Sandrine Rousseau conseille à Yannick Jadot « d’aller sur des mesures plus radicales »
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Vous pourriez dire, vous, Sandrine Rousseau, moi, je soutiens Jean-Luc Mélenchon parce que c'est la meilleure de nos chances et qu'en plus, il y a une part non négligeable d'écologie dans son programme.
Moi, je dis que je salue les combats et la personne de Jean-Luc Mélenchon dont j'apprécie la construction politique. Mais je dis que pour moi, l'écologie est centrale et que je me suis engagée à respecter un processus et que je le ferai. Et pourquoi ? Parce que la gauche aussi, d'ailleurs, crève de personnes qui vont dans un camp, dans un autre, qui bougent, qui font ça. Et franchement, on l'a vu avec la dernière primaire des socialistes où Emmanuel Valls est parti, revenu, machin, de rugi, pareil. Et en fait, ça trouble complètement et ça casse toute confiance dans le monde politique. Alors oui, j'apprécie des choses chez Jean-Luc Mélenchon. Il le sait, on en a parlé mille fois.
J'apprécie aussi d'autres choses chez Christiane Taubira. On en a parlé mille fois. Maintenant, moi, je me suis engagée dans un processus. Eh bien, je tiendrai ce processus. Ça fait partie. Permettez-moi de le dire de mes qualités que de ne pas bouger de ligne.
Vous pourriez avoir un sursaut d'orgueil aussi en entraînant tout le monde et en disant, bon, ben voilà, on se réunit pour être...
Je les avais tous invités à mon premier plan et Jean-Luc Mélenchon n'a pas répondu, pas plus que les autres. Bon, d'accord. Vous resterez fidèles.
Vous resterez fidèles à Yannick Jadot. Et pourtant, on n'arrive pas à l'entendre. Il a bien du mal à s'imposer.
Est-ce que... Oui, parce que je crois que l'écologie politique est la force modernisatrice de la gauche.
Il faut changer les choses dans son discours à Yannick Jadot.
Mais je pense que surtout, il faut parler d'écologie.
Il ne le fait pas.
Mais si, lui, il le fait, pardon. Mais il est seul à le faire. C'est-à-dire que là, on est dans une situation climatique extrême. On a eu des températures dans le cercle polaire qu'on n'a jamais atteint. Et c'est comme si... Enfin, le couscous l'emportait sur tout, quoi. Enfin, pardon, mais... Jean-Luc Mélenchon a parlé d'écologie pendant deux heures hier. Oui, il a parlé d'écologie, lui. Pratiquement que ça. Et bien, on l'a entendu. Et bien, on l'a entendu très bien. Et moi, je vous dis, maintenant, on va entendre Yannick Jadot qui va porter l'écologie tout en si fort. Qu'est-ce que vous lui conseillez ? Parce que l'écologie est... Je vais dire, heureusement que...
Sandrine Rousseau, si vous aviez quelque chose à lui conseiller, qu'est-ce que vous lui conseilleriez à Yannick Jadot ?
Je le fais en direct. Je n'ai pas besoin de le faire sur un plateau. Et bien, d'aller sur de l'écologie, d'aller sur des mesures plus radicales, d'affirmer le fait que l'écologie est centrale et que ce n'est pas juste des petits gestes. L'écologie, que c'est une modification de notre manière de vivre. Mais il le fait, il le porte, il le sait.
Il est trop mou dans son discours ? Non, je ne pense pas qu'il est... Par exemple, vous avez l'énergie nucléaire. Il n'est pas assez radical ?
Mais je ne pense pas du tout qu'il soit mou. Je pense que ça, c'est un truc... C'est une espèce de corner dans lequel on nous renvoie de l'écologie. Non, non, c'est vous qui avez dit qu'il faut qu'il soit plus radical. Il faut qu'il soit plus radical, vous l'avez dit. Ça veut dire quoi ? On nous met dans un corner de dire, ben voilà, quand vous dites les choses telles qu'elles sont, c'est-à-dire que le rapport du GIEC nous dit que toute tonne de carbone que l'on émet supplémentaire aggrave considérablement la situation. Très bien. Quand on dit ça, on dit, ouais, mais vous n'êtes pas réaliste, vous êtes dans le clan des révolutionnaires, des agitateurs, etc.
Quand on essaye d'être réaliste et donc d'avoir une image gouvernable, eh bien on dit, vous n'êtes pas assez radical. Donc moi, je vous dis juste, là, en fait, l'écologie en soi est radicale et Yannick Jadot essaye de porter... C'est trop réaliste ! Non, il essaye de porter cette gouvernabilité de la radicalité, c'est pas complètement ça. La gouvernabilité de la radicalité, c'est joli, c'est joli.
C'est lui le premier chez les écologistes, c'était un peu nouveau comme musique, de dire, il faut qu'on soit une écologie de gouvernement. Ça, c'est pas votre truc à vous, c'est pas votre...
Bien sûr que si, moi je me suis présentée pour être présidente de la République, bien sûr que si.
Oui, mais vous êtes beaucoup plus radicale que lui.
Oui, mais je pense qu'aujourd'hui, il y a une attente, et notamment chez les jeunes, du fait qu'on les rassure sur leur avenir.
Alors il y aurait peut-être une solution pour que Yannick Jadot gagne quelques points, c'est de se présenter à cette primaire qui est imaginée par des associations primaires populaires et qui permettrait peut-être, puisqu'il y a 250 000 participants, beaucoup plus que pour les primaires précédentes, la vôtre notamment, et celle des Républicains. Pourquoi ne pas participer à cette primaire-là ?
Parce qu'on est à moins de 90 jours...
Ça permettrait d'avoir un petit coup de pouce, non ?
Non, mais, enfin, là, moi j'ai envie de vous dire que la question sur la primaire populaire, elle a été tranchée à la primaire des écologistes chez nous. C'est-à-dire que moi j'avais dit que j'irais. Yannick Jadot a dit qu'il n'irait pas. Et quelque part, le vote a tranché. Et la démocratie est le pire des systèmes à l'exclusion de tous les autres. Et donc, voilà, c'est la démocratie. Et que quelque part, cette question-là, elle a été tranchée à ce moment-là.
Si vous aviez été élu, vous y seriez allé, vous ?
Ah mais moi, j'avais dit que j'irais. Mais qu'on ne peut pas aujourd'hui réclamer quelque chose et ne pas se mobiliser au moment où il faut le faire. Enfin, je veux dire, là, la démocratie a joué. Et on est le seul parti à avoir fait jouer autant, aussi fortement notre démocratie. Eh bien, respectons cette ligne. Cette ligne, elle est forte. Elle a la légitimité de cette démocratie. Voilà. Et il n'y en a pas beaucoup d'autres, finalement, de légitimité aussi forte.
Comment vous voyez, Mme Taubira, qui, elle, va respecter le verdict de cette primaire populaire ? Qui, elle, a décidé de se porter candidate. Et si elle n'arrive pas en tête de cette primaire populaire, elle se retire.
Je ne comprends pas complètement la démarche de Christiane Taubira, parce qu'elle a commencé, elle a fait cette vidéo en disant qu'elle ne serait pas une candidate de plus. Oui. Aujourd'hui, c'est une candidate de plus.
Le trompe, peut-être, pour vous ?
Et par ailleurs, j'admire vraiment ses combats. Mais je lui dis, venez les faire avec nous. Viens, Christiane, les menez avec nous. Parce que les combats sur l'écologie, sur la place des territoires ultramarins dans l'écologie, dont on parle insuffisamment, bien, viens les porter. Et on aura comme ça une espèce d'équipe et un collectif. Parce que moi, ce qui me semble flagrant dans la situation actuelle, parce qu'on parle d'égo, mais ce dont on ne parle pas, c'est de Cinquième République. C'est-à-dire que la Cinquième République oblige à ça. La Cinquième République oblige à ce qu'il n'y ait que des figures individuelles qui se présentent face au peuple.
Et aujourd'hui, on voit bien qu'on atteint la limite de cette Cinquième République, puisque plus vous êtes outrancier, plus vous avez de la place dans les médias, et plus vous portez des valeurs, et plus vous avez de difficultés à créer cette...
Je suis en train de me dire que la Cinquième République, c'est un régime qui pousse à l'outrance. Oui. Ah oui. C'est pour ça qu'il faut en changer. Oui.
Sandrine Rousseau