Marine Le Pen inéligible : décryptage d’un séisme politique
Audio original de l'émission.
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Bonsoir à toutes et à tous et bienvenue dans Au cœur de l'actu, l'émission d'actualité du soir sur le Média, diffusée en direct sur le canal 165 de la Freebox, sur Molotov et sur le Média TV.fr, du lundi au jeudi à 19h. Merci d'être avec nous ce soir, une actualité majeure. Marine Le Pen condamnée à 5 ans d'inéligibilité. Le tribunal correctionnel de Paris l'a reconnu coupable dans l'affaire des assistants parlementaires du Rassemblement National pour un détournement massif de fonds européens. A deux ans d'une élection présidentielle, cette décision bouleverse profondément le paysage politique français inéligible maintenant.
Condamnée à de la prison aménageable et à une lourde amende, la triple candidate à la présidentielle voit sa trajectoire stoppée net, du moins provisoirement, car elle compte faire appel. Mais au-delà de son cas personnel, c'est toute la stratégie du RN qui vacille, alors que les sondages nous décrivaient une sorte de marche irréversible vers le pouvoir pour la formation politique d'extrême droite.
Pour décrypter les implications juridiques, politiques, institutionnelles et même internationales de ce verdict, j'ai à mes côtés Paul Elec, analyste politique pour le Média, Emma Taillefer, vice-présidente de l'association Anticor et, en visio, Nils Vilqueux, journaliste indépendant et chroniqueur chez nous au Média. En tout cas, Marine Le Pen clame sa combativité, ses soutiens dénoncent une intrusion dans le jeu électoral. Le reste du champ politique se positionne, les médias notamment. Les médias Bolloré interprètent ce séisme politico-judiciaire. Quelles conséquences aura à court, moyen et long terme tout cela ? Le gouvernement Bayrou est chez les menacés.
La Macronie perd-elle, d'une certaine manière, sa meilleure ennemie ? Le RN va-t-il se déchirer ? Pourquoi une partie de la gauche se méfie de cette sorte de mise à la retraite par la voie judiciaire ? Analyse, débat et mise en perspective, c'est maintenant dans Au cœur de l'actu. Bonsoir Paul-Elec, Emma Taillefer.
Bonsoir.
Et bonsoir Nils Vilqueux qui est avec nous par le biais de la visio. Bonsoir, bonsoir à tous. Alors ça y est, la décision que l'on attendait est tombée. La carrière politique de Marine Le Pen est désormais suspendue. La figure de proue du RN est condamnée à de la prison avec aménagement et une lourde amende. Mais elle est surtout inéligible avec effet immédiat résumé du jugement d'aujourd'hui avec Lisa Noyal et Andrei Manivit.
Le procès des assistants parlementaires du RN s'est terminé cet après-midi. Le tribunal correctionnel a reconnu Marine Le Pen coupable de détournement de fonds publics. Aux côtés de huit autres eurodéputés ainsi que de son parti. La présidente du RN écope d'une peine d'inéligibilité au même titre que d'autres prévenus. Pour rappel, il est reproché au parti d'avoir fait rémunérer par le Parlement européen des assistants d'eurodéputés qui travaillaient pour le Front National entre 2004 et 2016. Dans la salle d'audience, ça souffle et ça râle, relatent les journalistes à l'intérieur. Marine Le Pen quittera même la salle avant même d'entendre son verdict.
Les peines prononcées vont de six mois de prison avec sursis à deux enfermes. Un seul prévenu a été relaxé. Pour la présidente du RN, c'est quatre ans, dont deux fermes aménagées sous forme de détention électronique à domicile. 100 000 euros d'amende et cinq ans d'inéligibilité avec exécution provisoire. Pour Julien Audoul, député RN, huit mois de prison avec sursis simple, plus un an d'inéligibilité. Pour Louis Alliot, qui est maire RN de Perpignan, c'est 18 mois, dont six fermes sous bracelet électronique. 8 000 euros d'amende et trois ans d'inéligibilité sans exécution provisoire. Le parti d'extrême droite, quant à lui, a été condamné à 2 millions d'euros d'amende, dont un million fermes.
En sortant de la salle d'audience, l'avocat du Parlement européen, Patrick Maisonneuve, s'est exprimé sur les peines prononcées.
Le tribunal a dit très clairement qu'il n'avait eu aucun doute sur l'organisation du système qui avait été mis en place, qui avait vocation à détourner des fonds du Parlement européen via le règlement des assistants parlementaires. Donc il n'y a pas eu pour le tribunal, manifestement, une seule discussion, une seule hésitation. En ce qui concerne la déclaration de culpabilité, ils ont évalué à plus de 4,4 millions d'euros le montant, ce sont les sommes importantes, le montant des détournements qui ont été faits pendant toutes ces années.
Et puis après, le tribunal en a tiré des conclusions sur le plan civil, bien sûr, en ce qui concerne le fait que le Rassemblement national devra me rembourser l'ensemble de ces sommes, parce que c'est le Rassemblement national qui en a été le bénéficiaire.
En 2013, Marine Le Pen affirmait qu'il était nécessaire de rendre inéligibles à vie les personnes qui étaient condamnées pour détournements de fonds publics, voire même d'être écartées de son parti. Reste à savoir si elle s'appliquera cette peine à elle-même.
Alors l'avocat du Parlement européen, qu'on en a déjà entendu, a tenté d'expliquer les raisons de ces peines d'inéligibilité au micro de Lisa Noyal et d'André Emanivit. On l'écoute.
J'ai l'impression que le tribunal, enfin j'ai la conviction, que le tribunal a véritablement tenu compte de cette situation, de cette posture en tous les cas de déni, en disant puisque vous êtes dans le déni le plus total, eh bien moi j'estime le tribunal judiciaire de Paris qu'il y a un risque de récidive et donc j'applique l'exécution provisoire sur la peine complémentaire d'inéligibilité.
Alors on va évoquer d'abord les dimensions juridiques et judiciaires de cette affaire. Une réaction à chaud sur ce jugement. Emma Taillefer, je rappelle que vous êtes vice-présidente de l'association de lutte anticorruption, anticorps.
Merci beaucoup pour l'invitation. C'est surtout la fin d'une très longue enquête qui a démarré il y a plusieurs années à la suite d'un signalement de l'Office de lutte anti-fraude européen qui a ensuite été transmis à la justice française, qui a eu pendant de longs mois, de longues années même à étudier ce dossier, à ficeler ce dossier, à chercher les preuves. Et à l'issue d'un procès assez long, d'un procès fleuve qui s'est tenu à l'automne, on a donc un verdict assez mesuré, ce qui suit relativement les réquisitions des procureurs. Et nous, c'est vraiment une victoire pour l'État de droit et pour l'égalité des citoyens devant la loi aujourd'hui.
Parce que justement, anticorps s'est un peu créé dans l'insatisfaction de voir finalement les politiques échapper à la rigueur de la loi pendant de nombreuses années, de nombreuses décennies. Est-ce qu'on est face à un tournant historique ?
On est en tout cas dans une juste application. Vraiment, cette décision, c'est une juste application de la loi et surtout des principes constitutionnels qui fondent la République française puisque dès l'article 1er de la Déclaration des droits de l'homme et des citoyens, on nous dit que les hommes naissent libres et égaux en droit et demeurent libres et égaux en droit. Et donc, on voit que la politique ne devrait pas avoir de justice d'exception. Et pour le coup, on n'a pas de justice d'exception. Et on a une justice qui est claire, limpide et adaptée.
Alors, Paul Elex, cet avis n'est pas celui d'un grand nombre d'observateurs. Alors, qu'on peut en retenir de cette décision judiciaire ?
Ce qu'on peut retenir d'abord, c'est qu'en dehors de la question de l'inéligibilité qui va être le sujet de la discussion et qui est aujourd'hui le sujet de la discussion centrale dans les chaînes en continu de médias qui, tout l'après-midi, ont discuté de ses conséquences ou non sur la candidature, c'est encore une fois le jugement sur le fond des choses. Alors, il va y avoir appel et en ce sens, les personnes qui ont été condamnées et qui vont faire appel sont présumées innocentes, mais en première instance, il y a une condamnation pour un système organisé de détournement de fonds publics. Pourquoi système organisé ?
C'est les mots qui ont été utilisés par les juges pour dire qu'il ne s'agissait pas d'une erreur, d'une mauvaise connaissance du règlement, mais d'une organisation réelle, d'un détournement de l'argent public dans le but de quoi ? D'un enrichissement partisan. Ça veut dire quoi ? C'est-à-dire que ce n'est pas forcément un enrichissement individuel lié à des personnes, mais à l'appareil politique qu'est le Rassemblement National.
Or, cette enrichissement partisan, ça veut dire qu'avec l'utilisation de l'argent public, on a utilisé cet argent pour renforcer l'appareil, c'est-à-dire l'appareil de propagande, qui est tout appareil politique, de propagande en faveur d'un projet, qui est en plus celui du Rassemblement National, et qui, personnellement, me pose un problème politiquement.
Mais la question, c'est qu'on ne peut pas, quelle que soit la couleur politique, utiliser des fonds publics qui sont délivrés dans un but précis, payer des gens pour travailler, dans le cadre d'une fonction parlementaire, celui qui permet de payer les salaires des attachés parlementaires, pour faire autre chose, pour organiser le développement de l'appareil partisan, le matériel, et je ne sais ce que ça a pu financer. Il faudrait regarder dans l'ensemble des détails. Et ça, c'est le cœur de l'affaire. Et encore une fois, les peines qui sont prononcées sont justes, mais elles apparaissent comme importantes. Pour quelles raisons ? Parce qu'on parle d'une seule importante.
On parle de plus de 4 millions d'euros. 4 millions d'euros. Avec une implication extrêmement importante de différents membres de l'appareil, à des niveaux hiérarchiques de l'appareil, encore une fois aussi, assez élevés. Et avec le fait que Marine Le Pen a été la dernière à recevoir sa peine dans le délibéré des juges, parce qu'elle est considérée comme au centre. C'est l'expression qui a été utilisée, vous me corrigez si je me trompe, mais de ce système organisé. Donc c'est ça qu'il faut retenir d'abord.
C'est qu'on verra ce que dit l'appel, mais en attendant, c'est une décision qui montre qu'il y avait un système de fonctionnement qui était absolument illégal, et qui est une entorse profonde, au principe démocratique, de l'utilisation de l'argent public et de règles basiques qui devraient organiser la vie politique.
Alors, je trahirais un seul coup en disant que tu étais toi-même assistant parlementaire, et dans la tradition, disons, politique française, on a quand même vu beaucoup d'affaires autour des assistants parlementaires. On a vu l'affaire Fillon, et l'affaire Fillon nous a montré qu'en réalité, il y a des pratiques de ce type. Est-ce que le RN pourrait dire pourquoi c'est quand nous, on nous chope que ça devient quelque chose qui mène à des condamnations et à des inéligibilités ?
Alors, je ne le crois pas, d'abord, parce qu'il y a eu aussi des condamnations dans le même cadre pour le Modem, qui est un autre appareil partisan, qui a utilisé de ce même système. Donc, effectivement... Bayrou a échappé... Absolument, parce qu'il a été relaxé, c'est encore une fois la justice qui décide et qui essaye de voir si elle a des preuves suffisantes pour condamner ou pas. Elle a considéré que Bayrou n'était pas, comme Marine Le Pen, au centre de ce système d'utilisation frauduleuse de l'argent public, quand on dit au Parlement européen. Et, pour donner un mot sur, effectivement, les attachés parlementaires, il y a, quand on dit, une question qui...
L'affaire Fillon, finalement, a quand même permis de clarifier un certain nombre de règles, parce qu'il a été suivi un certain nombre de modifications du règlement. Et, par exemple, quand moi, j'ai travaillé pour une députée à l'Assemblée nationale, donc pas au Parlement européen, c'était après l'affaire Fillon et donc la loi de moralisation de la vie politique, je ne sais plus comment son intitulité exacte, mais j'ai vu, par exemple, faire une déclaration que je n'étais pas en lien de parenté avec la personne pour qui je travaillais. Alors, ça ne peut pas être un détail, mais sauf que c'est ça, l'enjeu de l'affaire Fillon, en partie.
Et donc, on a établi un certain nombre de règles pour encadrer, effectivement, la pratique. Maintenant, le fait qu'il y ait une tradition d'utilisation de postes, de collaborateurs parlementaires pour pouvoir... Dans le volop, on va dire. En tout cas, pour pouvoir avoir des permanents ou des gens qui travaillent pour les appareils partisans, effectivement, ça a été une pratique politique réelle. Ça pose la question, en vérité, de à quel point, quand je veux dire, des appareils peuvent vivre, quand je veux dire, sur le long terme avec toutes les tâches auxquelles ils doivent accomplir avec peu de moyens. Donc, il y a eu des pratiques, on va dire, frauduleuses ou en tout cas problématiques.
Et le seul avantage dans l'histoire, c'est qu'en fait, affaire après affaire, on arrive à un encadrement qui va vers une amélioration, en fait, des conditions de clarification de ce qui est possible de faire ou non.
Nils, alors, j'imagine que tu as travaillé, tu as suivi toute cette affaire durant toute la journée, depuis le matin. D'ailleurs, le dernier épisode des Indiscrets porte notamment sur ce séisme qu'on sentait venir avec une jurisprudence d'un élu de Mayotte. Mais, globalement, quelle est ta réaction de journaliste politique à chaud sur ce verdict-là ?
En fait, ce qui me frappe surtout, c'est qu'on parle beaucoup de Marine Le Pen et c'est avec raison puisque, évidemment, comme tu l'as rappelé en début d'émission, il y avait un nouveau sondage opportunément sorti ce week-end par le JDD qui appartient donc au groupe Bolloré qui créditait Marine Le Pen de 37% d'intention de vote pour la présidentielle, pour la prochaine présidentielle en 2027. Mais en réalité, il y a un autre personnage dont on parle moins, finalement, et qui est un peu en panique depuis l'annonce du verdict, c'est François Bayrou, en fait.
On l'a un petit peu oublié dans cette affaire, mais François Bayrou va lui aussi être rejugé, cette fois en appel, pour les mêmes faits, en fait, puisque le modem était poursuivi, comme le Rassemblement National pour une affaire effectivement d'emploi fictif au Parlement européen. La vice-présidente d'Anticor me corrigera, si je me trompe, je ne suis pas juriste, mais il me semble que c'était à peu près pour les mêmes faits. Et donc, effectivement, je peux vous dire qu'à Matignon, ils ont branché les chaînes d'information en continu sur leur multi-écran et puis ils ont effectivement suivi tout ça de près.
Alors, à tel point qu'une de mes sources, à Matignon, me disait à l'annonce du verdict que le Premier ministre était assez préoccupé et François Bayrou lui-même a communiqué alors soi-disant via son entourage à l'AFP, en fait c'est lui qui téléphone à l'AFP pour être tout à fait honnête, en disant qu'il était troublé par le verdict.
On reviendra sur la réaction de François Fillon. D'accord. Alors, juste un petit détail,
juste pour une ordre de proportion, je crois que l'argent qui est reproché d'avoir été détourné par le Rassemblement National est 20 fois supérieur, un peu plus de 20 ans supérieur à celui du Modem, ce qui ne justifie pas l'action du Modem, mais ce qui montre aussi la possibilité de voir des peines qui n'ont pas le même niveau de sévérité. Alors, le rassemblement, là,
pour continuer le parallèle, effectivement, on est sur des faits relativement similaires d'une utilisation a priori frauduleuse d'enveloppes vraiment destinées à la rémunération des assistants parlementaires européens. Dans le cadre du Modem, c'est effectivement un montant qui est bien moindre et surtout des preuves beaucoup moins évidentes au RN, ce qui a été surtout mis en avant, c'est qu'en fait, tout le monde savait le caractère frauduleux.
En tout cas, les juges, c'est ce qu'ils ont tenté d'établir, c'est qu'on savait qu'il y avait une conscience collective que ce qu'on faisait ce n'était pas terrible mais qu'on avait mis en place un système organisé pour pouvoir détourner sciemment de l'argent du contribuable européen mais qui est finalement du contribuable français.
En fait, justement, tant qu'on y est, est-ce que les affaires arrivent à maturité plus rapidement parce qu'il s'agit du Parlement européen avec des pratiques qui sont plus vertueuses que nos pratiques autochtones françaises ?
Ça se discute, la vertu au Parlement européen d'un point de vue ingérence des lobbies et intérêts divers et variés. Je pense qu'effectivement, il y a eu, en tout cas, au niveau budgétaire, le Parlement européen a été beaucoup plus visionnaire que le Parlement français sur notamment la transparence de l'utilisation des fonds et des enveloppes des députés. Après, c'est encore une fois des affaires qui datent des années, enfin, de début de la décennie 2010.
Donc, en fait, c'est des affaires qui ont mis beaucoup de temps à émerger et qui ont notamment mis beaucoup de temps à sortir des organes d'enquête européens, notamment l'Office de lutte anti-fraude, pour arriver vraiment vers un débouché judiciaire.
Alors, le RN et ses relais, y compris au sein des médias de droite et d'extrême droite, tout particulièrement de la presse Bolloré, ont tonné le reflet du complot politico-judiciaire. Et pourtant, on se souvient des propos que tenait Marine Le Pen sur les peines d'inéligibilité envers les élus qui se rendaient coupables de fraude fiscale ou même de détournement de fonds publics. C'était en 2013 sur le plateau de Public Sénat.
Moi, j'ai entendu le président de la République dire « Où est-ce qu'il faudrait ? » C'est rendre inéligible la vie ceux qui ont été condamnés. Jusque-là, j'étais parfaitement d'accord, c'était dans mon projet présidentiel. Pour corruption et fraude fiscale. Ah bon ? Et pourquoi pas le reste ? Mais alors, pourquoi pas pour favoritisme ? Pourquoi pas pour détournement de fonds publics ? Pourquoi pas pour emploi fictif ? On ne tire jamais les leçons. Quand allons-nous tirer les leçons et effectivement mettre en place l'interdiction de l'inéligibilité à vie pour tous ceux qui ont été condamnés pour des faits commis grâce ou à l'occasion de leur mandat ?
Alors, on va faire un tour de table avec ces questions. Comment ce grand écart est-il possible ? Et est-ce que ce type d'argumentaire peut prospérer, a des chances de prospérer au moins dans une partie de l'opinion et pourquoi ? Paul ? Bon,
c'est-à-dire le grand écart, en fait, ça s'appelle de l'hypocrisie, du mensonge et un mécanisme classique aussi de la part de gens qui estiment en fait qu'ils sont légitimes à pouvoir faire la loi mais que la loi ne doit pas s'appliquer à eux. Ce qui, à mon avis, a une bonne définition. Il semble similaire à une définition que donnait Luc Boltanski, le sociologue, de ce que c'est un dominant. C'est quelqu'un qui se sent parfaitement légitime encore une fois à décider, à prendre des décisions mais qui trouve toujours un peu surprenant qu'on puisse lui appliquer des limites. Je remarque que c'est une réaction assez régulière.
Vous avez entendu qu'il y a quelques semaines l'ancien président de la République, Nicolas Sarkozy, nous a expliqué alors qu'il y a eu un procès qui a duré des années avec énormément d'enquêtes qu'il n'avait jamais rien fait, qu'il était le parfait innocent alors qu'il avait déjà été condamné de façon définitive pour corruption mais il semble oublier que c'est une réalité désormais inscrite.
Vous avez eu d'autres réactions, on pourrait parler de Balkany et d'autres qui sont, j'allais dire, les gangsters de la droite du 92 qui sont en général toujours dans ces genres de positions et qui, en fait, fait tâche d'huile parce que ça arrive à énormément de figures politiques d'être dans cette posture. Le progrès national a utilisé cet argument soit disant anti-corruption de façon particulièrement offensive parce qu'il l'a flirté avec un discours sur la corruption comme jouant avec des affects populaires. Teste haute main propre disait-il. Exactement.
Donc c'est ça que je veux dire par des affects populaires c'est que de fait c'est quelque chose qui tient à cœur aux gens de ne pas avoir l'utilisation frauduleuse de l'argent public pour des fins personnelles. Et donc du coup à partir du moment où des affaires se sont multipliées qu'on a vu des gens rentrer dans des procédures longues pouvoir s'en sortir Je rappelle également que M. Jacques Chirac il a été condamné mais enfin il n'a pas fait de prison parce qu'on était sur la fin de sa vie.
Et ça n'a eu aucune conséquence sur sa vie politique. Absolument.
Et du coup sur la frustration qui a pu se créer dans les affects populaires à cette question elle a pu surfer sur cette question bien entendu ça n'empêche en rien qu'il n'ait pu puisque c'est ce que a dit le tribunal en première instance participer à ce genre d'affaires donc voilà c'est une situation classique d'hypocrisie et juste la cerise sur le gâteau là c'est que de fait c'est une loi c'est le législateur qui a décidé qu'il y ait une peine obligatoire d'inéligibilité associée quand dire à une condamnation lorsqu'on parle de la probité des élus le législateur c'est-à-dire les politiques les députés les députés et le sénat et donc les gens qui votent et en résistant les lois ça n'est pas les juges la seule nuance c'est que les juges avaient le choix de prononcer une exécution provisoire donc quand dire même une exécution de la peine même s'il y a appel et ils l'ont fait en se justifiant et aucun par cas par exemple Louis Alliot qui est maire de Perpignan ils n'ont pas quand dire appliqué une peine d'exécution provisoire et ils l'ont justifié en disant que ça rentrerait en tension avec la liberté de l'électeur et c'était ce que la jurisprudence du conseil constitutionnel a décidé notamment dans sa décision qu'il a rappelée le 28 mars donc vendredi dernier sur l'affaire d'une question de priorité question constitutionnelle de priorité liée à une affaire d'un élu local maorais bref c'est technique mais voilà donc la question c'est là on est dans une pleine hypocrisie on a des gens qui parlent dur et qui attaquent mais qui une fois qu'ils sont concernés ils vont dire ben voilà ils sont mis en face de leurs propres contradictions et ça c'est quelque chose assez classique c'est-à-dire si vous regardez le Rassemblement National systématiquement ils ont souvent des mots durs mais ils sont toujours durs dans les mots et très mous dans les faits c'est vrai pour ce discours-là mais ça serait surtout sur leur politique économique et sociale ils prétendent qu'ils seront les grands défenseurs de la classe populaire et vous regardez à côté leur vote leur position politique il n'y a rien il n'y a pas grand chose ça s'effondre très très vite et c'est voilà un jeu de posture voilà d'une opposition qui se met en scène mais qui n'en est pas vraiment une bon et voilà là il joue la carte de la défense de nous sommes innocents et on en veut contre nous quoi le complot c'est la dernière carte
c'est la carte joker c'est une carte qui marche souvent justement Nils
le plus drôle en plus pour compléter le propos de Paul c'est que les députés RN à l'époque en 2017 quand la loi a été aggravée se sont tous abstenus en fait alors c'était pas un groupe à l'époque mais ils se sont tous abstenus c'est-à-dire qu'ils n'ont même pas voté contre ils se sont abstenus donc ils ont laissé en quelque sorte à la sagesse de leurs collègues parlementaires le choix d'aggraver d'aggraver ces peines et aujourd'hui comme le souligne Paul et bien ils sont en train de se plaindre c'est quand même assez ironique
y compris Marine Le Pen qui était déjà élue en 2017 tout à fait
alors Emma j'aimerais vous savoir Emma Taillefer donc d'Anticor est-ce que vous pensez que cette manière de disons ce grand écart auquel on assiste a des chances de prospérer dans l'opinion publique
moi je voudrais déjà rappeler pourquoi Anticor existe vous l'avez rappelé rapidement mais donc on a été créé en 2002 forcément la date c'était l'arrivée au second tour de Jean-Marie Le Pen et de l'extrême droite et donc une vision de la politique un peu populiste qu'on souhaitait combattre à l'époque et surtout en fait parce qu'on considérait que cette arrivée au second tour d'un représentant d'extrême droite signait en fait la fin du contrat de confiance entre les français et leurs représentants et pour nous là on est dans ce qui se passe cet après-midi on aura l'occasion d'y revenir dans une volonté des politiques en tout cas ou une inconscience des politiques d'abîmer encore plus ce lien de confiance qui les unit à leurs représentants et Anticor en tout cas on milite nous pour un casier judiciaire vierge pour les responsables politiques puisqu'en fait on a énormément de métiers de la fonction publique qui sont soumis à un casier judiciaire vierge je suis professeure je suis censée avoir montré que effectivement je n'avais pas commis d'infraction et on considère que nos responsables politiques en tant qu'ils sont chargés d'une mission démocratique essentielle et même le conseil constitutionnel a rappelé vendredi dans sa décision qu'il y avait un devoir d'exemplarité de la part du personnel politique on considère donc que ce casier judiciaire vierge c'est une preuve pour les électeurs enfin en faveur des électeurs pour que les responsables politiques soient on renoue avec la confiance envers nos responsables
alors Nils j'insiste sur la capacité disons de progression dans l'opinion de l'argumentaire du complot qui est brandi par le RN et qui sera brandi d'autant plus que les médias de nombreux médias en fait jouent cette carte là Marine Le Pen dans quelques minutes puisqu'on est à 19h23 pendant qu'on tourne dans quelques minutes elle sera sur TF1 donc en fait le plus gros journal télévisé de France elle y sera il n'y aura pas pour la contrer un constitutionnaliste ou bien un expert ou bien quelqu'un qui pourra démonter son argumentaire et on a vu les médias Bolloré qui donnent de la voix tu connais bien les médias leur fonctionnement est-ce qu'ils ne sont pas un peu responsables est-ce qu'ils ne seront pas un peu responsables d'une sorte de vague de défiance vis-à-vis de l'appareil judiciaire demain
c'est vrai qu'on entend un peu tout et n'importe quoi à ce sujet et ce n'est pas mes deux interlocuteurs nos deux interlocuteurs qui nous accompagnent ce soir qui diront le contraire je pense que comme moi ils ont pu observer les bêtises qui ont été qui ont été proférées sur BFM sur CNews sur les chaînes d'info en continu par exemple on entendait ce matin sur BFM pourtant un grand constitutionnaliste et juriste un ancien membre du conseil de la magistrature c'était Dominique Rousseau expliquer que Marine Le Pen pourrait éventuellement suspendre l'exécution provisoire qui a été décidée qui a été décidée par la juge en faisant appel au premier président de la cour d'appel alors évidemment ce n'est pas possible en fait c'est seulement possible pour les affaires aux civils c'est Libé qui a consulté des vrais pénalistes cette fois pour en parler alors je ne sais pas si on peut dire que les médias mainstream sont responsables de la comment dire du flottement ou de la dévalorisation de la justice par rapport aux politiques mais c'est vrai en tout cas qu'il y a une forme de désinformation de la part des politiques eux-mêmes d'ailleurs qui est amplement amplifiée effectivement par ces médias l'autre souci aussi c'est que le rassemblement national en fait est devenu qu'il y avait un discours peut-être que Paul nous le rappellera ensuite je ne sais pas mais le front national puis le rassemblement national s'est construit sur un discours anti-élite un discours anti-élite qui était très fort à la base voilà eux sont corrompus pas nous nous représentons le peuple pas eux il y avait cette sorte de confrontation là maintenant on rappelle quand même vous l'avez rappelé on va le rappeler mais Marine Le Pen va intervenir dans une demi-heure face à Gilles Boulot sur TF1 sur lequel effectivement reposent tous nos espoirs voilà mais à Gilles Boulot le JT de TF1 c'est ce qu'a fait Nicolas Sarkozy après avoir été condamné cette fois-ci définitivement dans l'affaire Bismuth il y a maintenant quelques jours quoi donc en fait le rassemblement national à Marine Le Pen est devenu l'élite en fait l'incarnation de l'élite c'est quand même un discours qu'il va falloir faire passer et faire digérer à ses électeurs
est-ce que la mauvaise couverture des procès de ce type le procès Le Pen le procès Sarko est-ce que ça ne nourrit pas également est-ce que ça ne disons que ça ne facilite pas les opérations des informations massives à ce sujet
alors je ne sais pas s'il y a une mauvaise information parce que
mauvaise couverture c'est-à-dire que nous les médias indépendants on a beaucoup parlé des procès Le Pen Sarko etc mais quand on regarde les JT ou alors les chaînes d'info non clairement Oui mais parce que
parce que tu vois bien on en parle souvent d'ailleurs sur le média le problème c'est que les grands groupes je ne vais pas faire un discours de gauchiste mais enfin quand même les grands groupes médiatiques sont aux mains des milliardaires c'est bien pour ça que le média a été créé et qu'on est tous là ce soir avec le soutien de nos abonnés mais c'est parce que effectivement TF1 appartient TF1 et LCI appartiennent à Martin Vuig qui est d'ailleurs le parrain de Louis Sarkozy l'un des rejetons Sarko qui d'ailleurs intervient pour soutenir Papa tous les soirs ou toutes les semaines maintenant face à Rochebin sur LCI Rodolphe Saadé a quand même repris la Provence possède la tribune du dimanche maintenant BFM donc il y a un peu ces médias qui sont aux mains effectivement de ces élites financières qui ont des liens avec les politiques idem pour le Parisien les échos qui sont la propriété de Bernard Arnault alors évidemment il ne s'agit pas d'accuser les confrères et consœurs de mal couvrir les procès mais de fait ils sont quand même entravés quand il s'agit d'affaires comme ça aussi sensibles qui touchent de très hautes personnalités ils sont évidemment entravés dans leur travail et on ne leur permet pas de faire une bonne publicité des débats et des décisions de justice c'est évident
alors Paul justement est-ce que ça va passer est-ce que cette pirouette de communication va passer grâce aux médias
alors je ne sais pas ce qu'on appellera à passer parce que de fait il va y avoir des conséquences politiques mais ce qui est vrai je voudrais revenir là-dessus c'est qu'on a officiellement une position TF1 et le JT des repris de justice en France ça devient parfaitement évident ils ne sont pas les seuls à avoir des problématiques comme ça je rappelle que le groupe M6 vient de recruter un animateur raciste Cyril Hanouna après avoir conservé un autre animateur condamné pour des faits de pédocriminalité mais c'est la télé française à l'image de ce milieu dans la pédocriminalité
c'est plutôt le groupe Canal en revanche l'animateur un animateur de M6 a été jugé coupable de violences conjugales Stéphane Platza
non mais moi je parlais de Morandini Morandini c'est le groupe Canal autant pour moi ça en fait un de plus ça montre à quel point il y a un problème collectif sur le fait qu'à partir de certaines positions sociales les condamnations que vous recevez sont jugées peu graves ces mêmes médias dans lesquels vous avez des possibilités de commenter pendant des heures pourquoi il faut durcir les peines de gens qui volent un paquet de chips ou une canette la délicance des mineurs c'est un problème systémique Nice a très bien rappelé la question c'est est-ce que ça va passer je sais pas moi ce que je vois surtout et ça c'est les conséquences politiques c'est effectivement il y a un problème d'information qui est lié à plein de choses d'abord je pense qu'il y a effectivement une forme de médiocrité dans l'analyse on a des commentateurs qui sont de toutologues c'est-à-dire des spécialistes de tout et de rien qui du coup s'expriment en permanence et quand dire dans des antennes et n'ont pas des connaissances précises sur des enjeux juridiques c'est qu'ils ont les moyens
justement d'avoir des reporters lors des procès et d'avoir des spécialistes
bien sûr mais pour ça il faut avoir une volonté de traiter l'information pour ce qu'elle est et pas de ce que l'on pense que les conséquences et l'intérêt qui va la logique commerciale disait Bourdieu c'est-à-dire des médias c'est-à-dire le fait qu'on cherche avant tout l'audimat plutôt que le fond et ça c'est aussi un problème nous on a la chance d'avoir des formats longs de pouvoir parler pendant des heures bon eux ils ont des pubs toutes les 20 minutes et pendant 20 minutes il faut qu'on ait envoyé un message et c'est pour ça que par exemple on a un vrai débat sur cette question encore une fois de l'inéligibilité la peine d'exécution provisante je vous ai juste dit un mot là-dessus pour dire est-ce que ça va passer bon dans les médias ce qu'on voit qui passe pas c'est qu'on comprend pas trop ou il y a une suspicion généralisée qui est mise sur cette question donc pour remettre des faits suspicion sur les juges voilà ils remettent des faits pour c'est un choix des juges effectivement de pouvoir appliquer cette mais il doit être justifié et en l'occurrence ils l'ont justifié pour Marine Le Pen et pour d'autres par deux faits d'abord ils disent c'est un risque de récidive et on pourrait dire mais oui mais Marine Le Pen n'est plus parlementaire européenne mais elle ne cache pas ses ambitions d'être élue ailleurs et donc potentiellement de mettre en place un système de détournement organisé de l'argent public et donc la question de la récidive n'est pas complètement absurde à poser ce que les médias ont systématiquement dit balayé d'un revers de main et deuxièmement ils ont dit pourquoi la récidive est quelque chose de plausible c'est que en plus vous avez une attitude de l'ensemble des gens qui ont été aujourd'hui condamnés en première instance de dédiner ces systématiques refusant de qualifier ce qu'ils ont fait ou de reconnaître que ce qu'ils ont fait était parfaitement illégal or à partir du moment où vous avez une attitude de déni qui est la même encore une fois de Marine Le Pen à Nicolas Sarkozy sur sa situation etc vous êtes dans une situation où comment voulez-vous que les individus ne soient pas tentés de reproduire la même chose puisqu'ils estiment ne pas avoir fait du mal et sur ça les médias vont avoir une forte responsabilité maintenant la deuxième responsabilité elle est surtout politique et moi c'est ce que j'allais dire c'est que le séisme c'est pas la décision de justice la justice suit son cours ça prend du temps ça fait des années qu'on attend cette décision et dur à l'ex c'est de l'ex la loi est dure mais c'est la loi la question c'est comment ça va être une opportunité politique pour produire une vague de contestation réactionnaire du système d'état de droit c'est ce que vous aviez dit au début et je pense que c'est ça la donnée fantaselle c'est ça le séisme c'est monsieur Ciotti qui se demande si on a encore une démocratie et qui a des positions limite similaires au Kremlin à monsieur Orban c'est un certain nombre de déclarations on va en parler mais de politiques de droite qui vont cracher leur haine de la démocratie oui donc
Emma Taillefer vous en tant que vice-président d'Anticor vous regardez le traitement médiatique des procès de ces procès importants qui pourraient être des moments de pédagogie juridique mais en fait c'est surtout des moments de vide de grand vide c'est à dire heureusement que sur le procès Sarkozy il y a eu les médias indés mais par exemple ce procès était très peu couvert par les médias mainstream en revanche dès que c'est terminé boum Sarkozy sur TF1
on a effectivement à la fois le procès Sarkozy que ce soit l'affaire des écoutes il y a plus longtemps le procès libyen et là on le voit bien aussi avec le procès du RN on est assez sidéré de la liberté qu'a la classe politique mais aussi dans une certaine mesure le jeu médiatique comme vous l'avez dit de pouvoir se donner à coeur joie dans la critique d'une décision de justice souvent même pas très bien lue pas très bien comprise pas très bien analysée mais en fait on met à égalité le travail de plusieurs années d'un travail de juge d'instruction de procureur et de juge du ciel siège on le met en balance totalement parfaite avec la réaction de tel ou tel éditorialiste ou surtout de tel ou tel responsable politique et effectivement vous parlez de l'histoire de la couverture médiatique nous on a été particulièrement étonnés sur le procès Sarkozy que en fait on est quand même dans le cas d'un ancien chef d'état qui aurait pu nouer il est toujours présumé innocent aurait pu nouer un pacte de corruption avec un dictateur libyen on aurait pu se dire que ça dans un pays démocratique tel que la France ça aurait fait plusieurs fois par semaine un sujet du 20h de TF1 ou de France 2 non effectivement on a la chance d'avoir des médias indépendants qui parlent de ça on a la chance d'avoir un super documentaire sur l'affaire Sarkozy personne n'y comprend rien réalisé par Yannick Kergoat dont Anticor est le partenaire pour justement faire de la pédagogie réelle sur cette affaire pour diffuser le combat culturel diffuser la gravité de ce genre d'affaires de corruption et essayer d'intéresser les citoyens qui en fait ne sont pas idiots se rendre compte qu'il y a un problème et surtout sont en demande d'explications et je trouve qu'effectivement la presse traditionnelle on pourrait dire ne donne pas forcément toutes les clés de lecture
Alors la classe politique semble globalement mal à l'aise sur ce qui apparaît comme un précédent en tout cas à ce niveau de responsabilité la question qui se pose à beaucoup c'est la légitimité des juges à déterminer qui peut être éligible ou non c'est en tout cas ce que l'on pense manifestement et cela peut être étonnant à la France insoumise c'est Éric Coquerel qui posait le débat sur la table cet après-midi au micro de LCP
Nous sommes pour le fait que tous les recours puissent s'être épuisés voilà le tribunal en a décidé autrement et il a appliqué une loi qui n'a pas été votée par nous de même en ce moment il applique des lois toujours plus sévères qui sont souvent votées par le Rassemblement National donc tout justicial doit de ce point de vue-là être dans une situation d'égalité et pour tout justicial nous on souhaiterait qu'il puisse y avoir les recours nécessaires voilà j'ai pas plus de commentaires la seule chose c'est que nous de toute façon on compte pas sur la justice pour battre le Rassemblement National on l'a battu aux législatives dernière et on compte bien de nouveau le battre aux prochaines élections quel que soit le candidat je suis pas spécialement en deux
vous regrettez cette exécution non je vous ai est-ce que ça veut dire que ça quelque chose un problème démocratique
je vous ai dit tel quel et je ne dirai pas autre chose c'est que nous prenons acte de décision de justice le tribunal s'est appuyé sur des lois voilà après sur le principe de ne pas pouvoir faire de recours nous l'avons dit nous ne sommes pas d'accord avec ce principe là mais j'allais dire que c'est pas la responsabilité des juges c'est la responsabilité de ceux qui ont voté les lois pour aggraver les peines c'est eux qui doivent peut-être aujourd'hui se poser des questions
Oui alors c'est Eric Coquel qui parlait François Bayrou de son côté a annoncé son entourage son entourage Nils nous a dit qu'en fait son entourage c'est un peu c'est un peu une manière de dire que c'est lui-même qu'il était troublé après l'annonce du jugement de Marine Le Pen y a-t-il un débat philosophique à avoir au-delà des effets de manche et de la démagogie sur ces peines d'inéligibilité et la crainte du fameux l'offert que la France insoumise exprime souvent est-elle justifiée dans notre contexte
politico-judiciaire ?
Juste pour la blague François Bayrou il a dit qu'il était troublé mais qu'il ne commenterait pas la décision c'est-à-dire que dans la même phrase il commente la décision et il dit qu'il ne va pas le faire c'est quand même assez incroyable mais sur cette question oui je pense qu'il y a un débat la question c'est pas de débattre sur la base de cette décision en essayant de la contester de mettre la suspicion sur le travail des juges des enquêteurs maintenant l'idée de dire que bon il doit toujours y avoir des formes de recours ce qui est le principe que met en avant la France insoumise se pose de la même manière j'ai une question pour vous je comprends cette question par exemple du casier judiciaire vierge pour pouvoir exercer mais le problème ce serait pour toutes sortes de faits c'est-à-dire par exemple des gens qui seraient condamnés dans le cadre d'une activité militante d'avoir bloqué un site polluant avoir dans le cadre d'une manifestation été interpellé on sait qu'il y a des interpellations très abusives on a eu une criminalisation de l'action syndicale et partisane est-ce que ça ça compterait ou pas s'il y a inscription au casier judiciaire c'est là où je pense qu'il peut y avoir des débats sur la façon dont il est nécessaire d'avoir des règles ne pas le reconnaître est un problème parce que ça ne fait pas avancer la transparence de la vie politique et l'utilisation des fonds publics dans le cadre de cette activité qui devrait être une ressource pour la vie démocratique de l'autre côté on peut aussi réfléchir sur le fond quelles sont les conditions c'est-à-dire comment se doter de règles qui permettent de punir ce qui doit être puni et l'empêcher tout en ayant un caractère flexible c'est le but aussi de la discussion de discuter de quelles sont les règles et c'est pour ça d'ailleurs qu'il faut passer par le législateur pour décider ça pour qu'on laisse cette histoire encore ce fantasme de l'extrême droite du fait que ce serait les juges qui décident non les juges ils appliquent la loi et la question de la loi elle est discutable alors cela tu es d'accord
avec Eric Coquerel et Matt Affair sur ce sujet du law fair est-ce que ça peut exister une France dans laquelle les juridictions deviennent de plus en plus agressives vis-à-vis d'une partie des militants notamment les écologistes etc
mais tu disais le law fair en tout cas ce qui est vrai c'est que dans des systèmes politiques où il y a des crises politiques il arrive que l'institution judiciaire puisse s'extraire du champ pour essayer de régler des conflits on l'a vu au Brésil on l'a vu dans d'autres situations où c'est extrêmement difficile de ne pas attester du fait qu'il y a des fois des instrumentalisations judiciaires la question c'est que le problème c'est que puisque ça existe parfois le problème c'est qu'il revient comme argument que c'est tout le temps le cas sous la forme d'une forme de complotisme bourgeois de la classe politique et c'est pas la même chose mais oui il arrive que des fois s'indépendantise dans les moments de crise politique où on est dans des situations de crise regardez ce qui se passe juste au passage en Israël sur le conflit qu'il existe entre la cour suprême d'un côté israélienne et le pouvoir politique en Israël qui a été l'objet de manifestations immenses de la part des Israéliens et le fait aussi que c'est une crise politique dans un pays où il y a des élections pendant 5 élections en 7 ans etc il y a des moments où l'appareil plus vieille la question là c'est qu'on n'est pas confronté à ça en France Emma t'aille faire une réaction
je vais répondre sur le casier judiciaire vierge anticorps on lutte contre la corruption donc bien entendu que nous on milite et on militera si une proposition de loi devrait être discutée pour en tout cas avoir toutes les infractions à la probité qui rentreraient dans le périmètre de ce casier du judiciaire vierge mais encore une fois il faut effectivement qu'on ait une loi on ait une discussion au Parlement on a un Parlement qui est là pour voter des lois pour avoir ce débat d'idées en fait quand on a proposé l'immédiateté l'automaticité de la peine d'inéligibilité puis ensuite qu'on l'a aggravée avec l'exécution provisoire il y a eu des discussions en fait il y a eu un débat parlementaire il y a eu des amendements et donc la représentation nationale a dans sa majorité voté pour l'exécution pour l'exécution provisoire d'une peine d'inéligibilité
la droite va vous entendre et va commencer à préparer les PPL pour ça alors restez avec nous les discussions vont continuer et d'ailleurs Nils nous promet un scoop sur Macron mais entre temps on va regarder les autres titres de la journée
le bilan s'alourdit après le séisme en Birmanie au moins 2056 morts et 3900 blessés ont été recensés et les chiffres devraient encore être revus à la hausse deux ressortissants français font partie des victimes l'agent militaire au pouvoir en Birmanie a déclaré l'état d'urgence et une semaine de deuil national le tremblement de terre de magnitude 7,7 survenu vendredi est le plus puissant que le pays a connu depuis des décennies il a été suivi d'une puissante réplique puis de plusieurs autres plus modérés l'épicentre se situe près de Mandalay la deuxième plus grande ville du pays qui compte environ 1,5 million d'habitants les secours ont provoqué l'effondrement d'un édifice religieux où au moins 180 moines étaient en train de passer un examen les secours sont toujours à la recherche de survivants
je ne peux même pas
décrire à quel point je suis triste ou décrire ce que je ressens
je n'ai pas de mots
face à cette destruction
avant le séisme
la situation humanitaire était déjà catastrophique en Birmanie le pays est en pleine guerre civile depuis le coup d'état mené par la juinte militaire contre le gouvernement démocratiquement élu d'Aung San Suu Kyi en février 2021
Donald Trump change de ton
avec Vladimir Poutine ce dimanche le président américain s'est dit très énervé contre son homologue russe qui a évoqué l'idée de mettre en place un gouvernement transitoire en Ukraine avant de négocier un accord de paix Trump l'accuse de faire traîner les discussions sur la trêve et le menace d'imposer des droits de douane de 25% sur tout le pétrole qui sort du pays de son côté Vladimir Poutine dit rester ouvert à tout contact avec Donald Trump le président américain s'en est aussi pris à Volodymyr Zelensky qui l'accuse de vouloir revenir sur l'accord sur les terres rares je vois qu'il essaie de se retirer de l'accord sur les terres rares et s'il le fait il aura des problèmes de gros gros problèmes Volodymyr Zelensky a annoncé vendredi avoir reçu de la maison blanche une proposition d'accord sur les minerais ukrainiens mais qui serait très défavorable à son pays
Alors je me tourne vers Nils Nils qui passe ses journées au téléphone et par d'autres moyens à converser avec les politiques et qui nous dit qu'il a un scoop sur Macron lié à cette affaire Nils on t'écoute
Je ne sais pas si c'est le scoop de l'année mais il y a une petite musique qui va monter dans les prochains jours c'est la possibilité d'une grâce présidentielle pour Marine Le Pen Alors non non ce n'est pas une blague c'est assez sérieux et c'est plus qu'une rumeur d'ailleurs selon mes informations c'est des signaux qui ont été envoyés par l'entourage de Marine Le Pen à l'Elysée et à Emmanuel Macron faisant savoir que la patronne du RN et ex ou future candidate du coup on ne sait plus trop pour la présidentielle de 2027 ne serait pas contre que le président use de ce droit monarchique puisque c'est une survivance de l'ancien régime pour effectivement la laver de ses ennuis judiciaires que ce soit d'ailleurs une grâce totale ou seulement une grâce partielle en levant notamment cette exécution provisoire qui l'empêcherait de se présenter Alors tu sais ça prend corps Théo et vous autres ça prend corps parce que cet après-midi il y a eu une interview dans le Dauphiné libéré de l'ex-ministre et ex-figure de la droite d'ailleurs voire même de l'extrême droite parfois Hervé Mariton qui lance un appel à Emmanuel Macron qui lance un appel aussi à Marine Le Pen qui explique que Marine Le Pen ne devrait pas faire appel comme ça Emmanuel Macron pourra l'agracier et c'est l'issue politique qu'il imagine pour sortir dit-il d'un problème politique massif que représenterait effectivement l'absence de Marine Le Pen crédité donc d'un grand nombre d'attention de vote en tout cas dans les instituts de sondage à la présidentielle en 2027
Justement en fait tu voulais également rebondir sur la position de la France insoumise qui est plutôt en retrait par rapport à la joie des militants de gauche on va dire face à cette condamnation
Oui il y a une grande prudence alors Paul a raison de rappeler effectivement ils sont cohérents avec leur programme avec la politique qu'ils veulent mener et on peut tout à fait le comprendre il faut quand même rappeler que la France insoumise est aussi un parti politique n'est-ce pas avec un discours de politiciens et que la prudence aussi des cadres de la France insoumise elle s'explique aussi par le fait que Jean-Luc Mélenchon il traîne un petit peu lui aussi l'ouverture d'une information judiciaire en 2018 sur l'utilisation de fonds du Parlement européen quand il était député jusqu'en 2017 alors certes pour le moment l'enquête n'a pas beaucoup avancé c'est le cas de le dire donc il ne s'agit évidemment pas d'enfoncer la France insoumise mais quand même il faut éventuellement le rappeler et puis il y a une autre donnée qui est tout aussi politique c'est que Jean-Luc Mélenchon s'est préparé à un duel face à Marine Le Pen toutes ses pensées sont quand même tournées vers ce duel contre Marine Le Pen en 2027 et j'ai échangé avec un élu insoumis ce matin qui m'expliquait que si Marine Le Pen ne se présentait pas ça changeait quand même leur plan et qu'évidemment un Bardella à la place d'une Marine Le Pen c'était pas tout à fait la même stature c'était pas tout à fait la même campagne électorale et donc effectivement que ça allait changer leur plan donc derrière aussi cette réserve de la France insoumise il y a peut-être aussi un sous-entendu plus politique qu'il n'y paraît
Alors justement que va faire le parti de Marine Le Pen parce que si certains signaux sont envoyés c'est peut-être parce qu'on a peur de leur réaction l'état-major du Rassemblement National était évidemment vent debout pour défendre leur ex-chef et tout ce qu'elle a entraîné dans sa chute à l'instar de Valran de Saint-Just conseiller régional d'Île-de-France on l'écoute
pour empêcher Marine Le Pen de se présenter et d'être élue disent-ils à la présidence de la République fermez les guillemets point donc c'est pas la peine d'épiloguer le tribunal a vraiment fait état de sa volonté politique de pas sa volonté ni judiciaire ni juridique mais politique c'est la première fois au bout de 40 ou 50 ans que je vois cela écrit noir sur blanc c'est ça qui était absolument invraisemblable mais on va résister à bientôt
Jordan Bardella a annoncé une mobilisation populaire et pacifique je le cite et le lancement d'une pétition il s'inspire peut-être des recettes d'Éric Zemmour et de Reconquête parce que les pétitions ça permet de recueillir des emails des données on imagine qu'ils ne s'arrêteront pas là à quoi faut-il s'attendre donc de la part du RN est-ce que cette décision de justice peut-être de nature à les renforcer électoralement est-ce qu'ils vont essayer de se venger en renversant Bayrou est-ce qu'ils pourraient expliquer les feux les signaux lumineux envoyés par Macron peut-être pour les calmer
d'abord il faut regarder il y a des perspectives individuelles la question de la candidature de Marine Le Pen en 2027 elle semble très compromise mais elle n'est pas entièrement fermée puisque ça dépendra de la date d'appel ça dépendra aussi il me semble la possibilité pour elle de peut-être poser une QPC mais il faut voir sur ces questions parce qu'en gros question prioritaire de constitutionnalité parce que si vous voulez dans le cadre d'une exécution provisoire pour certains mandats locaux en gros régionaux départementaux municipaux il peut y avoir un décisissement du poste de l'élu par le préfet ce qui n'est pas le cas de son mandat parlementaire et il y a encore une fois cette question de la jurisprudence du conseil constitutionnel qui dit qu'il faut qu'il y ait un respect de la liberté des électeurs elle peut peut-être essayer d'exploiter cette question jurisprudentielle pour poser la question de ce que ça pose la question de candidature donc moi encore une fois on verra ce qu'il advient mais il faut compter sur le fait que le Rassemblement National va en tout cas Marine Le Pen va utiliser tous les recours qu'elle pourra ou qu'elle souhaite en sachant que je vous rappelle qu'elle est avocate de profession deuxièmement est-ce que politiquement ils vont se mobiliser effectivement je pense que cette décision judiciaire c'est pour ça que je disais que c'est pas la décision qui est le séisme c'est l'opportunité politique qui se propose derrière on a depuis quelques années un discours radicalisé d'une partie de la droite et de l'extrême droite sur la question de l'état de droit il est venu à propos de plein de questions dès lors que l'état de droit s'oppose à une politique ou à un discours qui est celui de la droite notamment je pense en termes de droits humains sur la question des personnes qui ont un parcours migratoire ou des personnes exilées qui viennent sur le territoire on a systématiquement entendu monsieur Zemmour à la présidentielle les membres du rassemble national une partie de la droite quand dire très ancrée à droite ou historiquement provenant de l'extrême droite monsieur Rotaillot monsieur Darmanin s'en prendre à la cour opérale des droits de l'homme à quand dire au cadre juridique protecteur qui pourrait être celui du respect basique des droits humains en tout cas de la jurisprudence qui établisse ce genre d'incision comme la CEDH et on avait déjà ce discours de haine qui était tapis j'allais dire dans l'ombre parce qu'il était assumé de façon frontale que par Zemmour finalement qui est un multirépidiviste donc lui il n'avait plus de problème pour s'y attaquer mais de l'autre côté c'était avec prudence là aujourd'hui on a l'opportunité politique de la part de ce camp social réactionnaire de faire une offensive et de tirer à bout les rouges contre encore une fois des désignations floues le système les juges on ne sait pas trop des institutions qui apparaissent abstraites aux yeux des français et qui vont pouvoir mobiliser des affects en disant on nous empêche de nous présenter ce que vient de dire le représentant de la Ration nationale ou toutes ces formules
un peu complétistes Il y a Nils qui me dit par message que Macron lui aussi a des attitudes et des propos qui remettent en cause l'état de droite qu'il n'y a pas la droite que la droite est l'extrême droite
Absolument mais parce que je pense il faudrait regarder la formule du philosophe Jacques Rancière qui est une vieille formule il parlait de la haine de la démocratie dans une provocation il disait vous savez on accuse toujours le peuple d'être contre la démocratie d'être contre ses institutions de vouloir mal d'être un peu populiste mais en vérité la haine de la démocratie ceci une haine surtout des élites politiques qui considère qu'ils doivent être libres de gérer leurs affaires et leur façon de faire à leur manière et que dès lors que la règle doit s'imposer à eux alors là il faut remettre en cause toutes ces problématiques de la transparence des exigences qui fait que quand la responsabilité est prise par quelqu'un il doit être sous le contrôle du peuple je rappelle que le jugement a été donné au nom du peuple et cette haine de la démocratie elle se transforme souvent sur une forme de complotisme bourgeois je ne vois pas d'autre mot que la façon dont on a un certain nombre de milieux qui sont des milieux favorisés privilégiés en termes de capitaux sociaux, économiques, culturels et qui vont avoir des représentations erronées ou promouvoir des représentations un peu faussées de la réalité dans le but de conserver leurs intérêts propres et c'est extrêmement dangereux c'est extrêmement dangereux alors justement
Emma Taillefer de Dandicor est-ce que cette décision de justice finalement peut se retourner contre les promoteurs de l'état de droit qu'on veut et renforcer le RN si les affects dont parle Paul sont mobilisés efficacement ?
moi je veux surtout dire un mot c'est que cette séquence à la fois le procès libyen et la séquence sur le RN montre qu'il y a vraiment une critique décomplexée de la décision de justice et principalement de la part de la classe politique enfin en tout cas de certains responsables politiques et en fait cette pression envers les magistrats c'est problématique à deux égards en fait ça ne respecte absolument pas le principe constitutionnel qui fonde notre république qui est le principe de séparation des pouvoirs donc que ce soit le pouvoir législatif le pouvoir exécutif ne sont pas censés pouvoir exercer de quelconque pression sur la justice en tant qu'institution et surtout pour moi c'est aussi vraiment c'est quand même un pied un comment dire vraiment un pied de nez à un travail judiciaire qu'on prend vraiment pas au sérieux en fait on se rend compte que dans la tête de certains responsables politiques et dans la manière dont c'est véhiculé dans les médias une décision de justice s'est prise un petit peu sur un coin de table avec des idées politiques avec des idées partisanes même de la part des magistrats qui rendraient la décision et ça c'est profondément choquant puisque on rappelle que la justice est indépendante puisque la justice a des moyens pour pouvoir chercher des preuves qu'elle est obligée de statuer en vertu de la loi la loi qui est je le rappelle votée par les représentants du peuple que sont les députés que sont les sénateurs donc les responsables politiques et donc cette justice elle est tenue par la loi et elle est surtout tenue par le fait de motiver les peines qu'elle prononce sur des faits et sur des individus propres donc en fait mettre la justice vraiment au coeur du jeu politique de la bataille politique pour moi est vraiment un problème et un danger pour l'état de droit
alors cette émission tire vers la fin je voulais qu'on évoque très rapidement un dernier sujet en l'international les soutiens se multiplient des leaders comme Viktor Orban Vladimir Poutine Mathéo Salvini ont apporté leur soutien à Marine Le Pen dénonçant une atteinte à la démocratie et une persécution judiciaire visant à l'exclure de la vie politique on n'attend plus que J.D. Vance le vice-président états-unien qui accuse l'Europe de détruire la liberté d'expression et la démocratie la justice française donne-t-elle du grain à moudre à toute cette internationale réactionnaire Nils ?
Oui tout à fait et d'ailleurs on voit bien dans le discours notamment de Jordan Bardella à quel point finalement il s'inspire de cette internationale réactionnaire parce qu'il a immédiatement appelé un soulèvement populaire alors officiellement il explique que c'est pacifique mais enfin connaissant les méthodes du rassemblement national on sait que leur comment dire que leur cravate a du mal à dissimuler quand même leur violence et d'ailleurs il y a toujours des condamnations qui tombent que ce soit pour des propos dans l'hémicycle ou pour tout simplement les propos qui peuvent tenir en dehors de l'Assemblée ou les gestes qu'ils peuvent avoir il y a des condamnations judiciaires qui tombent on l'a vu aussi pour les candidats du rassemblement national pendant la législative donc oui on peut imaginer effectivement qu'ils s'inspirent de ces discours-là pour essayer de les transposer à la France d'autant qu'on a vu en plus cet après-midi je ne sais pas si vous avez vu passer ça mais on a vu Elon Musk dénigrer le verdict et puis la juge Pertuis qui a rendu son verdict à propos de cette condamnation donc on voit bien que la France est désormais dans la ligne de mire aussi de cet international réactionnaire alors votre mot de la fin Emma
à ce sujet l'internationalisation de cette affaire ça vous étonne ?
d'un point de vue politique je ne veux pas réagir moi je veux simplement rappeler la singularité du modèle français qui est une constitution multiséculaire pour le coup basée sur la séparation des pouvoirs et le respect de l'état de droit le respect d'une part de la présomption d'innocence mais aussi le respect de l'effectivité de la justice et rester sur le fait encore une fois le mot de la fin que chaque homme n'est libre et égal en droit et que la politique ne devrait jouir d'aucune exception que ce soit à la hausse mais que ce soit surtout à la baisse
Paul-Élèque en quelques mots comment appelez-vous des gens qui parlent tout le temps d'ordre d'ordre d'ordre mais qui le veulent sans la loi moi je dis que c'est une perspective de fascisation et que lorsqu'on observe les signes de la fascisation du débat politique à savoir un discours xénophobe des violences effectuées sur les personnes ou des violences discursives qui sont exprimées pour mettre en minorité ou en danger des populations les écarter quand dire du droit qui devrait s'appliquer à tous et l'étape supérieure c'est aussi la remise en cause des institutions juridiques de la justice et de la loi tout simplement et des droits humains et que c'est dans cette dynamique là que toute une partie de la droite en concurrence avec l'extrême droite est entrée et que cette perspective s'accélère et que ça ne m'étonne pas parce que c'est aussi dans l'air du temps et que Elon Musk quand il dit que c'est l'instrumentalisation de la justice par l'extrême gauche il a des propos qui ne sont pas si différents d'un certain nombre de responsables politiques qu'il utilise en permanence quand dire l'extrême gauche avait juste un chiffon rouge ou ce que vous voulez comme menace pour justifier de quand dire renoncer aux propres valeurs qui ont été les valeurs libérales traditionnelles de la bourgeoisie parce qu'encore une fois cette question de la séparation des pouvoirs c'est une vieille question c'est Montesquieu qui dit il faut que par la disposition des choses le pouvoir être le pouvoir et qu'on fasse en sorte d'avoir des organisations qui séparent mais même ça il faut le comprendre et c'est mon dernier commentaire un peu ouverture dire c'est lorsqu'il y a une crise politique et une crise sociale profonde lorsque les intérêts de la bourgeoisie en tant que classe dominante de cette société sont remis en cause ces valeurs libérales ces respects des cadres des incisions ils fondent comme neige au soleil et très vite elle devient autophage elle se mange elle-même elle mange ses propres valeurs et ça c'est la direction d'une direction de fascisation de la société
Merci Emma Taillefer vice-présidente d'Anticor merci Paul Elec analyste indépendant analyste politique pour le Média et merci Nils Zilke journaliste indépendant et chroniqueur au Média dans le cadre de l'émission Les Indiscrets que vous avez le loisir de regarder tous les vendredis merci à vous de nous avoir écoutés merci d'avoir regardé au coeur de l'actu sur votre Freebox sur Molotov sur notre chaîne Youtube et sur lemediatv.fr n'hésitez pas à nous laisser un commentaire si vous nous regardez sur Youtube ou bien à nous envoyer un mail à contact arrobas lemediatv.fr si vous nous avez regardé à la télévision si vous en avez les moyens soutenez-nous soutenez notre travail le journalisme indépendant des pouvoirs politiques et de l'argent en allant sur lemediatv.fr slash soutien et surtout restez connectés aux médias sous-titrage Société Radio-Canada
Marine Le Pen