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interviewPublic Sénat — Bonjour chez vous ! (sur Podcast)· 16 avril 2026 25 min

Louis Vogel : « Il faut juger plus vite et mettre fin à la surpopulation carcérale »

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

Vous écoutez Bonjour Chez Vous, un podcast de Public Sénat.

0:05
Louis Vogel

On accueille ce matin, aujourd'hui, Louis Vogel, bonjour. Bonjour. Vous êtes sénateur de Seine-et-Marne, membre du groupe Les Indépendants, République et Territoire au Sénat et membre du parti Horizon, le parti d'Edouard Philippe. On parlera du président d'Horizon, candidat à la présidentielle, dans quelques minutes. Mais d'abord, on va revenir sur les différentes actualités. On va commencer par regarder la presse régionale avec, comme d'habitude, comme chaque jour, trois titres de presse régionale aujourd'hui que nous allons regarder ensemble. La une de la Marseillaise, carburant, comment faire baisser la note.

Ensuite, il y a la une de la Dépêche du Midi sur les zones à faible émission qui restreignent la circulation dans les grandes villes pour les véhicules polluants. Eh bien, ces ZFE ont été supprimées par l'Assemblée nationale. Et puis, la une du Télégramme est consacrée à la lecture, objectif lecture pour les adolescents qui lisent de moins en moins. Louis Vogel, quelle une de la PQR vous choisissez ? Carburant. Sur le carburant. On a l'impression que le gouvernement hésite à prendre des mesures supplémentaires. Il parle d'encadrer les marges des distributeurs, mais ne met pas en action ce dispositif. Il y a une forme d'hésitation, d'atermoiement ?

1:18
Invité

Alors, la situation est compliquée parce que le gouvernement n'a pas la main sur les prix mondiaux. Nous, on est à l'arrivée. Oui, on a des conséquences. Il n'y a pas 36 solutions possibles. Soit c'est une baisse de la TVA sur l'essence. C'est la première à laquelle on a pensé. Tout à l'heure, d'ailleurs, on a vu que les politiques parlaient de ça.

1:38
Louis Vogel

– Le Rassemblement national demande cette mesure. Jordan Bardella, on l'a entendu.

1:42
Invité

– Exactement. Alors, le problème, c'est que le droit de l'Union ne prévoit pas que les carburants… – De l'Union européenne. – De l'Union européenne ne prévoit pas que les carburants soient assujettis à un taux réduit. Donc, c'est contraire au droit européen. Et le Rassemblement national, souvent, ça soit sur le droit européen, mais en tout cas, c'est le droit. Ensuite, ça représenterait une masse budgétaire considérable. Là, on parle de 12 à 17 milliards. Donc, il faut trouver cet argent. Parce que l'État n'est pas un tiers. C'est nous qui payons ça. Donc, il faudra bien trouver l'argent. Il faudra le prendre ailleurs.

Et puis, je crois que ce serait une mesure générale qui aiderait des personnes qui n'ont peut-être pas besoin d'être aidées. Voilà. Donc, tout ça fait que ce n'est pas idéal comme terrain. Alors, après, la deuxième chose, c'est le plafonnement des marges. Alors, le plafonnement des marges, c'est plus intéressant.

2:36
Louis Vogel

– Envisagé par le gouvernement.

2:37
Invité

– Envisagé par le gouvernement. Le problème, c'est comment choisir la marge. Et puis, le plafonnement des marges, c'est possible en cas de circonstances exceptionnelles. Donc, il y aura du contentieux. Qu'est-ce que c'est ? Est-ce qu'on est dans des circonstances exceptionnelles ? Et surtout, les marges sont déjà très réduites des distributeurs. Ils le disent, d'ailleurs. Vous avez vu, il y a une montée de levée de boucliers.

2:59
Louis Vogel

– Il n'y aura pas vraiment d'impact sur les prix pour les Français. – Voilà. Il n'y aura pas d'impact.

3:03
Invité

Vous allez même plus vite que moi. Donc, le plafonnement des marges, c'est la seule chose possible si on reste dans un cadre légal, c'est sûr. Ça n'aura pas un impact considérable. Donc, nécessairement, il faut aller vers des mesures structurelles, le plus vite possible. En fait, pas seulement des aides ciblées par rapport à certaines personnes, ce qui est tout à fait justifié. Il faut le faire. Les agriculteurs, on en a parlé. La ministre va venir en parler. – On va en parler tout à l'heure. – Voilà. Mais il faut privilégier des solutions structurelles. Donc, au-delà de la régulation des prix, il faut, une fois pour toutes, réduire notre dépendance par rapport aux hydrocarbures.

Il faut prévoir des mesures de transition écologique. – Mais ça, ça ne se fait pas tout de suite. – Mais non. – Électrifier nos usages, c'est à moyen terme. – Il faut profiter, exactement. Mais il faut profiter de cette crise pour prendre des mesures immédiates, conjoncturelles sur, ce que j'ai dit, les marges plafonnées. C'est la seule qu'on puisse prendre dans l'immédiat. Mais tout de suite, mettre en œuvre des mesures structurelles pour traiter sobriété. Enfin, toute chose dont on parle beaucoup, qu'on ne fait pas vraiment. Et c'est le moment, peut-être, de sortir par l'eau de cette crise et d'en profiter.

4:03
Louis Vogel

– Et pourquoi ne pas demander un effort au secteur pétrolier qui fait des profits avec cette crise ? – En taxant ces super profits ?

4:08
Invité

– Pourquoi pas, c'est une bonne idée. Pourquoi pas, ça fait partie d'un ensemble. Ça ne va pas être une réponse immédiate non plus. Mais ça fait partie d'un nouveau cadre structuré qu'il faut construire.

4:19
Louis Vogel

– Est-ce qu'il y a un risque qu'il y ait quand même des profiteurs de crise, notamment dans le secteur pétrolier ?

4:24
Invité

– Il y aura des profiteurs. Regardez, par exemple, si on prend une mesure générale qui profite à tout le monde. La première mesure, c'est sur la baisse de TVA. – Sur le carbone. – Sans le ferait exprès, certains vont en profiter. Donc ça ne me semble pas, rien que pour cette raison, être la bonne direction. Vous voyez, une fois de plus, Rassemblement national, mauvais choix.

4:44
Louis Vogel

– Alors, on ne l'avait pas forcément vu venir, mais il y a depuis quelques jours un débat électrique au Parlement sur le 1er mai, l'autorisation du travail de certains commerces de proximité pour leurs salariés le jour de la fête du travail. Le 1er mai qui, normalement, est férié, chômé et payé. Et on l'a vu, ces derniers jours, le gouvernement a interrompu le débat parlementaire sur cette proposition de loi qui prévoyait cette réforme. Et Sébastien Lecornu veut recentrer la discussion, notamment pour autoriser les boulangers à travailler le 1er mai, les boulangers artisanaux à travailler le 1er mai prochain. Sébastien Lecornu a eu raison d'interrompre ce débat et de recentrer la discussion.

5:20
Invité

– Il a eu, à mon sens, entièrement raison. Parce qu'il y a un 1er mai qui arrive tout de suite, 1er mai 2026, on ne va pas pouvoir faire grand-chose, donc il faut faire l'essentiel. Ensuite, vous avez vu qu'il a annoncé, au moment de sa réponse au QAG, qui était très longue, qu'il fallait prendre des mesures plus globales par rapport au 1er mai suivant, qu'on ne peut pas faire pour le 1er mai 2026, mais le 1er mai 2027.

5:46
Louis Vogel

– Et organiser une négociation dans chaque branche professionnelle.

5:49
Invité

– Bien sûr, si on prend une mesure globale, on peut prendre une mesure immédiate, le cœur de cible, tout de suite, 2026, c'est simple à faire. Et puis, la mesure… Parce qu'il nous a lu, il y a des choses à revoir, et il a lu la liste des professions qui font les dérogations à la loi. Je pense qu'il faut revoir tout ça.

6:09
Louis Vogel

– Vous avez vu dans un texte voté l'an dernier par le Sénat, d'ailleurs.

6:11
Invité

– Oui, mais on n'a pas le temps de régler ça. Maintenant, d'ici le 1er mai, on a autre chose à faire. Moi, je trouve qu'il faut arrêter à faire autant de mousse avec si peu de savon. Oui, voilà ma réponse. Et il a tout à fait raison, le Premier ministre.

6:27
Louis Vogel

– Vous n'êtes pas d'accord avec la critique de certains sénateurs à droite, on a entendu de Bruno Rentailleau. – Absolument pas d'accord. – La critique de l'immobilisme de Sébastien Lecornu qui gouvernerait avec la gauche, avec le PS.

6:35
Invité

– Non, non, non, c'est une chose dont on ne parlait plus. Ça sort, on se demande, pour des raisons politiciennes. Moi, je crois qu'il faut oublier le débat politicien aujourd'hui. La France est dans une situation extrêmement difficile. Il faut arrêter de se battre sur des petites choses comme ça. C'est quand même pas… Notre avenir ne dépend pas de ça. Notre avenir dépend beaucoup plus des carburants. Notre avenir dépend de la réforme de la justice criminelle dont on va parler. Et donc, il faut passer aux choses importantes.

Et il faut que tous les sénateurs, tous les députés du socle commun travaillent ensemble pour offrir une solution aux Français pour nous sortir de la situation désastreuse dans laquelle nous nous trouvons.

7:12
Louis Vogel

– On parlera tout à l'heure, notamment du travail sur le programme de la présidentielle. Mais justement, une dernière question quand même sur cette polémique autour du 1er mai. Qu'est-ce que ça dit peut-être de notre rapport au travail avec cette question de travailler, du pouvoir d'achat, d'avoir un revenu, peut-être de travailler plus pour gagner plus, comme le disait Nicolas Sarkozy en 2007 ?

7:30
Invité

– Il est sûr que le rapport au travail évolue, la société chante, etc. Mais cet exemple précis, ça nous renseigne plutôt sur la situation à l'Assemblée nationale, la situation de désordre qui règne à l'Assemblée nationale, plutôt que sur le rapport au travail, à mon avis.

7:43
Louis Vogel

– Allez, on va parler de justice et du projet de loi sur la justice criminelle qui est examinée cette semaine au Sénat. La Haute Assemblée qui a adopté mardi à 219 voix contre 11. Cette réforme, portée par Gérald Darmanin, le garde des Sceaux, est une réforme qui comprend notamment le dispositif très controversé du plaidé coupable. Alors Clémentine-Louise, on va revenir avec vous sur ce dispositif.

8:06
Présentateur

– Oui, on parle d'une procédure de jugement des crimes reconnus ou d'un plaidé coupable. Alors ça existe déjà pour les délits, mais ça n'existait pas pour les crimes. Alors concrètement, un accusé qui reconnaîtrait les faits avant son procès bénéficierait d'une peine négociée est souvent réduite. La négociation aurait ensuite lieu entre le procureur et les deux avocats, de la victime et de l'accusé. Tous les trois discutent pour s'accorder sur une peine, une peine qui ne peut pas dépasser les deux tiers du maximum prévu par la loi. Donc c'est une peine forcément moins lourde que dans un procès classique.

Le juge va ensuite examiner l'accord lors d'une audience publique sans témoins et sans experts. Et si le juge valide cette proposition de peine, eh bien elle est appliquée. Sinon le dossier retourne vers un procès classique. Petite précision, les sénateurs ont exclu certains crimes sexuels du champ de cette nouvelle procédure comme le viol sur les mineurs de moins de 15 ans, le viol aggravé et le proxénétisme sur mineurs.

9:08
Louis Vogel

Et l'objectif de ce texte, c'est de désengorger le système judiciaire.

9:11
Présentateur

Oui, aujourd'hui en France, il faut en moyenne 8 ans pour attendre le jugement d'un crime lié au narcotrafic ou d'un homicide. Le garde des Sceaux souhaite donc accélérer la procédure. On l'écoute, c'était mardi au Sénat.

9:25
Invité

Nous avons un sujet structurel que d'autres pays ont connu également de traitement de la justice criminelle. Et nous ne jugeons plus les crimes dans un temps raisonnable à tel point que l'utilisité sociale n'est plus au rendez-vous. Mais aussi que ces peines n'ont parfois plus vraiment d'intérêt 8 ans, 9 ans, 10 ans, 15 ans après les faits, pour les victimes, pour les accusés comme pour la société.

9:45
Louis Vogel

Et dans le débat au Sénat, les oppositions de gauche ont essayé de supprimer cet article sur le plaidé coupable. La gauche dénonce un mécanisme inefficace pour désengorger les cours criminels.

9:54
Présentateur

Oui, c'est la sénatrice socialiste Marie-Pierre de la Gontry qui a fait remarquer aux élus que l'étude d'impact du garde des Sceaux a indiqué qu'entre 10 et 15% des procédures seraient concernées, 10 à 15%, moins les cas où les victimes ne seraient pas d'accord pour accélérer la peine. Pour elles, ce n'est pas très parlant. Elles jugent que le principal problème est ailleurs. On l'écoute, c'était mardi dans l'hémicycle.

10:19
Invité

Ce texte voudrait répondre à la difficulté de durée de l'audiencement criminel. Que les juges d'instruction, ils sont 600 à peu près en France, ont entre 60 et 100 dossiers par juge d'instruction et que donc ils peuvent consacrer à peu près une journée et demie à deux jours par an, par dossier. Et donc vous auriez pu faire le choix de doter la France de plus de juges d'instruction pour qu'ils puissent travailler dans de meilleures conditions et donc travailler plus rapidement. Vous n'avez pas fait ce choix.

10:53
Louis Vogel

Et puis parallèlement à ce débat parlementaire, dans la rue, les avocats ont dénoncé massivement ce projet de loi.

10:59
Présentateur

– Oui, et notamment devant le Sénat où nous étions, la colère était palpable pour eux se plaider coupable. Réduit le droit des victimes à être entendu, car un procès à huis clos ne permettrait pas à la presse de médiatiser l'affaire et donc à la société de s'emparer du sujet. Le texte sera désormais examiné à l'Assemblée nationale au mois de juin. M. Vogel, est-ce que vous ne craignez pas justement cette invisibilisation de la parole des victimes ?

11:26
Invité

– Non, je crois qu'il faut replacer ce plaidé coupable. C'est un plaidé coupable à la française. Ce n'est pas l'importation des règles américaines chez nous, comme certains l'ont prétendu.

11:37
Louis Vogel

– Justement, vous connaissez bien le droit américain. Vous avez été avocat au barreau de New York. – Tout à fait. – On ne va pas vers le système américain. – Non, justement. – On est vraiment dans la négociation permanente.

11:45
Invité

– Oui, vous savez, dans le monde de la procédure criminelle, les pays occidentaux se divisent en deux groupes. Et là, on les juge d'après la procédure criminelle qui est en place. Il y a des systèmes à procédure inquisitoires, comme chez nous, et des systèmes à procédure accusatoires. S'il y a une telle résistance, c'est parce que c'est une importation. Nous, on a un système inquisitoire. Ça vient d'où ? Ça vient de l'inquisition. Il y avait un inquisiteur qui cherchait la vérité. D'où le juge d'instruction, qui est instruit à charge et à décharge. Ils cherchent la vérité. Aux États-Unis, ce n'est pas du tout ça. Dans le système anglo-saxon général, ce n'est pas du tout ça.

C'est un système accusatoire, où il y a deux personnes, le procureur et l'avocat, qui se battent l'un contre l'autre. C'est un combat. Et d'ailleurs, dans cette idée, quand il y a un combat, c'est facile d'admettre une négociation après le combat. D'où, chez eux, la justice négociée. Donc, chez nous, c'est très difficile d'importer le système tel qu'il est. D'où toutes les limites qu'a introduite le Gardesseau. C'est une réforme pragmatique. Ça va aller plus vite, vous l'avez très bien expliqué. On va passer moins de temps. Et ça répond à un problème énorme. C'est 36 mois la durée d'une instruction chez nous, en moyenne. C'est énorme.

Les premières victimes de cette durée, ce sont les victimes elles-mêmes. Donc, ça me semble être quand même essentiel de faire plus vite. Est-ce que ça a encore du sens d'infliger une peine ? 36 mois et plus, vous allez donner les chiffres de la durée des procédures complètes. En médiane, il y a la moitié aujourd'hui des affaires où c'est 29 mois d'instruction. Donc, il faut accélérer le système. D'où toutes les garanties qui ont été mises. On n'a pas du tout importé le système américain. Vous l'avez dit très justement. La victime peut s'y opposer. Pour les crimes les plus graves, ça ne joue pas. C'est très encadré. Il y a des limitations de peine à négocier.

Enfin, c'est vraiment le mieux qu'on puisse faire.

13:42
Louis Vogel

Donc, si la victime souhaite un procès et être entendue, être visible, elle l'aura.

13:47
Invité

Bien sûr. Donc, on a essayé de garder l'esprit de notre système. On importe une technique qui va nous permettre de diminuer les délais. Et c'est quand même une priorité. Parce que notre système pénal, aujourd'hui, il souffre de quoi ? Il souffre des retards, de la durée des procédures. La peine n'a plus de sens quand elle arrive trop tard. Et il souffre, du point de vue pénal, pénitentiaire, de la surpopulation carcérale, qui est le prochain axe. C'est la réforme suivante prévue par le garde des Sceaux. On a un garde des Sceaux pratique et qui fait des vraies réformes. La première, c'est celle-là. Il faut juger plus vite.

Et la deuxième, c'est qu'il faut vraiment mettre fin à ce problème inadmissible aujourd'hui qui est la surpopulation carcérale dans beaucoup de prisons. Chez nous, il y a 200% de taux d'occupation. Ça veut dire qu'il y a des gens qui dorment par terre.

14:33
Présentateur

Vous ne craignez pas l'invisibilisation de la parole des victimes ?

14:38
Invité

Vu tout ce que je viens de dire, c'est vraiment complètement accessoire. Aucune mesure n'est à 100% parfaite. Mais il y a des priorités à mettre dans la vie. Et la première priorité, aujourd'hui, pour les victimes, c'est qu'elles aient un résultat beaucoup plus rapide que ceux dont elles bénéficiaient aujourd'hui. C'est un des principaux défauts de notre justice qui met en cause tout le système pénal. Une peine qui arrive trop tard n'est plus une peine, n'a plus aucun sens. Pour la victime, évidemment, sa réparation va arriver trop tard. Et pour le coupable, pareil.

Comment voulez-vous que celui qui a été condamné puisse comprendre que ce qui lui arrive, sa condamnation arrive beaucoup trop tard ?

15:16
Présentateur

Est-ce que c'est pour ça que les sénateurs ont retiré le viol aggravé de cette proposition-là pour éviter l'invisibilisation de la parole des femmes ?

15:23
Invité

Oui, bien sûr. Il y a plein de garanties. Le débat au Sénat était très intéressant. Et justement, les violences intrafamiliales, les violences faites à l'égard des femmes, c'est revenu tout le temps. Il y a eu la victime en général. Il ne faut pas l'oublier. Et il y a eu beaucoup d'améliorations qui ont été apportées en commission des lois par les deux rapporteurs pour justement la mettre en avant. Vous voyez, ça n'existe pas dans les pays anglo-saxons. Je veux dire, on n'est pas en train d'apporter le grand anglo-saxon chez nous. Donc, première. Et puis, c'était très difficile. C'était tout un débat de savoir quels sont les crimes graves.

Vous l'avez dit tout à l'heure, crimes sexuels graves qu'on va exclure du système. C'était très intéressant comme débat. Je pense qu'on a amélioré le texte ici au Sénat très sensiblement, le texte d'origine. Et le ministre a été très ouvert pour introduire toutes ces modifications. Donc, je crois que c'est ça la démocratie. Vous voyez, c'est quand même l'image. C'est du débat. Et l'opposition a fait plein de propositions. Madame Delagontri, que vous avez fait passer tout à l'heure, elle a fait plein de propositions. Et il y en a certaines qui ont été reçues d'autre part. Mais je trouve qu'on a fait du bon travail. Le Sénat a fait du bon travail. C'est ça le travail d'un législateur. Pardon.

16:34
Louis Vogel

Alors, et ce n'est pas fini, puisque vous le disiez là, c'était l'objectif de désengorger le système judiciaire. Et il y a un autre objectif pour Gérald Darmanin. C'est de lutter contre la surpopulation carcérale. Qu'est-ce qui va être prévu concrètement par le gouvernement ?

16:47
Invité

Alors, je suis parlementaire en mission, sur le deuxième sujet.

16:50
Louis Vogel

Sur les prisons.

16:51
Invité

Voilà. Par exemple, je vais ranger demain pour... Je visite... Il y a des centres d'expérimentation. Il y en a cinq en France. Donc, je vais les visiter. Alors, comment ça se passe ? Quand vous parlez à un magistrat, vous parlez à un procureur, et dis-moi, en comparaison immédiate, c'est quand même le moteur de l'alimentation des peines de prison. Donc, je reçois la personne. Ça doit aller très vite. Il me faut un dossier pour... Si je ne veux pas condamner à de la prison, si je ne veux pas requérir des peines de prison, il faut que j'ai des éléments. Ce qui veut donner des éléments, c'est les SPIP, les fameux services de protection.

Et à l'issue, il y a eu des états généraux, ce qu'on a appelé la probation. Et on s'est dit, mais il y a des peines alternatives possibles. Seulement, il faut que, quand on en décide, il faut qu'il y ait deux choses. D'une part, qu'on ait un dossier sur la personne pour savoir si une peine alternative peut être appliquée à cette personne. Il ne faut pas qu'elle soit trop dangereuse. Et deuxième chose, il faut que le procureur ait la liste de toutes les peines alternatives possibles dans sa circonscription de façon très concrète. Et donc, il pourra demander autre chose que simplement de la prison. Et sinon...

18:11
Louis Vogel

Donc, on va de nouveau vers des peines alternatives à la prison.

18:14
Invité

On va vers la mise en œuvre concrète d'alternatives à la prison. On essaie de sécuriser. C'est celui qui va décider en ajoutant des spécialistes autour de lui qui pourront lui dire... Un, des gens formés à la criminologie, qui pourront lui dire, cette personne est dangereuse, non. Cette personne a un logement, oui. Cette personne a un emploi, oui. Cette personne n'est pas susceptible de récidiviser.

18:39
Louis Vogel

Est-ce que Gérald de Darmanin va apporter des peines alternatives à la prison ?

18:43
Invité

Les peines existent et ne sont pas utilisées. C'est ça notre problème. D'accord. Vous voyez, notre sujet, c'est... De les utiliser. Il faut les utiliser. Sinon, on ne réglera jamais le problème de la surpopulation carcérale en construisant des nouvelles prisons. On n'arrivera jamais... Il faudrait construire une prison par mois. Vous êtes d'accord avec moi, c'est impossible.

19:01
Louis Vogel

Et on verra ce que propose sur ce sujet, notamment Édouard Philippe, puisqu'on va parler politique Louis Vaugel. Et on va retrouver nos partenaires du journal Le Télégramme, Pascal Baudéré, qui est rédacteur en chef adjoint au journal Le Télégramme en direct de Morlaix. Bonjour, Pascal. Bonjour à vous. Et justement, Édouard Philippe était en déplacement en Bretagne, en déplacement de deux jours. Alors hier, il a tenu une réunion publique à Brest, notamment.

19:29
Invité

Oui, il a été, avant cette réunion publique, il a été sur le terrain de la France qui travaille. C'est son slogan qu'il a amené ici en Bretagne. C'est vrai que c'est un trait de caractère des Bretons. On nous prête souvent l'idée d'être de grands travailleurs. Donc il a rencontré, avant la réunion publique que vous évoquez, des agriculteurs du côté de Brest. Et effectivement, le soir, on le voit à l'écran, il était à Brest pour une rencontre avec un certain nombre d'acteurs économiques du pays. Il a dit une chose forte sur un débat local, qui n'est pas neutre quand même pour l'ensemble de l'activité économique, du Finistère.

Il a misé et dit qu'il serait aux côtés de ceux qui travaillent à la réalisation du stade Arkea Park, qui est le futur stade brestois, qui fait aujourd'hui l'objet d'une polémique sur le secteur de Brest. Et il a dit qu'il se rangerait, lui, du côté de ceux qui défendent ce projet. Avant cela, il avait voulu donc parler aux agriculteurs, comme je le disais, mais également aujourd'hui ce matin aux marins pêcheurs. On sait que ce sont des populations de travailleurs en Bretagne qui sont particulièrement impactées par la crise de la hausse du pétrole aujourd'hui.

La crise en Iran impacte lourdement, on le sait, le prix du baril et ses métiers de la pêche et du monde paysan sont lourdement impactés. Donc, ils voulaient à leur côté leur assurer de leur présence. C'était un message du candidat Philippe d'être à côté de ceux qui travaillent en Bretagne.

20:47
Louis Vogel

– Du candidat Philippe à la présidentielle, il a repris son tour de France dans le cadre de sa candidature à la présidentielle après sa réélection au municipal au Havre. Mais pourquoi ce déplacement, Pascal, précisément en terre bretonne ?

21:01
Invité

– Je crois que la terre bretonne est une terre d'élection à choyer pour Edouard Philippe puisque la Bretagne est une des régions de France, on le sait, qui historiquement a montré une forme d'hermétisme aux idées du Rassemblement national lors des présentes élections présidentielles. En tout cas, c'était vrai. La Bretagne est une terre plutôt social-démocrate. Ici, on vote rose, on vote bleu, on vote beaucoup moins qu'ailleurs, bleu marine. Sur le papier, on dit donc que les Bretons pourraient voter Edouard Philippe en 2027. Sauf que les dernières élections municipales ont un peu rebattu les cartes ici.

Elles viennent de montrer que les temps changent aussi à la pointe armoricaine puisque plusieurs villes phares de Bretagne, comme Saint-Malo ou Lorient, et des villes moyennes comme Lagnon, Fougère, ont vu parfois le score des candidats RN doublés ici. Donc, c'est un indicateur qu'il ne faut pas ignorer. Je pense à Maëlle de Calan, président du Conseil départemental du Finistère, qui invitait Edouard Philippe aujourd'hui sur ces terres. Victor Bonneau, du côté de Saint-Brieuc et le nouveau maire Horizon, il fallait des piliers aussi régionaux forts pour Edouard Philippe pour arriver ici en Bretagne avec cette notion qu'il y avait des appuis sur cette zone où il peut avoir des électeurs.

Mais il y a effectivement en face la menace RN. Je vous parlais tout à l'heure des agriculteurs et des marins pêcheurs. C'est vrai que la petite musique et le discours anti-européen du RN ici commencent à faire chemin puisqu'on sait que beaucoup de décisions prises par Bruxelles impactent lourdement le métier des agriculteurs et des marins pêcheurs.

Donc, il y a une vigilance particulière à avoir, je pense, sur la Bretagne pour Edouard Philippe parce que peut-être qu'avec une vision européenne qui est parfois un petit peu en déliquescence ici dans certains points de ces métiers que je viens de citer, il y a un risque de voir peut-être un vote du Rassemblement national s'affirmer davantage en Bretagne. Donc, je pense qu'il y a une volonté de marquer le terrain, un terrain qui lui est a priori plutôt favorable. Mais attention, le RN et les évolutions du monde, on peut voir effectivement peut-être un électorat breton peut-être plus diffus qu'à l'habitude.

Donc, je pense qu'il y avait une volonté aux côtés de Maël de Calan et de Victor Bonneau dans les Côtes d'Armor peut-être d'ancrer sa position et de dire qu'il était là aux côtés des Bretons parce qu'il aura besoin de leur vote pour la présidentielle.

23:16
Louis Vogel

Merci beaucoup, Pascal, pour votre intervention. Et on va regarder la une du Télégramme qui est consacrée à la lecture. Ado, objectif, lecture pour les adolescents qui lisent de moins en moins. Enfin, merci beaucoup, Louis Vaugel. Une question sur Édouard Philippe, candidat à la présidentielle. En quoi peut-il le mieux rassembler finalement l'électorat de droite et du centre ?

23:39
Invité

D'abord, je pense vraiment personnellement qu'il faut une candidature unique dans le droit et du centre si on veut gagner la prochaine présidentielle. Et Édouard Philippe, depuis le début, il l'a dit, il l'a dit en 2022, c'est le premier à le dire, il l'a dit en 2024 et il l'a répété en 2026. Si on n'arrive pas à se mettre d'accord sur un candidat dans ce socle commun et sur un programme qui correspond à ce candidat, pour qu'on ait quelque chose à dire aux Français, eh bien, les élections sont perdues, à mon sens. Pour se mettre d'accord, il faut une primaire, rapidement, pour conclure. Peu importe, ça sera discuté entre les partis. On est tous d'accord pour que...

D'ailleurs, ici au Sénat, il y a un groupe de sénateurs qui se réunit toutes les deux semaines. Pour un programme commun. Pour travailler un programme commun et qui a appelé dans une tribune à une candidature unique en disant bien que c'était aux partis. Ce n'est pas à nous de dire comment ils vont s'arranger. Il fait aux partis de se rencontrer, de se mettre d'accord sur le processus de sélection de ce candidat unique.

24:35
Louis Vogel

Et on continuera à en parler dans cette émission avec nos éditorialistes politiques de cette présidentielle à droite avec beaucoup de prétendants. Merci beaucoup, Louis Vogel, d'avoir été le sénateur du jour aujourd'hui.

24:44
Présentateur

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