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interviewC dans l'air· 24 mars 2026 8 min

Municipales, la percée LFI

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Il a été élu maire de Saint-Denis au 1er tour. B.Bagayoko a pris ses fonctions à la tête de la plus grande ville détenue par LFI.

Nous avons suivi ses 1ers pas. Acclamations. - Il est celui qui a offert à LFI sa victoire la plus éclatante: B.Bagayoko, 52 ans, élu dès le 1er tour à Saint-Denis, la ville où il a grandi.

Cela valait bien les félicitations de J.-L.Mélenchon. - B.Bagayoko: On l'a fait!

Merci à chacun et chacune d'entre vous. - Une fête de la victoire pour clore une semaine de polémiques dont le nouveau maire a été victime. Ces propos ont été transformés dans certains médias. - B.Bagayoko: Lorsque le racisme, qui n'a pas la même oreille que nous...

Vous voyez ce que je veux dire? Ils n'ont pas les mêmes oreilles. Ils voient des gens à problèmes.

Ils n'ont pas les mêmes yeux. Nous sommes sur le bon chemin. - Une victoire comme une validation de la stratégie de J.-L.Mélenchon. - J.-L.Mélenchon: Ouf!

Est-ce que tout le monde se rend compte de ce que vous avez fait? Spectaculaire! Gagner au 1er tour une ville de 150 000 habitants!

Eh bah...

Moi, je le vois politiquement, à Saint-Denis, comme l'acte de naissance d'une nouvelle période. Voici, mesdames, messieurs, la nouvelle France. Ce pays est à elle. - Une nouvelle France et un nouveau maire pour tourner la page de 6 ans de socialisme. - B.Bagayoko: Bally Bagayoko!

Bally Bagayoko! - Elu sans surprise lors du 1er conseil municipal. Acclamations.

Le maire sortant accuse le coup. - M.Hanotin: Pour ma part, je refuserai toujours la brutalisation de la vie politique.

Elle a cruellement besoin d'apaisement, de tolérance et de respect, de ces valeurs qui me sont cardinales. - Un faux procès pour B.Bagayoko, prêt à défendre J.-L.Mélenchon, même face aux accusations d'antisémitisme. - B.Bagayoko: Qu'est-ce que J.-L.Mélenchon a dit qui lui vaudrait d'être inculpé sur le plan légal?

Rien. Au moment où on parle, aucun député, aucun élu LFI n'a été condamné pour antisémitisme. Aucun. - Des critiques relayées par le PS, responsable aussi selon lui de la montée du RN. - B.Bagayoko: Nous avons des irresponsables qui continuent à se positionner comme O.Faure, comme une quasi-béquille de l'extrême droite.

C'est en ça que je dis que c'est quelqu'un d'extrêmement dangereux, dont il faut que les électeurs socialistes, de gauche, ou que les membres du PS qui se reconnaissent de la gauche prennent leurs distances. Cette personne va nous emmener dans le mur. - B.Bagayoko, symbole de la stratégie de LFI dans les quartiers populaires, au risque de délaisser les territoires ruraux. - C.Roux: Vous réagissiez à ce qui était dit dans le reportage.

C'est assez violent contre O.Faure. - B.Teinturier: Ca a été une campagne entraînement violente à Saint-Denis.

J.-L.Mélenchon a traité le maire sortant PS de "petit bourgeois visqueux".

Dans les quartiers, les choses étaient extrêmement difficiles et conflictuelles. On voit le soutien inconditionnel à J.-L.Mélenchon.

Il y a la négation de l'idée qu'il pourrait avoir des propos antisémites. On est sur la ligne de LFI à 400 %. - C.Roux: Ces élections municipales valident-elles la stratégie de J.-L.Mélenchon d'aller récupérer un électorat populaire des quartiers périurbains?

On peut cocher la case? - B.Teinturier: Dans ces villes, au 1er tour, il y avait une percée incontestable.

J.-L.Mélenchon a mobilisé dans ces quartiers.

La suite du film a tempéré. C'est pas si facile. Il n'a pas tant mobilisé que ça dans ces quartiers.

A Saint-Denis, c'est incontestable. - J.Jaffré: Un mot pour ajouter...

Ce qui me frappe, c'est la capacité de LFI à sortir une nouvelle génération politique. Les autres partis patinent en sortant des profils qui n'ont plus aucun lien avec la population, qui sont des apparatchiks politiques. Vous avez des militants politiques de LFI, une vingtaine, une trentaine, qui ont un talent politique, une présence, un lien avec la population. - C.Roux: Et le RN? - J.Jaffré: Il a cet avantage de l'empathie et du lien avec la population.

Il n'a pas le même degré de formation politique. Il ne contrôle pas le CV d'un certain nombre de ses candidats. Ce sont ses 2 points faibles. - C.Roux: Nous revenons à vos questions. ...

Non, mais vraiment! - V.Schneider: Sauf E.Macron et les macronistes, qui ont acté leur disparition de ce scrutin.

Mais chacun peut y voir des avantages. La droite républicaine dans les villes moyennes et petites, le RN qui consolide ses positions dans le Sud-Est et le Nord-Est, LFI dans les quartiers, dans certaines villes très populaires, et le PS, qui a quand même gardé Paris, Lyon et Marseille. Ce n'est pas une petite victoire. - B.Teinturier: Si tout le monde a gagné...

On peut trouver des raisons de dire que tout le monde a gagné si personne n'a gagné? - C.Roux: J'apprends à l'instant qu'il y aura un hommage national à L.Jospin jeudi.

Question. - M.Siraud: C'est ce qu'on a essayé d'illustrer avec l'exemple notamment de Toulouse.

Il est frappant. Ville de gauche, avec un avantage sur le papier pour la candidature de LFI. Le candidat PS qui le soutient et, finalement, la victoire du maire sortant qui a bénéficié d'un report de voix, pas uniquement des voix du centre et de la droite, mais d'une partie d'un électorat de gauche modérée qui a préféré l'élire lui plutôt que de voter pour le candidat LFI. - C.Roux: Question.

J'évoquais tout à l'heure le sujet avec J.-P.Tanguy.

Il disait qu'il faudrait traiter cette difficulté, qu'il faudrait trouver quelque chose à dire aux électeurs des grandes villes. - B.Teinturier: Ils ne savent pas s'adresser à l'électorat urbain, pas plus que les LR.

Ils les déroutent tellement leur comportement est différent sur de nombreux sujets de celui de leurs propres électeurs. Sur l'immigration, sur l'environnement...