"Les nappes phréatiques sont toutes au plus bas", regrette Jean-Pierre Girod, vice-président du Ceser
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Défensif 100 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:41OuverteRéponse directe
Comment on explique ce genre de phénomène soudain ?
- 1:34OuverteRéponse directe
C'est pas normal quand même, quand on est normand, d'attendre comme ça pendant des semaines que la pluie tombe ?
- 2:22FerméeRéponse directe
Un mois de septembre, c'est combien pour un mois de septembre ?
- 4:17OuverteRéponse directe
Mais est-ce que toute la pluie tombée ces dernières heures, notamment hier, ça va permettre de recharger les cours d'eau et de recharger les nappes phréatiques ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 1:53Invité politiqueChiffre
« Moins de 10 millimètres. On était à 8 millimètres de moyenne. »
- 1:57Invité politiqueChiffre
« Sur le mois d'août, c'est encore pire. »
- 2:15Invité politiqueChiffre
« En septembre, on n'avait que 10, 11, pas tout à fait 11 millimètres. On avait 10,7 millimètres d'eau. »
- 3:07Invité politiqueChiffre
« la consommation des touristes est deux fois plus importante que quelqu'un qui habite sur place. »
- 5:19Invité politiqueChiffre
« On a 0,02% à 0,04% d'humidité, alors que normalement, on devrait être à 0,14%, 0,20% à cette période-là. »
Temps de parole
- Invité politique70 %
- Invité17 %
- Présentateur8 %
- ?5 %
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Ici Normandie,
premier
sur l'actu locale en Normandie,
ici matin. La sécheresse des sols a atteint un niveau historique en septembre en France, quasiment aucune pluie. 93 départements ont été concernés en septembre par des restrictions de l'usage de l'eau, c'est le cas d'une partie de l'heure. Pour en parler ce matin, Jean-Pierre Giraud, ingénieur agricole, vice-président du Conseil économique, social et environnemental de Normandie, vous êtes l'invité d'ici Normandie et vous répondez à Charlotte Coutard. Bonjour
Jean
-Pierre Giraud.
Hier,
il y
a
eu une sorte de mini-tornade à Ouassel et Tourville-la-Rivière au sud de Rouen, des dégâts sur une centaine de maisons à Ouassel, principalement des tuiles arrachées. Comment on explique ce genre de phénomène soudain ?
Alors, on l'explique pour plusieurs raisons. La première, ça a été rappelé, les sols étaient très chauds.
On
a eu une pluviométrie exceptionnelle par rapport à tout ce qu'on a eu jusqu'à maintenant. sur la nuit de mercredi et toute la journée de jeudi, sur un sol très
chaud. De la nuit de
mardi à mercredi,
tout ça. Mardi, mercredi,
voilà. Et d'autre part, on a un sol qui est très chaud.
On
a eu une nuit où on était à 20 degrés.
Et
donc, ça conduit à une grande évapotranspiration. Et il suffit que toute cette évapotranspiration rencontre une masse d'air extrêmement froide. Et ça déclenche des phénomènes complètement anormaux, dont des tornades.
Donc, des vents tourbillonnants comme ceci. Voilà. Parce qu'il a beaucoup plu.
Donc,
hier, on attendait la pluie un peu avec impatience. C'est pas normal quand même, quand on est normand, d'attendre comme ça pendant des semaines que la pluie tombe ?
Oui, puisqu'on a eu une pluviométrie extrêmement très faible. C'est-à-dire, en termes de millimètres, au mois de juillet, on avait des niveaux d'eau très très faibles. Moins de 10 millimètres. On était à 8 millimètres de moyenne. Sur le mois d'août, c'est encore pire.
Et
au mois de septembre, on n'a presque pas eu de pluie non plus.
Et
les pluies, on les a eues qu'à partir de la nuit du 29 au 30.
Et
donc, effectivement, par rapport à ce que connaît la Normandie d'habitude, on est complètement out. C'est-à-dire, en septembre, on n'avait que 10, 11, pas tout à fait 11 millimètres. On avait 10,7 millimètres
d'eau. Et normalement, c
'est combien pour un mois de septembre ?
Un mois de septembre,
c
'est autour de 50 à 60 minimum. Donc,
c'est 5 à 6
fois moins que normalement.
Et donc, on a effectivement, ça a été rappelé sur Avriton, un arrêté de sécheresse parce qu'on est dans le rouge en termes de disponibilité de l'eau. Alors, le problème auquel on est confronté, c'est que les gens parlent souvent de moyenne.
Mais
ce qu'il faut voir, c'est la réalité. C'est-à-dire qu'on a
de
moins en moins d'eau et on n'a presque pas eu d'eau en juillet, août, septembre. Mais sachant que le mois de juin était très sec aussi,
et
que d'autre part, on a une demande en eau qui a augmenté. Parce qu'en plus, on a de plus en plus de touristes
qui
viennent. Et on sait que la consommation des touristes est deux fois plus importante que quelqu'un qui habite sur place.
Ce sera encore plus le cas dans les prochaines années, quand la Normandie deviendra un refuge pour les touristes l'été. Voilà.
Donc, on a un problème aussi de saisonnalité. Et d'ailleurs, au niveau du Césaire de l'Atlantique, parce qu'on a conduit une étude sur la disponibilité en eau. Et c'est ça, la grosse difficulté qu'on a sur tout le littoral, puisque ça comprend depuis la Nouvelle-Aquitaine jusqu'à la Normandie. C'est qu'on a de plus en plus de gens qui viennent l'été, ou de personnes retraitées qui viennent prendre leur retraite sur le littoral normand, mais autres.
Et
d'autre part, des disponibilités d'eau pendant la période d'estival qui sont de plus en plus faibles. Puisque si vous regardez,
les
mares étaient complètement à sec, ce qui est extrêmement rare. Les cours d'eau étaient au minimum des charges. Alors souvent, les gens disent « Oui, mais la Seine ». Alors, la Seine, c'est un petit peu différent, puisqu'on a des lacs en amont de Paris, qui permettent de soutenir le niveau d'eau de la Seine, pour permettre notamment la remontée des péniches.
Mais est-ce que toute la pluie tombée ces dernières heures, notamment hier, ça va permettre de recharger les cours d
'eau
et de recharger les nappes phréatiques ? Alors,
sur les cours d'eau, effectivement, ça va les recharger, parce que comme il y a eu une pluie très intense, etc., il y
a
eu du ruissellement, et donc on aura un soutien des étiages des cours d'eau. Mais il faut quand même rappeler que la Brêle, l'Ierre, le Brêle, l'Aune, étaient à des niveaux d'eau catastrophiques,
et
qui mettent en péril, y compris la vie aquatique.
Et
que d'autre part, l'Eure était en difficulté aussi. Donc on voit bien que globalement, je ne parle pas d'Avriton, parce que là, c'était la cata. Et donc on voit bien qu'on a
des
disponibilités d'eau qui sont extrêmement faibles, les nappes phréatiques sont toutes au plus bas.
Alors, pour
parler de recharge, le problème, c'est le sol.
Comme
l'a dit
très
justement Michel, c'est que nos sols sont extrêmement secs. Donc là, ça humidifie juste la
surface ? On a
0,02% à 0,04% d'humidité, alors que normalement, on devrait être à 0,14%, 0,20% à cette période-là. Donc, comme les sols sont très secs, l'eau a du mal à s'infiltrer. Et puis, si l'eau s'infiltre, elle est absorbée tout de suite par le sol, parce qu'il faut réhumidifier ce sol pour pouvoir conduire. Donc, pour l'instant, on n'a pas de charge
utile
pour les nappes. Donc, on va espérer qu'il pleuve progressivement, un petit peu, régulièrement, pour recharger, pour humidifier les sols et recharger les nappes phréatiques. Merci beaucoup, Jean-Pierre Giraud, vice-président du Césaire, le Conseil économique, social et environnemental de la Normandie, d'avoir été avec nous ce matin. Merci à vous.
Merci. C'était limpide comme de l'eau claire. Merci.