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interviewfranceinfo· 19 décembre 2025 24 min

Blocages : le président de la FNSEA "souhaite une trêve de Noël", mais sous conditions

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

[musique] Bonjour Arnaud Rousseau. Bonjour. Vous êtes le président du premier syndicat agricole de France.

Juste après cette interview, vous filez à Matignon, vous serez reçu par le Premier ministre Sébastien Lecnu pour parler de la stratégie de lutte contre la la dermatose nodulaire. On va y revenir. Mais d'abord ce report de la signature du fameux accord de libre échange avec les pays du du Mercosource et quatre pays d'Amérique latine.

Report de la signature sous pression de la France mais aussi de l'Italie qui a joué un rôle déterminant. La signature qui a était prévue ce weekend est reportée au mois de janvier. Vous étiez opposé à cet accord.

Est-ce que vous criez victoire ce matin ? Non, il s'agit d'un surcis. Il s'agit d'un surcis puisque nous savons maintenant que la présidente de la commission, madame Funderen, elle dit qu'elle souhaitait que ce soit signé en janvier.

Mais écoutez, l'applaudition de la FNS en décembre sera la même en janvier. Cet accord n'est pas un bon accord. Vous savez, c'est un accord qui a été négocié il y a 25 ans, que personne n'arrive à faire passer depuis et qui a comme cœur de notre réaction le fait qu'on va importer des produits de ces pays qui sont interdits à la production en Europe.

Et nous, notre vision, elle est claire. Nous ne voulons pas voir arriver en Europe des produits qui ne sont pas des produits que l'on peut produire en Europe. Ça protège le consommateur, ça protège l'activité agricole et encore une fois, c'est le sens de cette action.

Donc ce que vous dites, c'est que la France, ce qu'elle n'a pas obtenu en en 25 ans comme garantie, elle n'arrivera pas forcément à l'avoir en quelques semaines ou quelques jours et que finalement ce surcis ne sert à rien, qu'il faut rejeter tout ce texte. Nous ce qu'on dit en tous les cas, c'est que sur le volet agricole, ce texte n'est pas acceptable pour les raisons que je viens de vous indiquer qui concerne la réciprocité. Euh j'entends que par ailleurs d'autres secteurs euh se prévalent d'intérêt offensif, mais vous voyez-vous quand un accord ne peut pas être obtenu en en 25 années 25 années euh c'est que fondamentalement structurellement il a été mal construit et on peut aujourd'hui continuer à commercer sans avoir ce type d'accord.

Je veux pas faire le spécialiste, mais il y a notamment une clause de rééquilibrage qui n'est pas entendable. Enfin voilà, cet accord, il est décrié et il ne convient pas l'agriculture. Il ne convenait pas en décembre, il ne conviendra pas en janvier et ensuite nous verrons bien ce que fait l'Italie qui a soutenu ce report, ce que fera la France.

Mais notre position est claire. L'Italie qui a basculé dans le camp des opposants pour l'instant à ce texte. Je vous propose d'écouter la la réaction de la présidente de la Commission européenne, Ursula Ver Lyon qui a annoncé donc le le report au mois de de janvier de cette signature.

On écoute la présidente de la Commission européenne. Je suis confiante pour que nous ayons la majorité nécessaire. Après 26 ans de négociation, un délai de 3 semaines est tolérable.

Je suis très confiante, on va ramener cet accord commercial à la maison. très confiante. Vous parlez de surcis au début de cet entretien.

Arnaud Rosso, ça veut dire que vous ne pensez pas que l'accord va être abandonné. Vous avez peu d'espoir au final sur un retrait de ce texte ? Non, absolument pas.

Et d'ailleurs, je suis pas tout à fait sûr en regardant la président de la commission qu'elle soit aussi confiante que ça parce que c'est un revers pour elle. Elle a expliqué à qui voulait l'entendre que ce ce serait signé fin décembre. Et et je vous le dis encore une fois, pour le monde agricole, la question de fond derrière le Mercossur, c'est que veut faire l'Europe de son agriculture et doit-on ouvrir à tous les vents de l'importation d'alimentation qui ne correspond à rien au standard ?

C'est ça la question de fond. Ça n'est pas tel ou tel accord. C'est vraiment Vous pensez qu'on peut revenir sur le fond du texte qui a été qui été négocié ?

Je je vous dis que nous ne voulons pas de ce texte donc revenir sur le fond du texte au bout de 25 ans. Ça ne nous paraît pas possible. La question c'est est-ce qu'on est capable de mettre un nouveau texte sur la table qui est un texte dans lequel l'agriculture n'est pas une variable d'ajustement et pour lequel la vision de la production agricole en Europe est cohérente ?

Arnaud Rousseau, vous étiez hier justement à Bruxelles au côté des agriculteurs qui étaient mobilisés pour faire entendre leur leur opposition à ce texte de libre échange. Est-ce que vous appelez ce matin à poursuivre ce mouvement ? Bien, écoutez, comme vous l'avez indiqué, nous avons rendez-vous chez le Premier ministre dans quelques heures et nous verrons ce que sont les déclarations du Premier ministre et comment il entend gérer cette crise.

Vous l'avez vu depuis 2 ans et cette crise de de l'hiver 2023, nous avons dit que l'agriculture avait besoin d'une vision en France et en Europe. Si un certain nombre de choses ont avancé, le logiciel n'a pas changé. Regardez ce que sont les résultats de l'agriculture, que ce soit la balance commerciale ou les résultats d'exploitation.

En 2024, ça sera - 20 % de revenus pour les exploitations françaises de manière globale. Qui accepterait en France de voir son revenu amputé de 20 % ? Quelle demande vous allez lui formuler concrètement ce matin au premier ministre ?

Vous dites qu'il y a pas de vision pour l'agriculture. Il y a quand même beaucoup de lois, de textes de politiques publiques qui ont été entérinées, adoptées, mis en œuvre depuis plusieurs années. On a l'impression que ça ça ne sert à rien en fait et que finalement les problèmes ne se règlent pas.

Qu'est-ce qu'est-ce qui pourrait changer la donne et inverser cette tendance comme vous dites euh pour l'agriculture française qui est en grande souffrance ? Vous avez raison Malticiir, il y a beaucoup de choses qui ont été faites. Le sujet c'est que les lois, les textes, les règlements, tout ça ne sont que des moyens.

Des moyens au service d'une vision. Et quand la vision n'existe pas, vous pouvez faire tout ce que vous voulez autour. Quand vous construisez une maison sur des fondations dont personne ne sait ce qu'elles sont, bien évidemment ça ne tient pas.

C'est ça le sujet de c'est un problème politique en fait. C'est le président de la République Emmanuel Macron. vous dites il n'y a pas de vision pour l'agriculture, donc il y a pas de stratégie de long terme et on le subit nous euh en tant qu'agriculteur.

C'est c'est ce que je ne cesse de répéter depuis il vous a défendu hier à Bruxelles. Il a dit que l'accord n'était pas acceptable dans l'État. Oui.

Oui, c'est c'est ce qu'il a dit hier à Bruxelles et je l'ai constaté et la position de la France hier me semble aller dans le bon sens. Mais vous l'avez compris, on veut aller plus loin. Je je reviens sur la vision parce que c'est ça la dernière fois qu'on a parlé d'agriculture, c'était en en 2017 avec le discours du président de la République à à Ringis sur la montée en gamme.

Ce discours depuis le Covid et la guerre en Ukraine, il n'existe plus, il ne tient pas parce que nos compatriotes ont des sujets de pouvoir d'achat parce que parce qu'on importe beaucoup plus de produits bas de gamme. C'est ce que vous dites. Parce qu'on importe beaucoup plus de produits GG gamm.

Mais vous savez pas qu'en agriculture, vous avez entendu ce qui se passe sur Chine. Tout l'industrie dit on importe des produits de partout sur la planète et on n'est pas capable de contrôler si ça correspond au standard européen. Ça n'est pas qu'un problème agricole, ça n'est pas un problème sectoriel.

C'est un problème de vision de ce qu'on veut pour la production en France dans ce pays et pour ce qui nous concerne singulièrement en agriculture. Mais alors justement, vous rappelez ce ce contexte très compliqué à la fois la guerre terrifaire avec les États-Unis, cette guerre commerciale aussi avec la Chine. Est-ce que nous en tant qu'européen, on n' pas tout intérêt malgré tout à trouver de nouveaux débouchés, de nouveaux accès à des marchés ?

Et là, je pense, je reviens sur l'accord du du mercur, [rires] pour certains, ça a quand même des effets bénéfiques. Et on avait les mêmes genres de critiques pour l'accord du SETA avec le Canada. On n pas constaté un déferlement forcément de de produits canadiens dans nos dans nos supermarchés.

Oui, oui, c'est c'est exact. Et moi je je redis que nous aurons besoin de continuer à à rester ouvert et échanger et notamment pour que ceux qui nous écoutent continuent à boire un café le matin parce qu'il sera pas produit en Europe demain matin. Donc il ne s'agit pas de se refermer sur soi.

C'est déjà pas forcément le cas pour le café. Pardon ? J'ai Bah le café est pas le café qu'on boit ici est pas forcément produit en Europe.

C'est c'est exactement ce que je disais et je pourrais vous prendre l'exemple du chocolat aussi si vous le souhaitez. Ce ce que je dis c'est que l'Europe ne peut pas commercer au prix d'une naïveté qui détruit sa capacité de production en Europe. Regardez les chiffres.

Vous savez les chiffres il ils sont assez euh clairs. Nous perdons de la production dans tous les secteurs, en Europe et en France. On produit de moins en moins.

On importe de plus en plus notre alimentation à un moment où on voit les tensions géopolitiques monter. Si on ne se réarme pas sur la question alimentaire, nous le payons très cher collectivement. Alors justement sur les chiffres, si on entre dans le détail de ce que prévoit cet accord avant sa signature, l'arrivée de 16 millions de tonnes de sucre en provenance de ces quatre pays d'Amérique latine. 180000 tonnes de volille, 99000 tonnes de bœuf.

Mais si on parle du bœuf parce que c'est ce produit he qui inquiète le plus les agriculteurs français, 99000 tonnes de bœuf, ça peut paraître énorme, mais en réalité ça ne représenterait qu'un % de la production européenne. Du coup, est-ce qu'il faut vraiment s'en inquiéter ? Alors, c'est une très bonne question parce que évidemment présenter comme ça, les gens se disent et pour aller plus loin, ça représente un steak par an et par habitant européen.

Pas de quoi euh euh se lamenter, me direz-vous. Mais le petit problème, c'est que en fait ce ne sont que des morceaux haut de gamme sur lequels les pays européens font de la valeur, notamment la loyau. Et le deuxième sujet de fond et c'est celui-là probablement le plus important qui heurte les agriculteurs, c'est que quand vous produisez de la viande bovine dans ces pays, vous la faites souvent avec des produits notamment des antibiotiques accélérateurs de croissance qui sont interdits en Europe depuis plus de 25 ans.

Quand je vous parle de réciprocité, c'est de ça dont on parle. Et le problème c'est qu'on ne sait pas le contrôler. Savez-vous que moins de 1 % de ceux qui rentrent en Europe comme produits agricole ou agroalimentaire fait l'objet de contrôle et la plupart du temps sur papier ?

Donc tout ça ne tient pas parce qu'Emmanuel Macron lui demande justement des mesures de réciprocité, des clauses miroir qu'on fabrique en gros les produits là-bas dans les mêmes conditions que chez nous. Ça ça va plutôt dans le bon sens. Oui, si on est capable de le contrôler.

Mais le commissaire européen Varelli qui s'occupe des sujets alimentaires et de protection des consommateurs dit lui-même que 1 % est contrôlé mais que personne ne s'inquiète, on va augmenter les contrôles de 50 % et bien ça fera 1,5 % et je suis désolé mais à 1,5 % on ne contrôle rien. Vous n'avez pas confiance dans les argentins, les Brésiliens pour respecter nos hommes ou pour ne pas utiliser des pesticides qui sont par exemple interdits chez nous en Europe ? D'abord, je je voudrais dire que ce ces ces pays sont des pays souverains et que moi je ne commande pas les décisions que les Argentins ou les Brésiliens prennent pour leur propre pays.

Je suis très respectueux des États et par ailleurs, nos collègues agriculteurs argentins ou brésiliens avec lequel on peut discuter certaines fois de l'année euh le font avec les conditions que leur donne leur pays. Mais là encore, quand sur le maïs par exemple, 75 % des molécules utilisées sont interdites en Europe, je ne leur fais pas grief. Je dis simplement que si c'est interdit en Europe pour défendre la santé publique, pour permettre une production parmi les plus durables de la planète pour protéger l'environnement, on ne se drape pas dans un voile pudique quand ça vient d'ailleurs.

Ça n'est pas possible. Vous reconnaissez que pour certaines filières et là on pense bien sûr à la filière laitière mais aussi à la filière viticole, ça pourrait faire quand même des gagnants cet accord de libre échange. Oui, vous avez raison.

Pour certaines filières, il pourrait y avoir des intérêts offensifs comme pour d'autres filières industrielles. J'ai entendu parler de la voiture, de l'industrie. Très bien.

Ça c'est pour les Allemands notamment la voiture. Oui, mais vous savez que l'Allemagne a la première industrie européenne et donc elle défend ses intérêts. Mais la France a la première agriculture européenne.

Et moi, j'entends que le président de la République défende les intérêts de la France. Et donc, vous parliez des filières qui ont des intérêts offensifs, ils le disent. Mais ils sont aussi très conscients que le faire dans des conditions déloyales d'échange, ça n'est pas tenable et que si sur cet accord précis ils peuvent avoir intérêt un intérêt offensif, peut-être demain sur d'autres n'en auront-ils pas.

Et donc, ils sont conscients que cette réciprocité, elle est nécessaire. Juste d'un mot sur l'attitude à adopter euh avant cette signature reportée donc au mois de janvier, qu'est-ce que vous dites aux agriculteurs ? Est-ce qu'il faut bloquer en France certains endroits, certains ronds-points par exemple jusqu'à la signature de cet accord ?

Vous savez que aujourd'hui ce sera déjà le cas puisque on attend ce rendez-vous avec le premier ministre et que c'est un rendez-vous évidemment décisif dans la compé mais ils le sont déjà pardon nos troupes sont sur le terrain. Ils le seront dans l'oise aujourd'hui. J'ai noté que ce matin un certain nombre d'entre eux étaient déjà dans le pas de calais au Touquet devant la maison du président de la République et même si je les appelle évidemment à respecter les les biens et les personnes.

Constat mais est-ce que vous cautionnez ? Non, mais je redis que nous avons appelé nos troupes à nous mobiliser. Je pense que ce discours est clair.

La question que vous me posez, c'est est-ce que finalement les agriculteurs vont prendre en otage les vacances de Noël auxquelles tiennent les Français ? Mon souhait, c'est qu'on puisse avoir une trêve de Noël et que nous ne sommes pas là pour ennuyer les Français et ne pas leur permettre de profiter de cette trêve de Noël. Mais par ailleurs, nous attendons un certain nombre de réponses et puis vous savez d'ici le mois de janvier, il peut se passer encore beaucoup de choses.

Voilà, donc nous allons faire le point au terme de ce rendez-vous avec le premier ministre. Nous annoncerons très clairement quelle est notre position, mais vous le voyez, que ce soit dans le sud-ouest sur des questions sanitaires, que ce soit dans le nord, que ce soit hier à Bruxelles, les agriculteurs, ils sont sur le pied de guerre parce qu'il considèrent que la situation n'est pas tenable. De parler de la mobilisation des agriculteurs, cette fois contre la dermatose nodulaire, la gestion de la crise par l'État.

C'est juste après le fil info à 8h47, l'essentiel avec Dian Ferschit. 90 milliards d'euros pour l'Ukraine. Les dirigeants de l'Union européenne débloquent une aide à destination de [musique] Kief.

Ils se sont mis d'accord au cours de la nuit un prêt pour donner de la visibilité à l'Ukraine affirmé Emmanuel Macron pour qui il va redevenir utile pour les Européens de parler à Vladimir [musique] Poutine Bruxelles qui annonce le report au mois de janvier de la signature sur l'accord avec les pays du Mercossour accord qui cristallise la colère des agriculteurs français mobilisés en ce moment aussi contre les mesures pour enrayer la dermatose nodulaire bovine. Il refuse l'abattage systématique de leur bêtes. Les syndicats agricoles seront reçus dans la journée à Matignon.

Rachida Dati a toute sa place [musique] au gouvernement. C'est ce que déclare la porte-parole du gouvernement Modrégeon ce matin alors que la ministre [musique] de la culture est visée par une enquête pour soupçon de corruption suspecté d'avoir perçu 299000 € d'honorair de GDF Suè quand elle était députée européenne sans en déclarer la provenance au Parlement européen. Aux États-Unis, la délivrance de visa diversité par tirage au sort est suspendu.

Une suspension immédiate annoncée ce matin. Le programme avait notamment bénéficié à l'homme suspecté d'avoir commis une fusillade à l'université Brun. tuant tr personnes [musique] France info le 830 France info Thomas Séchier Mathilde Sirot merci d'être avec nous ce matin sur France info.

Nous sommes toujours avec notre invité ce matin Arnaud Rousseau, président de la FNSEA, principal syndicat agricole en France. Nous l'avons dit, vous allez être reçu dans une petite heure maintenant avec le premier ministre Sébastien Lecornu. Alors, on a longuement évoqué cette ce sujet du mercur et l'autre colère évidemment, c'est cette crise sanitaire, l'épidémie de dermatose nodulaire contagieuse, la DNC.

Avec la FNSA, vous étiez plutôt en soutien à la doctrine sanitaire mise en place par le gouvernement, la politique d'abattage de vaccination. Euh pour autant, il y a de nombreux blocages qui persistent sur les axes routiers. Euh ce matin, à quelques jours des des fêtes de Noël, beaucoup de de remises en cause de cette politique euh par les agriculteurs français.

Euh écoutez, la porte-parole du gouvernement Mejon, elle s'est exprimée sur le sujet ce matin sur RTL. Les Français doivent pouvoir aller retrouver sereinement leur famille. De même que les commerçants parce qu'on est aussi dans une période où les commerçants travaillent beaucoup, doivent pouvoir faire fonctionner leur commerce et leur entreprise.

Nous ne tolérerons plus de nouveaux blocages et nous ferons tout ce qui est nécessaire et je le dis aux gens qui s'apprêtent peut-être à partir pour que les françaises et les Français puissent aller retrouver sereinement. Partir de quand ? Nous ne tolérons plus de blocage.

Alors vous aussi vous avez appelé à une trêve pendant les fêtes de Noël. Pour autant, est-ce que le gouvernement a raison de s'exprimer ainsi ? Est-ce que ce n'est pas une façon de mettre de l'huile sur le feu ?

Pardon, mais j'ai dit que nous souhaitions une trêve de Noël à la condition signéon que le rendez-vous avec le premier ministre porte du fruit. Je voudrais pas qu'il y ait de malentendu. C'est c'est pas c'est pas une simple vision de l'esprit.

On a rendez-vous, vous l'avez bien sûr. Et et je vous le dis, les agriculteurs préféraient au moment où nous sommes être en famille chez eux pour partager Noël et et tout ce qui va autour de Noël. Euh et s'ils ne le sont pas, c'est parce qu'ils sont très déterminés.

Et donc nous allons attendre les réponses du Premier ministre. Par ailleurs, pardon, mais quand on on sait ce qu'ont été les images de l'Ariège, quand on voit quel est le niveau de tension euh avec le monde agricole, pardon, mais ce type de propos me paraît totalement hors sujet. Ne ne pensons pas que les agriculteurs font ça par plaisir.

Ne pensons pas que depuis des jours tout le monde est mobilisé parce que notre seul objectif serait d'ennuyer les Français. Nous avons conscience que cette période, c'est une période de repos, de convivialité, de partage dans les familles de tous les Français. Nous ne sommes pas nous hors sol et je le redis, cette période de Noël dans le monde agricole, c'est aussi le moment de partage de nos produits et de la fierté qu'on a de nourrir les Français.

Bon, enfin, si on en est là, c'est parce qu'il nous manque un certain nombre de réponses. Parce que je, comme je l'ai indiqué, il y a pas de vision à Bruxelles, il y a pas de vision à Paris. Donc, que la porte-parole du gouvernement fasse ce type de déclaration, très bien, qu'est-ce qu'on veut ?

On veut la guerre civile ? On veut provoquer le monde agricole. Écoutez, nous on appelle tout le monde à la raison.

Je pense qu'on a un discours responsable depuis le début, mais je ne voudrais pas que certains pensent qu'on serait peut-être un peu mou un peu finalement défaillant face à à la à la crise agricole et la colère qui qui s'exprime. Mais sur la dermato, vous attendez quoi exactement du premier ministre ? Parce que vous soutenez jusqu'à présent la stratégie mise en place par l'État.

Non, on soutient, pardon, mais là aussi d'être précis, on soutient la stratégie que portent les vétérinaires et le monde scientifique depuis le début. par nom de rappeler et qui est défendu par la ministre de l'agriculture. Oui.

Qui est défendu par les gens qui aujourd'hui regardent cette maladie absolument dramatique dramatique pour les éleveurs parce que c'est un crève cœur mais il faut la regarder avec lucidité pour la combattre avec pour nous un double objectif le moins d'animaux abattus possible et le maintien d'un prix qui rémunère les producteurs. La ministre de l'agriculture, madame Genevard, a mis en place une commission scientifique dans lequel siège également un certain nombre de de présidents de chambre d'Occitanie, de représentant d'Occitanie. Nous l'avons dit, nous sommes derrière la doctrine scientifique.

Si elle devait évoluer, nous évoluerons avec la doctrine scientifique. Je ne sais pas ce que dira cette commission, mais pour nous, la position est très claire. Aujourd'hui, c'est la position qui est portée par les vétérinaires sur le terrain et par les scientifiques.

Si elle bouge, nous bougerons. Vous vous dites, c'est pas nécessaire forcément d'abattre tout un troupeau dès le premier cas. Il faut peut-être faire preuve davantage de souplesse pour que ce soit bien clair.

Pardon, mais assez de tous ceux qui savent. Je ne suis pas vétérinaire, je ne suis pas scientifique. Je m'appuie sur les gens qui ont des compétences et cessons dans ce pays de penser que tout le monde est compétent sur une maladie extrêmement contagieuse, compliquée et les vétérinaires qui ont fait plusieurs années d'études et et qui ont un métier extrêmement complexe aiment les animaux.

Ils nous disent aujourd'hui que la solution la moins intrusive et et et la plus efficace pour juguler cette maladie qu'on ne veut pas voir se se déployer, c'est un l'abattage total, ce qu'on appelle le dépeuplement publiquement, mais l'abattage total des troupeaux là où c'est infecté, la vaccination en deux et surtout on ne bouge pas les animaux. Voilà ce qu'on nous dit. Si demain ça doit changer, on sera prêt à changer.

Je ne suis pas compétent pour parler de la dermatose. Il y a des gens qui le font et il y a une commission scientifique qui va rendre un avis. Nous serons derrière les avis de cette commission scientifique.

Sur le volet de la vaccination, pour vous, ça se déploie suffisamment rapidement cette cette campagne ? En tous les cas, nous on pousse tout notre réseau à à agir le plus vite possible. Vous savez, c'est c'est une course contre la montre et le plus vite nous aurons vacciné, le plus vite nous serons en sécurité notamment dans cette zone de l'arc Pyrénéen.

Donc tous ceux qui sont disponibles doivent aller aider les les les vétérinaires parce que encore une fois c'est une course contre le monde puis après il faudra le temps de l'immunité environ 3 semaines et j'espère que dans un mois ce drame sera derrière nous. En tous les cas je rappelle tout le monde a la responsabilité et au fait de ne absolument pas bouger les animaux parce que c'est aussi ça qui véhicule la maladie. Vous nous dites ce matin que vous Arnaud Rousseau, vous vous faites confiance en ce discours scientifique des vétérinaires sur la DNC.

C'est pas le cas de tous vos homologues dans les différents syndicats agricoles. Est-ce que vous constatez cette rupture de confiance quelque part, cette défiance à l'égard d'un discours scientifique, d'un discours officiel peut-être aussi ? Vous savez que que la science doute c'est le cœur du réacteur et moi j'ai noté que les scientifiques avaient pour un certain nombre d'entre eux des avis différents et je dirait tant mieux.

C'est ça qui nourrit la réflexion. Mais moi je parle d'un consensus scientifique. C'estàd que après avoir écouté tous ceux qui sont des sachants de cette maladie il y a un consensus scientifique.

Mais vous savez cette défiance vis-à-vis du consensus scientifique, elle est pas nouvelle. le Covid a montré aussi une forme de distance ou une forme de mise en doute de cette parole. Pour ce qui nous concerne et après avoir consulté, nous pensons que c'est aujourd'hui la meilleure position, celle du consensus scientifique.

Mais moi, je le redis aux éleveurs qui sont extrêmement inquiets dans les Pyrénées, mais pas seulement dans les Pyrénées, dans toute la France. Rapprochez-vous de votre vétérinaire. Le vétérinaire, c'est le médecin de famille.

C'est celui qui connaît votre élevage, c'est celui qui vient chez vous. C'est celui que vous appelez à des heures tardives quand vous êtes coincé. Donc faisons confiance aux vétérinaires.

C'est à eux de nous dire où on doit aller. Vétérinaires qui ont été euh agressés peut-être pas physiquement mais verbalement dans plusieurs endroits. Vous avez vu les les images comme nous ?

Oui, je l'ai vu et je redis ici comme je l'ai déjà dit que nous sommes en soutien de ce métier. Vous savez, être vétérinaire rural c'est une vocation et on a besoin on a besoin d'eux dans nos exploitations. Donc moi, je les soutiens.

Je veux leur dire que nous sommes derrière eux, que ce qui se passe en terme de menace, qu'elle soit physique ou verbale, n'est pas acceptable et qu'on essaie de de de sortir de cette torpeur pour essayer de de construire une relation. Le sanitaire dans un élevage, c'est incontournable. Je dis un mot aussi pour ceux qui aujourd'hui ont la grippe avière.

Je pense notamment au Grand Ouest et à Vendé qui subissent aussi sur le plan sanitaire une période extrêmement difficile. Euh est-ce que il y a un risque que ici ou là des éleveurs ne signalent pas des cas de DNC ou même de de grippe avière ? Oui, certains l'ont l'ont annoncé et l'ont dit "Ne faites pas ça de grâce, ne faites pas ça." Je je le dis aux éleveurs, euh c'est la meilleure manière de continuer à ce que la maladie perdure.

Or, je crois que queles que soient les sensibilités des uns et des autres, nous avons tous à cœur que cette maladie soit derrière nous, qu'on puisse la juguler et qu'on puisse regarder l'avenir avec confiance. Et donc tous ceux qui ne déclareront pas ou qui bougeront des animaux en infraction avec les règles ne ne font qu'une chose, c'est amplifier la maladie. Et ça que je crois que qui que nous soyons, personne ne le souhaite dans l'élevage français.

Ce qui frappe sur ce sur ce mouvement notamment en Occitanie pour de nombreux acteurs et observateurs, c'est cette coalition entre guillemets entre d'un côté la coordination rurale et la Confédération paysane. Confédération paysane plutôt ancré à gauche, coordination rurale davantage en lien avec des accontentances avec l'extrême droite. Est-ce que vous constatez cette coalition des extrêmes ?

Est-ce que pour vous syndicat FNSEA, ça vous complique aussi la tâche ? Encore une fois, je je l'ai dit, la FNSEA n'est pas un syndicat politique et nous avons au sein de nos rangs des gens aux sensibilités très différentes. J'observe, il y en a qui sont sur les barrages d'ailleurs.

Absolument. Et j'observe et j'observe que certains on voudrai en faire un sujet politique. Le sanitaire n'est pas un sujet au traitement politique.

C'est un sujet qui doit être réglé sur le terrain. C'est c'est techniquement après qu'il y ait des débats scientifiques, qu'il y ait des débats politiques pour dire que le gouvernement n'a pas été vite ou que la parole vra n'a pas agi suivant. Mais je je j'observe que sur les vaccins l'accélération va dans le bon sens.

J'observe qu'un certain nombre de choses sont mis en place. Mais là aussi [musique] n'oublions pas que la DNC n'est pas arrivée en Occitanie. Elle était en sa voix à la fin du mois de juin et moi je n'ai entendu personne depuis [musique] 4 mois parler de la dermatose.

Personne. Et nous y étions nous à l'accompagnement des éleveurs. Donc ne faisons pas de ce sujet un sujet politique.

Après qu'il y ait des sujets politiques et qui opposent les les syndicats, ben c'est pas nouveau. Et c'est pour ça que moi ce qui m'intéresse, c'est la vision. Et je le redis en Occitanie, la DNC et la goutte [musique] qui fait déborder le vast.

Parce qu'en Occitanie, la viticulture, l'état sanitaire, les grandes cultures, rien ne va. Les gens n'ont plus de revenus et ils ont besoin d'avancer. Merci beaucoup Arnaud Rousseau, président de la FNSEA, premier syndicat agricole de France.

Vous avez rendez-vous dans 1 heure maintenant à Matini avec le Premier ministre.