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speechyoutube.com· 26 novembre 2025 11 min

🔴 Discours de Manuel Bompard - Convention municipales 2026

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Manuel Bompard

Merci, amis et camarades, pour la chaleur de votre accueil. Et pour commencer, moi, je voudrais vous remercier, vous, militantes et militants de la France Insoumise, qui êtes venus encore nombreuses et nombreux pour cette convention de lancement de nos élections municipales. Je sais que certaines d'entre vous sont parties très très tôt ce matin dans le froid glacial d'aujourd'hui, et que certains d'entre vous vont rentrer tard ce soir. Merci à vous d'être venus ici, aujourd'hui, montrer la force de la France Insoumise. Merci à toutes nos équipes d'organisation. À nouveau, elles font la fierté du mouvement insoumis.

Merci aux camarades du service d'ordre, sans qui rien de tout ça ne serait possible. Et camarades, amis, je voudrais dédier cette convention à notre camarade Philippe Juravert, brutalement disparu la semaine dernière. Philippe était un pilier de la France Insoumise, conseiller régional insoumis, animateur du réseau des luttes sociales de la France Insoumise. Tous les camarades qui ont déjà croisé Philippe une fois, savaient à quel point Philippe était d'une gentillesse incroyable, d'un dévouement extraordinaire. En tant que syndicaliste, Philippe nous aurait dit aujourd'hui de ne rien lâcher. Philippe nous aurait rappelé que la lutte paye.

Et c'est son enseignement, son engagement, cette promesse que nous allons faire vivre dans les jours, dans les semaines et les mois qui viennent. Merci Philippe pour tout ce que tu as fait pour la France Insoumise. Car oui, la lutte paye. Après des mois et des mois de bataille sans relâche, nous avons sous les yeux la lente agonie de la Macronie finissante. Dans la nuit de vendredi à samedi, le budget a été rejeté à l'Assemblée nationale, écoutez bien, par 404 voix contre le budget et une voix pour le budget. Ils nous disaient avoir renoncé au 49-3. Ils ont découvert le 404-1 parlementaire. Vous voyez comme moi, les rats quittent le navire.

Il n'y a plus personne pour approuver et appuyer un budget d'une telle brutalité. Un budget de massacre social qui veut faire payer au peuple les cadeaux que le président de la République a fait aux ultra-riches et aux multinationales. un budget d'irresponsabilité écologique, un budget de destruction économique qui plongerait le pays dans une très profonde récession. Mais nous ne racontons pas d'histoire. Nous ne sommes pas naïfs.

Nous savons que la Macronie a l'intention d'imposer son budget par un tour de passe-passe autoritaire de plus, par le retour du 49-3, par les ordonnances ou en s'appuyant sur la forfaiture de ceux qui, élus pour en finir avec le macronisme, ont décidé d'en devenir la dernière planche de salut. Les Insoumis, eux, n'ont jamais dévié, n'ont jamais varié. Malgré les attaques, malgré les calomnies, malgré les fake news, malgré les menaces et la répression, ils se tiennent devant le peuple, la tête haute, dans la fidélité absolue à la parole donnée devant les électrices et les électeurs.

Alors j'entends certains nous dire « Oui, mais il faudrait éviter le retour devant le peuple car l'extrême droite pourrait gagner. » Mais qui peut croire sincèrement que l'affrontement avec l'extrême droite serait plus simple après 18 mois de macronisme supplémentaire et après lui avoir abandonné un rôle d'opposant ? Soyons clairs. La bataille contre l'extrême droite ne se reporte pas. L'extrême droite ne s'esquive pas. L'extrême droite s'affronte, s'affronte au quotidien. L'extrême droite se démasque. Alors, amis et camarades, allez dire devant le peuple que non, l'extrême droite n'est pas l'alternative au système macroniste agonisant. L'extrême droite est sa dernière roue de secours.

Allez dire devant les électrices et les électeurs que dans le débat budgétaire qui se mène à l'Assemblée nationale, à chaque fois qu'il a fallu choisir la bonne décision pour savoir qui devait payer les efforts, est-ce qu'il s'agissait de mettre davantage la contribution, les plus riches, les grandes entreprises, ou est-ce qu'il s'agissait de faire payer le peuple ? A chaque fois, l'extrême droite a été du côté des puissants, des plus riches et des grandes entreprises. Oui, l'extrême droite a refusé la taxe Zuckmann. Oui, l'extrême droite a refusé le retour de l'impôt de solidarité sur la fortune. Oui, l'extrême droite a approuvé la retraite à 64 ans en acceptant un pseudo-décalage.

Oui, l'extrême droite a défendu, dans ce débat budgétaire, les économies et les grands patrimoines immobiliers en votant une réforme de l'impôt sur la fortune immobilière qui va se traduire par le fait que les plus grands patrimoines immobiliers de ce pays contribueraient davantage moins à la solidarité nationale. Oui, l'extrême droite, lors de l'examen de notre proposition de loi pour la nationalisation d'ArcelorMittal, s'est abstenue. Et si nous avons réussi à faire voter cette proposition de loi, c'est seulement grâce aux voix de la gauche et de la France insoumise qui refusent de voir détruire nos industries les plus essentielles.

Oui, il faut démasquer le rôle que joue l'extrême droite et je vous rappelle ce que disait à ce sujet Bertolt Brecht. Non, pour les capitalistes, le fascisme n'est pas l'adversaire de la démocratie. Le fascisme est l'évolution de la démocratie en temps de crise. Voilà ce qu'est l'extrême droite. Voilà ce qu'est le fascisme. La dernière roue de secours du système et des puissants qui voient leurs intérêts aujourd'hui menacés. Et nous pouvons y arriver. Et nous pouvons gagner. Parce que l'extrême droite est un tigre de papier et de sondage. Oui, l'année dernière, 27 sondages sur 27 annoncés la victoire de l'extrême droite aux élections législatives.

Et c'est par votre travail, par notre travail, par la mobilisation de la jeunesse et des quartiers populaires que nous avons battu l'extrême droite. Et nous le referons à nouveau dans les prochaines échéances électorales. Oui, nous sommes candidats au pouvoir, maintenant, tout de suite, pour tout changer, pour faire la sixième république, pour partager les richesses, pour faire la bifurcation écologique, pour rétablir la voie de la France sur la scène internationale, pour refuser le génocide à Gaza, pour défendre les droits humains partout dans le monde. Oui, nous sommes candidats au pouvoir.

Et c'est cette alternative, cette alternative globale que nous voulons faire avancer lors des élections municipales. Disons-le franchement, nous ne sommes pas candidats pour devenir les bons petits gestionnaires du libéralisme et de l'austérité budgétaire. Nous ne sommes pas candidats pour attribuer, pour s'attribuer ou s'accaparer un petit patrimoine électoral ou construire des baronnies locales. Non, nous sommes candidats partout en France aux élections municipales pour faire de nos communes le fer de lance de l'insoumission qui vient à l'échelle locale comme elle vient à l'échelle nationale. Et je lis ici ou là que nos adversaires seraient un tel ou une telle. Non.

Notre adversaire, c'est l'abstention. Notre adversaire, c'est la désespérance populaire. Et dans cette campagne des élections municipales, comme à chaque fois, nous allons gratter la montagne de la résignation avec nos doigts. Nous allons vider la mer de la désespérance avec nos mains. Certains nous reprochent de présenter des listes après avoir dit sur tous les tons qu'ils ne voulaient rien avoir à faire avec la France insoumise. Les diviseurs regrettent la division. Quelle hypocrisie. Quelle hypocrisie absolue. À les entendre, à les lire, on se dit que finalement, la seule chose qui pourrait les contenter, c'est que la France insoumise n'existe pas.

Alors, je mesure leur déception, mais je dois leur dire que ce n'est pas à l'ordre du jour. La France insoumise sera présente dans les élections municipales. La France insoumise mènera cette bataille partout en France. Alors, insoumise et insoumis de toute la France, citoyennes et citoyens, engagez-vous dans cette campagne, inscrivez-vous sur les listes électorales, venez nous aider à bâtir ces listes dont le peuple a besoin. Victor Hugo disait « Il existe une chose plus puissante que toutes les armées du monde. C'est une idée dont l'heure est venue. L'insoumission est une idée dont l'heure est venue. » Camarades, bonne convention à vous, bons travaux, bonne campagne.

Vive la France insoumise !

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Locuteur

Sous-titrage Société Radio-Canada

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