Ruffin : la BD qui confirme le naufrage - Clément Viktorovitch
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 10 %Attaque 70 %Défensif 20 %
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:44Invité politiqueFait
« Je ne suis pas sans frontièiste. La frontière ce n'est pas un mur, c'est un filtre. »
- 1:24Invité politiqueFait
« Pour les personnes déjà présentes sur notre sol, française ou étrangère, résoudre l'équation des retraites ou du vieillissement démographique en se disant qu'on va faire venir des immigrés, j'y suis défavorable. »
- 3:26Invité politiqueFait
« Je suis hostile à l'immigration pour le travail. »
- 4:02Invité politiqueFait
« On a quand même au milieu de ce paragraphe déjà une défense de la frontière et puis cette idée que quand même l'immigration oui virgule mais ça peut être problématique. »
- 4:35Invité politiqueChiffre
« Il y a plus de 50000 de visas au tit de l'immigration professionnelle qui sont délivrés. Est-ce que vous les enlevez ? »
- 9:35Invité politiqueFait
« On était pas forcé de représenter la dame sans billet comme une dame noire et surtout on était pas forcé de représenter une femme noire sous ces traits là qui sont clairement les traits stéréotypiques de la Angry Black Woman. »
- 11:33Invité politiqueFait
« J'ai du mal à ne pas voir l'obsession pour la liberté guidant le peuple de jeune de la croix ici avec une Mariane qui tient un drapeau français avec exactement la même pause que François Ruffin. »
- 12:49Invité politiqueChiffre
« 80 % de la fraude, ce sont des étrangers. »
- 13:24Invité politiqueFait
« Les gars ne s'en cachent plus. Et j'ai mes deux gamins étudiants, tous les deux, ils votent Eren. »
- 15:42Invité politiqueFait
« La gauche aujourd'hui produise un discours en accent non pas le cœur du propos sur l'accueil nécessaire des demandeurs d'asile, sur la nécessité pour la République de créer des conditions d'intégration digne pour les personnes déjà sur le territoire. »
- 17:34Invité politiqueFait
« Il y a des représentations chez lui qui sont éminemment problématiques et problématiques. En l'occurrence est un euphémisme pour ne pas dire raciste. »
Temps de parole
- François Ruffin100 %
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Bon, qu'est-ce qui se passe avec François Ruffin ? qui des déclarations sur l'immigration qui ont l'air un peu à l'emporte-pièce, une bande dessinée dont les premières planches ont filtré et qui semble contestable pour dire le moins. On va essayer de démêler les fils de ce dossier. Le point de départ de tout cela, c'est en réalité la grande interview que François Ruffin a consenti au magazine Marianne, lui président. Pourquoi il a quitté le Titanic LI, sa défense de la nation et des frontières ? Et cette photo catastrophique évidemment par la mégalomanie qu'elle révèle, il pose drapé dans le dans le drapeau français comme incarnation de la nation comme presque déjà président.
Là, on voit un melon qui me paraît difficilement discutable, un melon qui est au cœur aussi d'une partie des sorties désastreuses de François Ruffin notamment dans sa BD. On va y revenir dans un instant. Mais donc le problème surtout, ce sont évidemment les déclarations plus que l'iconographie. On va zoomer ici. Je ne suis pas sans frontièiste. La frontière ce n'est pas un mur, c'est un filtre. Je ne suis pas favorable à la liberté de circulation des capitaux, des marchandises [musique] et des hommes. Il faut une régulation aux frontières dans les différentes formes d'immigration. Il faut choisir.
Autant la France, dans sa tradition doit accueillir les réfugiés politiques, autant je suis hostile au discours qui revient sur l'immigration choisie. Il faudrait chercher de la main d'œuvre dans les pays du sud comme on l'a fait hier pour l'industrie. Non, on répond à ces pénuries par de la formation, par des salaires, des horaires, une carrière, un statut qui rendent ces métiers là désirables. Pour les personnes déjà présentes sur notre sol, française ou étrangère, résoudre l'équation des retraites ou du vieillissement démographique en se disant qu'on va faire venir des immigrés, j'y suis défavorable. En revanche, les gens qui sont dans notre pays massivement, ils vont y rester.
Ce n'est pas vrai de dire qu'on va les renvoyer dans leur pays, vivre avec cette illusion crée le désordre. Vous régulez à l'entrée en choisissant combien vous voulez de personnes étrangères dans notre pays. Une immigration qui n'est pas accueillie comme il faut, ça produit du désordre. On sait pas exactement par quel bout prendre ça parce que il y a quand même une défense de l'accueil. Il y a l'idée que les personnes qui sont déjà présentes sur le sol, il faut leur donner les moyens de vivre convenablement dans sur notre territoire.
On a quand même au milieu de ce paragraphe déjà une défense de la frontière et puis cette idée que quand même l'immigration oui virgule mais ça peut être problématique. On a eu un deuxième épisode qui lui a véritablement mis le feu aux poudre. C'était le 28 avril dernier donc c'est beaucoup plus récent. Ces accents sur l'immigration se font plus précis. D'abord, c'est une réalité que l'hôpital aujourd'hui repose sur deux catégories qui sont exploitées. Il y a les médecins étrangers et il y a les jeunes internes. Ça doit pas être une fatalité. On ne doit pas s'en satisfaire. On doit chercher à en sortir. La France doit pas faire appel à des médecins algériens, tunisiens, euh roumains.
Elle doit avoir ces médecins qu'elle forment et qui nourrent son système. Moi, je suis hostile à l'immigration pour le travail. Je ne souhaite pas qu'on fasse sur les services sur je l'entends de la part de de d'entreprises de des maisons de retraite d'auxiliaire de vie de dire bah voilà on va faire appel à la main d'œuvre subsarienne.
Donc vous entendez ici François Ruffin qui le dit clairement et il le dit en tapant du point sur la table je suis hostile à l'immigration pour le travail et là tout d'un coup évidemment tout dérap on entend François Ruffin qui nous explique que lui il ne veut pas de médecin algérien roumain alors pourquoi choisit-il ces deux ces deux nationalités là vous allez me dire il fallait bien prendre des exemples oui mais quand tu prends des exemples, on se pose toujours la question de pourquoi.
Donc bon et puis il y a quand même cette idée que au fond les médecins algériens et roumains qui viendraient sur notre sol voleraient j'imagine le travail des autres et puis que les travailleurs étrangers qui viendraient sur notre sol et bien eux aussi voleraient le travail des Français. Et donc là, tout d'un coup, on a évidemment un vrai problème, c'est que chez François Ruffin, le rejet de l'immigration de travail vient directement avec l'idée que l'immigration de travail menacerait les emplois que pourraient occuper les Français. Et ça, c'est quand même un peu la rhtorique du Rassemblement national.
Pour savoir un peu plus en détail ce qu'il voulait dire, il s'est exprimé sur France Inter il y a quelques jours, c'était le 12 mai. Parce qu'une fois qu'on a dit "Moi, je suis hostile à l'immigration de travail, la question c'est d'accord, mais quelle immigration veux-tu Vous avez le MDEF, le capital, Gabriel Atal qui disent "Ce qu'on doit faire aller chercher nos soignants dans les pays du sud." C'est-à-dire c'est l'organisation d'un pillage, c'est le prolongement d'un pillage colonial. C'est parfaitement exact que c'est la position du MEDF qui dit clairement que pour eux, il sera nécessaire d'ouvrir les vanes de l'immigration et d'aller chercher des travailleurs immigrés.
François Ruffin s'appuie là-dessus pour dire "Je veux me fermer à l'immigration de travail." Mais écoutez, c'est là où ça va devenir passionnant. Il y a plus de 50000 de visas au tit de l'immigration professionnelle qui sont délivrés. Est-ce que vous les enlevez ? Je regarderai à l'intérieur de ça, mais a priori je ne m'y opposerai pas. OK, mais du coup il est contre l'immigration de travail mais l'immigration de travail actuel ne le choque pas. Donc là, on comprend plus. Quand tu lui dis bon ben d'accord, mais aujourd'hui a 50000 visas de travail, qu'est-ce que tu en fais ? Ou ça c'est très bien. Il est où le problème ?
Alors en quoi es-tu encore opposé à l'immigration de travail si les 50000 visas de travail donnés par la France à l'heure actuelle te conviennent parfaitement ?
fuser la vision qu' a le MEDF ou Gabriel Atal de dire désormais ce qu'on doit faire venir dans notre pays ce sont des gens qui répondent toujours pas votre position en fait là il y a un vrai problème et là vous l'entendez bien c'est que François Rufin à mesure qu'on l'interroge on se rend compte que il est capable de dire ce qu'il ne veut pas donc il rejette le plan du MEDF il rejette la volonté du MEDF de faire venir 5 millions de de travailleurs immigrés dans les dizaines d'années qui viennent bon soit on peut en discuter mais quand on lui demande "Mais qu'est-ce que tu veux sur l'immigration ?" Il est incapable de répondre quand on cherche à comprendre la position de François Ruffin sur l'immigration.
En fait, un c'est pas très clair. Deux, c'est pas très précis. Il a pas vraiment de proposition sur le fond. Il a l'air surtout perdu et imprécis sur le sujet. En fait, les vrais problèmes chez François Ruffin sont moins des problèmes politiques que des problèmes rhthoriques. Le problème, c'est qu'il a choisi de mettre au centre de son discours un slogan : "Je suis hostile à l'immigration de travail".
Ce slogan lui-même, il vient mobiliser des affectes xénophobes au moment où le discours immigrophobe n'a jamais été aussi pregnant, au moment où les affectes xénophobes des individus n'ont jamais été autant excité à succès hélas dans le discours politique et donc au moment où il faut être, me semble-t-il, le plus prudent sur cette question aujourd'hui, avoir comme cœur non pas de sa politique mais de sa rhtorique la phrase "Je suis contre l'immigration de travail", ça Ça me paraît indéfendable, ça me paraît grave, ça me paraît dangereux et ça me paraît de nature à légitimer les discours qui sont ceux de l'extrême droite. Moi, je voulais tout sauf une BD pédago.
Je déteste quand on vient me faire la leçon dans des bandes dessinées. Le débat que l'on a aujourd'hui et la rhtorique que l'on que l'on entend Ruffin en ce moment arrive au même moment où il sort sa BD. sa BD qui s'appelle de manière totalement humble les aventures de François Ruffin député reporteur Picardi Splandor. Une partie des planches de cette bande dessinée sont en circulation. Vous voyez que François Ruffin se met en scène comme aventurier député reporteur et malheureusement comme on peut s'y attendre c'est bien son ego qui est au centre de cette bande dessinée. Regardez François Ruffin est dans le train et François Ruffin qui dit "Bonjour Vonica.
Ah bah c'est une super nouvelle ça. Et là on entend venant de l'extérieur. Je vous dis que c'est la dame du guichet qui s'est trompé. Pas moi. C'est son erreur. Pas la mienne. J'ai pris le train à Saint-Juste pas à Bril. Il y a pas à discuter. Je vais devoir vous verbaliser. Et quoi ? Dans vos rêves. J'ai déjà payé. Eh elle va nous parler sur un autre ton. Madame le train doit repartir. Si vous pouvez pas vous acquitter de l'amende, on va vous demander de sortir maintenant. Mais de où ? Pourquoi je sortirai du train ? Tu es pas en règle. Montez à Paris. Véronica, je dois vous laisser là, nous dit François Orif qui est toujours au téléphone. Pourquoi vous la tutoyez ?
Nous demande cette personne qui est à côté. Tu veux sortir aussi ? Demande ce cet agent de sécurité qui est peut-être policier, on ne sait pas encore. Mais ça va pas nous parler comme ça. Elle doit combien pour son billet ? 1,20 €. Vous voulez dire qu'on a tout ce cirque que le train est à l'arrêt depuis 10 minutes pour 1 € ? Dit François Ruffin. 11 € avec le dépassement. Mais c'est pas vrai, ce pays devient fou. Je vais vous régler les 11 € comme ça on pourra repartir. Tu as de la chance monsieur, paye pour toi. Et là, on a le monsieur qui jette de manière absolument euh méprisante le ticket sur la dame. Pourquoi vous vous comportez comme ça ? Gardez bonheur, monsieur.
Ouais, sinon on vous sort tous les deux. Ah oui ? Et pourquoi s'il vous plaît ? Trouble à l'ordre public. Mais le billet est réglé. Un peu de calme messieurs, l'incident est clos. Vous pouvez descendre s'il vous plaît. D'où vous me commandez ? Je ne vous commande pas simplement comme tous les voyageurs, je souhaite que le train reparte. Voilà ce qui se passe quand ils font monter leur chien de garde. On a sep bulles ici. C'est une forme de guerre qui est mise en scène. Et au milieu, on a François Ruffin avec un drapeau blanc. Donc, on a les policiers qui disent "Quoi ? Tu m'as appelé comment ?
On n'est pas des chiens." Bulle suivante : "S'il vous plaît, monsieur, respectez la police et vous, respectez votre uniforme. Parce que vous allez me donner des leçons aussi ?" Non, absolument pas. Mais votre rôle, c'est de rétablir l'ordre, pas d'introduire du désordre. Il me fait la morale en plus. "Ouais, allez, viens, on sort." De toute façon, ça m'étonne pas. On les connaît les députés dans son genre. Et le monsieur qui dit "Désolé, je me suis un peu énervé. C'est bien que vous soyez intervenu, sinon on finissait au poste. Fin des aventures." Vive [rires] le négociateur ! Vive le négociateur ! Je pense que tout est problématique. On va revenir en arrière déjà.
En fait, François Ruffin qui se met en scène lui-même dans une pure héroïation de son action de député. C'est lui qui est au centre de l'action. Il est là, il est au téléphone, il est beau, il est élégant. Déjà, c'est gênant. Deuxième problème, cette case là, j'espère ne pas m'exprimer au nom des concernés en disant des bêtises, mais moi j'y vois quand même un stéréotype raciste, la représentation caricaturale de la Angry Black Woman.
On était pas forcé de représenter la dame sans billet comme une dame noire et surtout on était pas forcé de représenter une femme noire sous ces traits là qui sont clairement les traits stéréotypiques de la Angry Black Woman comme on la voit encore aujourd'hui trop souvent hélas dans les films hollywoodiens où elle sert trop souvent hélas de ressorts comiques et cetera. C'est l'une des seules qui s'exprime avec une bulle en forme de en forme d'étoile. Donc c'est vraiment l'une des seules qui dès qu'elle parle, elle parle de manière énervée.
Ensuite, quand on continue d'avancer, vous avez le sauveur blanc, le White Savior qui qui vient qui vole au secours de deux personnes racisées qui se font maltraiter par la police, ce qui par ailleurs pour le coup est hélas suffisamment suffisamment réaliste, qui vient à leur secours mais qui leur fait quand même la leçon.
Alors que tu viens de dépe dans ta BD de la brutalité policière, des policiers qui en effet déshonorent leur uniforme, s'adressent à des personnes racisées en les tutoyant, en les brutalisant, en les menaçant, faire dire à François Ruffin "S'il vous plaît monsieur, respecte la police, vu comment la police elle est dépinte ici, cette phrase, elle va pas de soi quoi." On a vraiment l'homme blanc qui vient au secours de deux personnes racisées, qui leur fait la leçon au passage et qui au final obtient leur gratitude humble voir humilié avec ce monsieur qui est vraiment prostré. Désolé, je me suis un peu énervé. C'est bien que vous soyez intervenu.
Et François Ruffin qui est là debout triomphant. Parce que c'est un révèle de néocolonialisme, de fantasme de l'homme de l'homme blanc sauveur. C'est c'est pas bon quoi. On n pas parlé. Alors c'est anecdotique mais cette bulle au milieu. Alors certes ici François Ruffin, il porte non pas un drapeau français mais un drapeau blanc mais si vous regardez la composition de l'image et le geste de François Ruffin, c'est difficile de ne pas y voir un parallèle avec la liberté guidant le peuple.
Quand je vois la pause de François Ruffin ici et la manière dont il tient son drapeau blanc et que je me souviens de François Ruffin ici tenant le drapeau français, j'ai du mal à ne pas voir l'obsession pour la liberté guidant le peuple de jeune de la croix ici avec une Mariane qui tient un drapeau français avec exactement la même pause que François Ruffin dans cette case. Alors, je sais pas si le parallèle il est conscient ou inconscient, mais personnellement dans la famille, j'ai le melon puissance 10000. Ça me semble se poser là quand même.
Ces pages, elles ont beaucoup circulé, elles ont été beaucoup dénoncées comme étant déjà d'une part l'image néocoloniale du White Savior, du Sauveur Blancorie de stéréotypes racistes tels que la Angry Black Woman. Je ne peux pas ne pas avoir la même lecture. J'ai du mal à ne pas considérer ces pages comme sointant d'un racisme sans doute inconscient mais qui ne m'en paraît pas moins problématique. D'autant que ce ne sont pas les seules pages de la BD de François Ruffin qui est filtré. Il y en a deux autres qui à l'ô de tout ce qu'on a vu, tout ce qu'on a dit me paraissent particulièrement éclairantes. Alors elles sont dans un style visuel très différent.
C'est parce que la bande dessinée a plusieurs dessinateurs manifestement. On voit François Ruffin qui discute avec un contrôleur de la SNCF encore et donc le contrôleur de la de la de la SNCF prend un selfie avec François Ruffin et ensuite il dit "Ah tiens tiens, ça doit être deux héritréens" dit-il en voyant deux personnes qui s'apprêtent à monter dans le train. Et là Ruffin qui dit "Vous avez l'œil ?" Pardon. À ce qui est bien dans notre métier, on voit passer des flux de population. On fait presque de la géopolitique. Les éitréens, les pauvres, ils montent pour trimer dans le bâtiment en forcément qu'il fui chez eux. Le service militaire dure 15 ans. Et vous en voyez tant que ça ?
demande François Rifin. Ah, pas mal. Pendant un temps, c'était les Syriens, des gens de classe moyenne comme nous. Puis il y a eu les femmes ukrainiennes. Pas de problème non plus. Là, je sais pas pourquoi ça vient beaucoup de la Sierra Léon. En revanche, les Afghans, laissez-les partir en Angleterre et les Soudanais, pas tous, mais beaucoup, refusent de parler aux femmes. Ça donne des conflits avec ma collègue. Parfois, ils l'insultent, la prennent de haut. Ça fait 20 ans que je contrôle. 80 % de la fraude, ce sont des étrangers. Mais jamais je n'ai été tenté de voter Front National. Et toujours pas. On est des ouvriers, on sait le mal qu'ils nous feront.
Mais plus ça va, plus je l'entends sur les voix. Les gars ne s'en cachent plus. Et j'ai mes deux gamins étudiants, tous les deux, ils votent Eren. Ça donne des débats à la maison. Ruffin qui dit "Ah oui, j'entends ça de plus en plus. Des gens de gauche, leurs enfants suivent Bardella sur Insta. C'est ce que je reproche à la gauche sur l'immigration, sur la sécurité. Elle se cache, elle se tait, elle fait comme s'il y ait pas de souci. Faut que j'y aille, je crois que j'ai des clients. Merci encore pour la photo et bon voyage. Et là, on voit qu'il s'apprête à contrôler les deux personnes qu'il a lui-même identifié auparavant comme eritréen. Alors là, je comprends vraiment pas.
Il a scénarisé la bande dessinée. C'est lui qui choisit ce qu'il dit dans sa propre bande dessinée une fois qu'on a dit ça, deuxième chose à dire, le contrôleur de la SNCF est raciste. C'est donc pas que c'est pas bien d'être raciste. Là, François Ruffin fait dire au contrôleur 80 % de la fraude, ce sont des étrangers. en l'absence de toute statistique, de toute preuve, de toute démonstration euh et d'ailleurs, je vois même pas comment il pourrait le démontrer. Donc moi, j'appelle ça du pur préjugé. On voit que cette personne, ce contrôleur, il se permet de faire des généralités péjoratives sur les soudanais, sur les sur les Éréens. Enfin bon, il fait du contrôle aux facièes.
François Ruffin, il se met en scène face à un personnage raciste. Il choisit de se mettre en scène ne disant rien, n'objectant jamais, allant même au contraire dans le sens de ce que lui dit le le contrôleur puisque François Ruffin abonde. C'est il dit rien sur tous les stéréotypes racistes, il dit rien sur le contrôle au faciè. D'ailleurs, c'est intéressant puisque François Ruffin qui est prompte à se mettre en scène comme sauveur blanc dans la scène précédente, là ici, il voit un contrôleur de la SNCF qui fait manifestement du contrôle au faciè et là pour le coup ça le dérange pas. Là, ça le dérange pas. Là, il vient il vient sauver personne.
Il est très content de discuter avec ce contrôleur. Il lui dit "Ah, c'est vrai, c'est vrai, il y a des gens de gauche, leurs enfants suivent Bardella sur Insta." C'est vrai, moi aussi je le vois. Bon, ça fait beaucoup là, non ? Et c'est pour ça que je voulais aborder la question de François Ruffin avec tous ces éléments parce que on dit beaucoup que François Ruffin, j'entends dire que sur l'immigration, il a des positions qui sont des positions du Rassemblement national. En réalité, il a pas de position.
Même sur l'immigration de travail, puisque c'est par là qu'il dit vouloir se distinguer quand on lui dit "Bon ben d'accord, vous êtes contre le plan du MEDDF, on a bien compris, mais les 50000 visas annuel, vous en pensez quoi ?" Il te dit "Oui, non, oui, ça oui, faut regarder, mais oui, pourquoi pas ?" Je suis même pas sûr qu'il sache qu'il veut sur l'immigration de travail. Je suis même pas sûr qu'il soit capable de le formuler en une proposition claire sinon celle de dire je suis pas d'accord avec le MEDEF.
Bon, dans le discours de la droite, l'immigration n'est cadrée que comme un problème, que comme un défi, que comme une menace même dans ce contexte là que la gauche aujourd'hui produise un discours en accent non pas le cœur du propos sur l'accueil nécessaire des demandeurs d'asile, sur la nécessité pour la République de créer des conditions d'intégration digne pour les personnes déjà sur le territoire, sur la régularisation nécessaire pour les personnes person qui travaillent déjà et qui sont sans papier.
Bref, en anglant pas son discours sur toutes ces questionsl qui sont essentielles, sur lesquelles la gauche a un contrediscours à produire, mais en accant son discours sur un tout autre point qui est le fait de dire "Je rejette l'immigration de travail." Évidemment que selon moi François Ruffin ce qu'il fait qu'il donne des billes, il donne des arguments, [musique] il légitime même tout le discours de l'extrême droite sur cette question et d'ailleurs ça n'a pas manqué. Qui est venu saluer les sorties de François Ruffin ces dernières semaines ?
Eugénie Bastier notamment qui dit "Ah, je suis pas d'accord avec François Ruffin." Mais au moins ça c'est une gauche qui regarde les yeux dans les yeux le défi de l'immigration. Pendant que la France insoumise défend Master poulet, lui essaie de parler à la fois à la France des tours et à la France des bourgs selon son expression. Et c'est là qu'on voit tout le problème que ça pose. Vous pourriez me dire François Ruffin au fond ce qu'il fait c'est un choix stratégique. Vous pourriez me dire François Ruffin, il décide de s'adresser au fâché pas fachaud si vous voulez. Mon avis c'est une stratégie rhtorique délétaire.
On ne combattra pas le racisme et la xénophobie en agitant soi-même la xénophobie. On ne combattra pas les thématiques de l'extrême droite en légitimant les thèses et les enjeux de l'extrême droite. Pour moi, tout l'enjeu, c'est de dire que oui, effectivement, les catégories populaires en France aujourd'hui, elles sont dominées, elles en prennent plein la gueule mais la cause de tous ces mots, ce n'est pas l'immigration qui n'est rien d'autre qu'un bouqu émissaire pratique euh agité par l'extrême droite, mais la cause, elle est à chercher dans le système économique et c'est ça le discours que devrait être la gauche. Donc moi, j'ai un désaccord avec l'orientation stratégique de Rupin.
Le problème c'est que quand on lit sa bande dessinée là, on se rend compte que derrière le discours immigrophobe de François Ruffin dont on pourrait éventuellement être tenté de dire qu'il a des origines stratégiques, il y a des représentations chez lui qui sont éminemment problématiques et problématiques. En l'occurrence est un euphémisme pour ne pas dire raciste. Il y a des représentations qui sont littéralement racistes et néocoloniales. Il me semble impossible de ne pas faire rentrer tout cela en résonance aujourd'hui. Pour moi, la bande dessinée de François Ruffin, elle est abjecte. En tout cas, ce qu'on en a vu.
Je ne vous cache pas que du point de vue de l'opportunité politique, j'ai un peu de mal à comprendre comment est-ce que tout ça a pu passer les différentes validations. J'ai un peu de mal à comprendre comment est-ce que personne à aucun moment dans l'équipe de Ruffin, chez l'éditeur, dans toutes les personnes qui ont vu le manuscrit passer, les dessins passés, j'ai du mal à comprendre comment est-ce que personne a pu se dire à un moment donné attention, peut-être que ça va être mal reçu. J'y vois chez François Ruffin est sans doute dans son entourage une ignorance profonde de tous ces sujets et donc profondément problématique.
Sans parler bien sûr de tout le reste qui est d'une importance moindre mais qui existe néanmoins, c'est-à-dire la mégalomanie absolue du Mec. se mettre soi-même en scène comme le sauveur qui vient à la rescousse des pauvres personnes racisées, maltraitées par la police mais qui leur font la leçon quand même. C'est pas seulement des accents de sauveur blanc néocolonial, euh c'est aussi des accents de mégalomanie absolue. Et bien évidemment, le problème c'est que toute la discussion qu'on a eu auparavant sur les déclarations de Ruffin concernant l'immigration ne peut, me semble-t-il, qu'être relu à la lueur de ce qu'on vient de voir là.
C'est-à-dire que il y a quand même un choix rétorique qui ne peut qu'interroger dont l'opportunité ne peut qu'interroger aujourd'hui le choix de faire du du cœur de son discours sur l'immigration, le fait de fustiger l'immigration de travail. Moi je pense que ça en 2026 au moment où la figure de l'immigré est utilisée comme repoussoir par l'extrême droite au moment où Jordan Bardella, Marine Le Pen, Bruno Retaillot mais Gabriel Atal et Édouard Philippe tous présentent les immigrés comme des fauteurs de trouble, comme la source d'une menace sur l'identité, sur la sécurité, sur le travail.
Le fait plutôt que de parler de l'immigration comme soit une chance, soit une opportunité, soit à minima une obligation morale, le fait d'en parler comme d'un danger, comme d'une difficulté et comme d'une menace, ça me semble être un cadrage absolument délétaire. Un cadrage qu'on pourrait attribuer à de la stratégie politique, mais quand on voit la la bande décidée qui sort en même temps, j'ai du mal à pas ramener ça purement et simplement à de la xénophobie. Et là aussi évidemment ça prend des accents absolument tacablants.
Si vous rajoutez à cela une pincée de mégalomanie aussi dans la une euh de Marianne, vous commencez à avoir euh une candidature à la présidentielle qui, et je vais le dire euh beaucoup plus gentiment que je ne le pense, commence quand même à prendre l'eau de toute part. Est-ce que vous êtes debout ? Non, vous êtes assis devant moi. Oh ça va finir en vidéo ça. Est-ce que vous êtes de
François Ruffin