François Fillon : "Bachar al-Assad commet des erreurs politiques incroyables"
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Questions et réponses
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François Fillon, comment réagir face à l'utilisation d'armes chimiques en Syrie ?
- 1:46RelanceRéponse partielle
Les tenants de la réelle politique vont-ils encore oser nous expliquer que le régime de Bachar Al-Assad est un partenaire fréquentable ?
- 2:03FerméeRéponse directe
Pensez-vous que Trump est tenté de lancer une opération militaire contre Bachar el-Assad ?
- 2:18RelanceRéponse directe
Même clouer l'aviation de Bachar el-Assad au sol ?
- 3:10RelanceRéponse directe
Avec les Russes, les Iraniens et les Turcs, pour éliminer Bachar el-Assad ?
- 3:22OuverteRéponse directe
Pourquoi pensez-vous que les Russes et les Iraniens ne soient pas capables de changer de position ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:39Invité politiqueFait
« La communauté internationale a banni les armes chimiques. »
- 0:43Invité politiqueFait
« des armes chimiques ont été utilisées, c'est un crime. »
- 0:55Invité politiqueFait
« il y a une organisation pour l'interdiction des armes chimiques qui, en lien avec les Nations Unies, doit faire une enquête. »
- 2:18Invité politiqueFait
« la question qui va être posée si on fait cela, c'est la question de la relation avec la Russie. »
- 2:38Invité politiqueFait
« si la question de l'intervention occidentale n'est pas la bonne solution, et c'est ma conviction, puisque l'intervention en Irak est une des causes du problème qu'on rencontre aujourd'hui »
- 3:40Invité politiquePromesse
« j'essaierai de faire en sorte qu'on parle avec les Russes, avec les Iraniens, avec les Américains, avec les Turcs, pour organiser la transition en Syrie. »
- 9:39Invité politiqueFait
« La raison de la désaffection de l'Europe, c'est le sentiment d'une Europe qui impose des contrôles, qui impose des normes contraignantes, et qui n'est pas efficace. »
- 10:33Invité politiqueFait
« on est 27, est-ce qu'on peut aujourd'hui renégocier les traités et changer le fonctionnement de l'Europe ? »
- 11:01Invité politiqueFait
« il faut agir pour le moment dans les traités, ou agir dans les espaces que les traités nous donnent »
Temps de parole
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matinale grand format sur France Inter grand format avec notre invité ce matin François Fillon, un peu plus de deux semaines du premier tour de la présidentielle les dossiers internationaux à présent avec Bernard Guetta, bonjour Bernard, bonjour Patrick l'actualité ce sont d'abord ces images atroces, insoutenables de jeunes enfants morts gazés François Fillon, émotion mondiale au point d'ébranler, on l'a entendu dans les journaux Donald Trump après ce bombardement d'une ville rebelle syrienne à l'arme chimique, crime attribué au régime de Bachar el-Assad, ce dont personne ne doute, sauf l'allié russe du régime syrien. Et vous, François Fillon ?
La communauté internationale a banni les armes chimiques.
Si
des armes chimiques ont été utilisées, c'est un crime.
Et ce crime doit être poursuivi. Il
y a une organisation pour l'interdiction des armes chimiques qui, en lien avec les Nations Unies, doit faire une enquête. Elle est d'ailleurs en cours, elle est diligentée. et en fonction des résultats de cette enquête la communauté internationale doit prendre les décisions qui s'imposent pour poursuivre les responsables de ce
crime On peut difficilement être plus prudent On
condamne toujours quand on a les preuves donc il faut qu y des preuves
Donc les gouvernements occidentaux, le gouvernement français le gouvernement américain sont en faute quand ils condamnent Bachar je
pas ça, je dis que
les Nations Unies
viennent d'engager l'enquête, ça y est elle est déclenchée, elle doit avoir lieu et si ces faits sont avérés, c'est un crime qui doit être poursuivi par la communauté internationale.
Je cite ce tweet d'Alain Juppé, dès hier matin, les tenants de la réelle politique vont-ils encore oser nous expliquer que le régime de Bachar Al-Assad est un partenaire fréquentable ?
Après la question qui est posée, parce que moi je ne pas un commentateur, j'aspire à être président de la République, donc la question qui est posée c'est de savoir qu'est-ce qu'on fait
face
à cette situation. Il y a deux attitudes possibles. La première consiste à déclencher une opération militaire occidentale contre le régime de Bachar el-Assad. Vous
pensez que Trump est tenté de le faire ?
Monsieur Trump est assez imprévisible, donc je ne sais pas ce qu'il est tenté de faire. Ce que je sais simplement, c'est que la réédition de l'affaire irakienne ne me paraît pas être une bonne solution.
Même clouer l'aviation de Bachar el-Assad au sol ? Mais la
question qui va être posée si on fait cela, c'est la question de la relation avec la Russie. C'est-à qu'il y un moment où il faut peut-être éviter d'entrer dans un conflit direct entre les Etats-Unis et la Russie sur le sol syrien.
Parce que la Russie protège le régime de Bachar el -Assad. Donc c 'est la raison pour laquelle je redis une
nouvelle fois que si la question de l'intervention occidentale n'est pas la bonne solution, et c'est ma conviction, puisque l'intervention en Irak est une des causes du problème qu'on rencontre aujourd'hui, Qu'est-ce qu'il y a comme autre solution, sauf à rester les bras ballants, comme c'est le cas depuis 6 ans, puisque ça fait 6 ans qu'on explique que Bachar el-Assad va tomber, et ça fait 6 ans qu'il est toujours là ? L'autre solution, elle consiste
à
parler avec les Russes, avec les Iraniens, avec les Turcs, et à essayer de trouver une formule pour éliminer Bachar el-Assad et organiser la transition.
Avec les Russes, les Iraniens et les Turcs, pour éliminer Bachar el-Assad ? Il y a quelque chose qui ne colle pas dans la phrase. Les Russes et les Iraniens soutiennent le régime de Bachar el -Assad. Pourquoi
pensez-vous que les Russes et les Iraniens ne soient pas capables de changer de position
?
Si vous raisonnez comme ça, ça veut dire que vous restez dans la confrontation et vous n'avez donc plus que la solution de l'intervention occidentale.
Le problème c 'est que les Russes refusent de reconnaître depuis 2013, depuis le bombardement de la Ghouta, la réalité des massacres commis par Bachar Al-Assad contre
son peuple. Moi je ne me résoudrai jamais à rester impuissant devant cette situation. Donc demain, si je suis président de la République, j'essaierai de faire en sorte qu'on parle avec les Russes, avec les Iraniens, avec les Américains, avec les Turcs, pour organiser la transition
en Syrie. Sinon,
on restera devant la situation qui est celle qu'on connaît. Ça fait six ans qu'on commente, en étant satisfait de respecter les valeurs auxquelles nous sommes attachés. Mais pendant qu fait ces commentaires, les massacres ont lieu sous nos yeux. Et d'une certaine façon, je dis et je redis qu'on est un peu responsable de cette situation.
Parce qu'on aurait
pu empêcher qu'elle dégénère.
Pour faire évoluer une situation politique, il faut bien faire évoluer les rapports de force. Aujourd'hui, aucune sanction, même aucune réprobation de l'ONU n'a frappé M. Bachar el-Assad. Pourquoi voulez-vous qu'il ne continue pas dans ces conditions
? D'abord, Bachar el-Assad est un personnage qui, dans le moins qu'on puisse dire, non seulement il commet des crimes, mais il commet des erreurs politiques incroyables. Au moment où les Américains donnent le sentiment d'être en mesure de discuter avec lui, s'il a déclenché cette opération...
Le sentiment d'impunité,
c'est la raison. Enfin, ce n'est plus un sentiment d'impunité, c'est de la folie, c'est de l'irresponsabilité. Mais moi, je souhaite que le Conseil de sécurité le sanctionne. Je
souhaite
qu'il y un vote du Conseil de sécurité
ce soir, bien sûr,
mais simplement, s'il n'y a pas la moindre possibilité de discussion avec les Russes, si personne ne veut évoluer, si personne ne veut changer de position, on va rester dans la confrontation, et cette confrontation, elle aboutit au massacre du peuple
syrien. suggérez
que notre position se rapproche de celle des Russes ? Non, je suggère qu'on ait une discussion... Si on veut faire évoluer les choses, il que tout le monde fasse
un geste, tout le monde fasse un geste. Que notre position se rapproche de celle Mais que les Russes aussi bougent de position, évidemment.'ils bougent au Conseil.
Bien sûr, il faut qu'ils bougent au Conseil. Mais pour qu'ils bougent au Conseil, il faut qu'ils aient le sentiment qu'il y un dialogue possible. Sinon, où est-ce qu'on va ?
On va vers la guerre. Monsieur Trump, depuis un an, dit « J'adore M. Poutine, je veux m'entendre avec lui, etc. » Eh les Russes n'évoluent pas et Bachar el-Assad encore moins. Non mais attendez, M.
Trump, il est président depuis combien de temps ? Depuis trois mois.
Écoutez, il
est
candidat depuis un an. Oui,
mais enfin, c'est pas quand on est candidat, on ne
discute pas avec les... Ça a plu, monsieur
Pondy. En tout cas, moi, ce que je refuse de faire, c'est d'aller vers la guerre. Parce que cette confrontation entre l'Amérique et la Russie est une confrontation qui n'a aucun sens. Et moi, je n'ai pas du tout envie que l'avenir de l'Europe, ça soit la confrontation avec la Russie. Donc je veux qu'on discute, je veux qu'on parle, je veux qu'on cherche des solutions, et des solutions pacifiques.
Alors, à propos de confrontation avec la Russie, une question qui est liée à une sorte d'approbation que vous avez semblé donner à une idée de Jean-Luc Mélenchon lors du débat ABF1. Oui, oui, oui, absolument. Vous n'avez pas semblé, d'ailleurs. Vous avez approuvé l'idée de Jean-Luc Mélenchon de l'ouverture d'une conférence sur les frontières en Europe, c'est-à-dire, pardonnez-moi, de l'ouverture de la boîte de Pandore. D'une chose que Vladimir Poutine lui-même ne demande pas. Pourquoi avez-vous cette position ? Parce
que je crois évidemment à la nécessité de respecter les frontières, mais je crois aussi à la liberté des peuples de disposer d'eux-mêmes. C'est un principe qui est profondément ancré dans la doctrine des gaullistes. Et donc la question qui est posée, vous le savez bien, il pas tourner autour du pot, c'est la question de la Crimée.
Vous ne pensiez qu'à la Crimée ? Ou à d'autres problèmes frontaliers en Europe centrale et en Europe ? Je
pense à la Crimée, parce que c'est la question qui se pose aujourd'hui. Comment on sort de la question de la Crimée ? Est-ce qu'on en sort
en
approuvant l'annexion de la Crimée par les Russes, ce qui est contraire au droit international ? Ce'est pas ce que je propose. Est-ce qu'on en sort en restant campés sur nos positions et en exigeant que les Russes sortirent de la Crimée, ce qui n'aboutira à aucun résultat ?
En chaleur
de la situation, ce'est pas si dramatique. Si, c'est dramatique parce qu'il y un peuple qui a le droit de s'exprimer. et donc je pense qu'il y a une conférence internationale à organiser sous l'autorité des Nations Unies.
Mais donc, François Fillon, sur la Crimée, pas sur les frontières en Europe. Non,
je laisse Jean-Luc Mélenchon vouloir redessiner toutes
les frontières
Europe.
pas laissé, vous l
'avez
approuvé. Oui, ce
que j'approuve, c'est l'idée qu'on respecte les peuples. Je trouve insupportable cette idée que les frontières sont absolument intangibles, sauf quand c'est nous, les Occidentaux, qui les modifions.
Donc
il n
'a pas tort,
Jean-Luc Mélenchon, voyez, pour une fois qu se retrouve, c'est... Est-ce que
François Fillon, président de la République, pourrait décider de lever unilatéralement les sanctions qui frappent la Russie contre l'Allemagne et contre la majorité des Européens
? Ce qui est sûr, c'est que je ferai tout ce qui est en mon pouvoir pour obtenir que l'Europe lève ses sanctions. Je l d'ailleurs déjà dit à Mme Merkel, je pense que ces sanctions n'ont abouti à aucun résultat, sauf à ruiner les agriculteurs français.
donc
c'est pas la méthode que j'utiliserais pour essayer de convaincre les russes de changer de position et
de façon unilatérale ça pourrait se faire ou vous tentez de convaincre les allemands et les européens ? On va commencer par essayer de convaincre les allemands et les européens. Et ensuite il y un plan A c'est plan A, plan B. Des questions sur l'Europe On va passer à l 'Europe La principale raison François Fillon de la désaffection des opinions européennes qui est massive vis-à-vis de l'Europe aujourd'hui est que l'Union Européenne est désormais assimilée à des politiques de restrictions budgétaires. Est-ce qu'il y a un moyen de revenir sur cela ?
Est-ce qu'il y a un moyen, alors que vous, vous voulez, au contraire, accentuer ces restrictions budgétaires pour rétablir, pensez-vous, l'économie française ? Est-ce que vous n'allez pas contribuer encore plus à cette désaffection ? Pardon,
mais je ne partage pas du tout votre analyse. La raison de la désaffection de l'Europe, c'est le sentiment d'une Europe qui impose des contrôles, qui impose des normes contraignantes, et qui n'est pas efficace. Les Anglais ne sont pas partis à cause de l'austérité budgétaire. Le peuple anglais a réalisé des économies en termes de
dépenses publiques beaucoup plus importantes. imposée, ils
ne
sont pas dans l'euro.
Oui, mais ils sont partis. Et c'est eux qui sont partis, ce n pas nous. Donc, vouloir absolument, comment dirais-je, vous avez des convictions, et vous essayez de faire en sorte que le jugement des Européens corresponde à ces convictions. Moi, je pense que l'Europe, ce qui est rejeté, c'est son inefficacité, ce n pas la question de l'austérité.
Et alors, l à plusieurs vitesses, c'est une bonne idée pour pallier cette inefficacité ? La
question qui est posée, c'est, on est 27, est-ce qu'on peut aujourd'hui renégocier les traités
et
changer le fonctionnement de l'Europe ?'est-dire, en gros, concentrer l'Europe sur quelques stratégies et rendre aux États toute une série de politiques européennes qui sont ressenties aujourd'hui comme inefficaces et inutiles. Je pense qu'on ne pas y arriver, parce que 27, on est trop nombreux, ça va durer des années, on va aboutir à un compromis. Donc il faut agir dans
les traités.
Donc il faut agir pour le moment dans les traités, ou agir dans les espaces que les traités nous donnent, donc ce que je propose moi c'est
4
ou 5 initiatives sur la monnaie européenne, sur la zone euro, parce que la zone euro d'abord on est moins nombreux, et il y un enjeu très important de souveraineté pour l'Europe, c'est
comment
faire en sorte que l'euro devienne à terme une monnaie qui assure l'indépendance et la souveraineté de l'Europe, Donc qui puisse être une alternative au dollar dans le commerce
international et qui,
aujourd'hui, essayer
d'utiliser
l'euro dans les échanges internationaux, vous avez immédiatement des rétorsions américaines et vous avez la monnaie chinoise qui commence à monter en puissance et on peut penser que dans quelque temps, les chinois nous imposeront leur monnaie dans les échanges internationaux. Donc la question de l'indépendance de l'Europe passe par une politique de l'euro et de la zone euro que je propose de promouvoir avec les Allemands. Puis ensuite, il a les frontières, il y a une alliance de sécurité, une alliance de défense, il y a les questions liées au numérique et à l'indépendance et à la souveraineté
de l
'Europe
dans ces domaines.
dossiers,
François Fillon, l'Europe a plusieurs vitesses ? Oui, l'Europe a plusieurs vitesses. Donc l'idée d'Angela Merkel, François Hollande, des Italiens, du Benelux, etc. ? Bien sûr,
bien sûr. Je crois que c'est la seule option si on veut redonner un espoir aux Européens. On n'y arrivera pas à 27. Il faut que les pays qui sont les plus engagés, qui sont grosso modo les pays fondateurs de l'Union Européenne, prennent une longueur d'avance et montrent qu'il y a un espoir, qu'il y une autre Europe possible.
Merci Bernard Guetta. François Fillon, vous restez avec nous, évidemment. On va écouter la revue de presse. Vous faites la une d'un journal ce matin. le point Fillon face salle à lui-même, interview à François-Olivier Gisbert que je citais tout à l'heure, vous dites que vous ne lisez plus que le Figaro et Valeurs Actuelles Laetitia Gaillet ici présente lit d'autres journaux, on va vous en faire par tout de suite, il est 8h31