Services publics : les moyens de nos besoins
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 85 %Attaque 10 %Défensif 5 %
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:15Clémentine AutainFait
« j'ai organisé d'ailleurs un colloque samedi dernier à l'Assemblée nationale d'une très belle riche et grande journée où nous avons parlé non pas de chaque secteur du service public mais des services publics dans leur ensemble »
- 3:00Clémentine AutainFait
« les profs qui craquent dans les salles de classe euh il y a quelques mois j'étais dans un collège où on me racontait que les premières semaines de la rentrée maintenant en scène saint-denise et bien vous avez chaque semaine des profs qui pleurent dans la salle dans la salle des profs »
- 4:30Clémentine AutainFait
« le train qui s'arrête plus là ou qui ou qui est trop cher c'estes bus aussi qui March pas bref des enjeux de service public que je retrouve en fait dans ma circonscription à Sevran »
- 6:30Clémentine AutainFait
« les privatisations mouvement des privatisation a commencé au Chili avec pinoché c'est c'est à continué avec le modèle toucher herigan qu'on connaît bien »
- 8:30Clémentine AutainFait
« il y a trop de fonctionnaires en France vieille idée d'ailleurs qui a quasiment un siècle toujours l'encinante trop de fonctionnaires trop de dépenses publiques »
- 10:30Clémentine AutainPromesse
« il suffit d'aller récupérer l'argent de l'impôt sur la fortune d'aller taxer les super profits de faire en sorte que on on arrête les logiques d'aide comme un puissant fond sans contrepartie aux grandes entreprises »
- 12:30Clémentine AutainPromesse
« on a fait avec différents élus de gauche et écologistes que vous pouvez trouver sur libéraation.fr 13 mesures d'urgence pour les services publics »
- 14:30Clémentine AutainFait
« ça nous fait penser que quand on rentre dans la question des services publics et bien on avance vers la logique du commun comme l'a proposé l'ont proposé pierre dardau et et chrisan Laval »
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bienvenue dans mon bureau et je voudrais aujourd'hui vous partager mon obsession obsession pour les services publics peut-être m'avez-vous entendu en parler ces derniers temps et j'ai organisé d'ailleurs un colloque samedi dernier à l'Assemblée nationale d'une très belle riche et grande journée où nous avons parlé non pas de chaque secteur du service public mais des services publics dans leur ensemble et de la question de l'esprit public je pense que c'est très important et je veux ici vous dire pourquoi à mon sens c'est une clé qui ouvre beaucoup de portes d'abord j'y suis venue parce que j'étais entêtée par le débat notamment ouvert par François Ruffin mais qui qui nous tarodait déjà depuis la crise des gilets jaunes à savoir comment s'adresser aux habitants des sous-préfectures des territoires périurbains qui est une partie du monde populaire moi je suis élu de de sa saintis et et quand j'entends cette préoccupation que je trouve juste je me dis immédiatement comment on relie euh c'est c'est ces différentes parties du monde populaire et il ne s'agit pas de soustraire Maah anti c'est qu'on se dise bon bah pour pouvoir parler aux populations de la Creuse ou du Nord de la France ou de la somme il faut impérativement je parle des sous-préfectures hein des milieux périurbains et ruraux et bien il faudrait arrêter de parler des violences policières il faudrait arrêter de parler de racisme mettre tout ça un peu sous le Boissau et en revenir à un discours qui s'adresse davantage euh au des préoccupations de ces territoire là et moi ce que je me dis c'est qu'il faut impérativement qu'on trouve quelque chose qui fédère or les services public c'est une clé qui permet justement de fédérer de de rassembler les tours et les bourgs pour reprendre l'expression de de François Ruffin parce que j'en ai fait l'expérience quand je vais à guingan ou quand je vais je sais pas moi à Albi ce dont on me parle c'est de la maternité qui vient de fermer et donc de ces personnes qui habitent à plus ces femmes qui qui habite à plus de 45 minutes de leur la possibilité enfin d'une maternité pour pouvoir accoucher c'est aussi le guicher de la Poste quià fermé c'est le train qui s'arrête plus là ou qui ou qui est trop cher c'estes bus aussi qui March pas bref des enjeux de service public que je retrouve en fait dans ma circonscription à Sevran ce dont on parle c'est du RER qui marche pas c'est aussi de ce bureau de poste on s'est battu pour le garder des urgences des hôpitaux qui sont fermés la nuit et cetera donc c'est un sujet qui relie et qui est au cœur des préoccupation des Français partout et donc je le crois très fédérateur par ailleurs il répond aussi à un questionnement ancien que j'ai qui a trait à ce qu'on appelle l'individuation l'individuation c'est ce processus qui permet d'interagir entre le jeu et le nous et cette interaction entre le jeu et nous c'est ce qui permet à un individu de de s'émanciper et à la société aussi d'être d'être en bon état si j'ose dire c'est-à-dire que si l'individu il est est isolé il n'a pas de collectif et bien il est comme ça étiolé et à l'inverse le collectif s'il n'a que des individus à son service mais qui ne peuvent pas s'épanouir individuellement et bien ça ne marche pas non plus donc ce processus d'individu d'individuation pardon terme que j'emprunte un philosophe qui s'appelle sociologue qui s'appelle Simel mais que j'ai notamment lu dans les travaux que vous connaissez peut-être d'un certain Bernard stiggler tout ça pour vous dire que aujourd'hui ce qui est malade c'est le nous et donc il faut que euh pour que il compris les individus s'émancipent et bien que ce nous soit renforcé et les services publics c'est précisément ce lieu du collectif aujourd'hui malade ça peut sembler un peu théorique en tout cas intellectuel comme approche alors que la réalité c'est que si je m'intéresse à ce point au service public c'est une réalité que j'ai pressenti vu de mes yeux vus et vécu y compris à titre personnel mais je pense en particulier quand je vais à l'hôpital Robert Ballanger ces derniers temps je vois beaucoup de femmes qui pleurent ce qui n'était pas du tout le cas quand j'y allais il y a quelques années pour participer à des luttes mais c'est aussi les profs qui craquent dans les salles de classe euh il y a quelques mois j'étais dans un collège où on me racontait que les premières semaines de la rentrée maintenant en scène saint-denise et bien vous avez chaque semaine des profs qui pleurent dans la salle dans la salle des profs donc ça c'est c'est un phénomène nouveau c'est-à-dire que les agents craquent de ces situations très difficiles qui sont liées au manque de moyens à une rémunération très basse et de l'autre côté des usagers aussi qui craquent c'est-à-dire que moi dans le rorb je vois des femmes qui pleurent parce qu'elles vont pas arriver à temps pour aller chercher leur bébé à la crèche parce qu'encore il y a pas assez de personnel pour la maintenance et donc le RER est en panne pleure évidemment partout des des usagers craqu des usagers craqu des personnels en tout genre et c'est lié à cette destruction des services publics qui atteint aujourd'hui un paroxysme et en tout cas qui qui finit par produire des dégâts qui sont des des dégâts colossaux et donc il faut bien y répondre répondre à ce malette à ces train qui qui n'arrive pas à l'heure et tout ça et tout ça donc ce constat de tout ce qui ce qui ne marche pas je dirais il est connu chaque matin que vous vous levez quasiment vous pouvez trouver quelque part le récit tiens de ce Paris Clermont où des gens ont carrément dormi dans le train il y a eu une panne et toute la nuit ils étaient dans le train et c'est la Croix Rouge qui a apporté des servi pas des serviettes des couvertures euh des couvertures humanitaires parce qu'il y avait plus de chauffage plus de toilettes et de l'eau parce qu'il y avait pas non plus d'eau toute la nuit avec des bébés des personnes âgées qui ont dormi là parce que le train était en P bon je prends cet exemple mais il y en a évidemment plein mais tous les jours vous pouvez trouver des faits qui rapportent ce qui dysfonctionne aujourd'hui dans les services publics mais on on va dans ces luttes on va dénoncer tout ça on va aussi soutenir défendre nos services publics contre des des des projets de fermeture ou de détérioration mais je trouve que à gauche on ne prend pas à bras corp l'ensemble du sujet pour le traiter dans sa globalité parce que tout ça a les mêmes causes et produit les mêmes effets et les solutions sont de même nature et donc à mon sens c'est ça qu'il faut qu'on arrive à prendre en charge c'est la globalité la globalité du sujet il y a eu une offensive idéologique qui vient de loin puisque les privatisations mouvement des privatisation a commencé au Chili avec pinoché c'est c'est à continué avec le modèle toucher herigan qu'on connaît bien avec ce que ça a produit ces chemins de fer qui ont été privatisés puis ça a tellement été la castrophe qu'on a éé obligé de les renationaliser mais est-ce qu'on en a tiré des leçons absolument pas ça a continué ça a continué ça s'est généralisé avec l'idée que la dépense publique est un cout l'idée que il y a trop de fonctionnaires en France vieille idée d'ailleurs qui a quasiment un siècle toujours l'encinante trop de fonctionnaires trop de dépenses publiques et et au fond on s'attaque à à la fonction publique au service public jusqu'au sommet de l'État qui lui-même recourt à des agences de conseil Agen de conseil de plus en plus nombreuses hyper émunéré qui font le travail des fonctionnaires avec des conseils qui ne sont pas garant de l'esprit public puisque eux-mêmes sont des agents du privé donc il y a quelque chose qui dysfonctionne de haut vol avec des haut fonctionnaires aussi qui sont de plus en plus obsédés par la recherche du pantouflage et donc au total c'est l'esprit public qui s'en va et marchandisation de tout et n'importe quoi qui s'organise au sommet de l'État et qui finit par par avoir des effets tout à fait tout à fait édifiants et catastrophiques et donc l'état aujourd'hui je dirais n'est plus du tout garant des intérêt collectif mais est devenu un allié du privé et c'est ça qu'il faut absolument inverser renverser profondément pour qu'on se réapproprie le nos services publics l'esprit public au sommet au sommet de l'État et donc je dirais que l'heure est venue pour un nouvel esprit un nouvel esprit public de gouvernement et ce nouvel esprit public du gouvernement il doit partir des besoins on a dit beaucoup pendant la campagne présidentielle gouverné par les besoins et bien les moyens pour atteindre la satisfaction de ses besoins il se situe en grande part dans la logique du service public quoi de mieux qu'un espace qui ne cherche pas la rentabilité pour répondre à nos besoins on l'a vu avec le scandale Orpa pour les éepades on l'a vu aussi avec le scandal pour les crèches le privé lucratif ne peut pas remplir cette mission de service public cette mission d'intérêt général et donc cette réponse à nos besoins euh ça c'est la raison fondamentale pour laquelle il faut réinvestir ces services publics mais je disais en introduction que c'était une clé qui ouvrait plus plusieurs portes partir des besoins pour gouverner vous l'avez compris les services publics permettent d'y répondre mais les services publics permettent aussi de réhabiliter l'impôt euh parce que immédiatement on se dit mais comment on finance ses services publics bien si on parle des besoins on on dit qu'ell sont nos besoins et on se dit on se demande comment on va chercher l'argent pour le faire et à partir de là on se rend compte que il y a plein de possibilités plein de possibilités comme on l'a montré d'ailleurs dans notre appel avec 13 mesures d'urgence paru dans Libération on a fait avec différents élus de gauche et écologistes que vous pouvez trouver sur libéraation.fr 13 mesures d'urgence pour les services publics et à l'intérieur il y a notamment une mesure où on dit bah il suffit d'aller récupérer l'argent de l'impôt sur la fortune d'aller taxer les super profits de faire en sorte que on on arrête les logiques d'aide comme un puissant fond sans contrepartie aux grandes entreprises qu'on s'attelle enfin à lutter contre l'évasion fiscale et là les milliards peuvent couler parce que vous avez remarqué que souvent le gouvernement il a des idées pour réduire les dépenses mais on pourrait aussi imaginer que c'est plutôt du côté des recettes qu'il faut aller chercher donc pas réduire la dépense publique l'augmenter mais et pour y faire face et bien aller chercher de nouvelles recettes et rendre l'impôt évidemment plus progressif notamment entre les petites entreprises et les grandes entreprises puisqu'on sait que les TPE eux sont hyper taxés donc bref si on veut réhabiliter l'impôt redonner du sens à l'impôt il faut bien qu'on dise à quoi ça sert et si ça devient très clair que ça sert à ce que les services dont on a besoin au quotidien soi renforcés bien il y aura un consentement à l'impôt beaucoup plus grand là où on a l'impression notamment pour les classes moyennes de payer toujours plus pour un service qui est toujours plus toujours plus mauvais toujours plus mauvais ensuite ce service public il ouvre la clé d'un affrontement avec les logiques du capital parce que au fond on s'attaque à la propriété privée aussi au fait qu'on aurait une justice à deux vitesses une santé à deux vitesses un logement à deux vitesses le service public il est garant de l'égalité il est garant de l'égalité et il crée une forme de propriété collective et ça nous permet de réfléchir aussi à la propriété parce qu'on pourrait imaginer des biens qui soient inaliénables et qui n'ai même pas de propriétaire même pas l'état même pas l'état et si c'est plus l'état alors l'état par la suite ne peut pas le vendre puisque ça ne lui appartient tient plus et donc ça nous fait penser que quand on rentre dans la question des services publics et bien on avance vers la logique du commun comme l'a proposé l'ont proposé pierre dardau et et chrisan Laval deux intellectuels qui ont théorisé un peu cette logique du commun en disant qu'il y avait du déjà là parce qu'il y a déjà des expériences qui se mènent par exemple pour protéger l'eau ou des usagers qui se mettent en cadre associatif pour pour protéger des des des biens communs mais il faut aller beaucoup plus loin que ça et poser la question de la propriété et de la place de l'usager et des citoyens pour à la fois définir ses besoins mais aussi pour contrôler les services qui font vivre ces ces ces réponses ou c'est ou ou ces biens commun bref donc ça ça me paraît très important ça nous dit aussi que qu'on repense dans ce cas-là à la place de l'État à la fois l'état qui organise le débat démocratique sur les besoins l'État qui est capable de planifier dans le temps comment on monte en PU puissance pour répondre aux nouveaux besoins parce qu'il y a plein de nouveaux besoins qui sont pas satisfaits on le voit avec le 4e âge on le sait avec euh la crise enfin le défi climatique tout simplement la crise écolo et qui suppose quand même beaucoup beaucoup d'agencements que la puissance publique devrait faire mais c'est vrai aussi du numérique où on a laissé les G femmes tout faire c'est vrai de la petite enfance on a toujours pas une crèche pour chaque enfant de disponible et cetera et cetera donc il y a plein de nouveaux besoins qui doivent être couverts et c'est à l'état de planifier mais ça veut pas dire qu'on retourne au gos plan et que c'est l'État qui fait tout en revanche il faut que des associations des mutuelles l'économie sociale et solidaire c'està-dire des espaces qui ne sont pas lucratifs qui ne recherchent pas le profit puissent être les associés de ce grand développement des servic public aussi dans une clé pour pour pour vous dire encore une autre clé que ça ouvre c'est que ça permet d'avoir une affectation primaire des richesses pas simplement une red attribution à postériori c'estàdire que c'est quelque chose auquel on a accès euh directement si vous prenez si si demain on rend les les transport gratuit ben vous avez directement accès à ce bien qui est universel et qui est pour tous donc c'est du partage des richesses primaires et non pas à postériori et je pense que ça c'est très important pour raconter ce qu'est un projet de gauche euh ce qu'est notre vision en fait de la société à long terme et enfin je pense que si la gauche doit se se l'approprier c'est parce que c'est c'est un secteur et on a beaucoup de légitimité c'est notre histoire aussi d'avoir construit défendu ces espaces collectifs mais je pense que c'est aussi parce que c'est une manière de dire combien l'intérêt des catégories populaires puisque ce sont telles qui ont le plus intérêt aujourd'hui au servicees public c'est le patrimoine de ceux qui n'en ont pas si on part de cet intérêt-là on arrive à quelque chose d'universel parce que les services publics il s'adressent à tout le monde ils sont les garants de l'égalité et ils sont donc un ferment fondamental de cohésion sociale je fais pas plus long mais je pourrais parler pendant des heures de ce sujet des services publics suite à notre colloque vous pouvez retrouver mon interview à méiaapart et aussi ma tribune dans dans AOC que on va mettre peut-être en lien ici et là sur mes réseaux sociaux et je vous dis à très vite pour cette bataille qui est éminemment d'actualité parce que si vous écoutez la petite musique de Gabriel Atal dans son discours général ou de l'interview toute récente de Rachid adati qui prétend défendre le service public audiovisuel et quand vous lisez de près vous voyez bien qu'en réalité la casse est organisée donc ils veulent cette casse mais comme le dit Gabriel Atal au jeunes il dit tu casses tu répares et bien ça vaut tout à fait pour le gouvernement s'il casse les services publics alors il doit les réparer alors onattend pas grand-chose d'eux avec la startup nation c'est pas eux qui vont le faire mais nous on est capable non seulement de ne pas casser mais surtout de réparer