Bonjour chez vous ! du mercredi 17 juin 2026
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Vous écoutez Bonjour Chez Vous, un podcast de Public Sénat. Public Sénat, en partenariat avec la presse régionale, vous propose Bonjour Chez Vous. Bonjour à tous, je suis très heureuse de vous retrouver en ce mercredi 17 juin. Comme tous les jours, on fait le tour de l'actualité au plus près de chez vous. Voici le programme. Emmanuel Macron achève cet après-midi son dernier G7. Il prendra ensuite la direction du château de Versailles pour indigner en grande pompe. Avec Donald Trump, est-il encore notre allié ? Trump est-il en train de lâcher Poutine, lui qui a promis hier de tout faire pour aider à mettre fin à la guerre en Ukraine ? Ce sera notre débat politique dans une heure.
Et puis, nous en parlons également avec notre invité, François Ruffin, candidat à la présidentielle. On lui demanderait également s'il maintient toujours sa candidature au risque d'empêcher la gauche d'être présente au second tour. Notre reportage en région, nous vous emmènerons au cœur du salon Eurosatory, le plus grand salon de l'armement qui se tient à Villepinte, en région parisienne. Vous le verrez, les entreprises françaises se préparent à une guerre de haute intensité en s'inspirant des technologies utilisées en Ukraine. Et puis, le Sénat a adopté hier le projet de loi qui permet aux boulangers et aux fleuristes artisans de faire travailler leurs salariés.
Le 1er mai, un texte de clarification pour le gouvernement, une remise en cause d'une conquête sociale historique. Pour la gauche, la sénatrice centriste Annick Binot est notre invitée. Bonjour. C'est vous qui êtes à l'origine de ce texte. On va en parler dans quelques instants. Voilà pour le programme. On est ensemble pendant une heure et demie. Bonjour chez vous. Et d'abord, le journal avec Steve Jourdain. Bonjour Steve.
Bonjour Rian.
À la ligne de ce mercredi, 17 juin, c'est donc le troisième et dernier jour du G7. Au menu ce mercredi, l'intelligence artificielle en présence des grands patrons de la tech mondiale. Dans la foulée, Emmanuel Macron recevra Donald Trump au château de Versailles pour un dîner en grande pompe. On voit les détails avec Jérôme Rabia.
En accueillant Volodymyr Zelensky en personne et en s'affichant longuement à ses côtés,
Emmanuel Macron a donné le ton de la journée. La France en particulier et le G7 dans sa globalité se tiennent aux côtés de l'Ukraine. Au programme, une matinée de discussion, des échanges bilatéraux où les présidents américains et ukrainiens ont affiché leur proximité. Et en guise de conclusion, une déclaration choc de Donald Trump. Écoutez, la Russie devrait conclure un accord. La Russie a perdu un nombre phénoménal de personnes, de même que l'Ukraine. Principalement des soldats, des jeunes, de très très jeunes gens magnifiques. Et c'est fou ce qui se passe là-bas.
Après avoir été focalisé sur l'Iran, Donald Trump promet de faire son possible pour mettre fin à la guerre en Ukraine, avec notamment des sanctions sur le pétrole et le gaz russe, qui avaient été allégés avec la fermeture du détroit d'Hormuz.
C'est formidable que tout le monde comprenne que la Russie n'est pas en train de gagner et que nous devons pousser Poutine à mettre fin à cette guerre. C'est tellement important.
Sur le plan militaire, les membres du G7 s'engagent à renforcer la défense antiaérienne ukrainienne pour mieux protéger les populations et consolider les positions regagnées ces dernières semaines par Kiev.
Ce que nous constatons aujourd'hui, c'est l'unité au sein du G7, l'unité derrière vous et derrière la volonté d'aller de l'avant.
Des décisions qui interviennent après des frappes massives de Moscou sur la capitale ukrainienne en début de semaine, qui ont notamment ravagé le toit de l'emblématique cathédrale de la dormition à Kiev, classée à l'UNESCO.
Et le gouvernement veut s'assurer que les répercussions de cet accord entre l'Iran et les Etats-Unis se verront bien dans le portefeuille des Français. Oui, malgré l'accord, les aides pour les gros rouleurs sont maintenues. Le gouvernement a aussi indiqué qu'il ferait pression sur les distributeurs si la baisse des prix du baril n'était pas répercutée suffisamment vite sur les prix à la pompe. Écoutez.
Les entreprises vont faire leur plein et notre rôle, c'est de s'assurer en lien avec les distributeurs et c'est ce qu'on va faire dans le cadre de cette réunion de travail, que les baisses soient impactées au prix à la pompe, aussi vite que les hausses l'ont été. Cet accord de paix qui a été signé, ça doit être le signal de la relance. On doit pouvoir faire en sorte que l'économie française retrouve un chemin de la croissance dynamique dans les semaines qui viennent. Les conditions seront réunies, à condition évidemment qu'on s'y mobilise tous, qu'on y contribue tous.
Malgré cet optimisme, la Banque de France a baissé ses prévisions de croissance. Elle table désormais sur une croissance nulle au deuxième trimestre et une croissance de seulement 0,5% du PIB sur l'année 2026, Auriane. Il va falloir se préparer à avoir très chaud. La vague de chaleur commence à déferler sur le pays. Oui, jusqu'à 40 degrés attendus dans les prochains jours. À partir d'aujourd'hui, la France s'apprête à suffoquer. Dans certaines villes, les températures ne redescendront pas en dessous des 20 degrés pendant la nuit.
Les épreuves orales de français ainsi que le grand oral du bac, prévues à partir de la semaine prochaine, pourront être reportées localement en raison des fortes chaleurs, a annoncé le ministre de l'Éducation nationale. Et puis le Parlement terrine l'allongement de la durée de rétention pour les étrangers jugés dangereux. Les députés ont donné un feu vert final à la proposition de loi portée par l'élu Renaissance Charles Rodwell. Le texte étant à 210 jours de la rétention des étrangers jugés dangereux. Contre 90 actuellement, les individus concernés devront faire l'objet d'une mesure d'éloignement du territoire et représenter une menace réelle et grave pour l'ordre public. Merci Steve.
On va revenir sur la victoire des Bleus, on ne l'oublie pas. Ce sera dans la vue de presse régionale. Et on vous retrouve également dans quelques instants. Vous allez nous raconter la séance hier au Sénat sur le 1er mai. On en parle tout de suite. Vous êtes sénatrice union centriste de la Vendée. Vous êtes à l'origine de ce texte sur le travail le 1er mai qui a été adopté, votre texte, dès juillet dernier. Face aux oppositions politiques et syndicales, le gouvernement a repris la main pour proposer un nouveau texte limité à deux professions.
Les boulangers et les fleuristes, texte adopté hier, on va y revenir, mais qui pose plus largement la question du travail, de la liberté de travail, du temps de travail. Faut-il travailler plus ? On va se poser toutes ces questions durant cette demi-heure. D'abord, Annick Billon, est-ce que selon vous, la France est suffisamment productive aujourd'hui ? Écoutez, on peut se poser la question déjà, puisqu'on est passé aux 35 heures il y a déjà pas mal d'années. On a tout un tas de services, notamment hospitaliers, qui fonctionnent mal aujourd'hui. On a un temps de travail qui est nettement moins inférieur à nos voisins européens.
On travaille 100 heures de moins, par exemple, que les Allemands, 300 heures de moins que les Américains. Donc, il y a un sujet, forcément, sur le temps de travail, sur l'organisation du travail, et sur cette réflexion qu'on doit avoir aussi par rapport à ce qui est proposé aux jeunes, la manière dont ils abordent le travail et leurs attentes. Donc, il y a un sujet de réflexion qui est à venir. Et j'imagine que l'élection présidentielle sera forcément un moment où il va falloir faire des propositions sur le travail et les Français. Et on va en parler, notamment de ces freins à l'emploi. Mais le taux de chômage, aujourd'hui, s'est établi à 8,1%.
Est-ce que ça, ça fait partie des réussites des quinquennats d'Emmanuel Macron ? Je ne sais pas si on peut parler d'une réussite, puisqu'il n'a jamais été aussi haut que depuis 5 ans. Mais il était plus haut. Il était bien plus haut, il y a encore quelques années. Avec un score à deux chiffres. Oui, tout à fait. Mais il était redescendu. Je pense qu'il y a un certain nombre d'emplois en France qui ne sont pas pourvus. Donc, la question se pose. Est-ce que les formations, les alternances, l'enseignement professionnel, toutes les filières sont adaptées pour trouver du travail ? Il faut toujours se poser cette question au moment de l'orientation.
Les jeunes doivent être orientés vers des métiers d'avenir. Donc, ça, c'est une question. À partir du moment… Ça ne s'est pas un peu amélioré, quand même, sur l'apprentissage, qui est quand même beaucoup moins dénigré ? Ça, c'est amélioré, forcément. Il y a eu des aides supplémentaires. On a mis énormément d'aides et d'argent pour améliorer l'apprentissage. Mais il reste quand même, dans certains secteurs, des filières qui ne sont pas des filières d'avenir. On disait à un moment, le codage, c'était l'avenir. Aujourd'hui, le codage, ce n'est plus l'avenir, par exemple, en informatique. Donc, il faut adapter. Il faut suffisamment d'agilité aussi. C'est-à-dire que vous avez des territoires…
Moi, je suis sénatrice de la Vendée. Il y a l'industrie nautique. C'est une grosse industrie. Il y a un certain nombre d'industries agroalimentaires. Il faut que les cursus qui sont proposés à nos jeunes soient adaptés à la demande. Et parce qu'aussi en Vendée, il y a un certain nombre d'entreprises, on le voit lorsque ça circule en Vendée, qui recherchent des salariés et qui ne trouvent pas de salariés. Alors, ce n'est pas uniquement le sujet de la formation. C'est aussi le sujet de la mobilité. C'est le sujet du logement. Il y a tout un tas de facteurs qui font que ces entreprises ne trouvent pas de salariés pour les postes qu'ils ont à pourvoir.
Est-ce que ces entrepreneurs que vous rencontrez, ils vous disent aussi qu'aujourd'hui, il y a trop de freins à l'emploi en France ou pas du tout ? Il y a forcément des freins. Je pense qu'aussi, on ne s'est pas adapté à ce qu'attendent les jeunes. Les jeunes, ils sont peut-être moins attachés au CDI, par exemple. Ils imaginent une carrière pas forcément dans la même entreprise. Donc, il faut flexibiliser plus le marché du travail ? Il faut probablement faire des propositions par rapport aux attentes des jeunes qui arrivent sur le marché du travail. Il y a ce sujet des jeunes. Il y a aussi le sujet des seniors. Aujourd'hui, il faut maintenir un certain nombre de seniors.
On a voté des textes pour ce sujet. Donc, il faut les appliquer. Il faut réussir à maintenir les seniors dans une activité professionnelle plus longue. Vous le disiez, il y a aussi la question de la durée, du temps de travail. Est-ce que selon vous, il faut mettre fin aux 35 heures ? Ou est-ce que ça doit rester la référence légale du travail en France ? Je ne m'interdis pas la réflexion. Il faut absolument qu'on se la pose parce que l'hôpital public, je le disais à l'instant, si on a un problème aujourd'hui à l'hôpital public, c'est à la fois parce que vous avez une suradministration de l'hôpital public, mais vous avez aussi les 35 heures qui ont fragilisé, voire plus, l'hôpital public.
Donc, il y a un sujet sur les 35 heures. Il faut y mettre fin dans l'hôpital ou il faut y mettre fin de manière générale ? Je cite un exemple. Je suis persuadée qu'il faut avoir une réflexion sur le temps de travail et sur le travail en général. On a démarré la réflexion sur le travail avec les retraites. Les retraites, avec l'âge de la retraite, ça a été des débats extrêmement houleux, mais ce n'est pas parce que c'est houleux qu'il faut s'interdire de débattre. Donc, la loi retraite, elle aurait dû être accompagnée d'une loi travail.
Donc, il faut avancer sur l'organisation du travail, sur le temps de travail, sur les carrières longues, sur le travail des femmes, sur les retraites des femmes. Il faut réussir à remettre ces sujets-là qui ont été quand même un petit peu avortés pendant ce quinquennat. Et la loi retraite, la réforme de la retraite, elle sera, n'en pas douter, un sujet de la présidentielle, puisqu'elle est suspendue jusque-là. Pour vous, l'augmentation de l'âge de départ à la retraite, c'est inéluctable ou il y a d'autres leviers pour sauver notre système de retraite ? Il y a forcément d'autres leviers.
La seule chose, c'est qu'on a quand même une donnée démographique, qui est que le nombre de naissances est en chute phénoménale. Et donc, par rapport à cela, il faut l'intégrer. Donc, à un moment, si on est beaucoup moins, il faudra travailler plus longtemps. C'est mathématique. Mais en augmentant l'âge, forcément ? Alors, ce n'est pas forcé, je ne pense pas. Je pense qu'il y a plusieurs solutions sur la table. Mais toutes les solutions doivent être proposées et débattues. Et je reste persuadée que ce sera un des sujets majeurs pour les Français au moment de l'élection présidentielle. Mais c'est quoi les autres solutions ? C'est remettre à plat le système ?
C'est travailler sur la durée de cotisation ? C'est introduire de la capitalisation ? C'est faire une réforme par point ? Alors, moi, je vois tout un tas de sujets sur la table. Certains penchent pour une solution ou une autre. Je ne suis pas candidate à la présidentielle. Et voilà, absolument pas. Donc, je vais être candidate au sénatorial. Ce sera déjà pas mal. Et donc, il va y avoir le débat. Il y a des solutions. Il y a des solutions qui peuvent être mixées. Voilà, il faut qu'on avance. Mais il faut qu'on avance vite. Parce que la situation financière de la France, elle est catastrophique. Elle se dégrade.
Et la question du travail et de la liberté de travail, elle était en débat hier au Sénat. Faut-il autoriser les salariés à travailler le 1er mai ? Vous êtes à l'origine de ce texte que le gouvernement a repris à son compte. Mais a revu. On va en parler puisqu'il était donc examiné. Adopté, Steve, hier, par les sénateurs. Ce texte qui vise donc désormais à autoriser les fleuristes et boulangers artisans à faire travailler leurs salariés le 1er mai. Et c'est un texte qui cristallise beaucoup de tensions. Oui, souvenez-vous, rien d'en avril, une proposition de loi avait été déprogrammée en catastrophe par le gouvernement sous la pression de l'opinion.
Elle avait été sortie de la navette parlementaire. Cette fois, l'exécutif a dégainé son propre texte.
Écoutez. Le gouvernement n'a aucunement l'intention de revenir sur le caractère férié
et obligatoirement chômé du 1er mai pour l'immense majorité des salariés de notre pays. Ce projet de loi est le résultat d'un intense travail de concertation au printemps.
Il est le fruit d'un compromis associant les partenaires sociaux et les fédérations professionnelles.
Compromis, compromis. En tout cas, les syndicats sont vent debout contre ce projet du gouvernement. Ils mettent en avant le fait que le 1er mai est un jour particulier. On le rappelle, c'est le seul jour férié obligatoirement chômé en France. On peut travailler le 14 juillet, on peut travailler le 15 août, mais le 1er mai, pas touche. Il a un statut unique dans le Code du travail. Aucun salarié ne peut en principe être employé ce jour-là, sauf cas très spécifiques comme dans les hôpitaux ou les transports. La gauche a insisté sur ce point hier en critiquant le projet du gouvernement. Écoutez.
Nous ne sommes pas dupes. C'est cela que vous voulez imposer. C'est un monde où le salarié est isolé, précarisé, soumis à l'ordre patronal. C'est bien cela que vous n'acceptez pas. Cette flamme qui subsiste, malgré les assauts terribles du libéralisme ces dernières années, cette flamme de la lutte, cette flamme de l'espoir, de l'émancipation, de l'amélioration de la condition humaine. Alors, Steve, qu'est-ce que ce projet-là va changer ?
Il va régler un problème qui revient chaque année. Certains commerçants ont en effet du mal à savoir s'ils ont droit ou non d'ouvrir le 1er mai car le Code du travail ne précise pas les métiers concernés par l'exception. C'est notamment le cas des boulangers et des fleuristes. Pour les fleuristes, on voit bien l'enjeu. Le 1er mai, c'est le jour du muguet. Pour les boulangers aussi, le pain, on en a besoin, on en a en tout cas envie tous les jours. Résultat, chaque année, le 1er mai, il se retrouve dans une zone grise juridique avec parfois des contrôles de la police et parfois aussi des sanctions au Riem. Et que prévoit concrètement le texte ?
Il vient créer une dérogation pour ces deux professions, les boulangers, pâtissiers, artisanaux, les artisans fleuristes. Plusieurs garde-fous sont prévus. D'abord, seuls les salariés volontaires pourraient travailler. Leur accord devra être donné par écrit. Des accords de branche devront ensuite encadrer les conditions de l'application. Et puis, enfin, comme aujourd'hui, les salariés travaillant le 1er mai seront payés double. A noter qu'aucun des amendements de la gauche n'a été adopté hier en séance. Madame la sénatrice, est-ce que, comme le dit la gauche,
ce texte ne revient pas à remettre en cause notre héritage social ?
Je ne peux pas vous dire le contraire. Parce que, évidemment, ça ne remet absolument pas en cause cet héritage. On l'a dit, répété, depuis le 3 juillet 2025, date à laquelle nous avions débattu au Sénat de la proposition de loi que j'avais déposée avec le président Hervé Marseille, président du groupe Union Centriste, notre volonté n'était en aucun cas de nous opposer au 1er mai. C'est un totem, c'est un jour férié, chômé. Nous y sommes attachés. Depuis, nous sommes attachés à l'histoire sociale. Mais vous reconnaissez comme qu'il y a une inflexion. Parce que le 1er mai, on l'a dit, c'est vraiment quelque chose de… c'est un pilier central du Code du Travail.
Et là, vous venez insérer une inflexion dans le Code du Travail. Alors, pour moi, ce n'est pas une inflexion. Depuis 1946, le 1er mai était travaillé par les boulangers, les fleuristes, sans que ça n'ait posé de problème à personne. En 86, Martine Aubry avait écrit une circulaire pour donner la possibilité à ses professionnels d'ouvrir le 1er mai. Mais aujourd'hui, de quoi il est question ? Il est uniquement question de régulariser l'ouverture des artisans boulangers, des artisans fleuristes, et de les autoriser à faire travailler leurs salariés sur la base du volontariat, avec les conditions de rémunération.
Ça, c'est intéressant, c'est effectivement l'un des reproches de la gauche hier dans l'hémicycle, c'est de dire, bon, sur la base du volontariat, mais est-ce qu'ils sont vraiment volontaires quand on a besoin d'argent, vous voyez, pour arrondir à la fin de mois, on a souvent besoin de travailler. Donc, est-ce que ça se fera vraiment sur la base du volontariat ? – Alors, les discussions qu'on a pu avoir, on a entendu sur plus de 50 amendements, les mêmes arguments, les mêmes arguments. La description du monde du travail, la description de la subordination par une partie de l'hémicycle, la gauche, ce n'est absolument pas, moi, ce que je vois sur le terrain.
Aujourd'hui, lorsque je vais dans une boulangerie, je rencontre des salariés qui me disent, moi, je veux travailler le 1er mai. Ils ne sont pas avec leur patron juste à côté en train de les menacer de travailler. C'est une vision passée, datée du monde du travail. Alors, je ne dis pas que tout est formidable dans toutes les entreprises, mais dire que dans toutes les boulangeries et chez tous les fleuristes, on a des méchants patrons qui obligent et qui s'assoient sur le volontariat, c'est véritablement caricaturer et imaginer le monde de travail de la sorte, c'est quelque chose de totalement… Juste, vous regrettez que ce soit limité aux boulangers et aux fleuristes ?
Certains, comme Gabriel Attal, auraient voulu que ce soit étendu à d'autres professions, les bouchers, les poissonniers. Est-ce que c'est regrettable ou est-ce que c'est déjà bien ? Merci pour cette question, parce qu'en avril 2025, avec le président Marseille, on dépose ce texte. Le 3 juillet 2025, on fait voter ce texte. Il met neuf mois avant d'arriver à être inscrit à l'Assemblée nationale. Qu'est-ce qui se passe à ce moment-là ? Un certain nombre de candidats, députés, candidats à la présidentielle, s'emparent de ce texte et le politisent. C'est de la politique, forcément, mais ça devient un espèce de totem politique. Qu'est-ce qui se passe ?
Eh bien, l'organisation de l'obstruction pour les débats. Le Premier ministre décide l'inscription en commission mixte paritaire. Grand mouvement des syndicats et finalement, on n'arrive à rien. Gabriel Attal, il a joué contre votre camp. Globalement, ces interventions ont fait que, là où on avait un texte qui était prêt à arriver à l'Assemblée nationale et qui devait être débattu, eh bien, on est arrivé à ce que ce texte disparaisse, qu'on ait le texte du gouvernement, le projet de loi. Alors, qu'est-ce qu'on proposait ? C'était quoi la différence ?
Nous proposions la possibilité pour les salariés sur la base du volontariat, des artisans boulangers, des artisans fleuristes, des cinémas, des théâtres et des commerces de bouchers, poissonniers, globalement. Voilà ce qui était prévu. Là, aujourd'hui, nous sommes uniquement sur les artisans fleuristes, les artisans boulangers, ce qui a été fait hier uniquement sur ces deux professions aura totalement pu être fait en commission paritaire avec le texte que nous avions déposé. C'est le rôle de la navette, c'est le rôle du Parlement. Donc, aujourd'hui, on se retrouve avec deux professions.
Eh bien, j'espère que le texte va prospérer, qu'il va être adopté à l'Assemblée nationale, parce que nous avons quand même passé cinq heures quelques amendements qui étaient quasiment tous identiques. – Oui, de la gauche notamment. Enfin, le texte en question, le texte adopté hier,
ouvre la possibilité du travail le 1er mai aux entreprises jusqu'à 250 salariés. On est quand même très loin de l'artisanat, là, madame la sénatrice.
– Oui, avec, comme l'a précisé M. le ministre Jean-Pierre Farandou, des accords de branche et des négociations. Donc, on n'a pas dit open bar, on a juste dit, voilà, 11 salariés après accord de branche. Moi, je ne suis pas là pour dire jusqu'à 11, 12, 13, 14, 15. Moi, ma volonté avec le président Marseille, c'était de laisser tous ces commerces de proximité travailler un jour où ils ont du travail et où leurs salariés veulent travailler. Et pour le 1er mai, vendre du muguet, ça me paraissait aussi un petit peu logique que des fleuristes puissent vendre du muguet le 1er mai.
– Il faut que le texte passe maintenant à l'Assemblée nationale.
Il n'y a pas d'inscription à l'ordre du jour prévue pour le moment. Est-ce que ce texte sera adopté d'ici, au moins d'ici le 1er mai 2027 ? – Eh bien, les promesses n'engagent que ceux qui y croient. – Vous avez eu des promesses du gouvernement ? – J'avais eu des promesses en 2025 par la ministre du Travail à l'époque. Notre texte devait prospérer très rapidement. On aurait réglé le problème avec notre texte avant le 1er mai 2026. On l'a vu, ça n'a pas été le cas. Donc, moi, je sais comment fonctionne l'Assemblée nationale. Je sais comment sont compliqués les débats à l'Assemblée nationale. – Vous n'avez pas de garantie, quoi. Aujourd'hui, vous n'avez aucune garantie.
– Sans majorité, je le croirai lorsque je le verrai. – D'accord, c'est très clair. – Un dernier mot sur la question du travail, et notamment de la santé au travail. Yannick Guillaume, puisque vous avez remis un rapport sur cette question, notamment sur la santé des femmes, 23 recommandations. Est-ce que ce sujet de la santé des femmes au travail est trop peu pris en compte aujourd'hui ? – Alors, il n'est forcément pas suffisamment pris en compte, mais lorsqu'on parle santé des femmes au travail, je voudrais juste rassurer toutes les personnes et tous les hommes qui nous regardent.
lorsqu'on s'occupe de santé au travail dans les entreprises, on s'occupe de la santé au travail pour les hommes et pour les femmes. C'est-à-dire que toutes les avancées qui sont peut-être au départ fléchées pour les femmes, c'est des meilleures conditions de travail. Je pense à soulever des charges avec des instruments qui sont mis à disposition. Donc je pense à la pénibilité. Donc pour moi, oui, il faut prendre la santé des femmes au travail dans les paramètres du travail. Par exemple, avec certaines maladies aussi, ou certaines époques de la vie des femmes qui sont plus ou moins impactantes. Je pense à la ménopause, dont on parle assez peu. Je pense aussi à la femme enceinte, par exemple.
Donc la vie des femmes est rythmée par un certain nombre d'événements. Il faut en tenir compte. Il y a l'endométriose aussi, dont souffrent énormément de femmes. Eh bien, il faut réussir à intégrer et à adapter l'entreprise sans pour autant faire des manifestations féministes. Et donc, c'est oui pour la santé des femmes, parce que ça améliore l'ambiance au travail, la productivité, et ça améliore les conditions de travail pour les hommes et pour les femmes. Vous êtes l'ancienne présidente de la délégation sénatoriale aux droits des femmes. L'onde de choc de l'affaire Liana qui ne s'éteint pas dans le pays. Et cette question sur la loi intégrale.
Le gouvernement, hier, lors des questions d'actualité, ne s'est pas engagé sur un calendrier, a dit qu'il attendait la vie du Conseil d'État. Est-ce que pour vous, cette loi intégrale, c'est la bonne réponse ? Est-ce qu'il faut qu'elle arrive vite au Parlement ? Alors, il y a eu cette affaire Liana, toute la France a été émue. Et moi, ce que j'ai pu noter dans les réactions, c'est qu'on n'était pas dans l'attente forcément d'une loi intégrale lorsqu'on discute dans la population. On veut déjà que les lois qui existent, elles soient appliquées. Il y a eu cette loi intégrale qui a été proposée, mais il n'y a pas que cette loi intégrale.
Il y a un certain nombre de travaux, d'initiatives qui ont été menées depuis plusieurs années et qui méritent de s'y intégrer. Un exemple, pour ma part, en novembre 2025, je crois, c'était bien la date, bon, enfin, fin 2025, j'ai déposé un texte sur l'inceste et l'imprescriptibilité. Par exemple, l'imprescriptibilité ne fait pas partie de la loi intégrale.
Moi, ce que je souhaite aujourd'hui, c'est qu'on mette toutes les propositions sur la table, c'est-à-dire la loi intégrale, les propositions de loi d'origine parlementaire, les travaux de la civise, parce que la civise avait fait 82 recommandations, certaines sont législatives, d'autres sont réglementaires, mais il faut savoir que seulement 28% de ces recommandations sont mises en application. Donc, on reprend les travaux… – Seulement trois des recommandations prioritaires ? – Oui, donc on reprend les travaux. – Dans mon texte que j'avais déposé, il y a l'imprescriptibilité des crimes sexuels sur mineurs, donc ça c'est une chose.
Il y a l'inceste, je souhaite créer un crime spécifique d'inceste, parce que c'est un fléau terrible. La civise avait démontré qu'il y a 160 000 enfants victimes chaque année, il y a plus de 7 millions d'adultes qui ont été victimes et qui n'ont pas été pris en charge, et souvent même pas reconnus comme victimes.
Et puis, la volonté, puisque je suis à l'origine de la loi du 21 avril 2021 sur le seuil de non-consentement, qui avait été amélioré lors de la navette, eh bien je suis aussi favorable à ce qu'on inscrive les cousins, cousines dans la définition de l'inceste, puisque aujourd'hui, les agressions sexuelles, les viols dans le cadre de la famille, une sur cinq, c'est le cas des cousins-cousines. C'est le fait, pardon, des cousins-cousines. Donc, il y a beaucoup de propositions. Je pense que cette loi intégrale, elle a le mérite d'exister.
Maintenant, il faut une volonté politique du gouvernement, il faut un cap, et il faut reprendre tout ce qui a été proposé et déposer un projet de loi, parce que l'avantage du projet de loi, c'est qu'il y aura quand même un avis du Conseil dessus, et que le texte sera bordé de tous les côtés. – Et suite à l'affaire Liana, des mesures sont introduites dans la loi sur la protection de l'enfance. C'est une loi qui a pour origine les dysfonctionnements à l'aide sociale à l'enfance. Et on va en parler chez vous, en Vendée. Bonjour Thomas Savage, merci beaucoup d'être avec nous, directeur départemental de Ouest France.
Thomas, vous avez choisi d'évoquer une enquête réalisée par votre journal qui concerne justement l'aide sociale à l'enfance.
– Oui, bonjour Auriane, bonjour Annie Billon. Je souhaitais effectivement vous faire réagir, madame la sénatrice, à une enquête publiée la semaine dernière par Ouest France. Mon collègue Sacha Martinez, il fait des révélations sur des dysfonctionnements importants, au foyer de l'enfance de la Brossardière à la Roche-sur-Yon. C'est un établissement qui dépend de l'aide sociale à l'enfance de Vendée. Et on est à cinq minutes en voiture de votre permanence parlementaire en Vendée. Je vous livre cette phrase d'un éducateur de ce foyer que nous avons interrogé et qui nous dit « Parfois, je me dis que les enfants sont plus en danger ici que chez eux.
» C'est terrible aveu, parce que derrière cette phrase, et c'est ce que nous révélons, il y a effectivement des enfants, des mineurs placés, qui sont victimes de violences, qui sont parfois isolés, seuls, pendant des semaines à l'hôtel. Il y a aussi des éducateurs qui nous disent ne pas être formés pour encadrer des profils extrêmement complexes. Et c'est vrai que les parcours de vie de ces enfants sont dramatiques. Et puis, il y a surtout des adolescentes qui sont confiées à la protection de l'enfance et qui, malgré tout, se sont retrouvées exposées à des réseaux de prostitution.
Annick Billon, vous, vous l'avez rappelé, vous portez, vous avez porté plusieurs textes sur la protection des mineurs quand des enfants sont confiés à une institution qui est censée les protéger, mais qu'ils se retrouvent de nouveau en danger. Quand ils sont plus en danger dans un foyer que chez eux, pour reprendre les mots de cet éducateur, qu'est-ce qui doit changer dans la loi, dans les moyens, dans la méthode de prise en charge ? Très concrètement, comment faut-il faire pour que ces enfants soient protégés là où ils sont censés l'être ?
Alors, le sujet… Bonjour, cher Thomas. Merci d'être de bon matin avec nous ce matin sur le plateau de Public Sénat. Le sujet est grave et le sujet, il concerne la Vendée, comme tous les territoires. Ce matin, on va avoir une commission culture-éducation. Il est demandé une commission d'enquête par rapport au péri-scolaire. L'ASE est dans toute l'actualité nationale depuis un certain nombre d'années, avec des reportages, des sujets extrêmement variés. Nous échouons aujourd'hui à protéger les enfants.
Et moi, à partir du moment où on se dit qu'il y a 160 000 enfants victimes d'inceste, mais il y a toutes ces agressions, à la fois dans l'ASE, mais aussi dans l'école, mais aussi dans l'espace public. Donc, le sujet est tellement large qu'il faut des contrôles, il faut de la formation et il faut modifier profondément la manière dont sont accueillis les enfants et dont sont écoutés les enfants. J'avais le juge Édouard Durand, la semaine dernière, qui intervenait lors d'un colloque que j'ai organisé au Sénat. Il y avait 150 personnes présentes. Eh bien, qu'est-ce qu'il dit, le juge Édouard Durand ? Il dit que les enfants ont toujours parlé.
La seule chose, c'est que nous ne sommes pas armés pour les comprendre et les écouter. À partir du moment où les enfants parlent, il faut les croire. Un enfant a très peu de raisons de mentir. Et donc, il n'a pas de raison de mentir. Il n'invente pas des histoires. Et donc, il faut repérer, il faut accompagner et il faut des condamnations. Et donc, déjà, ces trois thématiques, ça fait appel à un certain nombre de services de l'État. Repérer, ça veut dire qu'on a une médecine scolaire qui est à la hauteur, qui est en capacité de repérer un jeune. Ensuite, l'accompagnement, ça veut dire des personnels formés à l'accompagnement.
Et moi, je pense à ce moment-là aussi, un sujet que vous n'avez pas évoqué, c'est la prostitution des mineurs. Aujourd'hui, le nombre de jeunes, enfants, mineurs, prostitués est considérable. Comment on le traite ? Eh bien, on ne le traite pas comme on traite un jeune qui a d'autres problèmes. Donc, il y a eu des propositions, là encore. La procureure Jean-Renaud avait rendu un rapport. Il faut s'en emparer. Il n'est pas admissible que des enfants confiés à la ZEU ou dans des structures qui dépendent de l'État soient mis en danger. C'est totalement révoltant et c'est totalement incompréhensible. Merci beaucoup. Merci Thomas.
Merci Thomas d'avoir été avec nous, la Une de Ouest France, comme beaucoup d'Unes. Ce sont les Bleus qui réussissent leur entrée dans le mondial. Et merci Annie Guillon d'avoir été notre invité pendant cette première demi-heure. Steve, on se retrouve dans 20 minutes. On parlera de cette alerte canicule notamment oriane. – Exactement, ce sera dans la revue de presse régionale. D'abord, on accueille notre prochain invité, François Ruffin. Nous rejoints.
– Bonjour François Ruffin.
– Bonjour. – Merci d'avoir accepté notre invitation. Vous êtes député de la Somme, président du mouvement de boue candidat à la présidentielle. Et nous vous interrogerons justement sur votre positionnement, votre programme. Vous, président, que feriez-vous avec Donald Trump dans la guerre en Ukraine, mais aussi dans la lutte contre les violences faites aux femmes et aux enfants ? Une interview en partenariat avec la presse régionale, représentée par Fabrice Vetterdon du groupe Ébras. Bonjour Fabrice. – Bonjour Henrianne, bonjour François Ruffin. – Bonjour.
– Et d'abord, François Ruffin, vous président, est-ce que vous auriez invité Donald Trump à dîner en grande pompe ce soir au château de Versailles ? – Je l'ai déjà dit à l'occasion de la venue de Vladimir Poutine, je considère qu'un chef d'État reçoit un chef d'État dans son palais, qui est l'Élysée, et pas au fort de Brigançon, pas au premier étage de la tour Eiffel, comme ça s'était déjà fait avec le couple Trump. Maintenant, je ne vais pas centrer mes reproches sur, alors ça se fait à Versailles en grande pompe pour attirer Donald Trump, pour qu'il reste jusqu'à la fin du G7 cette fois-ci.
Moi ce que je viens de demander, c'est, là les États-Unis vont fêter le 250e anniversaire de leur déclaration d'indépendance, à laquelle la France a particulièrement œuvré. – C'est comme ça qu'on a creusé notre déficit sous Louis XVI, c'est pour ça qu'il a convoqué les États généraux, c'est pour ça qu'il y a eu la révolution française derrière. Donc quand même, c'est un événement important pour nous aussi.
Moi ce que je souhaiterais, c'est que la France, que l'Europe proclame désormais leur propre déclaration d'indépendance, et qu'ils prennent leur indépendance à l'égard des États-Unis, leur indépendance sur le plan militaire, leur indépendance sur le plan diplomatique, leur indépendance sur le plan numérique. – Ce n'est pas ce qu'ils sont en train de faire, selon vous, aussi bien l'Union Européenne que la France ? – On a encore vu les annonces hier de Sébastien Lecornu sur l'intelligence artificielle, ça ne fait pas partie de la prise en main de notre propre souveraineté ?
– Pour l'instant, on en est très loin, hier le Parlement européen a validé l'accord avec les États-Unis, qui a un accord complètement asymétrique, puisque d'un côté les États-Unis disent, on va taxer vos importations à hauteur de 15%, mais pardon, vos exportations, vous les laissez rentrer gratuitement. Et il y a tout ce qui est tacite, tout ce qui est implicite, c'est-à-dire vous devrez acheter chez nous votre matériel militaire, vous devrez vous fournir chez nous en gaz et en pétrole, vous devrez laisser faire nos services numériques librement sur votre territoire.
Donc voilà tout ce qui est dans le contrat entre l'Union Européenne et les États-Unis, c'est-à-dire c'est un contrat de soumission. Et finalement, la réception à Versailles, on aimerait, je ne sais pas si on aimerait, mais ce n'est pas un président souverain qui reçoit, c'est presque en vassal des États-Unis. Et moi je dis, il faut… Alors évidemment, il y a la brutalité de Donald Trump, il y a la vulgarité de Donald Trump, il y a ses volte-faces, tout ça. Mais c'est dans la durée qu'il faut regarder ce qui se passe. Et dans la durée, de toute façon, les États-Unis ne se tournent plus vers l'Europe.
C'était déjà le cas avec Obama qui disait, l'avenir, notre avenir, il est vers l'Asie et pas vers l'Europe. Il ne s'était même pas rendu aux cérémonies pour la chute du mur de Berlin, anniversaire. On avait derrière Biden, démocrate aussi, mais qui avait fait l'IRA, l'Affression Radio Action Act, qui était une des mesures protectionnistes, notamment contre les exportations européennes. Donc c'est dans la durée que l'Europe, la France, doit s'affranchir de la tente tutelle américaine. Un mot juste pour vous parler de l'accord commercial.
On imagine que ce soir à Versailles, il y aura du vin et du champagne français, que Donald Trump veut taxer à 100% si jamais Emmanuel Macron ne retire pas sa taxe sur les gars-femmes. Qu'est-ce qu'il faut qu'il réponde là-dessus, Emmanuel Macron ? D'abord, moi, je suis pour qu'on ait des taxes aux frontières, des barrières douanières, des quotas d'importation, mais je vais vous dire davantage à l'égard de l'Est et à l'égard de la Chine qu'à l'égard des États-Unis. Là où on doit se protéger à l'égard des États-Unis, c'est sur le capital. On ne doit pas laisser venir le capital américain librement sur le sol français pour racheter Alstom, pour racheter 1 500 entreprises en 10 ans.
Et je vois que ce que fait Emmanuel Macron est précisément l'inverse. À la place de dire qu'on se protège du capital américain, il vient lui ouvrir les portes, et précisément à Versailles, puisque c'est là-bas qu'il fait ces grands shows d'accueil des multinationales, de Amazon, avec Choose France. Donc, je dis précisément l'inverse qu'il faut faire. Et ce qu'on devrait faire, nous, c'est mobiliser le capital national. On a 2 000 milliards d'épargne d'assurance-vie dans notre pays. C'est gigantesque. Voilà avec quoi on doit financer nos PME, et non pas avec les fonds d'investissement anglo-saxons. Mais comment ? Les fléchants, spécifiquement ? Tout à fait.
Alors là, c'est 2 000 milliards d'assurance-vie. On n'a jamais eu un taux d'épargne aussi important dans notre pays, 19%. Et c'est un produit qui est en partie défiscalisé. Et pourtant, on ne le flèche pas. Il n'y a que 3 à 4% qui va vers les PME. Il y en a 3 à 4 fois plus qui va vers le Nasdaq. Mais ça veut dire que vous, Président, vous allez aller puiser dans les assurances-vie des Français ? Il y aura un avantage de défiscalisation qui existe, notamment sur les transmissions. Seulement, s'il y a davantage qui va vers les PME, je vous dis aujourd'hui, c'est 3 à 4% qui va vers ça, pendant qu'on finance nettement plus les marchés américains.
Non, l'épargne nationale, elle doit être faite pour au moins financer les PME, les ETI, l'industrie française. Et d'ailleurs, autre projet, mais Michel Barnier, quand il était Premier ministre, avait proposé qu'il y ait un livret industrie. Ça me semble une priorité. Moi, quand je vais à la caisse d'épargne et que je demande, voilà, je veux placer mon argent pour que ça serve au PME local, on n'a pas de produit à me proposer qui soit clair pour financer l'industrie. Donc là, je pense qu'il y a des tas de Français qui, aujourd'hui, ont envie de financer l'industrie de leur pays. Mais ce sera volontaire ou ce sera forcé ?
Sur l'assurance-vie, je vous le dis, il doit y avoir une orientation qui dit, voilà, il doit y avoir un taux minimal de financement des PME dans notre pays.
Sur François Ruffin, si on vous écoute bien, par rapport à Donald Trump, à son comportement, sa politique,
il est une chance pour l'Europe ? Normalement, il devrait l'être, compte tenu du fait qu'on a là un protecteur qui se transforme en prédateur. On le voit avec le Groenland. Mais on a des Européens qui ne changent pas, qui, finalement, souhaitent demeurer sous l'aile protectrice des États-Unis et non pas s'en émanciper. Et évidemment, la France a une carte à jouer là-dedans. La France a une carte à jouer parce qu'elle doit être le fer de lance, elle doit être la locomotive qui vient dire, non, nous devons retrouver notre indépendance, même si c'est plus coûteux pour nous.
– Le G7, comme nous, vous le suivez, j'imagine, en tant que président de la République, si vous l'étiez, vous y participeriez ?
– Là, je l'organiserai, et sans hésiter, recevoir les chefs d'État du monde entier pour fixer des orientations, discuter de l'avenir du monde et non pas laisser faire les États chacun dans leurs coins, ça me semble une bonne chose à faire. Maintenant, il m'a choqué le fait qu'on exclue l'Afrique du Sud. Vous savez que le G7 était tendu au Brésil, dans un certain nombre de pays. Normalement, les Sud-Africains devaient venir, et comme s'affachait Donald Trump parce que les Sud-Africains ont porté plainte contre Israël pour crime de guerre, eh bien, on leur a fermé la porte. Il me semble que ce n'est pas correct.
Et je serais plutôt pour l'exclusion des alliés d'Israël que pour l'exclusion de ceux qui viennent protester contre les crimes de guerre qui se déroulent là-bas.
– Et la place de l'Ukraine dans tout ça ?
– C'est une discussion, alors là, il y a une discussion à la fois avec les États-Unis pour qu'ils ne lâchent pas l'Ukraine aujourd'hui. Maintenant, il faut que les négociations soient ouvertes. L'Europe, j'entends parler notamment de E3, donc les Royaumes-Unis, l'Allemagne et la France, doivent peser en permanence, à la fois du côté de Poutine et du côté de Zelensky, pour dire, les négociations doivent être ouvertes, il doit y avoir des discussions qui se tiennent pour sortir au plus vite de cette terrible guerre qui maintenant est devenue plus longue que la guerre de 14-18. – Il vous paraît fructueux, ce G7, sur la question de l'Ukraine ?
Est-ce que vous avez l'impression que Trump est en train de lâcher Poutine et plutôt de se ranger du côté des Européens ? – C'est le mouvement qui est fait, mais vous savez, les mouvements de Donald Trump, ils durent le temps d'une nuit et après, on a un nouveau tweet qui nous dit précisément l'inverse. Donc, croire que ça inscrit une politique américaine dans la durée, et je le dis, il faut avoir à la fois un soutien à l'Ukraine et une exigence d'aller vers des négociations, d'aller comme ça se fait aujourd'hui en Iran, avec des incertitudes, vers un cessez-le-feu et qu'on puisse retrouver la paix sur notre continent.
– Mais est-ce qu'il faut que Donald Trump aide aujourd'hui l'Europe dans son soutien à l'Ukraine ? Parce qu'avant, les États-Unis étaient le premier soutien à l'Ukraine, désormais c'est l'Europe. Est-ce qu'il faut rééquilibrer les choses ? Est-ce que l'Europe est trop seule dans son soutien avec l'Ukraine ? – Les États-Unis continuent de fournir des missiles patriotes, il faut sans doute qu'ils en fournissent davantage.
En tout cas, je dis que ni l'Europe ni les États-Unis ne doivent lâcher l'Ukraine en ce moment précis, mais avec une exigence à la fois sur Vladimir Poutine et sur Volodymyr Zelensky, qui est l'exigence d'aller vers des négociations, d'aller vers un cessez-le-feu et d'aller vers un terme, vers un accord de paix. – L'actualité nationale, c'est l'oncle de choc de l'affaire Liana, qui est toujours présente dans le pays. Il en a été question hier lors des questions d'actualité au gouvernement, à l'Assemblée, où le gouvernement est resté vague sur le calendrier de la loi intégrale sur les violences sexuelles portées par plusieurs députés.
Est-ce que vous, Président, ce sera une mesure que vous demanderez d'inscrire en priorité dans l'agenda de l'Assemblée ? – Je suis co-signataire de la proposition et depuis des mois et des mois maintenant. Vous dire que quand il y a eu le rapport de la civise qui venait dire trois enfants par classe, victimes d'inceste ou de violences sexuelles, qui venait dire 160 000 enfants par an, qui venait dire plus de 5 millions de victimes dans notre pays, j'ai cru que ça serait un électrochoc. J'ai cru que la société en serait transformée parce que moi je l'étais, je n'imaginais pas qu'il y avait ce continent noir de crimes sur des enfants sous nos pieds. Et ça n'a pas bougé.
J'espérais qu'il y ait un grand plan dans l'éducation nationale de détection, de prévention, le recrutement de psychologues qui sondent un peu les enfants qui pourraient être victimes de ça. Ça n'a pas eu lieu.
– Et pourquoi ? Parce que tout le monde s'en fiche ?
– Il y a une phrase qui m'a beaucoup marqué ces derniers jours dans les débats qui ont lieu. Il y a Romain Lemire, l'humime victime de viol par son père, d'inceste, qui a dit, détournant un proverbe africain, pour violer un enfant, il faut un village en entier. C'est-à-dire que si ça peut continuer comme ça, c'est parce qu'il y a des pédocriminels, mais c'est parce qu'il y a une société qui laisse faire, qui par son silence, finalement, par sa passivité, à une forme de complicité. Et donc, c'est évidemment ce qui se passe dans la police et dans la justice. On ne l'a pas établi comme une priorité. Donc, il y a une question de moyens.
Mais moi, je le vois, y compris sur des viols, sur des femmes, pas seulement sur des enfants. On a des plaintes, mais beaucoup de plaintes. Et derrière, il n'y a pas la moindre investigation. Le suspect n'est pas convoqué, n'est pas interrogé. Il n'y a pas de fouille de son téléphone portable ou de son ordinateur. L'entourage n'est pas questionné. Donc, le minimum du minimum, c'est de dire qu'en cas de viol, qu'il s'agisse d'un enfant ou d'une femme, c'est un crime. Ce n'est pas un délimineur. Ce n'est pas un rétroviseur qui est cassé. Eh bien, il doit y avoir une enquête. Il doit y avoir de l'investigation.
Est-ce que le choc qui n'a pas eu lieu avec le rapport de la Civis, le choc que vous espérez qui n'a pas eu lieu avec le rapport de la Civis, vous pensez que là, il va avoir lieu avec l'affaire Liana ? Est-ce qu'on est à un tournant sociétal ? Je l'espère, je le souhaite. Il y a déjà eu un mitou de l'inceste où j'espérais qu'à nouveau ça éclate. Mais voyez comment fonctionne l'actualité. Avec un sujet qui chasse l'autre, une priorité qui chasse l'autre. Et on doit avoir des gens qui sont volontaires en politique pour porter ça dans la durée, même quand ça ne fait plus la une des journaux. Ce n'est pas le cas aujourd'hui ? Mon inquiétude est que ça retombe.
Mon inquiétude est que cette onde de choc passe et qu'on ne se dise pas protéger, protéger en particulier nos enfants est une priorité. Je viens sur un autre dossier, mais qui pour moi est lié. L'aide sociale à l'enfance. Édouard Philippe lui-même, qui n'est pas mon partenaire politique, dit que c'est un scandale national, que c'est une onde pour la République. Comment ça se fait qu'on accepte que de manière... Le fonctionnement, là ce ne sont pas des dysfonctionnements dont on parle, c'est le fonctionnement de la société. Que le fonctionnement de la société fasse qu'on ait des vies brisées par centaines de milliers et en vérité par millions. Et peut-être que c'est ça le problème.
C'est qu'il s'agit de fonctionnement. Ça veut dire que finalement, on va troubler... En voulant mettre fin à ça, il faut troubler l'ordre public. Il faut troubler un ordre qui est là, installé depuis des millénaires dans nos sociétés. Un ordre où finalement le viol et l'inceste est à la fois dénoncé comme étant un crime, mais en vérité est traité comme étant un délit mineur et on laisse faire. Mais est-ce que cet ordre, c'est aussi le patriarcat ? Bien sûr, c'est cet ordre-là qu'il s'agit de bousculer, qu'il s'agit de changer et on voit toutes les résistances qu'il peut y avoir à ça.
L'un de vos engagements, c'est également la question du logement et particulièrement la question du logement étudiant. Vous avez signé dès 2023 un texte sur le sujet. En moyenne, il faut débourser 583 euros aujourd'hui pour louer un studio d'environ 25 mètres carrés en France. 923 euros à Paris, 780 à Saint-Denis. Pour citer quatre exemples, je ne parle même pas de la difficulté de trouver un logement tout court. Quelles mesures vous allez prendre ? Alors, d'abord dire qu'aujourd'hui, c'est les résultats de mon master, c'est les résultats de Parcoursup et c'est la course pour des parents à réussir à obtenir un logement pour leurs enfants étudiants. À Paris, c'est 12 demandes pour une offre.
À Lyon, c'est 9 demandes pour une offre. À Rennes, c'est 7 demandes pour une offre. Et on n'a que 8% des étudiants qui sont hébergés dans des résidences universitaires Crouz. Je tiens à mettre ça sur la table. Parce que pour moi, le logement est le point de blocage de la société française. Le pouvoir d'achat, en vérité, c'est la question du logement. C'est la part du budget des ménages qui est consacrée au logement qui vient entamer le pouvoir d'achat. Mais même quand on regarde les questions de natalité, quand on demande aux jeunes couples pourquoi vous retardez l'arrivée d'un enfant, pourquoi vous y renoncez, la première cause qu'ils donnent, c'est le logement.
Les inégalités, la mobilité professionnelle, tout ça dans notre société est entravé par le logement. Donc, plusieurs mesures. Un, on plafonne les loyers. Oui, on les contrôle. On ne laisse pas monter les prix. Là, ça a grimpé pour le logement étudiant de 20% en 5-6 ans. Donc, c'est la généralisation de l'encadrement des loyers. Exactement. Première mesure. Deuxièmement, un logement sert à se loger et à se loger à l'année. Et on privilégie les locataires qui sont là pour y habiter, à de la résidence secondaire, à du Airbnb. Voilà.
Vous interdisez le Airbnb ?
Je demande à ce qu'il y ait une commission, une commission d'usage des logements, qui décide à chaque transmission, à chaque fois qu'il y a un logement qui est vendu, est-ce qu'on accepte que le propriétaire qui rachète en fasse du Airbnb ? Est-ce qu'on accepte qu'il en fasse une résidence secondaire ? Est-ce qu'on accepte qu'il en fasse un logement vacant ? C'est un logement sur cinq à Paris qui est vacant. C'est quand même gigantesque. Ou bien, est-ce qu'on dit, écoutez, vous le rachetez, d'accord, mais en revanche, vous devez y mettre un locataire à l'année. Enfin, troisième point, il faut un programme de construction du logement.
Les constructions de logements, on n'a jamais été aussi bas dans notre pays, et en particulier à destination de ceux qui entrent sur le marché immobilier qui est bloqué, c'est-à-dire la jeunesse. Il faut un grand plan de construction de résidence universitaire d'un côté, de foyer de jeunes travailleurs de l'autre. Et vous vous appuyez sur le public ou sur les bailleurs privés ? Là, ce dont je parle sur le troisième point, c'est d'abord, il doit y avoir un programme volontaire, un programme public de multiplication par quatre, sachant que là, le choc de l'offre a été en vérité une grande chute par Macron, de construction de logements publics.
Mais évidemment, il y a de la construction de logements privés aussi, et je veux dire que nous portons un doublement du prêt à taux zéro. Pourquoi ? Parce que les gens, finalement, quand ils restent locataires tout le temps, quand ils n'ont pas la possibilité d'accéder à la propriété, c'est quelque part un sentiment de déclassement, de ne plus faire ce qu'ont fait nos parents, nos grands-parents. Et donc là, le doublement du prêt à taux zéro nous paraît utile pour ça. – François-Réphine, vous êtes candidat à la présidentielle, jusqu'à quand ? Est-ce que vous irez jusqu'au bout, quitte à empêcher la gauche d'être au second tour ?
– Aujourd'hui, la gauche, ce n'est pas moi qui l'empêche, et ce n'est pas moi qui crée la division. Parce que ce que je viens proposer, et ce que je maintiens, c'est qu'il nous faut une primaire. Une primaire qui fait qu'il y a des tas de talents, aujourd'hui, à gauche, comme dans l'équipe de France. On a des belles individualités, mais qui ne jouent pas ensemble. – Mais vous y croyez encore, à la primaire ? – Elle n'est pas finie, comme l'a dit Jean-Luc Mélenchon à Saint-Denis ? – Il va y avoir un vote du Parti socialiste, vraisemblablement, sur primaire ou pas primaire. Et moi, je viens dire aux camarades socialistes, ce n'est pas seulement un choix de méthode que vous avez à faire.
Est-ce que vous choisissez de refermer la parenthèse qui s'est ouverte en 2022, ou vous faisiez corps avec votre gauche, avec les écologistes, avec nous, ou bien est-ce que vous tournez à nouveau vers la suite du macronisme ? Donc, il n'y a pas seulement un choix de méthode, mais il y a un choix d'orientation qui sera à faire du côté des militants socialistes.
– Et dans tout cela, qu'est-ce qui vous distingue de Raphaël Glucksmann ?
– Écoutez, moi, ma volonté, c'est d'avoir une gauche populaire. Ce que je porte dans la durée, c'est la question de l'industrie, c'est la question des salaires. Je vous le dis sans méchanceté, mais quand on veut réconcilier gauche et populaire, le faire avec la figure de Raphaël Glucksmann, ça va quand même être très, très, très, très, très compliqué. Je vois sur une… – Pourquoi il ne peut pas incarner la gauche populaire ? – Lui-même a dit, il n'y a pas si longtemps, a écrit qu'il était plus à l'aise à New York qu'en Picardie. À un moment, la campagne, elle va se dérouler en Picardie, elle ne va pas se dérouler à New York, elle va se dérouler sur des parkings d'usines.
Et je vous assure que ça va être bien compliqué pour lui d'aller attirer, soit le Parti Socialiste et ses alliés y ont renoncé, d'aller attirer les ouvriers. François Hollande disait, perdre les ouvriers, ce n'est pas grave. Je crains que ce soit une machine à faire fuir encore davantage, à faire fuir de la gauche un vote populaire. – Mais quand vous avez eu, je vais revenir sur cette phrase qui a un peu interpellé, phrase que vous avez prononcée il y a quelques jours, où vous dites que vous refusez l'immigration pour le travail et un plan d'importation massive de la main-d'œuvre étrangère. Est-ce que ce n'est pas un peu étonnant pour un candidat de gauche ?
Est-ce que là, justement, vous vous adressez à ces ouvriers, à votre électorat en Picardie, dans la Somme, qui est tentée par le Rassemblement national ? C'était ça le message ? – Absolument pas. Moi, je veux le dire avec clarté, je l'ai déjà dit et je l'ai répété, je suis pour la régularisation de tous les travailleurs étrangers qui se trouvent aujourd'hui sur le sol français. Tous ceux qui n'ont pas de papier mais qui bossent, qui bossent dans les usines parfois, mais bien davantage dans le bâtiment, qui bossent dans la restauration, je souhaite qu'ils aient des papiers qui soient protégés par le même code du travail que les salariés français.
En revanche, quand je vois une équivalence qui est en train de s'établir, à laquelle participe le MEDEF et qui dit, voilà, crise démographique égale importation de salariés déjà formés, je dis non, je ne souhaite pas ça. Je ne souhaite pas ça parce que c'est mauvais pour les pays du Sud. Vous savez, le coût d'une infirmière, puisque par exemple dans la santé, quand je vais dans les EHPAD privés à leurs assises, on me dit, voilà, ce qu'on va faire, c'est faire venir des soignantes subsahariennes. Le coût de formation d'une infirmière subsaharienne pour un pays, pour le Kenya, c'est 40 000 euros. Quand elles partent vers les pays du Nord, c'est une perte pour eux de 400 000 euros.
Et c'est dénoncé par un certain nombre de chercheurs comme une nouvelle forme de colonialisme. Donc ce que je viens de dire, c'est formons nos talents ici, et je le dis, qu'ils soient français et ou étrangers, qu'ils soient avec ou sans papier. Dernière question, Jean-Luc Mélenchon a pris beaucoup d'avance à gauche dans la campagne. C'est un adversaire aujourd'hui ? Pour vous, c'est un allié futur ? Mon adversaire, il s'appelle Jordan Bardella de Monaco. D'accord ? Voilà. Et c'est très clair. Donc vous pourriez rallier Jean-Luc Mélenchon ? Si vous voyez qu'il est en tête dans les sondages à la fin de l'année ?
Je pense que la prochaine fois que vous recevrez Jean-Luc Mélenchon, je pense que ça vous arrive tous les matins, vous lui demanderez, est-ce que vous pourriez rallier François Ruffin ? Et vous verrez bien qu'elle se passe à rêver. On l'invite à venir. Je lui poserai la question s'il accepte de venir. Merci beaucoup. Merci François Ruffin d'avoir été notre invité. La une des journaux du groupe Ebra, c'est le foot. Oui, on parlait. Vous avez regardé ? Bien sûr. Première mi-temps, soporifique, où j'ai pu continuer ma sieste. Non, ce que j'ai vu. Alors moi, on a eu la chance dans les années 80, j'ai eu la chance de grandir avec Tigana, Gires, Platini, Fernandez, un quator magique.
Et là, je me demande si on n'a pas un nouveau quator magique. Olysees, Dembélé, Mbappé, Doué. Et quand on a franchement Ryan, Cherky et… Vous avez regardé en dessous maintenant. Vous avez regardé en dessous maintenant. Quand on a un banc avec Marcolas qui est sur le banc, c'est magnifique. Je pense que non seulement… Enfin, gagner, j'en sais rien, mais je pense qu'on peut mettre du panache dans cette Coupe du Monde et on peut avoir une belle équipe qui produit un beau football. Et hier, la deuxième mi-temps a été vraiment très belle à regarder. François Ruffin, prochain sélectionneur de l'équipe de France. Merci beaucoup. On peut faire commentateur sportif pendant très longtemps.
Merci d'avoir été notre invité. On va parler foot, c'est à la une de nos journaux régionaux ce matin. Régionaux ce matin, du sourire. Le sourire de François Ruffin, le sourire des Français. Départ réussi effectivement pour les Bleus dans la Coupe du Monde. C'est évidemment à la une de beaucoup de quotidiens. Après une première mi-temps, effectivement, très poussive. La France a reporté son match hier contre le Sénégal. Score finale 3-1 avec deux buts de Mbappé. Les Bleus ont pris une très belle option pour une qualification en 16e de finale. Le prochain rendez-vous pour les Bleus, ce sera lundi soir contre l'Irak. Auriane. Autre titre, alerte canicule.
Jusqu'à 40 degrés attendus dans les prochains jours. C'est la une de l'Alsace qui se penche sur ce nouvel épisode caniculaire qui commence aujourd'hui. La France s'apprête à suffoquer dans certaines villes. Les températures ne redescendront pas en dessous des 20 degrés pendant la nuit. Seule la Bretagne et les zones côtières de la Manche sont pour l'instant épargnées par cette nouvelle vague de chaleur. Le débat sur l'autonomie de la Corse a débuté à l'Assemblée. La Corse ce matin parle d'un difficile consensus sur ce sujet. Entre d'un côté des députés favorables à accorder des pouvoirs accrus à l'île de beauté. et ceux qui au contraire craignent de fracturer la République.
L'objectif du texte poussé par Emmanuel Macron est d'accorder un statut particulier d'autonomie à la Corse. Il prévoit par exemple de permettre à la collectivité de prendre elle-même des dispositions législatives et réglementaires.
La Marseillaise fait un point sur le narcotrafic.
Un an après la loi, le quotidien constate une fuite en avant. Le trafic de drogue à Marseille et sa région ne faiblit pas. Il s'adapte. Le préfet du Var et les services de l'État ont fait le point hier sur l'action menée dans le département. Il parle d'une disparition progressive des points de deal au profit de l'ubérisation du trafic.
Constate donc très mitigé pour la Marseillaise sur cette loi promulguée en grande pompe par l'exécutif.
On termine avec cette question. Quitter Paris, oui, mais pour aller où ? C'est la question qu'un Parisien a posée à Tchadjipiti, figurez-vous. Et il a atterri à Virzon. Josélito Tirados fait la une du Berry républicain. Il a trouvé son bonheur en donnant à l'intelligence artificielle une liste précise de ce qu'il voulait ou ce qu'il ne voulait pas pour sa vie. Tchadjipiti lui a indiqué Virzon. Et donc Josélito est aujourd'hui à Virzon. Si Brel n'avait pas chanté Virzon, peut-être qu'il aurait atterri ailleurs. Mais aujourd'hui, Josélito dit être très heureux dans cette ville du Cher. Il a chanté Vezou, le Cybrel. Il a voulu voir Virzon, il a vu Virzon. Là, il a bien vu Virzon.
Merci beaucoup, Steve. Allez, on va ouvrir une page consacrée à la défense et aux technologies. Démarrage aujourd'hui du salon Vivatech à Paris pour sa 10e édition, le plus grand événement européen dédié aux technologies. Et un start-up fera la part belle aux régions. La Touraine n'est pas en reste et on va justement à Tours retrouver Bertrand Slezag. Bonjour Bertrand. Merci d'être là, directeur départemental adjoint de la Nouvelle République en Indre et Loire. Votre journal a choisi de nous présenter l'un des exposants. Un jeune tour en jeu qui vient de créer une appli anti-fake news.
Cette application, il s'agit de la société Prisme d'Ariane qui est basée à Jouer les Tours, juste à côté de Tours. C'est une intelligence artificielle, un outil numérique qui est capable de vérifier, tracer et sourcer les informations en ligne et de faire le tri, on va dire, entre ce qui est fiable et un peu moins les potentiels fake news. Alors son fondateur, Maxime Delannoy, lui, cible plusieurs domaines d'application qui peuvent être juridiques, scientifiques ou institutionnels. Et actuellement, il y a une expérimentation qui est menée au sein de l'Office de Tourisme de Tours pour permettre aux saisonniers de puiser les réponses utiles à leur mission d'accompagnement des touristes.
Il a aussi retenu l'attention de certains acteurs bien connus du net. À commencer par Wikipédia. Maxime Delannoy révèle ce matin dans les coulottes de la Nouvelle République qu'il est en discussion avec Wikipédia. Celui-ci cherche à crédibiliser les millions de pages qu'elle publie en débusquant les erreurs ou les approximations de ses contributeurs. Et on apprend aussi qu'une éventuelle collaboration avec Radio France est sur le tapis. Alors, il s'agirait pour Prisme d'Ariane d'épauler le service juridique de Radio France pour repérer d'éventuels manquements dans les publications qui sont faites par le média. Alors, Prisme d'Ariane, c'est une belle vitrine pour l'innovation en Touraine.
D'autant plus qu'elle ne sera pas la seule représentante au salon VivaTech. Quatre autres entreprises sont annoncées. On prend, par exemple, Bionumétic, qui propose de remplacer les animaux de laboratoire par une cuve électromécanique. – Coucou Bertrand, la une de la Nouvelle République, c'est encore du foot. Départ réussi pour les Bleus, évidemment. Merci Bertrand d'avoir été avec nous. Allez, on va poursuivre sur ce thème avec notre reportage en région. Il n'y a pas que VivaTech qui a lieu en ce moment. Il y a aussi le plus grand salon mondial de l'armement. Il a ouvert ses portes lundi à Villepinte, en Seine-Saint-Denis, pour cinq jours.
Eurosatori accueille cette année 2600 exposants, 30% de plus qu'en 2024, avec une forte présence ukrainienne. 80 entreprises ukrainiennes sont présentes pour mettre en avant leur savoir-faire et leur technologie low-cost. Flora Sauvage nous y emmène. – A Eurosatori, tous les regards se tournent vers l'est. Le plus grand salon mondial de l'armement se tient à Villepinte jusqu'à vendredi et accueille une importante délégation ukrainienne.
Une démonstration de force pour les 80 entreprises du pays qui mettent en avant leurs équipements bon marché.
– Les drones sous-marins fabriqués à l'Ouest sont très onéreux. Nous, en Ukraine, on essaie de produire des engins à moindre coût.
Ce drone sous-marin, là derrière moi, peut aller à 1000 mètres en profondeur. Il a un système de navigation autonome et il a plusieurs options.
Il peut transporter jusqu'à 1000 tonnes d'explosifs, mais il peut aussi transporter plusieurs drones FPV.
– Drones sous-marins, terrestres ou aériens,
une évolution majeure sur le champ de bataille, comme l'explique ce militaire de l'armée ukrainienne de retour du front.
– La guerre a tellement évolué depuis ces 4 années qu'on est obligé d'innover tous les jours, toutes les semaines, pour être meilleur que l'ennemi.
Les drones aériens, les drones terrestres, les drones maritimes, ça nous permet d'élargir ce qu'on appelle la kill zone, la kill zone qui est un espace sur la ligne de front, des deux côtés de la ligne de front, où aujourd'hui aucun équipement ne rentre, je veux dire aucun véhicule, aucun même blindé, parce que c'est une zone où il y a des frappes en continu par les drones.
– Alors qu'à l'Est, la guerre du futur a déjà commencé. En France, les états-majors des armées
observent ces évolutions de très près. – Aujourd'hui, tous les yeux sont tournés vers l'Ukraine, vers ce qu'on appelle la guerre de haute intensité. On voit bien que si on se prépare à ce conflit-là, alors on sera prêt pour tous les autres. On a vu il y a peu de temps, les Ukrainiens obtenir un succès tactique assez important, avec uniquement l'utilisation de robots. Et nous aussi, on est dans cet effort-là, on est en train de constituer des unités robotisées. – Et la guerre, assistée par l'intelligence artificielle, débarque sur le front, entraînant une révolution sur les champs de bataille.
– Nous voyons point de rougie une intelligence artificielle actuelle qui est en train de naître, une nouvelle intelligence révolutionnaire qui est celle de l'appréhension de l'environnement. Donc nous allons très clairement vers des humanoïdes soldats. À tout de suite, mais à court terme, je pense qu'avant dix ans, nous aurons des humanoïdes soldats. Donc il faut avoir composé aujourd'hui avec ce qu'on appelle le remote warfare, c'est-à-dire la mise à dispense de l'humain vivant dans des combats tellement laitaux que lui devra s'en affranchir. Et là, il pourra mettre un rouble à la place, il le fera.
– Ce qui ressemblait à de la science-fiction il y a encore quelques années devient désormais réalité. Face à la Chine et la Russie, la course contre la montre a commencé. L'armée française, elle, vient d'entamer sa mue. – Très bien.
– Et place à notre débat, Donald Trump est-il comme un roi à Versailles ? – Le président américain qui sera reçu ce soir en grande pompe au château de Versailles, dîné avec Emmanuel Macron, les deux hommes tout juste revenus déviants, où se tient le G7 dernier jour. Aujourd'hui, conférence de presse finale attendue aux alentours de 15h. Quel bilan peut-on faire de ce sommet qui a lieu dans un contexte particulier au moment où un accord a été conclu entre les États-Unis et l'Iran ? Ce G7 a-t-il aussi marqué un tournant dans la guerre en Ukraine ? Un revirement de Donald Trump a-t-il lâché Vladimir Poutine ? On va parler de toutes ces questions avec nos invités. Bonjour Loïc Hervé. – Bonjour.
– Merci beaucoup d'être là, sénateur union centriste de la Haute-Savoie. C'est dans votre département que se tient donc ce G7 déviant. On va en parler. Bonjour Dina Badiop. – Bonjour. – Merci également d'être avec nous, députée socialiste des Yvelines. Et bonjour Romuald Thiora. – Bonjour. – Essayiste et directeur de l'Observatoire politique et géostratégique des États-Unis et de l'IRIS. De l'IRIS, pardon. On va revenir sur tout ce qui s'est passé durant ce G7, l'Iran, l'Ukraine et ce dîner ce soir en grande pompe à Versailles. Est-ce qu'Emmanuel Macron, Romuald Thiora, il a réussi son dernier G7 ? – Écoutez, oui et non. Deux choses.
Emmanuel Macron avait parfaitement géré la relation avec Donald Trump durant son premier mandat. Cela avait été très malin de la part du président, d'en faire l'eau de donneur pour le 14 juillet 2017. Trump était un électron libre. Bref, ça avait été très bien géré. Trump avait une forme d'affection pour Emmanuel Macron. Il l'a toujours d'ailleurs, plus ou moins. Le souci, c'est que… – Trump, c'est une forme d'affection pour Emmanuel Macron, parce que quand on entend ses propos… – Oui, oui, oui. – On a l'impression qu'il a plutôt tendance à le démigrer.
– Non, non, d'affection paternaliste.
Il aime bien Macron, non, non, c'est sincère. Et je ne connais pas Emmanuel Macron, mais je pense qu'il apprécie, entre guillemets, ce lien de sympathie, si ce n'est d'amitié, entre les deux hommes. Le souci, c'est que Trump de haut n'a rien à voir avec Trump 1. À l'époque, c'était un homme isolé, sans colonne politique vertébrale. – Ils sont arrivés en 2025 à la Maison-Blanche, épaulés par l'extrême-droite américaine, qui est une extrême-droite ultra-radicale. Rassemblement national, ce seraient des doux centristes à côté, en comparaison. Et toutes ces personnes sont arrivées à la Maison-Blanche avec des objectifs très précis.
Pour l'international, mettre à bas le système multilatéral post-45, nous ramener dans une ère où règne le bilatéralisme, la loi du plus fort. Bref, ils ont transformé les États-Unis en la première superpuissance voyou de l'histoire moderne. Et Donald Trump en est non pas l'artisan, mais en tout cas le porte-étendard. Et donc les relations sont très, très, très différentes.
On voit ce qui s'est passé depuis un an, on voit combien l'Amérique s'est éloignée, a fait s'éloigner ses proches alliés, le Canada, l'Europe, l'Afrique maintenant regarde de plus en plus vers la Russie et la Chine, les alliés du Golfe maintenant qui ont compris que les États-Unis ne seraient pas toujours là pour les protéger. Bref, c'est une Amérique beaucoup plus réactionnaire, au sens propre, et beaucoup plus isolée. Donc, après la capitulation en Irak, parce que c'est une capitulation, je ne vois pas... Pour vous, c'est une capitulation, on va développer ça. On y reviendra tout à l'heure, mais je ne vois pas comment on pourrait appeler ça autrement.
Bref, je ne pense pas qu'il ait été opportun d'inviter le président des États-Unis à Versailles. Être très correct avec lui, le flatter quand il faut, un petit dîner personnel, mais la France, je me permets juste de conclure là-dessus, la France n'est pas qu'une puissance moyenne, la France est aussi une grande voix. Et mettre Donald Trump sur un piédestal, l'homme le plus impopulaire au monde aujourd'hui, est peut-être une bonne idée stratégique pour les relations, mais une très mauvaise idée diplomatique pour l'image de la France. – Louis Kervé, vous partagez ? – Absolument pas. – Et il ne veut pas saluer faire ce dîner à Versailles ? – Je ne partage absolument pas.
On fête cette année les 250 ans de l'indépendance américaine. Nous sommes les plus anciens alliés des États-Unis. La patrouille de France est aux États-Unis. En ce moment, elle fait des shows partout dans le pays. Et il faut distinguer l'amitié qui existe entre... et qui est fondamental, en fait, entre la France et les États-Unis. Et la période que nous vivons, je pense que le président de la République a réussi son G7. Il faut dire que l'agenda du monde l'a aidé, puisque ce G7 tombe à point nommé dans une semaine où se dénoue, d'une certaine manière, l'affaire iranienne. La venue de Zelensky à Evian est aussi un moment important.
Et sur cette invitation à Versailles, bon, c'est vrai, on avait déjà eu le tapis rouge en 2017, mais je crois qu'il ne faut pas négliger la relation bilatérale avec les Américains. Si on veut se réarmer en Europe, reprendre la main sur notre propre défense, ce qui était déjà quelque chose qui avait été déjà lancé sous Obama, c'est-à-dire le fait de désengagement américain n'est pas que l'affaire de Trump. C'est quelque chose qui est assez continu depuis Barack Obama. On ne peut pas non plus couper toutes les relations qu'on a avec les Américains. Alors, c'est sûr qu'il y a une partie... Ça peut paraître un peu contre-intuitif.
C'est-à-dire que notre indépendance et notre souveraineté, elles passent par un maintien de relations fortes. Évidemment. Le G7, c'est la démonstration de l'existence du monde occidental et du monde libre. C'est ça la réalité. Alors, évidemment, avec des nuances qui sont des nuances très importantes. Mais regardez la personnalité du Premier ministre canadien. Remarquable. Donc, si nous voulons garder un lien transatlantique avec les Américains, mais aussi avec les Canadiens, mais aussi avec les différents Européens qui sont présents au G7, je pense qu'on a intérêt à parler à tout le monde.
Et bien sûr qu'il y a une dimension de flatterie dans l'affaire de Versailles, mais le président de la République est dans ses derniers mois de présidence. Donc, chaque mois doit être utile et doit être mis au service de la paix et de l'influence de la France dans le monde. Et à cet égard, je pense que ce n'est pas inutile de faire ça. Avant de faire réagir, Dina Badiop, on va écouter Donald Trump. Vous allez voir, il n'est pas mécontent d'aller dîner à Versailles ce soir.
J'adore les beaux endroits. Je devais partir dans l'après-midi et le président français, qui se trouve être un homme très gentil, m'a invité à dîner à Versailles. Et Versailles, ce n'est pas du plaqué or. Versailles, c'est le vrai truc. Alors j'ai dit, j'aimerais le faire. Vous savez, ça veut juste dire que je rentrerai plus tard dans la soirée, c'est-à-dire tôt le matin. Et de toute manière, je ne suis pas un gros dormeur, je ne perdrai pas une minute pour le bureau.
Vous l'avez entendu, Dina Badiop, Versailles, ce n'est pas du plaqué or. Il fallait le recevoir à Versailles.
Non. Sincèrement, quand on voit tout ce qui se passe en ce moment aux États-Unis, on est en pleine coupe du monde. Quand on voit ce que fait l'administration de Donald Trump, alors que normalement c'est une fête populaire, quand on voit que certains sont refoulés, vous avez quand même un arbitre somalien qui a été empêché de venir là-bas. Moi, je crois qu'avec tout ce qui s'est passé, avec ICE, avec toutes les critiques que nous avons pu formuler, avec cette tradition française de défense des droits de l'homme, etc., moi, je ne crois pas qu'il fallait le recevoir à Versailles. Le recevoir, certes, c'est un partenaire.
Pour moi, on peut se poser la question de savoir si c'est toujours notre allié, puisque nous sommes en train de travailler justement sur la souveraineté, non seulement de la France, mais aussi de l'Europe, sur différents points. Bien sûr qu'au moment du G7, il faut discuter. Il y a des points importants qui ont été mis à l'ordre du jour. Moi, je salue le fait, par exemple, qu'on puisse parler de la lutte contre les cancers, parce que nous avons toutes et tous un proche qui a été touché par cette maladie. Mais je crois qu'il y a une sorte d'hypocrisie et de « en même temps » qui ne cesse de traverser Emmanuel Macron.
Quand on vient me parler, par exemple, de solidarité internationale, quand on sait quelles sont les coupes drastiques qui ont été effectuées, non seulement par nous, mais parler de solidarité internationale, lorsque Donald Trump a décidé de manière unilatérale d'arrêter USAID, et le nombre de morts ou de personnes qu'on a abandonnées à cause de cet arrêt brutal du ESSED que toutes les ONG, par exemple, dénoncent, je crois qu'il y a quand même un palier qu'il ne fallait pas franchir avec Versailles.
– Louis Carvey, quand vous entendez ça, est-ce que Donald Trump, c'est encore notre allié ? Je rajoute à ça sa menace de taxer à 100% nos vins et nos champagnes si jamais Emmanuel Macron ne cède pas sur la taxe GAFAM. On peut encore aujourd'hui se qualifier d'allié ? – Allez, on y va sur la métier franco-américaine. On a des élections aux États-Unis dans quelques mois. La situation politique du président américain, si nous voulons, sur les questions que vous évoquez, ma chère collègue, sur les questions de politique intérieure, les décisions politiques, si nous voulons avoir la moindre influence, bien sûr qu'il faut discuter avec Donald Trump.
Et puis il y aura un autre président après Donald Trump, dans deux ans, parce que ça va très vite aux États-Unis, le renouvellement. Donc, alors ce sera peut-être un ultra-conservateur qui sera dans la suite de Donald Trump et qui sera une forme de troisième mandat de cette continuité maga, si on veut. Ou alors ce sera peut-être un démocrate, quelqu'un d'autre qui prendra le pouvoir aux États-Unis. En tous les cas, on ne doit jamais méconnaître la relation franco-américaine, évidemment. Et ce serait une erreur de le faire.
Maintenant, d'accroître une quelconque brouille avec les États-Unis, et je suis loin d'être Trumpiste, je partage totalement vos analyses sur la politique qui est menée, je suis extrêmement préoccupé par la dérive du président américain, mais pour autant, dans la période que nous connaissons, avec la question israélo-palestinienne, avec la question de l'Iran, avec la question de l'Ukraine, avec les autres théâtres dont nous ne parlons pas, mais qui ont été évoqués à Evian, il est important que le président français puisse avoir ces temps de partage, de dialogue.
La symbolique de Versailles, moi je suis attaché à l'histoire de France, il se trouve que c'est à Versailles qu'a été signé le traité d'indépendance des États-Unis d'Amérique, c'est comme ça. C'est cette année que ça tombe, les 250 ans, et c'est pas rien que nous ayons été... On aurait pu faire ça dans 7 ans, au moment du 250e inversion du traité de la Salle. Je permets juste de reprendre ça. Pour des raisons personnelles, et pour des raisons politiques, je pense que l'amitié franco-américaine va bien au-delà des personnes, et que le célébrer, c'est quelque chose d'important. C'est tellement, mais pas comme ça.
Écoutez, je suis américain, je vis aux États-Unis, l'amitié, je suis né en France, franco-américaine est pour moi très importante, et vous avez absolument raison. Personne ici ne vous dit qu'Emmanuel Macron aurait dû gifler le président des États-Unis, ou le bouder, bien évidemment. Les États-Unis sont encore notre partenaire, sont encore notre... Un allié fiable ? Notre, je suis américain et français, donc là je parle en tant que français. Sont encore, bien évidemment, un allié fiable, non. Comme je disais précédemment, nous entrons dans une ère... Le multilatéralisme post-45 est mort.
McCartney, dont vous parliez, le Premier ministre canadien, a été très clair, et c'est le premier à le dire, « Nous ne reviendrons jamais dans l'ère que nous avons connue pendant 80 ans ». Ce n'est pas Trump qui aura démoli le multilatéralisme. La déliquescence de celui-ci, de ce système, a déjà commencé bien avant, et l'ONU est une naine sur la scène politique depuis déjà près de 20 ans. Il aura accéléré nos mouvements avec cette extrême droite, MAGA, qui est arrivée au pouvoir avec lui l'année dernière. Mais pour vous, il n'y a pas de retour possible sur la question du multilatéralisme ? Ce G7, ce n'est pas la preuve que le multilatéralisme est encore disant.
J'ai travaillé 10 ans à l'ONU, j'ai eu mon bureau, j'ai écrit 6 livres sur l'ONU, j'étais un grand avocat de l'ONU, du multilatéralisme, mais il faut être lucide. C'est comme quand vous voyez un type tomber d'un building, la question n'est pas de savoir s'il ne va pas se briser les os. Non, bon, c'est fini, il faut appeler une ambulance et voir si on peut sauver quelque chose. Le multilatéralisme, tel que nous l'avons connu, c'est terminé. Ça, c'est clair. L'amitié franco-américaine doit perdurer, et vous avez tout à fait raison, surtout dans ce moment de l'histoire.
Emmanuel Macron a tout à fait raison de bien recevoir le président américain, il a tout à fait raison, je pense même qu'il aurait dû organiser un dîner amical, privé. Non, le problème n'est pas la stratégie diplomatique de Macron, le problème c'est l'image de la France. Il aurait pu alterner les deux, bien recevoir le président américain, savoir lui parler, le flatter, mais il oublie l'image de la France à l'étranger, dans le monde. On parle quand même d'un président allié à une extrême droite crypto-fasciste.
Je vis aux États-Unis, regardez, prérogative du Congrès, et ça, on est tous les deux d'accord là-dessus, prérogative du Congrès renie au profit de la Maison Blanche, judiciaire en partie entre les mains du bureau Oval, université, l'Université de Colombien vient de sortir un de mes derniers livres qui est sorti il y a deux mois aux États-Unis, je peux vous dire les pressions qu'on a, des départements qui ont été mis sous tutelle, du jamais vu dans une démocratie occidentale depuis les années 30 du XXe siècle, agences fermées, médias publics fermés, médias privés sous pression, ICE devenue une police politique, le garde national déployé, etc.
Sans parler du culte de la personnalité de ce monsieur qui a maintenant, heureusement que mon passeport n'a pas été renouvelé, ma femme doit renouveler son passeport début juillet, elle prit le ciel de ne pas avoir la photo de Trump, vous savez que sur de nombreux passeports, nous aurons le portrait de Trump sur les passeports imprimés en juillet.
Bref, je pense qu'après ce qui s'est passé en Iran, après l'enlèvement illégal de Maduro, qui est un criminel, il n'y a pas de doute, après la politique de taxation de Trump, les insultes contre Macron, etc., je pense que la France se serait enorgueillie de rester la voie qu'elle était, en recevant très très bien le président américain, en le flattant, beaucoup d'amitié, mais en évitant le symbole de Versailles, car je pense que c'est une erreur stratégique monumentale. Mais nous sommes d'accord sur le fond, l'amitié américaine doit être très bonne. Alors, on diverge seulement sur la question dîner ce soir à Versailles. Sinon, on est d'accord. Sur le reste, on est assez d'accord.
Vous aussi, Dina Bagneux. Alors, ça va me permettre de passer à la suite, parce que c'est intéressant ce que vous nous avez dit tout à l'heure, Romuald Thiora, et je voudrais qu'on en débattre, parce que ce G7 de Versailles, il se tient au moment même où l'Iran... G7 d'Eviant. Ce G7 d'Eviant, pardon. En plus, je dis ça à Savoyard. Je dis ça à Savoyard, ça n'a pas du tout. Pardon, Louis Carvé. Vous savez combien je suis chauveur. Non, on a été troublé par le G7 ce soir. Exactement, je ne veux surtout pas froisser les Savoyards. C'est automatique, c'est ce qu'on retiendra.
C'est ce qu'on retiendra. C'est ce qu'on retiendra.
C'est un mauvais lapsus. Sur ce que vous avez dit, ce G7, il se tient au moment où va être signé l'accord entre l'Iran et les Etats-Unis. Pourquoi vous nous dites, Romuald Thiora, que cet accord, c'est une capitulation ? Écoutez, quels étaient les buts ? Faire tomber le régime des Molas. Il est toujours là, il m'aimerait faire amie sur la scène régionale. Les missiles balistiques, on n'en parle même pas. Le nucléaire, arrêtons d'être naïf. Ça fait partie, maintenant, les Iraniens ont reçu un tour de passe-passe extraordinaire. C'est-à-dire qu'on ne traite plus en priorité les raisons de la guerre nucléaire.
On traite les causes de la guerre, c'est-à-dire le détroit d'Hormuz, qui fonctionnait très, très bien avant que ce monsieur Donald Trump nous entraîne dans cette guerre. Le nucléaire va faire partie d'une seconde salle de négociations qui va traîner des mois, des années. On sait très bien que Trump va passer tout ça sous la poussière, sous le tapis et s'occuper d'autre chose. Probablement, Cuba, il voulait absolument un papier, même un mauvais accord. Il lui fallait quelque chose pour tenter de garder la tête haute face à ces magas. Et juste pour conclure, probablement, les Iraniens vont avoir 12 milliards de dollars dégelés vendredi à la signature de cet accord.
On parle d'un investissement de 300 000 dollars. Je suis peut-être un culte, mais moi, j'ai cru comprendre dans l'histoire qu'en principe, ce n'étaient pas les vaincus qui touchaient de l'argent après une guerre. – C'est une capitulation aussi, Louis Kermé ? – Je ne dirais pas ça comme ça, mais en tout cas, ça démontre l'idiotie totale de ce conflit à l'égard de l'Iran, dont les objectifs stratégiques n'ont pas été atteints, bien évidemment. Et surtout, le fait que cette impréparation, qui n'est pas du tout, d'ailleurs, dans la culture des États-Unis, dans la culture de l'armée américaine, l'armée américaine est une armée de planification.
Donc, ils ne sont pas du tout habitués à ce type d'opération. En tout cas, ils ne sont pas habitués à ce type d'opération quand ils les perdent. Donc, capitulation, non, ce n'est pas le terme adapté. Mais en tout cas, une fin d'opération et des objectifs non-intains.
– Dina Badiop ? – Non, mais on voit surtout que, finalement, on va arriver à un durcissement du régime qui est déjà en place. Et effectivement, c'est un mauvais accord. Mais on est encore là dans l'illustration de ce que fait Trump. C'est-à-dire que, pour lui, ce qui prime, c'est l'image. C'est de pouvoir dire « J'ai mis fin à la guerre, j'ai tenu mes promesses ». Effectivement, ce faisant, il rassure son électorat. Et c'est pour ça que je crois qu'il ne faut pas tomber dans le panneau et nourrir cette image de, finalement, d'un grand chef d'État qui, finalement, est reçu en grande pompe chez nous, en France.
Moi, je suis très inquiète parce que la façon dont s'est déclenché ce conflit, la façon dont on vient le « finir », c'est tout sauf une protection des populations civiles. C'est tout sauf un respect des droits humains. Et moi, je suis extrêmement inquiète sur la suite pour le peuple iranien parce que ce n'est pas un bon accord, parce que ça ne protège pas celles et ceux qui sont les premières victimes de ce conflit, c'est-à-dire la population en Iran. Et effectivement, les mollahs… – Pour vous, ça va être pire ? – Mais bien sûr, évidemment.
– Ça va durcir le régime des mollahs ?
– Bien sûr que ça va durcir le régime des mollahs. – Bien sûr, ça va durcir le régime des mollahs. Et je ne vois pas où sont les garanties que, finalement, cette intervention qui violait, de toute façon, le droit international et qui, aujourd'hui, signe un mauvais accord, comment est-ce qu'on protège les populations civiles qui sont restées sur place et qui vont subir, effectivement, moi j'en suis certaine, une répression qui sera bien plus importante que ce qu'elles vivaient déjà.
– Non, ce qui est intéressant, et comme conséquence, ce qu'il faut vraiment analyser, c'est le changement de la nature du régime à Téhéran. C'est-à-dire qu'en fait, plus que renforcer le régime des mollahs, en réalité, c'est le transfert vers les gardiens de la révolution, c'est-à-dire vers l'armée. C'est un régime… L'Iran va devenir une dictature militaire. C'était une forme de théocratie avec un clergé chiite très dur. Demain, ce sera un régime militaire sans doute encore plus dur. – Ce sera plus dur. – Et donc, finalement, au-delà du fait que les buts stratégiques n'ont pas été atteints, l'une des conséquences, ça va être ce transfert du pouvoir à Téhéran.
On ne sait pas si le nouveau guide suprême est encore vivant. Son père n'a jamais été enterré, ce qui, dans la foi chiite, est quelque chose qui est quand même très, très particulier. Donc, il va se passer, dans les semaines qui viennent, des choses à Téhéran qu'il faudra suivre de très près. Et moi, je voudrais dire quand même que dans cette affaire-là, l'un des grands perdants est quand même Israël parce que l'objectif de Netanyahou, c'était d'affaiblir l'Iran et de priver l'Iran de toute capacité nucléaire. Aujourd'hui, on n'est pas certain que cet objectif-là, pour Israël, et Téhéran. Justement, on va s'intéresser à cette question du nucléaire.
On va écouter Laurent Fabius qui était l'invité ce matin de France Inter. Il avait, lui, négocié l'accord sur le nucléaire en 2015. Pour lui, on n'est pas au bout de nos peines. On l'écoute.
Là, on nous dit que l'accord, enfin le projet d'accord, c'est une page et demie. L'accord qu'on appelle GCPOA, c'est 159 pages, plus 5 annexes. Parce que chaque détail doit être précisé. Combien de centrifugeuses, comment se font les contrôles de la IEA ? Qu'est-ce qui est autorisé en matière de recherche scientifique ? Quelles sont les centrales
qu'il faut détruire ? Bon, et donc, plus que jamais, le diable est dans les détails. On n'est pas au bout de nos peines, Romuald Chara ? Bien évidemment. Je ne pense pas que l'Iran stoppera son programme nucléaire. Ce qui est écrit aujourd'hui, c'est que nous allons maintenant, après ce préaccord, ce bout de papier, partir dans des négociations qui vont s'éterniser. Donald Trump va se désintéresser du dossier. Il ne voudra surtout pas qu'il y ait des soubresauts, des coups de théâtre. Il va déjà devoir tenir Netanyahou en laisse. Donc, d'autant plus, et c'est l'ironie de la chose, c'est que cette administration a contribué à mettre à bas le système multilatéral.
Et là, là, pour ce sujet précis, le nucléaire, on aurait besoin évidemment du système onusien, de l'AIEA, etc. Donc, non, l'Iran va continuer son programme nucléaire. Peut-être qu'ils vont proposer un moratoire d'un an ou deux, faire un petit peu oublier la chose. Mais ils vont se restructurer. On va avoir effectivement un régime militaire et une région qui va également totalement se recomposer. Parce que vous parliez des répercussions de cette guerre. Et quand je parle de capitulation, ça peut sembler un petit peu fort, mais cette guerre va laisser une empreinte beaucoup plus considérable que la guerre du Vietnam, qui avait été un choc symbolique.
La grande puissance américaine perdait une guerre alors qu'elle les avait gagnées jusqu'à présent. Là, les États-Unis, je le répète, sont isolés comme jamais. Le Canada regarde vers l'Europe, l'Europe regarde ailleurs, l'Afrique regarde vers la Russie, la Chine, et les pays du Golfe ont bien compris que le géant américain ne serait pas toujours là pour les protéger. Et donc, que l'Iran pourrait et sera probablement une puissance nucléaire à moyen terme.
Et donc, eux aussi vont devoir restructurer leur système d'alliance, peut-être avec un Israël qui effectivement a été lâché par Donald Trump sur ce dossier et qui va lui aussi, Israël, devoir non pas se détourner du géant américain, mais regarder vers d'autres partenaires. L'Iran nucléaire, malheureusement, pourrait être une réalité. Israël, pardon, le KV, ils vont laisser l'Iran et les États-Unis toper ? L'armée israélienne est tellement dépendante de l'industrie de l'armement américaine et notamment du financement américain qu'il n'y aura pas d'autre choix.
Et je pense que Donald Trump en veut énormément à Benjamin Netanyahou d'avoir lancé cette attaque sur le sud de Beyrouth le jour de l'anniversaire qui était quand même l'espèce d'événement mondial avec le match de boxe et puis, je ne sais pas quoi, le concert à la Maison Blanche. Donc, il en veut énormément de lui avoir gâché entre guillemets de lui avoir gâché la fête et surtout d'avoir mis en danger ce bout d'accord qui a été signé. Donc, oui, vraiment, je pense qu'Israël est le grand perdant de cette affaire-là. On va terminer sur un autre conflit, c'est la guerre en Ukraine puisqu'au G7 déviant, il en a également été question.
Diana Badiop, est-ce que, selon vous, ce G7, il marque un tournant, un revirement de Donald Trump sur cette guerre en Ukraine ? Est-ce qu'il est en train de lâcher Vladimir Poutine ?
Je ne suis pas sûre que ça marque un revirement. Je crois surtout que Donald Trump est dans une situation où il se dit qu'il ne peut pas gérer plusieurs fronts à la fois. Il était totalement focalisé sur la situation en Iran. Il fallait absolument obtenir un bout d'accord. Je ne sais pas s'il est en train de faire un revirement, mais s'il reste un allié, ce n'est pas un allié fiable. Et c'est ça, notre problème aujourd'hui. C'est que nous sommes en incapacité de pouvoir assurer les États-Unis d'un soutien clair et constant sur la ligne qui est la ligne européenne. C'est ça, notre sujet. On n'a pas oublié les images d'humiliation de Zelensky à la Maison-Blanche.
On n'a pas oublié effectivement les injures aussi de Donald Trump à l'endroit du président de la République française. Ce que je veux dire, c'est qu'aujourd'hui, rien n'est acquis et je crois que Zelensky lui-même sait qu'il ne peut pas compter sur les États-Unis, mais on est obligé de discuter avec lui parce que c'est un allié incontournable et qu'il va falloir continuer d'essayer de maîtriser finalement les contours de ce soutien alors qu'on a zéro garantie.
Et c'est bien ça notre problème aujourd'hui, c'est que le multilatéralisme était justement le gardien d'une position commune et qu'aujourd'hui, avec tout ce qui se passe, on est dans les mains du bon vouloir de Donald Trump et de consorts.
On va l'écouter justement Emmanuel Macron sur cette question de l'Ukraine il y a quelques heures.
Nous avons décidé au niveau du G7 de soutenir l'Ukraine plus fortement. D'abord pour qu'elle puisse se défendre face aux tirs de missiles et aux attaques de drones. Ensuite pour qu'elle puisse avoir des capacités pour se projeter dans la profondeur. Nous avons aussi décidé tous ensemble dans l'unité de ce G7 d'accroître la pression sur la Russie et en particulier sur la question des ressources de pétrole, de gaz qui servent la Russie à financer son effort de guerre.
Et donc ce G7 est un moment je crois pouvoir le dire de réveil stratégique où tous ensemble États-Unis, Japon, Canada, Européens, nous avons décidé d'agir de concert aux côtés de l'Ukraine pour au fond défendre notre unité, les valeurs dans lesquelles nous croyons et la situation actuelle.
Voilà, ce qui restera aussi de ce G7 déviant c'est cette unité justement sur la question de l'Ukraine Louis Kervé. Est-ce que là il y a un revirement de Donald Trump ? Depuis le début du débat on explique que le multilatéralisme n'existe plus. C'est ce que j'ai entendu. Et on prouve le contraire. Encore, il faudrait que ce soit pour elle.
On prouve que dans ce contexte effectivement de désengagements et d'imprévisibilité de l'alliée américain, on a quand même une capacité de porter des initiatives collectives d'un certain nombre de nations qui sont essentiellement des nations otaniennes mais également le Japon et qui permettent de porter un certain nombre d'initiatives et de confirmer une stratégie. L'Ukraine résiste. L'Ukraine résiste bien et il ne s'agit pas c'est pas maintenant qu'il faut lâcher les Ukrainiens. Bien au contraire.
D'autant plus que si on est dans la semaine du salon Eurosatory les questions de réarmement de l'Europe se posent et on sait très bien que l'agenda russe dans les années qui viennent peut nous mener ce n'est pas du tout une certitude mais peut nous mener à un moment donné à un incident grave avec un État de l'Union Européenne. C'est la raison pour laquelle ce qui a été décidé à Evian est fondamental. En deux mots ça ce n'est pas le multilatéralisme c'est une alliance de puissance. Le multilatéralisme c'est un système basé sur des organisations multilatérales.
Tout ça et bien bisounours le Président n'a pas compté ses efforts c'est vrai Trump ne changera pas d'avis vis-à-vis de Poutine ce qui m'inquiète c'est que Poutine n'est pas Trump s'il doit perdre la guerre je ne suis pas certain qu'il l'acceptera et donc je crains je crains qu'il devienne très très méchant.
Merci beaucoup merci à tous les trois pour ce débat Romuald Sura je cite votre bande dessinée America 250 une histoire graphique des Etats-Unis c'est disponible aux éditions.nemo merci beaucoup d'avoir participé à ce débat merci à tous de nous avoir suivis à 15h vous suivrez en direct en intégralité la séance de questions au gouvernement depuis le Sénat et nous on se retrouve demain très bonne journée Public Sénat en partenariat avec la presse régionale vous a proposé Bonjour Chez Vous Retrouvez l'intégralité de nos podcasts sur la plateforme Public Sénat
François Ruffin