Florence Portelli (LR), favorable à la suppression de Parcoursup
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Un podcast France Culture.
Pourrait-elle en faire partie ? Elle qui est maire de Tavernie, dans le Val-d'Oise, en bordure de la forêt de Montmorency. Enracinée dans ce département de banlieue, elle y est née, à Argenteuil, en 1978 au nord de Paris, à une poignée de kilomètres de la ville qu'il a choisie, 36 ans plus tard, comme première édile, après 25 ans de socialisme. En 2020, réélection Olamin, au premier tour 58% des voix, cette pianiste fait de la culture l'un des axes de son action et apporte à l'école la musique ou le théâtre qu'elle pratique. Proche de Valérie Pécresse, elle est sa vice-présidente à la région Île-de-France, chargée de la culture et vice-présidente du parti Les Républicains.
Elle nous dira si elle compte entrer au gouvernement et ce que les politiques locales peuvent apporter au national. Bonjour Florence Portelli. Bonjour. Merci d'avoir accepté notre invitation et merci à vous de nous écouter comme chaque samedi. Nous sommes ensemble et en direct jusqu'à 13h30. Alors Florence Portelli, on attend d'une minute à l'heure, d'une minute à l'autre, peut-être dans les prochaines heures, un gouvernement pour Michel Barnier. Est-ce que vous pourriez en faire partie ?
Je ne pense pas, je pense que je l'aurais su. D'ailleurs, vous voyez, mes téléphones ne sont pas sur la table et ce n'est pas bien important à ma personne. Ce qui est important, c'est qu'on arrive enfin à faire ce gouvernement et que le pays puisse surnager au-delà du marasme dans lequel il est plongé, qui franchement me rend triste.
Est-ce que Michel Barnier est la bonne personne à Matignon ?
Je pense que c'est une des bonnes personnes qui pouvait être installée là parce qu'il a une figure qui n'est... Quand on pense Michel Barnier, je pense que les gens ne pensent pas à un parti politique ou à un clan. Ils pensent plutôt à un homme qui a négocié au niveau européen, qui a transcendé les clivages, qui a d'ailleurs une personnalité... C'est difficile de le cantonner, résoudre un cliché, on va dire. Il était un des premiers ministres de l'environnement de la droite. D'ailleurs, c'était à sa demande. Il y avait un article intéressant dans Le Monde hier pour dire que son rapport à l'écologie était complexe. Donc voilà, il n'est pas enfermable dans des clichés.
Donc je trouve que c'est bien. Et pour ça, c'était une bonne personnalité. Mais comme pour un bord différent, je pense que M. Cazeneuve aurait été aussi une personnalité entendable, même pour des gens qui n'ont pas les mêmes opinions.
En tout cas, si on vous appelle, vous allez vous, Florence Portelieu, au gouvernement, vous le soutenez ?
Je ne vous aurais pas dit ça il y a deux, trois mois. Aujourd'hui, j'aurais pu dire ça si ça avait été le cas a priori. A priori quand même, parce qu'il y a des questions qui se posent, qui ne sont pas forcément liées d'ailleurs à la politique. Mais je ne vous aurais pas dit ça il y a quelques temps, parce qu'il y a quelques temps, pour moi, il était hors de question de rejoindre une majorité macroniste. Et souvent, on nous dit, votre bord, il est contradictoire. Moi, je ne suis pas d'accord avec ça. Je pense que les circonstances ont changé. Parce qu'aujourd'hui, vous n'avez plus de majorité. On sait très bien que c'est éphémère, que c'est juste pour réussir à boucler un budget.
C'est un gouvernement de mission, ce n'est pas un gouvernement de coalition avec Emmanuel Macron. Et en cela, c'est différent et c'est presque un devoir pour la classe politique de se ranger derrière l'intérêt général. Et je regrette d'ailleurs que la gauche ne soit pas présente à ce rendez-vous.
Parmi les premiers noms qui circulent sur 16 ministres de plein exercice, il y aurait seulement 3 LR. Et 7 Ensemble pour la République, est-ce un changement de gouvernement ou un simple remaniement ?
Écoutez, j'espère en tous les cas que ce sera un changement de politique. Après, de toute façon, la personne qui a été nommée, quelle qu'elle soit et malgré tous les talents qu'elle puisse avoir, n'aura jamais de la majorité totale pour pouvoir assumer un programme qui eût été celui de son camp. Donc à partir de là, vous savez, les personnes vont juste être chargées de s'entendre et d'essayer de sauver les meubles. On en est là quand même, c'est pas...
Alors vous, vous êtes une séguiniste, malgré votre jeune âge, Florence Portelli. Oui, j'ai commencé tôt. Vous dites qu'à 8 ans, vous tombez en pamoison devant un discours de Philippe Séguin. Et aujourd'hui, vous dites encore que la plupart, je vous cite, de nos mots démocratiques viennent du référendum de 2005. Vous avez dit ça récemment dans une émission, c'est à vous, au mois de juillet. Pourtant, Michel Barnier est l'incarnation de la mise en oeuvre de ce traité de Lisbonne.
Alors, Michel Barnier, au moins, il est fidèle à ce qu'il a toujours pensé. Non, ce que je regrette sur 2005, c'est pas le traité de Lisbonne. Je continue à penser que Maastricht a été une catastrophe. Le traité de Lisbonne venait paradoxalement réparer certaines erreurs du traité de Maastricht. Non, ce que j'ai trouvé très regrettable, c'est de demander aux gens de venir s'exprimer. Et d'après, avec beaucoup de condescendance et un élitisme douteux, considérer que le peuple s'était fourvoyé et qu'il fallait revenir dessus. Je pense que ça a été à l'origine, en partie, de la césure qui a provoqué les gilets jaunes, qui a fait monter les extrêmes de gauche comme de droite.
Et que c'est une faute sur laquelle on devrait avoir un discours très clair. Parce que, vous savez, c'est compliqué d'aller voir le peuple, d'aller dire aux gens « on vous respecte », mais ne pas reconnaître qu'il y a un moment de ne l'a pas respecté.
Une manifestation est organisée aujourd'hui par différentes associations ou parties de gauche pour dénoncer, je cite, le coup de force d'Emmanuel Macron en nommant Michel Barnier à Matignon.
Non, mais pardon, mais il n'y a pas de coup de force. Ils n'avaient qu'à y aller, ils n'avaient qu'à foutre la paix à Cazeneuve. Enfin bon, je trouve ça ridicule. Je ne trouve pas que ce n'est pas à la hauteur de l'enjeu qui est vraiment de sauver la Maison France. Enfin vraiment, au moins ils auront beau temps, ils vont se faire une promenade. Mais je trouve ça pathétique.
Les électeurs de Tavernier-la-Ville dont vous êtes maire, Florence Portelli, dans la troisième circonscription du Val d'Oise, ont massivement voté pour le nouveau Front populaire face au RN en juin, juillet dernier. Pensez-vous que ces électeurs ont compris le choix d'Emmanuel Macron de nommer Michel Barnier à Matignon ?
Oui, vous savez, j'en connais même des très très proches de moi qui ont voté pour le nouveau Front populaire, qui n'était pas forcément de gauche, ou qui étaient de gauche mais pas de la gauche verte ou LFI, et qui ne voulaient pas de la candidate qu'on nous avait parachutée de l'extrême droite. Je dirais, moi non plus, je n'en voulais pas. Moi, j'ai voté blanc, je vous le dis en toute honnêteté. Vous n'avez pas fait barrage ? Je n'ai pas fait barrage. Alors déjà, un, je pense que la pauvre dame, elle était mal barrée. Honnêtement, il n'y avait pas un risque énorme. Mais même, moi, je vote vraiment maintenant par rapport à... Je ne veux plus être instrumentalisée quelque part.
C'est-à-dire, la personnalité qui était... qui était le candidat du nouveau Front populaire. C'est un monsieur très honorable. C'est Emmanuel Morel. Voilà. Mais qui quand même... Ancien socialiste qui, aujourd'hui, siège au groupe GDR. Alors, qui a beaucoup navigué. Je veux dire, encore une fois, c'est... Je navigue un peu partout, dans les partis politiques, dans les circonscriptions, et pourvu que je me fasse élire quelque part. Bah, ça non plus, ça ne me correspond pas. Donc, je ne veux plus voter pour des gens qui ne me correspondent pas. Alors, je ne peux quand même pas voter pour l'extrême droite et pour une candidate qui me correspondait encore moins. Mais je ne vote pas pour...
Voilà, maintenant, je veux voter par choix, par envie, et non pas en me disant que la personne pour laquelle j'ai voté, je n'ai aucun engouement. Ce n'est pas possible. Donc, oui, dans ce cas-là, je suis pour le vote blanc. Et c'était mon premier vote blanc, mais ça m'a fait drôle. Je n'ai pas dormi la veille. Vous n'avez pas voté pour Emmanuel Morin ? Non, mais ni pour, d'ailleurs, la dame du RN, la dame de Lédier. Mais je ne regrette pas d'avoir voté blanc. Ça a été un débat à la maison, nous n'étions pas tous d'accord.
Mais voilà, non, j'ai voté en mon âme et conscience, et je n'ai pas voté pour des gens qui, pour des raisons différentes, ne respectaient pas mes convictions et ma façon dont je vois l'éthique politique.
Alors, votre collègue Haute-Mann Nassrou est présentie pour être ministre de la laïcité et des discriminations. Ministre de la laïcité, ça vous inspire, Florence Portelli ?
Oui, parce que comme je suis maire dans une banlieue, mais je pense que ce n'est pas lié qu'à la banlieue, la question de la laïcité est vraiment une question extrêmement importante. C'est aussi une question, d'ailleurs, importante quand on est une femme. Parce qu'à travers la laïcité, il y a aussi le respect, quand même, de l'indépendance de la femme, le fait que, quand elle ne le choisit pas, ne soit pas assujettie à la dictature d'un vêtement. Et moi, je suis très attachée à la laïcité. Elle est extrêmement malmenée dans notre pays. Elle est, je pense, aussi mal comprise. Et non, je pense que c'est une bonne chose. Et puis, ça fait partie de la culture française, la laïcité.
Donc, vous êtes favorable, comme Bruno Retailleau, votre président du groupe LR au Sénat, à l'interdiction des femmes qui portent le voile d'accompagner les sorties scolaires ?
Alors, ça, c'est une question qui est compliquée, parce que c'est une... Il ne faut pas avoir l'air de stigmatiser les gens. Et en même temps, c'est assez hypocrite de penser qu'à partir du moment où vous accompagnez les sorties scolaires, vous ne vous assimilez pas aux exigences qu'on attend d'un service public. Donc, en fait, c'est tout simplement jusqu'où on étend la notion de service public et ce qui est lié au service public. Et je pense que là-dessus, on devrait avoir un débat sain. Et en effet, je suis plutôt sur cette position-là. Là où je mets, par contre...
Où je fais attention, c'est que quand j'ai des débats, même dans les quartiers, par rapport à ça, je m'entends bien avec les mamans des quartiers qui, parfois, sont aussi... J'ai les mamans parce que souvent, c'est les mamans, mais qui sont aussi voilées. Elles savent que je n'ai pas forcément cette opinion-là, mais elles savent aussi que je les respecte. Et je pense qu'il faut faire aussi très attention à la façon avec laquelle on le dit. Mais vraiment, j'insiste, je pense que ce n'est pas un modèle d'émancipation pour la femme. Je respecte la religion musulmane. Je connais d'ailleurs des musulmanes qui ne sont absolument pas voilées.
Et ce qui me gêne énormément, c'est que vous voyez, il m'est arrivé de voir non pas des jeunes filles voilées, mais des petites filles voilées. Et à partir de là, en tant que féministe... À Taverni ? À Taverni, peu, mais c'est déjà arrivé. Et ailleurs, beaucoup plus. Et à partir de là, je pense que c'est un vrai combat à mener parce qu'on ne peut pas regarder une petite fille en la sexualisant.
Quelle différence faites-vous entre le programme du RN et le vôtre DLR sur l'immigration ?
Sur l'immigration, parce que j'allais vous le dire, il n'y a pas que l'immigration dans la vie et sur plein de choses. D'ailleurs, pas forcément lié à l'immigration. Le fait de vouloir supprimer la double nationalité, où d'ailleurs, ils ont rétropédalé mollement, on ne savait pas trop ce qu'ils pensaient. Une mesure extrêmement choquante, que j'ai d'ailleurs été une des rares à dénoncer, parce qu'on ne s'intéresse peut-être pas assez au programme des uns et des autres, sur le logement social. Dire qu'il faudrait être un Français, je ne sais pas moi, un Français, naturalisé Français, pour avoir un logement social. J'avais donné un exemple à M.
Tanguy sur un plateau, en lui disant, je prends un exemple qui m'a été apporté il n'y a pas très longtemps dans ma collectivité.
Une infirmière portugaise qui est en France depuis la nuit des temps, qui travaille, qui a demandé un logement social, qui est éligible au logement social, est-ce qu'elle devrait être rétrogradée dans sa demande, par rapport à quelqu'un d'autre qui m'avait demandé un logement social, qui était un Français, naturalisé Français, enfin, né en France, pardon, et qui, lui, était quelqu'un qui, très objectivement, il y a des gens, moi je ne fucige pas les gens qui ont besoin d'aide, mais qui était objectivement quelqu'un qui ne foutait rien, qui en plus commettait des petits actes de délinquance, et qui était en logement social.
Et je dis, est-ce que là, c'est le critère de nationalité qui compte, ou le critère moral, le critère de la valeur sur le plan, de ce qu'on apporte à la société, etc. Il m'a répété, ben non, c'est quand même le Français qui passe devant. Ben là, on voit à quel point c'est raciste. C'est une discrimination raciale liée à la nationalité, et d'ailleurs qui vient en contradiction, même parfois, avec les discours qu'ils tiennent, sur le fait qu'il faut promouvoir les gens qui apportent choses positives au pays. Donc oui, il y a encore des différences de fond avec le Front National, avec le Rassemblement National, et d'ailleurs, même parfois, entre les mouvements d'extrême droite.
Georgia Meloni, un discours qui est moins anxiogène sur l'immigration, par exemple, que Marine Le Pen. Il y avait un article aussi dans Le Monde qui était très intéressant par rapport à ça. Je ne suis pas en train de vous faire la promotion de Georgia Meloni, attention. Vous voulez dire
qu'au contact du pouvoir ?
Non, ce n'est pas qu'au contact du pouvoir, mais c'est parce que vous pouvez dire qu'il y a un problème de vague migratoire parce qu'on n'arrive pas à intégrer les gens. Il faut aussi faire de l'aide au développement comme elle. D'ailleurs, elle est allée le faire en Libye ou ailleurs. Elle s'est déplacée en Tunisie pour voir ce qui pouvait être fait avec les pays d'où partent beaucoup de migrants. Vous avez après le discours de Marine Le Pen qui est un discours beaucoup plus, parfois, haineux. Moi, je n'ai pas de discours haineux. En revanche, je pense que plutôt que d'immigration, on devrait parler d'intégration.
On devrait parler de ce que sont les valeurs françaises et on devrait faire le distinguo entre les gens qui viennent travailler et puis les gens qui viennent profiter des aides. Vous n'avez pas
de discours haineux, Florence Portelli, mais vous n'avez pas votre langue dans votre poche.
On fait quoi maintenant, Florence Portelli ? C'est quand même le président de votre parti, Eric Ciotti. On le vire. Il a un mandat, mais vous le virez comment ?
On va éplucher les statuts de ce parti qui a quand même des problèmes de démocratie interne sérieux et on était un certain nombre à le dénoncer pudiquement en interne. On va peut-être renverser enfin un peu la table, expliquer aux notables de ce parti qu'il y a un moment où il faut aussi écouter le peuple du parti, la société civile et la France entière d'ailleurs, en profiter un peu pour toaliter nos statuts. Je pense qu'il y a possibilité de le faire partir s'il ne part pas par lui-même. Je ne doute pas
que nous y arrivions. C'est votre voix qu'on vient d'entendre, Florence Portelli sur France TV Info le 11 juin dernier alors qu'Eric Ciotti, président de votre parti LR, nouait une alliance avec l'URN de Marine Le Pen alors qu'il est toujours président du parti.
Juridiquement, pas politiquement, honnêtement. Je pense que là, ça va se régler. Pour moi, Eric Ciotti, c'est devenu un mème. Pour nos auditeurs, il faut expliquer ce que c'est qu'un mème. Quand vous avez sur les réseaux sociaux, des personnages qui deviennent comme un personnage animé un peu caricatural. Qui revient sans cesse. Qui revient en boucle. Et c'est lamentable. Ça donne une image de la politique absolument navrante. J'allais vous demander
quelle image a donné votre famille politique dans cette séquence.
mon parti ? Je vais vous le dire, pour une fois, j'ai trouvé qu'il était à la hauteur. J'ai trouvé vraiment bien qu'il refuse des alliances nauséabondes pendant les élections législatives. Quitte à perdre des sièges qui a été le cas. Et ce qui n'a pas du tout été le cas du Parti Socialiste. Moi, je préfère être au LR en ce moment qu'au Parti Socialiste. Et je préfère côtoyer Laurent Wauquiez que François Hollande. François Hollande, pour moi, il a été d'une indignité totale. Il s'est renié. Mais pour des vagues calculs politiciens, on sait très bien pourquoi, pour 2027, même la façon dont il a refusé de soutenir son ami Cazeneuve.
Au moins, je suis dans un parti qui, pour le moment, montre une colonne vertébrale. Et j'en suis plutôt fière.
En juin 2019, Florence Porteli, vous quittez LR. Vous dites que c'est un parti verrouillé avec un fonctionnement de plus en plus rabougri pour rejoindre le mouvement libre de Valérie Pécresse dont vous êtes proche. Pourquoi vous y retournez dans ce parti ?
Je suis retournée un petit bout de temps. En fait, à ce moment-là, c'était impossible de faire entendre autre chose, d'autres voix. On pouvait toujours, mais on se prenait un tir en bureau des politiques. L'ambiance était vraiment très désagréable. Et voilà, je ne suis pas maso. Je ne viens pas dans des réunions interminables pour en plus m'en prendre plein la figure. Parce qu'en plus, sans animosité aucune, on lève juste le doigt pour dire est-ce qu'on pourrait éventuellement parler de ci ou parler de ça ? Et ça a changé ? Oui. Alors, ça a changé. Tout n'a pas changé.
Mais aujourd'hui, je dirais que même les gens qui sont dans ce parti politique ont pris conscience quand même qu'il y avait des choses qui devaient évoluer même sur le plan
du fonctionnement démocratique. On a une question sur Instagram de Marinette qui nous dit il y a plus de 20 vice-présidents LR, pourquoi pas 30 ? Oui,
pourquoi pas 40 ? Oui, elle est courageuse. Elle a été voir les statuts des LR et je...
Simplement sur le site internet. Oui, tout à fait. Non, mais vous-même, Florence Portelli, vous êtes très critique sur votre famille politique, notamment dans votre dernier livre, Franc-parler, aux éditions du Cerf en 2024, le vide sidéral où se trouve plongée la pensée politique en France que vous dénoncez et vous dites aussi, pardonnez-moi, je vous cite, des rénovateurs au constructif, la droite a toujours su habiller d'un string médiatique sa nudité idéologique. Mais toujours actuellement ?
Alors, on est en capacité totalement de gouverner le pays pour continuer à gérer correctement ce pays et éviter qu'il plonge complètement. en revanche, porter une vision pour la société de demain, moi, je ne la connais pas cette vision. Vous, vous êtes vice-présidente, donc vous pourriez participer à cette vision. Je compte y participer. D'ailleurs, j'ai fait acte de candidature, j'allais dire, à l'intérêt collectif du parti et j'ai été d'ailleurs totalement écoutée, entendue et je pense que c'est dans ce qui se passera pour la suite. Les thèmes que j'entends défendre et sur lesquels j'entends travailler vont être étudiés. Même, je vais vous dire, là, c'est la rentrée scolaire.
Moi, je suis maman d'une adolescente de 16 ans. Je vois arriver avec angoisse les affres de Parcoursup qui est un système complètement dingue. J'aimerais bien que la droite se penche sur l'injustice liée à Parcoursup pour supprimer Parcoursup en tous lesquels réformer totalement. Exemple parmi d'autres, ce n'est pas moins important que d'autres sujets qu'on met régulièrement sur le tapis. Ne pas s'adresser à la jeunesse de France, ne pas s'adresser à nos enfants. On fait de la politique pour qui ? On fait de la politique pour quoi ? Moi, je fais de la politique pour que ma fille, mon beau-fils, les enfants de France et d'ailleurs se disent demain, ce sera mieux qu'hier.
Donc, vous demandez au futur ministre ou à la future ministre de l'Éducation nationale ou de l'Enseignement supérieur de revenir sur Parcoursup ?
Sur Parcoursup, bien sûr, oui.
C'est une proposition du Nouveau Front Populaire ?
Mais attendez, il y a des tas de choses qui peuvent être dites par le Nouveau Front Populaire. La question, c'est comment on le fait, ce qu'on met dedans. Mais oui, je pense que c'est très important.
Dans votre livre Toujours Franc Parler, vous demandez, et c'est exactement ce que vous êtes en train de dire à votre famille politique, de s'emparer des sujets traditionnellement investis par la gauche. La culture, l'éducation, le logement, l'écologie. Qui furent investis par la gauche. Traditionnellement. Et alors, chez vous, Emmanuel Mignon, qui est une ancienne conseillère de Nicolas Sarkozy, a été chargée du projet chez LR en 2023.
Oui, mais dans la précipitation, le problème, c'est qu'aujourd'hui, tout est fait dans l'urgence. Tout ça, ça prend énormément de temps. Si on veut faire les choses sérieusement, parce que sinon, ça fait 20 ans qu'on ressort les mêmes trucs.
Mais elle travaille, elle propose...
Bien sûr, mais il y a des gens d'ailleurs qui ont des idées, vous me parlez tout à l'heure de Valérie Pécresse, même d'autres qui ont des idées très intéressantes. Je ne suis pas en train de vous dire que les gens ne pensent pas. C'est juste que le parti dans son ensemble ne prend pas le temps d'instaurer des nouveaux outils de réflexion, de prendre le temps vraiment de s'atteler aux choses. Même sur un sujet, bon, alors moi, j'aimerais bien parler surtout de culture, d'éducation, de logement. Mais vous prenez rien avec le sujet de l'immigration. Moi, j'aimerais qu'on le traite aussi en parlant du réchauffement climatique et des vagues migratoires que nous allons avoir.
Parce qu'on ne peut pas dire à des gens qui vivent le réchauffement climatique dans leur pays avec des catastrophes naturelles de rester chez eux et d'attendre de crever. Donc, même sur ces sujets-là, on mériterait quand même d'être un peu moins dans l'anathème, dans la petite phrase et d'être plus dans la réflexion de fond.
France Culture, Sens Politique, Astrid De Vilaine.
Dans dix ans, serons-nous encore la septième puissance du monde ? Serons-nous encore une nation souveraine ou un auxiliaire des Etats-Unis, un comptoir de la Chine ? Serons-nous une nation unie ou une nation éclatée ? Face à ces questions vitales, pas de fatalité, ni au grand déclassement, ni au grand remplacement.
La voix de Valérie Pécresse au meeting de Paris au Zénith le 13 février 2022. Vous, Florence Portelli, vous êtes porte-parole de sa campagne. Oui. Que ressentez-vous à ce moment-là ?
Plein de choses, parce que quand je l'ai vue arriver, parce que je la connais à titre privé, j'ai senti quand même à quel point ce genre de meeting était... Alors, je ne parle pas pour elle, mais de manière globale, finalement, il fallait peut-être avoir une réflexion autour de la communication qu'on a au moment des campagnes électorales. Et notamment pour les femmes ? Oui. Alors, moi, je n'ai pas de difficultés au début, si. Mais aujourd'hui, je pense que je serai dans un meeting. Je ne me sens pas en difficulté de m'adresser à une salle entière, etc. Mais aussi parce que j'assume ma voix aujourd'hui, j'assume ce que je suis, j'assume ce que je ne suis pas.
Enfin, vous voyez, j'assume de ne pas être ce qu'on me demanderait d'être, etc. Elle s'est droitisée,
Valérie Pécresse, pour séduire les 4% des lecteurs. Je ne pense pas,
mais je pense qu'en fait, le problème des meetings, c'est qu'on nous demande tellement de codes à respecter et que finalement, on devrait s'en moquer totalement. Et je pense que ce qui peut être, ce qui est le mieux chez Valérie Pécresse, c'est quand elle est juste elle-même. Et là, elle ne l'était pas en utilisant, ça lui a été beaucoup reproché, le mot grand remplacement. En partie, mais je pense quand même que ces campagnes très particulières et très françaises, parce qu'on a un culte de la personnalité à travers le président de la République attendu, etc., fait que souvent, on se croit dans l'obligation justement d'être dans des codes de communication, etc.
Et ce qui est bien dommage, c'est que Valérie Pécresse, elle a fait des meetings qui étaient formidables, où là, il n'y avait plus du tout un journaliste parce qu'il ne croyait plus en sa capacité de renverser la table. On a même fait, par exemple, une conférence de presse sur la culture. C'est peut-être la seule candidate à avoir fait ça. Il n'y avait pratiquement personne. Et les journalistes qui étaient là ne lui ont posé d'ailleurs des questions que sur l'audiovisuel. Donc je pense que de manière collective, c'est la société entière qui doit s'interroger sur le rapport à la communication politique.
Et même, je suis désolée de vous dire ça, ce n'est pas pour renvoyer la patate de chaude, mais même sincèrement les journalistes. Je me rappelle, cette conférence de presse sur la culture, ça m'a vraiment choquée. Ça m'a vraiment choquée. Parce qu'après, vos confrères et consœurs vont nous dire pourquoi vous ne parlez pas de culture, pourquoi vous ne parlez pas d'éducation, etc. Alors qu'en fait, aujourd'hui, à l'heure des chaînes d'info, la seule chose qui intéresse, c'est quand on se vautre, c'est la petite phrase, c'est le truc qui va faire le buzz sur Twitter, etc. Et franchement, c'est dommage. Et les personnalités politiques, de manière globale, méritent mieux, aussi.
Est-ce qu'elle a eu tort d'utiliser cette phrase ?
Ecoutez, moi je n'ai pas donné des bons points là-dessus. Je ne sais pas si elle s'est réexprimée sur le sujet. Je pense qu'en revanche, moi ce que je connais de Valérie Pécresse, c'est que c'est une présidente d'une région où avant, pour la Grande Couronne, il n'y avait rien. Moi, je suis présidente de culture, je peux vous dire, sur la culture, la gauche ne donnait qu'à Paris et aux petits copains de la Petite Couronne. Moi, dans le Val-d'Oise, nada que dalle. Les Essonnes, rien. Depuis, on a la construction d'une Villa Médicis dans le Val-d'Oise. On a les fabriques, les réserves de l'art du centre Pompidou qui sont prévues à Massy dans Essonne.
On dépensait, ou l'État dépense, un euro par habitant en matière culturelle. Et c'est ça, Valérie Pécresse.
Alors, en effet, le budget de la culture à la région a augmenté entre 2019 et 2024, mais pas des 20% prévus par Valérie Pécresse selon un rapport de la Cour des Comptes de mars 2021. L'objectif fixé par le Conseil Régional d'augmenter de 20% ne paraît pas atteint.
Ne paraît pas atteint, vous savez, alors, je respecte beaucoup la Cour des Comptes et les Chambres Régionales des Comptes. Moi, je peux vous donner un exemple. dans ma commune, on m'avait expliqué que j'avais fait des efforts de gestion parce qu'ils avaient pas mal cramé la caisse, comme on dit, mais que je ne devais pas faire de l'éducation artistique et culturelle. Donc, j'avais expliqué aux magistrats enquêteurs qu'ils étaient bien gentils, mais qu'ils étaient là pour faire du contrôle de gestion et qu'ils n'étaient pas là dans un rôle d'opportunité politique. Je peux vous dire qu'on a répondu à ce rapport et c'est totalement faux.
Et quand on passe, j'aisse vos éditeurs faire les calculs, mais quand on passe à moins de 85 millions du temps de Jean-Paul Luchon et nous, on est tout le temps au-dessus de 100 millions qu'on essaye entre 100 et 110 millions. 103 millions en 2024. Voilà, je pense que sans être Einstein, on voit combien ça a augmenté.
Ça vous fait pleurer, Florence Portelli.
C'est chiant, pardon, excusez-moi pour le mot.
C'est votre archive.
J'aurais pas dû envoyer celle-là. En même temps, en musique, il y a peu de choses qui me font pas pleurer. C'est un peu le problème.
C'est le concerto pour piano numéro 2, deuxième mouvement en Drachman.
Philippe, entre mon piano, Bernstein, l'orchestration, c'est du génie. Pour ça, toutes les discussions avec qu'on a, je ne dis pas que ce n'est pas intéressant, mais face à des gens comme ça, c'est... J'avais une discussion avec Philippe Vall qui est extrêmement mélomène et cultivé. On a une passion commune pour un pianiste qui s'appelle Arturo Benedetti, Michelangeli. Et je lui ai dit, un jour, c'est incroyable quand parfois vous lisez une oeuvre, vous regardez un film, vous entendez une musique et vous vous dites le type, la dame, a touché du doigt Dieu. Je ne sais pas comment dire ça, même si vous n'êtes pas croyant.
Michelangeli, la balade numéro 1 de Chopin, son interprétation, pour moi, c'est... Au piano, normalement, il n'y a pas de perfection parce que vous avez toujours le marteau entre la corde et le doigt, c'est extrêmement foussant, etc. mais je vous assure que cette version, pour moi, c'est la quintessence de la perfection. Et quand vous entendez des choses pareilles, vous dites que franchement, le reste, à la fois, vous dites que le reste est quand même peu de choses, qu'on n'est rien du tout. Enfin, moi, je me sens toute minable quand j'entends ça.
Et en même temps, je me dis merci à mes parents, d'ailleurs, d'avoir eu autant de disques qui traînent à la maison, de m'avoir fait découvrir autant de films parce que je suis très cinéphile, de m'avoir plongé dans les livres quand j'avais 6 ans. et mon obsession, c'est de rendre ça aux enfants de France, en fait. Moi, je reconnais sincèrement, mes névroses, mes hypersensibilités, etc. Je pense que ça m'a vraiment sauvée de la culture, la musique.
Vous commencez le piano à l'âge de 8 ans. Non, 6. À 6 ans, pardonnez-moi. Et vous dites que cela vous a sauvé la vie face à ce qu'on n'appelait pas encore le harcèlement scolaire.
Oui, alors ça, les livres, alors en même temps, ça m'a sauvée, en même temps, moi, je pense que, je n'aime pas trop parler de ma vie privée, mais je pense que ce qui était compliqué, c'est que je n'étais pas adaptée à l'école et que je vivais tout de manière très extrême, intellectuellement et sensiblement. Et du coup, je vivais complètement droguée aux livres, à de la musique et après, ça a été aussi au film. Bon, quand j'étais ado, par exemple, ce concerto, je pouvais l'entendre en boucle toute la nuit sur mon Walkman. Et quand je lisais un livre, c'était un livre par nuit, quoi.
de manière très obsessionnelle et extrême, ce qui fait que j'étais très inadaptée et en même temps, pour les enfants inadaptés, on a tous une part d'inadaptation, chacun la sienne. Moi, c'était peut-être, voilà, d'être excessive dans mes passions et d'être un peu différente là-dessus. Mais en même temps, c'est ce qui m'a construite aussi, c'est ce qui fait que j'ai voulu être mère, dans les deux sens d'ailleurs, mais aussi de donner autant aux enfants de ma ville pour qu'ils aient cette chance de pouvoir s'échapper à travers, de se dire aussi, dans des moments où vous vous sentez très différent et pas normal, de pouvoir vous réfugier dans des choses très belles qui vous emportent.
Oui, moi franchement, ça m'a tellement apporté.
À quel moment, Florence Porteli, vous comprenez que vous avez envie de devenir mère ? M-A-I-R-E.
C'est compliqué, parce qu'en plus, je voulais être plein de choses.
Alors oui, vous avez failli être juge d'instruction.
Oui, j'avais beaucoup d'admiration pour ce que faisait mon oncle et j'étais une fanatique du commissaire Maigret qui... Alors, vous allez me dire, c'est quoi la rapport entre Maigret et Jean-Instruction ? Mais c'est un commissaire qui fait des actes d'instruction en fait aussi beaucoup.
Et c'est une question que je voulais absolument vous poser parce que les auditeurs et les auditrices ne le savent peut-être pas. Mais c'est vrai que vous grandissez dans une famille politisée, en tout cas politique. Votre père, Hugues Porteli, est sénateur-maire.
Il n'était pas sénateur à ce moment-là. Mais en tout cas, il a été sénateur
et maire UMP d'Ermont, la commune voisine de votre ville.
Mais surtout professeur de sciences politiques. Exactement, de droit constitutionnel. C'est l'isogramme chine. Et son frère,
Serge Porteli, votre oncle, lui est surnommé à l'époque le magistrat rouge.
À tort de mon point de vue, mon oncle est de gauche, je ne lui ferai pas...
Il est au syndicat
de la magistrature. Est-ce que vous êtes tiraillé entre ces deux ? Non, pas du tout parce qu'en fait, moi je n'ai jamais vu la différence de ces deux grands humanistes. Et avec mon oncle, déjà on avait une tradition, c'était de jouer du piano ensemble. Avec Serge Porteli. Et de parler beaucoup de l'humain dans les procès. C'est pour ça que d'ailleurs moi j'ai du mal avec les peines automatiques. Moi ce qui me passionne c'est de voir le parcours de comprendre le parcours de quelqu'un. Ça ne veut pas dire pardonner, ça ne veut pas dire excuser. Et je vois tout de suite la fachosphère qui va encore s'agiter parce qu'ils sont complètement dingues.
Mais mon oncle, moi j'étais déjà le voir en audience parce qu'il y a déjà instruction et après juge du siège dans des audiences. Il n'était absolument pas laxiste. Ce n'est pas la caricature du syndicat de la magistrature. Moi j'ai beaucoup de mal avec le syndicat de la magistrature. Mais je suis très fière du parcours de mon oncle. Et je suis très fière du parcours de mon père qui est un homme, un chercheur en droit, un penseur extraordinaire qui est connu d'ailleurs même en Amérique latine sur ses travaux sur Gramsci. Je suis fière aussi de ma mère qui est quelqu'un qui a toujours été dans l'ombre mais qui est d'une érudition en philosophie, en théologie.
J'ai la chance quand même d'avoir vécu dans un milieu où on réfléchissait, on parlait à haute voix, on débattait. Et quand on était enfant, quand on était à table, on entendait des discussions qui étaient passionnantes avec les différents invités qui ne pensaient pas pareil. J'ai eu la chance d'avoir des parents qui se saignaient parce qu'à l'époque, avant que mon père soit son intermère, ils n'étaient pas riches non plus. Enfin, ils vivaient bien mais c'était pas... Mais leur priorité, c'était de nous emmener au musée, de nous emmener au théâtre, de nous faire découvrir des films, de nous faire lire. Donc, c'est une chance incroyable.
incroyable. Son assistante parlementaire au Sénat, mais vous avez aussi travaillé pour la sénatrice du Val d'Oise, par exemple, Lucienne Malaurie. Oui, et puis avant,
c'était mon métier. Et avant, pour Henri Kuk,
ce chiracien des Yvelines. Qu'est-ce qu'il vous a appris ?
C'était particulier parce que là, c'est pareil, c'était vraiment pas du piston. J'étais un peu paumée, je ne savais pas trop ce que j'allais faire et chercher quelqu'un qui à la fois commençait à faire des études universitaires de droit et qui en même temps a déjà eu un parcours de militant politique. Et c'était même préjudiciable pour moi d'être la fille de mon père parce qu'il était à l'époque à l'UDF, un centriste. Il m'avait reçu en me regardant en disant un truc que je ne répéterai pas sur les centristes. Donc, ce n'est vraiment pas pour ça qu'il m'avait recrutée. Mais en fait, il était très sérieux comme monsieur, mais il me trouvait souriante.
Et en fait, c'est ce qui a fait qu'il m'a embauchée. Bon, après, je n'ai pas souri du tout parce qu'il n'était pas du genre à rigoler. Mais non, c'était très intéressant. En plus, moi, je n'étais pas Chirac, j'étais séguiniste. Mais Chirac, j'ai toujours eu du mal. C'est quelqu'un de passionnant humainement, mais je n'ai jamais trouvé que c'était un grand président de la République. Donc, voilà.
Est-ce que vous regrettez qu'à cause de l'affaire Fillon, il n'y ait plus de possibilité de faire travailler ses enfants ou son conjoint quand il travaille vraiment en politique ?
En fait, moi, j'en ai beaucoup souffert parce qu'on n'a jamais reproché à Claude Chirac d'être un... On n'a jamais dit que Claude Chirac était un emploi fictif. Bon, moi, je vais vous dire, au Sénat, je ne peux encore y aller, je suis connue de la cave au grenier. Non, ce que je trouve dommage, c'est que dans plein de métiers, en fait, c'est des patients qui se transmettent générationnellement et ça ne choque personne. Un enfant d'acteur qui fasse acteur, qu'un enfant de médecin qui fasse médecin, qu'un enfant de boucher qui fasse boucher. Moi, c'était ma passion et je n'ai pas travaillé d'heure que pour lui. J'ai travaillé, en fait, pour plusieurs hommes et femmes politiques.
Après, je comprends qu'avec les risques d'emploi fictif ou même le fait qu'on ait l'impression qu'on puisse détourner de l'argent public à des fins personnelles, je comprends qu'aujourd'hui, ce soit choquant, etc. Je pense juste que ça devrait être surtout très encadré et que souvent, pour des vrais problèmes existants, on fasse un amalgame global. Je trouve ça un peu dommage.
Vous trouvez que François Hollande est allé trop loin avec cette loi ?
Je trouve qu'il est allé trop loin déjà dans l'histoire du cumul des mandats. Ça peut se comprendre parce qu'en fait, ça participe au réflexe des nantis, tous pourris, etc. Ils cumulent pour l'argent. En fait, on ne cumule pas pour l'argent. Ça évite d'avoir des assemblées d'apparats chics, ça permet d'avoir des gens ancrés. Moi, je pense qu'il aurait dû, de mon point de vue, limiter peut-être par rapport au nombre d'habitants, limiter évidemment les indemnités pour montrer que ce n'était pas une question d'argent et avoir peut-être une réflexion différente pour le Sénat.
Parce que le Sénat, c'est la chambre des collectivités territoriales et alors, je ne vais pas me faire des ennemis, mais je pense que ça mériterait même une réforme. Qui on met au sein du Sénat, faire peut-être une réforme où ça ressemblerait plus au Bundesrat allemand, y mettre aussi des représentants des régions, des départements, en faire vraiment la chambre des collectivités, faire que quand vous avez une loi qui tombe verticalement sur les collectivités, même financières, etc., on se retrouve à devoir appliquer des choses absurdes, quand ça concerne les collectivités, le Sénat puisse avoir le dernier mot. Ce serait une réforme qui me paraît être intelligente, mais bon.
France Culture, Sens politique, Astrid De Villene.
Nous sommes toujours en direct et en présence de la maire de Tavernie, Florence Portelli, vice-présidente des Républicains, vice-présidente également de l'Association des maires de France. Est-ce que vous diriez que la situation des maires, après toute cette vague de violences dont on a pu parler, ces incendies qu'on a pu voir ces maires agressées, est-ce que vous diriez que la situation va mieux pour vous, les maires ? Non,
elle ne va pas mieux, mais en revanche, moi je refuse de geindre sur ma fonction. C'est un honneur d'être maire, c'est extraordinaire de pouvoir aider les gens. Un jour sur une émission en Suisse, j'ai toujours pensé à la chanson d'Étienne Rodagil et Julien Clerc, la utile, être utile, la vivre et la aimer, mais c'est vraiment ça. Il n'y a pas très longtemps, vous voyez dans mon bureau, j'ai reçu une dame qui travaille dans les cantines qui m'a dit moi j'ai trimé toute ma vie, j'ai perdu mon mari très tôt, j'ai élevé mes enfants, j'ai mis un petit peu de sous de côté mais je ne serai jamais propriétaire, je ne sais pas comment protéger mes vieux jours si j'ai des problèmes de santé.
Vous voyez, on va construire un éco-quartier et on va faire de l'accession à la propriété, je cible des gens comme ça, des gens qui viennent vous voir parce qu'ils ont des problèmes de logement, des gens aussi qui viennent vous voir parce qu'ils ont des projets formidables, c'est génial d'être maire. Une question de Vincent sur Instagram, êtes-vous favorable à l'instauration d'un cours d'histoire de l'art à l'école ?
Oui, pas forcément, déjà moi ce que j'essaie de faire, alors ce n'est pas du tout à l'école mais c'est dans ma médiathèque, on veut rendre possible la philosophie pour les enfants des dernières années de maternelle et des enfants de CP, donc on a commencé à faire ça parce que je pense qu'une des clés de l'avenir de ce pays, c'est que pour éviter d'être dans la bêtise, dans l'absence d'empathie pour éviter de se faire endoctriner par des malades mentaux, il faut pouvoir questionner, raisonner et la philosophie pour ça c'est formidable.
Donc ça je suis en train de l'instaurer dans ma commune, on commence en ce moment avec d'ailleurs un spectacle de marionnettes autour des notions philosophiques et ce que je crois absolument c'est de rendre obligatoire la musique ou le théâtre à l'école. Moi je le fais dans ma ville, c'est le conservatoire qui vient à l'école en CM1, CM2, les enfants sont soit en classe bois, cordes, percus, comédie musicale, théâtre, chant, mais dispensé par le conservatoire avec l'éducation nationale qui accepte de jouer le jeu.
Écoutez sur, aujourd'hui on a touché plus de 3000 enfants, mon conservatoire a doublé son chiffre d'élèves et c'est extraordinaire et quelle que soit l'origine sociale de l'enfant, je n'ai jamais eu un échec et je n'ai jamais eu un instrument rendu cassé.
Votre objectif c'est que tous les enfants de tavernier
dans l'école publique. Non, je voudrais que tous les enfants de France fassent ça, je voudrais le système scandinave, je voudrais un conservatoire par canton, je voudrais que tous les enfants pratiquent la musique. Alors vous allez me dire pourquoi la musique et pas le sport, etc. Le sport aussi c'est hyper important et je le fais beaucoup dans ma ville. Mais la musique c'est le genre le plus complet. Vous êtes obligés d'écouter l'autre, vous êtes obligés de respecter votre instrument quand vous devez démonter votre clarinette pour la nettoyer, enfin ça apprend à respecter. Je connais un gamin qui n'était pas capable de respecter son cahier de texte, vous voyez, c'est les gribouillets, etc.
Le fait de respecter son instrument lui a appris à mieux maîtriser ses cahiers de cours, son cahier de texte, etc. Et ça donne un sentiment de dignité. Quand vous avez un enfant qui vit dans un milieu social difficile, qui a un peu honte d'inviter ses copains à la maison parce que c'est compliqué, il peut être un jour très fier parce qu'il a réussi à produire un beau son. Ça ne veut pas dire qu'ils vont tous être Shosakovich, Mozart ou Prokofiev. Mais ça veut dire qu'à un moment ils vont se sentir dignes, ils vont accepter d'écouter leurs camarades, ils vont accepter de travailler collectivement et en plus, ça va leur faire développer le cerveau.
Et bien ça, je vais vous dire pour moi, on va dire, ça c'est du détail, et bien non, pour moi, ça ce sera un changement de société hyper important et j'y crois, mais à fond, comme je crois à fond aussi qu'un film peut changer un regard, un film peut changer une vie. Moi, il y a des films qui ont changé mon regard sur plein de choses. Par exemple, sur ce que peuvent s'apporter deux êtres qui ne pensent pas pareil. L'autre jour, je pensais, il y a un film d'Eto Rescola que j'adore, qui est très connu, qui s'appelle Une journée particulière. Ben voilà, ça c'est un film qui fait avancer.
Je fais venir régulièrement à tavernier Samuel Blumenfeld qui est un critique du journal Le Monde extraordinaire, enfin une histoire et du cinéma. Il est venu l'année dernière expliquer pourquoi il y a eu avant et après Citizen Kane. Je vous assure que ça fait réfléchir. Moi, je suis une passionnée d'Hitchcock. Voir La Corde qui est un film extraordinaire, mais le comprendre aussi en se disant Ben voilà, Hitchcock à la fin de la Deuxième Guerre mondiale a dû filmer ce qui se passait dans les camps de concentration. Il a été marqué et du coup, il a fait ce film La Corde qui montre justement le meurtre froid, la barbarie sans empathie, etc.
Et bien, comprendre la barbarie nazie à travers le film La Corde, ben voilà, ça peut être intéressant à travers Au revoir des enfants, etc. Donc, je crois beaucoup à la force d'un film, d'une oeuvre d'art, d'une création et d'une émulation collective à travers le beau.
À Tavernier, vous arrivez après 25 ans de socialisme incarné par l'ancien maire Maurice Boscavert qui est décédé et quand Rachid Temal, sénateur socialiste du Val d'Oise qui a été son adjoint à la mairie propose de renommer le centre culturel à son nom, vous refusez ?
Oui, mais à l'époque, on s'entend beaucoup mieux avec Rachid Temal à l'époque qui essaie de m'embêter pour des conneries. J'ai refusé pour une simple et bonne raison. Un, on n'est pas là pour donner nos noms à des monuments ou à des équipements et d'ailleurs, moi je l'ai débaptisé c'était pas c'est quand même très particulier c'est très peut-être masculin pendant 10 ans ce centre culturel a en effet été appelé centre culturel et n'avait pas de nom parce que mon prédécesseur espérait que le jour où il mourrait ça aurait son nom. Moi je n'espère pas ça quand je ne serai plus là.
Donc j'ai voulu que ce soit un nom d'une personne du théâtre une personne et une femme parce qu'à Tavernier il y a extrêmement peu de rues et il n'y avait aucun bâtiment qui portait des noms de femmes alors que nous représentons plus de la moitié de l'humanité donc j'ai demandé à ce que ce soit soit Madeleine Béjar soit Madeleine Renaud on a choisi Madeleine Renaud je ne pense pas que ce fût un choix curieux Qu'est-ce qu'elle a fait
de Madeleine Renaud ?
Madeleine Renaud elle a été une très très grande comédienne elle a fait partie d'une troupe avec Jean-Barreau enfin voilà ça c'est une femme extraordinaire Madeleine Béjar aussi était pour moi quelqu'un d'incroyable parce que sans Madeleine Béjar il n'y aurait pas eu Molière j'ai nommé aussi une rue Rose Vallant qui est une de mes héroïnes préférées qui a permis de sauver des oeuvres spoliées par les nazis et de les restituer aux juifs j'ai une conservatoire Jacqueline Robin
Dernière question Florence Portelli vice-présidente de LR est-ce que votre famille politique a fait son MeToo ?
Non Non
Elle doit le faire ?
Je pense qu'il ne faut pas le faire avec parfois certaines outrances qui est moi je n'ai pas un discours anti-hommes je ne pense pas que les hommes soient tous à mettre évidemment dans le même panier en revanche forcément il y a eu des dérives partout et heureusement qu'aujourd'hui on s'empare de ce sujet et c'est fondamental je pense que mon parti a encore beaucoup de chemin à faire
Merci Florence Portelli maire de Taverny vice-présidente de la région Île-de-France d'être venue dans Sens Politique Vous pouvez réécouter cette émission et toutes les autres sur franceculture.fr et sur l'application Radio France Merci à Luca Liberati qui m'a aidé à préparer cette émission à la réalisation SambaCast à la technique Timothée Hubert et à la vidéo Ruben Karmazine Très bel après-midi sur France Culture
Florence Portelli