Aller au contenu
Pourquijevote
Tous les transcripts
InterviewFrance Inter — L'invité de 8h20 (sur Site radio)· 2 juin 2018 21 minContradictoireActualité / polémiqueImmigration & asileÉconomie & entreprisesInstitutions & électionsEurope & international

Bernard Monot

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 30 %Attaque 50 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 79 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:17OuverteRéponse directe

    Pourquoi avoir quitté le parti de Marine Le Pen ?

  • 0:55OuverteRéponse partielle

    Le Pen s'est-elle adressée au discours social ?

  • 1:46RelanceRéponse directe

    Amateurisme au Front National, à quel moment ?

  • 2:40OuverteRéponse directe

    Au-delà des questions sémantiques, ça va changer quoi ?

  • 3:47RelanceRéponse partielle

    Votre ralliement n'est-il pas opportuniste pour rester qualifié aux européennes ?

  • 5:21OuverteRéponse directe

    Doit-il rejoindre encore une fois Marine Le Pen pour les Européennes ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:27Invité politiqueFait
    « depuis, grosso modo l'été dernier, nous ne parlons plus du tout d'économie, d'agriculture, de sociale, c'est exclusivement le sujet de l'immigration »
  • 0:45Invité politiqueFait
    « les Français souffrent de déclassement, souffrent de perte de pouvoir d'achat, de perte d'emploi »
  • 1:54Invité politiqueFait
    « Déjà du temps de Florian Philippot, pendant plusieurs années, qui a déformé la communication sur le modèle économique, de patriottisme économique que nous avions bâti en 2008 »
  • 2:04Invité politiqueFait
    « il y a eu cette déformation, notamment sur la question de l'euro, puis est venu le concept de sortie de l'Union Européenne avec le Brexit »
  • 2:20Invité politiqueFait
    « je pense que si Marine avait suivi la doctrine officielle depuis 2008, que nous avions mis en place notamment sur l'euro, je pense qu'elle avait de grandes chances de pouvoir l'emporter en 2017 »
  • 4:29Invité politiqueFait
    « Macron est en train de détruire ce qui reste de France, la défense nationale est en train de passer au niveau de l'euro-défense »
  • 4:51Invité politiqueFait
    « ça a déjà été signé au mois de décembre dernier, c'est en train de se mettre en place, avec le traité de l'Elysée »
  • 5:05Invité politiqueFait
    « aujourd'hui, il faut que les Français sachent que leur banque est en grande fragilité et que leurs économies et leur épargne peuvent être mobilisées pour renflouer le système bancaire »
  • 9:47Invité politiqueChiffre
    « Il y a 6,5 millions de chômeurs réels en France »
  • 10:09Invité politiqueChiffre
    « Nous avons 2 300 milliards d'euros de dettes, 35 000 euros chacun sur nos têtes à rembourser, par personne, par habitant »
  • 10:34Invité politiqueFait
    « il n'y a pas de lien de cause entre l'immigration, sauf que c'est un problème civilisationnel, où nous perdons effectivement notre identité par la submersion migratoire »
  • 11:10Invité politiqueFait
    « Comme un mensonge, parce qu'il vous dit ça à Paris, sauf que la plupart des autres partis, notamment l'UMP Les Républicains à Bruxelles, votent exactement l'inverse »
  • 11:41Invité politiqueFait
    « ceux qui sont déboutés à 95% ne quittent plus le territoire. Ou alors, s'ils le quittent, ils reviennent quelques jours après »

Temps de parole

  • Bernard Monot65 %
  • Présentateur28 %
  • Présentateur 24 %
  • Auditeur2 %

1 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Le 6-9 du week-end, Éric Delvaux, sur France Inter. Bonjour Bernard Monod. Bonjour. Eurodéputé, ex-Front National, vous avez décidé cette semaine de quitter le parti de Marine Le Pen pour rejoindre Debout la France de Nicolas Dupont-Aignan. Pourquoi avoir quitté le parti de Marine Le Pen ?

0:20
Bernard Monot

Écoutez, simplement, la question qui a été décisive, c'est que depuis, grosso modo l'été dernier, nous ne parlons plus du tout d'économie, d'agriculture, de sociale, c'est exclusivement le sujet de l'immigration qui est fondamental, puisque c'est l'avenir de notre pays et le péril mortel que subit la France et l'Italie et beaucoup d'autres pays en Europe, avec l'immigration, ce plan migratoire européen qui est catastrophique. Mais il n'y a pas uniquement ça, les Français souffrent de déclassement, souffrent de perte de pouvoir d'achat, de perte d'emploi, et il faut aussi parler de ces sujets-là et de l'agriculture.

0:55
Présentateur

Le Pen s'emploie, et s'est employé durant la campagne électorale notamment, à parler à ces personnes défavorisées en France, l'aspect social, on dit que le Front National est devenu le premier parti des ouvriers et des plus démunis, donc elle s'est adressée à tout ce discours social, elle l'a tenue ?

1:15
Bernard Monot

Oui, les Français oubliaient effectivement, mais il faut expliquer pourquoi. Il faut donner des éléments, il s'est passé beaucoup de choses depuis 2-3 ans en matière économique en Europe, et il faut l'expliquer aux gens que leurs économies sont menacées, que leur emploi va être encore plus gravement mis en danger, qu'il va y avoir un déclassement général, et ça il faut l'expliquer avec quelques éléments. Or, aujourd'hui, il n'y a plus de discours économique, social, et l'agriculture, et l'élevage, il n'y a pas que l'immigration, même si c'est fondamental.

1:46
Présentateur

Lors de votre conférence de presse cette semaine, vous avez même parlé de cacophonie, et d'amateurisme au Front National. Amateurisme, à quel moment ?

1:54
Bernard Monot

Déjà du temps de Florian Philippot, pendant plusieurs années, qui a déformé la communication sur le modèle économique, de patriottisme économique que nous avions bâti en 2008. Voilà, donc il y a eu cette déformation, notamment sur la question de l'euro, puis est venu le concept de sortie de l'Union Européenne avec le Brexit, puis le Brexit. Et ça, si vous voulez, ça a été dévastateur. On l'a vu le résultat l'année dernière aux présidentielles.

Je pense que si Marine avait suivi la doctrine officielle depuis 2008, que nous avions mis en place notamment sur l'euro, je pense qu'elle avait de grandes chances de pouvoir l'emporter en 2017, compte tenu des dégâts qui sont subis par les Français depuis 10 ans.

2:33
Présentateur

Alors depuis, hier soir, le Front National est officiellement rebaptisé Rassemblement National. Au-delà des questions sémantiques, ça va changer quoi ?

2:43
Bernard Monot

Or écoutez, moi ce qui me chagrine, c'est qu'on perd une partie de notre identité. Est-ce que chacun d'entre nous change de nom ? Je pense que c'est un nom qui existait depuis 1973.

2:53
Présentateur

Oui, sauf que plus personne ne veut de l'héritage. Ni Marion Maréchal, ni Marine Le Pen.

2:57
Bernard Monot

C'est un tort, moi je pense qu'il faut s'assumer, il faut être fier de ce que l'on est, de son identité, et le nom fait partie de l'identité. Et alors quitte à changer, moi j'aurais éventuellement souhaité par exemple l'Alliance Nationale Française, mais en tout cas que le nom France figure dans ce terme générique, et voilà que les Français s'y retrouvent là-dedans. Mais au-delà de tout ça, si vous voulez, ce qui est important, c'est d'aller au-delà des partis, parce que ce n'est pas une question de partis, c'est une question aujourd'hui d'urgence. Notre pays est en péril mortel sur l'immigration, on l'a vu, mais sur beaucoup d'autres sujets économiques, sociaux, etc., voire militaires.

Et je pense que quelque part, il faut aller bien au-delà. C'est pour ça que moi j'ai rejoint Debout la France et Nicolas Dupont-Aignan pour tenter de faire une grande alliance nationale pour rassembler toutes les bonnes volontés, les conservateurs qui veulent que la France reste la France.

3:47
Présentateur

En fait, est-ce que votre ralliement cette semaine au parti de Nicolas Dupont-Aignan n'est pas aussi tout simplement opportuniste pour rester qualifié pour la députation européenne dans un an, pratiquement jour pour jour, et mener campagne en bénéficiant d'un parti, puisque vous avez un peu été écarté, mis sur la touche aussi du Front National ?

4:06
Bernard Monot

Alors si vous voulez, moi, à titre personnel, j'ai une vie avant le Front National, j'ai une carrière de 30 ans derrière moi, où j'ai très bien réussi, où je gagne mieux ma vie, même en tant que député européen. Donc le sujet, ce n'est pas personnel, moi, ça va au-delà de tout ça, il y a une cause. Ce que je veux introduire comme concept, c'est le facteur temps. Il est urgent de réagir très vite, car dans quelques semestres, le dernier clou du cercueil de la France sera enfoncé par M. Macron. Macron est en train de détruire ce qui reste de France, la défense nationale est en train de passer au niveau de l'euro-défense.

C'est un embryon, l'euro-défense, c'est pour l'instant un concept un peu fumeux. Oui, mais ça a déjà été signé au mois de décembre dernier. C'est en train de se mettre en place, avec le traité de l'Elysée, que vous allez voir ressurgir à l'automne. Et il y a ça, il y a également l'aspect économique, où ils sont en train de construire une gouvernance économique de la zone euro, justement pour sauver le système bancaire qui est en état d'urgence. Aujourd'hui, il faut que les Français sachent que leur banque est en grande fragilité et que leurs économies et leur épargne peuvent être mobilisées pour renflouer le système bancaire.

5:14
Présentateur

Et vous souhaitez, vous Bernard Monod, une souveraineté bancaire. On va en reparler dans la deuxième partie de cette interview. Marine Le Pen propose une liste commune avec les forces de Nicolas Dupont-Aignan pour les Européennes. Doit-il la rejoindre encore une fois, comme durant la campagne présidentielle ?

5:29
Bernard Monot

Le but est de former une grande alliance nationale, comme je venais de vous le dire. C'est sûr qu'il faut rallier énormément et fédérer énormément de gens de bonne volonté qui veulent constituer une grande force politique contre le régime Macron. Macron est au service de Bruxelles, de Francfort et des marchés financiers mondiaux. Et il faut effectivement enrayer la destruction qui est mise en place par Macron. Donc il faut un grand rassemblement. Mais au-delà du rassemblement, une alliance nationale entre tous les conservateurs de tous bords. Et je pense que ça va au-delà des partis.

6:03
Présentateur

Mais quand Nicolas Dupont-Aignan donnera sa réponse demain sur est-ce qu'il va, oui ou non, rejoindre Marine Le Pen pour les Européennes, il a dit qu'il n'aimait pas qu'on lui dicte le calendrier. Est-ce que ça préfigure sa réponse négative à votre avis ?

6:17
Bernard Monot

On en a parlé un petit peu ensemble. Il ne faut pas mettre la charrue avant les bœufs. Dans le sens où ce n'est pas une question d'hommes, de liste, etc. C'est une question de projet. Qu'est-ce que l'on veut proposer aux Français l'année prochaine pour avoir une alternative crédible, sérieuse, pour, je vous dis, enrayer la destruction et la disparition de la France ? C'est la France qui est en jeu. Donc on commence d'abord par la méthode, la règle du jeu. On met tout sur la table. Regardez comment on travaillait le gouvernement de coalition entre Salvini et Di Maio en Italie. Ils se sont enfermés pendant 10 ou 11 jours autour de la table en parlant à personne, enfin à l'extérieur.

Ils se sont mis autour de la table et point par point ils ont tout traité pour pouvoir arriver à un projet.

7:01
Présentateur

C'est tellement hétéroclite qu'on se demande si ça va durer plus d'une semaine.

7:03
Bernard Monot

Oui, mais attendez, laissez-les arriver au pouvoir, commencez à gouverner. Et c'est ça la démocratie. Il faut leur donner une chance. De toute façon, l'Italie ne peut pas être pire qu'aujourd'hui.

7:12
Présentateur

Mais vous n'avez pas répondu à ma question. Est-ce que, vous en avez parlé avec Nicolas Dupont-Aignan, est-ce qu'aujourd'hui l'humeur est plutôt pour un rapprochement avec Marine Le Pen pour les Européennes dans un an ? Ou est-ce que ce sera à votre avis non ?

7:23
Bernard Monot

Oui, dans le cadre de cette grande alliance nationale que tout le monde appelle de ses voeux. Alors, au niveau du calendrier, oui, effectivement, il n'y a pas de précipitation à répondre à ce rapprochement qui a déjà été fait, je vous signale, déjà au mois de décembre puisqu'elle lui a déjà proposé d'être en queue de liste pour pousser l'ensemble de la liste. Mais le sujet, il n'est pas là. Le sujet, il est d'abord, on construit un programme et un projet européen crédible qui soit une alternative au fédéralisme de l'Union Européenne.

7:54
Présentateur

Si on regarde les sondages publiés le mois dernier par Harris Interactive, le parti de Nicolas Dupont-Aignan est crédité de seulement 7% d'intention de vente aux Européennes. Effectivement, le rassemblement s'impose peut-être aussi pour Nicolas Dupont-Aignan s'il veut gagner quelques sièges. C'est l'addition des forces conservatrices. Le 6-9 du week-end, Eric Delvaux sur France Inter. Question dans le prochain quart d'heure ce matin à Bernard Monod, économiste, député européen, ex-Front National que vous venez de quitter, Bernard Monod, pour rejoindre Debout la France de Nicolas Dupont-Aignan. Une question de Patricia Martin.

8:29
Auditeur

Oui, tout à l'heure, vous avez à deux reprises, vous avez dit péril mortel. Vous en avez parlé pour la France, au point que j'ai étiquée, parce que je me demandais si je comprenais bien. En fait, une des fois, c'était au sujet de l'immigration. Est-ce que vous ne croyez pas que le péril mortel, il est plutôt pour les immigrés, pour ces pauvres gens qui viennent, parce qu'ils n'ont souvent pas d'autres solutions dans la vie, plutôt que pour les Français ?

8:49
Bernard Monot

Ce qu'il faut comprendre, c'est que le XXe et le XXIe siècle, il se passe à un phénomène tout à fait nouveau dans l'histoire de l'humanité, c'est que la démographie est en train d'exploser partout dans le monde, notamment en Afrique, en Afrique subsaharienne, le Maghreb, etc. Ces gens-là pensent que l'Europe, au sens large, est un Eldorado et qu'ils doivent absolument venir. Ils ont raison de le penser ? Eux ont peut-être raison de le penser, sauf que ce n'est pas la réalité. Quand on voit la montagne de dettes que nous avons, notamment en France, et que les Français sont en train d'être déclassés dans leur propre pays, que la classe moyenne est en train de devenir une classe modeste...

9:28
Présentateur

Vous oubliez dire que parmi les réfugiés qui arrivent en France, il y a aussi des diplômés qui ont des compétences à nous faire valoir ?

9:33
Auditeur

Absolument, mais le déclassement dont vous parlez, vous pensez qu'il a un lien direct avec l'arrivée des immigrés ?

9:42
Bernard Monot

Il n'y a pas de lien de cause à effet direct. Le seul problème, c'est qu'il y a 6,5 millions de chômeurs réels en France. Il faut d'abord combler ce chômage pour essayer d'avoir le plein emploi. Et ensuite, s'il y a besoin d'immigration économique, on peut éventuellement arriver à des excédents extérieurs. Le problème, c'est qu'on n'en est pas là. Ils viennent, pourquoi ? Parce qu'ils viennent pour avoir des allocations, pour avoir un niveau de vie supérieur, ce qui est légitime de leur point de vue. Sauf que c'est terminé, nous ne pouvons plus assumer. Nous avons 2 300 milliards d'euros de dettes, 35 000 euros chacun sur nos têtes à rembourser, par personne, par habitant.

Et donc, vous voyez bien les services publics qui sont en train de reculer. Dans votre maison de l'audiovisuel, vous êtes directement concerné. Partout, dans la santé publique, dans toutes les infrastructures de la France, où on perd nos industries, etc. Donc, il n'y a pas de lien de cause entre l'immigration, sauf que c'est un problème civilisationnel, où nous perdons effectivement notre identité par la submersion migratoire qui arrive en Europe, en Allemagne, en Italie, et qui converge essentiellement vers la France, parce que nous avons un système de protection sociale très favorable, et qui est ouvert à tout le monde. Voilà. Mais ce n'est plus possible de supporter ça.

10:53
Présentateur

Et quand Emmanuel Macron prône une politique où il fait une distinction entre les réfugiés politiques d'un côté, qui pourraient être les bienvenus, et de l'autre, les immigrés qui, eux, devront probablement, s'ils n'ont pas les critères, rentrer chez eux, vous regardez ça comment ?

11:09
Bernard Monot

Comme un mensonge, parce qu'il vous dit ça à Paris, sauf que la plupart des autres partis, notamment l'UMP Les Républicains à Bruxelles, votent exactement l'inverse. Les Socialistes, pareil. Donc, ils sont pour des vastes plans migratoires, sous prétexte de pays en guerre, comme la Syrie, etc. Mais vous voyez des Soudanais qui arrivent, vous voyez des Érythréens, vous voyez l'Afrique subsaharienne qui débarque en Europe, et qui converge ensuite majoritairement vers la France. Donc, au nom du droit d'asile, nous sommes submergés. D'autant que ceux qui sont déboutés à 95% ne quittent plus le territoire.

Ou alors, s'ils le quittent, ils reviennent quelques jours après, parce qu'il n'y a plus aucun contrôle aux frontières nationales. Donc, c'est un péril mortel, oui, pour la civilisation.

11:53
Présentateur

L'actualité, ce matin, Bernard Monod, c'est aussi Marion Maréchal qui revient sur la scène médiatique, à défaut de la scène électorale. Quel destin politique lui prêtez-vous ?

12:06
Bernard Monot

Le meilleur, j'espère, si elle souhaite revenir en politique. Je crois que là, pour l'instant, elle est partie, il y a un an, d'abord pour se retrouver dans sa vie personnelle, et puis avoir un projet professionnel pour rentrer dans la société civile. C'était son choix. Est-ce qu'elle veut revenir en politique ? Pour l'instant, je ne crois pas. Marion est une amie, et on a un petit peu échangé. Je ne sais pas du tout l'intention qu'elle a. Je crois qu'elle veut se lancer dans son projet professionnel, et j'espère avec succès.

12:35
Présentateur

Un mot aussi sur le changement de nom du Front National, qui est donc devenu hier soir Rassemblement National. Est-ce un changement de nom qui montre que la dédiabolisation entreprise en 2011 n'a pas porté tous les fruits escomptés ?

12:49
Bernard Monot

Oui, je pense que c'est l'aboutissement de tout un processus de dédiabolisation, effectivement, du Front National, qui fonctionne d'ailleurs, puisqu'il n'y a qu'à avoir les succès, comment dire, l'année dernière aux présidentielles. Mais je pense qu'il ne fallait pas, de mon point de vue, abandonner le nom. C'est un élément de l'identité.

13:09
Présentateur

Le mot national.

13:10
Bernard Monot

Rassemblement National, il est là, le national. Front National, pour moi, j'ai voté pour le maintien du Front National, à titre personnel, mais quitte à changer, et il aurait fallu peut-être ajouter le mot France, qui n'existe pas, parce que sinon, un Rassemblement National, ça peut être n'importe quoi, les motards de Dordogne, ou je ne sais quoi. Là, il y a la notion de France, et de Français.

13:28
Présentateur

Cela dit, le Rassemblement National garde comme logo la flamme, qui ressemble d'ailleurs au logo du MSI, ce parti néo-nazi italien, qui n'existe plus. Comment faire croire, dans ces conditions, à la dédiabolisation, entamée en 2011 ?

13:44
Bernard Monot

Non, la flamme stylisée, et magnifique, et voilà. Je crois que c'est très important d'avoir gardé ce signe de la marque du Front National, qui entretient effectivement ce feu du patriotisme en France, et je pense qu'ils ont bien fait de conserver cet élément.

14:02
Présentateur

Bernard Monod, ex-Front National, devenu debout la France, cette semaine, on va aller au Standard, avec une question de René. Bonjour René. Oui, bonjour à tous, bonjour à vos invités. Oui, monsieur Monod, seriez-vous favorable à une réorganisation de la zone euro, à savoir un euro de la zone allemande et un euro de la Méditerranée, avec la Grèce, l'Italie, l'Espagne, la France et le Portugal ? Le tout, évidemment, articulé sur deux aspects majeurs.

D'une part, deux nouvelles missions de la Banque centrale européenne, qui s'occuperaient plus d'économies prioritairement et qui permettraient aux banques centrales nationales, chez nous, la Banque de France, de pouvoir prêter directement aux entreprises et aux structures d'État. Merci René. Le son n'est pas très bon, je vais me permettre de reformuler votre question. Est-ce qu'il faut redonner les pouvoirs, le pouvoir aux banques souveraines, aux banques nationales, au détriment de la Banque centrale européenne ?

15:07
Bernard Monot

Absolument. Il y a eu un kidnapping depuis des décennies sur la question de l'indépendance des banques centrales. C'est ce qui a construit la Banque centrale européenne et qui a construit cette euro-monnaie unique. Il faut sortir de ce carcan. Mais de toute façon, ce qu'il faut bien comprendre, c'est que l'euro et le système bancaire de la zone euro étant en situation extrêmement grave, à l'agonie, probablement notamment sur l'euro. Donc, il va se passer quelque chose.

Nous, nous sommes prêts sur un grand plan opérationnel pour bâtir l'après-euro, pour rendre effectivement la souveraineté monétaire à chaque pays, pour que chaque pays soit indépendant dans cette grande Europe que nous voulons construire. Ça veut dire que vous relancez la machine à fabriquer du papier et du billet ? Vous relancez la machine à billets ? Mais moi, je ne relance rien du tout. C'est ce que fait M. Draghi, le président de la BCE depuis 2015, à hauteur de 2 200 milliards, 2 300 milliards. Ils ont doublé le bilan de la BCE.

Donc, il faut éventuellement le poursuivre, mais dans l'intérêt, comme l'a dit monsieur, pour les entreprises, pour les ménages, et non pas pour sauver exclusivement le bilan des banques et exclusivement le bilan par les marchés financiers. Le problème, c'est ça aujourd'hui.

16:20
Présentateur

Mais sortir de l'euro pour revenir à un franc faible, c'est justement ce dont ne veulent pas les Français qui souhaitent un euro fort. Vous dites que l'euro est dévalué en ce moment et il se porte plutôt bien.

16:31
Bernard Monot

L'euro n'est pas fort, il est cher. Donc, regardez toutes les grandes puissances économiques dans le monde qui sont justement fortes, ils ont des monnaies plutôt affaiblies, basses en termes de parité de change. Regardez le dollar, regardez la Lief Sterling, regardez le yuan, le yen, ils ne cherchent pas à avoir une parité très forte. Au contraire, c'est l'inverse. Pour avoir une bonne économie, il faut une monnaie faible. Si on prend la monnaie chinoise,

16:54
Présentateur

il y a aussi un volume. Il y a aussi un volume. Et le volume parle aussi avec l'euro.

16:58
Bernard Monot

Mais prenez l'exemple du Royaume-Uni, ils ont leur Lief Sterling, il ne vaut mieux pas que la parité soit trop forte. Donc, ce qu'il faut, si vous voulez, c'est reprendre notre indépendance nationale, y compris au niveau de la Banque de France, pour effectivement, M. Arraison, soulager l'économie productive, la soutenir par des financements et non pas soutenir exclusivement les marchés mondiaux.

17:17
Présentateur

Je rappelle, Bernard Monod, que vous étiez l'éminence grise de Marine Le Pen pour les questions économiques. C'est vous qui aviez monté, co-monté, co-fabriqué en 2008 ce patriotisme économique. Votre différent remonte-t-il avec Marine Le Pen à la campagne présidentielle quand la candidate a fait marche arrière sur le retrait de l'euro ? Non, au contraire.

17:37
Bernard Monot

Il y a eu des allers-retours. Nicolas Dupont-Aignan a imposé justement cette discussion sur l'EQ, l'euro-monnaie commune, ce qui est la position officielle de la doctrine depuis 2008. Nous avons toujours voulu garder le système auparavant, où on était dans le système monétaire européen avec l'EQ, qui a fonctionné très bien jusqu'en 1999, c'est quand on est passé à la monnaie unique que nous avons été opposés.

18:01
Présentateur

Je parle de la campagne présidentielle de Marine Le Pen

18:03
Bernard Monot

qui a changé de gouvernail en cours de route. Absolument. Il y a eu cette cacophonie parce qu'à l'époque, le communicant était Florian Philippot et qu'il a déformé la position officielle du Front National depuis 2008. Et c'est pour ça qu'il y a eu cette cacophonie et que les gens n'ont rien compris.

18:19
Présentateur

Question d'auditeurs de France Inter. Le groupe du Front National au Parlement européen est sommé de justifier plus de 400 000 euros de frais. Ça concerne notamment des frais de repas pour 400 euros par personne, des centaines de cadeaux de Noël à plus de 100 euros ainsi que quelques centaines de bouteilles de champagne. Vous, euro-député, ex-Front National, mais euro-député du groupe ENL qui regroupe toutes les forces Nation des Libertés. Comment est-ce que vous expliquez ce dépassement du budget ?

18:50
Bernard Monot

Moi, j'ai appris ce montant de sa facture dans la presse comme vous cette semaine. À titre personnel, moi, sur le budget qui nous est alloué, d'abord, c'est de l'argent public. Donc, moi, je suis un gérant et un pilote de l'argent public dans mon métier et je suis très, très attentif à ça puisque c'est l'argent du peuple. Donc, on l'utilise de manière parcimonieuse pour des actes et de la promotion politique de nos idées. Mais après, effectivement, il ne faut pas en abuser. Quand le bureau du Parlement européen

19:19
Présentateur

vous acclame des comptes, à vous, quand je dis vous, ce n'est pas nominatif, c'est le groupe FN au sein du groupe ENL de l'Assemblée nationale, la moitié du groupe ENL, les 36 députés ENL, je crois qu'il y a la moitié qui viennent du Front National. Vous contestez

19:34
Bernard Monot

ou pas ces dépassements de budget ? Non, ce qu'il faut savoir, c'est qu'il y a quand même un harcèlement dans l'administration du Parlement européen pour nous mener la vie dure. Alors après, c'est médiatisé. Premièrement, il faut rappeler ça. Deuxièmement, il est normal aussi que les services auditent les comptes parce qu'on doit effectivement restituer une transparence et avoir une déontologie dans la gestion de cet argent public, ce qui est tout à fait normal.

19:57
Présentateur

Une dernière question au standard. Vous avez parlé d'amateurisme tout à l'heure pour le Front National que vous avez quitté. Vous avez parlé aussi de cacophonie. hormis le père Jean-Marie qui à un moment fait cacophonie, hormis Marion Maréchal qui a fait cacophonie, hormis Florian Philippot qui a fait cacophonie, y a-t-il d'autres individus qui génèrent la cacophonie au Front National

20:21
Bernard Monot

en ce moment ? Oh, les porte-parole effectivement qui souvent parlent de sujets sans vraiment les connaître en voulant supprimer par exemple le CICE alors que nous justement dans le programme on avait fait un aménagement dans le projet de 2017 des présidentielles et qui aujourd'hui est annoncé comme devant être supprimé sans aucune raison. Voilà, c'est ça la cacophonie.

20:42
Présentateur

Eh bien merci d'être venu ce matin à l'antenne de France Inter. Bernard Monod donc ancien économiste du Front National éminence grise de Marine Le Pen notamment sur la question du patriotisme économique. Merci beaucoup. Merci à vous. Et bonne journée. Il est 8h53. Au revoir.