Envoi de troupes en Ukraine, sanctions contre Israël et élections européennes... Le "8h30 franceinfo" d'Éric Ciotti
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Bonjour Eric Ciotti. Bonjour. 780 voix pour le Parlement réunis hier en congrès à Versailles à voter l'inscription de l'IVG dans la Constitution. La France est le premier pays dans le monde à le faire. Est-ce que vous en êtes fier ?
En tout cas j'ai voté pour cette inscription dans la Constitution avec conviction dans la continuité de ce qui avait été fait. Le moment historique c'est bien sûr ce 17 janvier 1975, le moment de l'adoption de la loi Veil. C'est là où il y a eu ce basculement majeur pour le droit des femmes, pour la liberté des femmes à disposer de leur corps.
Mais ce qui s'est passé hier c'est une fierté pour vous ?
Je l'ai fait avec détermination, c'est une fierté française bien sûr. Je pense que l'IVG n'était pas menacée. Il y a derrière tout ça, il ne faut pas se le cacher, des calculs politiciens de la part du chef de l'État. Mais voilà, ça a été fait, c'est une protection importante, supplémentaire et c'est positif et je l'ai fait, je le dis avec beaucoup de détermination.
Mais vous entendez cette petite musique, Éric Ciotti, les sénateurs LR notamment auraient mené un combat d'arrière-garde et notamment Gérard Larcher.
Écoutez, il y a une très large majorité. Il y avait des inquiétudes juridiques qui sont légitimes. La loi Veil était une loi d'équilibre. Ce n'était pas une loi qui prônait l'avortement. L'avortement est toujours un moment très douloureux. C'est ce que disait elle-même Simone Veil. C'était une loi d'équilibre entre le droit des femmes, le droit de l'enfant à naître, le moment... Mais sur l'inscription de l'IVG dans la Constitution. ...qui trouvaient cet équilibre. Le mot « garantie » a fait dire à certains juristes, et c'est ce que des sénateurs ont soutenu, qu'il pouvait y avoir une rupture de cet équilibre. Donc le garde des Sceaux a rassuré.
Mais on verra demain s'il y a des textes de loi qui tenteront de remettre en cause cet équilibre. Je ne l'espère pas.
Emmanuel Macron va réunir les chefs de parti jeudi prochain à l'Elysée pour évoquer la situation en Ukraine. Vous avez un message particulier à livrer au Président de la République, au nom des Républicains, sur cette question.
D'abord, je serai présent jeudi, parce que ce sujet est d'une gravité extrême. Je dirai au Président de la République, sur des sujets aussi lourds de conséquences pour notre nation, pour l'Europe, il faut faire preuve de sérénité, de responsabilité, ne pas jouer avec les peurs. On a vu que sa sortie la semaine dernière, je dirais intempestive, a isolé la France. Sur le possible, en voie de trop possible. Aucun de nos partenaires, que l'OTAN, qui mène aussi cette protection, qui conduit cette protection du continent européen, s'est désolidarisée, que Joe Biden s'est désolidarisée. Donc c'est une voie bien seule et donc bien risquée qu'a exprimé le Président de la République.
Là encore, je parlais des effets de communication sur la réforme constitutionnelle. J'espère qu'il n'y a pas des motivations de politique intérieure qui ont conduit le Président de la République. C'est-à-dire, ça veut dire quoi ? De quel ordre ces motivations de politique intérieure ? On voit bien le petit scénario qui est en train d'installer le Président de la République. C'est le chef de guerre, dans un duel qu'il installe en politique intérieure, contre le Rassemblement National, qui serait l'avant-né en France de M. Poutine. On a entendu le Premier ministre parler de troupes russes dans l'hémicycle de l'Assemblée Nationale. Au sujet du Rassemblement National. C'est une forme d'outrance.
Et ce duel que veut installer pour la campagne européenne le Président de la République, je pense, n'est pas étranger à sa sortie, qui n'était pas une faute. De communication. Ce n'était pas un dérapage. C'était quoi alors ? C'était prémédité. Et c'est d'autant plus grave.
Vous pensez que cette déclaration, qui est quand même importante, sur la possibilité d'envoyer des troupes occidentales au sol en Ukraine, a pour but de contrer le Rassemblement National dans la politique intérieure ?
Je pense qu'il y a des motivations de politique intérieure, comme ce fut le cas pendant la campagne présidentielle. La campagne présidentielle a été quelque part, et c'était sciemment de la part du Président de la République, confisquée au moment de la déclaration de guerre en Ukraine. Il n'y a pas eu de débat. Et aujourd'hui, Emmanuel Macron nous rejoue le même scénario. Là, il propose un débat, justement. Il dramatise les choses. Rendez-vous compte, l'envoi de troupes au sol françaises en Ukraine ferait de la France un co-belligérant face à une puissance nucléaire.
Ce n'est pas quelque chose de combattre, c'est ce qu'a précisé le ministre des Affaires étrangères.
Enfin, on a quand même lancé l'annonce, et puis après, certains tentent de la corriger, mais l'annonce a été faite, elle a été condamnée, elle a isolé notre pays, et je le dis, elle est irresponsable, et je le redirai jeudi matin.
Il n'y a pas que la parole d'Emmanuel Macron qui est contestée, il y a aussi celle d'Olaf Scholz, le chancelier allemand. Il se trouve que les ministres français et allemands se rencontrent aujourd'hui au Quai d'Orsay, à Paris. Pour justifier son refus de livrer des missiles longue portée, le chancelier allemand a laissé entendre très clairement que des instructeurs français et britanniques se trouvaient actuellement sur le terrain en Ukraine. C'est une gaffe, c'est une erreur de sa part ?
Je ne suis pas un adepte de la politique de M. Scholz. On a vu que des généraux allemands ont été victimes manifestement d'espionnage du fait d'une grande imprudence de leur part. C'est pour cela qu'est sortie cette information et cette polémique qui anime aujourd'hui l'Allemagne. Nous devons être clairs, il faut que les pays européens puissent accompagner l'Ukraine dans son effort pour l'indépendance de l'Ukraine. Contre l'agression russe, il faut accompagner la réindustrialisation militaire de l'Europe. Il faut de la fourniture d'armes européennes. C'est les deux piliers. Aujourd'hui, il y a des pays européens qui ne fournissent pas un effort de défense indispensable.
Beaucoup de pays sont à moins de 2% de leur richesse nationale consacrée aux armées. La France est à 1,9%. Donc il faut réarmer l'Europe. Il faut aider l'Ukraine. Mais nous n'avons pas besoin, je le dis très clairement, il ne le faut pas aujourd'hui. En tout cas, j'y suis opposé de troupes au sol en Ukraine.
Quitter le commandement militaire intégré de l'OTAN, mettre fin aux embargos et restaurer une relation de confiance et d'amitié avec la Russie. Vous savez qui proposait ça juste avant la guerre ?
J'ai dû, en effet, souligner, comme beaucoup d'ailleurs, la nécessité, il y a quelques années, d'avoir des liens qui évitent cette guerre.
Alors ce n'était pas il y a quelques années, c'était deux mois avant la guerre.
Aujourd'hui, c'est un échec. Voilà, la guerre est un échec. Alors on peut avoir une lecture du passé.
Vous regrettez ? En tout cas, il n'y a plus question de parler en ces termes de la Russie.
Peut-être qu'il y a eu des erreurs occidentales aussi, par le passé. En tout cas, aujourd'hui, il y a une agression russe qui est insupportable face à un État souverain que nous devons défendre parce que cette agression, elle menace aussi l'Europe de façon très claire et il n'y a pas d'ambiguïté là-dessus.
Pas question de négocier avec Vladimir Poutine ?
Il y a aujourd'hui la nécessité d'opposer un camp qui défend les valeurs qui sont les nôtres aujourd'hui face à cette agression.
Toujours avec le président des Républicains, Éric Ciotti, les réunions de négociation se poursuivent en vue d'une trêve humanitaire entre Israël et le Hamas. Éric Ciotti, êtes-vous de ceux qui demandent un cessez-le-feu avant le début du Ramadan, c'est-à-dire lundi prochain ?
D'abord, je demande la libération des otages. Aujourd'hui, il y a des terroristes qui ont assassiné, violé, pillé, qui ont pris un otage des familles dans leur domicile, des enfants, des bébés qui sont encore pris un otage aujourd'hui. Le préalable à toute trêve constitue et réside pour moi dans la libération des otages. Cette prise d'otages, cet acte terroriste est insupportable et pour moi, je soutiens la démarche d'Israël dans sa sécurité et son action pour la libération des otages.
Ce soutien, même des pays comme les Etats-Unis, ils semblent amoindrir leur soutien ces derniers jours. Vous continuez de soutenir de manière inconditionnelle Israël ?
Je soutiens, comment ne peut-on réclamer la libération d'otages, d'enfants qui sont pris un otage ? C'est une abomination.
Les Etats-Unis parlent de cesser le feu,
Kamala, la vice-présidente par exemple. Je comprends, tout le monde, et moi le premier, bien entendu, ne peut que souhaiter la paix dans cette région troublée du monde. Il y a eu tellement de drames, trop de drames. Donc la paix est un objectif. Mais l'Etat d'Israël a été attaqué. De façon barbare, de façon terrifiante. Des familles, j'ai été sur place, j'ai été dans ces kiboutts. J'ai vu, j'ai touché, j'ai senti l'horreur terrifiante. Donc l'Etat d'Israël est un Etat qui a le droit de se protéger pour sa sécurité.
Y a-t-il une limite à cette défense que vous évoquez ? 25 000 morts selon le Pentagone, plus de 30 000 morts selon le ministère de la Santé et du Hamas. Les ONG pensent que c'est beaucoup plus. La gauche en France propose de passer aux sanctions contre l'Etat d'Israël, qui refuse d'arrêter la guerre et qui fait beaucoup trop de victimes civiles, celles qu'on appelle les victimes collatérales. Qu'est-ce que vous en pensez ?
C'est naturellement ridicule sanctionner un Etat qui se défend, qui a été attaqué, qui a vécu le pire acte terroriste depuis le 11 septembre.
Mais quand même Emmanuel Macron dit que ça va beaucoup trop loin dans la défense.
C'est cet Etat qu'on sanctionnerait. Il faut, aujourd'hui, j'attends de tous ceux qui sincèrement sont attachés à la paix, qu'on éradique le Hamas, qu'on le fasse sortir de ces territoires aujourd'hui et qu'il ne prenne plus en otage le peuple palestinien et par la même israélien.
Comment on éradique le Hamas quand ses dirigeants sont à l'étranger ? Est-ce que ce n'est pas un vœu pieux ? C'est ce que disent tous les experts.
Il doit y avoir une action internationale aussi. Il y a eu trop de complaisance, trop de financement. Je l'ai dit dès le début. Mais en tout cas, je ne mets pas en parallèle les actions des uns et des autres.
Juste une dernière question sur ce sujet. Lors du congrès LR fin 2021, vous proposiez de reconnaître Jérusalem comme capitale indivisible de l'État d'Israël. C'est toujours d'actualité ?
Je n'ai pas changé. C'est une position qui me paraît, aujourd'hui, répondre à une forme de logique. C'est votre position ou c'est celle des Républicains ? C'est ma position.
Votre candidat, François-Xavier Bellamy, tête de liste aux Européennes, ne soutient pas Ursula von der Leyen, qui est elle-même candidate à sa propre succession à la tête de la Commission européenne. Et je vous pose la même question. Est-ce que c'est sa position à lui ou bien celle du parti LR ?
C'est la position des Républicains. C'est celle que nous exprimerons jeudi au congrès du PPE à Bucarest. Je ne pourrai pas y être présent puisque j'assisterai à la réunion à l'Élysée à l'invitation du président de la République. Mais je viens d'écrire à Manfred Weber, le président du PPE, pour lui dire très clairement que les 23 délégués des Républicains qui voteront pour l'investiture de celle ou de celui, mais il n'y aura qu'une candidate, c'est Mme von der Leyen, qui sera candidate pour présider la Commission, ne bénéficiera pas du soutien des Républicains. Pourquoi ? Nous sommes Européens et l'idéal européen est inscrit au cœur de l'histoire de notre famille politique.
S'il y a une Europe aujourd'hui, c'est parce que Conrad Annenauer et le général de Gaulle ont soudé cette paix et cet axe important après la Seconde Guerre mondiale. C'est une volonté de notre famille politique. Nous l'avons toujours poursuivi. Mais aujourd'hui, Mme von der Leyen incarne une forme de dérive technocratique de cette Europe vers une forme de fédéralisme que nous récusons. Mme von der Leyen, c'est surtout la candidate de M. Macron. La dernière fois, le PPE avait choisi Manfred Weber. Et puis, par un jeu de bonnes taux, conduit par M. Macron, il a préféré soutenir Mme von der Leyen. Il aurait pu d'ailleurs, la dernière fois, soutenir Michel Barnier. C'était une option importante.
On aurait eu un président de Commission français. Pour des raisons de politique politicienne, M. Macron a soutenu Mme von der Leyen.
Elle lui a bien rendu, elle est allée d'ailleurs à la réunion de renaissance à Bordeaux. Est-ce qu'il faut que vous rompez avec le PPE ? Puisque vous invoquiez l'histoire, le Parti Populaire Européen, votre famille politique en est l'un des fondateurs. Vous rompez avec le PPE ?
Absolument pas. On assume. D'abord, on verra le résultat du vote. On a demandé un vote à bulletin secret. Il y a beaucoup d'expressions, et François-Xavier Bellamy a eu le courage, de dire ce qu'il pensait de cette situation, de son opposisme. Mme von der Leyen, c'est la dérive qui met à mal nos agriculteurs. C'est cette fuite en avant vers la décroissance agricole. Mme von der Leyen, c'est l'attaque du modèle agricole. Mme von der Leyen, c'est l'ouverture des frontières aux migrants avec les conséquences. Ce sont trois fautes lourdes. Nous assumons dans une famille politique d'être minoritaire. Et puis, vous savez, il y a encore beaucoup de chemin.
Il faudra que Mme von der Leyen ait une majorité dans l'hémicycle du Parlement européen. Et plus il y aura de députés européens de notre famille politique, plus nous pourrons peser fortement. Nous verrons bien. Il y aura sans doute d'autres candidats de dernière minute. Moi, je ne crois pas en la réélection de Mme von der Leyen, parce que son bilan l'empêchera d'être réélu. Et notre famille politique devra, je pense, adhérer à une autre solution.
Éric Ciotti, votre tête de liste s'appelle donc François-Xavier Bellamy pour les Européennes. Un grand meeting est prévu le 23 mars prochain. Est-ce l'occasion de faire des annonces, des surprises sur les personnalités qui seront dans la liste ?
Nous travaillons d'abord au projet avec François-Xavier Bellamy, avec Céline Imar, qui est la seconde aux côtés de François-Xavier Bellamy sur cette liste, qui incarne la France de la ruralité, des territoires, mais aussi de la jeunesse, de l'avenir. C'est un beau tandem à la tête de cette liste, qui est renouvelé. Nous allons travailler dans cet esprit pour la suite.
Des débauchages attendus ou pas ?
Sans précipitation. Vous savez, nous, on n'est pas le camp des coups médiatiques, des débauchages, tout ça. Et ça compte parce qu'il y a des symboles. Tout ça est un peu ridicule.
Je vous donne l'exemple du RN. Jordan Bardella est allé chercher l'ex-patron de Frontex, Fabrice Légeri. Il sera numéro 3 sur sa liste à Jordan Bardella. C'est un regret ? Vous auriez aimé qu'il soit chez vous ?
Non, vous savez, nous voulons des gens de conviction. Moi, je récuse un peu cette politique où on va faire le marché pour des postes et des places. Voilà. Nous avons des valeurs. Nous avons des convictions. On les connaît. C'est défendre les intérêts de la France en Europe. Nous sommes européens. Nous avons besoin de l'idéal européen. Je le redis. Certains ont remis en cause l'Europe. On voit les conséquences pour la Grande-Bretagne du Frexit, du Brexit. Certains ont prôné, je dis le Frexit, une forme d'idée. Alors aujourd'hui, il y a de l'ambiguïté.
Vous parlez de Frexit déguisé, vous aussi, comme Emmanuel Macron concernant le RN ?
Nous sommes clairs. Et d'autres, nous sommes clairs. Nous sommes européens. Mais nous sommes pour une Europe qui ne porte pas atteinte aux intérêts de la France. Et pour qu'elle ne porte pas atteinte aux intérêts de la France, il faut que la France soit plus crédible, soit plus forte. La France des déficits, de la dette, de l'insécurité, la France de l'incertitude diplomatique, ce n'est pas une France crédible. La France a reculé en Europe. L'influence de la France a reculé en Europe. Et qu'il y a eu des prises de parole très fortes de François-Xavier Bellamy, notamment contre Olaf Scholz. On en parlait tout à l'heure.
Choré allemand.
Notamment sur cette dérive de la décroissance qu'ont porté certains partis au niveau européen. Tout cela, François-Xavier Bellamy l'a fait, l'a dit, il a amendé. Justement, on va essayer de déterminer vos différences. Nous avons un bilan aujourd'hui et il est conséquent.
Le 8.30 France Info, Jérôme Chapuis, Salia Bracchia.
Et avec Éric Ciotti, on évoquait les différences entre le RN et LR. Éric Ciotti, Jordan Bardella accuse Emmanuel Macron et l'Union Européenne d'avoir provoqué, je cite, le grand effacement de la France. Est-ce que vous le rejoignez là-dessus ?
Tout ça, ce sont des formules. Le bilan de la situation française est calamiteux depuis 2012. Depuis 2012, l'influence de la France en Europe a reculé parce que nous nous sommes considérablement affaiblis. La dette, les prélèvements obligatoires, les dépenses publiques qui signent un état des comptes publics calamiteux. 900 milliards de dettes en plus depuis l'élection de M. Macron. Tout cela, naturellement, nous prive de crédibilité, d'influence. On ne suit pas le plus mauvais élève de la classe européenne. Donc, on est sanctionné. On a perdu de cette force. Je parlais tout à l'heure du général de Gaulle et de Conrad Adenauer qui ont fait ce couple moteur de l'Union Européenne.
Aujourd'hui, on est tout simplement à la remorque des pays puissants en Europe parce qu'on est mal gérés. Parce que nous avons un bilan épouvantable. Donc, il faut restaurer aussi. Ça sera le double enjeu de ces élections européennes. Bien sûr, il y a une dimension européenne dans cette échéance. Mais il y a aussi une dimension intérieure. On est engagé sur la fin du macronisme. M. Macron ne pourra plus se représenter. Son bilan, aujourd'hui, apparaît de plus en plus en pleine lumière aux yeux des Français. Il y a des stratégies de communication un peu multiples, des coups, des slogans, des grands débats qui avortent ou pas.
Mais, en tout cas, il y a cette débauche de communication pour masquer la réalité d'un bilan. Mais aujourd'hui, je dis aux Français qu'il faut qu'ils regardent la réalité en face. Le macronisme a échoué. Il a échoué. Mais alors, vous voulez faire de ces européennes, des élections du mandat aussi ? Nous ne devons pas, parce qu'il a échoué, aller dans une voie qui serait une autre impasse. Il y a une voie de crédibilité, de responsabilité, d'équilibre. C'est celle que proposent les Républicains. On n'arrive pas trop à vous situer entre l'ERN et plus de liberté économique. C'est ça, le chemin que proposent les Républicains. Ce mariage entre l'autorité et la liberté.
Ce n'est pas ce que propose l'ERN, notamment au plan économique.
On vous a posé la question tout à l'heure, Frexit déguisé, disait Emmanuel Macron à propos du RN. Il disait que le RN envisageait une sortie de la France de l'Union Européenne. Ça, ça vous distingue clairement du RN, selon vous ? Nous n'avons pas la même histoire.
Je crois qu'il est inutile. On ne parle pas d'histoire, on parle du programme et des intentions. Je rappelais ceux qui ont fait l'Europe. Je rappelais notre attachement à l'idéal européen. Nous avons besoin d'Europe. Nous avons besoin d'Europe pour nous protéger face aux menaces géopolitiques. Nous avons besoin d'Europe pour nous réindustrialiser. Mais nous n'avons plus besoin d'une Europe technocratique qui a produit beaucoup d'échecs. Donc, il faut rebâtir cet idéal européen sur des propositions claires, crédibles, réalistes. On a vu les conséquences. Je le redis parce que c'est important. On a la preuve aujourd'hui. On a, par l'exemple, ce qui s'est passé en Grande-Bretagne, ce Brexit.
On voit aujourd'hui qu'en Grande-Bretagne, il y a une chute de la puissance économique. Il y a plus d'immigration. Et le moteur du Brexit, c'était qu'il faut retrouver une souveraineté britannique pour lutter contre l'immigration et pour redonner de la puissance économique. Sur ces deux plans, ça a échoué. Donc, ceux qui ont soutenu à l'époque cette démarche, eh bien, ils doivent être regardés par les Français avec lucidité.
C'est l'URN, pour le dire clairement, parce que vous ne le dites pas.
Ça l'y a. Beaucoup chez eux, en tout cas.
À la tête de votre famille politique, vous voyez bien les ambitions qui agitent votre parti, Éric Ciotti, en vue de 2027 notamment. Parmi elles, il y a celle de Xavier Bertrand, le patron LR des Hauts-de-France. Il a bien l'intention d'être candidat. Et quand on lui dit que sur le papier, le candidat que vous proposez, vous, Éric Ciotti, c'est Laurent Wauquiez, pour 2027, écoutez sa réaction.
Ça, c'est le candidat d'Éric Ciotti. Ce n'est pas le candidat de LR et ce n'est pas le candidat de la droite au sens large. Ce que je sais aujourd'hui, M. Wauquiez, c'est le candidat d'Éric Ciotti. Voilà, c'est tout. C'est tout.
D'abord, sur la forme, je crois que ce débat, il est aujourd'hui prématuré. On a une élection européenne à gagner. J'invite mon ami Xavier Bertrand à se mobiliser, au François-Xavier Bellamy, à concentrer ses forces et son énergie. Je sais qu'elles sont grandes. En faveur de notre liste, il ne faut pas... Je crois que ce n'est pas le moment de se disperser. Mais ce sera quand le moment ? Pour le reste, dans le passé, on a eu des élections. On a eu une primaire. Je crois me rappeler du résultat. Et on a eu une élection à la présidence des Républicains où j'ai dit des choses. Voilà. Dans une famille politique, on décide, on vote et on le fera le moment venu.
Ah, donc ce n'est pas Laurent Wauquiez, forcément, le candidat naturel ?
Attendez. Ah, allez-y. Dans la cohérence de ce que j'ai dit. Et pour moi, les choses sont claires, sont simples. J'ai d'ailleurs été élu sur ce message. Je n'ai pas pris les militants en traître. Ça a été l'axe de ma campagne. En disant que si j'étais élu, je soutiendrai Laurent Wauquiez. Après, c'est à Laurent d'ouvrir ce chemin.
Éric Sotil, président des Républicains, était sur France Info ce matin. Merci à vous.
Éric Ciotti