Je n'envie pas ceux qui gagneront avec des stratégies comme celles-là
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Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:10Emmanuel MacronFait
« Emmanuel Macron prétendait apporter le nouveau monde, et nous nous retrouvons devant le pire de ce qui ressemble à l'effondrement, au délitement de la quatrième République »
- 0:30Sophie CluzelFait
« Sophie Cluzel n'avait pas de mots assez durs pour critiquer Renaud Muselier il y a encore quelques jours, et maintenant elle le rejoint »
- 0:50Thierry MarianiFait
« si j'avais dû écrire le scénario moi même, je n'aurais pas pu imaginer mieux »
- 3:20François-Xavier BellamyFait
« Renaud Muselier fait le jeu du Rassemblement National »
- 4:10François-Xavier BellamyFait
« Emmanuel Macron a besoin de se saisir de l'électorat de droite, comme Marine Le Pen a besoin de se saisir de l'électorat de droite »
- 5:50François-Xavier BellamyFait
« Le seul but d'Emmanuel Macron, c'était de détruire Les Républicains »
- 7:30François-Xavier BellamyFait
« La seule question qui compte n'est même pas de gagner une élection. Ce qui compte le plus c'est de contribuer à la vie de son pays »
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Emmanuel Macron prétendait apporter le nouveau monde, et nous nous retrouvons devant le pire de ce qui ressemble à l'effondrement, au délitement de la quatrième République, dans des manœuvres d'appareil qui ne peuvent qu'écœurer les Français, de toutes parts d'ailleurs. Sophie Cluzel n'avait pas de mots assez durs pour critiquer Renaud Muselier il y a encore quelques jours, et maintenant elle le rejoint...
Le Premier Ministre de la France, on se demande bien pourquoi, prend l'initiative d'annoncer lui-même cette alliance de circonstance, qui n'a en réalité aucune signification. Et moi je ne comprends pas, je le dis très simplement, je ne comprends pas le choix qui est fait aujourd'hui par Renaud Muselier qui, il y a quelques jours encore, sur les antennes de vos confrères de BFM TV, a expliqué que cela n'arriverait pas, et qu'il n'y aurait pas une liste commune de la République en Marche et des Républicains. Est-ce que c'est la peur de perdre qui a pu faire bouger les lignes au tant du côté de renaud Muselier que de Sophie Cluzel ?
Mais c'est exactement cela qui de toute façon finira par créer la défaite. Vos confrères de Politico ont rapporté ses propos de Thierry Mariani qui disait, le concurrent du Rassemblement National : "si j'avais dû écrire le scénario moi même, je n'aurais pas pu imaginer mieux." Mais je crois qu'en effet, tous ces jeux d'appareil ne peuvent qu'écœurer les électeurs, ne peuvent que les révolter.
Et on a envie de dire, en paraphrasant Churchill : vous avez voulu éviter la la défaite au prix du déshonneur. Vous avez le déshonneur, et vous aurez la défaite. Que représente la République en Marche en réalité ?
C'est d'abord un gigantesque aveu de faiblesse de la part du Président de la République d'ailleurs, qui n'a pas su créer un véritable mouvement. Il a beau avoir tous les leviers, il a fallu qu'il passe par ce type de manœuvre pour pouvoir espérer avoir une place dans une élection régionale qu'il aura tout fait pour repousser, pour ne pas faire la preuve de sa de sa fragilité en France et auprès des Français. Tout cela est dérisoire, tout cela abîme profondément la démocratie.
Juste concrètement, pour qu'on comprenne votre pensée : ça veut dire qu'en faisant ça, Renaud Muselier fait le jeu du Rassemblement National, c'est ça ? En tous les cas, je ne vois pas comment il peut susciter l'envie, la conviction et comment il peut susciter la confiance. Mais c'est la même chose de la République en Marche.
Et j'ai envie de dire d'une certaine manière que c'est la même chose du Rassemblement National. Regardez dans cette élection : je serais un électeur du Sud, je serais effondré. Vous avez le choix entre d'un côté une liste de bric et de broc, faite avec des gens qui se critiquaient hier, entre la République en Marche et une liste anciennement investie par les Républicains ; de l'autre côté, vous avez monsieur Mariani, qui lui a fait toute sa carrière à l'UMP puis aux Républicain, avant de les quitter.
Il avait dit tout le mal qu'il pensait pendant des années du Front National et maintenant le voilà candidat du Front National. Tout ça parce qu'il a opportunément trouvé une place sur une liste aux européennes il y a deux ans. Il quitte le Parlement européen deux ans après son élection, parce que une autre place se présentent à la tête de la région.
Mais c'est dramatique ! Dramatique ! Et moi j'ai juste envie de dire qu'on a besoin pour l'avenir de notre pays, c'est pas seulement pour l'avenir de la droite, c'est pas seulement pour l'avenir de nos partis, les partis ne comptent pas, on a besoin pour l'avenir de nos pays de retrouver des élus qui aient un peu plus de constance, un peu plus de clarté, et qu'ils puissent de nouveau susciter la confiance.
Ce n'est pas avec ces manœuvres là qu'on y parviendra, c'est sûr. Pour parler du choix du coup qu'ont les électeurs de la région Sud : est-ce que vous allez leur offrir un autre chose, est-ce qu'il y aura une liste des Républicains dans ces élections ? On va en discuter dans les heures qui viennent, dans les jours qui viennent.
On a une réunion importante demain. En tous les cas, ce qui est certain, c'est que cette liste portée par la République en Marche n'est pas, n'est plus, ne sera pas soutenue par Les Républicains. Elle ne peut pas l'être et elle ne le sera pas, et j'en suis très heureux.
Et maintenant, au fond le grand problème, et il faut bien le dire, le mauvais coup qui est fait à la démocratie, parce que c'en est un, c'est que cette manœuvre intervient à quelques jours du dépôt des listes, donc il faut que les citoyens se rendent compte de la difficulté dans laquelle Les Républicains sont mis, parce que constituer une liste à l'élection régionale c'est un travail difficile, surtout quand on veut rassembler des compétences des gens qui représentent tous les départements d'une région (150 personnes), c'est évidemment très compliqué à faire. Mais si le défi peut être relevé, je crois qu'il le faut, parce que nous le devons encore une fois à la transparence et à la clarté du débat démcratique. Vous plaiderez demain pour qu'il y ait une liste estampillée Les Républicains dans la région Sud ?
François-Xavier Bellamy, vous le disiez à l'instant Jean Castex qui est un homme qui vient de chez vous, Thierry Mariani du Rassemblement National, il vient de chez vous Renaud Muselier s'allie donc. Est-ce que, à la fois en tant qu'homme politique et philosophe, doit-on le rappeler, vous êtes inquiet pour la droite ? Est-ce que parfois vous vous dites la droite en France est en train de disparaître ?
Je ne suis pas inquiet pour la droite, parce que la droite finalement ça ne compte pas. Ce qui compte c'est la France, et si je me suis engagé à droite c'est parce que je crois que la droite a les solutions dont la France a besoin pour reconstruire son avenir. Et ce qui me frappe c'est que vous avez raison de le dire : au fond, toutes les familles politiques qui sont en train de prospérer sur la crise démocratique française, le font en essayant de tuer cette famille politique qu'est la droite.
Ce qui est bien le signe qu'elle a sans doute quelque chose à dire à notre avenir. Puisque si Marine Le Pen tente de se saisir de ce créneau, en allant chercher nos propres cadres, si la République en Marche tente elle aussi de s'engager sur ce créneau, alors qu'Emmanuel Macron, rappelons-le quand même, vient du Parti Socialiste, qu'il a fait tout le début de sa carrière comme l'un des cadres principaux, puis l'un des ministres importants de François Hollande ; si aujourd'hui il vient chasser sur les terres de la droite, pour parler le langage politicien, c'est parce qu'il sait que la France aspire à ce que la droite a à dire de l'avenir de la France. Les français ont besoin d'ordre, et c'est peut-être de ça qu'il faudrait d'abord parler.
Ils ont besoin de sécurité, ils ont besoin de pouvoir retrouver confiance dans une économie prospère, ils ont besoin de pouvoir retrouver un système éducatif qui fonctionne pour l'avenir de leurs enfants. Tous ces sujets là sont majeurs ! Sur tous ces sujets, je suis convaincu que les intuitions qui sont celles de notre famille politique, et surtout que les convictions que notre famille politique aurait toujours dû continuer de défendre avec la même clarté, la même constance, et qu'elle devrait pouvoir défendre à la prochaine élection présidentielle, sont majoritaires en France.
Et c'est la raison pour laquelle Emmanuel Macron a besoin de se saisir de l'électorat de droite, comme Marine Le Pen a besoin de se saisir de l'électorat de droite. Mais ces manœuvres politiciennes ne font que détruire le débat démocratique, et la transparence du débat démocratique. Et on aurait envie de dire saisir de ça.
Est-ce que c'est pas la preuve de la faiblesse de votre parti ? C'est ce qui crée la faiblesse de notre parti. Je l'ai vécu pendant l'élection européenne très directement.
Le seul but d'Emmanuel Macron, c'était de détruire Les Républicains. Emmanuel Macron, ça lui va très bien que Marine Le Pen prospère, ça lui va très bien parce que ce qu'il veut c'est mettre en scène cet espèce d'éternel "front Républicain", ce deuxième tour de la présidentielle rejoué en permanence, qui en fait asphyxie notre vie démocratique, parce que ça prive les Français de toute alternance authentique. Au lieu d'avoir un vrai débat sur l'avenir, on espère, on essaye de mettre en scène un combat absurde entre populisme et progressisme qui ne veut rien dire pour les Français, et qui ne porte aucune espèce d'espoir.
Et c'est ça qu'il faudrait réussir à redonner. Et donc moi je moi je me battrai en tous les cas, je me battrai pour que la fidélité puisse finir par payer, pour que la fidélité soit le socle sur lequel les Français pourront retrouver confiance. Et je crois que nous sommes nombreux, je ne suis pas le seul à penser que ces manœuvres-là n'honorent pas ceux qui les pratiquent, et surtout qu'elles desservent profondément le débat démocratique.
Et j'aurais envie de dire pour terminer que dans la politique, je crois que tout n'est pas à faire d'opportunisme. La seule question qui compte n'est même pas de gagner une élection. Ce qui compte le plus c'est de contribuer à la vie de son pays, à la liberté des français, en servant justement la clarté du débat démocratique.
Et j'ai honte, moi j'ai honte, typiquement pour Sophie Cluzel. Je n'aimerais pas être à sa place. Encore une fois, je relisais ce matin en venant ce qu'elle disait de Renaud Muselier il y encore quelques jours !
Comment peut-on se regarder dans une glace quand on retourne sa veste, ne serait-ce que pour gagner une élection ? Mais tout ça est tellement médiocre...
Quand bien même tout cela finirait par être payant dans les urnes. Je crois que malheureusement c'est la France qui sera perdante, parce qu'on ne pourra pas s'étonner ensuite que l'abstention progresse. Et quand bien même ce serait payant dans les urnes, je n'envie pas ceux qui gagneront avec des stratégies comme celle-là.
François-Xavier Bellamy