Sur la situation en Nouvelle-Calédonie
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
[Musique] bonsoir et merci d'être avec nous Monsieur le Premier Ministre bonsoir bonsoir der ru vous êtes notre invité Édouard Philippe dans les circonstances exceptionnel ce sont les heures graves que traverse et la France et l'Europe la menace de la Russie l'immigration qui divise très fortement les opinions la vague nationaliste mais aussi le risque économique et la dette on parlera évidemment du terme 2027 le terme ou le début pour vous vous êtes dans le carrier des très grands favoris d'abord les événements de Nouvelle Calédonie les événements dangereux les morts les pillages l'État qui ne parvient toujours pas à rétablir l'ordre que peut-on faire de plus il y a une chose que j'ai apprise quand j'ai commencé à à m'intéresser et à travailler beaucoup sur la Nouvelle-Calédonie c'est que lorsqu'on s'interroge et lorsqu'on réfléchit et lorsqu'on agit sur la Nouvelle-Calédonie il faut le faire avec une certaine humilité nous discutons à Paris nous ne sommes pas à Néa et donc je je je suis je suis pas un donneur de leçon ce serait facile de venir vous dire voilà ce qu'il faut faire évidemment c'est ça qu'il faut faire c'est tellement simple c'est très compliqué et c'est très compliqué parce que la situation locale est très compliquée elle est compliquée du point de vue juridique le dispositif juridique qui a été mis en place à partir des années 98 puis renouvelé en 98 est un dispositif relativement compliqué Songz par exemple qu'en Nouvelle-Calédonie il y a trois listes éctor orale une liste pour les Provinciales une liste pour le référendum une liste générale pour les élections nationales où évidemment chaque Français peut voter trois listes électorales c'est pas courant bon donc juridiquement c'est compliqué politiquement c'est compliqué avec des grandes formations qu'on réduit souvent lorsqu'on est à Paris à indépendantiste loyaliste mais qui en vérité sont à l'intérieur de ces deux grands blocs incroyablement diverses et traversé par des opinions des mouvements politiques assez différents et puis c'est compliqué humainement parce que vous êtes à 16000 km de Paris dans une terre qui a été colonisée au milieu du 19e siècle qui était peuplé qui l' toujours par un peuple Canac présent sur l'île et sur les îles depuis plus de 3000 ans 40 % aujourd'hui et avec une colonisation au milieu du 19e siècle qui s'est accompagné de d'un effacement des droits de l'ident cé de la culture canque qui est évidemment vécu comme un traumatisme alors je je suis pas du tout là pour dire que aujourd'hui on est dans une situation coloniale mais la situation dans laquelle on se trouve est marquée par un passé qu'on ne peut pas négliger donc c'est compliqué à tous égarts est-ce qu'une partie de vous comprend les canques c'est-à-dire ces Canaques qui disent comme les Algériens jadis bien sûr la France est là depuis 1853 bien sûr elle a beaucoup apporté bien sûr des générations sont arrivées de l'extérieur mais il n'en demeure pas moins que ça reste une terre canque et non française je crois euh en tout cas c'est le sentiment que j'ai après avoir écouté beaucoup et longtemps des responsables Canac d'ailleurs très différents dans leur approche des sujets je crois que cette aspiration Canac à l'indépendance cette aspiration à à à l'autodétermination ne cessera jamais qu'elle est identitaire qu'elle est une des raisons pour laquelle d'ailleurs le peuple canak à travers les difficultés qu'il qu'il a rencontré qu'il l' a traversé existe encore est-ce que ça veut dire pardon qu'il y a un risque à l'algérienne disons les choses francement que en 2024 il y ait quelqu chose des années 1960 je souhaite que non et je crois que tous les tous les responsables politiques qui se sont intéressés à la Nouvelle-Calédonie depuis maintenant près de 40 ans ont tout fait pour éviter que justement on bascule sur cette terre de Nouvelle Calédonie dans quelque chose que la France a trop connu c'est-à-dire au fond un processus incontrôlable euh marqué par des violences on y est pardon quand on voit les mors les pillages la sécurité des personnes et des biens qui n'est pas garanti le voyage du président de la République qui pour l'instant n'a pas eu d'effit vous avez raison il y a eu se morts en Nouvelle-Calédonie se français qui sont morts h euh et donc évidemment le le le le le désordre s'est installé sur l'île et en ce moment les forces de l'ordre ESS je crois d'ailleurs progresse dans le le le retour à l'ordre euh mais dans des conditions qui sont évidemment difficiles je voudrais insister sur quelque chose qui est essentiel me semble-t-il depuis 1988 c'est-à-dire au fond depuis les accords de Matignon et puis depuis 1998 les accords de Na c'est-à-dire depuis que Michel Rocard au fond a mis en place une méthode on appelle souvent la méthode rard nous étions dans un processus qui n'a d'équivalent nulle part dans la géographie et jamais dans l'histoire le processus qui a été mis en place à partir de 1988 était un processus dans lequel l'État impartial organiser une discussion une répartition nouvelle des pouvoirs un rééquilibrage économique un développement d'une société calédonienne c'est-à-dire pas simplement les canacs d'un côté les autres en face mais d'une société calédonienne expliquons bien ça n'est-ce pas avec cette garantie pour ces 40 % de Canac d'avoir un poids électoral disons corrigé par rapport aux nouveaux arrivants est-ce qu'il faudrait selon vous le refrir euh une perpétuation de cela est-ce qu'on peut le faire alors c'est c'est c'est une question redoutablement complexe parce que le le le poids politique supérieur reconnu au Canac euh il intervient à travers le gel du corps électoral mais il intervient aussi à travers les pondérations du nombre de sièges dans la répartition entre les trois provinces je vais vous dire une fois qu'on a dit ça on a on est susceptible d'avoir un peu perdu tout le monde euh et confirme al alors alors que c'est essentiel bon je je je je veux pas rentrer dans le détail de la discussion d'abord parce que je n'y prends pas part ce que je vois assez bien il y a il y a 2 mois j'étais en Nouvelle-Calédonie j'y a passé 6 jours entiers j'ai rencontré tous les responsables des forces politiques de l'île et même des îles vous l'aimez et vous et vous en êtes aimé moi je peux témoigner on peut aller sur internet vous donner souvent des inérêts vous allez souvent là-bas là en mars encore n'est-ce pas j'y suis allé en effet en mars et et et j'ai été frappé par plusieurs choses parce que j'ai beaucoup écouté parce qu'en Nouvelle-Calédonie il faut beaucoup écouter c'est c'est comme ça on n pas assez écouté pardon beaucoup disent on a passé le dossier était toujours à Matignon tradition depuis Michel mais c'est une question est-ce que est-ce que on n pas assez écouté est-ce que le fait de passer à la dimension seulement sécurité minist l'intérieur a été une erreur non d'abord je ne crois pas qu'en passant je ne crois pas qu'en confiant le dossier au ministre de l'intérieur on ne lui est confié que l'aspect sécuritéire je ne crois pas ça du tout mais en terme de de reconnaissance d'écoute comme vous dites et je peux témoigner que générald Darmanin a écouté euh il peut être critiqué sur certains points par quelques-uns moi je sais qu'il a écouté qu'il a essayé d'apporter des réponses et et et je le soutiens bien entendu mais ce qui est vrai c'est que il y a 3 mois quand j'y étais ou 2 mois et demi j'ai eu le sentiment à écouter tout le monde que un accord politique était possible pour organiser l'après accord de matinon na c'est-à-dire la situation actuelle que cet accord était possible mais difficile à formaliser j'ai utilisé l'expression de grossesse compliquée h l'enfant était à terme mais il ne pouvait pas sortir par les voies naturelles et qu'il fallait donc essayer de faire en sorte de permettre au partis sur l'île d'arriver à une forme d'accord ça va être beaucoup plus difficile ça va être beaucoup plus difficile parce que l'explosion de violence que nous vivons rend les choses beaucoup plus difficiles parce que beaucoup doutent sur l'Î de la volonté réelle de l'ensemble de ceux qui vivent d'envisager leur avenir en commun et donc la situation est aujourd'hui plus délicate ce qui est certain j'en terminerai par là c'est d'abord qu'en Nouvelle-Calédonie c'est toujours l'accord politique qui prime surtout on pourrait se dire et je comprends très bien qu'on le dise il faut rétablir l'ordre public puis ensuite on discutera le rapport de force ne permettra jamais me semble-t-il un retour dur et complet à l'ordre public la seule chose qui puisse la garantir c'est un accord politique entre des responsables politiques responsables enfin responsable c'est-à-dire mur qui accepte de définir le cadre dans lequel il veut vivre ensemble
Édouard Philippe