter là. Merci Fannie.
Je vais laisser tout de suite la parole à Manon pour évoquer plutôt les attaques de l'extrême droite contre les droits et la santé sexuelle et reproductif, l'instrumentalisation raciste de la question de la natalité et un peu l'aspect maladie politique qui est l'un des thèmes de campagne que l'on a mis en avant en ce début de campagne. Merci beaucoup. Vous m'entendez bien ? Bon, d'abord merci beaucoup à à toutes et à tous d'être ici pour cette conférence. Merci au groupe thématique de l'organisé. Je crois que déjà on a une première victoire avec cette conférence. C'est souvent quand on parle des enjeux féministes, on se demande est-ce que on va avoir que des femmes dans l'audience ?
Et je pense que la bataille féministe ne se gagnera pas si toute la société ne se met pas en mouvement. Et c'est aussi ça le propre du mouvement insoumis, c'est que cette bataille- là, elle doit pas être menée uniquement avec des femmes en avant. à bonne un bon entendeur. Salut. Ensuite, je vais commencer avec un mot très clair de réponse à Emmanuel Macron mais qui je crois est indispensable. Il se trouve que on est un peu toutes plus ou moins de la même génération ici. Et si on a une chose à adresser à Emmanuel Macron parce que je pense qu'il y a beaucoup de femmes qui l'ont pris comme tel et je préfère le dire d'emblé, nos utérus ne sont pas des armes. Point barre.
Que le message soit clairement envoyé à tous ceux qui veulent instrumentaliser nos utérus. Et je le dis d'autant plus que c'est pas nouveau. Le mec masculiniste, vous l'avez vu là en une de Paris match sur son jet ski avec ses gros muscles là. Ouais. Sarah dit pas du tout. En plus, je le prends au défi au waterpolo, enfin quand je serai remise. Euh mais tout ça, c'est pas nouveau. Cette obsession pour nos utérus, on l'a vu au cours de l'histoire et je le dis singulièrement devant une historienne, à chaque après chaque guerre, il y a un peu ce truc de il faut repeupler la nation. Et donc c'est là où bah nous les femmes, on devient utile à repeupler la nation.
Donc si on fait un petit exercice historique, quand on a été défait contre de la guerre contre la Prusse en 1870, en 1893, il y a une grande alliance nationale pour l'accroissement de la population nationale qui est créée. En 1919, après la Première Guerre mondiale, c'est Raymond Pocarré qui érige la maternité, je cite, en devoir civique, patriotique voire militaire, vous serez prévenu. Et c'est le début de la criminalisation du droit à l'avortement en 1919 en France. Il faut que je parle moins fort. Mais je crois qu'il y a un enjeu aussi à ce que nos camarades ici nous entendent. Donc je si ceux du fond vous m'entendez pas, vous me faites signe et je reparlerai un peu plus fort. OK ?
Soit dit en passant quand on parle de voix, très souvent les voix féminines sont en plus vite, on le voit sur les plateaux télé, très vite superposé par des voix masculines. Donc si pour une fois nos voix féminines peuvent l'emporter, une fois ne sera pas coutume. Je reprends mon petit historique. On arrive à la seconde guerre mondiale et en 1939, c'est Dalier qui édicte le code de la famille avec un chapitre sur la protection de la race. Ça vient pas de nulle part. Le lien entre natalité et race. Vous l'avez déjà en 1939 dans ce code de la famille et l'interdiction de l'avortement passe un nouveau cap avec l'objet de répression via la création de services de police dédié.
1940 régime de Richichi, vous le connaissez travail famille patrie et l'avortement qui devient carrément un crime contre l'État. Après la libération là, c'est de Gol qui incite les françaises à produire 12 millions, je cite, de beaux bébés, hein, parce qu'en plus faut faire des beaux bébés quand même, faut pas déconner. Et nous voilà aujourd'hui arrivé avec notre président de la République chéri qui alors que la guerre, c'est ironique, vous l'avez compris, c'est ironique. Alors que la guerre est aux portes de l'Union européenne, il nous ressort ces vieux discours de il faut accepter de perdre nos enfants. Tous les tous les papas et mamans ici seront contents de la prendre.
Il nous ressort le service national et vous le voyez bien que toutes les similitudes avec les années 30 ne sera pas fortuite en l'état. Et donc on nous renvoie et vous vous souvenez cette fameuse phrase de du réarmement démographie démographique pour faire de nos utérus des armes. Alors là une fois qu'on a fait ce petit laus historique c'est intéressant de regarder quel est l'état des lieux véritablement. D'abord, tu l'as mentionné Fanny, on nous dit souvent, vous comprenez avec notre système de retraite par répartition, il faut faire des enfants pour financer nos retraites.
Bah là, si on prend les chiffres, en pourcentage de PIB, les dépenses qui sont liées au vieillissement de la population devraient passer de 30,5 % du PIB en 2022 à 30,8 % en 2040. C'est pas vraiment ce que j'appelle un gouffre habissal à remplir, même s'il y a un vieillissement de la population. Mais on arrive au cœur même ici de mon propos.
Vous avez peut-être remarqué que ces dernières années singulièrement, l'extrême droite et Macron s'engouffre là-dedans instrumentalise la question de la natalité à des fins racistes et on voit très bien poindre le truc de le risque de disparition du peuple ou de la ou de la civilisation et dans le même temps, j'ai le droit de parler plus fort là et dans le même temps, un risque soi-disant de subversion migratoire. Et c'est là où à mon sens il faut voir ce lien entre les droits sexuels et reproductifs et la nécessaire lutte contre le racisme, la xénophobie et l'islamophobie parce que précisément l'extrême droite s'engouffre là-dedans.
[applaudissements]
Ça a été évidemment alimenté par Bairou qui parle et la Macronie au sens large qui a parlé de sentiment de subversion. Et donc on crée cette espèce de myth. Les étrangers viendraient en France pour sucrer les allocations sociales. C'est bien connu. Vous traversez la mer Méditerranée au péril de votre vie parce que vous voulez à tout prix les allocations sociales auxquelles vous n'avez pas forcément droit. Je prends je sais pas par exemple le RSA, vous n'y avez pas droit avant 5 ans de résidence dans le pays. Donc l'extrême droite va instrumentaliser ce discours avec l'objectif derrière d'une forme de racisme reproductif.
Je sais pas si vous avez remarqué dans les paroles de l'extrême droite, mais ils ont toujours un discours qui incite à la reproduction des familles blanches d'un côté et de l'autre côté, ils vont dénoncer les familles soi-disant des classes populaires issues de l'immigration qui feraiit trop d'enfants. Faut savoir, vous voulez réarmer le pays ou vous voulez juste faire du nettoyage ethnique dans notre pays d'avoir que des petits enfants blanc qui serait tout beau, tout propre.
[applaudissements]
Et Macron lui-même, j'ai retrouvé cette parole et j'ai halluciné. J'ai vérifié parce que j'étais pas sûr qu'il avait dit ça. Ouais, même moi j'arrive à me surprendre de dinguerie que dit Macron. Macron a dit quand même en 2018, "Quand vous avez se ou hfants par femme, vous ne sortez jamais de la pauvreté." Merci pour tes leçons. C'est vrai que la politique macroniste, elle a vachement permis aux familles, telles qu'elles soit et quel que soit le nombre d'enfants de sortir de la pauvreté.
Et ce lien là, une fois qu'on le comprend bien, entre l'extrême droite, la natalité et le racisme alimente ce qu'on appelle le fémonationalisme qui a été investi de plus en plus par l'extrême droite qui cherche à aller convaincre un électorat féminin. être une des batailles dans l'élection présidentielle et qui est incarné singulièrement en France par Némésis qui se prétend défendre les droits des femmes alors qu'elles sont évidemment les premières à attaquer les droits des femmes sous couvert du droit des femmes, s'attaquent en réalité à l'unité de notre pays et sert un peu mieux leur discours raciste.
On arrive là à cette idéologie masculiniste dont je veux dire un mot parce que cette idéologie masculiniste qui a été reprise par Macron revient à assigner le corps des femmes à une fonction reproductive. Au final, nous les femmes, notre rôle dans la société serait de mettre au monde des enfants. Et ce rôle est tellement naturel que le déboucher pour cela de l'idéologie d'extrême droite masculiniste est de s'en prendre tout naturellement au droit à l'avortement et à la contraception.
C'est pour ça que la boucle est bouclée que je vous ai fait ce petit recul historique parce que c'est a été la stratégie de l'extrême droit de ces dernières années notamment en Europe de s'en prendre et de s'attaquer au droits l'avortement.
Mais avant d'aller dans les autres pays, je veux quand même dire un mot de la France parce que Sarah Drocher qui est la présidente du planning familial qui devait être des nôtre aujourd'hui sait pertinemment à quel point aujourd'hui toutes les institutions de défense des droits des femmes et en particulier qui facilitent l'accès à l'avortement sont attaqués et que bien sûr l'inscription du droit à l'avortement plutôt de la liberté d'avorter dans la Constitution française est une immense victoire à mettre au crédit des insoumises notamment de notre collègue Mathilde Panot. Bien sûr que c'est une immense victoire mais il ne suffit pas de l'inscrire dans la Constitution.
Encore faut-il en donner les moyens. Je pourrais parler de l'hôpital tenon que connaît bien Sarah, l'autre Sarah Lin, autre figure féministe de notre mouvement qui a arrêté l'hôpital tenon de pratiquer des IVG par aspiration parce que par manque de moyens et que vous savez avec la T2A, bon c'est pas vraiment rentable que comme acte médical. Et résultat, c'est que dans notre pays qui garantit le droit à l'avortement, allez, on va faire un petit exercice là dans la salle qui est né avec le droit à l'avortement qui est déjà légal. J'en fais partie. Toutes celles qui sont nées, tous ceux qui sont nés après 1974, on fait partie de cette génération.
On se dit "Ah, le droit à l'avortement dans notre pays, c'est une évidence. Évidemment, si une femme veut avorter, elle peut avorter." Oui, on a le droit à l'avortement dans notre pays, mais plus de la moitié des femmes qui veulent avorter à l'heure actuelle attendent plus de 7 jours. 7 jours pour avorter alors que les recommandations de l'Organisation mondiale de la santé sont de 5 jours. 7 jours d'incertitude, 7 jours parfois aller accéder à un centre de santé qui est éloigné, un planning familial qui est éloigné quand les planning familiales eux ne doivent pas fermer faute de moyens ou ne sont pas attaqués par l'extrême droite. Ça a été le cas à Strasbourg, ça a été le cas à Bordeaux.
Donc je profite ici de cette conférence pour dire que écrire dans le droit, le droit à l'avortement ne suffit pas. Encore faut-il en garantir les moyens et en notre nom à tous, je veux dire tout notre soutien au planning familial qui a subi des attaques sans cesse ces derniers mois et ces dernières années.
[applaudissements]
Et Macron est pas le seul à s'attaquer au droits à l'avortement. Évidemment, l'extrême droite instrumentalise la question de la natalité. Le Rassemblement national a déposé il y a pas longtemps, en 2022, une proposition de résolution pour faire, tenez-vous bien, de la natalité, une grande cause nationale. Ça tombe bien, la dernière fois qu'on a voulu faire une grande cause nationale. C'est Emmanuel Macron sur le droit des femmes, vous savez la manière dont ça s'est terminé. Et là aussi, j'ai retrouvé cette petite citation de Marine Le Pen qui vaut son pesant de cacahuète en 2012. Le vrai progrès pour les femmes, c'est de rester à la maison. Elle l'a dit hein.
Et comme les paroles ne suffisent pas, on peut parler aussi un peu des actes. Et vous savez, moi au Parlement européen, j'ai un petit énergumaine face à moi dans l'hémicycle quand il est là. le bien nommé Jordan Bardela, ainsi surnommé Jordan Bard. Et il se trouve qu'au Parlement européen, on vote assez régulièrement sur la question du droit des femmes. Ils vont tenter de vous faire croire pendant la campagne présidentielle que ils ont changé, ils défendent le droit à l'avortement. Et bien regardez leur vote qui parlent pour eux-mêmes. Jordan Bardella a voté contre la directive sur la transparence et l'égalité des rémunérations.
Il s'est absten sur la convention d'Istanbul qui protège notamment le droit à l'avortement. Il n'était pas là, Jordan Bardet pas là, pour l'inscription du droit à l'avortement dans la charte des droits fondamentaux. Il a voté contre la dénonciation du refus de soin, contre le mécanisme de garantie de l'IVG. Voilà la réalité de l'extrême droite aujourd'hui en Europe et singulièrement du Rassemblement national. À chaque fois qu'il faut voter sur les droits des femmes, ils sont un obstacle. Ils sont aujourd'hui un des premiers leviers à à se débarrasser parce que systématiquement ils votent contre les droits des femmes et contre le droit à l'avortement. N'en déplaisent leur discours.
Ils tentent de montrer qu'ils ont changé d'avis. Et je vous ai fait lever la main pour toutes celles et tous ceux qui connaissent le droit à l'avortement et qui se disent que c'est une évidence parce que aujourd'hui dans l'Union européenne, ce n'est plus une évidence ou alors c'est de moins en moins une évidence. Au-delà des attaques budgétaires que j'évoqué en France, il y a un certain nombre d'États européens qui ne garantissent plus le droit à l'avortement. Je pense évidemment à la Pologne qui a une des législations les plus restrictives du droit à l'avortement.
Et d'ailleurs, l'ami d'Emmanuel Macron qui s'appelle Donald Tusk, quand il est arrivé au pouvoir il y a 2 ans, il est arrivé au pouvoir sur la promesse de rétablir le droit à l'avortement. Il n'en a rien été. Et en Pologne, il y a une incroyable féministe à laquelle je veux rendre hommage qui s'appelle Justina qui a été condamné à 8 mois de travaux d'intérêt général pour le simple fait d'avoir aidé une femme à avorter.
En Pologne, la situation est telle que des femmes qui veulent avoir des enfants hésitent à avoir des enfants parce qu'une femme est morte en voulant un enfant qui est désiré, lequel enfant a et laquelle grossesse a mal tourné, y compris quand la grossesse était à risque, les médecins ont refusé de pratiquer le droit à l'avortement alors que c'est possible quand la grossesse est à risque parce que les médecins ont peur ou ne savent plus pratiquer le droit à l'avortement. Et donc, y compris une femme qui voulait avoir un enfant est morte, faute de pouvoir avorter en Pologne.
Et je sais que un certain nombre de bandeaux C News se sont amusés où ont moqué notre déplacement à Mathilde Panot et à moi. Vous vous souvenez peut-être il y a quelques mois de cela en Pologne pour amener des pilules abortives. est'estime que c'est notre rôle en tant qu'élu de la France insoumise, en tant qu'élu française, en tant qu'élu européenne d'apporter des pilules abortives à nos sœurs de lutte en Pologne et nous le ferons autant de fois que nécessaire parce que l'histoire du féminisme est précisément l'histoire de la désobéissance. [applaudissements][acclamation]
[applaudissements]
Alors, j'ai parlé de l'extrême droite qui s'attaque au droit l'avortement. Ils sont pas tout seuls, ils sont aidés par un certain nombre de milliardaires. Je pense notamment à Pierre Édouard Sterin qui lui aussi a parlé de la nécessité d'avoir plus de bébés de souche européenne. Vous voyez, on retrouve la même la même le même rationnel, le même récit que celui de l'extrême droite. Et le problème c'est que ces milliardaires là investissent beaucoup plus d'argent et beaucoup plus à visage découvert qu'avant. On considère que les moyens des mouvements des organisations antiGlosent.
C'est plus de 850 millions de d'euros chaque année qui ont été dépensés dans des organisation que moi je vois tous les jours au Parlement européen. Vous voyez pas forcément mais qui vont organiser des événements, c'est souvent les mêmes d'ailleurs qui organisent à la fois des événements contre les droits des femmes euh mais aussi des événements qui vont être transphobes, euh des événements qui vont être homophobes. C'est le même réseau d'organisations qui sont financées par l'extrême droite. Et le pire dans tout ça, c'est que ils font ça sous couvert de rétablir la natalité en Europe.
Et bien regardons le taux de natalité dans les pays qui ont aujourd'hui les politiques les plus restrictives en matière d'avortement et en matière de droits des femmes. Pologne, tu parlais le le taux de renouvellement des générations qui a 2,10. Pour rappel, en France, on est à 16 à peu près. Euh 6. Et bien en Pologneù, on a l'une des législations les plus restrictives en matière de droits des femmes, c'est 1,03. Et à Malte, où le droit à l'avortement est complètement interdit également, c'est 1,2.
Le pire dans tout ça, c'est que ceux qui prétendent défendre la natalité, le renouvellement des générations, c'est la démonstration qui est faite, qui ne font ça absolument pas pour la natalité, mais bien pour une seule raison nourrir leur discours raciste et xénophobe. Et c'est une des raisons pour lesquelles ces batailles féministes sont autant liées à la bataille contre le racisme et la xénophobie. J'en termine. J'en termine sur à quoi ressemblera une politique nataliste, féministe et insoumise. Je crois qu'il faut d'abord sortir de l'ornière dans laquelle on nous enferme parfois qui est la question des incitations financières. Elles sont importantes.
Je veux rendre hommage d'ailleurs à ma collègue Sarah qui a Sarah Lin qui a mené un incroyable combat sur le congé de naissance et s'il y a un congé de naissance depuis cette idée, on le doit au combat de Sarah Legrain. Et croyez-moi, ça n'a pas été facile. Ces incitations financières, elles sont évidemment importantes, mais toutes les études prouvent qu'elles n'ont pas un effet direct sur la natalité, que dans tous les pays où les taux de natalité ou les taux de fécondité sont les plus élevés, c'est pas nécessairement les pays où les incitations financières sont les plus élevés. Vous savez à quoi c'est lié ? lié en réalité au niveau d'égalité entre femmes et hommes.
Dit autrement, le meilleur moyen de répondre à aux soi-disants problèmes de natalité dans notre pays et en réalité avec la nécessité de répondre à l'égalité, au niveau d'égalité entre les femmes et les hommes. Payez les femmes autant que les hommes. Faites en sorte que les femmes aient autant de droit que les hommes dans notre pays et vous verrez qu'on aura bien plus envie de faire des enfants dans notre société.
[applaudissements]
Sur la question du droit à l'avortement, vous l'avez compris, sa constitutionnalisation n'est évidemment pas suffisante. Évidemment, nous mettrons les moyens qui sont nécessaires en 2027, mais nous irons plus loin. Vous vous souvenez peut-être juste après la réélection de Donald Trump, il y a eu des tensions en France sous la sur la production du MIF Priston et du misoprostol qui sont les deux médicaments qui sont donnés pour pouvoir accéder à l'avortement, l'avortement médicamente ces deux médicaments, ces deux pilules abortives, vous le savez peut-être pas mais ça c'est important de l'avoir en tête. Il y a deux choses à avoir en tête.
La première, c'est qu'elles ont été inventées par un français et c'est un français qui l'a inventé. Mais aujourd'hui, ses droits et son brevet sont détenus par une entreprise américaine qui détient le monopole de production. Résultat, il y a eu des tensions dans la chaîne de production de ces deux de ces deux pilules abortives il y a quelques au début du mandat de Trump à la suite de la pression qui a été exercée aux États-Unis. s'assurer la liberté du droit d'avorter et donc des femmes à disposer de leur propre corps.
C'est aussi sortir de la griffe des labos pharmaceutiques et sortir des brevets qui sont détenus pour la production de ces pilules abortives qui sont aussi essentielles et nous assumerons de renationaliser la production des pilules abortives quand nous arriverons au pouvoir. [applaudissements] Et on s'arrêtera pas là.
Nous avons porté et vous l'avez peut-être signé au niveau européen une initiative citoyenne européenne qui s'appelle Ma voix mon choix qui a récolter plus d'un million de signatures grâce à laquelle nous demandons à l'Union européenne une chose très simple pour toutes les femmes qui n'ont pas accès à l'avortement en Europe pour les Maltaises pour les Polonaises pour les Hongroises avec cette initiative citoyenne européenne elles pourront avoir accès au droit à l'avortement et ce droit à l'avortement et ce déplacement dans un autre pays ne pas être fait de manière clandestine comme c'est fait à l'heure actuelle, mais être financé par l'Union européenne.
Voilà à quoi serait utile l'Union européenne plutôt qu'aller financer des guerres, faciliter l'accès au droits à l'avortement pour l'ensemble des européennes sur le continent.
[applaudissements]
Et un dernier mot sur la question de l'infertilité qui est évidemment une question majeure. On a plus de 3 millions de femmes qui sont concernées dans notre pays. Combien de femmes autour de nous ne racontent-elles t-ell pas le parcours du combattant, d'une FIVE, d'une PMA ? Parce que nos chers présidents qui nous gouvernent quand ils ouvrent le droit à la PMA ne mettent derrière pas les moyens dessus. Quand vous voulez, vous êtes une jeune femme par exemple qui veut faire congeler ses ovocytes, vous avez le droit dans notre pays de le faire jusqu'à 37 ans. Sauf que vous avez meilleur temps de vous y prendre à 31 ou 32 ans vu le temps d'attente qu'il y a.
Mettre les moyens pour les droits des femmes, ça veut dire mettre les moyens à la fois pour lutter contre les maladies politiques de l'infertilité, mais mettre les moyens aussi pour la procréation médicale assistée pour les fives, pour accompagner toutes les femmes pour qu'aujourd'hui ce ne soit plus un tabou dans notre pays que de vouloir et de pouvoir avoir un enfant dans une bonne condition.
[applaudissements]
Parce que on va pas se raconter d'histoire. L'infertilité est une maladie politique. Elle est issue de la pollution, elle est issue des pesticides, elle est issue d'un certain nombre de maladies, que ce soit le SOPK, que ce soit l'endométrieuse. Et moi, j'ai envie de poser une question. Comment se fait-il que les moyens dans la science n'ont jamais été mis ? pour offrir des solutions à toutes ces femmes qui souffrent de ces syndromes, qui souffrent de l'endométrieose ou du SOPK. C'est plus de 10 % des femmes dans notre société et j'ai la conviction que si ces maladies touchient les hommes dans notre pays, alors il y a bien longtemps qu'on aurait trouvé des solutions médicales.
Il y a bien longtemps. Alors oui, nous mettrons les moyens pour répondre à ces maladies politiques là. Alors, vous l'avez compris, mon message pour cette campagne 2027, la bataille féministe, elle sera rude, elle sera difficile, on l'amènera pied à pied contre les masculinistes. Et nous dirons une chose très claire, c'est que nos corps nous appartiennent et ce sera ni à l'État, ni à l'église, ni aux hommes, ni à qui que ce soit de décider ce que nous allons faire pour nos corps et que la meilleure le meilleur moyen de répondre à la question de la natalité, c'est nous laisser décider par nous-mêmes et pour nous-mêmes. Merci à vous.
[applaudissements] [applaudissements]
Merci Manon. Alors pour la dernière partie pour nous c'était vraiment important de rappeler l'importance du soutien la parentalité alors que les maires sont continuellement précarisés par le gouvernement. Et justement Sarah tu as mené la bataille pour le congé de naissance et tu as également corédigé un rapport parlementaire transpartisant sur les politiques d'accompagnement à la parentalité. Donc, est-ce que tu peux nous parler de du coup de la maternité qui a été évoquée précédemment et de l'impact de ces politiques familiales sur la précarisation des familles ? Merci. Merci Anaïs. Merci beaucoup au livret pour l'organisation de cette conférence.
Merci à vous d'être aussi nombreux et nombreuses pour la suivre. Ça fait ça fait bien plaisir. Alors, d'abord, je fais un petit appel à votre indulgence. C'est pas du tout de la fausse modestie.
Euh c'est juste que la 1 la journée a était longue et de vous l'aurez compris en lisant le programme, je suis euh une Sarah qui remplace une Sarah mais qui est une Sarah irremplaçable à savoir Sarah Duocher du planning familial qui je pense aurait tenu euh d'autres propos que ceux que je vais tenir là évidemment parce que et c'est voilà on regrette, elle a malheureusement pas pu venir mais on regrette qu'elle soit pas là parce que la bataille des associations sur le sujet de l'autonomie reproductive et du droit des femmes à disposer de leur corps que ce soit pour faire des enfants ou pour ne pas en avoir quand elles ne veulent pas en avoir ou ne pas en avoir là et voilà, la parole d'association est est indispensable et du coup je prétends pas du tout la remplacer.
J'ai quand même accepté de de venir d'abord parce que j'étais je voulais pouvoir entendre ce que vous aviez à dire euh chers camarades parce que je c'est un sujet qui me qui me passionne aussi parce que hier euh enfin je trouve qu'il y a des cohérences qui se dégagent dans nos amphies et ça me fait bien plaisir de voir que euh il y a des des fils rouges là qui se qui se qui se tracent et qu'on qu'on avance en fait sur des questions qu'on n'est pas simplement juste voilà dans la défense enfin dans la défense de conquête mais qu'on commence à avancer notre réflexion aussi et notamment la question l'articulation La question de la maternité, de la parentalité et de la question féministe, elle est pas nouvelle.
Mais en fait si si réatteler maintenant, ce n'est pas rien. Voilà, parce que je pense que pendant très moments un très long moment et de façon tout à fait compréhensible, le mouvement féministe a revendiqué le droit à en finir avec l'assimilation des femmes à leurs utérus et à leur capacité reproductive. Donc c'est beaucoup battu pour la liberté de de disposer de son corps et donc pour la liberté d'avorter et cetera. Et en fait euh on est rattrapé par des questions de féminisme anticapitaliste parce que en fait on se rend compte à quel point le l'ensemble du système repose repose quand même sur cette cette question du travail reproductif assumé par les femmes.
Et donc évidemment avec un angle résolument féministe, on est obligé de reposer la question de la maternité et de la famille ne serait-ce que parce que en fait la question de l'égalité femme homme elle se elle se heurte pas ce sujet, elle se fracasse sur ce sujet hein. Moi j'aime bien vous dire j'aime bien rappeler ce chiffre récemment il y a un rapport du comité je sais pas quoi d'analyse économique, je sais plus comment il s'appelle. Oui, c'est ça. Conseil d'analyse économique qui a montré que 90 % des inégalités de revenus entre femmes et hommes sont liées à la maternité.
Donc en fait quand euh tout le mouvement féministe pendant longtemps a dit "Non mais on va se préoccuper la question des salaires, l'inégalité des salaires." En fait l'inégalité des salaires entre femmes et hommes, un combat historique du euh du fémin enfin euh voilà du féminisme, je vais pas dire du mouvement ouvrier parce que justement le mouvement ouvrier c'était pas trop son sujet au départ mais voilà qui est le féminisme de gauche anticapitalisme qui dit bon égalité des voilà égalité des salaires. Mais en fait c'est une question qui est qui est qui est pas du tout qu'une question qui se situe que dans la enfin qui se situe sur la question du monde du travail.
Elle se situe dans la question du travail reproductif, du travail reproductif payé, c'est-à-dire toute cette sphère du travail reproductif du loin, du lien, du sien, du soin et cetera qui est une sphère économique et marchande et de plus en plus par le par le par le marché puisque avec la régression des services publics, mais qui est aussi une sphère du travail domestique non rémunéré, familial qui n'a et comme on le sait depuis très longtemps pour le coup dans le mouvement féministe qui n'a rien de privé, tout est politique et évidemment que la question du travail domestique, elle est politique.
Et si elle est politique, c'est pas parce que c'est pas que on demande aux individus d'avoir des valeurs politiques et de rerépartir autrement leur travail domestique. C'est que la question de la répartition du travail domestique dans le au sein des des foyers, c'est une question qui est organisée socialement et qui est organisée notamment par l'organisation du travail. Est-ce que j'espère que je me fais bien comprendre ? Donc en fait pour moi, c'est fondamental que ces questionsl elles soient reposées, qu'elles soient reposées comme tu l'as fait, comme vous l'avez fait toutes les deux.
C'est-à-dire en rappelant en en montrant à quel point cette question de la natalité, on ne peut pas aborder la question de la natalité et la question de la famille sans faire l'impasse sur le sur enfin en fait sur à quoi servent ces notions quoi, dans un ordre réactionnaire, raciste, oppressif envers les femmes et et qui a comme vocation voilà souvent de de reproduire l'ordre des dominations existantes. Donc la domination patriarcale qui, je le rappelle est une domination sur les femmes mais aussi sur les enfants, hein, qui fait des enfants les propriétés des pères. Et c'est pas rien quand on parle de la famille.
Donc la famille, c'est ce premier espace où vous donnez à des hommes voilà le un droit de propriété sur sa femme, sur leurs femmes, sur leurs enfants. Euh mais c'est aussi les questions évidemment et tu l'as très bien montré raciste parce que la question des politiques familialistes, elle a toujours été liée à la question impérialiste, à la question néocoloniale coloniale néocoloniale, à la question nationaliste. Donc tout ça a été bien dit.
Tout ça pour dire que hier, moi je je tenais une conférence sur le le thème Nouvelle France, nouvelle famille et que c'était passionnant de voir les liens qu'on pouvait faire avec le livre de Clémence Gueté euh qui avait été présenté le matin avec une autre conférence le matin donc sur sur l'amitié, une autre conférence le matin sur l'adultisme, une autre conférence suivante sur les violences sexuelles faites aux enfants avec notamment la question de l'inceste.
Et donc je je trouve que voilà, notre réflexion avance et par contre je n'ai pas pu du coup préparer cette cette conférence comme si voilà je j'avais prévu longtemps en avance mais par contre je peux peut-être vous faire un point sur où on en est depuis que Macron a parlé du réarmement démographique et de comment ce sujet il est abordé notamment à l'Assemblée nationale et peut-être la question du congé naissance parce que justement je veux pas qu'il y a de malentendu sur la nature de mon combat sur le sujet et la nature de ce qu'on porte à savoir pas du tout le congé de naissance première des choses [raclement de gorge] notre seul objectif en en tout état de notre seul objectif politique ne peut-être c'est que moi je refuse même de parler de politique nataliste ou politique en faveur des familles et tout c'est en fait il faut se poser la question de la possibilité ce que tu as appelé l'autonomie reproductive c'est-à-dire est-ce que aujourd'hui dans le pays comme la le fait d'avoir des enfants reste fondamentalement une affaire de femme je le pose d'abord dans la question des femmes.
Est-ce qu'aujourd'hui les femmes dans le pays peuvent avoir, est-ce qu'on assure le on la garantie, on leur assure la garantie qu'elle nait pas un enfant de plus que ce qu'elles veulent et pas un enfant de moins que ce qu'elles veulent ? Voilà, c'est pour moi c'est c'est une bonne façon de circonstoncrire le truc. C'est un peu bateau mais c'est dire simplement est-ce que en fait avoir des enfants, est-ce qu'on peut avoir le nombre d'enfants qu'on veut dans ce pays ? Bordel !
C'est et donc ça veut dire arrêter la pression sur les femmes qui ne veulent pas d'enfants et qui ont bien le droit de pas vouloir d'enfant et permettre aux femmes qui ne veulent pas d'enfant en tout cas là et qui veulent pouvoir éviter d'avoir une grossesse qui n'est pas désirée et bien d'avoir accès et tu as très bien rappelé comment c'est pas du tout parce que sur le papier vous avez le droit à l'IVG que concrètement ensuite vous avez tout ce qu'il vous faut l'accès aux pilules abortives, l'accès aux centres qui vont le faire l'accès aux bonnes conditions pour le faire l'accès à une institution qui ne vous juge pas quand vous le faites et cetera, l'accès à l'information à la prévention qui vous permet aussi de le faire auprès des jeunes génération.
Donc c'est tout le travail notamment du planning familial, tout ça. Bon, ça ça a été très bien dit et puis le sujet de est-ce que aujourd'hui les femmes elles ont le nombre d'enfants qu'elles veulent et c'est le seul chose que je veux voilà que je veux accepter quand on regarde les chiffres, c'est j'accepte qu'on me dise que là il y a il y a il y a il y a quelque chose quand même dans les chiffres, c'est que il y a 1,6 voilà taux de fécondité, je crois c'est 1,6 enfants par femme. Voilà. Bon, j'ai l'impression que parfois le chiffre est un peu différent mais si c'est selon fécondité ou je sais pas quoi, mais bon hein 56.
Et il y a des études qui disent que le désir d'enfant c'est 2,3 enfants par femme. Donc tout ça avec des des guillemets parce que bon qu'est-ce que quand vous dites à une femme est-ce que vous désirez des enfants ? Enfin est-ce que elles sont totalement libres de dire exactement le nombre qu'elles veulent ?
Enfin je veux dire voilà, il y a peut-être aussi des femmes qui se sentent un peu obligé de dire que elles en veulent trois parce queelles étaient ils étaient trois à la maison parce qu'on leur a toujours dit que ces trois c'était trop bien et parce qu'elles osent pas dire qu'elles en veulent pas parce qu'elles veulent pas dire qu'elles regretta d'avoir qu'elles ont regretté d'avoir eu les deux premiers. J'en sais rien. Moi je dis tout voilà. Mais en tout cas, s'il y a ce si s'il est vrai que ce ce décalage existe, alors on doit se poser la question de qu'est-ce qui entrave en fait le fait de de vouloir être mère et et en le le désir d'avoir des enfants.
Et là, je pense qu'il y a donc cette question de la liberté de d'en avoir, elle est comme toujours intrinsinquement articulée à la question de l'égalité. Deux questions sur l'égalité. l'égalité entre les familles. C'estàd qu' est-ce que un projet parental aujourd'hui, il est est-ce que les différents projets parentaux aujourd'hui dans la société sont à égalité ? Et évidemment que non.
Et déjà, tu as rappelé que la politique nataliste s'arrête aux portes euh de la famille blanche, hein, déjà parce que et la famille blanche bourgeoise, parce que en fait les quartiers populaires et notamment les femmes immigrées des quartiers populaires, on a plutôt tendance à considérer qu'elles font trop d'enfants.
Alors, elle s'arrête aussi aux portes de la famille biparentale parce qu'on trouve quand même que les familles monoparentales qui sont quand même juste un/art des familles dans le pays, on on les regarde, on les tolère, on les regarde un peu d'eau, on dit "Ah, les pauvres malheureuses et cetera." Mais imaginez qu'on puisse par contre vouloir être une famille monoparentale par choix, par exemple, est un énorme défi dans la société.
C'est ça qui fait que la PMA ouverte aux femmes seules, elle elle est ouverte que depuis très récemment aux femmes seules et qu'en fait hier, j'avais Maria Soabi avocate spécialisé dans ces questions-là pour un témoigner qui racontait que c'est pas parce que le droit il est ouvert aux femmes seules que aujourd'hui concrètement c'est facile de remplir les papiers quand vous quand vous vous êtes dans une démarche dans un projet parental seul.
Voilà, quand vous êtes une mère qui une femme qui choisit d'avoir un enfant toute seule, et ben en fait l'accès à la PMA pose exactement les mêmes sujets que l'accès à la à la à la à l'IVG hein, c'est le maillage territorial, les pénuries de dons de gamettes, l'absence de de de de campagne d'information sur le sujet, l'absence de politique publique, de sous qui sont mis là-dedans, mais aussi une institution qui est profondément réfractaire en fait à l'émergence de ces familles-là. Et l'accès à la PMA, il ne faut pas le réduire. Je pense qu'il faut faire très attention à ça, à la question de l'accès euh des couples hétérosexuels infertiles à la possibilité d'avoir des enfants.
Parce que l'accès à la PMA, il a et c'est pour ça que ça a mis tant de temps, c'est qu'il a quelque chose de révolutionnaire. C'est qu'il considère de dire que en fait cette question d'avoir des enfants, elle est pas liée à euh la disponibilité d'un couple parental, hétérosexuel, hétéropatriarcal où papa va travailler, rapporter l'argent à la maison, s'arrêter 11 jours parce qu'il a 11 droit, 11 jours 11 jours obligatoire maximum de congé maternité.
et où bah madame ben en fait elle va travailler aussi parce que quand même le capitalisme trouve ça quand même bien pratique que les femmes travaillent mais elle va aussi avoir une deuxième journée de travail parce que c'est quand même elle qui va prendre les congés parentaux, c'est elle qui va aller chercher les gosses à l'école, c'est elle qui va nettoyer le linge, nourrir les enfants et cetera et que et en fait euh ce sujet-là euh cette question de l'accès à déjà à la diversité des formes de famille, elle ouvre après la elle ouvre aussi sur la question évidemment de l'égalité fabum.
Donc sur cette égal cette question d'accès des différentes formes de famille, peut-être vous dire ce que nous on porte. D'abord le fait que Clémence Gueté avait déposé un texte, une résolution pour enjoindre le gouvernement à respecter ce droit à la PMA pour toutes et tous. Et donc ça suppose effectivement de mettre les moyens. Bon, c'est comme quand on demande respecter le droit à l'IVG, c'est bien de le mettre dans la constitution. Déjà, ils avaient pas voulu, mais en plus de mettre dans la constitution, c'est une façon de rappeler que du coup, il est dû quand même ce droit. Voilà, il est con haute lutte, il est dû et il doit être protégé également.
Mais il y a aussi il y a eu aussi une proposition de loi de ma collègue Sgolen Amio sur la question de l'accès des personnes transgenre à la PMA. C'est pas un petit sujet, c'est pas c'est pas juste pour répondre au sujet spécifique des personnes qui ont changé d'état civil. Et c'est en fait ça nous dit quelque chose d'abord parce que c'est un une utilisation complètement discriminatoire du droit. C'estd que si il y a un droit à la PMA euh pour les personnes seules, enfin bah en fait la question de leur genre à l'état civil ne devrait pas se poser.
C'est est-ce que est-ce que concrètement tu as la possibilité soit de donner tes games, soit d'avoir un utérus qui permet d'accueillir des gamettes ? En fait, c'est ça qui devrait être la la question. Euh et en réalité, on voit bien que euh derrière l'idée derrière ces restrictions-là qu'il y a, c'est que derrière on attend quand même voilà que tout ça soit euh ancré dans des distinctions de genre et euh dans euh des des formes de de couple for dans des formes de famille.
Donc forme de famille où évidemment le modèle privilégié c'est le couple hétérosexuel biparental euh marié même si bon le mariage peut reculer dans le pays mais je rappelle et c'est un truc qu'on veut qu'on veut enlever il y a encore la présomption de paternité dans le cadre du mariage. Donc il y a quand même encore cette idée que une fois que deux personnes sont mariées le mariage est destiné à faire des enfants et puis les enfants naissent quand même dans un cadre de mariage. Et donc tout ça nous empêche en fait de penser des nouvelles formes de famille.
Et quand je dis des nouvelles formes de famille, c'est pas forcément des nouvelles formes de famille qui aspirent à essayer de s'expérimenter là. C'est des familles en fait qui ont toujours existé, qui n'ont jamais été reconnu comme tel. Et c'est ce que vous disent notamment les mères isolées.
Elles vous disent, "Nous, on a des tas de réseaux de solidarité entre femmes, on se garde nos enfants mutuellement en c'est à la fois ben, on fait face à la galère parce qu'on a une société qui n'est pas organisée de façon à ce que nous nous puissions être des mères à part voilà avoir des enfants et que ça se passe correctement à ce que nous ayons accès à l'égalité par rapport aux autres modèles familiaux. La société n'est pas organisée de cette façon-là, mais aussi et ben nous on invente des nouvelles des autres formes d'organisation et elles ne sont pas reconnues.
Et l'ami s'arrête de travailler pour aider une femme qui vient d'accoucher et qui est seule et ben elle est pas reconnue, elle a pas elle a pas le congé de et ça c'est les choses auxquelles nous on aspire à réfléchir. C'est ce que développe notamment Clément Gué dans son livre sur l'amitié, c'est les rôles des parents marines, les rôles des personnes de l'entourage, les rôles des amis dans la parentalité.
Et en fait derrière vous ouvrez une boîte, vous ouvrez quelque chose qui est fondamental qui est de dire est-ce que ce qu'on veut dans le pays c'est oh mon dieu il y a plus de natalité, il y a plus de bébés ou est-ce que ce qu'on veut c'est que en fait les enfants puissent advenir euh tout voilà que que des enfants puissent advenir quand des personnes les souhaitent et souhaitent participer à leur éducation sans qu'on on ait décidé que la cellule familiale elle doit ressembler à ceci ou à cela et que la la la parentalité repose que sur les seuls parents. Et ça c'est un truc qui m'a frappé dans laémission d'info sur la sur la parentalité.
Je rappelle que l'émission d'information, c'est des choses transpartisanes. Donc il faut les faire avec de des députés macronistes. Donc moi, j'ai fait avec ma collègue du modèle, je gerais pas de mal, Delphine Migman. Mais du coup, c'est forcément vous vous euh vous travaillez enfin moi j'arrive avec le programme de la France insoumise qui est un programme de rupture et puis on me demande déjà dans le titre de parler du soutien à la parentalité. et soutien à la politiques d'accompagnement.
J'ai j'ai enlevé le mot soutien, j'ai mis accompagnement à la parentalité, mais les politiques d'accompagnement à la parentalité s'inscrivent dans une dynamique sociale qui pour l'instant le dynamique la dynamique surtout de contrôle des familles socialement défavorisées, hein, souvent des quartiers populaires souvent racisés, souvent issu de l'immigration à qui on va expliquer qu'elles ont pas développé toutes les compétences parentales possibles. Mais c'est pas du tout du soutien à toutes les formes de parentalité à exister.
C'est plutôt voilà contrôler parce que c'est un peu suspect et parce que au moment où il y a des révoltes urbaines, on se dit tiens mais c'est tous des enfants de mère isolé. Ah bah donc il y a eu un problème. Où sont passés les papas ? On avait besoin de papas parce que s'il y avait eu des pères, il y aurait eu l'autorité, il serait pas allé cramer des bagnoles. Non, vous avez des enfants euh des jeunes qui ont dit euh bah nous on'accepte pas que l'un des nôres se fasse tuer. Mais à ce moment-là, on a remis la responsabilité sur les mères. Donc il y a quand même tout ce climat là où la parentalité et ben elle est bien assignée à un couple parental.
Et quand on dit un couple parental, c'est euh le père dans un certain rôle qui est celui de l'autorité et qui est souvent du coup celui de potentiellement de la violence qui reste euh extrêmement tolérée dans la société, voilà, qui reste complètement permise en fait et puis le rôle de la mère qui est celui du soin et cetera, mais qui est un peu suspecte quand elle est seule parce que c'est bien connu qu'un enfant, il a pas seulement besoin de soins, mais il a aussi besoin de quelqu'un pour le dresser, voilà, d'un homme pour lui expliquer ce que c'est que la loi. et on reste encore profondément dans ces figures là.
Donc inventer des nouvelles formes de filiation, créer des formes d'adoption sociale, favoriser, reconnaître voilà des liens y compris y compris dans un contexte par exemple où on n'est pas d'accord avec la question de la GPA parce qu'on pose la question de la marchandisation du corps des femmes, ben en même temps des enfants qui sont nés qui ont été conçus par GPA et qui arrivent sur le territoire français, on n'accepte pas euh au nom de l'égalité entre les enfants, ben on n'accepte pas qu'ils se retrouvent privés d'un droit de filiation en fait que auquel les autres enfants ont droit. on accepte le fait qu'il y ait des filiations diverses dans le dans le pays.
Donc ça c'est un premier un premier aspect, c'est les questions de filiation. Les deuxè enfin de de reconnaissance des différentes formes de familles et notamment sur les familles monoparentales d'arrêter ce discours qui consiste en fait à inventer des problèmes aux mères isolées qu'elles n'ont pas. Les mères isolées ne disent pas que leur problème c'est une absence d'homme dans leur vie. D'ailleurs, elles font bien ce qu'elles veulent et d'ailleurs quand elles se remettent en couple et bien on vient les contrôler.
On vient leur supprimer leur allocation de soutien familial parce que elle est conjugalisée que si vous avez une deuxième brosse à dents dans votre salle de bain, on vous enlève l'allocation de soutien familial parce que dans ce cas-là, on considère que vous êtes plus une mère isolé. Mais donc leur sujet, c'est pas la question de "Est-ce qu'il y a un papa dans le dans le coin ?" Leur sujet, c'est s'il y a un juge qui a demandé une pension alimentaire, est-ce que je la touche ?
Est-ce que cette pension alimentaire, elle va faire en fait exploser mes impôts parce qu'en fait tout d'un coup, on on considère ça comme un revenu alors que c'est juste un moyen de en fait de subvenir aux besoins de mes enfants ? En fait, c'est juste ce que doit le père aux enfants et donc je vois pas pourquoi ça viendrait sur mes impôts. Donc ça, c'est la question de la défiscalisation de la pension alimentaire. Et puis elle pose aussi la question tout simplement de l'organisation sociale.
Par exemple, aujourd'hui, non seulement le logement social a été massivement sapé par Macron, mais aujourd'hui les les logements accessibles sont pas des logements qui sont pensés pour des familles euh euh monoparentales ou alors pour des familles aussi où il y aurait des formes de parentalité, de coparentalité avec des familles qui vivraient ensemble, plusieurs familles qui vivraient ensemble. Vous avez pas du tout les logements, ils sont pensés pour des familles, pour un certain type de famille.
Et donc les mères isolées, bah elles cochent, elles se retrouvent avec des en fait elle se retrouve avec des studios, elle se retrouve pas avec des deux pièces parce que en fait on est on considère qu'un foyer, bah c'est une voilà, c'est un couple. Bon bah elle pas de peau, elle est pas censée dormir dans le même lit que leur enfant. Voilà, donc c'est en fait c'est toute la question de l'organisation, la société et c'est ça le le le sujet de la reconnaissance des et le deuxième sujet que je voudrais aborder, c'est évidemment la question de l'égalité femme homme parce que il n'est pas euh parce qu'en fait c'est c'est juste un enfin donc on a on entend beaucoup de discours.
C'est ce que tu as dit aussi, on dit bon bah en fait les gens ils ont moins d'enfants que ce qu'ils voudraient et au fond les conditions de vie sont dures. Donc ça je 100 % d'accord. C'estàd que quand Macron s'en prend aux APL, quand il s'en prend au logement social, quand il casse le code du travail qui fait que en fait les 35 heures ne sont plus respectant le pays, ça devient vraiment ça devient de plus en plus compliqué d'être parent. Et évidemment quand le niveau de vie général baisse bah de toute façon la question tout simplement de souvenir au besoins de son enfant. Donc ça c'est une évidence c'est que c'est des politiques antisociales.
Les politiques antisociales sont antifamiliales au sens où elles vous permettent pas d'accueillir un enfant. Bon mais le nerf de la guerre, la vraie question c'est la question de l'égalité à cause de ce que je vous ai dit sur la pénalité maternelle, sur le fait qu'aujourd'hui les inégalités de salaires à poste égal en fait enfin en fait les inégalités de salaires si vous commencez à regarder entre travailleurs qu'à des enfants et travailleuses qu'à des enfants ou entre travailleurs sans enfants et travailleurs et travailleuse sans enfants, vous avez des inégalités salaires qui passent de 30 % à 8 %. D'accord ?
Le vrai sujet, il est dans ce que ça ce que ça fait comme coût ce que ça a comme coût dans ta vie économique, physique, mentale, de ta santé, de ton niveau de vie, de tout de ton temps, de ton temps qui est et nous on parle à la France insoumise beaucoup du temps et la question de du temps libéré, la question de la socialisation du temps en fait tout ce que ça te coûte de devenir mère qui ne coûte pas au père, c'est en moyenne les pères ont plus de revenus à partir du plus ils ont d'enfants, plus ils ont de revenus. Voilà, plus ils ont d'enfants, plus ils font d'heur supre, mieux ils sont payés, plus ils ont des responsabilités en entreprise.
Et puis une femme, ben plus elle enfant, moins elle a payé, moins moins elle travaille et plus il y a d'inégalité au sein du couple. Et puis après, au moment de la séparation, on se dit "Oh ben mon dieu, catastrophe, papa n'est pas là pour subvenir aux besoins" mais en fait à aucun moment n'a été organisé sa présence. Et donc sur la question de l'égalité, mon ma conviction et la conviction qu'on a à la France insoumise et c'est ce que j'ai réussi à faire passer comme conviction à ma coprapporteur modèle.
Donc ça pour moi c'est mon immense victoire, c'est la question c'est la question du congé paternité qui n'est pas du tout un petit truc quoi en fait qui n'est pas une question financière qui est une question d'abord de réduction du temps de travail parce qu'à chaque fois qu'on conquère des nouveaux congés en fait on conquer la réduction du temps de travail. Ça c'est pour cotiser ma part pour dire ou j'ai bien compris les luttes historiques du mouvement ouvrier. Voilà. Bah oui. Réduire le temps de travail et ben en fait quand on parle de réduction du temps de travail et de partage du temps de travail et bien ça ça a une une répercussion ça a une traduction sur le champ de l'égalité.
Nous voulons la réduction du temps de travail productif et nous voulons le le partage du temps de travail reproductif. Si vous ne libérez pas du temps de travail, si vous ne donnez pas un congé maternité égal au congé maternité, dès l'arrivée de l'enfant, vous êtes en train d'introduire et c'est pas un truc symbolique, c'est un truc extrêmement matériel. Vous êtes en train d'introduire le fait que il va y avoir un parent principal qui va être celui qui va toujours s'arrêter, celui qui va faire les doubles journées et cetera et puis vous vous avez le parent secondaire à qui vous n'avez pas donné cette cette ce temps d'accueil de l'enfant.
Et donc ça c'est une mesure majeure que nous portons à la France insoumise que j'ai réussi à faire mettre dans mon rapport sur la parentalité avec d'autres petits trucs un peu plus cosmétiques pour le coup. Euh mais la question du euh du congé maternité égale au congé maternité qui euh et j'aime bien prendre cet exemple-là a été mise en œuvre en Espagne. En Espagne, ils avaient exactement le même genre de congé que nous. Ils avaient 16 semaines de congé maternité et un tout petit congé maternité. Et ils ont porté à égalité en 3 ans. Ils ont fait un congé paternité exactement égal.
Et ils ont dit "Nous, on veut pas allonger euh enfin on veut pas juste dire les pères doivent passer plus de temps." Il y a un sujet qui est de dire le nom plus de temps au père avec leurs enfants. Il y a un sujet qui est de dire arrêtons de faire de la mère le parent principal dès la naissance. Quand on est euh dans un un couple biparental hétérosexuel avec un père, il faut qu'il y ait ce deuxième et si on pense que c'est bien qu'il y a plusieurs adultes auprès de l'enfant, il faut ce deuxième congé que moi je n'appelle plus congé paternité qui est congé d'accueil de l'enfant.
un congé d'accueil de l'enfant pour les deux parents et si vous n'avez qu'un seul parent et bien que ce congé de ce congé d'accueil de l'enfant soit transférable à la personne de votre choix. Donc c'est ce que je défends aussi pour les maires isolés.
[applaudissements]
Et du coup je vais juste revenir sur la bataille du congé de naissance pour vous que vous compreniez l'arnaque et que vous compreniez en même temps ce du coup jusqu'où ça nous a mené. Euh quand Macron parle de réarmement des bographique, il annonce des trucs sur l'infertilité. il a rien fait du tout et il annonce des trucs sur les congés et il a fini en catastrophe l'année dernière par faire voter au budget de la sécurité sociale. Je suis très très longue là. C'est ça. Je je peux Ouais, je peux Ouais. Pas non, on fait pas tes questions. Euh désolé parce que j'ai du coup comme j'ai pas préparé aussi j'essaie de vous donner donc vous ayez les éléments.
Au budget de la sécurité sociale l'année dernière, ils mettent en place ils veulent mettre en place le congé de naissance. On regarde de près qu'est-ce que c'est que ce congé de naissance supplémentaire. C'est un congé qu'on peut prendre à l'issue du congé maternité ou congé paternité. Un de leurs grands arguments, c'est que c'est attention, c'est égalitaire parce que tu peux le prendre si tu es un homme ou si tu es une femme. Bon, mais c'est 70 % du salaire. Qui donc déjà qui a les moyens de se passer 30 % de son salaire ? Donc là, il y a la question de l'inégalité entre les familles.
Vous l'aurez compris que tous les couples, tous les revenus ne peuvent pas se permettre de faire une croix sur 30 % du salaire pour le prer mois et 40 % du salaire pour le 2è mois parce que le deuxème mois est à 60 % de rémunération seulement. Donc déjà, vous triez entre les familles et ensuite au sein du couple, quel salaire vous allez sacrifier ? Bah, évidemment, comme c'est déjà le cas pour le congé parental qui est payé 400 balles, hein, je rappelle, bah c'est le congé parental, il est pris par les mères, il est jamais pris par les paères parce que cet engrenage la la le coût le coût de la maternité fait que les femmes sont moins payées, les femmes sont moins payées dans le pays.
Le le la reproduction le le mépris de la reproduction sociale fait que les métiers féminisés sont moins bien payés. Donc les femmes, elles sont doublement pénalisées. Elles sont pénalisées parce qu'elles sont mères et parce qu'elles exercent des métiers qui sont associés à la maternité, même quand elles sont pas mères. Donc, elles sont infirmières, elles sont moins bien payées, elles sont profs, elles sont moins bien payées et cetera. Donc elles gagnent moins et puis quand il s'agit de dans leur couple de prendre des choix dans ce qui est des choix intimes, en fait c'est la société qui a décidé pour elle.
Ça être elle qui allait s'arrêter parce que et ben c'est à elle don c'est d'elle dont on va sacrifier le salaire parce qu'on va prendre le salaire le moins élevé. Donc cette mesure était une mesure qui allait accroître les inégalités et c'est ce qui va se produire. C'estàd que les les hommes ont encore 11 jours de congé de paternité obligatoire. 1 mois si euh ils ont les couilles d'aller négocier euh avec le VO 28 jours s'ils ont les couilles d'aller négocier avec leur patron.
Et c'est pas une affaire d'avoir des couilles, j'ai fait exprès de le dire comme ça parce qu'en fait évidemment que si vous êtes en CDD euh évidemment que si vous êtes dans la dans la maçonnerie, dans le machin, que vous êtes en tout en bas de l'échelle de votre entreprise, allez voir votre patron pour dire "Si si, j'ai le droit à un mois, je vais prendre mon mois". et ben euh vous n'en avez pas les mêmes moyens que si vous êtes dans un endroit où c'est très dans une entreprise où c'est très socialement accepté de prendre son congé à un niveau de responsabilité où c'est possible, où vous pouvez être remplacé et cetera.
Voilà, vous n'avez pas les mêmes accès au congé paternité mais quand bien même vous prendrez votre mois même ceux qui pourront prendre votre leur mois de congé paternité et bien l'écart va s'accroître avec leur conjoint qui va être incité à prendre son congé de naissance à l'issue du congé maternité un mois ou de mois de plus. Donc vous allez avoir des femmes qui vont s'arrêter 6 mois dont 2 mois avec des pertes conséquentes de salaires et des hommes qui vont s'arrêter 11 jours ou au max 1 mois. Donc vous allez accroître l'inégalité et ils ont passé leur temps à expliquer que c'était une mesure d'égalité. Donc moi ça m'a rendu folle. J'ai essayé de faire augmenter le taux d'endemisation.
Impossible parce que c'est le budget. Bref, article 40 machin, vous pouvez pas augmenter les dépenses. Voilà. Deuxième truc, en regardant de plus près, je me suis mis c'est vraiment une arnaque jusqu'au bout, c'est qu'on devait voter en 2026 un truc qui était payé sur le rabau des cotisation des des allocations familiales. C'est-à-dire que vous faisiez payer aux familles d'enfants et aux familles ayant des enfants de plus de 14 ans, on leur rabotait. Normalement, au-delà de 14 ans, ils devaient avoir une augmentation des des ils avaient une augmentation des allocations familiales et on les faisait passer à plus tard, d'accord ? On faisait on décalit l'âge.
Donc en gros, vous faisiez payer aux familles d'enfants un peu plus vieux le congé de naissance. Vous avez vu le truc bien pervers des familles d'avant. Et quand j'ai regardé de près, on faisait payer dès cette année, dès l'année 2026, mais le congé de naissance, il devait être appliqué par décret en juillet 2027. Donc tout le monde a compris juillet 2027 après la après la présidentielle. Donc c'était vraiment un énorme stageur. Et donc ma victoire, ça a été juste de mettre un amendement, le seul amendement qui pouvait passer qui était pas irrecevable, qui créait pas des charges. Enfin, j'ai réussi à faire changer la date et j'ai fait bugger le système parce que j'ai fait changer la date.
Ça a été voté à l'Assemblée, voté au Sénat. là, ils sont tous venus pleurer en disant "Mais on va pas pouvoir faire ça dès 2026." Et je dis "Bah, le parlement a voté." Donc le parlement a voté et du coup en fait cette année, tu as des parents qui peuvent prendre leur congé de naissance parce que en fait on a changé cette date. [applaudissements] Et pour moi et en fait, il y a déjà et ils ont tous eu le droit, sauf que évidemment le gouvernement était pas prêt à mettre en œuvre. Donc ils ont dit "On le fera à partir du 1er juillet, donc c'est pour les enfants nés à partir". Donc en fait depuis je suis rentré dans une bataille pas possible pour faire respecter les droits actés dans la loi.
Mais en tout cas le gouvernement est obligé de le créer. Mais vous voyez bien le dilemme dans lequel ça met, c'est que d'un point de vue féministe en fait aucune association féministe ne demandait ce congé de naissance me rémunéré parce que tout le monde a compris le le les l'écart que ça crée et moi du coup je vous dis jusqu'où j'ai été dans mon raisonnement c'est que j'ai vu ce que ça a provoqué chez les parents. Je suis devenue euh à mon corps défendant. En plus, j'étais enceinte donc c'était vraiment l'espèce des géris des des mères qui voulaient juste passer plus de temps avec leur bébé en fait et qui voulaient pas laisser leur bébé à la crèche à 2 mois et demi.
Et puis j'ai été contente de voir aussi qu'il y avait des paères qui disaient "Bah franchement mon congép, il est tellement pourri que je vais quand même prendre ce congé de naissance." Et donc je me suis dit il y a quand même un enjeu de la durée de ces congés. Et donc j'ai réussi donc je suis assez fier de pouvoir l'annoncer là c'est que j'ai milité pour que non seulement on mette dans le dans le programme les congés paternité égal au congés maternité mais qu'aussi on assume d'allonger ces deux congés.
Donc c'est on va vers ça vers le fait d'allonger ces deux congés parce que pour moi c'est aussi un enjeu fondamental de libérer du temps du travail productif vers le temps du travail reproductif de le libérer et de le rendre égalitaire.
Donc voilà ce qu'on portera sur le sujet, ce sujet du congé maternité qui est pas un petit sujet parce que beaucoup de choses se créent au moment de la naissance, à la fois à l'intérieur du couple mais aussi bien sûr dans les entreprises parce qu'aujourd'hui au moment de l'embauche, évidemment que quand vous avez une femme en âge de procré et un homme en âge de procré, vous n'avez pas du tout les mêmes comportements de l'employeur parce que il se dit pas un homme en âge de procré peut s'arrêter 20 semaines et nous on dira "Oui oui si si avec nous euh un avec un enfant quand vous avez un enfant que vous soyez une femme un homme vous pouvez vous arrêter 20 semaines et même si vous n'êtes pas le père ou pas la mère.
Si vous êtes la personne qui aide une personne en projet de monoparentalité à qui elle a confié ce ce rôle, cette tâche que vous soyez parin, marèes, sœur, je ne sais quoi, euh et bien vous pouvez prendre aussi ce congé et ce sera et je je vous assure que c'est un un petit grain de sable déjà dans cette espèce d'organisation sociale qui repose entièrement sur cette inégalité de de cette distribution inégalitaire du travail reproductif. Voilà, je m'arrête là.
[applaudissements]
Oh.